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Full text of "La Belgique horticole : Annales de botanique et d'horticulture"

LA 

BELGIQUE HORTICOLE. 



XXXIII. 



La table générale des 20 premiers volumes (1851 à 1870), 
formant la première série de la Belgique Horticole, se trouve 
à la fin du tome XX. 



Gand, imp. C. Annoot-Braeckman. 



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LA 



BELGIQUE HORTICOLE 

ANNALES 

DE BOTANIQUE ET D'HORTICULTURE 



PAR 



Edouard Morren, 



Docteur en sciences naturelles, professeur ordinaire de botanique à l'Université de Liège, 
Directeur du Jardin botanique, 
Secrétaire de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique 
et de la Société royale d'horticulture de Liège; Membre de l'Académie royale des sciences, des lettres 
et des beaux-arts de Belgique, etc., etc. 



1883. 



LIÈGE, 

A LA DIRECTION GÉNÉRALE, BOVERIE, 1. 



LES SERRES 

DU 

CHATEAU ROYAL DE LAEKEN. 



La résidence royale de Laeken couvre un terrain ondulé 
d'où la vue s'étend sur la ville de Bruxelles. Au sommet 
de la colline, s'élève depuis peu d'années, le monument 
commémoratif du fondateur de la dynastie. 

Le roi Léopold II, qui se plaît aux grandes conceptions 
dignes de sa haute situation, a complètement transformé les 
abords de son palais d'été. Le parc a été considérablement 
étendu et entièrement remanié. Ces travaux ont duré 
plusieurs années et, si nous sommes bien renseigné, 
commencés par Barillet-Deschamps, ils furent terminés 
par M. l'ingénieur Grégoire. On dit que le Roi est le 
véritable inspirateur de tous ces travaux, qu'il en trace 
les plans lui-même et qu'il en garde la haute direction. 

L'orangerie de Laeken est de construction ancienne et 
de grandes dimensions : exactement 97 mètres de long sur 
32 de large et 8 mètres de haut. Elle contient en hiver 
135 Orangers et Citronniers, 25 Lauriers, etc. Ces Oran- 
gers sont, croyons-nous, les plus beaux de l'Europe et. 

I* 



- — 

grâce à des soins incessants, ils se trouvent dans un état de 
végétation tout à fait irréprochable. Le plus fort mesure 
5 m 95 d'élévation et 3 m de diamètre à la couronne. Parmi 
les Lauriers il en est un dont la cime n'a pas moins de 
5 m 50 de diamètre. Deux Lauriers en pyramide, d'un grand 
développement, portent une inscription commémorative 
d'après laquelle ils auraient été offerts, par les ouvriers de 
la province de Liège, au Roi et à la Reine, alors que 
Leurs Majestés portaient encore le titre de Duc et de 
Duchesse de Brabant. 

L'année dernière, le Roi a transformé cette ancienne 
orangerie en l'améliorant et en l'étendant par des annexes 
considérables. La façade principale, orientée vers le sud, 
est soutenue par 26 colonnes contre lesquelles on vient 
de planter des Rosiers Maréchal Niel. En avant de cette 
façade et adossée contre elle, est une vaste serre en arc 
de cercle, large de 9 mètres et précédée elle-même de 
8 hautes colonnes isolées. Cette serre abrite la collection 
des Camellias qui est considérable et en parfait état de 
culture. 

Deux autres serres neuves sont adossées contre la face 
septentrionale de l'orangerie et communiquent librement 
avec elle. L'une sert de remise aux Lauriers, la seconde 
aux Palmiers semi-rustiques qui supportent l'air libre 
en été. 

A cette époque de l'année, l'orangerie et ses annexes, 
débarrassées de leurs plantes, peuvent servir de salle de 
réunion, de concert ou même de spectacle. Une jolie scène 
est construite à l'extrémité orientale de l'orangerie. Le 
foyer de cette scène est encore une serre tout à fait char- 
mante et ornée de végétaux des régions intertropicales. 
Elle communique avec le palais par une longue galerie 
couverte qui mesure 4 mètres de haut sur autant de large 



— 7 — 

et 179 mètres de développement. Les murs de ce passage 
sont tapissés de Figuier rampant {Ficus stipulata). 

Les serres que le roi Léopold II a trouvées à Laeken 
quand il prit possession du palais, étaient anciennes et 
peu étendues. Ce n'étaient guère que deux serres chaudes, 
une serre à Orchidées et une serre à Ananas. Pendant 
longtemps elles ont été cultivées par Gaillj, avec Forckel 
en qualité de chef des serres. On y voyait notamment 
le Pichorisandra ovata qui fleurit pour la première fois en 
1837; le Pitcaimia iatifolia importé du Mexique vers 
1840 ; des Pichorisandra, Allamanda, Ewphorbia et parmi 
les Orchidées, des Cattleya, Vanda, Stanhopea, Maocillaria, 
Phajîis Wallichi, etc., plantes qui, en général, sont bien 
démodées aujourd'hui . 

Le Roi a fait disparaître ces serres de chétive appa- 
rence : il veut les remplacer par un vaste ensemble de 
constructions horticoles, répondant à ses goûts personnels 
pour les grandes oeuvres et à sa prédilection pour la cul- 
ture des végétaux exotiques. Une partie de ce nouvel 
établissement est construite depuis Tannée dernière. Elle 
comprend 12 serres de culture, à deux versants, larges 
de 3 à 5 mètres et donnant ensemble une longueur de 
229 mètres. Le programme de Sa Majesté comprend, en 
outre, plusieurs serres monumentales avec leurs dépen- 
dances et aménagées de manière à réunir les cultures 
les plus variées. 

Une partie seulement du projet général est actuellement 
exécutée. La plus considérable est le jardin d'hiver. 

Il consiste en une immense coupole métallique de 
60 mètres de diamètre et de 35 mètres de hauteur au 
centre : elle est soutenue à l'intérieur par 36 colonnes 
d'ordre dorique, en pierre blanche, d'un mètre de diamètre 
et, à l'extérieur, par un même nombre de contreforts sous 



- 8 — 

lesquels passe une galerie couverte communiquant libre- 
ment avec le vaisseau central. Cette conception rappelle 
par ses grandes lignes, sous la forme d'un hémisphère, la 
structure architecturale de nos temples religieux. 

Les plans ont été dessinés par M. Balat, architecte du roi, 
et la partie métallique a été construite par M. Durieu, à 
Louvain. L'édifice couvre une superficie de 3200 mètres 
carrés et sa surface vitrée est de 5800 mètres. 

Les appareils de chauffage à eau chaude, installés 
par M. l'ingénieur Bureau, à Gand, et fabriqués dans les 
ateliers Delacroix, sont d'une puissance remarquable. 
Pendant l'hiver de 1879 à 1880, par une température 
de 25° centigrades au-dessous de zéro, les fourneaux, 
chauffant six chaudières, ont maintenu, sans efforts, à 
l'intérieur de la serre une température de 13° au-dessus 
de zéro. Il est à remarquer que le cube d'air à chauffer 
est de 45,000 mètres et que les tuyaux du thermosiphon 
atteignent une longueur de 5000 mètres : juste une lieue 
de cinq kilomètres. La combustion est activée par deux 
grandes cheminées construites dans la forme de certains 
minarets. 

Un large chemin, pavé en mosaïque de marbre, traverse 
la serre. De là le coup d'œil est magnifique. 

Le sommet du dôme est à trente mètres de hauteur et 
de tous les côtés la vue s'étend sur un rayon de même 
étendue, à travers un paysage de végétation tropicale ; 
dans la direction de l'allée centrale, la perspective est 
plus profonde encore, parce qu'elle se prolonge dans les 
annexes de la construction. Dans ce sens, la longueur est 
de 102 mètres. 

De chaque côté de l'allée principale, sous la grande 
coupole, on a disposé, dans une corbeille en pierre taillée, 
deux vastes bosquets composés de Palmiers, de Bananiers, 



— 9 — 

de Cycadées et de Fougères arborescentes, gracieusement 
entremêlés. Cette puissante végétation s'élève d'un terrain 
ondulé, gazonné de Sélaginelles, d'Adiantum et d'autres 
plantes herbacées, et entrecoupé de bassins remplis d'une 
eau vive et limpide. 

La composition de ces deux bosquets produit un grand 
effet esthétique. Ces amples et beaux feuillages reposent 
et charment le regard par le contraste harmonieux de 
leurs formes et de leurs nuances. Ils appartiennent à une 
flore exubérante qui plaît aux artistes et qui excite l'intérêt 
des botanistes. 

On nous permettra d'en passer la revue à ce dernier 
point de vue. 

Dans l'un des massifs de cet Eden royal on admire 
surtout les plantes dont les noms suivent : un Corypha 
australis très fort ; un Balantium antarcticum et un 
Cyathea medullaris remarquable par les pétioles noirs 
de ses amples et gracieuses frondes ; le rare Brahea 
dulcis également connu sous le nom de Thrinax 
tunicata ; le Musa Ensete, d'Abyssinie ; les Sabal umbra- 
culifera, Trithrinax mauritiaeformis , Phénix sylvestris, 
Chamaerops humilis et Chamaerops elegans; ces arbres 
sont tous dépassés par un gigantesque Latania borbonica 
qui élève majestueusement son beau feuillage en éventail 
à plus de vingt mètres d'élévation. 

De l'autre côté est un Sabal Blackburniana de 14 à 15 
mètres qui domine le taillis. Celui-ci comprend : Corypha 
umbraculifera et australis, Seafortia robusta, Areca sa- 
pida, Phœnix Leonensis, le rare et gracieux Diplothemnim 
maritimum, Chamaedorea Schiedeana, Strelitzia augusta, 
Cocos australis, fort spécimen de cette rare espèce, Cha- 
maerops stauracantha, Astrocaryum mexicanum, Cycas 
circinalis, Chamaerops Birro, Caryota urens, etc. 



- 10 — 

La plupart de ces plantes ont été achetées à la famille 
d'Arenberg et viennent des serres du château d'Enghien. 
Le transport n'a pas été commode. On raconte qu'il a fallu 
pour cela démolir les vieilles serres d'où on les a extraites. 
Le Sabal de Blackburn cité plus haut, est pourvu d'un stipe 
qui mesure l ni 70 de circonférence ; il pesait 24,000 kilos 
et il a fallu le traîner d'Enghien à Laeken sur un chariot 
attelé de vingt chevaux. 

Les plantes du duc d'Arenberg n'auraient pas suffi pour 
meubler la vaste serre de Laeken. Le Roi s'en est procuré 
d'autres chez divers horticulteurs de Gand. 

Tout ce que nous venons de décrire est placé sous le 
dôme à l'intérieur de la grande colonnade. Celle-ci est 
ornée de corbeilles suspendues reliées par des guirlandes 
de verdure. 

Au delà vient une galerie vitrée, pavée en mosaïque et 
remplie de végétaux très variés et plus ou moins fleuris sui- 
vant la saison. Contre les parois extérieures de ce promenoir 
sont adossés des enrochements couverts de végétation. 

Les plantations ont été faites sous la direction de 
M. Wills, de Londres, alors que M. J. B. Bogaerts était 
directeur du domaine royal. Les cultures sont actuellement 
dirigées par M. Ingelrelst. 

Le jardin d'hiver est relié à l'orangerie par un vesti- 
bule large de 15 mètres, haut de 8 mètres et orné de 
plantes parmi lesquelles les plus remarquables sont Cha- 
rmer ops Birro (Livistona rotundifolia)^ Càamaerops eœcelsa, 
Arcnga saccharifera, Astrocaryum rosir atum et Ayri. 

De l'autre côté, en face de l'entrée, le jardin d'hiver se 
prolonge en une vaste baie qui semble destinée à être un 
jour reliée à d'autres constructions déjà résolues. On y 
admire deux Attalea speciosa, beaux et rares palmiers dont 
les feuilles atteignent ici une longueur de 11 mètres et, 



— 11 - 

surtout, un Corypha Rumphi qui est le plus bel ornement 
d'un bosquet tropical. 

Quatre grands palmiers de 15 à 17 mètres de hauteur, 
offerts à Sa Majesté par la ville de Louvain, où ils se 
trouvaient trop à 1 étroit dans les serres du jardin botani- 
que, sont placés dans l'allée centrale. Ce sont les Phoenix 
farinifera, Phoenix sylvestris, Ckamaerops excelsa et 
Latania horbonica. 

Le Roi se promène volontiers dans ce séjour enchanteur 
orné des végétaux les plus admirés et les plus recherchés 
de toutes les contrées chaudes du globe. Ces végétaux 
vivent là, non pas à l'état de chétifs échantillons empri- 
sonnés dans des pots qui leur mesurent parcimonieuse- 
ment la nourriture, mais, comme en liberté, les racines 
dans un sol fertile et la cime dans une atmosphère tem- 
pérée bien protégée contre toutes les intempéries. Dans ce 
temple monumental, le calme de la nature, la fraîcheur 
de la végétation impressionnent l'âme autant que la gran- 
deur des végétaux, la beauté des formes et la majesté du 
lieu. Cette serre de Laeken est le plus beau monument 
qui ait été construit en l'honneur de la botanique exotique. 

Le jardin d'hiver de Laeken a été inauguré en 1880. 
Pendant les fêtes du jubilé national, la famille royale de 
Belgique l'a ouvert à ses hôtes et aux visiteurs étrangers. 
C'est là, dans ce cadre simple et naturel, que la princesse 
Stéphanie de Belgique a reçu les premiers hommages du 
prince Rodolphe d'Autriche. C'est là encore que la Société 
des chanteurs de Vienne a été admise à donner une aubade 
à notre famille souveraine et qu'il plaît à Leurs Majestés 
de donner parfois de grandes fêtes. 

Le Roi a fait planter dans le parc du château de Laeken 
et dans les jardins de son château d'Ardenne, un très 



— 12 - 

grand nombre de végétaux ligneux, spécialement des 
Conifères, dont il a voulu essayer l'acclimatation. 

S. M. la Reine, notre gracieuse souveraine, aime aussi 
les fleurs; les appartements du palais en sont constamment 
ornés. 

Les Gardénias ont le mérite de plaire à Sa Majesté qui 
en fait cultiver un grand nombre. Mais la Rose est 
pour la Reine un objet de prédilection. La Roseraie 
royale de Laeken, s'étend sur un terrain d'un hectare et 
compte, nous a-t-on dit, 1400 variétés, représentées par 
6,000 plantes. C'est avec le catalogue des Roses à la main 
que Sa Majesté apprécie les floraisons qui se produisent. 

On voit qu'en Belgique la reine des fleurs est aussi la 
fleur des Reines. 

Il ressort aussi de ce simple exposé des faits, que 
Léopold II, s'identifiant de cœur et dame avec son peuple 
qui tient l'horticulture en grande faveur, a voulu, en 
cette matière comme dans plusieurs autres, être le Roi et 
devenir le premier citoyen de son pays. 

Ed. Morren. 

La Belgique horticole a publié en frontispice pour 1882 
la vue extérieure du jardin d'hiver du Roi, à Laeken. Cette 
année elle donne ici une vue intérieure et celle de deux 
épisodes intéressants qui s'y sont passés. 




AUBADE DANS LA SERRE DE LAEKEN. 



LA 

BELGIQUE HORTICOLE. 



1883. 



HISTOIRE ET DESCRIPTION DU STREPTOCALYX 
VALLERANDI 

Par M. Édouard Morren. 
Planche I-Il. 

Streptocalyx, J. G. Beer, Versuche einer Eintheilung der Familie der Brome- 
liaceen nach ihrem BlUtkenstande, in Flora, 1854, p. 348. — Die Fam.der Bromel., 
1857, pp. 22, 141, 178. — C. Koch, Wochenschrift, 1860, p. 85 et la Belg. hort., 
1861, p. 316. 

Streptocalyeum genus sepalis contortis, petalis nudis, starainibus liberis, 
facie generali foliorum multorum a génère Aechmea differt. 

Streptocalyx Vallerandi foliis numerosis, elongatis, arcuato-patentibus. 
Panicula ascendente, pedunculata, valida, spathis ramos sequantibus, bracteis 
floralibus dimidio minoribus quam germen. Sepalis cuspidatis, petalis cyaneis, 
genitalibus insertis. 

Lamprococcus Vallerandi. E. A. Carrière, in Revue horticole, 1811 , p. 129, 
c. ic; adde p. 362. 

Ad genus Streptocalycem Aechmeam Furstenbergi {Belg. hort., 1879, p. 42, 
tab. II), referre licet. 

Le genre Streptoealyx, de la famille des Broméliacées, a été proposé 
par Beer, en 1854, et fondé sur un échantillon d'herbier récolté par 
Poep[)ig, sur l'Amazone et conservé au Musée impérial de Vienne. 
Beer n'avait pas été initié à la botanique classique ; il ignorait la loi 
de la subordination des caractères, mais il était physionomiste et il fit 
preuve d'une rare aptitude dans l'observation des caractères superfi- 
ciels sur lesquels son attention était attirée. On sait qu'il chercha 
à classer la famille des Broméliacées d'après la conformation de 



— 14 — 

l'inflorescence. Quelque secondaire que soit ce caractère, il suffit pour 
lui faire reconnaître plusieurs genres qui avaient passé inaperçus. 
Béer, frappé de l'allure particulière des échantillons que Poeppig 
avait rapportés de son voyage sur l'Amazone, remarqua la singulière 
torsion du calice dans ces fleurs et constitua le genre Streptocalyx 
(crpfyw, je tors et xcc\v% calice). 

Les autres caractères qu'il lui attribua alors et dans la suite n'ont 
aucune valeur intrinsèque et Charles Koch ne nous paraît pas avoir 
été plus heureux dans son essai de diagnose publié en 1860. Il est 
juste de reconnaître que les matériaux lui faisaient défaut. 

Nous avons été plus favorisés grâce à M. A. Chantin. Cet habile 
horticulteur de Paris (route de Châtillon, 32), nous a envoyé en 
octobre 1881 une fort belle et grande plante qui venait de fleurir dans 
son important établissement. Voici ce que nous écrivait M. Chantin : 
« Je viens d'obtenir la floraison d'une Broméliacée nouvelle, originaire 
des hauts plateaux du bassin de la rivière des Amazones. J'ai reçu 
ou plutôt j'ai trouvé les graines de cette plante il y a cinq ans environ, 
dans une caisse où l'on m'avait envoyé des pieds adultes qui ont péri 
pendant la traversée. C'est un des pieds sortis du semis de ces graines 
qui vient de fleurir. L'inflorescence est considérable et très brillante, 
j'oserais dire éblouissante. Ses bractées nombreuses sont d'un rouge 
vif : les fleurs sont d'un beau bleu. Ma plante a été vue et admirée par 
les principaux horticulteurs de Paris. Je l'ai présentée à la Société 
d'horticulture de France où on l'a trouvée magnifique » 

La plante de M. Chantin est, en effet, une des plus belles Bromélia- 
cées connues. On reconnaît à première vue qu'elle fait partie du groupe 
des Aechmea. L'analyse détaillée des fleurs nous a montré qu'elle 
appartient au genre Streptocalyx et que ce genre peut être définitive- 
ment établi sur de bons caractères. Il se distingue des Aechmea non 
seulement par la torsion des sépales, mais aussi par l'absence d'écaillés 
sur l'onglet des pétales, par les étamines libres et indépendantes de la 
corolle, enfin par le port, les feuilles étant plus nombreuses et plus 
étalées que chez les Aechmea, et par l'allure de l'inflorescence. Il a 
certaines affinités avec les genres Portea et Quesnelia auprès desquels 
il convient de le classer actuellement. 

La plante étant nouvelle, nous voulions la dédier à M. Chantin qui 
l'a introduite en Europe, mais nous ne pouvons donner suite à cette 



- 15 — 



intention depuis que nous avons pu constater que la même plante a déjà 
été décrite et figurée en 1877 par M. Carrière, dans la Revue horticole 
sous le nom de Lamprococcus V aller andi. L'intervention du genre 
Lamprococcus est évidemment erronée, mais l'espèce étant bien la 
même, il convient de lui conserver le nom qui lui a été imposé par 
M. Carrière. Ce nom est celui de M. Eugène Vallerand, chef des 
cultures de M. Carcenac, à Bougival, près de Paris. M. Vallerand 
avait, lui aussi, reçu en 1876 une des plantes recueillies sur l'Amazone 
par Narcisse Baraquin et, plus heureux que M. Chantin, il l'a reçue 
vivante, de sorte qu'elle fleurît chez lui en 1877. 

Constatons à ce propos que Narcisse Baraquin a péri en 1881 en 
faisant une nouvelle excursion dans le bassin de l'Amazone. Son canot 
a chaviré et il a été précipité dans le fleuve. C'était un homme coura- 
geux, actif et doué de beaucoup de sang-froid. Il affrontait tranquille- 
ment les plus grands dangers, mais sa santé fut toujours chancelante : 
son corps refusait souvent d'accomplir les efforts que son esprit 
jugeait nécessaires. C'est, sans doute, ainsi qu'il aura péri : impuissant 
à diriger son embarcation, victime de son amour des découvertes et 
de son faible tempérament. Il était cousin de Baraquin l'ancien, qui a 
envoyé en Europe, vers 1857 et 1858, les premiers Caladium à feuilles 
panachées. Lui aussi a péri de mort violente, assassiné dans son jardin 
de Para. 

Description. La plante est de grandes dimensions; celle que j'ai sous les 
yeux mesure, dans sa situation naturelle, l ra 60 de diamètre etO m 55 de hauteur. 
La rosace est lâche, très étalée et très fournie, comptant une quarantaine 
de feuilles qui sont épaisses, coriaces, étalées-arquées pendant la période de 
floraison et très longues puisqu'elles atteignent un mètre et même un mètre et 
demi. La gaine des feuilles est très large (0 m 08- 10), assez longue (0 m 15-16), 
convexe, dure, raide et de couleur brun foncé. Le limbe est creusé en gout- 
tière, au moins à sa partie inférieure, étroit (0 n, 04 en moyenne) et s'amincis- 
sant insensiblement jusqu'à l'extrémité qui est acuminée : il est bordé de 
petites épines droites et peu distantes (O005), qui s'atténuent et disparaissent 
à la partie supérieure. Ces feuilles ont la face supérieure vert clair faiblement 
marbré de vert foncé et parsemées de rares écailles épidermiques, tandis que 
la face inférieure est grisâtre et finement lignée. Les feuilles centrales sont 
de plus en plus courtes. 

Inflorescence dressée ou gracieusement contournée au centre de la rosace et 
assez élevée (050). Hampe droite, courte (0">20), très épaisse (0 m 015), rose, 



- 16 - 

poudrée de blanc, à nœuds rapprochés (environ (M)16), portant, dans un ordre 
spiral, chacun une bractée elliptique, lancéolée, dressée, ciliée, acuminée, 
longue (0 m 08 en moyenne), rose et poudrée. Panicule très grande (0 m 45), pyra- 
midale, large (0 ra 10 de diamètre), assez serrée, très rameuse, à rameaux (ici 
une soixantaine) disposés en spirale chacun à l'aisselle d'une belle bractée. 
Rachis droit ou contourné, fort, rose et poudré. Bractées des rameaux ovales, 
lancéolées, de la longueur de leur rameau axillaire (depuis m 09 et successive- 
ment moins), larges (0 m 03), dressées, très rigides, convexes, denticulées, acu- 
minées, rose foncé et poudrées de blanc. Rameaux axillaires courts (0 m 07 ou 
moins), un peu géniculés, à nœuds (au nombre de 8, 1 ou moins) rapprochés 
(0 m 01 ou moins), portant, dans un ordre distique, chacun une fleur. 

Bractée florale très courte (0 m 005), n'atteignant pas la moitié de l'ovaire, 
contre lequel elle est appliquée, large à la base et se rétrécissant immédiate- 
ment en un dard allongé. Fleur sessile, ovale-cylindrique et assez longue 
(O04). Calice inséré sur un tube épigyne à 3 divisions épaisses, succulentes, 
dressées, fortement contournées à droite du spectateur, étroitement conni- 
ventes, surtout à la défloraison, lisses avec un peu de poudre blanche, colorées 
en bleu violacé, prolongées à droite en un lobe ou aile quelque peu corné et 
enfin brusquement terminées par une épine mince, longue (O m 003-4) et jaune. 
Pétales en forme de languette, longs (près de m 03), à limbe dépassant les 
sépales (O m 01), droit, de forme elliptique, bleus, passant au noir à la déflo- 
raison ; à onglet large et nu. Étamines un peu moins longues que la corolle, 
toutes insérées sur le tube épigyne, libres et seulement appliquées contre les 
pétales, à filet large, à anthère dorsifixe et longue (0 m 006). Style plus long que 
les étamines. Stigmate à 3 branches contortées. Ovaire cylindrique-obconique, 
vert pâle et poudré. Ovules peu nombreux (une dizaine) à la partie supérieure 
des loges, à peu près mousses. 

Le Streptocalyx Vallerandi est très voisin du Streptocalyx Fursten- 
bergi décrit et figuré dans la Belgique horticole en 1879, sous le nom 
à'Aechmea Furstenbergi. Il en diffère cependant par ses feuilles plus 
longues (l m à l m 50 au lieu de O m 50-75), par la forme de son inflores- 
cence qui est elliptique au lieu d'être conique ; il se distingue surtout 
par sa panicule pédonculée et non sessile, par les spathes qui égalent 
les rameaux sans les dépasser et par l'exiguité des bractées florales qui 
restent beaucoup plus courtes que l'ovaire. Il convient d'ajouter que je 
n'ai pas encore eu l'occasion de voir le Streptocalyx Furstenbergi à 
l'état vivant. 

Il ressemble davantage à l'espèce type du genre, le Streptocalyx 
Poeppigi, découvert par Poeppig, sur l'Amazone, en 1829 et 1831 ; 
mais ce dernier ne prend pas autant de développement, ses feuilles 



— 17 — 



semblent plus courtes et son inflorescence est pendante. Il croît 
sur les branches des arbres, sans doute comme ses congénères. Il n'est 
pas en culture et n'est connu que par les échantillons conservés 
dans l'herbier impérial de Vienne. 

EXPLICATION DES FIGURES, PL. I-H. 

1. La plante réduite au tiers environ de la grandeur naturelle. 

2. Un rameau de la panicule avec sa spathe. Grandeur naturelle. 

3. Une fleur agrandie. 

4. Un sépale. 

5. 5. 5. Pétales et étamines. 

6. Une étamine; face dorsale. 

7. Une étamine ; face ventrale. 

8. Style et stigmate. 

9. Coupe dans l'ovaire. 
10. Un ovule. 



REVUE CRITIQUE DES PLANTES NOUVELLES DE 1882, 

PAR T. MOORE, 

(Traduit du Gardeners' Chromcle y 6 janvier 1883, p. 9 et suivantes). 

L'année 1882, comme ses sœurs aînées, a enrichi nos trésors bota- 
niques de plantes nouvelles, les unes originaires de terres lointaines 
et importées chez nous, à grands risques et grandes dépenses, par 
divers explorateurs et collecteurs; les autres nées dans nos serres, 
sous l'habile direction des hybridateurs : toutes servant à étendre nos 
connaissances des formes végétales et à développer le champ de notre 
activité intellectuelle, aussi bien qu'à faire le bonheur des amis de 
l'horticulture, toujours à l'affût de quelque nouveauté, comme les 
Athéniens d'autrefois. La transmutation, le moulage des matériaux 
anciens en formes nouvelles, écloses sous la main des hybridateurs, 
n'est que le premier pas accompli dans la grande voie de 1 évolution 
où s'effacent les aspérités dans lesquelles se plaisent et se délectent 

2 



— 18 — 

les botanistes, où s'accentuent et s'emplissent les contours tracés par 
la nature, où s'effectuent les plus élémentaires de ces changements 
qui finissent par aboutir à une ligne circulaire ininterrompue, 
la pierre angulaire de la formule du fleuriste et le but élevé de ses 
aspirations. 

ORCHIDÉES, 

Ces belles et précieuses plantes continuent à venir en grand 
nombre enrichir nos collections, et il ne peut manquer d'y 
en avoir parmi elles d'une valeur hors ligne. Il est à noter 
cependant que les sujets les plus remarquables de l'époque actuelle 
sont plutôt des variétés choisies d'espèces bien connues que de 
vraies nouveautés spécifiques. Parmi les acquisitions de Tannée, 
la toute première place revient au superbe Vanda Hookeriana, l'un 
des plus beaux de sa tribu; c'est une plante d'allure grimpante, au 
port plus grêle que le Vanda ieres auquel elle ressemble du reste 
beaucoup, à part ses fleurs qui rappellent plutôt celles des F. tricolor 
et suavis, bien qu'elles en soient complètement distinctes. Ce bijou, 
qui mérite largement le nom de « planta admirabilis », paraît avoir 
fleuri chez MM. N. M. de Rothschild et J. S. Bockett, et avoir 
produit chez tous deux des hampes biflores. D'où il suit qu'il ne nous 
est pas encore apparu avec tous ses avantages, puisque l'on dit en 
avoir vu à l'état sauvage des spécimens à hampes garnies de 5 fleurs. 
Celles-ci sont blanches, élégamment marquées de pourpre magenta ; 
le sépale dorsal se projette en avant, les deux pétales sont disposés 
l'un à sa droite, l'autre à sa gauche ; les sépales latéraux sont blancs 
et le labelle trilobé, large, concave, avec de gracieuses veinules 
couleur magenta. Le Vanda Sanderiana est une autre espèce remar- 
quable de ce même genre, dont on a dit avec raison qu'il constitue la 
plus brillante acquisition de ces dernières années ; elle n'a pas, 
croyons-nous, fleuri jusqu'à présent dans notre contrée. La plante 
appartient au groupe Esmeralda ; son faciès ressemble à celui du 
Saccolabium molaceum. Ses fleurs, qui ont 15 pouces (37 1/2 cent.) 
de circonférence et sont aussi étalées que celles de Y Odontoglossum 
vexillarium, naissent en grand nombre à l'extrémité de pédoncules 
allongés; le sépale impair est circulaire, les pétales, plus petits, sont 



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étroits et cunéiformes, les sépales latéraux jaune bordé de mauve et 
veiné de pourpre et le labelle à limbe triangulaire tronqué d'un brun 
sombre, passant au vert sur les côtés. 

Une profusion de Cattleya disputent aux espèces précitées le prix 
de la richesse et de la beauté. Voici d'abord C. labiata délia, une 
brillante forme de nuance claire, avec ses sépales blancs, ses pétales 
mauve lilas, son labelle plus foncé traversé de veines blanches et 
tacheté d'ocre dans sa partie supérieure. Le G. labiata Percivaliana 
est une des plus jolies variétés de l'espèce : la moitié supérieure de son 
labelle est colorée du pourpre le plus riche et le plus intense et le 
disque présente des bandes brunes qui divergent en rayonnant vers 
les côtés. Le C. labiata Sanderiana a ses sépales et ses larges pétales 
teintés du plus beau pourpre clair et un superbe labelle, à limbe 
antérieur vaste, ondulé, tacheté d'innombrables macules pourpre 
foncé sur un fond plus clair, avec deux élégantes marques jaunes 
à la gorge du tube et la ligne médiane du disque teintée de brun 
avec de délicates veinules blanchâtres. Le C. Whitei, du Brésil, 
porte de grandes et belles fleurs, dont les sépales et les pétales 
sont d'un pourpre sombre et le labelle élégamment frangé couleur 
magenta riche tacheté d'orange au centre. Le C. gigas grandiflora est 
une grande et belle variété, à fleurs amples, d'un rose-œillet riche, à 
labelle brillamment coloré, les lobes latéraux blancs bordés de magenta 
vif. Le C. gigas Burfordiensis représente une autre forme d'une 
exquise beauté; le labelle, large de 3 pouces (7 1/2 cent.), est de couleur 
pourpre intense, plus claire sur les bords, et gracieusement ondulé. Le 
G. Mossiae Southgatei est remarquable par l'ampleur de ses dimensions 
et son coloris splendide. Le C. Mendeli Jamessiana est une des plus 
jolies formes du groupe; ses fleurs sont grandes, avec un labelle 
pourpre-rosé velouté du plus bel effet, jaune d'or à la base ; la gorge 
est teintée de cramoisi sur fond blanchâtre. Toutes ces espèces ou 
variétés constituent de brillantes acquisitions. 

Immédiatement après elles, en rang de beauté et de richesse, vien- 
nent les Laelia, parmi lesquels le L. anceps Veitchiana réclame à bon 
droit la première place. Ses grandes fleurs ont des sépales et des pétales 
blancs; le labelle est jaune d'or dans sa moitié inférieure, blanc riche- 
ment nuancé de cramoisi pourpré dans sa partie antérieure. Le 
L. Leeana est une toute gracieuse plante du groupe des L. pumila, 



— 20 — 

à fieurs d'un beau rose, à labelle d'un blanc pur avec les extrémités des 
lobes latéraux du pourpre le plus chaud et des veines de même couleur 
de chaque côté de la ligne médiane. Le L. callistoglossa, un hybride 
obtenu par M rs Veitch, entre les L. purpurata et Cattleya Warsce- 
wiczi, porte des fleurs d'un rose pur, avec un labelle dont le lobe 
médian, large et bien développé, ressemble par la nuance pourpre 
sombre ardente de toute sa partie antérieure au L. purpurata, tandis 
que le bord supérieur est jaunâtre et le disque blanchâtre, avec de 
nombreuses stries pourprées. 

N'oublions pas de mentionner quelques bonnes acquisitions parmi les 
Aërides. L'A. illustre, choisi parmi tout un stock d\4. crispum, est 
déclaré par Reichenbach une « brillante et glorieuse » plante; il a des 
feuilles larges et courtes et de longues hampes portant quelque chose 
comme vingt-cinq fleurs plus grandes que celles de VA. maculosum, 
blanches, teintées de lilas et légèrement tachetées; le labelle est remar- 
quable par sa belle nuance pourpre-améthyste et ses marques longitu- 
dinales caractéristiques de VA. maculosum. L'A. Lawrenceanum est 
une intéressante acquisition du type Schrôderi; il a des feuilles étroites 
et des hampes pendantes de jolies fleurs blanches, à labelle convexe, 
en forme de coquille et d'un rose magenta brillant. L'A. formosum 
est un hybride de la collection Veitch, né probablement des A. Lar- 
pentae et odoratum. Il ressemble au premier par. son allure générale 
et porte de jolies hampes pendantes de fleurs tachetées de blanc, à 
labelle trifide de couleur améthyste. 

S'il n'existe pas de nouvelles espèces d'Odontoglossum qui puissent 
rivaliser en beauté avec nos précédentes acquisitions, nous avons 
néanmoins à porter à l'actif de l'année écoulée quelques grandes et 
belles variétés. En toute première ligne vient VO. Pescatorei 
Veitchianum, de beaucoup la plus belle forme que nous possédions de 
cette chaste et gracieuse plante ; ses fleurs ont 2 1/2 pouces (6 K \k cent.) 
de largeur; les sépales et les pétales, ainsi que le vaste labelle, sont 
blancs avec des macules serrées d'un riche cramoisi pourpré, qui 
jointes à la crête jaune orangé rendent la plante décorative et orne- 
mentale au plus haut point. Puis viennent diverses variétés remar- 
quables de V Odontoglossum crispum (Alexandrae) . L'une d'elles, 
nommée 0. crispum « Duchesse », a de larges sépales et des pétales 
blancs d'une irréprochable pureté, avec une tache irrégulière brun- 



— 21 - 

châtain sur le labelle. Une autre, l'O. crispum Stevensi, porte de 
grandes fleurs avec des sépales oblongs lancéolés, des pétales ondulés 
sur les bords et un labelle oblong et crépu : le tout d'un blanc pur 
lourdement rayé de brun cannelle clair avec un disque jaune clair. 
L'O. crispum Dormannianum est une variété élégamment tachetée 
du même type ; les segments de la fleur sont parsemés de stries et de 
macules serrées de couleur brun-marron, le disque est jaune. L'O. cris- 
pum Wilsoni a de grandes fleurs incarnat tendre : les [(étales sont bruns 
et frangés, les sépales et le labelle marqués d'un petit nombre de 
macules couleur chocolat. L'O. crispum virginale porte des fleurs d'un 
blanc pur élégamment ciselées, avec un ou deux points colorés sur le 
labelle et une tache jaune sur le disque. L'O. vexillarium CobUanum 
est une jolie forme dont les sépales et les pétales présentent la teinte 
rouge rosé intense habituelle à cette charmante espèce et dont le vaste 
labelle plan est d'un blanc pur. L'O. Sanderianum est une belle espèce 
du groupe de YO.nevadense ; les fleurs étoilées sont de nuance ocre-clair, 
presque blanches, avec de nombreuses stries de couleur chocolat; le 
labelle est grand, libre, cunéiforme, panduriforme et ondulé, avec une 
large tache cramoisi pourpré entre les lobes du callus : c'est, dit-on, 
une toute charmante plante. 

En fait de Masdevallia, nous avons à noter surtout le M. Harryana 
imperialis, une superbe variété, la plus belle de beaucoup de sa 
race, remarquable à la fois par les vastes dimensions et la couleur 
brillante de ses fleurs qui ont près de 3 pouces (7 1/2 cent.) 
de largeur ; les sépales sont larges et étalés, d'un riche magenta bril- 
lant plus foncé vers les onglets. Le M. Harryana versicolor est une 
belle variété brillamment colorée, à floraison abondante, cultivée aussi 
sous le nom de striata, avec une bordure ou des macules irrégulières 
cramoisi-marron sur un fond magenta riche. Une autre forme non 
moins jolie est le M. Veitchiana grandiflora, avec ses fleurs de nuance 
habituelle, mais de dimensions doubles de celles du type. 

Le Phalaenopsis violacea Schroderi est une charmante variété de 
cette espècedeBornéo relativement nouvelle, que distinguent son feuil- 
lage d'un vert clair et son inflorescence en grappe dressée; la variété 
possède de grandes fleurs entièrement pourpres, avec un labelle pour- 
pre-améthyste foncé. Le Ph. speciosa est une autre espèce intéres- 
sante, dont les fleurs exhalent une odeur douce et pénétrante, voisine 



dn Ph. tetraspis dont elle se distingue par les macules et les bandes 
pourpre-rosé qui parsèment le fond blanc de ses fleurs et affectent 
des dispositions si variées que l'on trouverait difficilement deux spéci- 
mens semblables par leur bigarrure; le labelle est étroit, tronqué, con- 
vexe, velu à l'extrémité, pourpre-rosé, avec deux macules jaunes sur 
les lobes latéraux. Il en existe deux jolies variétés : Imperatrix, à fleurs 
pourpre-rosé intense, à lobes latéraux du labelle jaunes, à colonne 
blanche et Christiana, avec des sépales pourpre-rosé et des pétales 
d'un blanc pur. Le Ph. Mariae est une autre espèce orientale qui 
rappelle le Ph. sumatrana, un vrai bijou dans son genre ; les fleurs 
sont charmantes avec leurs sépales et leurs pétales blancs, rayés de 
bandes transversales pourpre améthyste et brun riche; le labelle 
obové-oblong est d'un rose magenta intense. 

Nous possédons, dans le Trichopilia Backhousiana, une gentille 
Orchidée du genre du T. suavis alla, mais bien distincte toutefois, 
produisant une profusion de grandes fleurs d'un blanc pur et du plus 
charmant aspect. Le Calanthe Textori, plante peu apparente et peu 
décorative d'ailleurs, ne laisse pas que d'être une jolie espèce parfaite- 
ment caractérisée ; il a les feuilles plissées du C. ver atrifolia et ses 
hampes élevées portent des grappes de fleurs blanc-carné, avec une 
tache cramoisi au centre et un labelle passant avec lage au jaune pâle. 
Une autre espèce aussi rare qu'intéressante est le Galeandra nivalis, 
à souche fusiforme, à feuilles linéaires lancéolées, du sein desquelles 
surgit une grappe penchée de fleurs dont les sépales et les pétales 
réfléchis sont colorés d'une riche teinte olive et dont le labelle infun- 
dibuliforme et prolongé en éperon est d'un blanc pur avec une bande 
centrale pourpre rosé. 

Deux jolis Comparettia ont fait leur apparition cette année parmi 
leurs congénères de nos collections. L'un d'eux désigné sous le nom de 
Comparettia falcata vera, qui n'est probablement qu'un synonyme 
horticole de C. spinosa, porte des grappes élégamment penchées 
de fleurs éperonnées, dont le labelle, relativement large et émarginé, 
est coloré en abricot riche ou en orangé-rougeâtre. Le second, le 
C. macroplectron, est un vrai joyau, avec ses grappes courtes et pen- 
dantes de fleurs éperonnées d'un rose pâle, au labelle large bilobé et 
d'un rouge-rosé vif avec des ombres plus foncées. 

Viennent enfin deux ou trois Dendrobium dignes de mention. Le 



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D. Leechianum est un hybride du même parentage que le D. Ainsworthi 
{nobile X aureum), auquel il ressemble du reste beaucoup par le carac- 
tère et la couleur de ses fleurs : tous deux sont des acquisitions 
définitives. Le D. superbum Deari est une jolie variété de l'espèce 
communément connue sous le nom de D. macrophyllum, dont les lon- 
gues hampes pendantes sont chargées de fleurs d'un blanc pur. Le 
D. mobile nobilius est une belle variété, à grandes fleurs, avec des 
sépales et des pétales du pourpre le plus brillant et un labellc plus 
foncé et plus apparent que d'habitude. 

Bien d'autres Orchidées intéressantes ont fait leur apparition pen- 
dant l'année écoulée, mais l'espace dont nous disposons ne nous 
permet pas de les renseigner toutes et force nous est de nous contenter 
d'entrenir les lecteurs de celles qui présentent le plus d'importance et 
d'intérêt. 

FOUGÈRES. 

Citons, parmi les acquisitions de l'an dernier le plus en faveur 
comme plantes de jardinage, deux Fougères arborescentes d'un haut 
intérêt. L'une est le Dicksonia chrysotricha, espèce javanaise à stipe 
robuste couronné par une profusion de frondes bipennées, à segments 
longs de 12-18 pouces (30 à 45 centim.), à pinnules linéaires décou- 
pées en lobes linéaires-oblongs, dentés, à peine contractés dans les 
frondes fertiles ; la plante présente, comme caractère particulier, un 
revêtement serré de poils écailleux luisants brun doré, appliqué sur 
toute la longueur du rachis foliaire : d'où son nom spécifique. Cette 
belle et noble Fougère réussirait mieux, nous dit-on, en serre tempérée 
qu'en serre chaude (l). L'autre espèce est VAlsophila Rebeccae, origi- 
naire de laRockingham-Bay,à stipe frêle et élancé, haut d'une huitaine 
de pieds (2 m 40), portant des frondes bipennées, à segments longs de 
12-15 pouces (30 à 37 1/2 cent,), subdivisés en pinnules linéaires, 
acuminées, de 2-3 pouces (5 à 7 1/2 cent.) de longueur; le stipe et 
les rachis foliaires principaux sont de couleur sombre et rugueux, 
parsemés de points saillants. C'est aussi une forme de serre tempérée. 

Une autre Fougère non moins intéressante est la variété Fulcheri 



(1) Le Dicksonia chrysotricha existe dans les collections depuis au moins 
douze ans. L. Lubbers. 



de YHydroglossum scandens, une jolie plante grimpante d'origine 
polynésienne, qui a remporté, il y a quelque douze mois, une 
distinction à l'exposition de la Société d'horticulture de Londres, où 
M. Egerton Green l'exposait dans de bonnes conditions. Les stipes 
grimpants de cette Fougère sont nuancés de brun pâle; ils produisent 
de courts rameaux dont le sommet donne naissance à une paire de 
frondes à segments réticulés, longs de plus de 3 pouces (7 1/2 cent.) et 
larges d'un pouce (2 1/2 cent.) environ; chez les segments fertiles, les 
épillets sorifères se projettent au-delà du limbe, ce qui donne à la 
plante un faciès original et saisissant. C'est du reste un sujet on ne 
peut plus décoratif et une bonne plante d'exposition. Il appartient au 
sous-ordre des Schizéacées et sa forme type a été longtemps connue 
sous les noms de Lygodium et Lygodiction Forsteri. 

Le sous-ordre voisin, celui des Osmondacées, s'est enrichi de deux 
bonnes acquisitions, à savoir YOsmunda javanica et YOsmunda 
japonica corywibifera.Le premier est une plante d'allure bien distincte, 
à frondes persistantes, pennées, coriaces, disposées en une touffe 
dressée, hautes de 1 à 2 pieds (30 à 60 cent.); les segments stériles 
sont lancéolés et longs de 4 à 8 pouces (10 à 20 cent.) ; les fertiles, 
qui occupent la partie inférieure ou centrale du massif, sont for- 
més par la juxtaposition de nombreux sporanges sessiles et oblongs. 
M. Schneider, auquel est confiée la surveillance des plantes de 
M" Veitch, nous apprend que cette Fougère, contrairement à toute 
prévision, réussit beaucoup mieux en serre tempérée qu'en serre 
chaude. UOsmunda japonica est identique à YO. speciosa des Indes : 
c'est une forme à frondes caduques, produisant souvent, mais pas 
toujours, des frondes fertiles séparées. De cette plante, que certai- 
nes autorités compétentes ne distinguent pas spécifiquement de 
YO. regularis non plus que YO. palustris à frondes persistantes du 
Brésil, M. Maries a trouvé au Japon une variété élégamment 
découpée que nous avons nommée 0. japonica corymbifera et que nous 
décrirons plus à loisir dans un prochain numéro. Dans cette forme, 
le sommet cies frondes fertiles et celui des segments et des pinnules 
dans les frondes stériles sont subdivisés en multiples lobules. 

L'année qui vient de s'écouler nous a dotés en outre de diverses 
autres Fougères tropicales qui ne tarderont pas à occuper un 
rang distingué dans la culture ornementale. Citons d'abord le Davallia 



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foeniculacea des îles Fidji, une Fougère à frondes persistantes, longues 
d'un pied et demi (45 cent.) et plus, deltoïdes-lancéolées dans leur 
contour, quadripennées, à segments terminaux découpés jusqu'au 
rachis en lobes linéaires filiformes, simples ou fourchus, de même lar- 
geur que le rachis; l'élégante découpure de ces frondes leur donne 
une allure particulièrement originale et décorative. Parmi les Capil- 
laires, la plus remarquable, sans contredit, que nous avons à signaler 
est YAdiantum Victoriae, variété naine obtenue par M. Bause et 
regardée comme un hybride entre A. Ghiesbreghti et A. décorum. Il 
forme des touffes basses et serrées, hautes de 4 à 6 pouces ( 10 à 15 
cent.), couvertes à profusion de frondes bipennées d'un vert intense et 
riche, àpinnules relativement grandes, tronquées, coniques ou subrhom- 
boïdales : c'est une plante décorative de valeur hors ligne. Les Adian- 
tum Legrandi et Pacotti sont deux jolies variétés touffues et de petite 
taille àeYA. cuneatum-, la première porte des frondes triangulaires à 
minuscules pinnules serrées et imbriquées; la seconde a des pinnules 
également serrées, mais largement cunéiformes et profondément inci- 
sées, à la manière de VA. excisum. Toutes deux, ainsi qu'une troisième 
forme plus grossière, sont nées par la culture de VA. cuneatum et ont 
une origine continentale, aussi bien que deux variétés voisines, les A. 
mundulumet cuneatum dissectum introduites l'an dernier. Une forme 
d'apparence assez analogue, VA. Bournei, a été exposée et primée à 
l'une des réunions de la Société Royale d'Horticulture ; elle porte, sur 
des stipes longs et vigoureux, des frondes denses, triangulaires et rap- 
pelle, avec une allure moins délicate, VA. Pacotti. Peut-être YAdian- 
tum dolabriforme n'est-il pas une plante nouvelle pour la culture; seu- 
lement on ne le distinguait pas jadis de VA. lunulatum, avec lequel 
il demeure, sans doute, confondu dans maintes collections. C'est une 
plante à frondes persistantes et non caduques, comme dans VA. 
lunulatum, caractère qui met hors de doute la différence spécifique 
des deux formes. Le Nephrodium Rodigasianum est une robuste Fou- 
gère des Iles Samoan, à frondes pennées-pennatifides, que leur 
allure vigoureuse rend extrêmement apparentes et décoratives au 
milieu d'autres plantes. C'est un vrai Nephrodium, à veines anasto- 
mosées caractéristiques. Le Lastrea Bopeana est une autre Fougère 
aspi.lioïde du type Nephrodium, mais à nervation non réticulée; il est 
originaire des îles de la Mer du Sud et des îles Fidji; c'est une plante 



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gracieuse et élégante, d'un caractère éminemment décoratif, à stipes 
grêles, à frondes ovales ou subdeltoïdes, longues d'un pied (30 cent.), 
pennées-pennatifides : le sommet et les segments des frondes sont 
pétioles et ces derniers découpés en lobes falciformes ligulés étroits; 
l'ensemble revêt une allure on ne peut plus svelte et légère. Dans le 
Pleopeltis fossa, de Java, nous possédons un Polypode nain, penché, à 
frondes épaisses, coriaces, persistantes, linéaires ou ovales dans leur 
contour, à bords sinués-dentés ou lobés; les lobes sont simples, bifides 
ou flabelliformes multifides; les frondes portent de vastes sores 
enfoncés dans de profondes dépressions et séparés par des saillies 
formant une ligne bosselée de chaque côté de la nervure médiane. 
C'est une toute mignonne et gracieuse forme de corbeille. 

Restent à mentionner quelques Fougères rustiques, telles que 
Polystichum acrostichoides grandiceps, à frondes librement découpées 
au sommet; P. vestitum grandidens, à pinnules de configuration 
variable, profondément incisées-dentées comme dans le P. angulare 
grandidens. Le Lastrea montana coronans est crispé multifide à 
l'extrémité des frondes et des segments. Le Polypodium vulgare 
comuliense Fowleri est une charmante variété du Polypode commun, 
à frondes décomposées, d'aUure uniforme et constante et non variable 
comme chez l'ancien P. comuliense. Le Scolopendrium vulgare crispum 
multifidum constitue une excellente forme ondulée, à sommet des 
frondes multifides, et le S. vulgare densum, une variété serrée et 
touffue du Kelwayi. Le Lastrea prolifica est une ' espèce japonaise 
bien distincte et éminemment ornementale, à frondes persistantes, 
rigides, deltoïdes, bipennées, couvertes de sores réniformes que protège 
une indusie rougeâtre bordée de gris de plomb; à l'aisselle des 
pinnules et sur leurs bords naissent des bulbilles aptes à se développer 
en autant de jeunes plantes. Ce caractère gemmifère est tout à fait 
distinctif. 

Notons, pour terminer, une intéressante Lycopodiacée, le Selagi- 
nella grandis, la plus belle et la plus vigoureuse des plantes de cette 
famille mises en culture, remarquable par les dimensions de ses 
branches feuillées, de nuance vert clair, et par les épis caudiformes, 
longs d'un pouce et demi (45 cent.), qui terminent les derniers 
ramuscules. C'est une plante de Bornéo, d'allure rustique : nul doute 
qu'elle ne soit destinée à devenir sous peu l'une des espèces les plus 
justement populaires. 



PLANTES DE SERRE CHAUDE. 



Dans la section des espèces cultivées surtout pour leurs fleurs, nous 
ne rencontrons aucune forme de valeur vraiment hors ligne. La meil- 
leure acquisition de l'année est probablement le Taxonia Parritae 
{Gard. Chron., vol. XVII, p. 225), une plante grimpante d'allure toute 
spéciale et d'apparence hautement décorative, mais qui, à notre con- 
naissance, n'a pas jusqu'à ce jour fleuri chez nous. Elle porte des feuil- 
les petites, trilobées et de grandes fleurs orange-rosé, à tube long et 
cylindrique, à sépales naviculaires ailés-carénés, à pétales oblongs et 
aplatis que l'on dit colorés de la teinte orange la plus riche. Une autre 
plante de mérite, Ylmpatiens Sultani, doit au hasard son introduction 
dans nos cultures : un fort semis s'est inopinément levé parmi 
d'autres plantes importées de Zanzibar. C'est une jolie forme décora- 
tive, qui fera merveille parmi les plantes de petite taille à croissance 
rapide; ses tiges succulentes et rameuses sont couvertes d'une 
profusion de grandes fleurs planes, longuement éperonnées, de 
couleur carmin. Le Crinum pedunculatum pacificum — le Lis des 
Epousailles — est une noble espèce de l'Ile de Lord Howe. Ses gran- 
des fleurs blanches, mesurant chacune 4-5 pouces (10 à 12 */ 2 cent.) 
de diamètre, sont groupées par 20-30 en vastes ombelles. Cette forme 
appartient à une famille importante de [fiantes bulbeuses de serre 
chaude, trop peu cultivée aujourd'hui. Nous possédons, en fait de 
Bégonias, une ou deux bonnes acquisitions, à savoir : le B. gogoensis, 
de Sumatra, petite espèce à feuilles persistantes, peltées, ovées- 
orbiculaires d'un vert sombre avec des reflets bronzés, à petites fleurs 
roses et blanches disposées en cymes pédonculées; puis le B. 
Williamsi, forme à croissance rapide, à grandes fleurs blanches de 3 
pouces (7 '/ 2 cent.) de diamètre. L'Aphelandra Chamissoniana, pour 
ne pas être la plus brillante parmi les Acanthacées ou les Aphélandrées, 
n'en reste pas moins une fort gentille plante, avec ses feuilles élégam- 
ment tachetées de blanc le long des nervures et ses fleurs longuement 
tubuleuses, jaune-clair, disposées en épis oblongs à l'aisselle de bractées 
épineuses, recourbées, de couleur jaune. Elle est originaire du sud 
du Brésil et destinée à devenir, d'ici peu, une plante décorative à la 
mode, à cause de sa croissance rapide et de l'abondance de ses 



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fleurs. N'oublions pas de mentionner le Columnea Kalbreyeriana 
{Gard. Chron., vol. XVII, p. 217), remarquable sinon pour sa beauté, 
au moins pour l'originalité de son allure; il porte des tiges épaisses et 
charnues couvertes de feuilles opposées, sessiles, rapprochées, lancéo- 
lées-acuminées, dentées, d'un vert clair au-dessus et cramoisies en des- 
sous; des deux feuilles de chaque paire, l'une est de très petites dimen- 
sions, l'autre longue d'un pied (30 cent.) et au delà ; les fleurs tubu- 
leuses et de couleur jaune disparaissent presque entièrement sous cette 
profusion de feuillage. Ajoutons pour terminer deux ou trois Bromé- 
liacées, dont certaines espèces sont réellement très jolies et gagnent 
peu à peu crédit et faveur parmi les amateurs de jardinage, notamment 
le Quesnelia rufa, une noble plante d'allure arborescente, haute de 10 
à 12 pieds (3 à 3 1/2 m.) produisant des feuilles striées transversa- 
lement et une inflorescence strobiliforme compacte de fleurs teintées 
de bleu au sommet, émergeant de l'aisselle de bractées serrées-imbri- 
quées, de couleur rouge-rosé vif bordé de blanc ; puis le Vriesea psitta- 
cina Morreniana, une charmante forme à feuilles vertes, luisantes, 
disposées en coupe, terminée par un épi distique de fleurs jaune vif 
teintées de vert au sommet, à demi cachées derrière des bractées mi- 
jaune, mi-cramoisi et portées sur un rachis cramoisi intense. 

PLANTES A FEUILLAGE DÉCORATIF. 

Parmi les formes à feuillage décoratif, la première place appartient 
sans contredit au Leea amalilis (Gard. Chron., vol. XVII, p. 493), une 
Ampélidée de Bornéo d'allure grimpante, à ce que l'on affirme, et dont 
les feuilles imparipennées sont splendidement marquées, au moins 
pendant la jeunesse du sujet; elles se composent de deux ou trois 
paires de folioles elliptiques-lancéolées, acuminées, crénelées, longues 
de 3-6 pouces (7 1 /-2 à 15 cent.), d'une riche teinte vert-bronzé avec une 
large bande blanche marginale dentelée sur son pourtour; la face 
inférieure est de couleur rouge-vineux. Le Dracaena fragans variegaia 
est une jolie plante apparente et décorative, dont les feuilles larges et 
récurvées sont striéesde bandes longitudinales jaunes. 

Le Ficus elastica aureo-marginata est une bonne et utile plante, à 
feuillage persistant, au port noble et distingué que chacun connaît ; ses 
feuilles sont irrégulièrement bordées de jaune verdâtre : les marques 



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sont d'une teinte douce et effacée, luisantes et du plus charmant effet. 
Viennent ensuite deux nouveaux Dieffenbachia : le D. majestica, à 
grandes feuilles oblongues-ovales acuminées, d'un vert sombre avec 
des macules jaune vif et une bande plumeuse gris-argenté, descendant 
jusqu'au centre; puis le D. princeps, à feuilles obliquement cordées, 
d'un vert sombre, parsemées de macules jaunes éparses et marquées 
d'une bande centrale gris d'argent : tous deux originaires du sud de 
l'Amérique. Nous possédons dans YAralia Chdbrieri une bonne plante 
d'allure distincte, à feuilles denses, serrées, d'un vert intense, longue 
d'un pied (0 m .30), pennées, formées de folioles linéaires, opposées, 
rapprochées, de 6 à 9 pouces (15 à 22 1/2 cent.) de long. \lEpipremnum 
miralile, la plante au Tonga, constitue une remarquable Aroidée 
grimpante, qui possède dans sa jeunesse des tiges grêles et de minus- 
cules feuilles cordées, auxquelles succède plus tard un feuillage 
ample, vaste et penné. 

Nombre d'acquisitions nouvelles importantes, dues en partie aux 
hybridations, en partie aux importations sont venues enrichir pendant 
ces dernières années, le groupe pittoresque des Nepenthes. Signalons, 
parmi les introductions les plus récentes, les N . Rajah et Northiana 
{Gard. Chro?i., vol. XVI, p. 717) mentionnés dans notre étude de l'an 
dernier : deux formes superbes d'allure et majestueuses d'aspect. Par- 
mi les espèces non encore renseignées, n'oublions pas de citer le N. 
coccitiea, un superbe hybride à urnes lagéniformes, longues de 6 pouces 
(15 cent.), à. fond cramoisi tacheté de jaune; puis les N, Rafflesiana 
insignis et nigro-purpurea, deux importations récentes de Bornéo, 
toutes deux jolies au possible et d'allure bien distincte (Gard. Chron., 
vol. XVIII p. 429), avec des urnes longues de 9 pouces (22 1/2 
cent.), vertes, richement tachetées de brun pourpré et couvertes 
de poils étoilés chez la première, longues de 6 pouces (15 cent.) et d'un 
brun pourpré terne avec de rares macules plus pâles chez la seconde. 

PLANTES DE SERRE FROIDE. 

Dans cette catégorie, il n'y a pas d'hésitation possible, et la place 
d'honneur revient sans contredit aux Bomarea introduits des régions 
montagneuses de la Colombie et auxquels le traitement tempéré est 
peut-être celui qui conviendrait le mieux. Il en existe plusieurs 



— 30 — 

espèces, notamment les B. Shuttleworthi, frondea et mtellina, tous 
figurés et décrits en détail dans le vol. XVTI du Gardeners 1 Chronicle. 
Ce sont des plantes grimpantes à croissance rapide, qui atteignent 
promptement une hauteur considérable. L'inflorescence du B. Shuttle- 
worthi comprend six à neuf pédoncules bi ou triflores, disposés en 
une ombelle penchée; les fleurs ont 2 pouces (5 cent.) à peu près de 
longueur; elles sont de couleur orange écarlate avec de minuscules 
taches noires au sommet; les pétales sont de nuance jaune-verdâtre, 
avec des macules semblables. Le B. frondea est orné de fleurs 
nombreuses, serrées, de couleur jaune clair intense; les segments 
pétaloïdes sont maculés de brun. Quant au B. vitellina, comme 
son nom l'indique, il porte sur des pédoncules ramifiés et ombelli- 
formes, comme chez les autres espèces, des fleurs jaune-orange. L'on 
ne peut douter que ces trois formes ne deviennent de précieuses acqui- 
sitions, surtout au point de vue des serres tempérées assez vastes pour 
leur permettre d'y prospérer et s'y développer à leur aise. Les plantes 
bulbeuses sont pour la première fois représentées dans nos introduc- 
tions de serre froide par les Nerine excellens et Cami, toutes deux 
ornées de fieurs rouge-rosé intense, disposées en vastes cimes orabelli- 
formes. L'une et l'autre, croyons-nous, ont produit des hybrides et 
leur remarquable beauté doit engager les éleveurs à travailler dans 
cette voie. Le Statice Jloribunda, simple variété horticole, pensons-nous, 
est une fort jolie plante et un encouragement pour les producteurs de 
semis; son allure rappelle les S. profusa et Butcheri, qu'elle laisse du 
reste bien loin derrière elle par l'abondance de ses fleurs et l'éclat de 
leur couleur bleue, une teinte rare et recherchée dans les collections de 
plantes à fleurs, et remarquable dans ce genre par sa persistance. 

Une excellente forme décorative nous est échue dans YJEJrica Tiiema- 
lis alba, variété d'un blanc pur de la Bruyère bien connue qui fleurit 
en hiver, différente seulement du type par la disparition complète de la 
teinte rosée et la nuance entièrement blanche de ses fleurs. 

Deux Rhododendron semi-rustiques, ou peut-être de serre froide, 
méritent une courte mention. Ce sont le R. grande, figuré dans une 
planche supplémentaire du Gardener's Chronicle, une noble espèce de 
l'Himalava avec de grandes feuilles oblongues-obtuses et de vastes 
touffes serrées de fleurs blanches, marquées à la base d'une tache pour- 
pre foncé; puis le R. Oldhami, forme buissonneuse naine de Formosa 



— 31 — 

aux feuilles lancéolées rapprochées sous des fleurs infundibuliformes 
et de couleur rouge-saumoné. 

PLANTES RUSTIQUES. 

Elles se divisent naturellement en deux groupes : les espèces 
frutescentes et les formes herbacées. Parmi les premières, nous 
remarquons tout d'abord une autre espèce toute jolie et gracieuse de 
Rhododendron, le R. serpjllifolium , une sorte de buisson bas admira- 
blement approprié à la décoration des racailles, dont les rameaux 
grêles sont couverts de petites feuilles obovales-apiculées et terminés 
par des bouquets de minuscules fleurs blanches. 

Recommandons, pour le même usage, tout un stock de semis per- 
fectionnés du Pernettya mucronata, une espèce buissonneuse naine à 
feuilles persistantes, qui se couvre dans la saison d'une profusion de 
baies diversement colorées et on ne peut plus ornementales; les meil- 
leures variétés ont reçu les noms de carnea nana, alba, sanguinea, 
nigra major, purpurea et macrocarpa. Le Cupressus Lamsoniana 
erecta alba, exposé à Londres, promet d'occuper une p'ace distin- 
guée parmi les espèces décoratives à feuillage persistant. Son port 
est droit, élancé; ses branches d'un vert glauque ou d'un gris d'argent 
contrastent de la façon la plus heureuse avec les teintes vertes et 
jaunes des autres variétés favorites. Nous croyons, sans l'avoir vue, 
que la Rosa microphylla, avec son feuillage élégant et ses minuscules 
fleurs solitaires rouge-rosé, est une plante pleine d'avenir, et qu'il ne 
lui sera pas difficile de gagner les sympathies de ceux qui prennent 
intérêt à l'étonnante variété de formes dont la Nature s'est plu à 
parer le monde qui nous est échu en partage. Le Lavatera arborea 
variegata est une Malvacée ligneuse bisannuelle à croissance rapide, 
placée sur la limite entre les formes arborescentes et la végétation 
herbacée : elle porte un feuillage ample et décoratif, largement et 
irrégulièrement panaché de jaune dans la variété précitée. 

Au groupe des plantes herbacées sont venues s'adjoindre quelques 
acquisitions d'une réelle valeur. Le Primula obconica (poculiformis) 
est une espèce naine à croissance rapide, d'une grande élégance d'al- 
lure, pour ne pas dire d'une beauté exceptionnelle; son feuillage res- 
semble à celui du P. cortusoides et ses fleurs sont disposées eu grappes 



- 32 - 

massives d'une teinte lilas tendre et délicate : sa patrie est le Japon. 
Le P. lalifolia, originaire des Alpes d'Europe, est une autre plante 
charmante dont les fleurs, d'une belle couleur pourpre-magenta avec 
une tache oculiforme jaune soufre, sont disposées en ombelles d'une 
douzaine environ. UAndrosace rotundifolia appartient à un genre voi- 
sin; il constitue une bonne plante de rocailles, avec ses feuilles créne- 
lées arrondies et ses ombelles de fleurs rouge-rosé vif, et nous 
vient de l'Himalaya. Une autre plante, riche de couleur et séduisante 
d'aspect est le Campunala Allioni, du Piémont, à feuilles linéaires 
subrosulées, à grandes fleurs penchées d'un bleu-violacé. L'Tm Van 
Houttei passe pour être un hybride entre les I. Susiana et ïberica : 
c'est une plante curieuse et intéressante dont les fleurs sont réticulées 
de brun foncé, obtenue par M. Max Leichtlin. C'est de l'Himalaya 
que nous vient encore le Saxifraga Milesi, espèce du genre du 
S. Stracheyi, mais distincte par ses feuilles plus longues et ses corym- 
bes serrés de fleurs blanches, dont le pédoncule et le calice sont 
glanduleux-pubescents. N'oublions pas, en fait de plantes bulbeuses, 
le Muscari armeniacum, l'une des plus jolies parmi les Jacinthes à 
grappes, Tune de celles qui épanouit le plus tard ses fleurs grandes et 
serrées, de couleur bleu d'azur; non plus que laTulipa Didieri, l'une 
des Tulipes les plus brillantes de l'Europe méridionale, proche parente 
du T. Gesneriana, la souche des Tulipes des fleuristes avec ses 
grandes fleurs cramoisies, marquées d'une tache pourpre bleuâtre et 
d'un bord jaune à la base de chaque segment. 

Reste enfin à mentionner une plante annuelle d'une grande beauté, 
le Phacelia campanularia, exposée l'été dernier dans de bonnes con- 
ditions par M r W. Thompson, mais dont la récolte de graines, croyons- 
nous, ne sera pas suffisante pour propager l'espèce. C'est un type bien 
distinct, haut de 6 à 8 pouces (15 à 20 cent.), rameux, à feuilles 
pétiolées,oblongues, arrondies, à grandes fleurs campanulées, d'un bleu 
foncé riche maculé de blanc à la base. S'il se montre souple à la 
culture, et rien ne fait supposer qu'il doive en être autrement, ce sera 
une excellente addition à la liste de nos plantes annuelles rustiques. 

D r H. F. 



— 33 — 



DESCRIPTION DU VRIESEA BARILLETI, sp. nov. 
par M. Ed. Morren. 
Planche III. 

Vriesea, § Psittacinae. 

Vriesea Barilleti. Foliis longis (0 n, 45-55), latis (0,08), nitidis, laeteviridi- 
bus. Scapo erecto, foliorum longitudinem aequante, bracteato. Spica simplici, 
elongata (0 m 20-30), ancipiti ; bracteis distichis, confertis, conduplicatis, navicu- 
laribus, arcte equitantibus, lucidis, luteis, punctis atrosanguineis numerosis- 
simis conspersis, unifloris. Sepalis brevioribus occultis. Petalis luteis squamis 
basilaribus binis late ovatis integris vel paululum crenulatis instructis. Antheris 
exsertis, stylo longiore. 

In ^Equatoris republica indigena, nunc in Europa culta. 

Les graines de cette plante qui est indigène dans la République de 
l'Equateur nous ont été envoyées, il y a cinq ou six ans, par le fils de 
Barillet-Deschamps. Les plantes qui en sont issues ont fleuri pour la 
première fois dans nos serres de la Boverie, en mai 1882 et ont montré, 
dans le genre Vriesea, un type nouveau, très-distinct et vraiment 
remarquable par sa belle prestance. Nous sommes heureux d'en faire 
hommage à notre ancien ami Barillet naguère jardinier en chef de la 
ville de Paris et le renovateur de l'art des jardins(l). 

Le Vriesea Barilleti atteint environ soixante-dix centimètres de haut. 
Ses feuilles, très luisantes et d'une charmante nuance, sont disposées en 
une élégante corbeille d'où sort l'inflorescence. L'épi, d'abord très court, 
ressemble alors à la crécelle d'un crotale; il s'allonge successivement 
et de nouvelles bractées semblent sortir des premières venues; il atteint 
ainsi jusque trente centimètres et, dans cet état, il rappelle, par sa 
conformation, certains animaux du groupe de annélides connus sous 
les noms d'Eumolpe et de Polynoe. Les bractées de l'épi, bouffies et en 
forme de proue de navire, ont les bords étroitement serrés les uns contre 
les autres. Chacune d'elles constitue ainsi un réservoir relativement 
très vaste, que nous avons toujours trouvé rempli d'eau pendant le 
développement des boutons. Les fleurs baignent dans cette eau comme 
des naïades. L'épi présente assez bien la forme d'une rame. Les 
bractées sont pointillées d'une infinité de ponctuations brunes. Les 
fleurs sont jaunes. 

Description. Plante de dimensions moyennes pour le genre, à drageons 
très rapprochés et peu nombreux. Rosace ample (0 m 50 de haut, sur m 70-80 

(1) Voir la Belgique horticole, 1873, p. 3Ô5 et 1875, p. 127. 

3 



— 34 - 



de large), gracieuse, en entonnoir, lâche et formée de 20 à 25 feuilles. 

Feuilles coriaces, minces, ascendantes, arquées, longues (jusqu'à m 55), très 
lisses, luisantes, vert très clair sur les deux faces, très légèrement marbrées et 
marquées de stries minces, transversales, vermiculaires, courtes, transversales 
et de couleur verte un peu plus foncée. La gaîne est largement ovale, assez 
longue (0 m 12-15), large (0 m 08>, convexe, parfois un peu blanchâtre, se rétrécis- 
sant dans la lame en forme de courroie, large (0 ra 045-55), canaliculée, les bords 
parfois finement lisérés de rouge et s'atténuant brusquement à l'extrémité, qui 
peut être marbrée de rouge brun et pointue ; parfois aussi légèrement nuancée 
de rouge à la face inférieure. 

L'inflorescence est dressée au-dessus du feuillage (jusqu'à O m 6(V70). Hampe 
droite, raide, cylindrique, épaisse (0°>007), ferme, à nœuds rapprochés 
(environ O02), portant chacun, dans un ordre spiral, une bractée dressée, 
involutée, plus longue que l'entre-nœud, foliacée, ovale, bientôt acuminée, lisse, 
rouge brun pendant la floraison et verte plus tard. 

Épi simple, s'allongeant beaucoup (0 m 25 et plus), multiflore, ancipité, large 
(0 IB 07) et relativement épais (0 m 015-18). Il comporte un grand nombre de bractées 
(ici jusque 46), distiques, très rapprochées, équitantes, presque horizontales, 
longues (0 U1 04), très larges (0 m 05), condupliquées, naviculaires, terminées par 
une carène étroite et un bec aigu. Elles sont enfin un peu cartilagineuses, 
minces, lisses, vert jaunâtre, un peu rouges près de leur insertion et pointillées 
par des milliers de ponctuations rouge foncé sur toute leur surface extérieure, 
sauf une bandelette marginale (0 m 002) qui est lisse et jaune. 

Fleur solitaire à l'aisselle de chaque bractée qu'elle dépasse un peu, assez 
longue (0 in 06), sessile et légèrement arquée. Sépales un peu cartilagineux, ligulés, 
lancéolés, longs (0 m 035), larges (0 ,u 01), atteignant les- deux tiers de la corolle, 
lisses, jaune citron. Pétales plus longs (0 m 045), disposés en tube un peu arqué 
avec le limbe à peine étalé et quelque peu irrégulier, en forme de bandelette, à 
sommet obtus, un peu échancré, de couleur jaune et pourvus à leur base de deux 
écailles semi-adhérentes, ovoïdes, entières ou un peu crénelées. Etamines 
adhérentes à la base des pétales (par 1, 2 et 3), que les filets dépassent un peu 
(0 m 002); anthères sub-basifixes, droites, allongées (0 m 008). Style un peu plus 
long et terminé par un large stigmate à 3 lobes étalés et papilleux. Ovaire lisse. 
Ovules nombreux brièvement appendiculés à la chalaze. Capsule de la longueur 
des sépales (0 ra 035), voilée dans la bractée persistante. 

Graines nombreuses, ascendantes, surmontées d'un minuscule appendice 
chalazien et supportées par un long funicule qui, à la dissémination, s'étale 
comme un pappe en parachute. 

La planche ci-jointe représente le Vriesea Barilleti au tiers de la 
grandeur naturelle et la rosace quelque peu dégarnie. La figure 2 
montre des bractées et 2 fleurs dans leurs dimensions réelles. 

La plante se cultive aisément en pots. Elle se plaît dans une serre 
chaude, humide et ombrée. Sa floraison est de très longue durée. 



— 35 — 



NOUVEAUTÉS DE FLORICULTURE 

RECOMMANDÉES DANS LE CATALOGUE DE GRAINES 

DE MM. H A AGE ET SCHMIDT, D'ERFURT. 

(Traduit du Garten Zeitung de Berlin, janvier 1883, p. 27). 

Signes conventionnels : O plante annuelle ; bisannuelle ; 2J. vivace ; 
X) ligneuse ; <Q, de serre froide ; A de serre chaude ; * plante signalée pour la 
première fois. 

ACROCLINIUM ROSEUM FLORE PLENO 0. — Cette intéres- 
sante nouveauté se passe de toute recommandation : un coup d'œil jeté 
sur le dessin de la fleur, représentée d'après nature à côté de la meil- 




Fig. 1. — Acroclinium roseum gran- Fig. 2. — Acroclinium roseum flore 
dijlorum (la meilleure variété en pleno (variété nouvelle à fleurs 
culture). doubles). 



leure variété à fleurs simples existante, suffit pour reconnaître l'im- 
mense progrès réalisé par l'introduction de cette forme nouvelle. 

L' 'Acroclinium roseum passe pour une des plus jolies parmi les 
Immortelles : à plus forte raison la variété à fleurs doubles doit-elle 
devenir la favorite des amateurs de jardinage. 



- 36 - 



Cette forme, du reste, se reproduit par semis d'une façon très régu- 
lière et très constante ; lors de nos derniers essais, 25 °/ seulement 
des graines sont retournées à la forme-type. 

★BEGONIA DAVISI FLORE PLENO, % Q Haage et Schmidt. 
Nous a\ons réussi à obtenir du B. Davisi, qui est une jolie plante 
basse et touffue, à floraison abondante, une variété élégante à fleurs 
doubles, susceptible de se reproduire régulièrement et constamment 
par semis, 

*MATRICARIA EXIMIA NANA AUREA CRISPA : 
1° Compacta flore pleno, 2J. O Haage et Schmidt. 
2° Erecta flore pleno, 4 O Haage et Schmidt. 

Deux nouvelles variétés doubles de la forme naine à fleurs jaune 
d'or, à feuilles crépues, obtenue par nous l'an dernier, la première 
haute de 15-20 centimètres, la seconde de 30 centimètres avec une 
allure pyramidée. 



Fig. 3. — Matricaria eximia nana Fig. 4. — Matricaria eœirnia nana 
aurea crispa erecta. aurea crispa compacta. 

★PAVOT DANEBROG, O. Un pavot à fleurs simples, d'un effet 
extrêmement décoratif, qui tient, par son allure et ses dimensions, 
le milieu entre le Papaver umbrosum et le pavot cultivé à fleurs 
doubles des jardins. La couleur de la fleur est un rouge écarlate 
vif, avec une grande tache blanc d'argent sur chacun des pétales, de 
telle sorte que l'ensemble de la corolle figure une croix blanche 




* PETUNIA HYBRIDA ILLUSTRIS FLORE PLENO, O Haage 
et Schmidt. C'est la forme à fleurs doubles de la variété rose carmin 
que nous avons introduite dans le commerce horticole il y a quelques 
années ; elle se reproduit sans altération par semis. 

* PETUNIA HYBRIDA MAXIMA FLORE PLENO BRILLAN- 
TROSA, Haage & Schmidt. — Le plus apparent et le plus brillant 
des Pétunias à fleurs doubles : la fleur est beaucoup plus grande que 
celle de la précédente espèce et d'une structure compacte et élégante; 
nouveauté de premier rang qui se reproduit constamment par semis. 

*SALVIA CARDUACEA, Benth. O. — Espèce nouvelle originaire 
de la Californie, dont le port et la fleur diffèrent notablement de toutes 
les Sauges connues jusqu'à ce jour et qui promet de devenir, par une 
culture judicieuse, l'une des plantes les plus décoratives de nos jardins. 

Elle forme des massifs buissonneux, ramifiés, de 50 à 75 cent, de 
haut, portant sur chaque tige 4 à 6 glomérules peu espacés de fleurs 
tomenteuses, de dimensions relativement considérables, à lèvre infé- 
rieure de la corolle élégamment frangée : leur couleur est bleu clair, 
et contraste étrangement avec la teinte vermillon des anthères 
longuement exsertes. - 



— 38 — 

Les feuilles sont d'un blanc laineux, fortement échancrées et dentées 
comme celles d'un chardon. La plante affectionne les stations sèches 
et ensoleillées; semée de bonne heure, elle fleurit dès le mois de mai. 

* SILENE PENDULA BONNETTI FLORE PLENO, O Ha âge 
et Schmidt. — Variété nouvelle à fleurs doubles du S. p. Bonnetti, à 
feuillage rouge brun foncé et à fleurs rouge cramoisi brillant. 

* SILENE PENDULA COMPACTA ROSEA FLORE PLENO, 
O Haage et Schmidt. — Nous avons réussi à obtenir de la forme naine 
et compacte du Silène pendula, une variété à fleurs doubles, qui par la 
richesse et l'abondance de sa floraison laisse bien loin derrière elle les 



Fig. 7. — Silène pendula compacta Fig. 8. — Chionodoxa Luciliae. 

rosea flore pleno. 

formes de plus haute taille cultivées jusqu'à ce jour et peut passer avec 
raison pour le plus beau des Silènes connus ; la duplication des fleurs 
y est trop complète pour que la production des graines puisse être 
abondante. 

CHIONODOXA LUCILIAE. — Nous avons déjà, en 1881, attiré 
l'attention des amateurs de jardinage sur cette Scille à jolies fleurs 
bleues qui mérite d'être plus répandue. 

DAHLIA GRACILIS Regel. — Depuis quelques années, les 
Georgines à fleurs simples viennent singulièrement en vogue; mais 
c'est moins aux diverses variétés du Dahlia coccinea que l'on a recours 
comme plantes décoratives qu'à une nouvelle espèce découverte par 
Roezl au Mexique, le Dahlia gracïlis, introduit par Ortgies en 1873 et 
décrit par Regel dans le Qartenjlora de 1871. La plante se distingue 



- 39 - 



par sa taille mignonne, ses feuilles finement découpées à segments 
lancéolés et ses fleurs naissant à profusion sur des supports élancés et 
grêles qui dépassent peu la masse serrée du feuillage. Les capitules 
floraux ne présentent qu'une rangée de demi-fleurons de couleur 
orange écarlate, mesurant 6-7 cent, de diamètre. — Depuis environ 
trois ans, diverses formes nouvelles de cette remarquable espèce sont 
nées au jardin botanique de Chelsea, entre autres les variétés 
superba couleur écarlate cramoisi (fig. dans le Gard. Chron. 1881, 
vol. XVI, p. 525), fulgens, ignea, cuprea, lutea, etc. T. Moore 
fait observer à ce sujet dans le Gard. Chron., 1. c. que le Dahlia 




Fig. 9. — Dahlia gracilis Regel. Fig. 10. — Dahlia gracilis Regel, 

gracilis perfecta n'appartient pas au groupe du D. gracilis et serait 
plus exactement dénommé D. perfecta. — Toutes ces formes du vrai 
D. gracilis et beaucoup d'autres se recommandent comme plantes de 
bordure aussi bien que de massif. 



DAHLIA JUAREZI, van der Berg. — L'histoire de ce Dahlia, telle 
que la raconte le journal Garden, est tout étrange et originale. En 
1873, M. Van der Berg, de Juphaar, près Utrecht, reçut une petite 
caisse de graines et de bulbes qui était demeurée pas mal de semaines 
en route, de telle sorte que les semences avaient presque toutes germé 
et que les bulbes étaient pour la plupart gâtées et pourries. M. Van der 
Berg nettoya et mit en ordre ce qui lui paraissait encore en vie ; une 
des bulbes ne tarda pas à donner une pousse de petite dimension, qui 
se trouva être un Dahlia. Comme la germination se produisait en 



— 40 — 

hiver, il ne pouvait être question de faire de la pousse autre chose 
qu'une bouture. Les pieds ainsi produits furent élevés pendant la 
saison froide avec un soin et une sollicitude extrêmes et replantés 
en juin 1873 avec d'autres Dahlias. Dès l'apparition des fleurs, leur 
couleur rouge vif et leur configuration bizarre attirèrent l'attention 
générale et la plante fut baptisée du nom de « Juarez » , le Président 
de la République Mexicaine. En 1874, elle devint la propriété d'une 
maison française qui l'introduisit dans la culture horticole — et elle s'est 
rapidement répandue en Angleterre, surtout après que MM rs Cannel 
& fils, de Swanly, l'eurent exposée. Les fleurs sont rouge écarlate; elles 
s'élèvent notablement au-dessus du feuillage et doivent à leurs grands 
pétales fortement étalés un certain air de ressemblance avec le Cereus 
speciosissimus : d'où le nom de « Dahlia-Cactus » sous lequel la plante 
est généralement connue en Angleterre. 




Fig. 11. — Dahlia Juarezi. Fig. 12. — Bégonia socotrana. 



BEGONIA SOCOTRANA J. D. Hooker. — Plante découverte par 
Balfour & Schweinfurth à Socotra et figurée dans le Bot. Mag. 
(fig. 6555). C'est une espèce de petite taille, à feuilles arrondies pelti- 
formes de 10 à 18 cent, de diamètre, à fleurs de nuance rose-carné, 
dont les mâles ont 5 cent, de diamètre. Son grand 'mérite est de fleurir 

EN PLEIN HIVER. 

CONCOMBRE ASTRO. — C'est une espèce rampante, à feuillage 
élégant, d'un vert sombre, finement réticulé, portant une profusion de 
fruits dont la chair est ferme et épaisse et le goût exquis; la plante est 



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longue de 45-60 cent., pas trop grimpante, facile à conduire : il 
n'existe pas dans le commerce d'autre espèce qui puisse lui être 
comparée. 

* ASTER WASHINGTON BLANC- JAUNATRE. 

* ASTER WASHINGTON BLEU CLAIR. — Deux formes nou- 
velles et constantes de ce genre décoratif à grandes fleurs. 

D r H. F. 



RÉSUMÉ 
d'une 

NOTE SUR L'ACCROISSEMENT DES PÉTALES 
DE UUROPBDIUM LIN DENI Rchb. 

par Cramer, de Zurich, 

présentée à la Société des sciences naturelles et de médecine d'Eisenach. 
Traduit du Bot. Centralblatt, 1882, XII, p. 107. 

Les sépales, à partir de l'anthèse, continuent à s'accroître pendant 
peu de temps et d'une quantité insignifiante, 19 °/<> environ, d'après la 
moyenne de deux observations. Les pétales et le labelle, au contraire, 
continuent à grandir longtemps et d'une façon très appréciable, égale 
à environ 300 °/ de leurs dimensions primitives, depuis le 12 juin 
jusqu'au 3 juillet. Chez les sépales, le labelle et surtout les pétales, 
rallongement nocturne est toujours le plus apparent. C'est même vers 
la fin une contraction (allant jusqu'à 17 millim.) que l'on constate 
pendant la journée, parfois même la nuit. Si on les plonge dans l'eau, 
une fois leur accroissement terminé, les sépales et le labelle s'allongent 
à peine, les pétales d'une façon beaucoup plus apparente (12 i/s %). 

Les diverses zones de chaque pétale prennent à son accroissement 
une part très inégale ; celles du milieu grandissent le plus longtemps 
et avec le plus d'énergie. Chacune d'elles s'accroît aussi d'une façon 
plus marquée la nuit que le jour : il s'y produit même souvent un 



- 42 — 

raccourcissement pendant la journée. Toutefois dans les zones basis- 
copes (inférieures), non seulement rallongement nocturne, mais encore 
rallongement total de la journée l'emporte sur la somme des raccour- 
cissements diurnes, tandis que dans les zones acroscopes (terminales) 
les raccourcissements du jour dépassent la somme des allongements 
diurnes, de telle sorte que l'accroissement doit y être mis tout entier 
sur le compte du travail de nuit. 

L'accroissement des pétales de YUropedium Lindeni ne dépend, 
suivant toute apparence, que d'une simple extension des cellules. 

Le labelle imprégné d'une solution de chlorure sodique à 20 °/„ 
se laisse allonger à la main de 25 °/ , après quoi il se contracte, mais 
sans revenir jamais à ses dimensions initiales. 

Ce même labelle, sous l'effort d'un poids de 35,5 gr., s'est allongé 
de 9,8 °/ c'est-à-dire jusqu'à redevenir égal à ce qu'il était à l'état de 
turgescence. Une charge de 90,5 gr. provoque un allongement de 
15,8 °/ , puis le déchirement des tissus. 

L'interprétation de ces chiffres, basée sur des calculs qu'il serait 
trop long de répéter ici, conduit à ce résultat, que la force de résis- 
tance des pétales à la traction, égale au moins 1,6 kilog. par milli- 
mètre carré de substance solide et l'énergie de leur gonflement 2 1/2 
atmosphères. 

Pour ce qui est des raccourcissements observés vers la fin pendant le 
jour et même la nuit, l'auteur, sans pouvoir se prononcer actuellement 
sur la question de savoir s'il s'agit ou non d'un phénomène normal, 
croit qu'il faut les attribuer moins à l'influence retardatrice de l'éclai- 
rage qu'à la transpiration plus abondante provoquée par l'élévation de 
température diurne (dépassant de 10° R. = 12 1/2° C. celle des nuits) 
et à la diminution périodique de turgescence qui en résulte. Les 
pétales, ceux-là surtout chez lesquels les contractions étaient le plus 
prononcées, semblaient mous et flasques le soir, gonflés et turgescents 
le matin. L'auteur se propose d'instituer de nouvelles recherches sur 
ce point délicat. D r H. F. 



— 43 — 



CULTURE DU DA RLINO TONIA CALIFORNICA. 

(Traduit de The Garden, 19 août 1882, p. 160.) 

Bien que l'on ait écrit déjà nombre de mémoires sur la culture et 
les exigences de ce curieux et élégant végétal, il semble que de saines 
notions sur le mode de traitement le mieux en rapport avec sa nature 
fassent encore défaut chez bon nombre d'horticulteurs. Ceux qui les 
premiers entreprirent son élève ne réussirent pas au début, et bien 
peu d'années se sont écoulées depuis l'époque où des spécimens vigou- 
reux et de dimensions normales prirent naissance dans notre contrée. 

Le défunt D r Moore réussit mieux qu'aucun autre dans la culture de 
ses Darlingtonia, et les serres de Glasnevin comptèrent bientôt, parmi 
leurs multiples attractions, de gigantesques spécimens de cette bizarre 
plante, avec des feuilles ou urnes hautes de 3 pieds (0 m 90) et brillam- 
ment colorées. MM. Backhouse, d'Yorck, cultivaient aussi et, je pense, 
cultivent encore à présent le Darlingtonia avec beaucoup de succès; 
c'est même dans leur établissement que la plante se montra pour la 
première fois rustique sous notre climat. Il en existe à Kew un fort 
beau spécimen, parmi d'autres plantes « insectivores. » 

Le Darlingtonia, comme les Sarracenia, affectionnent les pelouses 
découvertes, marécageuses, où l'humidité et le soleil ne leur font jamais 
défaut pendant les mois d'été. C'est dans semblable station qu'ils pros- 
pèrent. Ce qu'il faut donc à leur santé, c'est une abondance d'humidité, 
de lumière et d'air pur : les serres mal ventilées leur sont fatales. Dès 
les premiers jours du printemps, les plantes doivent être soigneusement 
retirées de leur substratum, lavées et rempotées dans un mélange de 
bonne tourbe fibreuse et de sphaigne additionné d'un peu de sable et 
de charbon de bois. Les Darlingtonia ne semblent s'accommoder ni de 
terreau ni de détritus foliaires ; plus le sol est doux et découvert, et 
mieux la plante y réussit. Les pots seront emplis de tessons jusqu'au 
tiers, la tourbe et les sphaignes pressées fortement contre les racines. 
L'on pourra piquer à la surface un peu de sphaigne pour orner les 
plantes et maintenir humide leur partie inférieure ; puis on les dispo- 
sera dans une serre tempérée, où on puisse les tenir enfermées pendant 
huit ou quinze jours, en arrosant fréquemment le sol, jusqu'au moment 



— 44 — 

où les racines manifesteront quelque symptôme d'activité. Pendant la 
période de croissance, il ne faut pas ménager l'eau à la plante ni 
craindre de la seringuer deux ou trois fois le jour. L'on peut, sans 
inconvénient, aérer légèrement pendant toute la journée, en prenant 
garde toutefois qu'un courant d'air froid ne vienne frapper les jeunes 
urnes. On laissera la température s'élever sans entraves sous l'in- 
fluence de la chaleur du soleil, et l'on aura surtout bien soin de ne 
rien faire pour empêcher les rayons lumineux d'arriver jusqu'aux 
plantes. Chaque matin, nous humectons largement les racines, mais 
sans jamais nous servir de récipients pour les maintenir entourées 
d'eau : semblable pratique, à notre avis, ne peut être que préjudi- 
ciable à la santé de plantes délicates. 

Au fur et à mesure que l'été avance et que les urnes approchent de 
leur complet développement, l'on peut aérer davantage, de façon 
qu'elles atteignent, une fois l'automne venu, leur entière maturité et 
leur complète coloration. Pendant l'hiver, une serre tempérée bien 
sèche, apte à protéger les plantes contre la gelée, est le meilleur asile 
pour les sujets élevés sous verre. Bien que le Darlingtonia puisse venir 
en plein air dans notre pays, il n'y atteint jamais ni les dimensions ni 
l'apparence saine et vigoureuse qu'il est susceptible de revêtir en serre. 

La multiplication des Darlingtonia se fait par éclatement ou par 
semis ; la première de ces méthodes est extrêmement commode et aisée 
à pratiquer sur les longs stolons ou coulants que la plante développe 
d'habitude, sans compter que l'on peut, sans danger de la perdre, divi- 
ser la souche principale elle-même. Les graines germent sans difficulté 
sur des sphaignes hachées couvertes d'un carré de verre et disposées 
sur une étagère, en serre tempérée. Les semis, une fois assez grands 
pour pouvoir être aisément manipulés, doivent être transplantés dans 
des boîtes ou pots et y être largement arrosés, après quoi le traitement 
recommandé pour les plantes adultes se trouvera parfaitement appro- 
prié à leurs besoins. D r H. F. 



— 45 — 



LES ACACIAS AUSTRALIENS 

AUX INDES ORIENTALES, 

par W. T. Thiselton-Dyer. 
Traduit de Nature, 23 novembre 1882, p. 82. 

Dans YIndian forester de juillet 1882, le D r Brandis, directeur du 
département des eaux et forêts de l'Inde, donne d'intéressants détails 
sur les changements survenus dans l'époque de la floraison des Acacias 
australiens introduits au Nilgiris : 

«L 1 'Acacia dealbata,» à\t-i\, « fut introduit dans le Nilgiris avant 1845. 
Le colonel Dun, propriétaire de nombreuses fermes à Ootacamund, en 
avait planté quelques pieds sur ses terres plusieurs années avant la 
date précitée; cependant l'arbre ne devint pas commun, bien loin 
de là, et jusqu'en 1855, il se vendit aux jardins du gouvernement 
2 annas pièce. Or, un fait curieux a été observé au sujet de la floraison 
de cet arbre; en 1845 et jusqu'en 1850, elle eut lieu en octobre 
comme en Australie; mais en 1860, les sujets fleurirent en septembre; 
en 1870, ce fut en août; en 1878, en juillet et cette année, 1882, en 
juin, c'est-à-dire au mois du printemps correspondant au mois 
d'octobre dans leur patrie. Tous les pieds d'ailleurs ne fleurissent pas 
aussi prématurément, parce qu'à plusieurs reprises de nouvelles graines 
ont été importées d'Australie et que les arbres nés de leur germination 
continuent, jusqu'à ce que leur acclimatation soit complète, à fleurir 
à la même époque que les parents laissés au pays. » 

« Comme j'ai observé la floraison de ces plantes pendant quelque 
chose comme quarante ans, je puis garantir la parfaite exactitude de 
ces renseignements et il est vraiment curieux de constater qu'il a fallu 
aux Acacias un laps de temps aussi long pour retrouver leur aptitude 
à fleurir au printemps. La floraison commençant au mois d'octobre, 
notre automne, a successivement et par étapes, rétrogradé jusqu'en 
été, puis jusqu'au printemps où elle semble décidément fixée. » 

J'ai voulu voir si aucun changement de ce genre ne s'observait à 
Kew. 

V Acacia dealbata ne peut chez nous se cultiver que sous verre. 



— 46 — 



C'est, en serre tempérée, un joli petit arbuste, tout charmant et gra- 
cieux quand il est couvert de fleurs, c'est-à-dire au premier printemps 
ou vers la fin de l'hiver, en février. Sir Joseph Hooker a constaté que 
les A. dealbataet A. decurrens var. mollis (espèces très voisines) fleu- 
rissent en Tasmanie à cette même époque. Or, dans Y H or tus Kewensis 
d'Aiton (1813), l'ii. decurrens est renseigné comme ayant été introduit 
par Sir Joseph Banks en 1790 et fleurissant en mai-juillet. Il semble 
donc qu'en Angleterre, bien que sous des conditions plus artificielles, 
l'époque de floraison de cette plante ait aussi rétrogradé peu à peu. 

D r H. F. 



DESCRIPTION DU SCHLUMBERGERA MORRENIANA. 

SP. NOV. 

par M. Edouard Morren. 

Planche IV-V-VI. 
FAMILLE DES BROMÉLIACÉES. — TRIBU DES CARAGUATÉES. 

Schlumbergera. Calix profunde tripartitus, segmentis convolutis. Corolla 
hypocraterimorpha, limbo trisecto. Stamina fauci adnata filamentis exsertis. 
Stylus exsertus ; stigma trifidum, lobis liberis. Ovarium superum. Ovula mu- 
tica. Fructus capsularis : semina pappigera. — Flores lutescentis in spica poly- 
sticha, composita dispositi. Folia rosulata, lorata, intégra. 

Cfr. la Belg. hort., 1878, p. 311 ; 1879, p. 225 et 360, tab. XIX. 

Schlumbergera Morreniana, procera, foliis coriaceis, arcuatis, longis (1 m. 
et ultra), vagina latiore, limbo canaliculato, lato (0 m 07), lato, lanceolato, acumi- 
nato, nitidis, subtus purpurascentibus, ubique lineolis flexuosis transversalibus, 
atropurpureis, numerossissimis ornatis. Scapo erecto valido, spathis imbricatis 
vestito, folia superante. Panicula congesta compacta, spicis brevibus (0 ,n 08), 
strobiliformibus, hic septenis, composita : bracteis imbricatis, coriaceis, ovatis, 
laevigatis, atropurpureis, deinde fuscis. Floribus axillaribus, solitariis. Calyce 
bractea occulto, sepalis basi connatis, contortis, cartilagineis, ellipticis, acumi- 
natis, albo marginatis. Corolla duplo longiore hypocrateri ; tubo elongato, 
limbo trisecto, segmentis subpatulis, obtusis, luteolis. Staminibus fauce adnatis, 
filamentis exsertis; antheris sagittatis. Stylo aequali; stigmati trilobato, lobis 
papillosis conniventibus. Ovulis numerosis, muticis. Capsula 



Massangea Morreniana Hort. Lind. — Cat. Expos. Brux. 1880 et Cat. 
Expos, de la Soc. roy. d'hort. de Liège, 1881, p. 36. 

Cette admirable plante a été présentée par M. Linden aux expositions 
horticoles de Gand en 1878 et de Bruxelles en 1880. Son feuillage, à la 
fois robuste par ses proportions et gracieux par ses arcures, présente, 
sur un fond vert foncé, souvent nuancé de rouge pourpré, une infinité 
de petites lignes transversales, ondulées, irrégulières, raéandriforraes, 
rouge-brun. Cette singulière coloration du feuillage ressemble beau- 
coup à celle du Massangea musaïca, à tel point qu'on crut d'abord à 
une simple variété ou, selon toutes les apparences, à une nouvelle 
espèce du même genre. M. Linden lui donna le nom de Massangea 
Morreniana. Nous avons été très sensible à cet honneur et plus encore 
au sentiment qui a inspiré notre ancien confrère et ami. 

Il n'existait en Europe qu'un seul exemplaire de cette belle et rare 
espèce. Il devint la propriété de M. Ferdinand Massange-de Louvrex, 
qui le fit figurer à l'exposition de la Société royale d'horticulture de 
Liège au mois de juillet 1881. L'année suivante, grâce aux bons 
soins de feu Karl Kramer, alors chef des serres de M. Massange, à 
St-Gilles, la plante développa son inflorescence et elle ouvrit ses fleurs 
au mois d'octobre 1882. 

A notre grande surprise l'inflorescence et les fleurs ont une autre 
structure et une organisntion différente de celles du genre Massangea et 
même du genre Caraguata. Nous y avons reconnu tous les caractères 
des Schlumbergera, notamment l'inflorescence en panicule d'épis con- 
tractés et les étamines exertes insérées sur la gorge d'une corolle en 
hypocratère. 

Le genre Schlumbergera a pris en peu de temps un développement 
inattendu. Très modeste à son origine, il compte maintenant des repré- 
sentants qui sont au nombre des plus distingués dans une famille orne- 
mentale entre toutes, famille qui rivalise avec celle des Orchidées par 
la séduction des fleurs et l'emporte sur elle par la beauté du feuillage 
et du port. 

On sait que le Schlumbergera Morreniana, puisque tel est son nom, 
est indigène quelque part dans l'Amérique méridionale, mais on n'a pas 
divulgué dans quelle localité. 

Description. — Plante de grandes dimensions (l m 60 de diamètre et l m de 
hauteur), à drageons très rapprochés et insérés à l'aisselle de feuilles inférieures 
Souche épaisse. Rosace foliaire lâche. 



— 48 — 



Feuilles nombreuses (20 à 30), coriaces, plus ou moins défléchies, arquées ou 
ascendantes suivant leur âge, longues (jusque l m 10), lisses, vert foncé, rouge 
brun purpurescent à la face inférieure au moins pendant leur jeunesse, ornées, 
sur les deux faces, de stries transversales, très nombreuses, rapprochées, étroites, 
ondulées, enchevêtrées en méandres et de couleur rouge brun ou vert foncé sui- 
vant leur âge. Gaine très large (0 m 12), brunâtre; limbe canaliculé, en courroie, 
large (0 ,u 07 en moyenne), graduellement lancéolé jusqu'au sommet. 

Inflorescence centrale, dressée au-dessus du feuillage (l m de hauteur). Hampe 
droite, raide, très robuste (0 m 014 de diamètre), lisse, à nœuds très rapprochés, 
couverte de bractées imbriquées, herbacées, dressées, involutées, lancéolées, 
acuminées, longues (0^10), colorées comme les feuilles ; les supérieures plus 
larges, plus courtes et encore plus rapprochées, passant au brun. 

Panicule compacte et contractée (0 m 10 de hauteur et m 08 de diamètre) d'épis 
strobiliformes très rapprochés, ici au nombre de 1 : le terminal plus long 
(0 m 095), les latéraux plus courts (CM)8), tous assez larges (0 œ 025) et pourvus d'une 
spathe brune, lancéolée, acuminée, courte (0 m 05). 

Chaque strobile est ovoïde, à bractées très rapprochées, spiralées, imbriquées, 
coriaces, ovales, assez grandes (0 m 025), larges (0'"015), lisses, rouge foncé, plus 
tard brunes. 

Fleurs sessiles, solitaires à l'aisselle d'une bractée qu'elles dépassent. Calice 
court (0 m 02) atteignant à peine la moitié de la corolle, à 3 divisions unies à la 
base (sur m 002-3 seulement), (contournées avec recouvrement à gauche du 
spectateur), un peu cartilagineuses, ovales-elliptiques, acuminées, dressées, 

2 condupliquées, la 3 e presque plane, toutes lisses, brun fauve avec la marge 
blanche. Pétales faiblement cohérents en corolle gamopétale, hypocratéri- 
morphe; tube long (0 ,n 022), mince (0 ,n 003), droit ou un peu courbe; limbe à 

3 divisions plus ou moins étalées, assez longues (0 m 013), obtuses, d'un blanc 
jaunâtre. Etamines à filaments adhérents au tube de la corolle jusqu'à la gorge 
qu'ils dépassent un peu (0 ,,, 004); anthères subbasifixes, sagittées, assez longues 
(0">006). Style droit, élevant à la hauteur des anthères un stigmate à 3 branches 
papilleuses, vertes et conniventes. Ovules nombrenx, mutiques. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE. 

1 . La plante réduite au quart de la grandeur naturelle. 

2. Le sommet de la hampe et la panicule, gr. nat. 

3. La partie supérieure d'une feuille. 

4. Une bractée florale. 

5. Une fleur. 

6. Le calice. 

7. La corolle. 

8. La même fendue et développée, montrant les étamines. 

9. Le pistil. 
10. Un ovule. 



- 49 — 



NOTE SUR L'ORIGINE DES FIBRES DE RAPHIA 
ET DES RABANNES. 

par M. Henry Pierron. 

On emploie comme liens, en horticulture, les fibres de Raphia. 
Or, on n'est pas, ou plutôt on n'était pas d'accord sur leur origine. 

L'arbre qui fournit ce produit est un palmier connu à Nossi-Bé sous 
le nom de Raphia, et les liens que l'on emploie sont la pellicule exté- 
rieure des folioles d'une feuille incomplètement développée. Voici 
quelques détails à ce sujet. 

L'arbre atteint de 3 à 5 mètres de hauteur sur 60 à 70 centimètres 
de diamètre; le rachis ou côte médiane d'une feuille complètement 
développée peut mesurer de 7 à 8 mètres de long, sur un diamètre de 
10 à 12 centimètres, à un mètre au-dessus de son point d'attache, et, 
par conséquent, avoir en hauteur une dimension bien supérieure à celle 
du tronc. Ce pétiole commun porte de chaque côté une rangée de folioles 
qui ont environ 1 mètre de longueur sur 3 centimètres de largeur. 

Pour recueillir les fibres-liens, on coupe les folioles d'une feuille 
incomplètement développée, lesquelles folioles se trouvent alors pliées 
en deux longitudinalement, et appliquées le long du rachis. On casse 
l'extrémité du limbe et, en tirant, on détache la pellicule extérieure, 
qui deviendrait la face inférieure d'une foliole entièrement développée. 

Le Raphia sert à beaucoup d'autres usages ; dans le pays on en 
mange le bourgeon terminal en guise de chou palmiste; il est employé 
à faire des chevrons pour la construction des cases ; avec l'intérieur 
des rachis on fait des bouchons ; avec les fibres, les mêmes qui s'expé- 
dient en Europe, on tisse une étoffe plus ou moins fine dont se vêtent 
les Malgaches, qui appellent ce tissu Rabanne. 

Aujourd'hui ces Rabannes sont employées avec succès par les tapis- 
siers, qui en recouvrent les fauteuils d'osier; l'effet produit ne manque 
pas d'une certaine originalité, due surtout aux couleurs particulières 
dont les rabannes sont rayées. 

Les fruits sont mangés par les indigènes; ils sont ovales, ont 5 à 8 
centimètres de long sur 4 centimètres de diamètre. 

4 



— 50 — 



L'arbre ne fleurit qu'une fois et périt après avoir porté un certain 
nombre de grappes pouvant mesurer 3 à 4 mètres de long et dont 
chacune suffirait à la charge de deux ou trois hommes. 

{La Science 'pour tous, 1882, 255.) 



UNE EXCURSION AUX MONTAGNES DU BRÉSIL, 
ESQUISSE DE VOYAGE, 

PAR LE PROFESSEUR EUGENE WARMING, DE COPENHAGUE ( '). 

En invitant le lecteur à nous accompagner dans une tournée d'explo- 
ration vers les montagnes brésiliennes, notre objectif n'est pas de lui 
faire franchir des rocs escarpés et sauvages, des glaciers, des plaines 
de neige arides, désolées, où les rigueurs du froid engourdissent et 
tuent la végétation pendant les douze mois de l'année, où les ouragans 
glacés se lamentent et gémissent parmi des abîmes et des précipices 
sans fond; non, le Brésil ne possède pas semblables paysages; il n'a 
pas de ces « punas » avec leur beauté terrifiante et grandiose, tels que 
les décrit Tschudi dans son voyage au Pérou, et ce n'est pas une 
excursion de quelques heures, à partir de cette côte brésilienne 
enchanteresse à laquelle la nature ne se lasse jamais de prodiguer ses 
trésors, qui pourrait nous transporter au milieu des horreurs et des 
frimas des régions polaires. Mais les montagnes qui s'élèvent de 5 à 
7000 pieds au-dessus du niveau de la mer, pour ne pas offrir à nos 
regards de ces scènes sublimes, ne nous présentent pas moins des spec- 
tacles, des horizons nouveaux, remplis de charme et d'intérêt, et ce 
n'est pas perdre son temps que d'entreprendre semblable voyage, 
d'autant plus qu'il n'entraîne à sa suite ni grands dangers ni difficul- 
tés bien sérieuses. Pour cette fois, si vous le voulez bien, nous nous 



(1) M. le D«- Eugène Warming, professeur de botanique à l'Université de 
Copenhague et membre de l'Académie royale des sciences, a publié en danois le 
récit de ses voyages au Brésil. Une traduction allemande par M. Henry Zeise 
a paru dans la revue que le D r Karl Millier dirige, à Halle, sous le titre 
Die Natur (1881, p. 156, 170, 194 et 208) et qui est destinée à la vulgarisation 
des sciences. Cette édition française a été rédigée d'après le texte allemand. 



— si — 

dirigerons vers la « Sierra da Piedade » ou, pour ne pas estropier son 
nom indigène, la « Sierra da nossa Senhora da Piedade 0). » 

Nous quittons Lagoa Santa aux premières lueurs du jour : notre 
petite troupe ne comprend, à part votre serviteur, qu'un jeune 
domestique et un vieux nègre aux cheveux grisonnants, chargés, le 
premier de soigner la récolte et le transport des trésors botaniques 
que j espère rencontrer, le second de veiller aux deux mules qui 
doivent me servir de monture et à celle qui porte mes bagages. Ceux 
qui ont lu mes descriptions des « Campos » se souviendront peut-être 
qu'au milieu du mois de janvier, c'est-à-dire en pleine période des 
pluies, s'intercalent quelques semaines nettement circonscrites d'une 
saison sèche, nommée Veranico dans le pays, dont le ciel pur, les 
brises sudo-occidentales douces et tempérées, les nuits fraîches et la 
rosée matinale abondante apportent une heureuse diversion aux ondées 
monotones et incessantes, au ciel gris et brumeux de la maison plu- 
vieuse. C'est cette période caniculaire spéciale au pays dont j'ai songé 
à tirer parti pour mon excursion ; nulle ne convient mieux pour sem- 
blable tournée, du moment où l'on sait prendre son parti de la chaleur 
du jour qui est vraiment étouffante : la flore est riche et abondante, 
les chemins aisément praticables. Deux semaines de bon temps sont 
déjà passées, mais je compte encore sur une quinzaine de jours de 
sécheresse et c'est autant qu'il m'en faut pour réaliser mon projet. 

Nous traversons d'abord de vastes « Campos. » Les champs sont 
encore verdoyants et parés d'une profusion de fleurs; de petits Cassia 
bordent les sentiers et ouvrent au soleil du matin leurs corolles 
dorées; plus loin, parsemant le gazon haut et fourni, apparaissent ici 
un Dipladenia écarlate, là un Ipomsea rouge ou Diane, pressés d'ectore 
et de profiter des quelques heures de leur éphémère existence ; ailleurs 
encore, le regard enchanté se repose sur les grappes rouge -rosé de gra- 
cieux Mimosa, les capitules crépus ou laineux d'un Vernonia ou le 
feuillage épineux de l'Ananas des Campos. Ici c'est un Acacia qui 



(1) Cette dénomination ne se laisse pas aisément traduire en peu de mots. 
« Nossa Senhora » veut dire « Notre-Dame » ; mais il y a quantité de « Notre- 
Dame », entre autres « Nossa Senhora das dores n (Notre-Dame des douleurs), 
u N. S. da gloria » a N. S. do bono successo », etc., ainsi qu'une a N. S. da 
Piedade » (N.-D. de Piété), à laquelle cette montagne est consacrée. 



— 52 — 

étale aux bords du chemin ses branches aux milliers de fleurs parfu- 
mées; là c'est un Qualea aux exq aises senteurs ou le feuillage gracieu- 
sement découpé du tortueux Palmier des Campos : la fraîcheur du 
matin, les gouttes de rosée qui brillent comme autant de perles au 
sommet de chaque brin d'herbe et sur les fils tenus de chaque toile 
d'araignée prêtent un nouvel attrait à ce tableau enchanteur. Le 
charme ne tarde pas à opérer vivement sur nos esprits ; la mule aux 
bagages montre une vivacité exceptionnelle : plus n'est besoin, pour 
la faire avancer, des encouragements, verbaux et autres, dont Elias 
est prodigue à son égard. Ce dernier songe au temps où il faisait, en 
qualité de muletier, le trajet entre Rio-Janeiro et l'intérieur des 
terres et moi.... plein de joie et d'espérance, je rêve aux merveilles 
que j'espère rencontrer le soir au pied de la montagne, de cette mon- 
tagne après laquelle j'ai si souvent soupiré en jetant vers son sommet 
un furtif regard d'envie et de convoitise. 

Quand on traîne à sa suite des bêtes de somme, il n'y a pas à compter 
sur une marche extrêmement rapide ; j'avais néanmoins espéré pou- 
voir franchir en un jour les cinq à six milles qui séparent Lagoa 
Santa du pied de la montagne, et c'est un point sur lequel Elias 
s'était montré parfaitement d'accord avec moi lors de son engagement. 
Jugez de mon désappointement quand je constatai, après avoir fait un 
mille de chemin environ, qu'il avait complètement changé d'avis sous 
ce rapport : il fallait maintenant deux jours pour effectuer le trajet, 
il n'y avait pas à compter atteindre le pied de la Sierra avant le len- 
demain soir. Ce n'est pas sans un vif regret que je me résignai à 
gaspiller ainsi un temps précieux, mais que faire ? Retourner à Lagoa 
Santa, engager un autre guide ? Je n'en avais nulle envie. J'étais en 
son pouvoir, et force me fut, tout en maugréant, de passer par ses 
volontés. 

Après avoir traversé pendant trois ou quatre heures de vastes 
campos ondulés, nous voyons se déployer devant nous la large vallée 
du « Rio das Velhas : » quelques forêts en miniature nous conduisent 
jusqu'aux rives du cours d'eau. Celui-ci est un des plus puissants 
affluents du San Francisco ; à l'endroit où nous nous trouvons, à 150 mil- 
les environ de son embouchure, il est large d'une centaine de mètres. 
Son cours est excessivement impétueux et rapide; son eau est limo- 
neuse et souillée, en partie par une importante exploitation anglaise, 



— 53 — 

Morro Velho, située à une dizaine de milles plus haut, sinon sur les 
bords mêmes du fleuve, en partie par les innombrables lavoirs d'or 
qui s'étendent tout le long de ses rives. Les énormes tas de gazon et 
de sable ainsi que les fossés ou excavations sur lesquels on tombe à 
chaque pas sont des témoins irrécusables de l'avidité et de l'énergie 
que l'homme a consacrées en ces lieux à la recherche du précieux 
métal. 

Inutile de chercher, ni en cet endroit ni en aval, un pont (1) pour 
traverser la rivière : le seul moyen pratique est de la passer en canot, 
avec nos mules nageant de chaque côté de l'esquif. Seulement nous 
avons beau écarquiller les yeux, nous n'apercevons pas la moindre 
trace de la barque indispensable à la réalisation de notre projet; nous 
poussons des appels désespérés vers un groupe de mauvaises cabanes 
situées sur la rive orientale du fleuve (2) à laquelle appartient l'esquif: 
pas une âme qui réponde à nos cris. Découragés, nous nous résignons 
à tourner bride et à nous diriger vers une sorte de couvent situé un bon 
demi-mille plus bas, où nous espérons trouver le moyen de traverser 
la rivière. Par malheur aucun d'entre nous ne connaît le chemin ; 
quant à longer les rives du cours d'eau, il n'y faut pas songer : 
d'épaisses forêts les tapissent, entrelacées d'innombrables plantes 
grimpantes qui en font un lacis inextricable; d'ailleurs, en plus d'un 
point, les roches calcaires surgissent presque perpendiculairement du 
sein des flots dont le travail incessant les polit et les use. Force nous 
est de repasser quelques-unes des collines que nous venons de franchir 
pour tâcher de retrouver le chemin de mules qui conduit de Lagoa 
Santa en cet endroit. Mais de nombreux sentiers se croisent sur l'éten- 
due des Campos : les uns conduisent aux plantations de cannes-à-sucre 
et de maïs dans les forêts qui bordent le cours d'eau; d'autres sont 
tracés par le bétail et se dirigent vers les ruisseaux dans la profondeur 
des vallées ou se perdent petit à petit dans la campagne : pendant de 
nombreuses heures nous errons dans ces solitudes Ma position de 



(1) Une couple de milles plus bas existait jadis un pont que les inondations 
du fleuve ont arraché pendant la saison des pluies en 1865, et qu'il y a peu 
d'espoir de voir reconstruire. 

(2) La Sierra s'élève à l'est de Lagoa Santa, et le Rio das Yelhas coule dans 
une direction nord-occidentale. 



- 54 — 

cavalier me désigne tout naturellement pour aller à la découverte ; 
dans une de ces tournées d'éclaireur à la recherche du bon chemin, je 
me trouve séparé de mes compagnons; mes appels, mes recherches, 
mes efforts pour les rejoindre sont infructueux. Pendant plus d'une 
heure je parcours au galop ces collines désertes : mes gens sont bel et 
bien disparus, et je suis en train de me demander sérieusement si je ne 
ferais pas mieux de renoncer pour ce jour là à l'excursion et de 
regagner Lagoa, qui n'est distant que de deux milles, quand j'ai tout 
à coup l'heureuse chance de tomber sur un sentier qui me conduit 
droit au rivage, tout près du passage d'eau : j'y retrouve mes com- 
pagnons, qui, plus heureux que moi, y sont arrivés depuis longtemps 
et m'attendent sans trop s'impatienter. Au milieu de mes pérégrina- 
tionsj'ai perdu mon poncho, vêtement d'une seule pièce fait d'ordinaire 
de laine bleu-foncé ou de toile grossière, de forme ovale, avec une 
fente au milieu assez grande pour y passer la tête. Le poncho en ques- 
tion, fixé derrière moi à la selle, avait trouvé moyen de se détacher et 
de choir sur le sol. Huit jours plus tard, repassant par ces mêmes 
parages, je lançai mes gens à sa recherche; ils me le rapportèrent 
tout de même, mais dans quel état! Ce fourrage d'un nouveau genre, 
avec sa couleur rouge garance vif, avait tout d'abord attiré l'attention 
du bétail qui s'était fait un passe-temps de le déchirer à coups de 
corne; puis les fourmis Sauva, qui coupent les feuilles des plantes, 
étaient venues à la rescousse et avaient mis mon pauvre poncho en 
pièces et morceaux : des régions entières étaient déchiquetées et 
réduites en fragments gros comme une pièce de deux francs, dont 
bon nombre avaient déjà été entraînés vers les demeures souter- 
raines de ces voraces petites bêtes. Je ne cite ce fait que pour donner 
un exemple de l'infatigable vigueur de leurs mandibules et des 
dommages que leur gloutonnerie doit infliger au règne végétal. 
Après des appels réitérés, nous voyons un nègre apparaître sur la 
rive opposée du cours d'eau et je débats avec lui le prix du passage; 
impudent comme le sont la plupart de ceux de sa race, il exploite lar- 
gement la situation tendue où nous nous trouvons. Nous finissons par 
céder et passons l'eau dans un misérable tronc d'arbre évidé ; puis nous 
continuons notre voyage si piteusement interrompu. Nous faisons halte 
au premier ruisseau que nous rencontrons chemin faisant et nous 
nous reposons à l'ombre de buissons serrés de Myrtes et de Mélastomes, 



— 55 — 

tout en entamant nos provisions, car le soleil a parcouru déjà la pre- 
mière moitié de sa course journalière. Simple et frugal est notre repas : 
un peu de farine de maïs avec quelques morceaux de chair de porc 
rôtie « lomba de porco » et de viande de bœuf desséchée « carne secca. » 
Ce sont les provisions les plus commodes à emporter dans de semblables 
tournées sur le sol brésilien; avec cela l'eau du ruisseau, additionnée 
de sucre et d'un peu de rhum, nous fournit une boisson aussi agréable 
que rafraîchissante. 

Après autant de pérégrinations et de détours, il n'y avait pas à 
espérer dépasser ce jour là le petit village de Lapa, à deux milles de la 
montagne. Je connaissais l'endroit pour y avoir séjourné auparavant; 
je savais entre autres qu'il n'y existe pas à'estalagem (auberge) et 
j'avais dû y coucher dans une maison vide, sur une table en guise de 
lit. Cette fois je me dirige vers le rancho, sorte de hangar ouvert. 
Nous y trouvons toute une compagnie de muletiers en route pour 
Sabara, ville voisine où se tient un important marché, occupés à se 
régaler des provisions dont ils ont eu soin de se munir à la facenda la 
plus proche ; ils ont pris possession du rancho, mais, avec la complai- 
sance et la serviabilité que l'on rencontre partout au Brésil, ils 
s'empressent de nous faire place, nous cèdent leur brasier et leurs 
ustensiles culinaires et nous aident même à préparer les haricots, le 
riz et la viande dont nous sommes approvisionnés. 

La nuit fut fraîche : un vent piquant, un « fils de la montagne » 
(un filho da serra), comme disent les Brésiliens, soufflait vers nous de 
la sierra voisine et je soupirai plus d'une fois après mon pauvre pon- 
cho, qui m'eût servi de couverture et n'était que bien imparfaitement 
remplacé par une peau de bœuf non tannée. 

Avant même que la plus faible lueur n'apparût à l'orient, annon- 
çant le retour du dieu de la lumière et dessinant les saillies et les con- 
tours déchiquetés de la montagne, tous nos gens étaient levés et sortis 
à la recherche de leurs mules. Un frugal déjeuner fut préparé et avalé 
à la hâte, et le premier rayon de soleil qui vint éclairer la masse 
sombre de la sierra nous vit traverser les vallons richement boisés 
du sein desquels surgit la montagne. Jusqu'alors, notre voyage ne nous 
avait guère conduits qu'à travers des campos ondulés semblables à 
ceux qui encadrent Lagoa Santa, et peu fructueuse avait été ma 
récolte botanique; mais à partir de Lapa, la nature change complète- 



— 56 — 

ment d'aspect. Plus nous approchons de la sierra qui se dessine de 
mieux en mieux à nos regards avec son sommet baignant dans les 
nuages, plus le sol devient accidenté et montueux. Plus de trace 
de la végétation des campos; mais partout où la main de l'homme n'a 
pas porté la dévastation et le ravage, partout où il n'a pas déraciné 
forêts et buissons et introduit une végétation artificielle, des arbres 
puissants, vigoureux, fils d'une nature vierge et active, couvrent 
non seulement les vallées, mais encore les flancs de la montagne jus- 
qu'à sa cime altière et élancée. Notre chemin nous conduit pendant 
de longues heures à travers un vallon qu'arrose un frais ruisseau aux 
ondes limpides et brillantes comme du cristal; plein d'une impétuosité 
et d'une ardeur juvéniles, cet enfant de la montagne se précipite le 
long de ses pentes, franchit çà et là des rocs escarpés en formant de 
mignonnes cascades écumantes, puis coule en murmurant dans son lit 
tapissé de cailloux et riche sans doute en diamants, pour s'engloutir 
à la fin dans le bourbeux Rio das Velhas. Des blocs pierreux de 
toutes dimensions, que l'on ne rencontre pas dans les campos, parsè- 
ment le vallon et deviennent de plus en plus nombreux au fur et à 
mesure que nous approchons de la sierra : ce sont probablement des 
masses roulées de ses flancs, car ils sont identiques aux roches qui 
composent son squelette. 

En cet endroit, nous traversons un des massifs de Fougères les plus 
élevés que j'aie vus de ma vie. Plusieurs versants de la montagne 
sont entièrement couverts d'une espèce de Fougère impériale (1) ; cette 
mauvaise herbe s'élève à peu près à hauteur d'homme et forme des 
buissons serrés, compactes, impénétrables, inutiles aux hommes 
comme au bétail. En certains points, la taille de ces Fougères est telle 
que nous sommes entièrement cachés aux regards pendant que nous 
suivons l'étroit sentier qui serpente à travers le massif. Et l'on 
s'attriste en songeant qu'en ces lieux s'élevait jadis une forêt superbe 
et majestueuse, richement dotée par la nature comme le sont toutes 
ses sœurs brésiliennes, et que c'est l'homme, l'être pensant et raison- 
nable, le joyau de la création, dont l'insatiable avidité et les absurdes 
tentatives de culture ont introduit cette maudite plante en lieu et 
place de la luxuriance de verdure et de la splendeur d'autrefois. 



(1) C'est sans doute une variété de notre Pteris aquilina (var. escuîenta). 



- 57 — 

Sans rencontrer au sein de ces vallées d'autre abri qu'une misérable 
facenda, nous atteignons enfin, vers midi, un endroit où nous pouvons 
du moins faire halte et nous installer à notre aise. Au pied même de la 
montagne s'élève une ancienne ferme qui tire un certain intérêt du 
fait qu'elle a abrité les plus célèbres des explorateurs brésiliens, entre 
autres Auguste S l -Hilaire. Nous ne retrouvons plus du reste que des 
vestiges bien effacés de l'ancienne construction, telle qu'elle devait 
exister dans la seconde décade de ce siècle; car depuis lors un moine 
franciscain venu d'Italie, Frei Luiz, l'a achetée, rebâtie, et en a fait 
une facenda élégante, comme j'en ai rarement rencontré au Brésil. 
Il n'en est pas à proprement parler le propriétaire : celui-ci n'est rien 
moins que « Nossa senhora » en personne, à laquelle Frei Luiz sert 
d'intendant et d'administrateur de ses biens temporels. Comme la 
montagne lui est consacrée, l'on n'est guère surpris de rencontrer 
tout au sommet une chapelle ornée d'un groupe de grandes dimensions 
taillé dans le bois et représentant la Vierge tenant sur ses genoux le 
cadavre de son fils (une grossière reproduction de la Pieta de Michel- 
Ange); le sang et l'eau ruissellent d'innombrables plaies, l'aspect de 
l'ensemble est si cru et si réaliste qu'il ne réussit à m'inspirer que du 
dégoût : n'empêche que quantité de gens s'y rendent en pèlerinage 
pour se prosterner à ses pieds et adresser leurs vœux ou leurs actions 
de grâces à Nossa Senhora. 

Frei Luiz est du reste un homme vigilant et laborieux ; il s'entend 
à conduire une exploitation aussi bien que le premier cultivateur 
brésilien, et prodigieuse est l'activité qui semble régner autour de lui. 
Il entreprend souvent d'assez lointains voyages, prêche des carêmes 
et des missions, récolte de l'argent pour bâtir des églises : son éner- 
gie, son zèle et sa conduite exemplaire contrastent avantageusement 
avec Fignorance et les mœurs dissolues du clergé brésilien. A peine 
avais-je mis pied à terre que je vis arriver un personnage dans lequel 
je soupçonnai immédiatemeni le maître du lieu. Il portait une robe de 
moine grise, serrée par une corde à la ceinture, des sandales autour de 
ses pieds nus et une barbe patriarcale. Je lui exposai ma requête ten- 
dant à obtenir un asile dans la chapelle et des provisions de bouche 
pour quelques jours — ce qui me fut accordé avec le plus aimable 
empressement, naturellement à la condition sous-entendue que je 
laisserais lors de mon départ « una bona csmola para Nossa Senhora » 



EXPLICATION DE LA GRAVURE. 



La figure ci-contre représente une partie du sommet de la Sierra da Piedade : 
dans le fond, à un niveau inférieur, se déploie la vaste étendue des campos. En 
avant la végétation devrait être plus serrée, aussi bien sur les pierres éboulées 
que sur le sol qui les sépare, seulement, pour qu'il fût plus aisé de reconnaître 
les diverses formes, nous avons laissé intentionnellement de côté une partie 
des broussailles. Le buisson dressé en a, un peu à droite, est une Mélastomacée 
(Microlicia); au delà, abrité par un bloc rocheux, se montre un Eriocaulon; sur 
la pierre même surgit une Broméliacée (Billbergià) : la plante à sa gauche est 
un Pisonia, avec un Vellozia plus en arrière. En b se voit un buisson à feuilles 
opposées : c'est un Myrte {Myrcia); derrière lui, au sommet d'un bloc pierreux, 
apparaît une Orchidée (Oncidium) que couronne une hampe élevée, pyramidale. 
En c se montre une Fougère; derrière elle une Piperacée (Peperomià) et au delà, 
sur la pierre, une Broméliacée (Vriesea) et une Composée (Baccharis). Au 
sommet du gros bloc rocheux central s'élèvent un autre Vriesea et deux 
Orchidées ; en d, dans l'ombre qu'il projette, croît un Eriocaulon avec un Pisonia 
à sa gauche. En e, sur son arête se voit une plante dont l'inflorescence s'inflé- 
chit brusquement vers le sol : c'est le Bolbophyllum dont parle le texte. En / est 
une Composée (Lychnophora), avec divers Vellozia à l'arrière-plan. En g, tout 
au bord de la montagne, surgit une Orchidée à grandes fleurs ; plus en haut 
quelques frêles Pépéromiées; plus à droite, en h, diverses Fougères, Vellozia et 
Orchidées, ces dernières sur le rocher. En g, sur l'étendue des campos, l'on 
aperçoit un lac, Lagoa Santa, et, tout à coté, la fumée d'un incendie de campos 
ou de forêt?. 



(une bonne aumône pour Notre-Dame). J'abandonnai donc ma mule 
en cet endroit et quittai mon hôte, aussitôt que la politesse me le 
permît, pour commencer pédestrement la fatigante ascension de la 
sierra. Sans doute rien ne m'empêchait de l'escalader à dos de mule, 
mais je m'attendais à rencontrer en chemin tant de merveilles qu'il 
ne me vint jamais à l'esprit d'entreprendre cette ascension autrement 
qu'à pied. 

II. 

Pendant la première demi-heure nous traversons encore des forêts, 
mais leur allure ne rappelle en rien la grandeur et la majesté des 
vraies forets vierges; elles se rapprochent plutôt de celles qui tapissent 
le versant des montagnes brésiliennes, à 4000 pieds environ d'altitude. 
La vigueur, la luxuriance des forêts vierges proprement dites leur 
font complètement défaut ; les arbres ne sont ni aussi robustes ni aussi 
élevés; les plantes grimpantes y sont moins nombreuses; en revanche 
les bambous y pullulent ainsi que d'autres graminées moins vigou- 
reuses et plus éparses, telles que les Pharus, les Olyra, etc.; enfin il 
s'y trouve en abondance un petit palmier, un Geonoma, haut comme 
un ou deux hommes. La forêt est presque impraticable : à peine 
s'éloigne-t-on des chemins frayés qu'il devient à peu près impossible 
de faire un pas en avant. La Nature du reste n'y perd rien de sa force 
créatrice ni de son inépuisable activité. Chaque instant découvre 
aux regards émerveillés de nouveaux buissons, de nouveaux arbres, 
tandis que les feuillages les plus variés, depuis l'Acacia élégamment 
découpé et le limbe plumeux des Dalbergia jusqu'aux feuilles entières 
et coriaces des Lauriers et aux frondes palmées argentées et laineuses 
des Cécropies, projettent leur ombre au-dessus de nos têtes sur l'azur 
du firmament(l). En fait de buissons se rencontrent, indépendamment 
des Graminées précitées, des représentants de la famille des Rubiacées 



(1) Un fait intéressant, remarqué non seulement par moi mais encore par 
mes compagnons et notamment par Emilio, qui me servit d'aide pendant plu- 
sieurs années dans mes excursions à travers les forêts de Lagoa Santa et 
devint peu à peu un parfait botaniste, c'est la composition toute spéciale de 
cette forêt, bien qu'elle ne soit distante de Lagoa Santa que de six milles 
environ et ne la dépasse en altitude que de 2000 pieds. 



— 61 — 

et des Mélastomacées(l), qui constituent le fond du tapis végétal et 
remplissent tout l'espace intermédiaire entre les arbres, entremêlés 
de diverses espèces de Smilax épineux et de quelques Carex à chaume 
aigu et tranchant, qui contribuent à rendre la circulation plus 
difficile. Nulle part ailleurs je n'ai rencontré semblable abondance de 
plantes semi-parasites; l'on y trouve, aussi nombreuses que les 
mousses et les lichens sur les troncs des arbres de nos forets, diverses 
espèces d'Orchidées, notamment les Oncidiéés, avec leurs fleurs multi- 
colores et les Stanhopea enbaumés ; des Broméliacées épineuses à 
feuillage rigide (espèce d'Ananas) et des Fougères à frondes finement 
découpées; ici c'est une Aroïdée, dont les feuilles élégantes semblables 
à celles du Calla masquent presque complètement la tige de l'arbre 
qui leur sert de soutien ; ailleurs c'est un Cactus succulent, un 
Epiphyllum, qui se laisse pendre du haut des branches, etc. Nous ne 
nous arrêtons que quelques instants en ces lieux et nous nous conten- 
tons de jeter en passant un regard furtif sur les merveilles accumulées 
sous nos pas; nous avançons aussi rapidement que possible, pressés 
de faire connaissance avec la flore de la montagne. Bientôt la forêt 
s'éclaircit : nous approchons de sa lisière. La végétation arborescente 
cesse tout à coup : devant nous se dresse une masse rocheuse, haute 
d'environ deux mille pieds, de forme arrondie, couverte seulement de 
plantes basses et peu apparentes, qui la font paraître à première vue 
dénudée et stérile. C'est un amas énorme de fer presque pur : chaque 
fragment que notre marteau enlève aux débris plus ou moins volumi- 
neux, parfois énormes, éboulés de la masse principale et que nous 
prenions de loin pour d'énormes cailloux, sont durs et sonores comme 
du fer, et la cassure présente nettement la couleur et l'éclat de ce 
métal (2). 

Bien étranges et merveilleux sont les objets qui se présentent à 
nos yeux, étranges dans leur ensemble comme dans chacune de leurs 
parties, car la nature, que j'avais étudiée jusqu'à ce jour sur les 

(1) Léandrées couvertes de poils raides, Lasiandrées à grandes fleurs, Micro- 
liciées, etc. 

(2) Dans un autre tableau de la Nature dans les Campos, je signale ce fait 
que nombre de montagnes du Brésil sont formées d'un michaschiste ferrugineux 
extrêmement dense et pur, l'Itabirite ; la Sierra da Piedade est une de ces 
montagnes. 



— 6'2 — 



monts granitiques du Brésil et dans les forets vierges de Rio Janeiro 
et de la Montagne des Orgues, se montre ici sous un aspect tout 
différent ; quant aux campos, où Ton a peine à rencontrer de temps 
à autre un bloc de pierre détaché du sol, inutile de dire qu'ils ne 
ressemblent en rien au tableau sur lequel planent nos regards étonnés. 

Pendant que notre mule suit le sentier qui conduit à la chapelle et 
serpente au milieu de blocs de pierre éboulés, entre des rocs sourcil- 
leux d'un côté et un précipice escarpé de l'autre, nous faisons de 
temps en temps un crochet aux alentours pour examiner la végé- 
tation. 

Celle-ci, dans son ensemble, présente énormément d'analogie avec 
la flore de nos bruj'ères ; il est des moments où je me crois transporté 
sur les coteaux arides du Jutland oriental. Comme chez ces derniers, 
le tapis végétal porte une empreinte sombre et mélancolique; la teinte 
verte, fraîche, qui pare le sol des campos, au moins pendant les pre- 
miers mois de la saison des pluies, y fait place à des tons bruns, tristes, 
monotones : c'est que les Graminées, si abondantes sur les campos, 
n'occupent ici qu'une place secondaire ; le fond de la végétation con- 
siste en broussailles basses, serrées, composées de minuscules buis- 
sons vivaces, hauts d'une paire de pieds, au port raide ou rabougri. 
Leur faciès les rapproche de nos bruyères ; leurs rameaux sont 
presque tous bruns et tortueux, parfois grêles et raides comme des 
baguettes. Les feuilles sont coriaces, couvertes de poils rudes ou 
d'une laine épaisse, qui leur donnent une teinte grisâtre ou argentée; 
il en est, parmi elles, dont la nuance gris-verdâtre terne fait songer à 
l'Argousier des dunes (Hippophaë ràamnoïdes) ; quelques-unes sont de 
forme linéaire ou aciculaire et rappellent nos Callunes et nos Cama- 
rines ; d'autres plus grandes, ovales, vert sombre et brillantes res- 
semblent plutôt au feuillage du Buis, du Saule nain ou de l'Airelle. 
Les analogies avec la flore de nos bruyères se retrouvent jusque dans 
les détails : c'est ainsi qu'entre les buissons le sol est couvert d'un 
tapis de Cladonia blanc-grisâtre à fruits rouges, qui de loin rappelle 
étrangement notre Lichen des Rennes commun ; quant aux Fou- 
gères et aux Lycopodes, nous les voyons de distance en distance surgir 
entre les broussailles ou ramper à nos pieds. 

Entre ces buissons vivaces apparaissent en abondance diverses 
plantes herbacées, telles que Jasionc, Arnica, Verge d'or, etc. : tour 



— 63 — 

à tour elles épanouissent leurs fleurs pour s'effacer et disparaître pen- 
dant la saison sèche. Par ci par là, nous rencontrons un buisson plus 
élevé ou même une miniature d'arbre de hauteur d'homme : ils appa- 
raissent surtout aux lieux où le sol est plus uni et plus riche en 
humus, ainsi qu'entre les rochers, là où les rayons du soleil ne peuvent 
aisément pénétrer ni dissiper l'humidité qu'y accumulent les pluies 
et les brouillards nocturnes. Mais partout où le roc se dresse fier et 
hautain, comme sur les blocs éboulés dont les eaux pluviales entraî- 
nent le terreau, la végétation disparaît, à part de maigres lichens, 
quelques mousses, fougères et plantes grasses, qui leur forment un 
triste et parcimonieux vêtement. 

Telle est, en traits généraux, l'allure de la végétation de la Sierra ; 
l'on y reconnaît sans peine un caractère alpestre ou subalpestre. Mais 
pour peu que nous portions notre attention sur les détails, alors l'illu- 
sion qui nous a ramenés un instant au sein des landes de la patrie 
s'envolera à tire d'ailes et nous retrouverons, sans difficultés, les traits 
de la flore tropicale brésilienne. Sans doute les plantes y sont de petite 
taille, leur tournure rappelle les bruyères du pays, mais nous n'y 
rencontrons pas la même uniformité dans le tapis végétal : partout 
où nous portons nos pas, jusqu'à 5 à 6000 pieds d'altitude, le change- 
ment, la diversité nous accompagnent et caractérisent la nature tropi- 
cale aussi nettement que la chaleur du soleil et la pureté de l'atmos- 
phère. Nulle part ne se retrouve, parmi les végétaux des tropiques, 
cet esprit de sociabilité qui groupe les individus, les unit, les resserre, 
qui préside à l'existence de nos bois de sapins, tristes et lugubres, de 
nos forêts de hêtres, avec leurs majestueux portiques. Et ce qui est 
vrai pour les choses de la nature l'est aussi pour l'être humain : où 
rencontrons-nous, sous les tropiques, cette existence en commun, cette 
vie de famille, qui sème le charme, l'abandon et la confiance dans les 
moeurs de nos contrées ? Ici tout s'isole et se sépare, mais aussi tout 
est variété, force et richesse. 

Tout autant que le faciès général de la végétation, la pureté et la 
teinte foncée des nuances nous apprennent que nous avons affaire à une 
flore alpestre. Nombreuses sont les fleurs, variées et puissantes les 
teintes jaunes, rouges, violettes et bleues qui parent leurs corolles ; 
comment se fait-il donc que l'ensemble ne forme pas un tapis brillant 
et bigarré? Pourquoi le ton sombre, flétri du fond de la végétation? 



— 64 — 

Sans doute parce qu'il y manque cette fraîche et riante verdure, si pro- 
pre à faire ressortir 1 éclat des fleurs qui la parsèment. 

— Arrêtons -nous un instant, pour examiner de plus près ce que 
sont ces buissons, semblables à des bruyères, qui forment le revêtement 
principal de la Sierra. Nous y voyons figurer tout d'abord une vieille 
connaissance, la famille des Ericacées. 

A part de rares exceptions (quelques Clethra arborescents qui 
peuplent les forêts), elle ne se rencontre au Brésil que sur ces pitto- 
resques montagnes. Naturellement les espèces, les genres mêmes sont 
différents de ceux du pays(l); mais les traits distinctifs sont si peu 
apparents, l'illusion si frappante ! Nous y retrouvons, ressemblantes 
à s'y méprendre, les mignonnes clochettes rouge-rosé de l'Erica, les 
corolles et les fruits de l'Airelle. Tout à côté surgissent les représen- 
tants d'une famille exotique dont le nom n'est guère connu que des 
botanistes, celle des Mélastomacées ; nous devions nous attendre à 
faire sa connaissance au Brésil, « le royaume des Palmiers et des 
Mélastomes, » comme l'appelle Schouw. On les y rencontre partout, 
sous forme de plantes herbacées, de buissons, d'arbres même parfois; 
ils constituent une bonne partie de la végétation basse des forêts, en 
même temps que les plus jolies fleurs des campos : rien de plus aisé 
que de les y reconnaître à la nervation spéciale de leurs feuilles, 
consistant en plusieurs côtes longitudinales fortement saillantes reliées 
par un réseau de fines nervures transversales parallèles. Mais ce 
caractère se perd peu à peu sur les hauteurs : la nature alpestre 
reprend ses droits imprescriptibles. Nous rencontrons bien, il est 
vrai, quelques Lasiandra à grandes feuilles plurinerviées, à fleurs 
charmantes semblables à des roses; mais les autres espèces constituent 
toutes de minuscules buissons à rameaux si grêles, si élancés, à 
feuilles uninerviées, aciculaires ou écailleuses, si mignonnes, si 
décoratives que je doute que l'on puisse rencontrer ailleurs autant 
d'élégance et de grâces réunies. N'oublions pas de mentionner leurs 
fleurs dont quelques-unes sont d'une exquise beauté; il en est (les 
Microlicia) dont la corolle, grande comme la fleur du Lin, est formée 



(1) Les espèces rencontrées appartiennent surtout aux genres Gat/lussacia, 
Leucothaea et Gaultkeria. 



- 65 — 

de cinq pétales rouge-rosé; d'autres (les Cambessedesia) sont jaune- 
roux, rouge de feu à l'extrémité; d'autres encore (le Marcetia sertu- 
laria) ressemblent à des bruyères frutescentes, parsemées de fleurs 
violet foncé. Viennent ensuite des Myrtes, des Lauriers, les Verveines 
(appartenant surtout aux genres Verbena, Lippia et 
Fuchsia, des Malpighiacées,des Euphorbiacées (Croton, . 
des Solanées, de petites Graminées buissonneuses que 
récoltent pour en faire des balais, divers Styrax, etc. Mais la famille 
la plus richement représentée, tout comme sur les campos, est celle 
des Composées. Ses diverses formes sont trop bien connues et trop 
aisées à distinguer pour ne pas leur accorder quelques instants 
d'attention; elles ne présentent du reste rien de bien neuf ni de bien 
remarquable. Ce sont, pour la plupart, des Vernoniées et des Eupatoires 
à fleurons tubuleux, à feuilles couvertes de poils rudes ou laineux. 
Signalons cependant l'aspect étrange des Lychnophores, avec leurs 
capitules pauciflores ramassés en têtes globuleuses compactes comme 
dans nos Echinops et recouverts, ainsi que leur feuillage grêle semblable 
à celui du Romarin, d'une laine longue et abondante. Les formes aux 
faciès de bruyères, si répandues sur les Andes, font ici complètement 
défaut; nous les rencontrons en revanche dans une autre famille indi- 
gène, celle des Rubiacées. Chacun connaît la Reine des bois ou Aspé- 
rule odorante : faites-en un minuscule buisson ramifié, haut d'une 
vingtaine de centimètres, à feuilles linéaires semblables à celles de 
l'asperge, à toutes mignonnes fleurs d'un bleu céleste et vous aurez le 
port de la plupart des Phyllocarpus et Declieuzia, tels qu'on les ren- 
contre sur les montagnes brésiliennes. La famille des Rubiacées com- 
prend du reste quantité d'autres formes ; elle représente un élément 
important et essentiel de la flore du pays; sur la Sierra même, j'en 
rencontre divers spécimens intéressants dont je ne citerai qu'un seul : 
le Remyaferruginea. La plante en question est une sorte de buisson 
qui s'élève à hauteur d'homme et au delà ; elle ne se recommande 
ni par sa beauté ni par son parfum, mais présente d'intéressantes 
propriétés médicinales; elle est en effet proche parente des vrais 
Quinquinas et possède la même vertu curative; aussi les Brésiliens la 
nomment-ils. « Quina da Serra Ce n'est du reste pas le seul 



(1) Les vrais Quinquinas et les formes limitrophes (p. ex. le genre Buena) 



— 66 — 

végétal utile que produise la montagne. Voulez-vous de la cannelle? 
Voyez ce buisson à feuillage vert bleuâtre en dessous : c'est le Cannel- 
lier de Magellan (Drymis Wînteri), de la famille des Magnoliacées, 
dont l'écorce à la fois aromatique, acre et légèrement amère constitue 
un excitant fort apprécié. Cherchez-vous du thé? il n'en manque pas 
céans. Indépendamment d'un Pisonia (famille des Nyctaginées) qui s'y 
trouve en abondance et dont les feuilles, comme celles du Neea(l)de 
Lund et de quantité d'autres formes du genre, peuvent être consom- 
mées en guise de thé, nous y rencontrons cinq espèces de Houx, qui 
constituent les buissons les plus vigoureux et les plus décoratifs de la 
sierra; il en est un, entr'autres, dont les feuilles ressemblent étran- 
gement à celles du Bouleau nain et qui abonde en ces lieux ainsi que 
sur les montagnes voisines. De même que le Maté (Ilex Par aguayensis) 
qui se cultive au Paraguay et sur les rives de la Plata et notre Houx 
commun (Ilex aquifolium) dont on boit l'infusion dans certains districts 
de l'Allemagne, ces diverses espèces sont des plantes à thé : les Brési- 
liens en font usage sous le nom de Congonha et j'en ai moi-même, 
pendant tout le temps de mon séjour sur la Sierra, préparé une boisson 
fort agréable au goût. 

Si nous tournons nos regards vers d'autres branches de l'activité 
humaine, nous voyons la flore brésilienne, dans son inépuisable 
fécondité, fournir à chacune d'elles un riche contingent. Les forêts 
sont remplies de bois précieux, aussi durs que le fer comme VAroeira 
de la famille des Térébinthacées, odorants comme le Sassafras 
(Lauracée), employés en ébénisterie comme le bois de palissandre 
(Dallergia nigra et autres espèces), ou en teinture, comme le bois de 
Brésil (Caesalpinia echinata et melanoxylon), tandis que d'autres, 
comme l'Andira, sont incorruptibles. La flore des montagnes, du 
reste, ne demeure pas en arrière, et notre petite sierra — nous l'avons 



grandissent dans les forêts : d'où le nom de « Quino do Mato » (mato = forêt); 
de même que le remarquable Strychnos pseudochina, de la famille des Logania- 
cées se nomme Quinquina des Campos à cause de son habitat. 

(1) J'ai parlé ailleurs de la plante remarquable récemment décrite par Œrsted 
sous le nom de Neea theifera, dont la teneur en théine a été révélée par 
l'analyse de feu le chimiste Scharling. 



— 67 — 

vu précédemment — renferme quantité d'espèces intéressantes, sans 
compter celles que nous devons, faute de temps et d'espace, laisser de 
côté. Citons cependant encore un Cassia, dont le feuillage poli et 
luisant, entremêlé d'élégantes grappes de fleurs jaune d'or, fait un 
sujet extrêmement décoratif, et qui possède sans aucun doute les 
propriétés purgatives du Séné? puis la plante à gomme-gutte, un 
Visonia de la famille des Hypéricinées dont toutes les parties sont 
gorgées d'un latex jaune abondant; enfin une Labiée (Keithia), dont 
l'action thérapeutique et excitante est comparable à celle de nos 
Menthes, etc. 

Nous rencontrons encore d'autres végétaux que nous ne pouvons 
passer sous silence, car ils sont les vrais fils des hautes terres et des 
montagnes. Voici des buissons dressés d'une rigidité étrange : l'on 
dirait des Yucca ou des Aloës mexicains transplantés en ces lieux. Ce 
sont en réalité des Liliacées arborescentes appartenant aux genres 
Vellozia et Barbacenia, que l'on range dans une famille proche parente 
des Amaryllidées. L'étrangeté de leur port les rend aisément recon- 
naissables. Il en est de quelques pouces de haut : la plupart atteignent 
une taille de plusieurs pieds (1). Leurs souches desséchées, dont la 
structure est vraiment remarquable, s'élèvent d'abord au-dessus du sol 
sans se ramifier, puis se divisent en deux branches égales qui se bifur- 
quent à leur tour, et cette bipartition se répète un grand nombre de 
fois. Ce n'est qu'à l'extrémité des rameaux, tout près de leur sommet, 
que se rencontre une touffe de feuilles rigides, coriaces, étalées dans 
toutes les directions. Le reste des branches ne porte que les débris 
écailleux des feuilles déjà flétries et tombées, qui leur prêtent une 
ressemblance lointaine avec les tarses cornés de l'Emu (l'Autruche 
américaine) : d'où le nom de Canella d'Emu (jambe d'Emu) que les 
indigènes du pays donnent à cette plante. Le seul parti qu'ils en tirent 
du reste est de la faire servir comme combustible, usage auquel sa 
richesse en résineux l'approprie on ne peut mieux. Malheureusement 
hélas! car ces végétaux que nous avons, non sans motif, qualifiés de 
Liliacées arborescentes, portent au sommet de leurs rameaux, entre les 



(1) Il en existe qui ont jusqu'à 12 pieds de haut et sont gros comme le corps 
d'un homme. 



— 68 — 

feuilles coriaces qui les terminent, une profusion de superbes fleurs 
semblables à celles des Amaryllis, de dimensions colossales (il en est 
de 6 pouces de long), blanches et brillantes chez certaines espèces, 
rouge-rosé, violettes ou jaune-roux chez d'autres. Leur patrie semble 
être le Brésil; on les retrouve cependant aux îles Mascara, au Cap de 
Bonne-Espérance et dans la NouvellerHollande. 

Toutes les plantes précédemment décrites sont frutescentes ; citons 
maintenant quelques-unes des espèces herbacées qui s'épanouissent au 
temps des pluies pour disparaître pendant la saison sèche et passer en 
terre, à l'état de bulbes ou de rhizomes, une vie obscure et ignorée : 
nous y trouvons nombre de sujets décoratifs. La première fois que 
j'explorai la sierra, une Amaryllis y déployait ses fleurs gigantesques, 
dont la beauté et les riches couleurs excitèrent l'admiration de mon 
vieux nègre au point qu'il abandonna sa mule et accourut triompha- 
lement à ma rencontre les mains pleines des gracieuses corolles qu'il 
venait de recueillir. Grande fut sa déception de recevoir, au lieu des 
remercîments qu'il attendait, une sévère semonce et l'invitation, pour 
l'avenir, d'enlever en même temps que les fleurs les bulbes qui leur 
donnent naissance. Nous découvrons en outre des Alstrœmères multi- 
colores, des Iridées, entre autres des Ferraria et jusqu'au superbe 
Tigridia Pavonia, avec sa brillante robe rouge écarlate, ainsi que 
d'autres espèces dont les bulbes et les tubercules se nichent dans les 
crevasses des rochers, se dissimulent dans le peu de terre végétale 
qu'ils y trouvent et en ont été extraits sans peine par les explorateurs 
européens qui ont visité ces contrées, de telle sorte que nous possédons 
aujourd'hui leurs fleurs dans nos serres de France et d'Allemagne. 
Les Gentianes, ces gracieuses filles des montagnes aux teintes d'azur 
et de pourpre, dont notre Gentiana Pneumonanthe et notre petite Cen- 
taurée ne nous donnent qu'une idée bien imparfaite, abondent sur la 
sierra comme sur toutes les terres hautes du Brésil et ne le cèdent en 
nombre qu'à leurs sœurs des Andes. Enfin je rencontre en plein épa- 
nouissement quelques Lisianthus à corolle campanulée, rouge rosé chez 
l'un, rouge de feu chez un autre et jaune verdâtre chez un troisième. 



— 69 — 



III. 

Mentionnons encore, parmi les plantes herbacées qui jouent un rôle 
important dans la flore de la sierra, les Acanthacées, les Convolvu- 
lacées représentées par les genres Ipomaea et Exolvulus, les Gesné- 
riacées aux tons voyants et bigarrés, les Utriculaires à feuilles simples, 
dépourvues de ces vésicules ou ascidies qui caractérisent nos formes 
d'eau douce, à fleurs plus belles et plus grandes mais uniformément 
jaunes comme chez nos espèces indigènes, parfois rouge rosé ou violet 
foncé; je m'en rappelle une entr'autres que je rencontrai au sommet 
de la sierra dont les fleurs avaient précisément cette dernière teinte et 
étaient grandes comme celles du Muflier commun (Antirrhinummajus) . 

Sur les campos, même aux endroits boisés, ne se rencontrent pas 
les plantes grimpantes habituelles aux- forêts. Mais les montagnes, 
par leur végétation se rapprochent de ces dernières et l'on y trouve 
quantité de végétaux herbacés ou ligneux qui rampent et serpentent 
au travers des buissons bas. Signalons, parmi les plus apparents, des 
Echites à corolles rouges (de la famille des Apocynées), des Clitoria 
bleus ou violacés, à côté d'autres genres (JYeurocarpus, etc.) de la 
famille des Papilionacées, à fleurs grandes comme celles du Clitoria 
Ternatea cultivé dans nos jardins (1). Nous reconnaissons donc sans 
peine à première vue une certaine analogie entre la flore des forêts 
et celle des montagnes; et cette comparaison peut se poursuivre 
jusque dans ses plus intimes détails. Certes, dans son aspect d'ensem- 
ble, la flore des montagnes se rapproche de celle des campagnes, 
qu'elle rappelle tant par la prédominance des Composées, rares dans 
les forêts, que par le faciès général de la végétation, bien qu'il 
n'existe qu'un petit nombre de formes communes aux deux stations : 
parmi les 200 plantes que j'ai trouvées en pleine floraison sur la 
sierra, il n'en est peut-être pas vingt que l'on rencontre sur les 
campos de Lagoa, à six milles à peine de distance. Mais sous bien 
d'autres rapports la flore des montagnes est proche parente de 
celle des forêts. Elle est riche en plantes parasites, représentatives 



(1) Parmi les autres plantes grimpantes abondantes sur la sierra, j'ai surtout 
remarqué divers Dioscorea et Smilax, une Cuscute, une Laurinée, le Cassypta, 
au port de Cuscute, une petite Ombellifère aquatique {Hydrocotyle asterias) dont 
la feuille simule les cinq bras d'une astérie, etc. 



— 70 — 

des lianes des bois ; elle possède quantité de familles que l'on 
retrouve dans les forêts, alors qu'elles font complètement défaut 
sur les campos, par exemple les Laurinées et les Ilicinées, les Orchi- 
dées et les Broméliacées épiphytes. Nous sommes ainsi tout natu- 
rellement conduits à examiner la dernière partie du tapis végétal, 
celui qui s'attache aux parois abruptes des rochers, aux pierres ébou- 
lées et aux innombrables crevasses qui les parsèment. 

Les points les plus escarpés ne portent qu'un mince revêtement de 
lichens gris, crustacés (Lecanora, Pertusaria, etc.) semblables à ceux 
du pays, qui s'emparent avidement de tout endroit découvert et ne 
laissent transparaître la couleur naturelle de la pierre qu'aux étroits 
sentiers conduisant vers le sommet et constamment foulés par les 
sabots des mules. La pente devient-elle moins abrupte? aussitôt appa- 
raissent les Lichens frondacés et fruticuleux, associés aux Mousses, 
puis les Orchidées. Partout où quelque étroite fissure livre passage aux 
racines et même, à défaut de crevasse, sur le roc nu, s'accroche une 
végétation formée en majeure partie de plantes de cette dernière 
famille, à tiges renflées en tubercules charnus, succulents, aux 
formes multiples et capricieuses. Chaque année, de nouveaux tuber- 
cules viennent s'ajouter aux anciens qui, subissant la loi fatale de la 
vieillesse, se flétrissent, se rident, se ratatinent, mais ne disparaissent 
qu'après le cours de plusieurs saisons. Il se forme ainsi des groupes 
ou tas de semblables tubercules, et comme les plantes auxquelles ils 
appartiennent sont abondantes à leurs stations, il en résulte qu'il est 
difficile à l'explorateur de poser le pied sur une pierre sans écraser bon 
nombre de ces végétaux étranges, de ces formes curieuses, que les 
Européens viennent, à grand renfort de travail et d'argent, arracher 
à leur sol natal pour enrichir de leurs dépouilles les précieuses collec- 
tions qu'ils entretiennent à grands frais. Parmi les espèces que j'y ai 
rencontrées en pleine floraison s'en trouvent de vraiment remarqua- 
bles, d'une exquise beauté; citons entr'autres les Oncidies, couvertes 
de fleurs jaunes tachetées de brun et représentées sous les tropiques 
par plus de 200 espèces; les Laeliacées, à corolles de nuance uniforme, 
jaune-citron, jaune-brun ou rouge-rosé; le Zygopetalum Mackay 
dont le périanthe est brun-cannelle à l'exception du volumineux 
labelle coloré en violet tendre avec des veinules foncées ; enfin divers 
petits Maxillaires et Epidendres. 



- 71 — 

Mais ce sont surtout les minuscules Malaxidées qui contribuent à 
former les épais massifs de tubercules dont je viens de parler : de leur 
souche rampante surgissent de nombreuses hampes simples que 
termine une feuille épaisse, coriace; c'est sous l'aisselle de cette 
feuille unique que naissent les fleurs, si petites, si peu apparentes 
que tout autre qu'an botaniste hésiterait à les ranger dans la famille 
qui comprend les Cattleya et les Stanhopea. Une seule d'entre ces 
plantes (un Bolbophyllum) attira mon attention par les étranges par- 
ticularités que manifeste sa structure : sa hampe florale présente, dès 
sa base, une brusque inflexion vers le sol ; la fleur est tachetée de 
brun; son labelle s'attache si légèrement à la columelle que le plus 
léger souffle de vent suffit pour l'agiter : d'où le tremblement inces- 
sant qui l'anime. Oncques n'ai rencontré inflorescence dont la couleur 
et l'insertion des organes floraux rappelât davantage un brin d'herbe 
couvert d'un essaim serré de mouches. 

Une autre famille, aussi abondante que celle des Orchidées sur les 
arbres des forêts comme sur les rochers de la sierra, mais qui ne 
compte qu'un seul représentant dans la flore des campos, est celle 
des Broméliacées. Nous trouvons, entr'autres, une espèce d'Ananas 
à feuilles raides, épineuses, du sein desquelles surgit une hampe 
garnie de bractées rouge de feu et de fleurs blanc laineux : c'est un 
Billbergia. Non loin de là c'est un Encholirium, dont le feuillage 
large, également épineux, disposé en une rosette aplatie, s'applique 
contre les rochers et donne naissance à un axe élevé, dressé, couvert 
d'une profusion de fleurs inodores, de couleur rouge vermillon. Ail- 
leurs encore un Vriesea déploie ses feuilles maculées de rouge, larges 
et flexibles, qui se recouvrent par leurs bords en laissant entre elles 
de vastes lacunes remplies d'eau ; tout un monde de larves de diptères 
s'y agite : n'importe, nous y avons maintes fois puisé une boisson 
rafraîchissante lorsque nos pérégrinations à travers les rochers, sous 
un soleil ardent, avaient fait naître en nous une soif dévorante ; car 
cette eau est la seule que l'on ait chance de rencontrer en pareils 
endroits. 

Dans les gorges boisées du Brésil, profondes et ténébreuses, où de 
frais ruisselets serpentent en gazouillant à l'ombre de Fougères arbo- 
rescentes, se rencontrent des représentants, herbacés ou ligneux, de la 
familles de Pipéracées : nous n'en retrouvons pas un seul spécimen 



— 72 — 

sur les campos : le sol y est trop sec et trop brûlé du soleil ; mais 
nous les voyons reparaître entre les blocs ferrugineux de la sierra — 
d'autres espèces naturellement, appartenant au genre Peperomia, 
basses, herbacées, à feuilles charnues et succulentes. 

Nombreuses et frappantes sont donc les analogies entre la flore des 
montagnes et celle des forêts. Doù provient cette ressemblance? 
Pourquoi ces plantes grasses, qui ne peuvent vivre sur les arbres des 
campos, grandissent-elles à profusion parmi les rocs dénudés ? La 
cause en réside sans doute dans les conditions locales d'abord, clima- 
tériques ensuite. Plus loin, quand je parlerai du climat, les particu- 
larités que j'ai tâché de faire ressortir ici deviendront plus claires et 
plus intelligibles pour le lecteur. 

Tout en observant cette luxuriance de verdure et de fleurs et récol- 
tant de chaque espèce de nombreux spécimens, j'avais atteint, après 
une marche de deux bonnes heures, fatigante et pénible au delà de toute 
expression, le sommet de la Sierra da Piedade. C'est un plateau 
d'étendue insignifiante, juste assez grand pour que l'on ait pu y instal- 
ler une petite chapelle avec, ses annexes, à l'usage des nombreux 
pèlerins qui viennent en ces lieux présenter leurs offrandes et brûler 
leurs cierges en l'honneur de Nossa Senhora. Quelle ne fut pas ma 
surprise et ma joie d'y retrouver des connaissances du pays — une 
poignée de plantes européennes, qui se sont attachées aux pas de 
l'homme ou ont été introduites en cet endroit par ses soins. Indépen- 
damment d'un pied de Molène, de quelques Groseilliers, d'un Cor- 
nouiller commun et d'une couple de Pruniers, les fraisiers y pullulent 
et couvrent de leurs stolons rampants tout le faîte de la sierra; pleins 
de confiance et d'abandon, ils enlacent de leurs multiples bras la 
taille frêle et élancée de leurs sœurs des tropiques, les Amaryllis et 
les Alstroemères, et mêlent amoureusement leur modeste parure à 
l'éclat et aux brillantes couleurs de leurs congénères du Midi. 

C'est dans la chapelle que j'établis ma résidence pour plusieurs 
jours. Deux vieux nègres sont les seuls habitants permanents de l'en- 
droit : leur mission est de veiller au sanctuaire et de recevoir les 
pèlerins. Les vivres ainsi que l'eau potable et jusqu'au bois à brûler 
sont montés à dos de mules de la facenda, au bas de la montagne; 
car, en dehors des buissons de Broméliacées et des « Milagres » (mira- 
cles) dont un est consacré à St Antoine (Milagre de Set. Antonio), 



- 73 — 

l'on ne rencontre pas d'eau sur toute l'étendue de la Sierra. Ces 
« Milagres » sont des crevasses qui partagent profondément le rocher 
et qui, semblables aux « rocs pleureurs » de la Suisse, laissent suinter 
l'eau le long de leurs parois dénudées : elle tombe goutte à goutte et 
vient former plus bas un mince ruisselet qui se jette dans le Rio das 
Velhas : « Ainsi naissent les plus grands fleuves. » Cette eau passe 
pour miraculeuse et mes compagnons eurent soin d'en emporter quel- 
ques flacons ainsi qu'une bonne provision de coulants de fraisiers 
c as fragarias, » en guise de préservatif ou de remède contre les 
maladies et accidents de toutes sortes. 

Du sommet de la sierra, la perspective est grandiose et majestueuse 
autant que nulle part ailleurs et l'intérêt qui s'y attache est d'autant 
plus grand que cette montagne appartient au système précédemment 
renseigné, sous le nom de Sierra do Espinhaco, comme formant la 
limite géographique entre la flore forestière et celle des campos. Mais 
le contraste entre ces deux végétations n'y est pas aussi marqué qu'en 
d'autres lieux, sur la Sierra da Mantiquiera, par exemple. En se diri- 
geant vers l'Ouest, le regard plane librement sur des campos ondulés 
de plusieurs milles d'étendue; à cinq milles de distance se déploient 
les eaux paisibles du lac de Lagoa Sancta, étincelantes sous les rayons 
du soleil couchant; plus nous nous tournons vers l'ouest et plus le sol 
s'aplanit : l'horizon semble borné par une ligne presque droite, à 
moins qu'il ne se perde dans le lointain nuageux et indécis où le ciel 
et la terre se confondent, surtout quand l'air est rempli des fumées 
provenant de l'incendie de prairies ou de forêts; ce que nous voyons 
de ce côté, ce sont les hautes plaines du Brésil, vastes étendues à peine 
habitées; c'est la solitude, le « Seetong » comme disent les Brésiliens. 
Si nous nous tournons vers l'est, nous n'y découvrons pas ces immen- 
ses forêts auxquelles nous avions le droit de nous attendre; devant 
nous se déploient de vastes espaces ondulés, mouvementés, tels qu'une 
mer agitée dont un puissant enchantement aurait tout à coup immo- 
bilisé les vagues et fixé l'aspect capricieux et changeant : tout y est 
désert et solitude. Des pics montagneux lointains, aux tons azurés, 
encadrent ce paysage désolé : la Sierra do Caracas les domine de toute 
sa hauteur. C'est un massif de montagnes qui se déploie au sud-ouest 
de la Sierra da Piedade, à une vingtaine de milles de distance; ses 
flancs abruptes, isolés, surgissent brusquement du sein de la plaine; 



- 74 — 

à son sommet s'étend un plateau que couronne un séminaire et une 
école supérieure, perdus au milieu de la splendeur de la flore des 
montagnes; Martius parle de ces lieux en termes enthousiastes, comme 
d'un vrai paradis terrestre. Un jeune prêtre italien, professeur à 
l'établissement, qui cultive avec ardeur l'étude de la botanique et dont 
j'avais eu le plaisir défaire la connaissance, m'avait plus d'une fois 
invité à visiter ce séjour enchanteur; c'était bien mon intention, 
mais les circonstances en ont disposé autrement et je dois me contenter 
d'y jeter un regard d'envie et d'espérance, à travers l'immensité qui 
nous sépare. Au nord et à l'est surgissent d'autres montagnes ; vers 
le sud, la Sierra da Piedade, isolée et abrupte dans toute autre direc- 
tion, envoie un prolongement étroit et surbaissé, coupé à quelques 
milles de distance par le Rio das Vehas et se perdant insensiblement 
sur l'étendue des Campos. 

Pour peu qu'on détourne le regard des forêts qui tapissent le pied 
de la montagne et ses environs immédiats, l'on n'en aperçoit plus de 
trace nulle part ailleurs, pour la raison toute simple que l'homme, 
heureux dans son égoïsme aveugle de porter une main perturbatrice 
au sein de l'œuvre de la nature, s'est trouvé en ces lieux assez fort 
pour la détériorer et l'anéantir. Au milieu de ce Matodendro (ainsi se 
nomme la contrée à l'est de la sierra) désolé, solitaire, sans ombrage, 
où chaque motte de terre recèle des paillettes d'or, repose la ville de 
Caëté, symbole de la richesse et de la splendeur d'autrefois (Caëté 
signifie en langue indienne, la grande, la vraie forêt : Ca = arbre; ëté 
veut dire vrai, réel), et les descriptions des anciens explorateurs 
parlent avec enthousiasme des vastes forêts de ces régions. Ce qui 
adviendra des forêts relativement insignifiantes de la sierra, quand 
l'homme aura songé à extraire le fer contenu dans les rochers qui 
forment son squelette, est chose malheureusement trop facile à prévoir. 

IV. 

Je demeurai près d'une semaine sur la sierra et y habitai, pendant 
ce temps, une des cellules sombres et étroites de la chapelle. Le matin 
j'explorais la montagne en compagnie d'Emilio ou, pour mieux dire, 
nous allions, nous accrochant à ses pentes abruptes, depuis son 
sommet jusqu'à la lisière de la forêt et vice-versa; Taprès-diner se 
passait à examiner les plantes récoltées et à les dessécher. Ce fut un 



— 75 — 

temps de fatigues et de privations, comme partout au Brésil dans 
l'intérieur des terres, mais riche en jouissances devant lesquelles 
labeurs et ennuis disparaissent à tire d'aile. Rien de plus enchanteur 
que de reposer à l'ombre des Myrtes et des Mélastomes, de voir les 
Palmiers balancer au-dessus de votre tète leur cime fière et élancée, 
d'entendre le tapage assourdissant des perroquets multicolores se dis- 
putant les fruits des arbres voisins, ou le bourdonnement du colibri 
caressant de son aile étendue l'élégante fleur des Bignonias et buvant 
le nectar que recèlent les mystérieuses profondeurs de son calice, de se 
sentir au milieu des êtres peu connus qui peuplent les solitudes des 
Tropiques; ce sont là de ces jouissances après lesquelles on soupire, 
même au sein des raffinements de la vie civilisée : quant à moi, je me 
souviens des heures solitaires passées au sommet de la sierra, au 
milieu de cette nature vierge, puissante, féconde, comme des plus 
belles que j'aie vues s'écouler sur le sol brésilien. 

Pendant ce court laps de temps, j'eus aussi occasion de faire con- 
naissance avec les circonstances climatériques qui régnent sur ces 
hauteurs et de vérifier ce que j'en avais appris auparavant. Comme je 
l'ai dit au début de mon récit, c'est vers la fin du Veranico (saison 
sèche) que j'entrepris cette exploration : pendant quelques jours 
encore je pouvais compter, du matin au soir, sur un ciel pur et sans 
nuages; mais les contrastes de température sont bien plus apparents, 
plus marqués, sur la montagne que sur l'étendue des campos. Le 
soleil est plus chaud pendant le jour: ses rayons sont renvoyés par les 
masses métalliques brûlantes; pas un souffle de vent qui vienne en 
tempérer l'ardeur insupportable ; la nuit, en revanche, l'air est plus 
frais et plus humide qu'à Lagoa Santa. Le jour où je quittai le village 
de Lapa aux premières heures de la matinée, je vis de loin le sommet 
de la Sierra da Piedade baigné dans d'épais nuages; semblable phéno- 
mène n'est pas exceptionnel : il s'observe tous les matins de Lagoa 
Santa, pendant la durée de la saison sèche; et plus d'une fois, du haut 
de ma montagne, je pus contempler des masses de nuées blanches 
couronnant le faîte du Caracas et des pics voisins. Chaque soir, après 
le coucher du soleil, un brouillard dense, humide, s'élève de ces 
régions vers l'Orient; il nous apprend que dans cette direction, à bien 
des milles de distance, s'alignent d'innombrables montagnes séparées 
par des vallées profondes, obscures, que traversent le Rio Doce et ses 



— 76 — 

affluents; qu'une immense forêt marécageuse, riche en miasmes 
fébrigènes, se déploie sur toute leur étendue ; que nul être humain ne 
peut y habiter, sauf le Botokucle sauvage et qu'enfin bien au-delà, à 
l'arrière-plan, l'Océan Atlantique berce doucement de ses vagues 
paressantes les côtes enchanteresses du Brésil. Bientôt ce brouillard 
atteint la Sierra et l'enveloppe de son humide manteau, limitant 
l'horizon, perçant, trempant et congelant tout ce qu'il rencontre. 
Parfois des coups de vent l'accompagnent, brumeux et froids comme 
les aquilons de l'automne : pour la première fois depuis deux ans, je 
me trouvai dans une atmosphère semblable au climat de la patrie. Je 
me rappelle avoir vu un matin des mules, abandonnées par un voyageur 
pendant toute la nuit au voisinage de la chapelle, trembler de malaise 
et de froid et avoir peine à se remettre en route. Il n'était plus question 
de ces nuits brésiliennes tièdes et parfumées, où de doux zéphyrs 
chargés de mille exquises senteurs se jouent mollement entre les feuilles 
des palmiers sans avoir la force de les agiter. Aussi longtemps que je 
pouvais distinguer les campos, avant l'apparition des brouillards, je 
les voyais baignant dans une atmosphère tiède, azurée, faiblement 
brumeuse, parsemée par ci par là d'un point brillant — un incendie 
de prairie — tel qu'un ver luisant rampant sur le gazon lors d'une 
paisible soirée d'été. Toute la nuit cette buée plane sur la montagne; 
elle s'élève et disparaît une couple d'heures avant le lever du soleil; 
mais, pendant toute la matinée, les plantes qu'elle a baignées 
demeurent imprégnées de rosée et d'humidité. 

Une fois le brouillard dissipé, aux environs immédiats de la mon- 
tagne se dessine une perspective étrange et fantastique. A l'est, toute 
la contrée baigne dans une mer de nuées auxquelles le soleil, en les 
éclairant de ses reflets, prête une éclatante blancheur; comme leur 
forme et leur épaisseur varient en chaque point, il en résulte une 
alternance de lumière et d'ombre d'un charme et d'une beauté indes- 
criptibles. Mais le plus étrange est le mouvement continuel dont cette 
masse est animée : lentement, majestueusement en colonnes serrées, 
elle s'avance vers l'Occident, jusqu'à la rencontre d'une zone qui va du 
nord au sud en passant par la Sierra; en ce point, semblable à la 
fumée d'une locomotive, elle s'évanouit sans laisser de traces; à peine 
quelque débris isolé réussit-il de temps à autre à franchir le passage 
critique, d'où, fier de son succès, il plane tel qu'un minuscule nuage 



— 77 — 

blanchâtre, sur l'étendue des campos. Parfois cette zone-limite se 
développe à l'ouest des prolongements surbaissés qui, semblables à 
autant de rameaux, s'étendent au nord et au sud de la Sierra, et c'est 
chose curieuse que de voir alors ces masses nuageuses franchir la 
crête de la montagne, puis rouler lentement le long de sa pente occi- 
dentale et se désagréger peu à peu dans le lointain. La ville de Caëté 
s'étend juste à cette limite ; un combat incessant, acharné, se livre au- 
dessus de son enceinte. Parfois elle se dissimule complètement à mes 
regards; d'autres fois la partie occidentale se découvre; peu après, le 
brouillard s'atténue au point de laisser transparaître la ville comme 
à travers un léger voile. Pendant tout ce temps, l'étendue occidentale 
des campos demeure claire et limpide; pas un nuage, pas un brouillard 
qui vienne en obscurcir l'horizon, à part celui qui dort sur le val du 
Rio das Velhas et en marque le cours et les sinuosités par une ligne 
bleuâtre ininterrompue, plus nettement que sur une carte du pays : 
c'est que l'air sec et chaud des campos absorbe et dissipe au fur et à 
mesure de leur approche ces brouillards humides et malsains, fils des 
marécages des ravins sombres. 

Telle est la vie des plantes sous les Tropiques : de la fraîcheur et de 
l'humidité à profusion pendant la nuit, une chaleur brûlante pendant 
le jour. Et dans ces circonstances extrêmes, exagérées, les Orchidées 
et les Broméliacées aérobies ainsi que les Piperacées succulentes 
vivent et prospèrent comme au sein même des forêts. 

Vers la fin de mon séjour sur la montagne et conformément à mes 
prévisions, le temps se mit à la pluie. La chaleur devint accablante; 
l'atmosphère perdit de sa transparence et de sa limpidité : au milieu 
de la journée apparaissaient à l'horizon de nombreux nuages, non plus 
légers, blanchâtres, vaporeux comme pendant la saison sèche, mais 
sombres et chargés d'eau et d'électricité. Au début ils se désagrégaient 
et disparaissaient dans la soirée, mais bientôt ils eurent assez de force 
et de consistance pour devenir le point de départ de minuscules oura- 
gans. Enfin, le mauvais temps éclata; la tempête plana de toutes 
parts sur la contrée; la pluie tomba par torrents, tandis que d'innom- 
brables éclairs déchiraient l'espace; car les premiers orages qui suc- 
cèdent à la période de sécheresse sont toujours les plus violents et 
ceux où la foudre frappe le plus fréquemment le sol. Dans une de ces 
tourmentes dont la Sierra formait le point central, nous pûmes la voir 



— 78 — 

baignée tout entière au sein des nuages orageux, les uns couronnant 
son sommet, d'autres ceignant ses flancs de leurs contours menaçants 
et fantastiques, et j'eus l'occasion d'y examiner de très près la forme 
en zig-zag des éclairs qui venaient frapper le sol sans interruption et 
souvent plusieurs fois de suite en suivant le même chemin. Spectacle 
sublime, sans doute, mais le séjour au sommet de ces masses métal- 
liques, ou dans la chapelle sombre, humide, incessamment secouée par 
les éclats du tonnerre, ne présentait plus rien de bien rassurant, et 
comme je n'avais à espérer, pendant nombre de longues semaines, que 
des pluies ininterrompues du matin au soir, je me mis sans plus 
tarder à faire mes préparatifs de départ. 

Je dis donc adieu à la Sierra, non sans un sentiment de regret bien 
légitime, car j'étais à la veille de quitter le Brésil. La plante, dans sa 
jeunesse, a bientôt fait de prendre racine au sein du sol auquel on l'a 
confiée; pénible et douloureuse est sa transplantation : il lui reste 
toujours au cœur de l'amertume et du regret ; elle ne cesse de soupirer 
après ces lieux charmants où la vie est douce comme l'air que l'on 
respire, brillante comme le sol que l'on foule aux pieds, paisible 

comme les vagues du petit lac de Lagoa Santa Bien souvent 

les douces mélodies du Brésil résonnent à mes oreilles et viennent 
bercer mes songes; bien souvent je regrette ces lieux enchanteurs, 
parmi lesquels la Sierra da Piedade n'occupe pas la dernière place 
dans mes souvenirs, et je comprends alors la vérité de ce vieil adage : 
« Que l'on n'erre pas impunément sous l'ombrage des verts palmiers. » 

D r H. F. 



— 79 — 



BULLETIN DES NOUVELLES ET DE Lâ BIBLIOGRAPHIE. 

La Société royale d'agriculture et de botanique de Gand 

ouvrira une exposition internationale d'horticulture du 15 au 22 avril 
prochain. 

Le nombre des concours annoncés pour cette exposition est considé- 
rable, car il y en a pour tous les genres, pour toutes les espèces de 
plantes, et les récompenses qui seront allouées aux vainqueurs seront 
d'une grande valeur. 

En première ligne doivent se ranger les prix suivants : 1° La grande 
médaille d'or offerte par S. M. la Reine et qui sera attribuée à la col- 
lection la plus nombreuse et la plus méritante d'orchidées exotiques en 
fleurs. 

Vu l'importance de ce concours et la valeur considérable des plantes 
qui devront y participer pour aspirer au succès, le second prix est une 
médaille d'or de 200 francs, le troisième une médaille d'or de 
100 francs. 

C'est donc une somme de près d'un millier de francs allouée pour 
une seule catégorie de plantes. 

2° La grande médaille d'or donnée par S. M. le Roi, qui sera attri- 
buée au plus beau groupe de 50 plantes dont au moins 35 en fleurs. 

3" Le prix de 500 francs donné par la Fédération des Sociétés d'hor 
ticulture de Belgique pour le groupe le plus remarquable de 40 plantes 
variées (miscellanées). 

4° Les objets d'art, 6 coupes en argent de la valeur de 6 à 15 guinées, 
offertes par le grand horticulteur de Londres, M. William Bull, pour 
les deux concours 5 et 6, ouverts pour les 12 plantes d'espèces ou 
variétés distinctes introduites et mises dans le commerce par lui 
depuis 1880. 

5° Les deux objets d'art, offerts par le comité anglais formé pour 
honorer la mémoire de Louis Van Houtte, et qui seront alloués aux 
vainqueurs du concours 62, 6 plantes fleuries remarquables par leur 
culture et leur beauté, et du concours 63, 8 variétés d'Imantophyllum 
en fleurs. 

Outre ces prix d'une valeur déjà considérable, la Société offre encore 
aux concurrents trois médailles en or d'une valeur de 300 fr., 33 d'une 



- 80 — 

valeur de 200 fr. et 100 de 100 fr., soit une somme d'environ 
25,000 fr. en médailles d'or, sans compter les innombrables médailles 
en vermeil et en argent qui viennent pour les concours secondaires 
ou les 2 e , 3 e ou 4 e prix. 

On voit que, pour les concurrents, l'appât est grand. 

Pour les amateurs ou horticulteurs qui ne voudraient pas concourir 
et pour les curieux, l'attrait de l'exposition sera non moins vif, car 
ils y trouveront réunies les plus splendides merveilles du monde 
végétal, les produits les plus admirables de la nature et de l'art 
horticole. 

Exposition de Berlin. — Une grande exposition horticole sera 
ouverte à Berlin du 15 au 23 avril. Elle est organisée par une Com- 
mission qui représente les diverses Sociétés horticoles de la ville. 
Cette Commission a pour président M. L. Spath, [Kôpnickerstrasse, 
154, à Berlin) et pour Secrétaire-général M. le prof. D r Wittmack. 
L'exposition sera installée dans le local de la Philharmonie (Bern- 
burger Strasse 22 a ). Le programme des concours annonce, outre un 
grand nombre de prix spécialement désignés, beaucoup de prix 
d'honneur offerts par l'Empereur-Roi, la famille impériale, le Gouver- 
nement, la ville et des protecteurs de l'horticulture. 

Exposition d'Amsterdam. — On sait que l'horticulture fait partie 
de la 4 mo section de l'Exposition coloniale d'Ams'terdam. Il y aura pour 
elle une exposition permanente dont l'ouverture est fixée au 15 mai 
et dix expositions temporaires dont les programmes détaillés viennent 
de paraître. On peut se les procurer et obtenir les renseignements 
qu'on désire en s'adressant soit à M. J. P. R. Galesloot, premier 
secrétaire, soit à la Commission belge, rue Latérale, à Bruxelles. 

(M. Eug. Rombaut. commissaire général ; M. C. Bernard, secrétaire). 

Voici les dates des expositions temporaires : 

1 — 27 mai : Plantes de serre, etc. 

2 — 24 juin : Plantes de serre, floriculture, etc. 
27 — 28 juin : Roses coupées. 

1 — 2 juillet: Fruits et légumes. 

1 — 29 juillet : Plantes de serre, floriculture. 

1 — 2 août : Roses coupées. 



— 81 — 



5 — 26 août : Plantes de serre, mosaïculture. 
29 — 30 août : Bouquets, milieux de table, couronnes, fleurs 
coupées. 

2 — 30 sept. : Plantes de serre, plans de jardins, etc. 
20 — 30 sept. : Fruits. 

La ville d'Ostende se propose de donner cette année, vers le 15 août, 
une belle féte florale : elle sera organisée sous le patronage de la 
Société royale de Flore. 

Les serres de Baillonville sont dans toute leur splendeur pendant 
les mois de mars, avril et mai. C'est, en effet, pendant cette période 
que la plupart des Odontoglossum donnent leurs jolies fleurs et l'on sait 
qu'à Baillonville ces Orchidées andines se développent au moins aussi 
bien que dans leur patrie : les bulbes sont robustes, le feuillage épais 
et verdoyant, les hampes vigoureuses, les fleurs nombreuses et de 
dimensions extraordinaires. On ne saurait voir mieux ni plus beau que 
cet ensemble de trois cents plantes épanouissant en même temps un 
grand nombre de fleurs à une époque de l'année où tout est encore désolé 
dans le paysage environnant. Les succès extraordinaires et sans pré- 
cédents de M. D. Massange dans la culture de certaines Orchidées, 
proviennent sans doute des soins judicieux dont il les entoure et de la 
connaissance qu'il a acquise par l'observation et l'expérience de leurs 
exigences naturelles, mais ils résultent aussi du climat ardennais de 
la localité qu'il habite. A cette altitude l'air est ordinairement vif et 
frais et il l'est toujours dans les serres où la température ne dépasse 
jamais en hiver 8° ou 10°C. Les eaux d'arrosage sont très pures, et, 
circonstance essentielle, absolument dépourvues de calcaire. Il semble, 
à notre avis, que les Odontoglossum, comme beaucoup d'autres Orchi- 
dées, sont de cette catégorie de plantes que les phytologistes appellent 
calcifuges, c'est-à-dire qu'elles ne supportent pas traces de chaux dans 
le sol ou dans l'eau. 

Il est aisé et agréable d étudier comparativement les nombreuses 
formes & Odontoglossum qui sont réunies dans les cultures de Baillon- 
ville. h'Od. crispum, qu'on appelle aussi Od. Alexandrae est représenté 
par un nombre considérable d'exemplaires qui produisent des fleurs 
parfois fort différentes les unes des autres. Il en est de blanches 
immaculées et on voit toutes les transitions vers celles qui portent de 

7 



— 82 — 

nombreuses macules brunes : les unes présentent une nuance plus ou 
moins jaune, tandis que les autres passent au rose pâle, les fleurs sont 
plus ou moins grandes, plus ou moins rondes et leurs folioles présentent 
bien des différences quant à leur largeur ou à leur acuité. Quelques- 
unes de ces variétés sont connues des orchidophiles sous des noms 
particuliers, par exemple : Lehmanni, à fleurs blanches et rondes; 
roseum, à fleurs grandes teintées de rose; guttatwn, à taches brunes; 
Chesterlo?iî, à taches roses; Andersoni, à nuance crème et chargé de 
nombreuses petites macules; Wilkeanum, X fleurs presque jaunes, 
chargées de larges macules brunes ; on dirait un hybride des Odonto- 
glossum crispum et sceptrum. 

L' Odontoglossum Pescatorei, qui ressemble au crispum est un peu 
plus tardif : il donnera ses fleurs dans quelques jours seulement en 
même temps que YOd. Halli, dont les boutons sont portés par des tiges 
d'une vigueur extraordinaire. 

~UOd. sceptrum a ses fleurs en épi, d'un beau jaune, couvertes de 
larges bandes brunes : le bord du labelle et les ailes de la colonne 
sont profondément fimbriés. On lui attribue deux variétés connues 
sous le noms de hystrix et de luteo purpureum. 

ISOd. gloriosum a la panicule ramifiée : les fleurs sont à folioles 
étroites, couleur isabelle ou plus jaunes, chargées d'innombrables 
petites macules brunes : le labelle est pectiné, blanchâtre avec une 
large tache brune. 

h'Od. nevadense a les sépales bruns, le labelle blanc à la partie 
antérieure, brun près de la base où il se développe en ailes relevées. 

Mentionnons encore le Od. Coradinei qui est rare et beau et qui 
ressemble beaucoup à Y Odontoglossum Kegeljani de la Belgique 
horticole) enfin YOd. blandum à fleurs nombreuses, petites, blanc 
et brun. 

Les dimensions des inflorescences et l'exubérance de la floraison sont 
extraordinaires et supérieures à tout ce que nous avons vu jusqu'ici, 
non seulement en Belgique mais aussi en Angleterre. Voici à cet égard 
des mesures précises que nous avons relevées dans les serres de Bail- 
lonville : 

Odontoglossum crispum, l m d'inflorescence, 17 fleurs. 
— naevium, m 40 » 10 » 

— ■ triumphans, m 80 » 12 » 



— 83 — 



Odontoglossum Halli, 

— sceptrum, 

— gloriosum, 



l m 30 d'inflorescence, 18 fleurs. 
m 50 » 10 » 

m 90 » 70 » 



En présence d'une pareille floraison, on comprend la vogue de ces 
fleurs et les passions qu'elles font naître. 

La serre à Cattleya présente aussi le tableau le plus enchanteur, 
mais d'un coloris bien différent. Au lieu du blanc des Odontoglossum, 
ce sont ici les nuances du mauve, du rose et du pourpre qui dominent 
et qui s'étalent dans toute leur pureté sur les larges fleurs des Cattleya 
Trianei et chocoensis qui s'épanouissent en cette saison. 

Les Masdevallia sont plus variés et je dirais volontiers plus espiè- 
gles à cause de leurs fleurs bizarres et biscornues. Elles semblent 
sautiller sur le feuillage. Ces plantes exigent à mon avis, une eau pure 
absolument privée de chaux. Outre quantité de Masdevallia Lindeni, 
Harryana, amalilis et ignea, nous avons noté les espèces et variétés 
suivantes : 

M. ignea Massa?igeana; M. amabilis lineata; M. Fstradae, charmant 
et prodigue de fleurs; M. triangularis, plus modeste d'allure et encore 
plus généreux ; M. Shuttleworthi, espèce encore assez rare, récente et 
vraiment remarquable; M. hella; M. Trochilus. 

M. macrura. Cette dernière espèce a fleuri pour la première fois en 
Europe au château de Baillonville. Il a donné jusque 7 fleurs à la fois 
et sa floraison s'est prolongée pendant 14 mois. 

Mentionnons enfin la serre de Cypripedium embellie au mois de 
février de cette année par les fleurs des C. Sedeni, Lawrenceanum, 
superciliare, Harrisonianum, superliens, Bullenianum, Crossianum, 
Stonei, Crossi et Uropedium Lindeni. 

Le chef des serres est actuellement M. J. C. Jacobs. 

Allibertia intermedia. — MM. Marion et Deleuil ont décrit et 
figuré sous ce nom une singulière Amaryllidée, intermédiaire entre 
les Amaryllis et les Agaves, on pourrait dire un Agave bulbeux. Ses 
feuilles sont caduques et mesurent m 30-40 et son inflorescence monte 
à l'"50 : les fleurs sont disposées en épi et produisent des capsules 
globuleuses. La plante est originaire d'Amérique. 



MM. Bentham et Hooker viennent d'envoyer à l'impression la fin 
du Gênera plantarum.Cc grand et important ouvrage a été commencé 



- 84 — 

on 1862. Il comprend la description nouvelle et sur un plan uniforme 
de tous les genres de plantes phanérogames : ces genres sont à peu 
près au nombre de 8000, répartis en 200 familles et comprennent 
environ cent mille espèces. Tous les botanistes féliciteront MM. Bent- 
ham et Hooker d'avoir eu le bonheur d'achever leur immense et glo- 
rieuse entreprise. Les distances sont grandes entre les Gênera planta- 
rum de Linné, Jussieu, Endlicher et Bentham et Hooker. 

J. D. Hooker, Report on the Progress and condition of the Royal 
Gardens at Kew during the year 1881. — Le nouveau rapport du 
D r Hooker renferme, parmi beaucoup d'autres renseignements intéres- 
sants, le catalogue des plantes officinales ou techniques cultivées dans 
les serres de Kew : il mentionne environ 350 espèces. 

H. Potonié, Der Mnigliche lotanische Garten tend das kônigliche 
Muséum in Berlin, broch. in-4°, Erfurt, 1882. — M. Henry Potonié, 
aide au jardin royal de botanique de Berlin, a fait paraître un travail 
très intéressant sur l'origine et l'organisation actuelle du jardin bota- 
nique de Berlin : il en donne le plan, la vue des serres, notamment du 
grand pavillon des Palmiers, etc. 

M. Potonié fournit des renseignements également détaillés sur 
l'Herbier royal de Berlin qui est une institution considérable et indé- 
pendante du Jardin botanique. 

Shirley Hibberd, Les Roses du XIX e siècle; édition française, 
Liège, 1882, broch. in-8°. — Cet opuscule sera utile aux rosiéristes et 
aux amateurs de jardins. C'est un catalogue alphabétique de quinze 
cents variétés de Roses avec indication pour chacune d'elles de la race, 
le nom du producteur, la date de la production, la couleur de la fleur 
et ses dimensions. Ce catalogue a été rédigé par M. Shirley Hibberd, 
de Londres : il a été publié en Belgique par la Fédération des Sociétés 
d'horticulture. Il pourra servir de point de départ pour un catalogue 
général de toutes les Roses cultivées. 

Henri Mertens, Les vignes de Hoeilaart; broch. in-8°, 1882. — 
Le village de Hoeilaart, en Brabant, est devenu, depuis quelques 
années, le lieu de production d'une quantité considérable de raisins 



— 85 — 

cultivés en serre et qui font l'objet d'un commerce fort étendu. Cette 
intéressante industrie a donné la fortune à plusieurs familles de culti- 
vateurs. M. Henri Mertens, qui a lui-même pratiqué cette culture et 
les autres forceries de Hoeilaart, a décrit en quelques pages et de la 
manière la plus simple, les procédés en usage pour la culture de la 
vigne et la production de ses fruits. Sa notice est publiée par la Fédé- 
ration des Sociétés d'horticulture de Belgique. 

Rodolphe Abel, horticulteur très habile et très estimé de Hitzing, 
près Vienne, est mort le 24 décembre 1882. Il était né à Dessau en 1832 
et par sa grande activité il avait pris rang parmi les premiers horticul- 
teurs d'Autriche. Rodolphe Abel comptait beaucoup d'amis en 
Belgique. 



RAPPORT 

SUR LE 

PROCÉDÉ DE M. BOIZARD POUR LA DESTRUCTION 
DES INSECTES DANS LES SERRES! 1 ). 

M. H. Brécy, rapporteur. 
{Journal de la Soc. nat. et centrale d'horticulture de France, 1883, p. 132). 

Une commission a été nommée, sur la demande de M r Boizard, jardi- 
nier de M me la baronne James de Rothschild, afin d'expertiser un 
procédé qu'il croit avoir découvert, pour détruire les insectes nuisibles 
aux plantes cultivées dans les serres. 

Le comité de Floriculture voulant traiter sérieusement cette intéres- 
sante expérience nomma dans la séance du 27 juillet dernier, une 
commission, composée de MM. Burelle, Chargeraud, Verdier (Eug), 
Laizier, Lequin, Brécy, Vauvel, Maurice, Gérard, Moser, Jolibois, 
Michel (Ed.), Carrière, Barré, et, vu l'importance de l'opération, 
adjoignit à cette commission MM. Savoye, Delamarrc, Truffaut, père, 
Nilson, Landry, Chassin ; de son côté, M. Boizard avait convoqué 
MM. Chauvin, jardinier, aide de M. Lesueur, Daniel (Gust.), jardinier 
chez M. Nathaniel de Rothschild, Blanchel (Jules) jardinier chez 
M. Edmond de Rothschild. 

(1) Voir la Belgique horticole, 1882, p. 178. 



- 86 — 

Tous ces Messieurs furent régulièrement avisés par lettres spéciales, 
d'avoir à se rendre au Jardin, rue Lafayette 21, où devait avoir lieu 
l'opération, le 17 août dernier, à deux heures précises après midi. 

Tous nos collègues susdénommés, ne répondirent pas à l'appel, 
et malheureusement parmi les absents il s'en trouvait quelques-uns 
dont les lumières et l'expérience nous auraient été des plus utiles dans 
une question aussi ardue et si souvent mise en avant sans succès. 
Quelques-uns se firent excuser. 

Etaient présents : MM. Burelle, Chargueraud, Verdier (Eug.), Lai- 
zier, Lequin, Brécy, Vauvel, Savoye, Delamarre, Truffaut, Landry, 
Chauvin, Daniel, Blanchet. Nous procédâmes à la formation du bureau. 
M. Burelle fut nommé président, et votre serviteur Brécy, rapporteur. 

Notre très dévoué et très intelligent collègue Boizard nous introdui- 
sit dans la serre que M me la baronne de Rotschild mettait gracieuse- 
ment à notre disposition, et où devait se faire l'opération ainsi qu'elle 
a été décrite. (Belg. hort., 1882, p. 178). 

Afin de rendre l'expérience plus concluante, quelques membres de la 
Commission apportèrent un certain nombre d'insectes, pour les joindre 
à ceux qui infestaient déjà cette serre, de telle sorte que nous étions 
abondamment pourvus d'insectes nuisibles appartenant à peu près à 
toutes les classes et dont les ravages habituels font le désespoir des jar- 
diniers. 

La serre en question est divisée en deux compartiments de tempéra- 
tures diverses, la partie la plus chaude, d'une capacité de 60 à 65 
mètres cubes environ, fut changée en laboratoire. Notre collègue 
Boizard y transporta deux foyers incandescents sur lesquels il disposa 
des récipients contenant deux litres de nicotine titrée à 14°. Cette mixtion 
de tabac, après une heure d'ébullition dans ce lieu hermétiquement 
clos, et dont l'acre et chaude vapeur remplissait tout l'espace, se rédui- 
sit en une espèce de mélasse pâteuse, à laquelle notre opérateur ajouta 
un litre d'eau, qui ne tarda pas non plus, sous l'action du feu, à ajouter 
une nouvelle pression et un nouveau développement de vapeur acre et 
violente, dont la buée mortelle devait asphyxier les insectes qui se 
trouvaient dans la serre. Toutes les issues, ainsi que nous l'avons 
déjà dit, avaient été soigneusement bouchées et l'opération dura deux 
heures. 

Il nous parait juste d'ajoutef (Jiié, pendant ce temps > notre collègue 



— 87 - 

Landry qui avait transporté sur les lieux son petit appareil vaporisa- 
teur opérait non loin de nous, dans lejardin, d'après les mêmes données 
(vapeur de nicotine), sur un certain nombre de plantes attaquées, 
recouverte par une cloche en verre. 

Or donc, au bout, de deux heures de cette terrible vaporisation 
pendant laquelle il était impossible d'entrer dans la serre ou au moins 
d'y séjourner longtemps sans danger, notre collègue Boizard dont le 
zèle et l'ardeur sont infatigables, ouvrit toutes les issues et nous vîmes 
alors une épaisse et forte fumée brune s'échapper par toutes les ouver- 
tures; un instant après, seulement alors, nous pûmes nous introduire 
sur le théâtre de l'exécution pour juger des résultats, en ce qui tou- 
chait les plantes et les insectes. 

Armés d'un grand nombre de loupes à tous les degrés et d'autres 
instruments grossissants, nous constatâmes tout d'abord, pour les 
Hémiptères, que les Aphidiens des genres Psylle et Thrips surtout, 
qui foisonnaient sur beaucoup de plantes, avaient entièrement disparu, 
que les nombreuses tribus des Acarides ou Aphis et particulièrement 
Aphis radicum ne se ressentaient que peu ou point du traitement. 
Parmi les Kermès, quelques-uns étaient morts et desséchés ; un grand 
nombre offraient des groupes paraissant engourdis ou sous le poids 
d'une incommodité qui pouvait être mortelle. Les Cochenilles (Cocus 
Adonidurn), revenaient à elles successivement et ne présentaient aucun 
vide dans leurs rangs ; le C. farinosus où Lanigère surtout avait été 
insensible à la vapeur mortelle, ou tout au moins stupéfiante de la 
nicotine. Deux chenilles ou larves du Rosier et du Lierre, avaient dis- 
paru sous les bordures de Lycopodium et nous ne pûmes constater leur 
état. Quant aux plantes de la serre, la plupart charnues, coriaces et 
plus ou moins ligneuses, Palmiers, Cycas, Dracaena, Pandanus, arbris- 
seaux, Aspidistra; etc., etc. elles ne nous ont pas paru sensiblement 
affectées; cependant quelques Capillaires, Epiphytes, Coleus, et 
autres plantes tendres, semblaient légèrement atteints sur le coup ; 
mais nous n'avons pas appris qu'ils aient souffert sérieusement. 

Le sage a dit : dans le doute abstiens-toi ; aussi, Messieurs votre 
commission voulant répondre à votre confiance et agir avec prudence, 
ne crut-elle pas l'opération assez probante, d'un commun accord fut-il 
convenu de soumettre à un deuxième examen les plantes servant de 
gîtes aux nombreux parasites, contre lesquels nous poursuivions une 
guerre d'extermination. 



— 88 - 

En conséquence nous convînmes de nous réunir aux mêmes lieux, le 
22 août suivant à deux heures précises. M. le Président de la Commis- 
sion se chargea de faire adresser de nouvelles lettres de convocation à 
tous les membres, à tous les adjoints et à tous les adhérents. 

Au jour convenu et à l'heure dite furent présents : MM. Burelle, 
Savoyé, Larzier, Vauvel, Brécy. 

MM. Verdier (Eug.) et plusieurs autres s'étaient excusés par lettre. 

Nous nous mîmes donc de nouveau à l'œuvre et nous nous occupâmes 
à reconnaître sur le champ de bataille les morts, les mourants et les 
indemnes. 

En voici le dénombrement : 

Thrips des Fougères réduits en poussière. Kermès des Cycas : les 
vielles femelles mortes, les jeunes femelles et mâles vivants, et courant 
avec vivacité sur les feuilles. 

Kermès d'un Dattier retenu par M. Savoye. 

Kermès du Nérium, de l'Ardesia, du Pandanus, du Dracaena, de 
l'Aspidistra, de la Vigne; toutes les apparences de la mort. 

Acarus ou Aphis, Pucerons lanigères engourdis et un mort sur un 
pommier. 

Acarus du Dahlia moitié vivants et l'autre moitié morts. 
Acarus de la Rose Trémière, du Tilleul, du Melon, duFuschia; 
nombreux et venant d'éclores vivants. 
Coccus du Caladium, vivants. 
Coccus du Coleus. 

Coccus de toutes les autres plantes, vivants. 

Il n'y a rien de brutal comme un fait positif, nous ne pouvions pas 
hésiter, semblait-il, après cette nouvelle expérience à formuler notre 
jugement; mais notre collègue Boizard, dont la robuste conviction 
n'était pas absolument ébranlée, nous pria d'ajourner notre rapport 
afin, pendant ce temps, de continuer ses études et varier les expérien- 
ces. Nous crûmes devoir adhérer à sa demande dans l'intérêt général 
et aussi il faut le dire dans le sien. 

Votre commission, Messieurs, pendant ce temps d'arrêt ne perdait 
pas de vue ses obligations ; elle s'informait auprès des plus compétents, 
elle consultait les auteurs anciens et modernes, qui avaient traité la 
question des insecticides. Elle apprit entre autre par un mémoire signé 
Ferd. Blot en janvier 1830, que la Société royale d'agriculture et de 



— 89 — 

commerce de Caen avait créé une médaille de la valeur de 300 fr., à 
décerner en juin 1827 à l'auteur du meilleur mémoire sur les moyens 
à employer pour détruire le Puceron lanigère. — 1827, 1828, 1829, 
virent naître une foule de mémoires où chacun vantait sa panacée; 
mais les épreuves furent négatives, et la médaille resta sans emploi. 

Plusieurs Sociétés d'horticulture animées d'émulation en firent 
autant sans plus de succès. 

Plus tard, notre Société royale et centrale d'agriculture fut frappée 
des déprédations toujours croissantes que les insectes nuisibles occa- 
sionnaient dans les serres. Elle fit un appel chaleureux à toute la 
France et mit au concours, en 1846, la découverte et la mise en pra- 
tique du moyen propre à détruire les insectes nuisibles. La Commission 
était composée des plus illustres, des plus savants et des plus compé- 
tents de ses membres : MM. Vilmorin, Huzard, Héricart de Thury, de 
Gasparin, Mérat,Dutrochet et le rapporteur était M. Guérin Mèneville. 
Les résultats de ce concours furent comme toujours des succès partiels 
sur certains insectes, et en général, des insuccès sur les plus redou- 
tables sans compter que les agents nombreux mis en œuvre détrui- 
saient infailliblement les auxiliaires que la nature nous a donnés, c'est- 
à-dire les insectes carnassiers qui ont pour mission de défendre les 
plantes en se nourrissant des insectes nuisibles qui les dévorent et les 
infestent. 

Enfin, Messieurs, sans aller si loin, en 1867, à l'instigation de notre 
illustre président, le maréchal Vaillant, notre savant collègue le 
D r Boisduval composa un très intéressant ouvrage orné de 125 figures, 
sur l'entomologie horticole, avec les moyens préconisés alors pour se 
défaire de cette féconde engeance qui résiste à tous les moyens 
de destruction. 

Les moyens préconisés sont presque toujours lessive de potasse, de 
soude, de cendres, mélangées d'assa fœtida; eau de chaux, de tabac, de 
suie, de chanvre, ammoniaque, soufre sublimé, chauffage et fumée à 
une très haute température, etc. 

De nos jours on arrive à la nicotine et même au sulfo carbonate de 
potassium. Mais comme dit un sinistre docteur, pour enlever le mal 
radicalement il faut enlever aussi le malade. 

Avant de passer outre, notre collègue M. Savoye qui, depuis de 
longues années, s'intéresse à la question nous convoqua de vive voix 



— 90 — 

pour aller examiner chez lui, à Bois-Colombes, le Latanier qui avait 
supporté le traitement Boizard, afin d'y examiner les insectes que nous 
avions crus morts, et le 7 octobre, M. Burelle et votre serviteur se 
rendirent à son invitation espérant aussi y trouver quelques-uns de 
nos collègues : notre attente fut vaine, mais néanmoins nous reprîmes 
nos travaux, nous aidant de fortes loupes et nous vîmes que nos pré- 
tendus morts se portaient bien, et qu'entre autres un puceron lanigère 
était d'un embonpoint remarquable. 

Cependant, notre collègue Boizard qui tenait loyalement à remplir 
son programme, nous fit convoquer une dernière fois pour la séance 
définitive, toujours chez M me la baronne de Rothschild, rue Lafayette 
n° 21. A la date du 16 octobre nous nous trouvâmes encore une fois 
réunis, savoir : MM. Burelle, président, Vauvel Michel, Maurice 
Girard, Margottin, Savoy e, Charguernard, Brécy, rapporteur. 

Nous passâmes attentivement et scrupuleusement en revue les 
plantes qui avaient subi le traitement. Nous ne trouvâmes pas sensi- 
blement les choses en meilleur état que le 22 août, seulement il nous 
semblait que les plantes étaient mieux nettoyées, plus propres, et qu'il 
y avait plus de cadavres de Kermès, quand tout à coup nous vîmes 
surgir une nombreuse famille de dessous la carapace d'une feuille 
morte et qui, avec la plus grande prestesse, se répandit sur la feuille 
du Cycas qui avait été son berceau. 

CONCLUSIONS. 

La commission en faisant preuve de patience et en étudiant cons- 
ciencieusement le procédé Boizard, a la conviction intime qu'un grand 
nombre de Kermès y trouvent la mort ; les Thrips disparaissent 
complètement, ce que l'on n'avait pas encore obtenu jusqu'à ce jour. 

Il est vrai que les larves, Acarus, Coccus, etc. et tous les insectes 
mous et à corps huileux résistent avec énergie; mais, Messieurs, le fait 
de la mort des Kermès sur une grande échelle, et celle des Thrips qui 
est totale, constitue déjà un grand service rendu à l'horticulture ; les 
plantes prennent une teinte plus verte et plus vigoureuse, et votre 
commission croit que, à titre d'encouragement, le procédé Boizard doit 
être chaudement recommandé à la commission des récompenses. 

Nul doute que ce procédé, appliqué plusieurs fois dans l'année aux 



- 91 — 

époques de la fécondation dos insectes (printemps) et à la ponte des 
femelles (automne), n'arrive, au moyen de quelques modifications 
d'exécution, à un succès plus complet que celui dont nous vous rendons 
compte. 

RECOLTE BOTANIQUE DE L'EXPÉDITION DU 
« CHALLENGER, » 

par W. Botting Hemsley. 

Flore des îles du Grand Océan. 

(Traduit du journal anglais Nature, 15 mars 1883, p. 462-63). 

Diverses contributions à la récolte botanique de l'expédition du 
Challenger ont paru par intervalles dans le Journal de la Société 
Zinnéenne, notamment dans le 14 e et le 15 e volumes, mais jusqu'à ce 
jour aucune mention des résultats botaniques nés de ce voyage d'explo- 
ration n'a trouvé place parmi les somptueux volumes où sont enregis- 
trées les observations et découvertes de l'expédition. Le Gouvernement 
a fini par décider qu'un volume comprenant 350 pages et 50 planches 
serait consacré à l'exposé de la flore d'une partie des contrées visitées. 
Certes il est hors de doute que le Gouvernement a raison de n'attribuer 
qu'une importance restreinte aux résultats obtenus en botanique, 
comparativement aux découvertes réalisées au profit d autres branches 
scientifiques; toutefois nous croyons pouvoir démontrer sans peine 
que les collections botaniques, dont nous avons entrepris l'arrange- 
ment et la détermination, avec l'aide et sous la direction de sir Joseph 
D. Hooker, peuvent servir de base à une publication pleine d'intérêt. 
Il serait superflu de faire observer, que le botaniste attaché à semblable 
expédition n'a guère chance d'épuiser la flore d'aucune des contrées 
ou rrgions explorées ; et la mission d'élaborer les matériaux récoltés 
devait paraître à première vue une besogne ingrate et stérile. Pour 
nombre des points explorés, notamment parmi les plus intéressants, 
le séjour avait été trop peu prolongé et les ressources mises à la dis- 
position du naturaliste, insuffisantes pour lui permettre de récolter et 
de sécher une ample moisson ; ce qui n'empêche pas que M. H. N. Mosely , 



— 92 — 

le botaniste attaché à l'expédition, semble n'avoir perdu aucune occa- 
sion d'herboriser aux divers points touchés par le Challenger. 

Par malheur, la récolte des contrées les moins connues, telles que 
les îles Aru et de l'Amirauté, n'est parvenue en Angleterre que sérieu- 
sement endommagée. Cependant cette collection tout imparfaite 
qu'elle soit, renferme de nombreuses espèces nouvelles et indique une 
flore riche en formes endémiques. Les meilleures collections, eu égard 
au nombre et à la qualité des spécimens, sont celles du Chili, de Juan 
Fernandez, du Japon, des îles Sandwich, etc. ; disons toutefois qu'elles 
n'apportent à la science aucun ou presque aucun élément nouveau et 
sont loin de représenter complètement la végétation de ces diverses 
contrées. Reste la récolte faite sur les îlots lointains de l'Océan 
Atlantiqueet de la mer du Sud; combinée avec les notions précédemment 
acquises sur la végétation de ces régions isolées, si intéressantes au 
point de vue de la distribution de la vie animale et végétale, elle 
permet de se faire une idée complète et exacte de leur flore. Et il a 
été décidé qu'à l'étude de ces dernières collections serait exclusive- 
ment consacré l'ouvrage projeté. 

En toute première ligne, dans l'arrangement adopté, viennent les 
Bermudes, la plus ancienne des colonies anglaises ; les îles, dont l'éten- 
due est égale au septième environ de celle de l'île de Wight, surgissent 
des eaux de l'Océan à 600 milles ( 960kilom.)de distance du continent 
américain, et, bien qu'elles soient colonisées depuis 1612, il n'a été 
rien publié jusqu'à ce jour qui approche d'un exposé critique et com- 
plet de leur végétation. La flore est pauvre, eu égard surtout au nombre 
des espèces, et d'origine comparativement récente au contraire de 
celle de diverses autres îles atlantiques — l'île de S te Hélène, par exem- 
ple. L'élément indigène en a été emprunté presque exclusivement aux 
Indes occidentales et aux régions sud-orientales extrêmes du continent 
nord-américain. Par élément indigène, nous désignons les espèces qui 
ont atteint les îles indépendamment de toute intervention humaine, 
directe ou indirecte. 

A part un certain nombre d'exceptions, peu importantes d'ailleurs, 
les espèces indigènes et les formes introduites sont faciles à distinguer. 
( n caractère remarquable de la végétation des Bermudes est l'absence 
presque complète de formes endémiques. Les seules exceptions impor- 
tantes — encore sont-elles douteuses — intéressent les Palmiers indi- 



- 93 — 

gènes. Il en existe deux ou trois espèces, dont une appartenant au genre 
Sabal. L'on admettait généralement, sans recherches suffisantes, qu'il 
n'existait aux Bermudes qu'un seul palmier indigène, et que l'espèce 
était identique au Salai Palmetto, du sud-est de l'Amérique septen- 
trionale ; mais en étudiant et classant les Palmiers pour son « Gênera 
Plantarum » Sir Joseph Hooker reconnut que les spécimens d'herbier, 
très imparfaits du reste, originaires de cette contrée, se rapportent à 
deux espèces, dont l'une au moins est manifestement différente du 
Sabal Palmetto. 

Plusieurs passages historiques de l'ouvrage de sir J. H. Lefroy sur 
les Bermudes viennent à l'appui de cette manière de voir. C'est ainsi 
qu'il y est dit quelque part, qu'en une certaine occurrence les pêcheurs 
prirent la mer sans autres victuailles qu'une provision de « baies de 
Palmetto» ; ailleurs encore, l'auteur rapporte que les artisans n'hésitent 
pas à disputer ce fruit aux porcs et aux autres animaux, et le préfè- 
rent même au pain pour manger avec leur viande. L'on s'efforce 
actuellement de se procurer des éléments d'appréciation suffisants pour 
trancher cette question. Les renseignements les plus anciens sur les 
productions végétales de ces îles se rencontrent dans VHistoire des 
Bermudes éditée par sir J. H. Lefroy, et quelques-uns d'entre eux 
sont d'une grande valeur, parce qu'ils nous permettent d'affirmer, par 
exemple, qu'une certaine espèce d'Opuntia existait en abondance dans 
l'île, préalablement à sa colonisation. 

François-André Michaux fut le premier botaniste qui visita les 
Bermudes, bien involontairement du reste : c'est aux hasards de la 
guerre qu'il dut d'y séjourner une huitaine de jours en 1806. 11 fit 
paraître par la suite un aperçu de leur végétation, intéressant à coup 
sûr, mais entaché de maintes inexactitudes, comme en fait foi 
l'extrait suivant : « Parmi ces plantes (les plantes naturelles au pays) 
on en trouve plusieurs de l'ancien continent, qui ne paraissent pas de 
nature à y avoir été transportées; telles sont : Verhascum thapsus, 
Anagallis arvensis, Mercurialis annua, Leontodon taraœacum, Plantago 
major, Gentiana nana, Oxalis acetosella, etc. » Sans doute les deux 
derniers noms ne figurent dans cette liste que par suite d'un lapsus 
calami. Depuis Michaux, deux catalogues fort imparfaits de la végéta- 
tion des Bermudes ont été publiés, tous deux en 1873. L'un a pour 
auteur J, M. Jones, F. L. S.; il est entaché de grossières erreurs 



— 94 — 

de classification et de nomenclature, mais renferme d'intéressantes 
données. L'autre, dù au Dr J. Rein, a été élaboré avec plus de soin, 
et mentionne 128 plantes phanérogames et fougères, tant indigènes 
qu'introduites, outre une centaine d'Algues. Les collections de 
M. Moseley comprennent 162 espèces. Enfin nombre de spécimens ont 
été expédiés à Kew par Sir J. H. Lefroy pendant la durée de son 
gouvernement, et le nombre d'espèces croissant spontanément aux 
Bermudes se trouve ainsi porté à 320, susceptibles d'être réparties 
comme suit : plantes indigènes, 130; plantes d'un indigénat douteux, 
57; plantes positivement introduites, 133. Ce dernier chiffre grossi- 
rait de beaucoup, si nous y ajoutions les espèces fugaces et mal natu- 
ralisées. 

A la suite des collections relatives aux Bermudes viennent celles 
des récifs de S l -Paul et de l'île Fernando Noronha, où M. Moseley 
recueillit une soixantaine d'espèces, entre autre un Oxalis nouveau, 
une nouvelle Asclépiadée, un Figuier, etc. Nul doute que la récolte 
n'eût été importante et fructueuse, si la permission de s'y livrer 
n'eût été retirée dès le lendemain de l'arrivée du Challenger. 

En progressant vers le sud, nous rencontrons successivement les 
îles suivantes : Ascension, S te Hélène, Trinité (à 20° 30' lat. S. de la 
côte du Brésil), Tristan d'Acunha, et, dans son voisinage immédiat, 
l'îlot Inaccessible et l'îlot Nightingale; ensuite, plus à Test, l'île 
Gough, les îles Lindsây et Bouvet, prince Edouard et Marion, les 
Crozets, l'île Kerguelen, le groupe Heard, S^Paul et Nouvel-Amster- 
dam. Les quelques mémoires publiés sur la flore de ces îlots océaniques 
à l'exception peut-être de l'île Kerguelen , sont entachés d'imperfections 
nombreuses et disséminés dans diverses publications. Nous ne croyons 
pas qu'il existe de catalogue complet de la flore indigène de l'île 
Ascension, si maigre et parcimonieuse qu'elle soit. L'île S te Hélène est 
mieux partagée; mais les cinquante espèces indigènes qui forment 
son tapis végétal sont perdues parmi les innombrables formes intro- 
duites — un millier au moins — que mentionne l'ouvrage de M. Mellis, 
dont la seule valeur scientifique consiste dans les figures des plantes 
endémiques qu'il renferme. En outre M. Mellis a laissé de côté la 
synonymie de sa flore; plusieurs Cypéracées y sont indéterminées, 
d'autres omises. 

L'île Trinité n'est guère plus éloignée du continent Brésilien que les 



- 95 — 

Bermudes de la Caroline septentrionale, et c'est à peine si l'on connaît 
sa flore ! Lors de l'expédition antarctique de sir J. Ross, sir Joseph 
Hooker et quelques autres officiers débarquèrent dans une petite anse 
rocheuse d'où il leur fut impossible d'escalader les falaises qui protègent 
l'île de ce côté : de telle sorte qu'ils ne purent y pénétrer et ne rapportè- 
rent de leur exploration qu'une Fougère herbacée (Polypodium lepidop- 
teris) et un Carex {Fimbristylis sp.)> bien que des Fougères et d'autres 
plantes arborescentes fussent visibles du navire, en un autre point de 
l'île. En 1874, le D r Ralph Copeland, de l'observatoire de Dunecht, 
attaché à une expédition astronomique, débarqua sur le rivage oriental 
de la Trinité et parvint à atteindre les parties centrales élevées de l'île, 
où il rencontra une profusion de Fougères et recueillit quelques échan- 
tillons végétaux, entre autres une de Fougère arborescente nouvelle. 
Le spécimen le plus intéressant de sa récolte était ïAsplenium corn- 
pressum, une Fougère exclusivement connue jusqu'alors à S te Hélène, 
bien que Melliss, par suite de quelque malencontreuse confusion, la 
signale dans l'Afrique australe, à Madagascar, etc. Le D r Copeland 
mentionne en outre ce fait étrange, que dans la plupart des vallées de 
la région septentrionale de l'île, toutes parsemées de troncs d'arbres 
morts, n'existait pas un seul spécimen en vie, sauf au voisinage des 
points culminants. Tous paraissaient morts depuis nombre d'années, 
la plupart étaient renversés Copeland ne peut approfondir la cause 
exacte du phénomène; il attribue, jusqu'à preuve du contraire cette 
œuvre de destruction aux chèvres, bien qu'il avoue n'avoir rencontré 
sur l'étendue entière de l'île de mammifère d'aucune sorte. 

L'île Tristan d'Acunha fut explorée en 1793 par Dupetit-Thouars, 
qui décrivit sa végétation dans une note lue devant l'Institut de 
France en 1803. L'étude de sa flore fut continuée par Carmichael, 
qui publia, dans les Transactions de la Société Linnéenne, la liste des 
plantes récoltées sur son territoire. M. Moseley a exploré cette 
même île, ainsi que les îlots voisins — Inaccessible et Nightingale 
— et y a recueilli, outre les espèces précédemment décrites, plusieurs 
formes nouvelles de Cypéracées. Avant lui, le Gnaphalmm pyrami- 
dale Thouars était inconnu à Kew, ou du moins un jeune pied de 
cette plante, récolté par Carmichael, n'avait pu y être rapporté avec 
certitude complète. 

Force nous est, faute d'espace, de nous contenter de mentionner 



— 96 — 

les groupes d'îlots de la mer du Sud. M. Moseley a largement étendu, 
par ses découvertes, nos connaissances sur la flore de l'île Marion du 
groupe Heard et de l'île Kerguelen, tandis que les Américains, les 
Allemands et les Français, dans leurs expéditions respectives, explo- 
raient les Crozets, Nouvel-Amsterdam et les îles St-Paul. L'île Ker- 
guelen, le plus vaste de beaucoup de ces îlots océaniques, qui mesure 
environ 80 milles (128 kilom. de diamètre), a été parcourue par les 
naturalistes anglais, allemands et américains attachés à l'une ou 
l'autre expédition astronomique, et le résultat de leurs investigations 
a été publié. L'une des découvertes les plus intéressantes de ces der- 
nières années, relatives à la végétation de ces îlots, est due au défunt 
capitaine Goodenough, qui récolta, il y a quelque dix ans, Phylica 
arborea sur l'île Amsterdam, alors que cette plante n'était connue 
auparavant que sur l'île Tristan d'Acunha, séparée de la précédente 
par 90° de longitude, distance qui équivaut, sous cette latitude, à 
4700 milles (7520 kilom.) environ. M. Moseley a retrouvé le Phylica 
en abondance en explorant l'îlot Inaccessible et celui du Rossignol 
(Nightingale). C'est la seule plante de ces îles australes qui soit 
d'allure arborescente, bien qu'elle ne dépasse jamais 20 pieds (6 m.) 
de haut dans ses stations les mieux abritées. D r H. F. 



NOTE SUR LE CYPR1PEDIUM BARBATUM, Lindl. 

ET 

SES PRINCIPALES VARIÉTÉS, CROSSI, WARNERIANUM, etc. 
(Planche VII) 

PAR M. Édouard Morren. 

Cypripedium barbatum Lindley in Bot. Reg., 1841, p. 53, n° 110; 1842, 
tab. 17. — Annales de G-and, II, 1846, p. 295. — Lemaire, Flore des Serres, III, 
1847, p. 190, pl. IX. 

Var. Warnerianum Williams in Warner 1 s Select Orchidaceous Plants, sér. 
3, fasc. 4 7 1881. — Th. Moore, Florist and Pomologist, 1881, p. 53. — Journal of 
Hort., 9 feb. 1882, p. 115, ic. 25. 

Le Cypripedium barbatum est très répandu dans nos serres où on 
aime à lui donner place à cause de son feuillage agréablement mar- 
queté de vert pâle et de vert foncé, de son tempérament robuste, de ses 



— 97 — 

fleurs toujours jolies et de longue durée. Il croît dans les îles de la 
Sonde, à Java, à Singapoor, où il a été découvert sur le Mont Ophir 
par Cuming. Il à été décrit pour la première fois, en 1841, par 
Lindley qui en a fait paraître la figure coloriée l'année suivante. 

La plante a. beaucoup prospéré dans les serres d'Europe et le type 
spécifique a bientôt offert de nombreuses et remarquables variétés qui 
sont actuellement très recherchées des amateurs de culture exotique. 
On a particulièrement distingué les variétés suivantes : 

nigrum : labelle brun foncé, presque noir; coloris très foncé. 

superbum, cultivé parfois sous les noms de Veitchi ou Veitchianum : 
c'est, au contraire une variété à nuances très claires, pâles; elle est 
figurée dans la Flore des serres (1861, XIV, 161). 

latisepalum. — Proceedings of the Roy. Hort. Soc. London, 1862, 
p. 359. 

grande. — l. c, p. 361. 

grandiflorum : fleurs très grandes, à dimensions presque doubles 
de celles du type. Il a paru dans la Flore des serres, en 1869-70 
(tome XVIII, p. 91, pl. 1879). 

La variété Warnerianum est déjà ancienne : elle est dédiée au 
célèbre orchidophile anglais, M. R. Warner, chez qui elle a fleuri 
pour la première fois, dans sa collection de Broomfield, Chelmsford. 
Elle se recommande par l'abondance des fleurs qui ont le mérite de se 
développer en hiver et de résister au temps et à la fatigue. Elle se 
distingue par l'ampleur et la coloration du sépale postérieur ou dorsal 
qui est blanc pur à la partie supérieure et cramoisi-pourpré à la partie 
inférieure. 

La variété de M. Warner est parfois confondue avec une autre qui 
porte le nom de M. Cross, le Cypripedium darbatum var . Crossi qui a 
été figuré dans la Belgique horticole en 1865 (p. 226, pl. XVII) (1) 
sans description ni renseignements, si ce n'est qu'il serait d'origine 
péruvienne, ce qui, sans doute, est une erreur, le C. larlatum étant 
asiatique. Le Cypripedium Crossi a le sépale postérieur très ample, 
un peu trilobé, blanc, veiné de vert et de cramoisi, coupé transversale- 



(I) Cypripedium Crossi. Belg. hort., 1865, p. 226, pl. 17. — Illustr. hort., 
1865, mise. p. 66. — Wochenschrift, 1866, p. 175. — Gartenflora, 1866, p. 84. 
— TheFarmer, VIII, 1866, p. 312. 

8 



— 98 - 

ment en son milieu par une bande de cette même couleur. Les pétales 
veinés de vert sont moitié verts et moitié blancs avec l'extrémité rose. 
Le labelle est rose brun foncé. Cette variété est sans doute très rare 
sinon perdue : on cultive souvent sous son nom une forme intermé- 
diaire qui ressemble beaucoup au Warnerianum. 

Il convient de constater qu'on cultive sous le nom de Cypripedium 
Crossianum un hybride entre C. insigne et C. venustum qui est une 
production toute différente des variétés du C. barlatum. 



NOTICE HISTORIQUE 

SUR LA SIGNIFICATION BIOLOGIQUE DES COLORATIONS DES FLEURS 

PAR Hermann Mùller. 

M. H. Mùller a publié, dans le tome VI du Cosmos, 1882, n° 8, 
p. 117-137, un très intéressant travail sur les diverses hypothèses 
émises jusqu/à ce jour au sujet des multiples colorations des fleurs ; 
une analyse succincte de ce mémoire, due à M. Ludwig de Greiz, 
a paru dans le « Botanisches Centralblatt », vol. XIII, n° 10, p. 326 
et suivantes; nous avons cru qu'une traduction de cet article présente- 
rait quelque intérêt pour le lecteur. 

Aucun savant, antérieurement à la fin du siècle dernier, n'avait 
songé à envisager les colorations des fleurs comme ayant une utilité 
au point de vue des végétaux eux-mêmes. Le premier qui découvrit 
et signala leurs rapports et ceux des nectaires avec les insectes fut le 
botaniste Christian Conrad Sprengel. Après avoir montré, en 1788, 
que l'anneau jaune étalé au fond de la corolle bleue du myosotis sert 
d'indicateur aux insectes en leur révélant la place des nectaires, il 
découvrit bientôt que chez une foule d'autres fleurs « dont les corol- 
les présentent en un point une coloration différente du reste, les 
taches, figures, lignes ou macules ou la teinte spéciale qu'elles affec- 
tent par places se rencontrent constamment à l'entrée des nectaires. » 

Généralisant sa thèse et passant des marques ou nuances indicatrices 
des organes nectarifèrcs à la coloration d'ensemble, Sprengel con- 
clut qu'elle a pour but de rendre plus manifestes et plus visibles les 



- 99 — 

corolles où le nectar est renfermé. Les fleurs diurnes, à moins que 
le miel nV soit assez apparent pour rendre cette précaution inutile, 
présentent constamment semblables marques au voisinage des nectai- 
res ; les fleurs nocturnes, remarquables par les dimensions de leur 
corolle et la vivacité de leur coloris, en sont dépourvues, mais possè- 
dent en lieu et place une très forte odeur. Quant aux variations de 
couleur qui se produisent chez certaines fleurs, telles que Rïbes aureum 
et (d'après une précédente communication de l'auteur) R. sangui- 
neum, Weigela rosea, Androsace Chamajasme, etc., Sprengel, et 
après lui Delpino, sans avoir eu connaissance des publications du 
premier savant, les expliquent en alléguant l'intérêt réciproque des 
insectes et des fleurs. Elles permettraient aux premiers de distinguer 
les corolles fécondées des jeunes fleurs encore vierges, résultat obtenu 
d'une façon plus exacte et plus complète, comme Sprengel l'a reconnu 
plus tard, par la chute de la corolle. 

Fritz Mùller et son frère Hermann, l'auteur du mémoire que nous 
analysons en ces quelques lignes, ont prouvé plus tard que ce change- 
ment de coloration, indépendamment du but précédemment renseigné, 
sert surtout à rendre plus visible, plus apparent, le groupe ou ensemble 
floral. Sprengel avait déjà admis l'existence de « fleurs pseudonectari- 
fères; » ses exemples, il est vrai, étaient mal choisis; mais les 
récentes découvertes biologiques ont fait connaître des plantes 
(Parnassia, Lopezia, etc.) qui méritent réellement ce nom. 

Après Sprengel, c'est à Ch. Darwin que la biologie végétale est 
redevable de ses plus grands progrès; l'auteur anglais n'a cependant 
avancé aucune hypothèse nouvelle sur la signification à attribuer aux 
colorations des fleurs ; le seul mérite qui lui revienne est d'avoir 
« contrôlé le plus ou moins d'exactitude des assertions avancées par 
son prédécesseur, en établissant la valeur vraie des arguments pour 
et contre. » 

Très importants sont en revanche les progrès effectués par cette 
branche de la botanique biologique entre les mains de Federico 
Delpino. D'après le botaniste italien, la différence de coloration des 
corolles en une même localité serait née de la concurrence entre les 
diverses espèces végétales au point de vue de l'attraction à exercer sur 
les insectes. Toute couleur différente du reste et ressortant sur l'en- 
semble a pour effet, non seulement d'attirer de loin ces agents ailés 



— 100 - 

de la fécondation croisée, mais encore de les conduire des fleurs 
d'un individu aux autres fleurs de la même espèce. Les divers insectes 
fécondateurs présentent, relativement aux couleurs, des goûts très 
différents. Au point de vue biologique, Delpino divise les colorations 
des fleurs en quatre groupes principaux : 

a) couleurs communes (blanc, jaune, orange, rouge, rose, bleu, etc.); 

I) couleurs brillantes ; 

c) couleurs métalliques (telles que le jaune d'or des Renoncules) ; 

d) couleurs ternes ou brun sale. 

Les couleurs brillantes appartiennent surtout à des espèces ornitho- 
philes; dans cette catégorie rentrent quelques Sauges, les Lobelia, les 
Fuchsia rouge de feu, tandis que les nuances ternes attirent principa- 
lement les mouches des cadavres et autres insectes nécrophiles. La 
plupart des plantes diptérophiles sont colorées en jaune- verdâtre ou 
jaune pâle. Une Scolie (Scolia Ucincta) affectionne les fleurs couleurs 
améthyste ou bleu d'acier; les corolles coléoptérophiles sont habituel- 
lement d'un blanc pur, parfois roses, rarement d'une nuance diffé- 
rente. D'après Delpino, les fleurs dont l'attraction s'exerce sur une 
profusion de minuscules insectes de toute espèce présentent générale- 
ment une nuance blanchâtre. 

L'auteur du présent mémoire lui-même, dans son travail sur la 
fécondation des fleurs par les insectes, a présenté incidemment quel- 
ques remarques sur les relations entre certaines colorations florales 
et certains insectes. Il a signalé notamment la prédilection des hymé- 
noptères en général et de divers carabes pour les couleurs vives, pré- 
dilection qui non seulement les guide de préférence vers certaines 
fleurs, mais les inspire encore dans leurs accouplements. C'est ainsi 
que les carabes ne seraient guère attirés que par les fleurs aux teintes 
voyantes, tandis que d'autres espèces végétales, en dépit du miel bien 
en évidence dans leurs corolles, posséderaient dans leur coloration 
terne et eftacée une protection efficace contre leurs déprédations, etc. 

En 1877, Gustave «Léger présenta à son tour quelques remarques 
sur la signification des couleurs organiques : ses assertions malheu- 
reusement manquent de base sérieuse. C'est ainsi qu'il fait du rouge 
la couleur provocatrice de l'appétit, du désir, de la convoitise; du 
jaune, la nuance occasionnelle de la répugnance, du dégoût, etc. 

Quant aux assertions de Gaston Bouvier, qui conteste toute action 



- 101 - 

réciproque entre fleurs et insectes, il y a longtemps que l'auteur en a 
fait bonne justice. 

Les essais les plus importants d'interprétation des couleurs florales 
sont dûs à Frédéric Hildebrand et, bien qu'il répugne à sa modestie 
de l'avouer, à l'auteur du mémoire dont nous présentons ici une ana- 
lyse succincte , les travaux de H. Muller sur cette intéressante 
question ont paru dans diverses publications, notamment dans son 
« Etude de la végétation alpestre », dans le « Cosmos », dans le 
« Manuel de botanique de Schenk », etc. Les deux biologistes sont 
partis, dans cette étude, de points de vue complètement distincts et 
leurs travaux diffèrent de ceux de leurs prédécesseurs en ce sens qu'au 
lieu d'envisager les colorations des fleurs comme un fait accompli, ils 
ont fixé leur attention sur l'origine de ces colorations. 

Hildebrand part de la variation des couleurs florales et constate 
qu'elle se manifeste toujours dans le même sens. Une espèce à fleurs 
bleues vient-elle à varier? c'est constamment vers le violet ou le rouge 
— sans compter le blanc, auquel toutes les nuances sont susceptibles 
de tourner, — jamais vers le jaune. Au contraire, les formes à fleurs 
rouges tendent plutôt à virer vers les teintes jaunes que vers les 
bleues, sans jamais arriver au bleu pur, alors même que cette nuance 
existerait chez les espèces les plus voisines. La couleur jaune, quand 
elle varie, ne le fait jamais que vers les séries de jaune ou de rouge. 
Les fleurs telles que Y Hibiscus mutaMlis, un Lantana (d'après Fritz 
Muller), le Myosotis versicolor, etc., chez lesquelles diverses teintes 
se succèdent au fur et à mesure de leur développement indivi- 
duel, ne présenteraient en réalité d'autres colorations que celles 
apparues au début dans la série de leurs ancêtres. Il résulte donc des 
recherches de Hildebrand, bien que cette conclusion ne se trouve 
formellement exprimée nulle part dans son ouvrage, que le développe- 
ment progressif des couleurs dans le règne végétal va du jaune au rouge, 
au violet et au lieu, et que toute variation exprime une rétrogression 
vers les stades de coloration précédemment parcourus. 

Les conclusions d'HiLDEBRAND sont basées sur des recherches ana- 
tomiques et physico-chimiques. 

Des fleurs vertes au début ont pu devenir le point de départ de fleurs 
blanches « par arrêt de la formation chlorophyllienne » et jaunes 
par le fait que la matière colorante verte ne se serait pas déposée sur 



— 102 — 

les granulations protoplasmiques, dont la teinte jaunâtre, en vertu de 
quelque influence inconnue, aurait fait place à une couleur jaune plus 
ou moins intense. » Le passage « du jaune à l'orange » et « du blanc 
au rouge, au violet et au bleu » s'expliquerait par l'adjonction de sucs 
cellulaires violets et rouges au vert chlorophyllien pour les nuances 
ternes et douteuses, par la formation de granulations d'une matière 
colorante en lieu et place des grains de chlorophylle pour les teintes 
nettes et brillantes. 

Quant à la signification biologique des colorations des fleurs, Hilde- 
brand l'a complètement laissée de côté, et cette partie importante de 
la question est échue à l'auteur du présent mémoire. Voici, en résumé, 
les résultats importants auxquels ses observations l'ont conduit : Les 
insectes sont les agents inconscients du croisement des fleurs, dont ils 
provoquent la fécondation en cédant à leurs goûts et à leurs instincts. 
Les Diptères nécrophiles recherchent de préférence la couleur (et 
l'odeur) de leur nourriture accoutumée. Chez les hôtes des corolles 
dont le bec est peu développé, il n'est pas possible de reconnaître de 
prédilection pour l'une ou l'autre couleur, et vice-versa : les produits 
de croisement de ces insectes, c'est-à-dire les fleurs, présentent leur 
nectar à découvert et sont habituellement de nuance jaune ou blanche. 

Le croisement des fleurs rouges, violettes et bleues, chez lesquel- 
les le nectar est caché, s'opère grâce à l'intervention des insectes 
doués d'une longue trompe. Les fleurs dont la fécondation est due aux 
insectes diurnes ou crépusculaires, les fleurs de bourdons, des guêpes, 
des abeilles et autres hyménoptères, présentent toutes des croisements 
de couleurs extrêmement caractéristiques, au sujet desquels nous ren- 
voyons le lecteur au travail original de H. Muller, nous bornant ici 
à reproduire la dernière phrase de ses conclusions : « La plupart des 
familles et des genres indigènes, chez lesquels se constate un progrès 
manifeste de la forme florale primitive vers une organisation plus 
spécialisée, révèlent en même temps un progrès dans l'évolution des 
couleurs telle que nous l'avons précédemment exposée. » 

Dans les fleurs, telles que le Myosotis versicolor, où diverses cou- 
leurs se succèdent en correspondance avec les divers stades de déve- 
loppement, la loi biogénétique fondamentale ne fait que confirmer 
également les conclusions de l'auteur sur l'évolution graduelle des 
colorations florales. — Le point de départ, pour l'explication de tous 



— 103 — 

ces phénomènes, c'est l'attraction exercée sur les insectes par cer- 
taines nuances, chose que Lubbock et H. Muller ont mise hors de 
doute par leurs expériences sur l'abeille domestique, laquelle mani- 
feste une prédilection marquée pour la couleur bleue. 

* 

* * 

Comme conclusion, l'auteur passe rapidement en revue le mémoire 
de Grant Allen(I) sur les colorations des fleurs. Ce travail, d'après 
lui, ne serait qu'une généralisation incorrecte et hasardée des résul- 
tats auxquels sont parvenus les autres observateurs. Ceux-ci du reste 
— au moins les allemands — ne sont pas même cités, ce qui pourrait 
valoir à Grant Allen le reproche d'avoir cherché à se parer des 
plumes du paon. L'auteur est du reste d'accord avec Grant Allen sur 
certains points, notamment quand il affirme que les étamines ne pro- 
viennent point d'une métamorphose des pétales et que l'hypothèse con- 
traire se rapprocherait probablement plus de la réalité. En formulant sa 
« loi générale des modifications progressives » (2), Allen montre d'une 

(1) Grant Allen. The colours of flowers, as illustrated by the British Flora. 
{Nature 1882, p. 299-375). 

(2) a General law of progressive modification », exprimée comme suit par 
grant allen : dans le règne végétal, au fur et à mesure d'une adaptation plus par- 
faite à V intervention des insectes, la coloration des fleurs parcourt une série dont le 
premier terme est le jaune et le dernier le bleu, en passant par les nuances 
blanche, rose pâle, orange, rouge, pourpre et violet. Cette échelle se rencon- 
trerait dans le développement individuel de certaines formes, telles que 
Myosotis versicolor, Cheiranthus chamaeleo, Stylidium fruticosum, Oenothera 
tetraptera, Cobaea scandens , Hibiscus mutabilis , etc. La même série de 
couleurs se remarquerait chez les divers représentants d'une même famille, 
au far et à mesure de leur adaptation, plus parfaite au croisement par les 
insectes. Ainsi parmi les Rosacées, les Potentilles à petites fleurs, V Agrimonia 
eupatoria, le Geum urbanum sont jaunes; tandis que les Fraisiers, les Framboi- 
siers, etc. plus fréquemment visités par les insectes, possèdent des fleurs blan- 
ches ; le Geum rivale, dont la sécrétion nectariforme attire nombre d'insectes, est 
d'un rouge pourpre sombre et les roses sont pour la plupart colorées en rouge. 
Chez les Renonculacées, la plupart des espèces terrestres appartenant au genre 
Ranunculus ont des fleurs jaunes, dont la nuance passe au bleu dans les espèces 
les mieux appropriées à la visite des insectes, telles que Aquilegia vulgaris, Delphi- 
nium Ajacis, Aconitum napellus, etc. Parmi les Caryophyllées, les Alsinées sont 
presque toutes blanches, tandis que les vraies Silénées entomophiles présentent 
les tons les plus élevés de la série. Chez les Crucifères, les formes les plus sim- 



- 104 - 

part qu'il ne connaît pas les recherches (I'Hildebrand relatives aux 
directions différentes qu'affecte la variation de couleur, et d'autre part 
il adopte, sans en nommer l'auteur, les vues de Muller, auxquelles 
il impose du reste une généralisation complètement erronée. Aussi lui 
arrive-t-il plus d'une fois de se voir contraint à violenter les faits pour 
les mettre d'accord avec ce qu'il appelle ses « lois » ; c'est ainsi que 
pour lever la difficulté relative aux Crucifères à petites fleurs blanches 
— le blanc suit le jaune dans son échelle des couleurs, et les fleurs 
plus hautement spécialisées sont en règle générale plus grandes que 
les formes voisines, — il en fait de mauvaises herbes des cultures dégé- 
nérées. Il explique la même contradiction, chez les Renoncules blan- 
ches à petites fleurs (R. aquatilis), en admettant que les fteurs blan- 
ches sont particulièrement appropriées à l'intervention des insectes 
aquatiques, etc. 

Pour ce qui est de la « métamorphose régressive » des couleurs, 
Allen ne fait que reproduire ies phénomènes de variabilité renseignés 
par Hildebrand, sans indiquer la source à laquelle il puise. L'hypo- 
thèse d'Allen sur les espèces à fleurs jaunes, blanches, etc. appar- 
tenant à des familles manifestement et largement entomophiles (l) 
serait, d'après Muller, correcte pour certaines d'entre elles; ainsi il 
lui paraît probable que les ancêtres des Composées avaient des fleurs 
bleues, et « que cette couleur, par accommodation aux insectes munis 
d'un bec court, est graduellement revenue aux tons pourpres, rouges, 
blancs et jaunes; » seulement la généralisation de cette théorie ne 
repose sur aucune base sérieuse. 



pies (Brassica, Sisymbrium, Barbareu, etc.) sont jaunes; il existe un Nastur- 
tium à fleurs blanches; le Cardamine amara est blanc; le C. pratensis possède 
de plus grandes fleurs d'un rose pâle, et les Matthiola et Cheiranthus présen- 
tent les nuances supérieures de l'échelle. Parmi les Composées, les Anthémis 
sont jaunes ou blancs, les Aster et les Cineraria revêtent les teintes les plus par- 
faites. Même remarque s'applique aux Liliacées (Gfagea lutea, Allium ursinum, 
Fritillaria Mekagris, titilla, etc.) et surtout aux Orchidées. [Note du traducteur). 

(1) Allen considère ces espèces comme atteintes de métamorphose régres- 
sive, et range dans cette catégorie le Lychnis vespertina, le Lamium album, 
certains Galeobdolon et Galeopsis; les Impatiens noli tangere et fulva; Linaria 
vulgarisât Mimulus lutms; Tussïlago far/ara (forme dégénérée des Petasites), 
Sonckus oleraceus et arvensis (les 8. alpinus et Cichorium Intybus sont bleus), 
etc. etc. (Note du Traducteur). 



— 105 — 

Enfin, dans son étude sur la « dégénérescence, » Grant Allen, 
envisage les Amentacées et autres familles anéraoj>hiles comme des 
plantes à fleurs dégénérées et généralise encore une fois, contre toute 
vraisemblance, une règle exacte dans d'autres cas. Toutes ces fai- 
blesses et ces contradictions n'empêchent pas l'ouvrage de Grant 
Allen de contenir quantité de remarques intéressantes, et d'être, 
à différents points de vue, d'une lecture attrayante et instructive. 

D r H. Fonsny. 

BIOGRAPHIE DE JOHN TORREY 

(Traduite de « The botanical Gazette, n fév. 18S3, p. 165 et suivantes). 

John Torrey est né à New-York, le 15 août 1796 ; son père, origi- 
naire de la Nouvelle-Angleterre, était capitaine dans l'armée continen- 
tale et faisait partie des troupes qui entrèrent à New-York, lors de son 
évacuation par les forces anglaises. 

De l'enfance de Torrey nous ne savons que peu de chose, sinon qu'il 
fréquenta les établissements d'instruction publique d'abord, puis l'école 
de Boston pendant un an. 

Encore enfant, lors d'une excursion à la campagne [c'est sous ce 
nom que l'on désignait alors toute la partie supérieure de l'île Manhat- 
tan) il rencontra en chemin deux jeunes geus, tout souillés de la boue 
et de la poussière de la route et chargés de singuliers paquets. Leur 
apparence inusitée lui suggéra l'idée de s'enquérir d'eux, et il apprit 
que l'un était « le fils Le Conte,» l'autre un ami dont le nom ne nous 
est pas parvenu, et qu'ils s'occupaient de « botanique.» C'était la 
première fois que le jeune Torrey se trouvait en face d'un adepte de 
cette science, et il le contemplait curieusement, se doutant peu qu'il 
fût destiné lui-même à devenir un jour un des plus éminents parmi 
les botanistes. 

Le « fils Le Conte » devint plus tard le célèbre Major Le Conte, 
celui-là même qui contribua pour une si large part aux progrès de la 
botanique et des autres sciences. 



( 1 ) Abrégé d'une esquisse biographique due à la plume du D r George Thurber, 
par l'éditeur du « Bulletin ofthe Torrey Botanical Club, » 



— 106 — 

Jeune encore, le D r Torrey eut la bonne fortune d'être mis en 
rapport avec Araos Eaton, le grand vulgarisateur scientifique de 
l'époque, et ce fut grâce à ses leçons qu'il s'initia aux rudiments de la 
botanique. 

Nous ne connaissons rien ou presque rien de son existence, jusqu'à 
l'époque où nous le retrouvons étudiant en médecine à Boston. Il avait 
de remarquables dispositions naturelles pour la mécanique pratique, 
et songea sérieusement, à un moment donné, à embrasser cette 
carrière. Puis il opta pour la médecine, et suivit le cabinet de consul- 
tations du D r Wright Post, un célèbre médecin et chirurgien de 
l'époque. 

Pendant son « temps d'apprentissage , » suivant l'expression 
consacrée alors, aussi bien qu'après son entrée au collège de médecine 
et chirurgie, Torrey demeura l'un des auditeurs les plus assidus de 
l'illustre D r Hosack, qui enseignait la botanique au jardin botanique 
d'Elgin. 11 herborisait avec passion, et apportait souvent au D r Hosack 
le fruit de ses explorations scientifiques. 

Pendant la durée de ses études médicales, le D r Torrey doit avoir 
consacré pas mal de temps à la botanique, comme en fait foi son 
« Catalogue des plantes croissant spontanément aux environs de 
New- York sur un rayon de 30 milles (48 kilom.) d'étendue, » présenté 
au Lycée en 1817, l'année avant qu'il prît son dernier diplôme. 

C'est encore pendant la durée de ses études que se créa à New- 
York le Lycée d'Histoire naturelle, dont il fut un des fondateurs et 
aux travaux duquel il prit une part active, à ses débuts dans la 
carrière scientifique ; nombre de ses mémoires originaux les plus 
importants parurent dans les Annales de ce Cercle. N'oublions pas 
de rappeler, à propos de ce Lycée, qu'il permit à un jeune botaniste 
d'avenir, grâce au traitement alloué au conservateur des collections, 
de poursuivre à New-York ses études de botanique : ce jeune et zélé 
savant est devenu depuis lors le Prof. Asa-Gray. 

Une fois son diplôme de médecin obtenu, le D r Torrey s'établit à 
New-York, mais la séduction qu'exerçait sur lui l'étude des sciences 
naturelles — botanique, minéralogie, entomologie et chimie — l'em- 
pêcha de s'adonner sérieusement à l'exercice de sa profession. 

C'est vers cette époque que fut organisée l'expédition du Major 
Long, et l'on offrit au D r Torrey de l'y attacher en qualité de bota- 



— 107 — 

niste. Sans cloute il lut vivement tenté d'accepter cette occasion de 
mettre en relief son habileté scientifique, mais il avait contracté 
dans l'entre-temps des liens assez puissants pour le retenir au pays. 
Le D r Baldwin fut désigné à ces fonctions, et après sa mort, qui ne 
se fit guère attendre, car Baldwin au départ de l'expédition n'était 
qu'un pauvre invalide dont l'état ne laissait aucun espoir de guérison, 
les attributions de botaniste échurent au médecin du bord, le 
D r James. 

En 1820, le D r Torrey fit paraître, dans le journal de Silliman, une 
« Notice sur les plantes recueillies par le Cap. Douglas autour des 
Grands Lacs, à la source du Mississipi. » 

En 1823 fut publiée, dans les Annales du Lycée d'Histoire naturelle, 
sa « Description de quelques espèces nouvelles ou rares, récoltées sur 
les Montagnes Rocheuses par le D r Edwin P. James. » 

En 1824 parut sa « flore des régions septentrionales et centrales 
des Etats-Unis, ou classification systématique et description des plan- 
tes découvertes jusqu'alors dans le nord de la Virginie. » Ce fut cette 
même année qu'il épousa Miss Eliza Robinson Shaw, et fut nommé 
professeur de chimie à l'Académie militaire des Etats-Unis, à West- 
Point. La flore dont nous venons de faire mention, et dont les der- 
nières pages ont été écrites le jour même du mariage de l'auteur, est 
aujourd'hui extrêmement rare, une bonne partie de l'édition étant 
devenue la proie des flammes. Elle mentionne et décrit au-delà de 
500 espèces, appartenant toutes aux douze premières classes du sys- 
tème de Linné. L'ouvrage est remarquable par la perspicacité dont 
l'auteur y fait preuve en matière de diagnoses, ainsi que par la 
minutie et l'exactitude de ses descriptions. 

La même année 1824 nous trouvons, sous la signature du D r Torrey, 
une « Description des Graminées nouvelles des Montagnes Rocheuses, » 
publiée dans les Annales du Lycée, et une « Monographie des Carex du 
Nord de l'Amérique », écrite en collaboration avec Schweinitz. Ce 
dernier avait confié son manuscrit au D r Torrey, avec mission de 
l'éditer et d'en surveiller l'impression pendant le voyage qu'il allait 
entreprendre en Europe. Quand l'auteur, à son retour, constata la plus 
value acquise par sa monographie grâce aux additions et aux révisions 
de Torrey, il insista pour que l'ouvrage fût signé collectivement de 
leurs deux noms. 



— 108 — 

Prévoyant que le système de Linné était destiné à disparaître sous 
peu, supplanté par une méthode basée sur une connaissance plus 
approfondie de la structure des plantes et sur une vue plus large et 
plus exacte de leurs rapports de parenté, le D r Torrey ne continua pas 
la publication de sa Flore au delà du premier volume, et se contenta 
de faire paraître, en 1826, un Compendium comprenant la description 
succincte des plantes énuraérées dans le volume livré à l'impression et 
de celles qui devaient figurer dans le tome suivant. 

En 1826, le D r Torrey donna lecture, devant le Lycée, de « Quelques 
notes sur les plantes récoltées lors d'un voyage, aller et retour, aux 
Montagnes Rocheuses, pendant l'été 1820, par Edwin P. James, doc- 
teur en médecine, aide-chirurgien de l'armée des Etats-Unis. » Ce 
mémoire ne fut publié qu'en 1828. Avant son apparition, l'auteur 
quitta West Point, où il avait enseigné pendant trois ans, pour 
prendre possession de la chaire de chimie et de botanique du Collège 
de médecine et de chirurgie de New- York. Le mémoire sur les plan- 
tes récoltées aux Montagnes Rocheuses par le D r James emprunte un 
intérêt spécial à cette particularité, qu'il représente dans ce pays, le 
premier ouvrage botanique d'une certaine importance où les plantes 
soient classées et décrites dans l'ordre de la méthode naturelle. Peu au- 
paravant, l'abbé Corréa avait fait paraître une liste où les genres 
mentionnés dans le catalogue de Mlihlenberg figuraient dans l'ordre 
du système de Jussieu. 

En 1831 fut publiée en Amérique une nouvelle édition de V Intro- 
duction à la Botanique de Lindley. Le D r Torrey prépara un catalogue 
des genres nord-américains rangés conformément aux ordres établis 
par Lindley, lequel fut publié conjointement avec l'ouvage de l'auteur 
anglais et séparément, sous forme d'opuscule. 

Le D r Torrey affectionnait l'étude des familles obscures et difficiles; 
celles des Borraginées, Chénopodiacées, Amarantacées et Cypéracées 
exerçaient sur lui une attraction spéciale. Dès 1836 parut, dans les 
Annales du Lycée, sa « Monographie des Cypéracées, » qui comprend, 
indépendamment d'une étude exacte et détaillée des autres genres, la 
revision complète du genre Carex, et constitue une précieuse con- 
tribution à la littérature botanique de l'Amérique septentrionale, 
en ce sens que l'auteur y classe et y décrit les espèces récoltées par 
Drummond, Richardson, Burke et autres collecteurs anglais et 



— 109 — 

dont les spécimens lui avaient été confiés par Sir William Hooker. 

L'étude géologique de l'Etat de New-York fut organisée en 1836, et 
le D r Torrey y fut attaché en qualité de botaniste. Son rapport, qui 
parut en 1843, forme deux énormes volumes in-4°, comprenant la 
description détaillée de toutes les plantes connues sur le territoire 
exploré et illustrés de 161 planches. Quand on songe que cet important 
travail fut composé et publié au milieu des labeurs pénibles qu'impo- 
saient à l'auteur ses fonctions de professeur au Collège de médecine, 
auxquelles était venue s'adjoindre la chaire de chimie à Princeton, 
l'on ne peut s'empêcher d'admirer son ardeur au travail et son infati- 
gable activité. 

En 1838 parut le premier fascicule d'une « Flore du Nord de 
l'Amérique, par John Torrey et Asa Gray, » fruit d'une heureuse 
association continuée pendant plus de cinquante ans et à laquelle la 
botanique américaine est redevable d'immenses services. 

Ceux qui ne sont pas au courant des progrès rapides réalisés par les 
découvertes botaniques sont tentés de se demander pourquoi la Flore 
de Torrey et Gray est demeurée incomplète. La raison en est bien 
simple : à peine le premier volume de cette publication était-il ter- 
miné que l'introduction de nouveaux matériaux relatifs aux familles 
végétales réclamait l'adjonction d'un volumineux appendice; quelques 
années plus tard, les découvertes affluaient si importantes et si nom- 
breuses, qu'il devenait désormais impossible à l'œuvre des deux bota- 
nistes américains de marcher de front avec elles. C'est alors qu'ils 
prirent le parti le plus sage : au lieu de consacrer leur temps à l'achè- 
vement de la Flore et de laisser les nouveaux matériauv tomber entre 
les mains des botanistes d'Europe, ce qui devait infailliblement arriver, 
ils occupèrent leurs loisirs à les étudier et à les décrire. Aujourd'hui 
ces découvertes relatives'à la flore américaine sont pour la plupart 
enregistrées par des botanistes américains dans des publications 
nationales : pour atteindre ce résultat, il était désirable que la publica- 
tion de la Flore fut suspendue. C'est à cette œuvre de revendication 
des espèces nouvel ies que Torrey et Gray s'adonnèrent, travaillant 
parfois en collaboration, d'ordinaire séparément, mais toujours avec 
l'entente la plus amicale et la plus parfaite. Il en résulta une série de 
mémoires dont la valeur scientifique laisse bien loin derrière elle tout 
ce qui a paru en ce genre dans la littérature botanique moderne. Nous 



- 110 — 

citerons du D r Torrey, dans Tordre chronologique, les publications 
suivantes : 

1843 : Partie botanique du rapport de Nicollet ; 

1845 : Relation botanique de la première et de la seconde expédi- 
tions de Fréraont ; 

1848: Partie botanique de la reconnaissance militaire d'Emory; 

1850 : Mémoire sur le genre Bâtis ; mémoire sur les Darlingtonia 
et les plantes de Frémont, agréés par les « Smithsonian Contribu- 
tions » et publiés un an ou deux plus tard ; 

1852 : Partie botanique de la relation de Stansbury, sur ses 
explorations dans la région du grand Lac Salé ; 

1853 : Les plantes de l'expédition de Marcy au Fleuve rouge (Red 
River) ; 

1854 : Récolte botanique de l'exploration de Sitgreave au Zuni et 
au Colorado. 

Les rapports sur les espèces récoltées pendant les diverses études 
de la ligne du Pacifique parurent à intervalles de 1855 à 1860, dans 
un ordre différent de celui où ils furent écrits. 

Pour les mentionner dans l'ordre où nous les rencontrons éparpil- 
lés dans ces volumes, nous trouvons : dans le vol. II, la récolte 
botanique des expéditions de Pope, Beckwith et Gunnison, trois 
mémoires de peu d'étendue, où le nom du D r Gray est mentionné à 
titre de collaborateur ; 

Dans le vol. IV, « la récolte botanique de l'expédition de Whipple » 
la plus importante de ces explorations au point de vue botanique ; 

Dans le vol. V, « la partie botanique de la relation du lieutenant 
Williamson » ; 

Dans le vol. VIII, « la relation botanique de l'expédition du lieute- 
nant Parke. » 

Dans les autres volumes se trouvent des relations botaniques dues à 
Newbury, Durand et autres à chacun desquelles le D r Torrey apporta 
de nombreux matériaux, et dont il travailla plus d'une fois des ordres 
entiers de sa propre main. 

En 1861 fut publiée la relation de l'exploration du lieutenant Ives 
au Colorado, avec un appendice botanique, dû presque en entier à la 
plume du D r Torrey. 

Son mémoire sur la flore du territoire mexicain parut en 1859; c'est 



- 111 — 

la plus volumineuse et la plus importante de ces diverses contributions 
à la végétation du « far West». Par suite de circonstances multiples, 
l'exploration qui donna lieu à cette publication eut une durée de plus 
de cinq ans; ses recherches s étendirent sur un vaste territoire en 
grande partie inconnu au point de vue de sa flore. Parry, Wright, 
Bigelow, Schott et Thurber aidèrent de leurs nombreuses récoltes à 
l'élaboration de cet inestimable rapport, qui vient clôturer dignement 
la liste des publications scientifiques du D r Torrey. 

Aussitôt ce travail terminé, Torrey transféra au Collège de 
Columbia sa bibliothèque et son précieux herbier, avec lequel aucune 
autre collection ne peut rivaliser pour le grand nombre de spécimens 
typiques ayant servi de modèles aux descriptions originales. Une fois 
transporté à ses nouveaux quartiers, il fallut s'occuper de son 
réarrangement. Les exemplaires s'étaient accumulés trop rapidement 
pour qu'il fût possible de les classer au fur et à mesure ; puis il fallait 
incorporer à l'herbier général les spécimens recueillis lors des der- 
nières explorations. Pendant les années qui suivirent la publication 
de sa flore du territoire mexicain, le D r Torrey s'occupa presque 
exclusivement de l'arrangement de son herbier. Nul autre que lui ne 
pouvait mener à bonne fin cette manipulation scientifique, dont sa 
persévérance et son infatigable dévouement finirent par venir à bout. 

Pendant ces années d'nn travail fastidieux, mais nécessaire, Torrey 
ne cessa d'examiner, d'étudier ses plantes et d'en faire des esquisses 
qui pussent lui venir à point par la suite. Ce fut une des habitudes 
constantes du D r Torrey, de retracer par le dessin le résultat de ses 
observations; en feuilletant son herbier, nous y trouvons des cen- 
taines d'esquisses, minutieuses et détaillées, permettant de saisir d'un 
coup d'œil les traits qui l'avaient frappé dans l'étude de la plante, et 
bien qu'il n'ait publié aucun dessin de sa main, nous reconnaissons 
les traces de son travail à travers les illustrations dont sont ornés ses 
divers mémoires. 

La dernière œuvre importante du D r Torrey est sa « Révision des 
Eriogonées », qu'il produisit en collaboration avec le D r Gray et qui 
parut, en 1870, dans les Annales de l'Académie américaine. 

Pendant plusieurs années, il s'occupa activement à mettre en ordre 
et à décrire les plantes récoltées sur les côtes du Pacifique par les 
botanistes attachés à l'expédition de Wilkes. Le travail complètement 



— 112 - 

terminé ne fut pas publié, faute d'appropriation. Un des derniers actes 
de la vie de l'auteur fut d'en relire le manuscrit et d'en confier la 
révision définitive préalable à sa publication au D r Gray. 

Nous avons signalé précédemment déjà la passion de Torrey pour 
les sciences autres que la botanique; à un moment donné de sa carrière 
scientifique, il fut un fervent disciple des études entomologiques ; 
c'était une sorte de fièvre, comme il le dit lui-même quelque part. 

A une autre époque, il s'adonna avec ardeur aux travaux minéralo- 
giques, et y eut maintes fois comme collaborateur un autre botaniste, 
Nuttall. Les premiers volumes du journal de Silliman contiennentd'im- 
portants articles minéralogiques sortis de sa plume. La minéralogie 
se rattache si intimement à la chimie, que Torrey, porta pendant 
toute son existence, un vif intérêt aux progrès de cette science. 

Ceux qui regardent le D r Torrey comme un botaniste, et rien de 
plus ne seront pas peu surpris d'apprendre que sa vie tout entière 
fut consacrée à l'enseignement et à la pratique de la chimie, et que les 
œuvres qui lui ont assuré dans la science un nom immortel sont nées 
pendant ce qu'il considérait comme ses heures de distraction. 

Pendant les dernières années de sa vie, il occupa les fonctions de 
vérificateur au bureau d'essai des monnaies des Etats-Unis à New- 
York, et se trouva ainsi en relation avec le Département des finan- 
ces, ce qui fut pour lui l'origine d'un heureux événement. Bien qu'il 
eût consacré une bonne partie de son existence à décrire 
et à dénommer les plantes du Far West, il n'avait que peu voyagé; « il 
n'avait jamais vu une prairie, » comme il le dit lui-même un jour d'un 
ton plein d'amertume, et n'avait jamais escaladé de montagne plus 
élevée que Mont Marcy. Ce fut une gracieuseté de la part du secréta- 
riat des finances que de l'envoyer en 1865, chargé d'une mission con- 
fidentielle, en Californie. Il fit route par l'Isthme, put contempler et 
admirer la végétation luxuriante des Tropiques, et, à son arrivée à 
destination, reçut l'ordre de se livrer à certaines explorations étendues 
pour lesquelles un cutter du Gouvernement fut mis à sa disposition. 
Pendant son séjour en Californie, il put voir, dans leur station natu- 
relle, nombre de plantes qu'il avait décrites, et recueillir de riches 
spécimens pour son herbier. 

En 1872, il fit un autre voyage en Californie, en chemin de fer cette 
fois. A son retour, il s'arrêta au milieu des Montagnes Rocheuses qu'il 



— 113 — 

explorait, fit l'ascension du pic Torrey, baptisé plusieurs années aupa- 
ravant par son ancien élève, le D r Parry. L'on songe avec plaisir qu'il 
passa les dernières années de sa carrière de botaniste à herboriser au 
milieu de ces plantes alpestres qu'il avait, dans sa jeunesse, été le 
premier à faire connaître an monde scientifique. 

Malheureusement ni ce dernier voyage en Californie, ni une excur- 
sion en Floride entreprise l'hiver précédent, ne parvinrent à en- 
rayer les progrès de la maladie dont ceux qui ne le voyaient que de 
temps à autre constataient trop aisément les ravages matériels, sans 
que son intelligence parût s'affaiblir ou son humeur perdre de sa séné- 
rité. Enfin le 10 mars 1873, au déclin du jour, il s'endormit paisible- 
ment de l'éternel sommeil. D r H. F. 



NOTICE SUR LE QUZMANIA DE VA NSA Y A NA , Morr. 
par M. Edouard Morren 

Planche VIII-IX. 
FAMILLE DES BROMÉLIACÉES. 

G-uzmania, Ruiz etPAVON in Flora Peruviana III, 1802, p. 37 .... Bentham 
et Hooker, G-enera plantarum, III, 1883, p. 669. 

Ghizmaiiia Devansayana foliis erectis ?el parum arcuatis, rigidis, longis 
(usque ad ra 70), levibus, vagina ovata, latissima, fusca, lamina angustiori 
(0 m 025), canaliculata, lanceolata, acurninata, roseis, fuscis viridibusque lineis 
longitudinaliter ornata. Scapo breviore (0 m 30), erecto, bracteis lanceolatis 
vestito.Spica ovali (0 m 065 long., m 03 lato), bracteis ovato-acuminatis,coccineis, 
imbricatis. Floribus solitariis, tubulosis longioribus. Calyci gamophyllo, 
cartilagineo, tripartito, laciniis brevibus (0 m 013), ovatis, cuspidatis. Corolla 
gamopetala, duplo loogiore (0 m 03), tubuloso-clavata, lutea, lobis erectis, vix 
revolutis. Staminibus fauci adnatis, insertis; antheris liberis sagittatis. Pistillo 
aequilongo. Ovulis muticis. 

Description. — Plante de dimensions moyennes pour la famille (ici m 60 de 
haut et m 90 de diamètre), cespiteuse, à drageons rapprochés. 

Feuilles peu nombreuses (ici une vingtaine), en rosace lâche et infundibuli- 
forme, dressées, peu étalées et peu arquées, coriaces, raides, longues (jusqu'à 
m 70), inermes, à gaîue large (0 m 04-5), ovale s'atténuant bientôt dans la lame 
étroite (0 m 025), canaliculée, lancéolée, acuminée. Ces feuilles sont lisses; la base 
de la gaîne est brun marron foncé ; la lame, surtout à la partie inférieure est 
gracieusement ornée de bandes et de stries longitudinales rose-brun foncé qui 
se perdent à la partie supérieure. 



— 114 - 



Inflorescence terminale, droite et plus courte que le feuillage (ici un peu plus 
queO ra 30). Hampe assez longue (f>24), cylindrique, épaisse, à noeuds rappro- 
chés, entièrement couverte de bractées droites, lancéolées, imbriquées, 
acuminées,la plupart foliacées, les supérieures brillamment bariolées de rouge, 
de jaune et de vert. 

Épi strobiliforme, ovale (0 m Q65 long et ra 03 large). Bractées nombreuses 
(une trentaine), assez grandes (0 m 03) ; étroitement imbriquées, larges (0 m 02), 
ovales, acuminées, lisses, d'un beau rouge vermillon. 

Fleurs solitaires à l'aisselle de chaque bractée qu'elles dépassent un peu, 
baignées, à la partie inférieure, dans une gelée blanche et gommeuse, tubuleuses 
et assez longues (O035). 

Calice gamophylle à la base (sur une longueur de ra 004-5), à trois divisions 
cartilagineuses, courtes (O013), larges (0 m 008), ovales, cuspidées, de couleur 
jaune-fauve, légèrement nuancé de rouge. Corolle gamopétale, double du calice 
(0 n, 03). tubuîeuse, un peu renflée en massue, jaune, à lobes droits, un peu 
revolutés au sommet. Étamines adnées au tube delà corolle jusqu'à la gorge, 
insertes: anthères sagittées. Pistil de même longueur : stigmate à 3 branches 
droites. Ovules nombreux et mutiques. 

La plante a fleuri ponr la première fois en Europe au mois de sep- 
tembre 1882 chez MM. Jacob-Makoy, à Liège. Ce célèbre établisse- 
ment d'horticulture en avait reçu les graines récoltées à Molleturo, 
dans la province de Cuença, république de l'Equateur. 

Il est probable que la plante croît dans les bois, à l'ombre, sans 
doute en épiphyte sur les arbres. Les fleurs sont éphémères et noc- 
turnes pour autant que nous pouvons en juger par une seule floraison. 

La coalescence des pétales est très faible et l'adhérence des étamines 
à la corolle bien qu'étendue ordinairement sur toute la longueur du 
tube peut cependant faire défaut. Nous avons observé une fleur mon- 
strueuse à pétales libres et à étamines indépendantes. 

Les anthères sont toujours libres et insertes. On pourrait donc clas- 
ser la plante dans le genre Caraguata plutôt que parmi les Guzmania. 
Ces deux genres sont fort voisins. Nous avons constaté que, même 
chez le Guzmania tricolor, le caractère fondamental de la synanthé- 
rie est fictif. Cependant le genre Guzmania peut être maintenu. Nous 
le distinguons du genre Caraguata par le calice gamophylle,' la corolle 
tubuîeuse, les étamines adnées jusque près delà gorge de la corolle et 
aussi par le port, notamment l'inflorescence en épi ovale et la colora- 
tion des bractées. 

MM. Wiot et Closson, directeurs de l'établissement Jacob-Makoy, 



ont voulu faire hommage de cette jolie plante, qu'ils viennent d'intro- 
duire en Europe, à M. Alphonse de la Devansaye, président de la 
Société d'horticulture de Maine et Loire, à Angers. Nous consacront 
volontiers cette dédicace en témoignage du zèle et des mérites de ces 
homme aimable et distingué. M. de la Devansaye est grand amateur 
de botanique exotique; les Palmiers, les Aroïdées, et spécialement 
il étudie les Broméliacées. L'horticulture belge lui doit un légitime 
tribnt de reconnaissance. 

Le Guzmania Devansayana ressemble étroitement au Bonaparlea 
strobilantha de Ruiz et Pavon à tel point que nous sommes disposés à 
les considérer, sinon comme de la même espèce, au moins comme deux 
espèces fort voisines. Ce Bonapartea strobilantha croit à Chicoplaya, 
dans les Andes du Pérou. On sait que le genre Bonapartea est sans 
valeur scientifique. 

EXPLICATION DES FIGURES. 

Fi#. 1. La plante grandeur naturelle. 

— 2. Une bractée de l'épi. 

— 3. Une fleur. 

— 4. Le calice. 

— 5. La corolle. 

— 6. La même fendue et étalée. 

— 7. Une étamine. 

— 8. Une anthère. 

— 9. Le pistil. 

— 10. Le stigmate. 

— II. Coupe dans l'ovaire. 

— 12. Un ovule. 

— 13. Le port de la plante.- 



— 116 - 



NOTICE SUR LA RHUBARBE COMESTIBLE. 

PAR L. V. Nagy. 
Traduite du « Wiener illustrtrte Garten-Zeitung » fév. 1883, p. 69-73. 

Si nous revenons de nouveau sur la culture de cette plante si appré- 
ciée en Angleterre et représentée par des variétés de si haute valeur, 
c'est parce qu'en Allemagne et en Autriche son nom seul la fait bannir 
de la plupart des jardins, en dépit du goût agréable de ses pétioles 
foliaires, dont le suc emprunte aux acides citrique et malique qui le 
composent une saveur aigrelette et rafraîchissante capable de rivaliser 
avec celle des meilleurs fruits. Certaines variétés anglaises de qualité 
supérieuse présentent, même à l'état brut, un goût si savoureux qu'il 
me faut surveiller ma petite famille, de crainte qu'elle ne dévalise mon 
potager pour se procurer une jouissance défendue et ne compromette 
ainsi ma récolte. C'est du reste une chose connue de tout temps que 
cette propriété de la Rhubarbe : les Persans, depuis un temps immé- 
morial, utilisent les jeunes tiges et les pétioles foliaires du Rlieum 
Ribes L., qu'ils mangent cuits en guise de légumes ou de soupes ou 
crus, assaisonnés de sel et de poivre. 

Le Roi) Ribes est une sorte de gelée, employée depuis longtemps, 
pure ou mélangée d'eau, par les médecins arabes, comme remède 
tempérant dans les affections et états inflammatoires, absolument 
comme le suc de groseilles prescrit par nos praticiens; ce qu'il faut 
d'ailleurs demander aux pétioles foliaires de la Rhubarbe, c'est leur 
saveur agréable et rafraîchissante; il serait injuste de réclamer d'eux 
une action médicinale, au moins du genre de celle qui appartient en 
propre aux racines de la plante. 

Les pétioles foliaires de la Rhubarbe sont fréquemment offerts en 
vente sur les marchés anglais, plus rarement chez nous, où ils 
proviennent de jardins domaniaux. On les utilise pour la confection 
des tartes, sous forme de compote en y mêlant des groseilles ou 
d'autres fruits; enfin on en fait une gelée, en y ajoutant une suffisante 
quantité de sucre. Un autre usage de cette plante consiste à la cuire 
dans de l'eau salée pour la manger ensuite froide avec de l'huile et du 



— 117 — 

vinaigre; un autre encore, à l'ajouter en guise d'assaisonnement à 
toute espèce de bouillon ou à la cuire dans de la soupe, comme on le 
fait pour les petits choux frisés, et à la servir ensuite avec du beurre 
et des croussettes comme garniture d'un rôti ; enfin certaines personnes 
la mangent préparée à la façon du chou rouge ou de répinard. La 
Rhubarbe peut donner des rejets en pleine terre, même pendant la 
mauvaise saison; elle n'en est que plus tendre, plus savoureuse et plus 
agréable au goût. 

Pour en faire une tarte ou une compote, on détache au couteau les 
pétioles foliaires, quand ils ont atteint 2 à 2 */« cent, d'épaisseur, 
c'est-à-dire la moitié de leurs dimensions définitives (en vieillissant 
ils deviendraient durs comme du bois et secs comme de la paille); on 
en sépare le limbe, puis on les découpe en fragments de 3 cent, de 
long que l'on pèle pour les débarrasser de leur épiderme; après quoi 
il ne reste plus qu'à les faire cuire dans une casserole et les laisser 
égoutter sur une passoire. Pour chaque kilogramme de matière pre- 
mière employée, on ajoute '/a kilogr. de sucre, 30 gram. de Cannelle, 
3 morceaux de pelure de citron finement hachée, enfin une tasse à thé 
d'eau bouillante : le tout est soumis aune coction ménagée jusqu'à 
consistance voulue, puis utilisé de suite ou conservé pour le besoin. 

Rien de facile comme de s'approvisionner de ce produit eu hiver; il 
acquiert même, quand sa culture se fait dans une obscurité relative, 
une consistance particulièrement tendre et succulente et une saveur 
exquise. On prend pour cela de fortes souches, arrivées à leur 
complet développement : on les enveloppe de terre sableuse, ou 
même de feuilles et de mousse; puis on les dispose côte à côte sous les 
couches d'une serre froide ou sur un lit de fumier tiède, et Ton ne 
tarde pas à en obtenir, en plein hiver, de quoi confectionner une 
profusion de tartes. Il est tout aussi facile au printemps de faire 
pousser de la Rhubarbe en pleine terre, en la recouvrant tout bonne- 
ment de caisses, de paille, de foin, de fumier, etc. Pour cela on 
retourne un grand pot sur le cœur de la plante, on amasse autour et 
au dessus du fumier de cheval tout encore chaud, que l'on maintient en 
place en le recouvrant d'une vieille caisse, puis on entasse par dessus 
de la paille, du foin, des branchages, de la sciure de sapin ou autres 
matériaux du même genre. Si la température n'est pas trop rigoureuse, 
il suffit de renouveler l'enveloppe protectrice tous les 15 jours — plus 



— 118 - 

fréquemment quand le froid est intense et persistant. Les plantes 
ainsi traitées ne tardent pas à pousser; au bout de 8 jours déjà, on 
peut les examiner, enlever les pousses dès qu'elles ont atteint les 
dimensions d'une tète d'enfant et les utiliser. Lorsqu'on opère sur des 
plantes d'un certain âge, il est ordinairement possible d'en obtenir de 
quoi faire des compotes pendant deux années successives, et d'en 
retenir une dernière récolte au commencement de la troisième année : 
c'est-à-dire d'en tenir un excellent parti. Après cette abondante 
production, la plante est complètement épuisée : ce qui n'empêche 
pas que l'on peut encore vendre ses racines. 

Pour ce qui regarde la culture de la rhubarbe, disons qu'elle réclame 
un sol bien drainé, bien fumé, plutôt sableux qu'argileux, permettant 
aux racines de pénétrer jusqu'à 65 à 70 cent, de profondeur : c'est 
dans de telles conditions que l'on obtient des produits remarquables, 
comme saveur et comme dimensions. La multiplication se fait par 
semis ou par rejets. 

Les graines sont semées en pleine terre dès leur maturité, ou en 
mars, en couche de fumier chaude; quand les semis sont venus à des 
dimensions suffisantes, on les plante déflnivement à un mètre de 
distance. Ils ne produisent de fleurs que la seconde ou la troisième 
année, et beaucoup de cultivateurs recommandent, dans l'intérêt de la 
récolte, de pincer les panicules florales. Les plantes ne réclament 
d'autre soin que d'être maintenues propres et arrosées modérément, 
en cas de sécheresse persistante. Dans les régions où régnent des 
froids rigoureux, il est utile, à défaut d'une toiture contre la neige, 
de les recouvrir de branchages, de feuilles mortes, de fumier mélangé 
de litière ou de toute autre couche protectrice. 

La Rhubarbe se multiplie aussi par rejets. Pour cela, vers la 
mi-avril, l'on débarrasse de la terre qui les enveloppe les vieilles 
plantes dont on désire, à cause de leurs qualités, multiplier l'espèce; 
puis on enlève au couteau les pousses latérales, sans trop s'effrayer 
d'un léger dommage que l'on pourrait causer à la souche-mère, car 
ces sortes de blessures se cicatrisent aisément. 

Il ne reste plus qu'à planter les rejets ainsi obtenus à un mètre de 
distance, sur une bonne terre végétale profondément drainée : leur 
traitement ultérieur ne diffère en rien de celui des semis. La Rhu- 
barbe se cultive bien comme plantation intermédiaire dans un jardin 



- 119 — 

fruitier d'installation récente; elle produit souvent dans ces condi- 
tions d'excellentes récoltes. 

Reste à examiner, comme conclusion, à quelles sortes il conviendra 
de donner la préférence. Nous laisserons de côté les 20 ou 30 espèces 
botaniques venues à notre connaissance pour la plupart dans ces 
derniers temps, et nous bornerons aux hybrides cultivés particulière- 
ment en Angleterre et répandus de là dans le monde du jardinage. 
L'on y admet, comme principe fondamental, que les formes à toutes 
grandes feuilles et à tiges épaisse doivent être préférées pour la cul- 
ture en grand et la vente au marché, tandis que l'on s'adresse plus 
volontiers aux variétés plus délicates, à tiges complètement rouges, à 
rejets hâtifs pour les jardins privés, pour les gourmets ou pour la 
reproduction. Les variétés les plus appréciées sont: MyalV s Linnaeus , 
M il cher s Royal Albert, MyatVs Victoria, Dancefs Early scarlet et 
Johnstone's St Martin : cette dernière remarquable par sa précocité 
et 1 intensité de sa coloration. 

Le Reading Ruby de Sutton est une nouveauté sans rivale, intro- 
duite dans la culture en 1881. Ses tiges sont d'un rouge cramoisi 
brillant, coloration qui du reste ne se limite pas à la surface des tis- 
sus, mais pénètre à travers leur profondeur : elles donnent par coction 
un suc d'un rouge-cerise intense et de saveur exquise. C'est une 
variété plus précoce qu'aucune autre ; elle produit en Angleterre ses 
premières pousses dès le commencement de février, moyennant un 
léger abri de branchage ou de paille sèche. Les racines sont rensei- 
gnées dans les catalogues de Sutton et fils à Reading, au prix de 
3 '/s shillings (4 frs. 40) pièce. 

Au point de vue historique, la Rhubarbe se présente à nous comme 
une plante connue de toute antiquité, au moins pour ce qui regarde 
l'usage médicinal de sa racine : car Dioscoride mentionne la racine de 
Rkaponii, qui fait partie, sous le nom de Rîia de la matière médi- 
cale des arabes. C'est Adolphe Occo qui la fit connaître en Europe 
en 1570; le botaniste Pallas, sur l'ordre de l'impératrice Cathe- 
rine II, introduisit en Sibérie les premiers pieds de la plante mère, le 
Rheum païmatum L., à feuilles fortement découpées. Dans ces derniers 
temps, c'est à une forme du Thibet, le Rheum palmatum tanguticum 
que l'on a donné la préférence, comme espèce décorative ; elle se plante 
isolément sur les pelouses ; ses gigantesques feuilles palmées, aux 



— 120 — 

découpures profondes, y produisent le plus charmant effet. Le Rheum 
leucorhizum Pall. est une espèce voisine, qui fournit la « Rhubarbe 
impériale, » blanche comme neige, extrêmement rare et récoltée 
exclusivement pour la cour de S' Pétersbourg. Le Rheum officinale 
Bâillon produit la Rhubarbe de Chine : c'est un végétal de dimen- 
sions vraiment gigantesques, remarquable surtout par ses grandes 
et belles feuilles, semblables à celles du Gunnera scabra. Bien plus 
vastes encore sont celles du Rheum Collinianum Bâillon. 

Le Rheum australe Don. {Rheum Emodi Wall.), porte des feuilles 
toutes spéciales, cordiformes-orbiculaires : c'est lui qui, d'après le 
J) r Wallich, fournit la vraie Rhubarbe de l'Himalaya. Il s'adapte 
admirablement à la décoration des pelouses, des rocailles, des entrées 
de parcs, et produit, plus tard qu'aucune autre espèce, de grandes 
feuilles d'un rouge de cuivre passant peu à peu au vert. Vient enfin le 
Rheum Rides L., l'une des espèces les plus appréciées en Orient pour 
l'usage culinaire, qui fournit en outre la Rhubarbe de Perse ; ses 
feuilles arrondies, fortement obtuses, atteignent jusqu'à un mètre de 
diamètre; ses panicules florales sont blanchâtres et rouge de sang; ses 
semences entièrement charnues. Cette espèce est introduite depuis 
peu dans la culture horticole, où elle s'emploie, assez rarement d'ail- 
leurs, comme plante solitaire. Son faciès absolument spécial la rend 
recommandable au point de vue décoratif. 

D r H. F. 



I 



NOTE SUR LE SCHLUMBERGERA LINDENI, morn. 

par M. Édouard Morren. 

Planche X-XI-XII. 

FAMILLE DES BROMÉLIACÉES. - TRIBU DES CARAGUATÉES. 

Schlumbergera. Morn. la Belgique hort., 1818, p. 31 ; 1879, p. 225 et 360. 
pl. XIX; 1883, p. 46, pl. IV-V-VI. 

S. Lindeni : Folia fasciculata,elongata (0 ra 70), lata (0 m 07-8), erecta, arcuata, 
summolanceolato acuminato recurvata, pallide viridia, lineis tenuibus sinuosis, 
irregularibus, interruptis, superne atroviridibus, inferne rubro fuscis in fascias 
transversas conjunctis notata. Panicula procera (2 n, -3" , 35), angustissima. Scapus 
erectus, longus (l m ), solidus, spathis imbricatis, lanceolatis, brevibus (0 ,u 10) 
viridibus, graphide hieroglyphica ornatis,vestitus.Rachis viridis, striata, nodis 
propinquis (0 m 04). Spathae brèves (005-6), lanceolatse, erectae, acuminatse, 
loeves, virides, hieroglyphicse. Rami breviores, erecti, nudi, singulas vel 
plures spicas strobiliformes, glomeratas, polystichas, ovo'ïdeas, brèves (0 m 06) 
t'erentes. Bracteae ovatae, imbricatae, virides. Flores sessiles. Sepala libéra ellip- 
tica bractearum longitudinem aequantia. Corolla gamopetala, hypocrateri- 
formis, lobis explicatis lanceolatis albescentibus.Staminatubo adnata,exserta, 
divaricata. Stylus longior. Capsulara non vidimus. 

Massangea Lindeni, Éd. André in Illustration horticole, avril 1878, 
p. 55, pl. 309. 

A Peruvia septentrionali orta inde viva in Europam transvecta per v. cl. 
Lindenum. 

Planche X-XI-XII. — Fig. 1. La plante au cinquième de la grandeur 
naturelle. 

Fig. 2. L'extrémité de l'inflorescence, grandeur naturelle. 

— 3. Une fleur (agrandie). 

— 4. Bractée. 

— 5. Sépales. 

— 6. Le pistil (stigmate mal dessiné par le graveur). 

Le genre Schlumbergera qui s'est présenté pour le première fois 
en 1878 sous les dehors modestes du Schlumbergera Roezli, a pris 
rapidement le plus brillant essor. 

Il convient, en effet, de lui attribuer une fort belle plante qui a été 
introduite du Pérou septentrional par M. J. Linden. 

Elle a été exposée en avril 1878, à Gand, sous le nom de Massangea 
Lindeni. 

10 



— 122 — 

Le feuillage de cette plante présente une singulière ressem- 
blance, par son admirable bigarrure, avec celui du Massangea 
musaïca. La plante est plus élancée, d'allure plus élégante; les feuilles 
sont de nuance plus claire que celle du Schlumlergera Morreniana; 
elles ont même certains reflets qui font songer à l'ivoire. 

La plante de M. Linden a fleuri dans son établissement de Gand en 
1880. L'inflorescence s'est développée très lentement et s'est élevée 
à 2 m 30 de hauteur. Nous avons pu l'observer et en analyser les fleurs 
auxquelles nous avons reconnu les caractères des Schlumlergera : 
calice trifide, corolle gamopétale à tube allongé et à limbe à trois 
lobes étalés, étamines adnées au tube et exsertes. L'inflorescence et 
le port de la plante révèlent d'ailleurs ces affinités. De plus, toutes les 
espèces actuellement connues de Schlumbergera ont la même patrie, 
le Pérou septentrional. Dans le genre Massangea le calice est tubu- 
leux et corné, la corolle tubuleuse est plus courte que le calice, avec 
les étamines insertes. 

Le Schlumbergera Lindeni est très-rare en Europe; peu de collec- 
tions possèdent cette plante dont le feuillage est d'un grand effet 
ornemental. Il a fleuri en 1883 dans les serres du domaine de Gouville, 
chez M. de Germiny et, là, l'inflorescence s'est élevée à 3 ra 70 de hauteur 
en développant 29 ramifications de six à dix centimètres chacune; les 
premières se divisent même en deux ou trois épis. Grâce à la bienveil- 
lance et à la sagacité de M. F. Schlumberger, nous avons pu comparer 
l'inflorescence de la collection Germiny avec celle de M. Linden 
dont nous avions fait faire la peinture et nous avons pu constater 
l'identité spécifique des deux plantes. Enfin une troisième floraison 
nous a encore été signalée en 1883, par M. le notaire Moens, dans 
les serres de sa résidence, à Lede près d'Alost, où il a réuni une 
intéressante collection. Chez M. Moens, la tige florale n'a mesuré que 
deux mètres et s'est peu ramifiée. 

Nous devons à la vérité d'ajouter que dans les trois circonstances 
que nous venons de relater, chez MM. Linden, de Germiny et Moens, 
malgré la compétence de ces amateurs émérites et malgré l'habileté 
de leurs jardiniers, la floraison des Schlumlergera Lindeni semble 
avoir laissé quelque peu à désirer, comme si certaines exigences de 
la plante n'étaient pas satisfaites : les corolles se sont mal épanouies 
et se sont fanées sans avoir graine. 



— 123 — 



Description. — Feuilles nombreuses (20-30) en rosace lâche de ra 70 environ 
de hauteur et près de 1 m. de diamètre, longues (environ (WO), larges (0 ro 07-08), 
dressées, arquées, recourbées à l'extrémité qui est lancéolée et acuminée, d'un 
vert pâle, ayant quelque peu l'apparence de l'ivoire, marquées de fines stries 
transversales, sinueuses, irrégulières comme de l'écriture, interrompues, vert 
foncé à la face supérieure, brunes à la face inférieure et passant au noir avec 
l'âge et, enfin, disposées en bandes tranversalea assez larges (0 ra 02-3). 

Inflorescence élancée [2 m. à 3 m 35 de hauteur) et dressée. Hampe droite, 
longue (l m ), épaisse (0 m 02), ferme, vêtue de spathes disposées en spirale, imbri- 
quées, lancéolées, dressées, courtes (0 m 10 en moyenne au moins), vertes et 
couvertes d'hiéroglyphes comme les feuilles radicales. 

Panicule longue (ici l ra 20), étroite, à branches courtes, simples ou les infé- 
rieures ramifiées. Rachis lisse, vert, strié, à nœuds rapprochés (0 m 04 en 
moyenne) portant chacun une spathe courte (O^OS-Ô), lancéolée, dressée, acumi- 
née, lisse, verte et hiéroglyphique. Dans les aisselles, un rameau court(0 m 02-3 ou 
moins) dressé, lisse et nu, portant le plus souvent un seul épi strobiliforme ou 
parfois (à la base de la panicule) plusieurs épis (2-3-4) agglomérés. Épis ovoïdes, 
courts (O^OG ou moins), polystiques, larges (OK) 15), dressés. Bractées imbriquées 
ovales, vertes et de la longueur du calice. Fleurs sessiles. Sépales libres, ellip- 
tiques, un peu inéquilatères. Corolle en hypocratère, à trois lobes étalés, lan- 
céolés, blanchâtres. Étamines adnées au tube corollin, exsertes, divariquées. 
Style plus long. Capsule 

Culture. La plante exige la serre chaude : elle aime l'humidité, au moins 
pendant le développement du feuillage et elle semble prospérer quand on la 
tient à l'ombre. 



NOTES SUR LES DÉCOUVERTES BOTANIQUES 
LES PLUS REMARQUABLES FAITES EN AMÉRIQUE, 

par Benedict Roezl, de Prague. 
(Traduit du Deutsche Gartner -Zeitung, 1881, p. 118 et suiv.) 

Avant de présenter au lecteur, dans les quelques pages qui com- 
posent cette notice, l'historique de mes découvertes botaniques dans 
le Nouveau-Monde, je tiens à faire observer que je n'ai pas cru devoir 
m'astreindre à un classement strictement chronologique, c'est-à-dire 
à ranger mes trouvailles dans l'ordre de leur découverte et de leur 
introduction en Europe, préférant me borner, parmi mes nombreuses 



— 124 — 

importations, à celles qui me paraissent dignes d'une mention 
spéciale. Parmi les plantes dont traitera cette notice, maint jardinier 
retrouvera de vieilles connaissances, de vieux camarades, et apprendra 
avec plaisir et intérêt dans quelles circonstances, en quel lieu et de quel 
hasard souvent merveilleux sont nées ces découvertes. La mission 
d'un collecteur de plantes sous les tropiques est une tâche extrême- 
ment pénible, trop souvent ingrate, et celui-là se tromperait fort qui 
s'imaginerait n'avoir qu'à étendre la main pour la retirer pleine de 
nouveautés. Semblable au chercheur d'or de la Californie, qui souvent 
s'épuise en vains efforts pour arracher au sol aride et désert des placers 
les trésors cachés dans son sein, le chercheur de plantes est réduit 
maintes fois à errer des semaines entières à travers la forêt vierge, 
tourmenté par la faim et la soif, avant de rencontrer une plante de 
réelle valeur; et si le cultivateur d'Europe réfléchissait un instant 
aux fatigues, aux périls, au prix desquels les sujets importés sont 
arrachés à leur pays natal, il soignerait avec plus de dévouement, plus 
d'amour les tendres nourrissons confiés à sa vigilance, et nous 
n'aurions pas la douleur de voir de remarquables introductions périr 
entre ses mains parfois malheureuses. 

Lorsqu'on entreprend, en qualité de botaniste-collecteur, l'explora- 
tion des contrées tropicales si belles, si majestueuses, si riches en 
trésors cachés, il faut avoir devant les yeux un but bien défini, faire 
choix tout d'abord d'une région à explorer, dans le but d'y récolter, 
pour les envoyer en Europe, certaine catégorie de plantes en rapport 
avec les exigences de la mode. 

Le lecteur attentif remarquera sans difficulté que toutes différentes 
sont les plantes introduites par moi il y a quelque trente ans, de celles 
que j'ai expédiées récemment en Angleterre comme fruits de mes 
derniers voyages et dont les représentants sont aujourd'hui encore 
avidement recherchés dans les régions tropicales. De nos jours, 
l'attention du botaniste-explorateur se porte surtout sur la découverte 
et l'introduction de ces précieuses Orchidées qui prêtent à la végétation 
des tropiques d'inimitables attraits, et dont les lois évolutives et les 
particularités physiologiques sont pleines d'intérêt et de nouveauté 
pour le savant ; aussi le goût dominant de l'époque patronne-t-il ces 
superbes fleurs comme le plus bel ornement de nos bouquets modernes. 
En culture commerciale, c'est, parmi les introductions récentes, aux 



— 125 — 

Orchidées que s'attribuent les prix les plus élevés, et cette raison, 
à elle seule, est suffisante pour expliquer la prédilection du botaniste- 
collecteur à l'égard de cette famille; car, à ses yeux, les découvertes 
les plus précieuses seront toujours celles pour lesquelles il est certain 
de trouver, en Europe, des acheteurs empressés et prêts à bien payer. 
Le collecteur de plantes doit être avant tout commerçant, bien plus 
qu'on ne se l'imagine d'ordinaire; car les voyages coûtent cher, bien 
cher sous les tropiques et sa mission, à lui comme aux autres, est de 
chercher à gagner beaucoup, beaucoup d'argent! 

Je ne m'astreindrai pas d'avantage à un classement scientifique des 
produits de mes récoltes, et me bornerai à les renseigner dans l'ordre 
approximatif de leur découverte, sans du reste m'en tenir, comme je 
l'ai dit plus haut, à un arrangement absolument chronologique. 

Magnolia mexicana Roezl. Ce fut mon premier essai d'importa- 
tion. C'est en juin 1854, dans une forêt vierge tropicale voisine de la 
ville de Cordova, « au site enchanteur » , dans la province mexi- 
caine de Vera-Cruz, que je rencontrai cet arbre magnifique dont la 
cime s'élève de 15 à 18 m. de hauteur. Les feuilles toujours vertes 
de ce Magnolia atteignent, à l'état de complet développement, une 
longueur de plus de 30 centim., et ses grandes fleurs, d'un blanc- 
jaunâtre, exhalent le plus suave parfum. 

Rhopaia mexicana. — Bien que le genre Rhopaia, de la famille 
des Protéacées, ne soit que parcimonieusement représenté au Mexique 
— la plupart des espèces, y compris le fameux Rhopaia corcovadensis , 
sont originaires du Brésil, — j'eus l'heureuse chance d'en rencontrer, 
en juin de la même année et aux environs de Cordova, un spécimen 
très-analogue à son congénère brésilien ; je le baptisai du nom de 
Rhopaia mexicana et en envoyai quelque cent pieds à l'établissement 
de M r Van Houtte, à Gand. 

Bouvardia Humboldti. Un mois plus tard — juillet 1854, — me 
promenant sur le marché aux fleurs de la capitale du Mexique, j'y 
aperçus, exposée en vente, en grande quantité et à très-bas prix, une 
plante qui excita au plus haut point mon intérêt et ma curiosité, 
grâce à ses jolies fleurs blanches et parfumées, semblables à celles 
du Jasmin, disposées en une grappe simple et longues de 8 à 10 centim. 



- 126 — 

Je tâchai, en interrogeant les Indiens auxquels appartenaient ces 
gentilles fleurs, de me renseigner sur la station des plantes auxquelles 
ils les avaient empruntées. Malheureusement il n'était pas aisé de 
nous entendre, avec le peu d'espagnol que je connaissais à cette 
époque et que les Indiens comprenaient et parlaient plus mal encore. 
Les Mexicains nommaient cette fleur « Flor de San Juan » (fleur de 
S 1 Jean), et c'est avec toute la peine du monde que je parvins à savoir 
qu'elle se rencontrait en abondance aux environs de San Christobal, 
à deux jours de marche de Mexico. J'étais extrêmement curieux de 
faire avec la plante plus intime connaissance, d'autant plus que j'avais 
vu auparavant en Europe un Bouvardia — c'était incontestablement à 
ce genre qu'appartenait la fleur vendue à si bon compte par les Indiens 
— étiqueté Bouvardia longijlora, mais originaire de Guatemala, à 
fleurs longues de 4 centira., groupées en ombelle et non odorantes. 

Je me trouvais donc en présence d'une intéressante nouveauté, dont 
l'acquisition valait bien un voyage d'une couple de jours. Mon parti 
fut bientôt pris, et me voilà en route, de pied, lesté d'une pacotille de 
fleurs achetées à mes Indiens, et les exhibant à chaque indigène que 
le hasard jetait sur mon chemin, avec prière de me renseigner sur 
leur lieu de provenance; mais hélas! j'interrogeais en vain. Depuis 
deux jours déjà j'étais à la recherche de ces fleurs introuvables; le 
troisième touchait à sa fin, et si je ne semblais pas sur le point 
d'atteindre mon but, en revanche je ne m'étais heurté contre aucune 
mésaventure, et ce n'est pas peu dire, dans un pays aussi accidenté 
que le territoire mexicain. Mais j'étais destiné à vérifier par moi 
même le bien-fondé de ce vieil adage, « qu'il ne faut jamais se vanter 
d'un beau jour avant qu'il soit passé. » 

Pendant que je cheminais lentement, en furetant de tous côtés 
après les plantes désirées, j'aperçus tout à coup trois cavaliers galo- 
pant directement sur moi, et armés tous trois jusqu'aux dents. Arrivés 
près de moi, ils arrêtent leurs chevaux ; puis l'un d'eux descend 
de sa monture et sans plus de façons me dépouille de ma montre d'or 
et d'une douzaine de pesos (dollars). Il m'enlève jusqu'à une serpette, 
qui se trouvait en ma possession et dont la prise semble lui procurer 
un plaisir infini, puis daigne m 'interroger sur le but et l'objet de mon 
voyage : je montre aux cavaliers mes fleurs, en leur disant que je suis 
à la recherche de la « Flor de San Juan ». Pendant ces pourparlers 



— 127 — 

arrivent deux autres cavaliers, qui m'adressent la même question et 
auxquels je fais, tout naturellement, la même réponse. « Es un laco », 
— c'est un fou — , dit l'un d'eux à ses compagnons, et ces mots déci- 
dèrent de mon sort; car les Mexicains, superstitieux à l'excès, mani- 
festent un certain respect à l'égard des fous — c'est sous ce nom qu'ils 
désignent les gens occupés de choses auxquelles, dans leur indifférence 
bien connue, ils ne peuvent attacher aucun intérêt, — et pour qu'un 
homme se mît à la recherche de fleurs et entreprît, afin de les trouver, 
un voyage de plusieurs jours, il fallait, aux yeux de ces bonnes gens, 
qu'il eût la cervelle plus au moins fêlée. L'idée, du reste, ne me frois- 
sait en rien, et me donnait l'assurance de ne pas être molesté davan- 
tage par les cavaliers. Ceux-ci me rendirent même ma montre et mon 
or ; quant à la serpette, ils la gardèrent tout bonnement, et me lais- 
sèrent aller, en me donnant pour conseil de ne pas errer plus longtemps 
dans ces régions, parce que j'y étais exposé à tomber entre les mains 
des « Guerreros » — c'est sous ce nom que l'on désigne les troupes 
insurgées — et que semblable rencontre me coûterait mon avoir en 
tous cas et ma vie peut-être. 

Le Mexique se trouvait, à l'époque dont je parle, engagé dans 
une de ces révolutions qui ont si souvent ravagé ce malheureux pays 
et mis obstacle à son développement et à sa prospérité. Le tout 
puissant président St. -Anna se trouvait à la tête de la République 
mexicaine, et c'était pour le renverser que les insurgés avaient pris 
les armes. 

Voilà donc les cavaliers partis, me laissant seul avec mon 
ardente aspiration vers les plantes désirées. Sans doute, et je ne 
l'ignorais pas, leur conseil avait du bon; mais le but de mes efforts ne 
pouvait plus être bien éloigné, et c'eût été vraiment dommage, après 
tant de fatigues et de traverses, de prendre, les mains vides, le chemin 
du retour. Je persévérai donc dans mon dessein. Devant moi s'élevait 
une montagne, je l'eus bientôt atteinte. La nuit m'y surprit et 
m'obligea à faire halte. Le lendemain matin, je portai mes pas vers le 
flanc sud de la hauteur... je touchais le but de mes efforts. Partout, 
sur les pentes abruptes, des milliers do Bouvardia — c'était décidé- 
ment bien une plante de ce genre à laquelle j'avais affaire — couvraient 
le sol de leurs splendides fleurs blanches, épanouies et parfumées; 
c'était comme un tapis d'une incomparable beauté qui se déroulait sous 



- 128 — 

mes yeux, interrompu de distance en distance par un peu de feuillage 
vert. Ça et là surgissaient du sein de cette mer de fleurs aux flots 
odorants, un gigantesque spécimen de Yucca canaliculata, haut de ô 
à 8 m. et presque aussi large, un Dasylirion serratifolium, l'une ou 
l'autre espèce d'Opuntia ou de Mamillaires : ces derniers réunis par 
groupes et formant, avec les Bouvardia fleuris, le plus gracieux con- 
traste. Je les tenais donc enfin, ces charmantes filles de Flore que 
j'avais si péniblement cherchées; mais il ne pouvait être question de 
procéder immédiatement à leur récolte pour en faire un envoi en 
Europe. C'eût été une entreprise sans issue ; et puis je n'étais pas équipé 
en conséquence. Ce qu'il y avait de plus rationnel, c'était d'attendre 
la période de repos des plantes : seulement il ne s'agissait pas d'oublier 
leur station, Je baptisai la plante, en l'honneur du grand Humboldt, 
du nom de Bouvardia Humioldti, puis je revins à Mexico, y 
attendis les premiers jours de décembre, qui devaient, dans mes prévi- 
sions, coïncider avec le moment propice à la récolte, et repris alors 
le chemin du versant sud de la montagne. C'était le moment en effet, 
et j'en eus la preuve dans les nombreuses graines mûres dont les 
plantes étaient couvertes. Bientôt, avec l'aide des Indiens qui 
m'accompagnaient, quelques centaines de pieds furent déterrés et de 
grandes quantités de semences recueillies ; puis le tout fut soigneu- 
sement nettoyé, bien emballé et expédié à diverses firmes d'Europe. 
Aujourd'hui ces Bouvardia figurent dans tous les catalogues impor- 
tants. 

Zinnia Haageana. Vers la fin d'octobre 1855, j'entrepris un 
voyage circulaire au Sud de la Capitale de Mexique, dans le but 
de découvrir de nouvelles Orchidées et de récolter des semences de 
Pins. J'étais sur pied depuis le matin, sans trêve ni répit; je n'avais 
presque rien mangé : aussi éprouvais-je une faim dévorante et la soif 
ne me tourmentait guère moins. Devant moi, pas trop loin, se 
déployait une majestueuse forêt de Chênes au feuillage toujours vert 
et de Conifères à la cîme élancée. Je la parcourus rapidement des 
yeux, et remarquai, non sans une vive satisfaction, qu'entre les 
Chênes et les Pins surgissait fièrement un vaste édifice. La faim qui 
déchirait mes entrailles et la fatigue qui paralysait mes membres me 
poussèrent à me diriger en ligne droite vers cette bâtisse : en chemin, 



— 129 — 

je fis rencontre d'un Indien quise rendait au marché de la capitale avec 
tout un stock de « Flor de todos Santos » (fleurs de tous les Saints), 
nom sous lequel on désigne au Mexique une superbe Orchidée, le Laelia 
antumnalis. Montrant à ce fleuriste indigène l'édifice de la forêt, je lui 
demandai son nom et sa destination; l'Indien, avare de paroles, ne 
me répondit que par le seul mot « Desierto », qui signifie en bon 
français « désert ou solitude » et dont l'accent est loin de résonner 
comme une musique agréable aux oreilles du voyageur épuisé et 
affamé. Y réfléchir plus longtemps n'améliorait guère la situation ; 
aussi pris-je courage et, appelant à mon aide ce qui me restait de 
force, je me dirigeai vers la construction qui ne semblait mériter 
que tout juste le nom dont l'indigène l'avait baptisée. J'en étais 
bien distant d'une demi lieue, et pendant le trajet, en dépit d'une 
fatigue toujours croissante, je ne manquai pas d'examiner attentive- 
ment la luxuriance de végétation qui m'entourait. Je ne tardai pas à 
remarquer, de plus en plus abondantes, des fleurs desséchées de 
couleur orange, portées sur de longues tiges couchées. J'examinai la 
plante de plus près, disséquai les fleurs et ne fus pas long à trouver 
que j'avais affaire à une composée du genre Zinnia. Ce devait être, 
à coup sûr, une de ces fleurs estivales si à la mode à cette époque et 
cultivées à la perfection à Erfurt notamment, où F. A. Haage s'était 
fait une réputation universelle sous ce rapport. C'est en son honneur 
que je donnai à ma plante le nom de Zinnia Haageana et procédai 
au baptême sur le lieu et sur l'heure 

Tout heureux et tout fier que je fusse de ma trouvaille, la fatigue et 
i'épuisement n'en reprenaient pas moins le dessus. C'était une de ces 
journées éreintantes, telles que le botaniste-collecteur doit en affronter 
trop fréquemment au Mexique. Sur la tête les rayons de plomb d'un 
soleil brûlant, sous les pieds un sol d'une sécheresse extrême et dur 
comme la pierre, nulle part la moindre goutte d'eau et, par contre, une 
soif dévorante : telles sont les conditions ... peu récréatives où je 
fis connaissance avec mon Zinnia. J'atteignis enfin, après des efforts 
inouïs, le faîte tant désiré de la montagne, et me trouvai bientôt 
devant une grande et solide porte verrouillée. Je sonnai : un capucin 
vint m'ouvrir et me demanda ce qu'il y avait pour mon service. Je 
lui contai en termes expressifs mon jeûne prolongé autant qu'involon- 
taire, et réclamai de son obligeance « la table et l'hospitalité > . Le 



- 130 - 

moine me répondit qu'ils avaient à peine eux-mêmes de quoi vivre i 
que l'édifice servait de lieu de réclusion aux ecclésiastiques qui 
s'étaient rendus coupables de quelque faute, et qu'il y avait interdic- 
tion formelle de l'évêque de recevoir et d'héberger les voyageurs. 
Cependant, ajouta le bon père, comme j'étais un « estrangero », c'est- 
à-dire un étranger, il ferait pour cette fois exception. Je pense qu'au 
fond ma visite ne lui était pas si désagréable qu'il eût voulu le laisser 
croire; car j'appris plus tard de sa propre bouche que c'était un 
Italien, joyeux compagnon, condamné à passer deux ans dans cette 
retraite monastique que l'Indien, dans la simplicité de son langage, 
n'avait pas si mal désignée sous le nom de solitude. Une fois entré je 
trouvai un second capucin, qui m'apporta peu après un énorme plat 
de lentilles, un autre de riz et une cruche pleine d'eau fraîche. L'un 
et l'autre mets étaient tout bonnement cuits dans l'eau, sans autre 
préparation : un vrai repas de végétariste. Affamé comme j'étais, je 
l'engloutis littéralement et je ne crois pas avoir de ma vie mangé 
autant ni de si bon appétit que le soir en question, en tête-à-tête 
avec les deux moines. 

Dahlia imperialis. En novembre 1855 j'entrepris un voyage au 
nord de Mexico, pour récolter, aux environs de Queretaro, des Cactées, 
des Agave et des Dasylirion. Queretaro est la capitale de l'état de 
même nom ; la ville, pittoresquement suspendue au versant d'une 
colline, compte 40,000 habitants, dont 15,000 indiens, et est en rela- 
tions d'affaires continuelles avec la capitale du Mexique. C'est là que 
fut exécuté, le 19 juin 1867, l'infortuné empereur Maximilien. Dans 
une de mes excursions aux environs de la ville, j'aperçus de loin, 
près d'une hutte indienne, une plante à fleurs blanches dont la 
physionomie me frappa. Je m'approchai : grande fut ma surprise 
d'y reconnaître un Dahlia, à feuilles découpées en 3-4 paires 
de folioles et dont les dimensions dépassaient tout ce qu'eût osé 
concevoir l'imagination la plus hardie. La plante entière mesurait 
3 à 4 m. de haut et autant de large; elle avait donné nais- 
sance à huit fortes pousses et à un grand nombre de moins vigoureuses 
et était parsemée de milliers de fleurs, semblables pour la forme à des 
lis. Dans la hutte ne se trouvait qu'une femme indienne ; tout ce que 
je pus en tirer, c'est que la plante venait de la forêt. J'eus beau faire 



— 131 — 

et beau dire : impossible d'en savoir davantage ; bon gré mal gré, il 
fallut prendre patience jusqu'au retour du mari. Celui-ci, moins avare 
de paroles, me dit que son père avait un jour rapporté la plante de la 
forêt, où il l'avait trouvée croissant sur un rocher. La plante était 
déjà pas mal âgée, et sa luxuriance pouvait bien n'avoir d'autre cause 
que l'abondance d'engrais dont la famille indienne l'approvisionnait 
journellement. Ce jour là il me fut impossible d'emporter la plante ; 
mais je revins à la hutte six semaines plus tard, et l'Indien me la céda 
cette fois en échange de quelques présents. 

Tigridia Van Houttei. A deux jours de route de Mexico s'élève une 
montagne, nommée Istapalapa ; c'était, avant l'entrée des Espagnols 
au Mexique, un lieu sacré pour les indigènes du pays. Vers l'époque 
du solstice d'hiver, le 24 décembre de chaque année, ils allaient pro- 
cessionnellement chercher au sommet de la montagne, au moyen de 
torches de bois résineux enflammées, la « lumière nouvelle », qui était 
ensuite, au milieu de festivités et de solennités de toute espèce, 
transmise aux divers districts mexicains. C'est entre les fentes 
rocheuses de cette montagne que je trouvai, en juillet 1855, un 
Tigridia, de nuance très analogue à l'Iris Susiana, veiné de noir 
sur fond blanc. Je baptisai la plante du nom de Tigridia Van Houttei. 

Erythrina tuberculata. Espèce voisine de VE . Corallodendron, 
trouvée au même endroit. 

Cyclobotra lutea. Dans une excursion à l'ouest de Mexico, entre- 
prise pendant l'été 1856, je traversai le territoire d'Atacuba, où 
jamais Européen ne met le pied, grâce à la mauvaise réputation dont 
il jouit et que justifient trop bien d'innombrables bandes de brigands, 
toujours à l 'affût de votre bien et de votre existence et n'épargnant 
même pas les indiens. Arrivé sur une montagne élevée de 200 m. 
environ au dessus du plateau de Mexico, je rencontrai, couvrant d'un 
tapis d'or, éclatant, les versants abruptes, une superbe Tulipe distincte 
de ses congénères orientales par ses fleurs campanulées, pendantes, 
disposées souvent au nombre de 7 à 8 sur une hampe florale ramifiée. 
Je la baptisai, à cause de la belle coloration jaune d'or de ses fleurs, 
du nom de Cyclobotra lutea. 



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Milla biflora. C'est un caractère spécial de la végétation bulbeuse 
sous les tropiques que la présence simultanée en un même point 
de plusieurs espèces, que l'on dirait groupées. C'est ainsi que dans 
la région précitée je rencontrai, côte à côte avec le Cyclobotra 
lutea, le Tigridia Pavonia ainsi qu'une Amaryllidée, le Milla bijlora : 
trois plantes bulbeuses, groupées en associations charmantes, inter- 
rompues ça et là par quelque Bégonia diversifolia, dont la présence ne 
faisait que varier et rehausser la beauté du coup d'œil. Le Milla lijlora 
porte de grandes fleurs blanches, réunies au nombre de 4-5 sur chaque 
hampe. Je retournai en novembre revoir cette station et y récolter 
quelques milliers de ces diverses bulbes pour les expédier en Europe. 

Cosmos atropurpureus (Dahlia Zimapana). A quatre jours de 
marche de Mexico s'élève une montagne où se rencontrent nombre 
de ces pierres d'aimant dont les anciens connaissaient déjà les pro- 
priétés remarquables sans réussir à les expliquer. L'effet de ces 
pierres est extrêmement puissant, et j'eus l'occasion de l'expérimenter 
par moi-même, lors d'une excursion sur la montagne en octobre 1856 : 
ayant laissé tomber à terre mon sabre mexicain, j'éprouvai à le 
ramasser une résistance très-appréciable, due à l'action magnétique 
exercée sur le métal. Au pied de la montagne se dresse une fonderie 
de la construction la plus primitive, servant au travail du minerai de 
fer trouvé parmi les pierres arrachées à ses flancs. Il n'existe pas 
même en cet endroit de grand'route conduisant à Mexico : aussi le 
transport du métal préparé doit-il s'effectuer à dos de mules. La monta- 
gne est en partie couverte de bois touffus. J'y rencontrai, lors de ma 
visite, une Composée de couleur rouge sombre, presque noire, attei- 
gnant 30-60 centim. de haut et semblable à un Dahlia par son allure et 
l'odeur bien connue de ses fleurs. L'examen de quelques fruits bien 
développés me fit voir que j'avais affaire à un Cosmos et non à un 
Dahlia; je le nommai, en raison de sa couleur foncée si exceptionnelle 
Cosmos atropurpureus ; dans le commerce, il est également désigné 
sous le nom de Dahlia Zimapana. 

Cuphea Zimapana. Je découvris en même temps et sur la même 
montagne le Cuphea Zimapana, plante annuelle, haute de 30 centim., 
à fleurs de couleur foncée. Tout à côté se trouvait une vieille connais- 
sance, aujourd'hui presque entièrement disparue des jardins, et c'est 



— 133 — 

dommage : je veux parler du Berberis (Mahonia) trifoliata, une sorte 
de buisson bas couvert à profusion de jolies feuilles trifoliolées d'un 
vert bleuâtre et de bouquets de fleurs jaunes. C'est une des plus déco- 
ratives parmi les Berbéridées, mais elle ne paraît s'accommoder que 
tout juste de notre climat. 

Roezlia bulbifera {Fourcroya Bedinghausi). Au sud de la ville de 
Mexico, à sept ou huit milles allemands de distance, se dresse le 
mont Acusca. J'en fis l'ascension, en janvier 1857 jusqu'à une hauteur 
d'environ 4000 m. La température était descendue en dessous de 7° R 
sous zéro ( — 83/4 C), et la neige couvrait le sol d'une couche épaisse 
d'environ 40 cm. Tout à coup, surgirent devant mes yeux surpris, des 
tiges de 3-4 m. de haut, avec une couronne de feuilles d'un bon mètre 
de diamètre à leur sommet. La plante, envisagée dans son ensemble, 
n'avait pas mal le faciès d'un Dracaena ou d'un Yucca; seulement les 
premiers de ces végétaux ne viennent pas en Amérique; quant aux 
seconds, l'absence d'épines aux feuilles montrait qu'il ne pouvait en 
être question. Tout absorbé par l'étrangeté de cette apparition, je 
levai les yeux par hasard, et distinguai, à peu de distance, une 
pyramide régulière de 7 mètres au moins de hauteur, surchargée de 
bulbilles si nombreuses que les rameaux semblaient sur le point de 
rompre sous leur poids. Du reste pas une fleur; rien que des capsules 
mûres remplies de graines et semblables à celles d'une Amaryllis, 
mais avec des dimensions triples; de telle sorte que ma curieuse 
trouvaille ne laissait pas de m'embarrasser sérieusement. Je ne savais 
qu'en faire, où la ranger; les feuilles molles, flexibles, entières et 
complètement dépourvues d'épines ne me fournissaient aucun point de 
repère : je désignai provisoirement la plante, en l'honneur de mon 
vieux père, sous le nom de Razlia lulbifera. Elle fut plus tard décrite 
en Europe sous la dénomination de Fourcroya Bedinghausi, dont je 
reconnus sans peine l'exactitude quand j'eus, par la suite, l'occasion 
d'observer la plante en fleurs. La hampe florale est haute de 3 mètres ; 
elle est littéralement surchargée de milliers de fleurs blanc- jaunâtre, 
semblables pour la forme à des Tubéreuses. 

Beschorneria tubiflora. Le mois suivant — février 1857 — je 
campai en une localité bien connue du Mexique, à Zacatlan. C'est un 



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endroit sis à 2000 m. au-dessus du niveau de l'Océan et entouré de 
forêts composées en majeure partie de Pinus patula, qui leur donne 
un faciès tout-à-fait original. Ce pin porte de longues et fines aiguilles 
pendantes, qui rendent particulièrement difficile l'accès de ces forêts. 
C'est en les parcourant, au milieu d'une clairière, que je rencontrai 
une plante très-analogue d'aspect au Fourcroya précité, mais en petit 
et sans tige, avec une hampe florale haute d'un mètre et des fleurs 
entourées de grandes bractées rouges portant à leur sommet de minus- 
cules pétales verts. Je la baptisai du nom de Beschorneria tuliUora. 

Bouvardia multiflora. C'est une jolie plante buissonneuse basse, 
à floraison abondante, mais qui ne semble pas s'accommoder trop 
bien des conditions climatériques de nos jardins d'Europe; au moins 
y est-elle devenue extrêmement rare, bien que j'en aie expédié en 
1858 une énorme quantité de graines vers la mère patrie. Les fleurs 
ont 4-5 cm. de long; le limbe de la corolle est blanc et le tube d'une 
belle teinte violette : semblable association de nuances ne se rencontre 
chez aucun autre Bouvardia. La plante croit abondamment aux 
environs d'Amazoque, ville importante de l'Etat de Puebla; et sa 
découverte se rattache à des circonstances qui ne me la laisseront 
oublier de ma vie, car je venais d'être complètement dépouillé par 
des brigands mexicains. 

Les gens du pays semblent s'adonner avec une prédilection toute 
spéciale à ce noble métier de détrousseurs de grand chemin, et il ne 
s'agit pas de plaisanter avec eux, quand ils s'imaginent que vous 
conservez encore sur vous de l'or ou des bijoux. Leurs procédés 
d'extorsion n'ont rien de doux ni d'aimable ; leur résister, quand on 
est seul, serait folie ; le mieux à faire, c'est de se résigner, et de donner 
tout ce qu'on possède sans se faire tirer l'oreille : car ces Messieurs 
ont bientôt fait de vous ficeler à un arbre; c'est même l'expédient 
auquel ils s'adressent de préférence dans ce bienheureux pays de 
liberté. J'ajouterai, pour terminer, que le Bouvardia multiflora 
grandit sur un sol sableux mêlé d'argile et couvre de vastes étendues 
de terrain. La contrée où je fis sa connaissance était unie et exposée 
aux brûlantes ardeurs du soleil. Je ne pus, à ma première visite, en 
récolter des graines mûres et revins vers la fin décembre, pour 
ra'acquitter de cette importante besogne. 



— 1 35 — 

Ipomoea tmncata. Au milieu de cette profusion de Bouvardia 
surgissait ça et là Y Ipomœa truncata, une jolie plante d'allure 
spéciale, dont la culture ne semble pas non plus avoir réussi en 
Europe. C'est un buisson à racine tuberculeuse, haut d'un bon mètre, 
auquel ses feuilles faiblement dentées et tronquées au sommet prêtent 
un faciès qui ne rappelle en rien ses congénères. Les fleurs ont un 
diamètre de 6-8 centim.; elles sont de couleur bleue ou rouge, avec 
une zone centrale blanche, d'où résulte un contraste saisissant et du 
plus bel effet. Il n'est pas rare de rencontrer, sur un seul pied, 
plusieurs centaines de semblables fleurs. Le matin, quand le soleil 
brille sur toutes ces corolles épanouies, il donne à la plante une 
beauté et un éclat incomparables. Malheureusement les tubercules, 
de couleur blanche et de forme semblable à celle des navets, s'enfon- 
cent en grossissant jusqu'à une telle profondeur qu'il devient impos- 
sible de les enlever sans les endommager plus ou moins grièvement. 
J'en confisquai ainsi quelque douzaines, et me résignai, bon gré mal 
gré, à attendre une saison plus propice pour procéder à la récolte des 
graines. 

Boir?ardia verbenoïdes. Dans cette même région, si intéressante 
au point de vue botanique, je tombai sur une hutte indienne habitée 
par un « Flachiquero >; on désigne sous ce nom, au Mexique, ceux 
qui s'occupent de la préparation de la « pulquo », sorte de boisson 
alcoolique qui est fort du goût des gens du pays et se prépare à l'aide 
de Y Agave americana, de la manière suivante: aussitôt que la plante, 
dont la culture est d'une immense importance au Mexique, commence 
à pousser sa hampe florale, on lui enlève son bourgeon terminal, de 
façon à donner naissance à une sorte de godet dont le diamètre égale 
parfois jusqu'à 50 cm. Ce godet, pendant des mois entiers, s'emplit 
plusieurs fois le jour d'un liquide riche en principes sucrés, que l'on 
décante pour le faire fermenter ensuite dans des sacs en cuir : il con- 
stitue alors, dans le vrai sens du mot, la boisson nationale des 
Mexicains. Les Européens eux-mêmes ne tardent pas à s'y habituer 
et la dégustent avec plaisir. 

C'était Y Agave americana qui avait presque exclusivement fourni 
les matériaux constitutifs de la cabane de notre brasseur indigène. 
Les solives étaient faites des hampes florales de la plante et recou- 



— 136 - 

vertes de ses larges feuilles, juxtaposées comme les tuiles de nos toits 
et formant une sorte de rigole naturelle, grâce à laquelle l'eau pouvait 
s'écouler sans pénétrer dans l'espace sous-jacent. Les faces latérales 
de cette toute primitive construction étaient édifiées de matériaux 
analogues; et Ton se serait laissé aller à envier au Peau-Rouge la 
commodité de son installation, si l'agrément du séjour sous un pareil 
toit répondait à la facilité de son établissement. 

Non loin de cette bâtisse dont la simplicité répondait si bien aux 
besoins limités de ses hôtes se trouvait un gigantesque tas de pierres, 
littéralement tapissé de plantes que couvrait une incroyable profusion 
de fleurs rouge-écarlate brillant. Qu'est que cela peut être, me deman- 
dai-je en les voyant? Pas une Verveine, à coup sûr, car il n'en existe 
pas au Mexique. Grande fut ma surprise de reconnaître dans cette 
belle et étrange plante un Bouvardia. Les fleurs, dans leur ensemble, 
rappelaient celles d'une Verveine ; mais j'y comptai quatre lobes, 
alors que ces dernières n'en présentent jamais moins de cinq; elles 
étaient larges d'un cent, et groupées en ombelles, mesurant chacune 
7 cent, de diamètre ; leur forme n'était pas sans analogie avec celles 
du Rondeletia speciosa de l'île de Cuba, qui exhalent un parfum de 
violettes si suave et si pénétrant. Je baptisai la plante du nom de Bou- 
vardia verbenoïdes, pour rappeler la ressemblance de ses fleurs avec 
celles des Verbénacées. Je ne pus, malheureusement, en récolter de 
graines ; et quand je revins quelques mois plus tard à la hutte de 
l'Indien, le tas de pierres était disparu ainsi que mes Bouvardia. En 
lieu et place se dressait une nouvelle cabane, construite aussi de 
feuilles d'Agave ; quant à ma jolie plante, je ne l'ai plus jamais 
retrouvée nulle part. 

Dionedule. Bien qu'il s'agisse d'une Cycadée connue et introduite 
depuis longtemps, je ne puis résister à l'envie de lui consacrer ici 
quelques lignes. Peut-être n'est-il pas un de mes lecteurs qui ne con- 
naisse la plante ; mais ce qu'on ignore généralement, ce sont les con- 
ditions dans lesquelles elle se développe sous le ciel de sa patrie. J'en 
ai importé les stipes en très-grand nombre, et prie le lecteur de 
m'excuser si j'entre dans quelques détails relatifs aux particularités 
qu'elle présente sur le sol natal. 

A 12 milles allemands environ de Vera-Cruz, sur la route qui con- 



— 137 — 

duit de cette ville à Mexico, se trouve un endroit nommé « Paso del 
Macho ». Non loin de là s'ouvre une gorge profonde, creusée dans des 
rochers presque à pic ; au fond coule un ruisselet, qui traîne pénible- 
ment son mince et parcimonieux filet d'eau pendant la saison sèche, 
mais se transforme, lors des pluies périodiques, en un torrent 
écumeux et mugissant. Les parois de la gorge sont formées surtout de 
grès tout déchiré de crevasses et de fissures, où se trouve accumulé le 
sol riche en humus amené et abandonné par les crues d'eau. C'est là 
que des arbres élevés — des Chênes toujours verts et un Bignonia 
d'espèce encore inconnue — trouvent une nourriture riche et abon- 
dante. Sur leurs rameaux végètent à profusion diverses espèces de 
Broméliacées, d' 'Anthurium, de Pothos, etc., mélangées ça et là à des 
Orchidées; le Schomburgkia tïbicinis, notamment, y forme des 
hampes florales hautes d'un mètre, auxquelles sont suspendues 
20 à 40 fleurs de couleur rose et lilas; ailleurs ce sont les Oncidium 
Baueri et sphacelatum, représentés par des spécimens gigantesques, 
chaque pied portant des milliers de fleurs de 3 cm. de long, parsemées 
d'élégantes macules jaunes et brunes. Les Achimenes, les Gymno- 
grammes et les Sélaginelles n'y font pas non plus défaut. 

De distance en distance surgit un Yucca aloëfolia ou quelque robuste 
Fougère arborescente, au stipe élancé, haut parfois de 6 m. Partout 
où un mince filet d'eau suinte entre les fentes des rochers grandit à 
profusion un Pinguicula à fleurs rouges, prolongées en un éperon de 
3 cm. de longueur, mais ressemblant, à part ce détail, à de grandes 
violettes(l). C'est au bord supérieur des parois rocheuses de cette gorge 
que se rencontre le Dion, renversé, en quelque sorte, la tête en bas, 
disposition provoquée par sa propre pesanteur et le caractère abrupt 
des masses escarpées auxquelles il est suspendu. Certains spécimens 
portent des fruits gros comme la tête, couverts d'un duvet blanc 
feutré se balançant au sommet de leurs stipes obliques. C'est un 
pénible et périlleux travail que d'arracher ces arbres aux fentes et 
aux crevasses qui leur servent d'asile. Le moindre faux pas, et vous 
voilà précipité dans un abîme d'une profondeur vertigineuse. Il est 



(lj Voir la notice sur le Pinguicula flos Mulionis, dans la Belg\hort., 
1872, p. 371, pl. 27. 

11 



— 138 - 

de ces stipes — et leur nombre est assez considérable — dont la 
hauteur égale 1 à 2 m.; seulement ce serait folie de chercher à tirer 
parti de semblables spécimens pour nos cultures d'Europe. J'étais 
souvent réduit à parcourir et à explorer de vastes étendues avant de 
rencontrer un pied convenable; puis il s'agissait d'extraire, avec 
tous les ménagements possibles, les racines de l'étroite crevasse où 
elles étaient engagées. Ce n'était pas besogne aisée. Plus d'un bel 
exemplaire fut endommagé de cette façon et diit être abandonné. Ceux 
que je parvins à obtenir, non sans peine, dans des conditions conve- 
nables, furent dépouillés de leur bouquet de feuilles, séchés, puis 
soigneusement emballés dans des caisses et expédiés en Europe. 

Beaucarnea (Pincenectitia) tuberculata. Presque tous les spéci- 
mens de cette plante actuellement en vie dans les jardins d'Europe 
sont nés de semences importées par mes soins. Un Cultivateur 
européen qui ne l'aurait jamais observée qu'en pot serait on ne peut 
plus surpris de la voir dans son habitat naturel. Quand on gravit l'un 
des versants de la gorge précitée, si riche en végétaux de toute 
espèce, on arrive à un plateau élevé d'une vaste étendue : c'est la 
patrie du Beaucamea tuberculata. 

La plante possède un faciès tout spécial. Elle se compose d'une tige 
robuste et élevée, de 1-2 m. de diamètre, qui naît du milieu d'un ren- 
flement tuberculeux large de 10 à 15 m. et se ramifie brusquement à 
peu de distance du sol. 

La ramification est abondante comme celle du Dracaena draco, mais 
le faciès est plus gracieux et plus élégant. Au bout de chaque branche 
apparaît une inflorescence longue de 1-1 i/a m. et presque aussi large, 
composée d'une profusion de fleurs blanc-verdâtre. L'arbre atteint 
10-11 m. de haut, et grandit clans une contrée où la température 
hivernale ne descend pas en dessous de 20° R. (25° C). 

Le Beaucarnea (Pincenectica) glauca, au contraire, croît sous un 
climat bien plus tempéré, dans l'État de Puebla, vers 3150 m. au 
dessus du niveau de la mer, où la température descend souvent en 
hiver jusqu'à 3-5° R (4-6°C) sous 0. C'est encore une espèce arbores- 
cente, mais dont la hauteur totale ne dépasse pas 5-6 m., sur une 
largeur à peu près égale. Les deux formes du reste sont fort ana- 



— 139 — 

logues, et, ce qu'il y a de remarquable, c'est précisément l'extrême 
ressemblance de ces deux espèces — les seules du genre connues 
jusqu'à ce jour — sous des conditions climatériques aussi différentes, 
Une autre particularité, non moins étrange, c'est de voir l'une et 
l'autre forme, strictement confinées chacune à une seule région , bien 
qu'elles y prospèrent depuis des milliers d'années et que le vent et l'eau 
entraînent et disséminent leurs graines, en quantités prodigieuses, 
vers des contrées où la plante rencontrerait des conditions d'existence 
presque identiques en apparence. Vous aurez beau chercher: nulle part 
ailleurs vous n'en trouverez le plus maigre spécimen. 

Le Dasylirion serratifolium (Bonapariea gracilis), croît de 2300 
à 3000 m. au dessus du niveau de la mer, dans les Etats de Puebla, 
Mexico et Oaxaca; il y produit des tiges de 2 à 3 m. de haut. Une 
croyance fort répandue en Europe voulait que cette plante pérît après 
sa floraison, comme le fait réellement VAg aoe americana, mais il n'en 
est rien : le Dasylirion serratifolium, quand il est en bonne santé, con- 
tinue à grandir comme si de rien n'était après avoir donné ses fleurs. 
Il n'est pas rare de rencontrer des spécimens ramifiés, à 3 ou 4 bran- 
ches. La hampe florale est haute parfois de 3 m. et se ramifie comme 
celle du Beaucarnea, mais avec un faciès plus serré et plus fourni. 

Le Dasylirion glaucum croit parmi ces mêmes montagnes, mais 
sans y dépasser une altitude de 2600 m. ; c'est entre 2000 et 2400 m. 
qu'il établit le plus souvent sa résidence; le D. lotigifolium, au con- 
traire, atteint souvent 3400 m. : c'est un arbre de petite taille, à 
ramifications peu abondantes. 

{La suite au prochain numéro). 



— 140 — 



NOTICE SUR LA SERRE A PALMIERS DE KEW 
par M. le I) r Prof. L. Wittmacr. 
Traduit du « Qartenzeitung » février 1883; p. "70. 

La vaste serre à Palmiers du célèbre jardin botanique de Kew près 
Londres, le plus riche du monde entier, aurait eu pour architecte, à 
en croire le Guide de Daniel Oliver pour les jardins botaniques et 
les Parcs Royaux de Kew {Guide to the Royal Botanic Gardens and 
Pleasure-g rounds Kew, 28 ine édition 1878, p. 25), Decimus Burton 
Esq. ; la construction aurait été terminée en 1848. La charpente en 
fer est sortie de la forge de Turner, à Dublin. La longueur d'ensem- 
ble comporte 362 pieds anglais (109 m.); la bâtisse centrale est large 
de 100 pieds (30 m.) et haute de 66 (20 m.) ; les ailes ont 50 pieds 
(15m. ) de largeur et 30 (9 m.) de haut. Le vitrage, d'une superficie de 
45000 pieds carrés (4050 m. carrés) environ, a été, sur les indications 
de R, Hunt Esq., légèrement teinté en vert par l'addition d'oxyde de 
cuivre à la coulée, afin d'adoucir quelque peu l'impression trop vive 
des rayons solaires, grâce à l'absorption de la radiation calorifique. 
Les côtes en fer reposent dans de gros blocs de granit enchâssés 
eux-mêmes dans un ciment compacte. — A l'intérieur de la bâtisse 
centrale, à une trentaine de pieds (10 m.) d'élévation, circule une 
galerie du haut de laquelle le visiteur peut contempler le bouquet de 
frondes qui couronne les Palmiers de moindre taille. — La construc- 
tion est chauffeé par 6 chaudières à vapeur, dont 3 ou 4 seulement sont 
maintenues en activité pendant l'hiver et desservent 19500 pieds 
courants (5850 m.) de tuyaux à circulation d'eau chaude, de 4 pouces 
(10 cent.) de diamètre. Le rapport qui vient de paraître sur les 
progrès et la situation du jardin botanique de Kew en 1881 
(v. Garden Chron. n. ser. vol. XVIII, p. 816), signale, comme 
amélioration pratique, l'adjonction au chauffage de tuyaux ascendants 
et descendants servant à la circulation de l'eau autour de la partie 
supérieure de la serre, tout contre la toiture. L'on est arrivé, grâce à ce 
moyen, à maintenir une température très uniforme, à éviter la con- 
densation d'humidité et à économiser du combustible, en ce sens 
qu'il est devenu inutile de recourir aux chaudières de réserve, même 



— 141 — 

par les plus grands froids. Cette méthode, à ce qu'affirme le Gard. 
Chron> 1. c, a été adoptée par divers horticulteurs de profession, 
M rs Cannel et Bull, par exemple, et est destinée à devenir d'un usage 
général dans les serres où il s'agit de maintenir les plantes en état de 
végétation active pendant toute la durée de l'hiver. La fumée des 
foyers souterrains était autrefois conduite à 500 pieds (150 m.) 
de distance et brûlée dans une tour quadrangulaire, haute de 96 pieds 
(29 m.), voisine de la route de Richmond, et mise en communication 
avec la serre par un chemin de fer souterrain chargé de l'approvision- 
ner de combustible, d'emporter les scories, etc. Cette tour servait en 
outre à donner à l'eau la hauteur de chute nécessaire. Actuellement 
ces dispositions sont devenues inutiles, depuis que les cheminées des 
foyers sont installées dans les ailes de la serre et que l'eau, qui 
faisait défaut autrefois, est empruntée aux étangs du Parc de 
Richmond, lesquels sont alimentés à leur tour par le lac du Parc 
Royal au moyen d'une machine à vapeur fonctionnant dans le voisinage 
de la serre tempérée. 

Nous donnons ci-contre un plan renseignant la disposition de la 
partie centrale de la serre, où sont plantés les grands Palmiers. 
Dans les ailes, l'aspect des cultures varie naturellement suivant 
l'époque de l'année et les dimensions des sujets ; les genres importants 
n'y sont du reste que parcimonieusement représentés. Les Palmiers 
forment naturellement le contingent principal de la partie centrale 
de la serre, et nous citerons, parmi les plus remarquables les espèces 
suivantes : 

âcrocomia sclerocarpa, Palmiers Macaw du Brésil et des Indes 
occidentales, avec des noyaux durs, susceptibles d'être travaillés, et 
des semences d'où l'on retire une huile épaisse, de couleur jaune d'or. 

Areca Catechu, fournissant la noix de Bétel que l'on mélange aux 
Indes et en Chine avec de la chaux et les feuilles d'un poivrier (Chavica 
Bétel) pour en faire un masticatoire. Le principe enivrant et soporifi- 
que provient sans doute de cette dernière plante, car la noix de 
Bétel ne possède qu'une action astringente. 

Areca sapida, de la Nouvelle Zélande, le plus méridional des pal- 
miers connus. Les jeunes frondes non épanouies de ce chou\-palmis- 



Dioon 

Strelitzia 

Clusia 

Encephalartos 

Codiaeum 

Xylophyllum 

Cinnamomum 

Piments? 

Dracrena 



Cycadées. 

Dammara 

Cereus peruvia^ 
nus 



O g 

° à 
S | 



Diverses 



Draceena Draco 



Cordyline 




Musa Ensete 


et Draceena 




Rhapis 


Attalea 




Escalier de 


Rhapis 




O 






sortie. 


Phœnix 






sylvestris 




Dendro- 






calamus 


Livistona 




g i gante us 


humilis 










Corypha 


Cocos 






plumosa 




Monstera 




deliciosa 


Phœnix 






reclinata 




Caryota urens 



Encephalartos 

Cycas 

Strelitzia 

Erythrina 

Ceratozamia 

Brownea 

Lagetta 

Pachtra 

Cordyline 



Cordyline 
et Dracsena 



Areca Baueri 

Cocos 
flexuosa 

Livistona 
chinensis 

Alocasia 

Sabal urn- 
braculifera 



2 * 
S, o 



Allée 



o 
o 




ifera, 




bt> 

a 

ci 












Cocoti 









Anthurium 

Livistona 
borbonica 

Veitchia 

Syagrus 

Thrithrinax 

Astrocaryum 
rostratum 



Chamaerops 
excelsa 



} Anthurium 

Sabal 
I glaucescens 

IPtychosperma 
I (Seaforthia) 
elegans 

I Bambusa 
j vulgaris 

i Escalier 
O 

d'entrée 
Pandanus 



Anthurium 
Phœnix 
Caryota 
Thrinax 
Attalea 
Areca sapida 

Caryota 
Cummingii 

Pandanus 



o 
■+-> 

_ S-i 

m S 



CD 



Pi 



Pandanus 



Jambosa 



Pandanus 



Bromelia Scep- 

trum 
Diospyros 
Anona 
Ficus .indica 
Coccoloba 
Aegiphila 
Kigelia 



Chrysophyllum 



Diverses 



Phœnix 



Achras Sapota 

Lucuma 

Lagerstrœmia 

Cofi'ea 

Brexia 

Hernandia 

Tamarindus 



Ficus, diverses espèces. 



— 144 — 

te sont utilisées en guise de balais ; les feuilles encore enfermées dans 
leurs gaines sont mangées crues ou bouillies ou encore transformées 
en pickels. 

Arenga saccharifera, de l'Archipel indien. Les spatbes d'un seul 
arbre fournissent par jour 3 à 4 litres d'un suc qui est employé à la 
préparation du sucre ou du vin de palme. Les fibres (faisceaux fibro- 
vasculaires) des gaines foliaires desséchées servent à la fabrication 
de balais et d'aiguilles à tricoter. 

Astrocaryum rostratum, du Brésil : couvert d'épines serrées. 

Attalea funifera, Les faisceaux fibro-vasculaires des gaines 
foliaires desséchées constituent une matière bien connue, le fil de 
Piassava.Les fruits sont importés sous le nom de « noix de Coquillo » , 
c. à d. petites noix de coco. 

Attalea Cohune de Honduras, dont les noix fournissent de l'huile. 

Galamus. Les stipes, longs, flexibles, munis d'aiguillons crochus à 
l'extrémité de leurs feuilles, fournissent les rotans. Les fruits du 
Calamus Draco donnent le sang-dragon. 

Cariota urens, des Indes, reconnaissable à ses folioles en forme 
de pierre à aiguiser ; il produit de grandes quantités de Toddy ou vin 
de Palme ; les meilleurs arbres en donnent jusqu'à 100 pintes 
(55 litres) par 24 heures. La moelle, riche en fécule, sert à la fabrica- 
tion du sagou; les fibres, raides comme des soies, des gaines foliaires 
desséchées fournissent la matière première de balais. 

Cocos nucifera, le Cocotier, originaire sans doute des régions 
occidentales du centre de l'Amérique. Ses usages sont tellement 
multiples qu'on les dit égaux en nombre aux jours de l'année. On a 
importé en Allemagne, pendant l'année 1881, 251,700 kilogr. d'huile 
de Coco, représentant une valeur de 1,510,000 marcs (1,887,500 frs). 

Cocos plumosa et Cocos australis, du Brésil. 

Corypha australis, de la Nouvelle Hollande. 

C. umbraculifera de Ceylan et de l'Archipel indien. Cette dernière 
espèce porte une couronne de frondes gigantesques, dont les folioles 
découpées en bandes servent délivres aux Hindous et aux Singalésiens. 



— 145 — 



Chamaerops humilis, l'unique palmier indigène en Europe, s'étend 
depuis l'Espagne méridionale et le Portugal jusqu'en Asie mineure. 
— C. Martiana de l'Himalaya. — C. excelsa, de Japon. 

Ceroxylon andicola, Palmier Cirier, originaire des Andes de la 
Colombie, haut de 160-180 pieds (48-54 mètres). 

Elaeis guineensis, de l'Afrique occidentale ; fournit l'huile de 
palme, dont l'importation s'est élevée pour l'Angleterre, en 1877, à 
885,000 quintaux (44,958,000 kilos). Pendant l'année 1881, 
9,440,800 k os de noix de Palme et de Coco, y compris les amandes de 
Coco ou Coprah, ont été importés en Allemagne, représentant une 
valeur de 2,360,000 marks (2,950,000 francs), sans compter 
8,814,700 k os d'huile de Palme, d'une valeur de 5,553,000 marks 
(6,941,250 francs). 

Jubaea spectabilis, du Chili ; porte des noix comestibles ; le stipe, 
après abattage, laisse écouler pendant un mois du « miel de palme 

Licuala, diverses espèces; Palmier éventail des Indes. 

Livistona sinensis et L. inermis, originaires le premier de la 
Chine, le second de la Nouvelle Hollande. 

Mauritia flexuosa, des Andes de la Nouvelle Grenade et du Pérou 
jusqu'à l'Océan Atlantique, abondant surtout au bord de l'Orénoque et 
du fleuve des Amazones. 

Phœnix dactylifera, le Dattier; Ph. syhestris, des Indes, qui 
fournit le sucre de dattes ; Ph. reclinata, du Cap. 

Fhytelephas macrocarpa, le palmier à noix d'ivoire de la Nouvelle 
Grenade; fournit l'ivoire végétal dont on fait des boutons, etc. L'im- 
portation de ce produit en Allemagne a atteint, pendant l'année 1881, 
le chiffre de 7,479,600 k 08 représentant une valeur de 2,244,000 marks 
(2,805,000 francs). 



Seaforthia elegans, des régions tropicales de la Nouvelle Hollande. 



— 146 — 

Sabal umbraculifera, le palmier-éventail des Indes occidentales, 
originaire de la Jamaïque où il atteint de 60 à 80 pieds (18 à 24 m.) de 
haut, avec des feuilles de 4 à 6 pieds (l m ,20 à l m ,80) de diamètre. 

Viennent ensuite de nombreuses espèces appartenant aux genres 
Rhapis, Thrinax, Trithrinax, Wallichia et Martinezia, ce dernier 
d'origine sud-américaine, avec des folioles cunéiformes, comme le 
Car vota de l'hémisphère oriental. 

Il va de soi que les Bananiers (Musa) de toute espèce et de toutes 
dimensions, les Strelitzia, les Dracaena, les Pandanus, les Bambusa, 
Ficus religiosa, F. onacrophylla, etc. sont richement représentés dans 
cette collection. L'on y remarque aussi, mais plus rares, de beaux 
spécimens du célèbre Banvan, le Ficus indica, dont les racines 
aériennes deviennent le point de départ de nouveaux troncs, à'Ar- 
tanthe elongata, dont les feuilles constituent, sous le nom de Matico, 
un puissant astringent, de Xylophylla à rameaux foliacés- aplatis ; de 
Brexia madagascariensis ; de Paritium elatum dont le liber sert à 
lier les cigares (filasse de Cuba); tVAleurites triloba ; de l'arbre 
chandelle (candle-nut), de Swietenia Mahagoni, qui fournit le bois de 
ce nom, à'Artocarpus excelsa, l'arbre à pain; de Papayer (Carica 
Papaya), dont la médecine utilise la teneur en pepsine et les pro- 
priétés vermifuges de ses semences. Enfin l'on y observe encore le 
Cacao, diverses Passiflores, le Crinum asiaticum., le Doryanthes 
excelsa, le Pimenta vulgaris (poivre de la Jamaïque), le Castano- 
spermum australe (le Châtaignier de la Nouvelle Galle du sud), le 
Mammea americana et le Mangifera indica, deux arbres fruitiers des 
Tropiques, la Canne à sucre, le Cookia punctata, proche parent des 
Orangers, dont le fruit rappelle le goût et les dimensions des raisins, 
les Tamarins, le Caféier, le Cannellier des Indes occidentales, le 
Sapota Achras ou Sapotier, diverses Cycadées rares, diverses Bâtâtes, 
l'Upas au suc vénéneux (Antiaris toxicaria), le Manioc (Manikot 
utilissima) et autres espèces rares ou intéressantes. D r H. F. 



— 147 - 



BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE. 

Le fleuriste de Ferrière-en-Brie, résidence deté du baron Alphonse 
de Rothschild, est dirigé par M. P. Bergman, jardinier en chef, l'un 
des plus habiles et des plus affables parmi les horticulteurs de France. 
Il est maintenant secondé par son fils, M. Ernest Bergman, qui s'est 
perfectionné dans l'art de la culture par un long apprentissage en 
Angleterre. Grâce au zèle et aux connaissances de ces hommes 
dévoués, les serres de Ferrière jouissent d'une grande réputation dans 
le monde de la botanique horticole. Elles sont situées à peu de distance 
du château, dans le parc, et sont disposées en un vaste parallélogramme 
autour d'un jardin français. Quelques-unes sont à l'écart, en dehors 
de l'enclos; d'autres sont en voie de construction : elles sont au 
nombre de trente-cinq. Les plus anciennes sont étroites et peu confor- 
tables pour l'amateur qui aimerait à venir visiter les plantes rares et 
délicates chez elles plutôt que de les faire venir au château où elles lan- 
guissent; mais les serres récentes ont meilleure apparence. Chez toutes, 
les installations intérieures et les services techniques sont bien établis. 

Voici quelques observations recueillies pendant une visite faite au 
mois d'avril 1883. 

Dans la serre à Vanda et à Phalenopsis, les sentiers sont creusés en 
bassin sur lequel on a posé un chemin barreaudé en bois; les tablettes 
sont couvertes de gravier blanc, tandis qu'en dessous, le sol est tapissé 
de mousse humide; des réservoirs d'eau sont disposés sur les tubes du 
thermosiphon. Grâce à tous ces artifices réunis, l'humidité est sura- 
bondante dans cette serre où les Orchidées indiennes se développent 
avec exubérance. Un Renanthera Lowi portait onze épis à la fois. La 
plupart des plantes de cette serre- sont installées sur des bûches de 
pommier ou dans des corbeilles en bois d'Orme subéreux ou de Frêne 
subéreux : 1 ecorce de ces arbres convient bien aux Orchidées. Les 
étiquettes sont à la fois élégantes et solides : elles viennent de chez 
Stevens et Pinches, Leicester Square, à Londres. 

On passe dans une serre à fleurs : là sont des Fuchsia palissés contre 
les chevrons et si bien développés qu'ils semblent devenir sinon 
grimpants, au moins sarmenteux; une profusion de fleurs pend à leurs 



— 148 — 

rameaux : leur couleur est vive, leur forme gracieuse : c'est d'une 
suprême élégance. Le Fuchsia Champion se prête le mieux à ce genre 
de culture. 

Vient une serre à Anthurium où tout d'abord on remarque et Ton 
admire Y Anthurium Ferriense, cet intéressant hybride que M. Bergman 
a eu le talent de faire produire à Y Anthurium Andreanum fertilisé 
par Y Anthurium ornatum. On voit un Anthurium Veitchi fécondé 
cette fois par Y Andreanum; plus loin un Anthurium Thïbeautianum 
{Alocasia), le plus fort qui existe et dont les feuilles mesurent m 90. 

Plus loin on remarque les fleurs des Eucharis amazonica, de 
YAllamanda Hendersoni et surtout du Jasminium elegantissimum 
que M. Veitch a récemment mis au commerce. 

On arrive ainsi au Pavillon des Palmiers et des plantes à grand 
feuillage. Parmi beaucoup d'espèces rares on admire le Phoenicopho- 
rium Sechellarum et l'on constate le mérite ornemental de YAbutillon 
Sellowianum. 

On arrive aux Ananas dont la culture est très étendue et qui se 
développent en pleine terre. Les variétés les plus estimées ici sont le 
Cayenne lisse, Charlotte de Rothschild et Mooreana. Un Ananas Bra- 
camorensis produit en ce moment son fruit monstrueusement gros et si 
lourd (12 livres) qu'il faut tout un échafaudage pour le soutenir. La 
chair de ce fruit est comme cuivrée : elle a peu de parfum. 

Les serres se suivent ainsi pendant longtemps et sont affectées aux 
cultures les plus variées. 

On passe successivement aux Cordyline, aux Croton, aux Orchidées, 
aux Broméliacées, aux Coleus, aux Hydrangea, aux Phyllocactus,&ux 
Rosiers, aux Héliotropes, aux Pelargonium, aux Azalées, aux Cycadées. 

On traverse les serres à multiplication, les cultures de Fraisier 
(D T Morère et Queen Victoria); on remarque avec plaisir la Vanille, 
le Vanda ter es, YAralia Chalrieri, de grandes forceries de Lilas, 
beaucoup d 1 'Anthurium de Schertzer et enfin de nouvelles serres pour 
les Cattleya et pour les Odontoglossum. Cette dernière est construite 
sur un plan nouveau qui assure une surabondance d'humidité et la 
circulation de l'air. 

En résumé les collections botaniques de Ferrière sont étendues et 
très variées; elles suffisent amplement pour orner les appartements et 
pour embellir les fêtes, ce qui est beaucoup sans doute, mais ce n'est 



— 149 - 

pas assez pour l'honneur d'un domaine célèbre par le bel aménagement 
du parc et par les objets d'art ou d'ameublement accumulés dans le 
château. Pour que le fleuriste de Ferrière soit tout à fait digne de la 
haute situation du propriétaire, les collections de plantes rares et 
délicates, qui sont encore jeunes et en petit nombre, doivent se déve- 
lopper dans quelques serres d'une certaine extension. 

Le Renanthera Lowi (qu'on nomme aussi Vanda Lowi) a fleuri 
cette année avec une profusion extraordinaire et simultanément chez 
tous les orchidophiles qui le cultivent. En Belgique, cette belle et 
remarquable plante a fleuri notamment chez M. Beaucarne, chez 
M, Ferdinand Massange, chez MM. Jacob-Makoy et surtout chez 
M. Oscar Lamarche. 

La variété de M. Lamarche est d'un coloris très vif, ponceau et 
elle donne jusque 4 et même 5 fleurs jaunes à la partie inférieure des 
grappes. Cette variété est plus belle que le type le plus généralement 
répandu. Des floraisons plus exubérantes encore ont eu lieu cette 
année. A Ferrières notamment, chez M. le baron Alphonse de Roth- 
schild et par les soins de M. Bergman, chef de culture, un exemplaire 
du R. Lowi a donné 11 tiges florales, mesurant ensemble 33 mètres 
de longueur et portant jusque 280 fleurs ouvertes toutes à la fois. 
Cette plante a été photographiée pour perpétuer le souvenir de cette 
admirable floraison. M. le baron Hruby, à Pekau, en Bohème a obtenu 
une floraison plus exubérante encore. 

La simultanéité de ces floraisons dans les serres disséminées en 
Europe, à de grandes distances et par des cultures peut-être un peu 
différentes, est un phénomène qui mérite d'être remarqué. 

Le Caraguata sanguinea récemment introduit de la Nouvelle- 
Grenade par les soins de M. Éd. André, est offert en vente par 
M. Bruant, horticulteur à Poitiers (Vienne). Cette plante est remar- 
quable surtout par la nuance rouge cramoisi de son feuillage. 

M. le marquis Loureiro, propriétaire d'un grand établissement 
horticole à Porto, vient de publier le catalogue général et descriptif de 
ses collections végétales. Elles sont considérables et comprennent 
toutes les catégories des plantes cultivées, principalement des plantes 
ornementales, des Camellias et des Rosiers, enfin beaucoup de jolies 



— 150 — 

fleurs de pleine terre. M. le marquis José Loureiro est propriétaire du 
journal d'horticulture pratique, rédigé par M. Edouard de Oliveira, 
junior, à Porto. 

D r Oscar Drude, professeur ordinaire de botanique à l'école royale 
polytechniqne de Dresde, a fait paraître un Guide dans le jardin bota- 
nique de cette ville, dont il est directeur. Ce petit livre est simple et 
instructif. 

MM. Jacob-Makoy et C îe , horticulteurs à Liège, viennent de 
publier un catalogue de plantes ornementales très important, bien 
choisi et riche en espèces rares ou nouvelles. 

Les Suites du Prodrome, éditées par MM. Alph. et Casimir de 
Candolle, ont fourni récemment leur quatrième volume. Il comprend 
les Burseracées et les Anacardiacées décrites par M. Engler et les 
Pontédériacées par le comte de Solm-Laubach. 

A. de Candolle. Nouvelles remarques sur la nomenclature botanique; 
broch. in-8°, Genève, 1883, — Les questions litigieuses de nomen- 
clature et de glossologie botaniques sont appréciées par l'auteur avec 
beaucoup de réserve et de sagacité. Cet ouvrage fait suite aux pre- 
miers commentaires de M. de Candolle sur les Lois de la nomenclature 
botanique adoptées par le Congrès de 1867. 11 fait autorité en bota- 
nique descriptive. 

B n Ferdinand von Mueller. Systematic Census of Australian 
Plants; Melbourne, 1882; 1 vol. in 4°. — Le baron Ferdinand von 
Mueller, botaniste du gouvernement pour la colonie de Victoria, a 
publié vers latin de l'année dernière le recensement méthodique de la 
Flore australienne. Le nom de chaque plante est accompagné de 
renseignements historiques, littéraires et scientifiques : c'est un ouvrage 
considérable de l'éminent et infatigable botaniste, dont on ne saurait 
assez louer et admirer la prodigieuse fécondité : le mérite de ses 
travaux illustre la botanique australienne. Le livre que nous signa- 
lons ici restera classique pour la connaissance de cette végétation si 
caractéristique. 



— 151 - 

Al. Sodiro, S. J. Recensio cryptogam.arum vascularium provinciae 
Quite?isis (Reipublicae JŒquatorianae). Quito, 1883; broch. in-8°. — 
Le P. A. Sodiro, professeur à l'Ecole polytechnique et directeur du 
jardin botanique de Quito, vient de publier un important ouvrage sur 
les Fougères, les Equisetacées, les Lycopodiacées et les Rhizocarpées 
de la province de Quito dans la République de l'Equateur. Le savant 
et zélé botaniste décrit beaucoup d'espèces nouvelles, notamment parmi 
les Cyatkea, Hemitelia, Alsophila. Il termine son livre par des consi- 
dérations sur la distribution géographique de ces végétaux. 

J. G. Baker, /Synopsis of the species of Cyclamen. M. J. G-. Baker 
vient de publier, dans le Gardeners' Chronicle, une monographie des 
Cyclamen. Ce genre de Primulacées comprend actuellement 9 espèces 
qui appartiennent toutes à la Flore Méditerranéenne. 

Ed. André. L' Amérique équinoxiale. — M. Éd. André vient de 
terminer, clans le Tour du Monde, le récit pittoresque et imagé de 
l'heureux voyage qu'il a accompli à travers une grande partie de 
l'Amérique équinoxiale en 1875-76. On sait combien ce voyage a été 
fertile en bons résultats pour la botanique et l'horticulture. 

M. G. B. Clarke vient de rédiger, pour les Suites au Prodrome, la 
monographie des Cyrtandracées. On sait que cette famille fournit 
beaucoup de plantes ornementales recherchées par les Adonistes. Ce 
sont notamment, les Aeschynanthus , Chirita, Streptocarpus, Cyrtan- 
dra, etc. On connaît généralement le Ramondia pyrenaïca L. qui 
représente cette famille exotique dans les Pyrénées. M. Clarke men- 
tionne deux autres espèces du même genre, également européennes, 
le Ramondia SerUca des montagnes de la Servie et le R. Heldreichi 
du Mont Olympe en Tessalie. L'ouvrage est orné de 32 planches. 

Sir John B. Lawes, Memoranda of the Origin, Plan and Results 
of the Field and other Experiments conducted on the Farm and in the 
Laboratory of sir J. N. Lawes at Rothamsted, 1883, broch. in-4°. — 
L'établissement agronomique de Rothamsted,en Angleterre, est célèbre 
par de nombreuses publications scientifiques ; ce domaine de Rotham- 
sted appartient à sir John Lawes, qui après avoir hérité de ce 
bien patrimonial en 1834, a bientôt commencé à y instituer des 



— 152 — 

expériences d'agronomie. Depuis 1843, M. Gilbert est associé à ces 
travaux en qualité de chimiste. Une publication récente fait connaître 
le résumé des travaux qui ont été accomplis dans cette importante 
station agricole. Sir John Lawes y déclare qu'il a légué une somme 
de cent mille livres sterlings pour assurer la conservation de l'établis- 
sement après sa mort. 

C. Salomon, Nomenclator der Gefass-Kryptogamen; I vol. in 12°. 
Leipzig 1883, chez Hugo Voigt. — Voici un ouvrage utile pour les 
amateurs de Fougères, de Sélaginelles ou d'autres cryptogames 
vasculaires. Il donne dans un ordre alphabétique le nom de toutes 
les plantes qui composent ces familles, leur synonymie et leur 
dispersion géographique. Il semble bien au courant des connais- 
sances actuelles. Il est précédé d'un résumé synoptique de la classifi- 
cation. Il est écrit par M. Charles Salomon, jardinier en chef du 
jardin botanique de Wurzbourg, déjà avantageusement connu par 
d'excellentes publications de botanique horticole. 

Vilmorin- Andrieux, Les plantes potagères, 1 vol. in-8o de 650 pages. 
Paris 1883, chez l'éditeur, 4, quai de la Mégisserie. — Ce bel ouvrage 
deviendra certainement classique : il renferme, comme l'indique le 
titre, la description et la culture des principaux légumes des climats 
tempérés. C'est un livre de pratique écrit dans un esprit scienti- 
fique : il traite de culture potagère et il touche au Darwinisme. 

L'ouvrage est orné de belles et nombreuses gravures. 

M. Marc Micheli vient de publier, dans les Mémoires de la Société 
de physique et d'histoire naturelle de Genève, la description des Légumi- 
neuses récoltées au Paraguay par M. Balansa. Nous avons remarqué 
dans ce beau et savant travail, une intéressante introduction et, parmi 
les espèces décrites et figurées pour la première fois, un grand nombre 
de Mimosa. 

Louis Planchon, les Champignons comestibles et vénéneux ; broch. 
in-8°, Montpellier, 1883. — Sous une apparence simple et attrayante, 
cet ouvrage fournit les renseignements les plus sérieux et les plus 
scientifiques. Il est écrit par un savant formé à bonne école, dans le 
but louable et humanitaire de répandre d'utiles connaissances concer- 
nant les champignons utiles et vénéneux. 



— 153 - 

D r . J. Hieronymus, Botanische Bilderlogen. — M. Le D r J. 
Hieronymus, naguère professeur de botanique à Cordoba, dans la 
République Argentine, aujourd'hui fixé à Breslau (Elisabethstrasse 
n° 1), vient de commencer la publication d'une série de cartes 
murales de botanique, utiles et recommandables spécialement pour 
la morphologie végétale. 

Félix Sahut, Le Lac Majeur et les îles Borromée; leur climat 
caractérisé par leur végétation-, broch. in-8°, Montpellier, 1883. — 
Depuis le percement du tunnel à travers le St. Gothard, la région des 
lacs, dans l'Italie septentrionale, est visitée par beaucoup de voya- 
geurs et a fait le sujet de plusieurs publications nouvelles. Celle de 
M. Jules Sahut, qui vient de paraître, est intéressante et instructive : 
l'auteur décrit, dans un style simple et attrayant, les caractères de la 
végétation spontanée et de la flore horticole de cette heureuse et 
pittoresque région. 

D r L. Savastano, Enumerazione délie piante apistiche del Napole- 
tano. — M. le D r Savastano, botaniste à l'École d'agriculture de 
Portici, a publié d'intéressantes observations sur toutes les plantes 
dont les fleurs, dans la province de Naples, sont visitées par les 
abeilles. 

D r J. S. Henriques, Expediçao scientifica à Serra da Estrella em 
1881. Secçao de botanica. Lisbonne, 1883, in-4°. — Le savant et zélé 
professeur de botanique à l'Université de Coïmbra vient de publier, 
sous les auspices de la Société de géographie de Lisbonne, les résul- 
tats botaniques d'une exploration de la Serra da Estrella. Ce mémoire 
est un document important pour la flore portugaise. 

Ch. Baltet, De V action du froid sur les végétaux pendant l'hiver 
1879-1880. Paris, 1883, in-8° (G. Masson, éditeur). — Ce mémoire est 
très étendu et parfaitement rédigé au point de vue pratique. Il fait 
connaître les effets des froids rigoureux sur toutes les espèces ligneuses 
de notre climat. Il a été publié par la Société nationale d'agriculture 
de France. 

R. Schomburgk, Report on the Progress and condition of the Bota- 
nic Qarden and Government Plantations during the year 1882. Adélaïde 



12 



— 154 — 

(South Australia), broch. in fol. min ., 1883. — Ce rapport du direc- 
teur du Jardin Botanique d'Adélaïde témoigne d'une grande prospérité 
et d'une activité qui ne se ralentit pas. Le Jardin botanique d'Adélaïde 
s'enrichit chaque année de plantes nouvelles et reçoit d'Europe presque 
toutes les plantes ornementales à mesure de leur introduction dans les 
cultures. Le rapport de 1882 est orné de photographies qui donnent 
une haute idée de l'étendue et du bel aménagement de ce jardin 
colonial. 

C. H. Delogne, Flore cryptogamique de la Belgique, l ro partie. 
Muscinées ; broch. in-8, Bruxelles 1883. — M. Delogne, aide 
naturaliste au jardin botanique de l'Etat à Bruxelles, a commencé la 
publication d'une flore des Mousses de la Belgique. Cet ouvrage sera 
très utile pour les botanistes belges qui manquaient d'un bon manuel 
pour la détermination de ces charmants végétaux. Il pourra servir de 
guide pour les étudiants et pour les personnes désireuses de s'instruire. 
La partie descriptive est précédée de renseignements et d'explications 
qui suffisent pour l'intelligence des termes usités en bryologie. 

A. N. Lebègue, Bulletin semi-mensuel de la librairie. — Les 
directeurs de l'Office de Publicité à Bruxelles (46, rue de la Madeleine) 
ont fondé un Bulletin bibliographique, qui annonce toutes les publica- 
tions qui leur sont communiquées et qui est envoyé gratuitement à 
toute personne qui le demande. 

Le professeur N. A. Pedecino, de l'université de Rome, est 
mort le 2 août de cette année. Jeune encore, il était né le 12 juillet 
1839, il avait déjà rendu de grands services à la science et à 
l'enseignement. 



— 155 — 



NOTE SUR LE BEGONIA LUBBERSI, morr. 
par M. Edouard Morren. 

Planche XIII. 

Bégonia Lubbersi : Suffrutex, ramosa. Caulis nodosus summo deflexus. 
Stipulae membranaceae, integrae, amplae, persistentes. Folia disticha. Petioli 
breviores (0 m û5-6), ascendentes, glabri, rosei. Lamina peltata, oblongo rkom- 
boïdalis, elongata, angusta, subundulata, glabra,lobo superiore brevi,inferiori 
elongato, lanceolato. Pagina superior atroviridis, nitens, maculis argenteis 
raris vel confluentibus notata, inferior purpurascens. Cyma axillaris, nutans, 
pauciflora, bracteis minimis deciduis. Flores monoïci. Masculorum perian- 
thum tetrapbyllum pallide virescens, roseo tinctum, stamina spathulata. 
Ferainarum perianthum ter-quinque divisum foliolis inequalibus, heteromor- 
phis ; etigmatis sinuosis, ovarium tribus alis quarum una maxima. 

E Brasilia orta et Bruxellas in hortum botanicum v. cl. P. Binot missa. 

Fig. 1. Étamines. — 2. Stigmate. 

Ce Bégonia a été introduit fortuitement du Brésil au Jardin bota- 
nique de l'Etat à Bruxelles, en 1880, par M. Pedro Binot, de Petro- 
polis. Un bout de tige enchevêtré dans un stipe de Fougère en arbre, 
un Alsophila elegans, fut remarqué par M. Louis Lubbers, l'excellent 
jardinier en chef de cet établissement; il le détacha, le traita soigneu- 
sement et habilement, de manière à ranimer sa vitalité et, en effet, il 
ne tarda pas à développer quelques feuilles, à grandir et même à 
donner fleurs dès le mois d'octobre 1881. 

Ce Bégonia est certainement inconnu dans les cultures actuelles et 
probablement nouveau pour la science. Nous sommes heureux d'atta- 
cher à cette belle espèce le nom de M. Lubbers, qui a rendu tant de 
services à la botanique horticole en sa double qualité de chef de 
culture au jardin botanique de Bruxelles et de secrétaire de la Société 
royale de Flore. Cette dédicace sera sans doute accueillie avec 
sympathie. 

Le Bégonia Lubbersi peut être classé dans la section des Gaertia, 
de Klotsch. Il montre une certaine affinité avec le Bégonia maculata 
Raddi (B. argyrostigma Fisch.), mais il en diffère principalement par 
son limbe pelté, la forme du lobe supérieur de la feuille, les stipules 
persistantes, la disposition des nervures et des macules, la forme et la 
dimension des fleurs. 



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L'aspect général de la plante, la couleur sombre de son feuillage, sur 
lequel se détachent de nombreuses perles nacrées, offrent beaucoup 
d'attraits. Aussi le Bégonia Lublersi est-il appelé à occuper une place 
distinguée dans les collections de plantes à feuilles ornées. Les fleurs, 
sans être très parées, sont remarquables par leurs dimensions. 

C'est une plante d'avenir et dont l'horticulture pourra tirer un excel- 
lent parti. Elle est vigoureuse et sa culture n'offre aucune difficulté. 

Description. — Plante sous-frutescente, de l m 50 à 2 m. de haut, rameuse. 
Tiges cylindriques, minces (0 m 005-6), légèrement renflées aux nœuds, dressées, 
défléchies au sommet, à écorce lisse, verte, pourvue de lenticelles, plus tard 
brune et rugueuse. Feuilles alternes, distiques, pourvues de 2 stipules appli- 
quées contre la tige, membraneuses, entières, lisses, assez amples (0 m 015-18 de 
long et m 006-7 de large), bientôt desséchées, persistantes. Pétioles charnus, 
ascendants, courts (0 m 05-6), cylindriques (0 m 003-4), glabres et rosés. Limbe 
pelté, rhomboïdal, oblong, allongé (0ral5-18), étroit (0 ro 060-65), à lobe supé- 
rieur court (0 m 070-75) et lobe inférieur lancéolé, allongé (0 m 08-9), un peu 
ondulé, irrégulièrement et très légèrement denticulé, partout glabre. Face 
supérieure vert très foncé, presque noir, chatoyant, à reflets nacrés, parsemée 
de macules argentées, éparses, plus ou moins serrées, parfois confluentes, 
souvent en ocelles, pouvant disparaître avec l'âge et surtout au voisinage des 
fleurs. Ombilic blanc, duquel partent ordinairement 6 nervures principales, 
un peu saillantes, rose carminé. Face inférieure lisse et ordinairement carmin 
foncé. 

Inflorescences axillaires, en cime dichotome, penchée, à mérithalles courts, 
épais, glabres, verts, pauciflore (ordinairement 6 fleurs). Bractées membra- 
neuses, épaisses, très-caduques, minimes (O015 long et O005 large), ovales, 
blanc-verdâtre. Fleurs monoïques. Les mâles à 4 folioles, sur deux rangs, 
étalées, blanchâtres, légèrement nuancées de vert et de rose. Les extérieures 
plus amples (0 m 040-45 de long et œ 035-40 de large), les intérieures plus courtes 
(0 m 030) et beaucoup plus étroits(0 m 007). Étamines nombreuses, libres, àfilaments 
courts, anthères à connectif très large et ovale. Fleurs femelles à 3-5 folioles, 
inégales, hétéromorphes, successivement plus restreintes. Trois styles à gros 
stigmates méandriformes. Ovaire à baee aiguë et sommet tronqué, long (0 m 020- 
25), à 3 ailes vertes dont une très-grande. Originaire du Brésil (Petropolis). 



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NOTES SUR LES DÉCOUVERTES BOTANIQUES 
LES PLUS REMARQUABLES FAITES EN AMÉRIQUE, 

par M. Benedict Roezl, de Prague. 
(Suite, voir p. 123.) 

Pilocereus senilis. Bien que ce Cactus à longs poils blancs soit 
connu en Europe depuis 35 ans et que des milliers d'exemplaires y 
aient été transportés dans les jardins et les serres, bien qu'il y soit 
représenté par des collections nombreuses dont le coup d'oeil est 
curieux et attractif entre tous, nous ne croyons pas sans intérêt de 
dire quelques mots de l'habitat et du faciès de la plante dans sa patrie. 

A trois journées de cheval de Mexico, vers le nord, le plateau qui 
sert d'emplacement à la ville se trouve divisé par une profonde 
entaille formant une vallée de largeur raisonnable, au fond de laquelle 
coule un cours d'eau. Il y règne une température tiède, sans gelées, 
conséquence d'une altitude inférieure de 300 m. à celle de la haute 
plaine mexicaine. Le long de la rive gauche du cours d'eau se dresse, 
sur une étendue de trois milles allemands environ, une rangée de 
monticules salifères, peu élevés, d'une couleur blanche toute spéciale, 
comme s'ils étaient faits de gypse. C'est là que grandit le Pilocereus 
senilis, représenté par de gigantesques colonnes atteignant 18-24 m. 
de haut et 30-60 cm. de diamètre et revêtues d'aiguillons piliformes 
blancs, pendants, longs de 10-15 cm. Le sommet de ces colonnes 
est constamment incliné vers le sud. C'est sur la partie tournée 
dans cette direction, c'est-à-dire vers le soleil, que prennent naissance 
les fleurs, de couleur jaune, réparties sur une étendue de 15 cm. et 
apparaissant chaque année 15 cm. plus haut sur les colonnes, mais 
toujours du même côté. Je n'ai jamais trouvé de fleurs ailleurs que 
sur la face méridionale du Pilocereus, et cette observation vient con- 
firmer le vieil adage d'horticulture qui attribue au soleil une action 
importante sur la floraison des Cactus, et recommande d'orienter les 
plantes que l'on cultive en vue de leur floraison de telle sorte qu'une 
seule et même face soit constamment tournée vers l'astre du jour, 
en évitant autant que possible de trop fréquents déplacements. 
Du reste, ce précepte ne trouve pas d'application dans la culture 



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du Pilocereus, parce que celui-ci ne fleurit que lorsqu'il atteint une 
hauteur et une vigueur dont il n'approche jamais dans nos serres 
où on l'élève en pot. Il est vrai que la beauté de l'espèce ne réside pas 
dans ses fleurs, mais dans le faciès gris argenté que son révétement 
tout spécial prête à la tige. 

C'est un coup d'œil merveilleux et surprenant à la fois que celui de 
ces colonies de Pilocereus. Des milliers de colonnes, hautes comme des 
maisons, épaisses comme le corps d'un homme, se dressent devant 
vous, toutes couvertes de longs poils, gris d'argent, dont la nuance 
passe au gris noirâtre ou même au noir vers le bas. L'homme s'arrête 
saisi de stupeur devant ces prodiges de la création. Un silence solennel 
règne dans ces déserts ; ni le vol de l'oiseau ni le pas pressé du quadru- 
pède ne vient en troubler la solitude; seul un reptile se traîne çà et là 
sur le sol dénudé, privé de toute végétation autre que celle du Cactus. 

Il est plus que rare de rencontrer de jeunes pieds de Pilocereus 
senilis, bien que la plante produise une incroyable profusion de 
semences, jusque 350 par capsule. On croirait qu'au milieu d'une telle 
richesse la récolte des graines doive être tâche aisée et rapide : tel 
n'est nullement le cas. Pour arriver aux capsules fertiles, il faut 
d'abord abattre la tige, ce qui n'est pas chose commode, car le bois 
intérieur est dur comme de l'ivoire et d'une élasticité telle qu'il faut à 
un homme vigoureux plusieurs heures de travail et le secours d'une 
excellente hache américaine pour venir à bout de pareil colosse. Enfin 
le voilà au terme de son pénible labeur; la tige gémit, s'incline et 
s'écroule, mais le choc qu'elle éprouve en touchant le sol est si violent 
que les parties molles et avec elles les capsules fertiles se brisent en 
milliers de minuscules fragments; sans compter qu'il faut choisir 
le moment propice : trop tôt, les graines ne sont pas mûres ; trop tard, 
elles sont déjà tombées ou mangées par les insectes. Trop souvent 
le mal que l'on s'est donné est en pure perte et l'on reconnaît, après 
cet éreintant travail sous les rayons presque perpendiculaires d'un 
soleil que ne voile jamais aucun nuage, que l'on en est pour ses peines. 
J'ai importé en Europe de jeunes pieds ainsi que des graines de 
Pilocereus senilis. 

Pilocereus Hoppenstedti Web. Quand on se dirige au sud de 
Mexico, vers Tehuacan, l'on traverse une contrée où se rencontrent 



— 159 — 

des milliers de spécimens de Cactus de toutes dimensions. Après trois 
jours de chemin, l'on arrive en un endroit où le plateau s'abaisse 
brusquement de 300 mètres. C'est là que les Mexicains ont établi une 
saline d'un système tout à fait primitif. L'eau, exceptionnellement riche 
en chlorures, qui jaillit abondamment d'une source est amenée sur un 
vaste espace uni et découvert, où les rayons ardents du soleil ont 
bientôt fait de l'évaporer. 

Il ne reste qu'un sel pur et blanc comme neige, que l'on se con- 
tente de ramasser à la pelle pour recommencer la fabrication à 
nouveau. 

Dans cette région unie et homogène surgissent, çà et là, de petits 
monticules dont le P. Hoppenstedti Web., a pris possession. J'en ai 
rencontré des spécimens de 60 cent, de diamètre, formant des colonnes 
dressées, analogues à celles de la précédente espèce, mais couvertes de 
poils moins longs et moins blancs. L'on y trouve en revanche, comme 
particularité intéressante, des aiguillons de 15 cm. de longueur. Le 
territoire habité par ce Cactus atteint une superficie qui égale presque 
un mille carré allemand (2 */2 k. car.). On en rencontre un vigoureux 
spécimen de 10 en 10 mètres carrés de distance environ. Çà et là, dans 
l'intervalle, surgit un rare Agave. Le sommet de ce Cactus est aussi 
incliné vers le midi On ne l'observe, du reste, au voisinage de Mexico 
que dans les environs de cette saline : particularité au moins étrange, 
si l'on réfléchit que des milliers de ses graines sont chaque année 
emportées et dispersées par les oiseaux. 

Pilocereus chrysomallus Lem. Impossible, pour celui qui n'a pas 
eu la chance de contempler ce Cactus dans son hahitat naturel, de se 
faire une idée, même lointaine, .du coup d'œil étrange et curieux que 
présente chaque spécimen, avec la dégradationde nuances échelonnées 
de sa base à son sommet. 

Au mois de janvier 1858, j'entrepris un grand voyage au sud ouest 
de Mexico, dans le but d'atteindre la ville de Michoacan. Je passai 
par Toluco et escaladai son volcan haut de 4600 m. J'atteignis son 
versant nord au prix d'indicibles fatigues, puis, toujours marchant 
vers l'ouest, j'arrivai, après 14 jours de voyage, à un lieu nommé 
« Spiritus Sanctus ». Il s'y trouve une mine d'argent d'une prodigieuse 
richesse, exploitée de la façon la plus primitive. Du minerai de cuivre 



— 160 — 

argentifère, on n'utilise que la partie la plus riche en argent, que l'on 
transporte à dos de mules à plusieurs milles de distance, à l'endroit 
où la matière première doit être travaillée. Partout au voisinage de la 
mine sont entassés d'immenses blocs de minerai argentifère, attendant 
l'époque où des voies de communication moins imparfaites permettront 
leur transport jusqu'aux fonderies et leur traitement dans des condi- 
tions avantageuses et rémunératrices. 

Le soleil s'abaissait vers l'horizon quand j'observai, à une distance 
d'une centaine de mètres, plusieurs groupes de végétaux d'allure 
étrange, dont le coloris tout spécial excita vivement ma curiosité. En 
m 'approchant, je ne tardai pas à reconnaître qu'il s'agissait de massifs 
d'un Cactus, le P. chrysomallus. C'est une espèce dont les représentants 
atteignent souvent 10-20 m. de haut; leur forme n'est pas celle d'une 
colonne, mais bien de candélabres à plusieurs branches étagées. Au 
sommet des pousses, quand la plante a atteint une vigueur suffisante, 
ce qui arrive, en règle générale, vers l'âge de 15 à 20 ans, se dévelop- 
pent les fleurs, par un processus identique à ce qui se passe chez 
les Melocactus : une sorte de plumet ou de hampe compacte et 
tronquée apparaît, qui donne naissance aux fleurs, s'allonge chaque 
année de 5-6 cm. et finit par atteindre parfois jusqu'à un mètre 
de haut. Pendant que la souche principale aussi bien que les 
ramifications, grosses souvent comme la cuisse d'un homme, pré- 
sentent la coloration verte habituelle aux Cactus, la hampe, avec 
les aiguillons qui la recouvrent, revêt les teintes les plus variées 
et les plus éclatantes. La première année, les aiguillons serrés, dis- 
posés en brosse, qui tapissent sa surface sont d'une couleur jaune 
clair; l'an d'après, leur teinte devient jaune foncé, puis orangé clair, 
puis orangé intense et ainsi de suite, le coloris gagnant d'intensité 
d'année en année, jusqu'à devenir brun et même noir sur le cours 
de 6-7 ans. Cette nuance foncée envahit la hampe entière aussitôt que 
celle-ci cesse de grandir et de donner des fleurs, ce qui n'arrive qu'au 
bout d'une cinquantaine d'années. En attendant et pendant toute la 
durée du développement des sujets, les parties jeunes de la hampe 
continuent à revêtir les teintes les plus vives, de telle sorte que l'on 
observe, sur un seul et même pied et par une dégradation insensible, 
toute l'échelle des nuances du jaune et du brun jusqu'au noir le plus 
intense. C'est un coup d'oeil d'une richesse et d'un éclat incomparables 



- 161 — 

que celui d'un semblable groupe de P. chrysomallus. Ici les hampes 
sont noires, ailleurs brun foncé, brun clair, jaune brillant, suivant 
leur âge ou leur puissance végétative; on dirait autant de bonnets de 
grenadiers, d'où le nom de Pilocereus militaris donné parfois à la 
plante. Naturellement les spécimens multicolores sont en majorité, 
et le coup d'œil n'en est que plus varié et plus original. 

Dès le lendemain, mon premier soin fut d'enlever, parmi ces hampes 
bizarres, les plus belles de celles qu'il m'était possible d'atteindre, 
dans le but d'en tirer parti en guise de boutures. Pour mieux 
assurer leur reprise, je laissai adhérent à chacune d'elles un 
fragment long de 5-10 cm. du rameau qui lui servait de soutien. 
Je rencontrai les plus jolis spécimens au sommet des pieds qui 
grandissaient sur un substratum de minerai en petits fragments. 
Malheureusement le manque de bêtes de somme ne me permit d'em- 
porter à mon jardin de San Bargo qu'une faible partie de ma récolte; 
plus tard, à mon retour d'un voyage de six mois dans l'intérieur du 
Mexique, je n'en trouvai plus qu'un petit nombre de pieds en vie 
et les tentatives pour les transporter en Europe ne furent pas 
couronnées de succès. Plus jamais, depuis lors, je n'ai revu la station 
de ces étranges Cactus, et n'ai pu conséquemment réaliser mon plus 
ardent désir, celui d'enrichir les collections européennes de Cactus 
de la forme la plus belle et la plus originale parmi toutes celles que 
présente cette curieuse et intéressante famille. 

Pour introduire en Europe le Pilocereus chrysomallus dans toute sa 
beauté, le procédé le plus commode serait probablement d'en greffer 
les hampes florales sur un autre Cactus : l'opération devrait se faire 
dans la patrie même de la plante. Les jeunes pieds sont sans grande 
valeur pour les collections ; ils ressemblent au Cereus peruvianus et 
n'auraient guère chance d'atteindre chez nous le degré de développe- 
ment nécessaire à la production de leur plumet multicolore. 

Agave schidigera. Non loin de la région qu'habite le Pilocereus 
chrysomallus se dresse un rocher où j'eus la bonne fortune de rencon- 
trer une autre plante, VA gave (Littaea) schidigera, non moins 
remarquable par l'intéressante succession de nuances qu'elle présente. 
Les feuilles des spécimens que j'avais sous les jeux étaient, les unes 
d'un pourpre sombre, les autres rouge clair, d'autres encore vert foncé ; 



— 162 — 

elles donnent naissance de chaque côté à de minces filaments de couleur 
blanche légèrement incurvés ou enroulés sur eux-mêmes, semblables 
à ceux de V Agave filifera, sauf qu'ils sont plus vigoureux et tellement 
nombreux qu'ils font paraître la plante comme toute parsemée de 
rognures de corne. Ce curieux végétal habite les rochers arides et 
dénudés, où ses racines découvrent à grand' peine, dans les minces 
crevasses qui parsèment la pierre, quelques parcelles de terre aux- 
quelles elles empruntent une maigre et parcimonieuse nourriture. 

J'emportai une centaine de pieds d'Agave ainsi qu'un stock considé- 
rable de graines mûres et envoyai le tout en Europe. Ce sont, parmi 
les plantes expédiées par moi au pays, les seules qui parvinrent à 
destination ; par malheur il n'en reste actuellement que bien peu de 
spécimens en vie par suite des méprises qui ont été commises dans leur 
culture et qui proviennent de l'inexpérience et de l'ignorance des 
conditions sous lesquelles l'Agave se développe dans son habitat 
naturel. Ce n'est pas un sujet de serre tempérée; il réclame une 
chaleur sèche prolongée et un sol maigre, entremêlé de nombreuses et 
fines parcelles de granit. L'ombre est sa mortelle ennemie : il lui faut 
un éclairage puissant et une station chaude et sèche pour développer 
le brillant coloris de ses feuilles. Sans doute l'Agave continue à végé- 
ter en serre tempérée, mais sans autre nuance qu'une teinte verte 
uniforme; c'est à peine si le feuillage conserve ses bandes blanches 
caractéristiques, semblables à celles de Y Agave Victoria Reginae; 
quant aux filaments dont il est garni, ils deviennent moins nombreux 
et moins décoratifs. 

Oereus Tehuacanensis. Je ne puis résister à l'envie de dire quelques 
mots en passant de ce gigantesque Cactus, qui de loin ressemble à un 
poirier de conformation absolument régulière et chargé de fruits. C'est 
sur la route d'Oaxaca, à un jour de marche de Tehuacan, que se ren- 
contre en abondance ce Cereus à fructification si abondante. Sa tige 
atteint 60-90 cm. de diamètre et donne naissance, vers 2 ou 2 */2 m. 
de hauteur, à des branches horizontales uniformément réparties sur 
sa circonférence; ces rameaux, à leur tour émettent des pousses qui 
atteignent souvent 15 cm. de longueur et se dirigent verticalement 
vers le haut; l'on en compte même plusieurs centaines sur un seul 
de ces arbres dont la cîme atteint alors jusqu'à 7 à 8 m. de diamètre, et 



— 163 — 

chacune d'elles porte un certain nombre de fruits volumineux, tout 
chargés de piquants. Une fois ceux-ci écartés à l'aide d'un fragment 
de bois, Ton se trouve en présence d'un fruit recouvert d'une 
écaille couleur rouge-brun et gros à peu près comme une pomme 
de médiocres dimensions. L'écorce renferme dans son intérieur 
une masse d'un rouge de sang, parsemée de minuscules graines 
noires, assez semblable à la chair de nos groseilles, succulente et de 
goût sucré. On peut sans inconvénient manger 20 à 30 de ces fruits, 
et c'est une vraie bénédiction du Ciel que la présence d'un produit 
aussi savoureux et rafraîchissant au milieu de ces régions sèches et 
poussiéreuses. 

Pour détacher sans se blesser le fruit des rameaux, on fait usage 
d'un long chaume de Bambou ou encore iVArundo Donax, que l'on 
prépare comme suit. On en fend l'extrémité en 5 ou 6 parties que l'on 
fixe l'une en dessous de l'autre, à l'aide d'une ficelle solide, de façon à en 
faire une sorte de minuscule panier, puis, à l'aide de cet appareil tout 
primitif, on imprime une légère secousse aux fruits, qui lors de leur 
complète maturité se détachent aisément et tombent dans la corbeille. 
On les transvase ensuite dans un panier de plus grandes dimensions 
pour les envoyer aux marchés fruitiers de Mexico, de Puebla ou 
d'Orizaba. 

Echinopsis turbinata Zucc. C'est probablement, parmi les Cactées 
de cette catégorie, la plus répandue en Europe; on la voit partout étalée 
aux fenêtres, au village comme à la ville ; mais le lecteur n'a probable- 
ment aucune idée des dimensions prodigieuses auxquelles un seul pied 
de cette plante est susceptible de parvenir dans son pays natal. Qu'on 
s'imagine un monticule surbaissé, haut au centre de 60 à 90 cm., sur 
un diamètre de 3 à 6 m., composé de l'aggrégat de centaines de 
c tètes » superposées en apparence, mais nées en réalité de la racine, 
grandies d'année en année et s'élargissant graduellement de la base 
au sommet. Chacune d'elles, à l'époque de la floraison, donne naissance 
à une fleur : de telle sorte que chaque monticule se trouve littérale- 
ment tapissé de centaines de fleurs blanches chez l'un, roses chez un 
autre, lilas ou rouge foncé chez un troisième, revêtant en un mot une 
infinie variété de nuances. Il faudrait plusieurs jours de travail pour 
déraciner semblable colosse et plusieurs chariots pour transporter cet 
étrange édifice végétal aux têtes multiples. 



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EcheveriaDe Smetiaua. C'est encore une des plantes qui décorent 
la région prémentionnée, où elle grandit sur des rochers arides. 
Pendant la saison sèche, c'est-à-dire en hiver, elle se contracte et se 
ratatine étrangement. J'en ai trouvé des pieds nombreux croissant sur 
un des monticules à'Bchinopsis turbinata dont il vient d'être ques- 
tion et paraissant se trouver à merveille de cet habitat. D'autres 
exemplaires atteignaient la hauteur d'un homme avec de grandes 
feuilles et d'abondantes et vigoureuses ramifications : de vrais spé- 
cimens géants, en un mot. 

Aphelandra aurantiaca Roezli et Dalechampia Roezliana rosea. 

Bien que la découverte de l'une et l'autre de ces plantes sur le terri- 
toire mexicain remonte à une vingtaine d'années, je ne puis cependant 
résister à l'envie de donner au lecteur quelques renseignements sur 
la localité où elles se rencontrent et dont le climat diffère essentiel- 
lement de toutes les régions que nous avons parcourues jusqu'à 
présent : ce sera, je l'espère, faciliter aux horticulteurs l'élève et le 
traitement de ces intéressants végétaux. Que le lecteur veuille bien 
me suivre vers l'Isthme de Tehuantepek, qui appartenait jadis 
à un territoire autonome, partagé aujourd'hui entre les provinces 
mexicaines d'Oaxaca et de Vera Cruz. Cet isthme constitue une 
région du Mexique remarquable à plus d'un titre, fréquemment men- 
tionnée et scientifiquement explorée par maints naturalistes ; c'est 
là que la chaine de montagnes qui part de l'Amérique centrale 
s'interrompt ou au moins se déprime en s'unissant au plateau mexi- 
cain : la langue de terre qui sépare en cet endroit le golfe du Mexique 
de la Mer du Sud, n'a guère plus de 212 kilomètres de large, de telle 
sorte que, depuis l'époque de Cortez, on projette de réunir les deux 
mers par un canal, voire même par un chemin de fer: entreprise 
qu'ont seule empêchée les complications malheureuses survenues 
dans la politique mexicaine et dont la réalisation est réservée 
aux pionniers de l'avenir. 

Près du golfe du Mexique, au sud-ouest du port de Vera Cruz et à 
quelques milles seulement de la côte, surgit une haute montagne, la 

t Sierra de San Martin », dont le volcan de Tuxtla, encore en activité, 
forme le couronnement le plus élevé. L'étendue de la montagne n'est 
pas considérable; plus à l'intérieur se déploie une vaste plaine, bordée 

à son tour par la Cordillère principale (Cempoaltepetl). 



— 165 - 

Sur le golfe, à mi chemin entre Boca Partida et Punta Morillos, se 
trouve un lac, la «Laguna de Santé Comapan », relié à la mer et d'où 
un chemin conduit à travers la Sierra vers le bourg de San Andres, au 
pied de la montagne. 

Grande fut ma surprise, la première fois que je fis à cheval ce trajet 
qui demande bien deux heures, de remarquer à droite et à gauche du 
chemin mes deux plantes représentées par des milliers de spécimens 
en pleine floraison. Figurez- vous, ami lecteur, la teinte rouge orangé 
des fleurs de Y Aphelandra relevée par la nuance vert gai de son feuil- 
lage; puis le rose tendre des bractées du Dalechampia entremêlé, ça et 
là, à la variété à bractées blanches; imaginez-vous cette flore, d'une 
richesse et d'un éclat incomparables, persistant des mois entiers et 
vous comprendrez les transports de joie et d'enthousiasme que sem- 
blable découverte fait éclater dans le cœur d'un botaniste! Je me 
sentais moins vivement attiré vers le brillant Aphelandra que vers son 
tendre et gracieux compagnon, dont les fleurs,, avec leurs bractées 
colorées, ressemblent si bien à celles du Bégonia, bien que leur struc- 
ture soit complètement différente; car le Dalechampia appartient à la 
famille des Euphorbiacées. Le caractère si étrange et si original de 
cette famille, avec sa prodigieuse multiplicité de formes, trouvait une 
nouvelle expression dans ma curieuse et intéressante trouvaille; et 
parcourant en esprit les diverses Euphorbiacées cultivées dans nos 
collections d'Europe, je me prenais à songer que ce nouveau repré- 
sentant serait une riche et précieuse acquisition pour les jardins du 
pays. 

Mais avant d'aller plus loin, jetons un coup d'œil sur l'encadrement 
du ravissant et poétique tableau que nous venons de décrire. De chaque 
côté du chemin nous voyons des Bambous, ces gracieux représentants 
de la famille des Graminées sous les tropiques, qui prêtent au paysage 
un caractère si pittoresque et si enchanteur et rendent de si grands 
services aux habitants de ces régions; plus loin, c'est ï Astrocaryum 
mexicanum, un noble Palmier sur lequel nous reviendrons par la suite. 
Le feuillage d'un arbre géant, le Lucuma Mammosa, se penche sur leurs 
têtes en guise de toiture. Nous en parlerons plus tard, ainsi que de son 
fruit hautement apprécié par les Mexicains qui le nomment Zapote 
Mammey ; le plus pressé, pour l'instant, est de nous tenir sur nos 
gardes, car son feuillage abrite tout une bande de singes qui semblent 



— 166 — 

prendre un malin plaisir à nous en lancer les fruits en guise de 
mitraille, tout en nous décochant leurs plus diaboliques grimaces. 
Heureusement cette ovation d'un nouveau genre se termine sans 
dommage sérieux; car messeigneurs nos ancêtres reconnaissant 
apparemment en nous leur sang et leur chair, veulent bien condes- 
cendre à ne pas viser trop juste, de telle sorte que leurs projectiles 
passent en sifflant à nos côtés ou sur nos tètes. 

Quelques mots maintenant sur la culture de ces plantes : que le 
lecteur veuille bien ne pas oublier que je suis demeuré sept années 
entières dans ces contrées et que mon apprentissage est le fruit d'une 
longue expérience et non d'observations passagères. Dans la région 
qu'habitent les Daïechampia et Aphelandra y chaque jour apporte à 
heure fixe son contingent de pluie, de façon à accumuler une hauteur 
journalière d'eau de 30-40 cm. ; il existe même des saisons de l'année 
où la pluie tombe sans discontinuer des semaines entières, comme si 
on la versait à seaux. Il est heureux que le terrain de ces contrées 
présente une forte pente de 20-30 degrés environ, grâce à laquelle 
l'eau s'écoule aisément dans la lagune. 

Indépendamment de ces circonstances éminemment favorables, 
auxquelles vient se joindre l'extrême perméabilité du sol, les régions 
basses du pays sont parsemées à profusion de marécages aux eaux 
stagnantes, de cours d'eau et de ruisseaux qui parfois se gonflent et 
ressemblent à des torrents ou à des fleuves en miniature. 

La température moyenne de ces régions varie entre 25 et 30° R. 
(31 et 37° 1/2 C). En hiver seulement s'élèvent de temps à autre des 
vents violents du nord-est appelés « Nortes », qui abaissent brusque- 
ment la température jusqu'à 12-15° R. (15 à 19° C). Nous voyons 
donc clairement que le climat de ce district est entièrement distinct 
de celui du plateau mexicain où nous avons jusqu'à présent promené 
nos investigations. Le changement est brusque, inattendu; il se 
produit instantanément, sans transition, et se limite à un espace 
restreint, nettement circonscrit, à une bande de terre de trois à quatre 
railles allemands; tout à coup, en ligne droite et comme tracée 
au cordeau, apparaît la limite de la forêt vierge, et nous voilà, 
brusquement et sans modification appréciable dans la nature du sol, 
transportés sur la prairie (Savana). Celle-ci, particularité non moins 
étrange, a sa saison des pluies de sept mois de durée environ et sa 



— 167 — 

période de sécheresse de cinq mois, tandis que dans la forêt, à 200 
pas à peine de distance, il pleut du premier au dernier jour de l'an, 
sauf certaines années exceptionnelles où les cataractes du ciel cessent 
de se déverser pendant 2 à 3 semaines, dans le courant de mai. 

De ces renseignements, le lecteur conclura sans peine combien il 
est nécessaire, indispensable même, de se renseigner aussi exactement 
que possible sur les conditions d'existence et l'habitat des plantes 
nouvelles quand on a à cœur de réussir dans leur culture. 

Naegelia fulgida. C'est une minuscule Gesnéracée, à jolies fleurs 
rouge-cinabre foncé, qui croit également sur les rochers de Santé 
Comapan, en compagnie d'une autre plante introduite depuis nombre 
d'années, le Peniastemon mexicanum. On se figure difficilement un 
coup d'oeil plus enchanteur que celui de gigantesques masses rocheuses 
tapissées de ces deux gracieuses fleurs. 

Ailleurs, se rencontre le Nœgelia digitaliUora à fleurs blanches, 
mais jamais je n'ai observé les deux espèces au même endroit. S'il est 
un fait intéressant et remarquable, c'est de voir des plantes dans leur 
habitat naturel, c'est-à-dire au sein des conditions apparemment les 
plus favorables, ne se rencontrer qu'en nombre restreint, alors même 
que toutes les circonstances semblent réunies pour aider à leur multi- 
plication. Le Naegelia est un exemple frappant de cette curieuse parti- 
cularité : il ne se multiplie guère, bien que sa propagation semble 
aisée, eu égard au nombre de ses semences et à l'abondance de rhi- 
zomes qu'il produit. 

Galochortus Mexicanus. Cette superbe Liliacée mexicaine à fleurs 
bleues est extrêmement rare : j'ai eu toute la peine du monde à en 
récolter quelques bulbes, encore ne sont-elles arrivées en Europe que 
dans un état d'altération avancé. La plante grandit sur la savane 
précitée, où pendant cinq mois de Tannée règne une sécheresse abso- 
lue : le sol y est composé de détritus d'origine volcanique, car vers 
la fin du siècle passé, le 22 mars 1793, s'est produite une effroyable 
éruption du Tuxtla, qui a duré trois années entières et a couvert de 
cendres, de sable, de débris de pierre ponce, etc. toute la contrée sise 
à Test du volcan. 

Ce qu'il y a d'étrange et de saisissant, c'est d'observer sur ce terri- 



— 168 — 

toire, élevé de quelques centaines de milles à peine au dessus du niveau 
de la mer, une végétation habituellement confinée aux altitudes 
de 2000 m. Là se rencontrent en abondance des Stema, Bouvardia, 
Zinnia, Castilleja, Calochortus; là se dressent des' 1 forêts entières de 
Liquidambar , tandis que les points culminants sont habités par un 
Clethra (F?'icacée), qui couvre leur surface d'un tapis buissonneux; 
et toutes ces plantes, à en croire leur âge, ne seraient apparues qu'à 
la suite de l'éruption volcanique. A côté, se voient des espaces où les 
débris éruptifs semblent accumulés en moindre abondance, et là ce 
sont les plantes de la « Terra caliente », de la zone torride, qui 
dominent, représentées entre autres par Y Acrocomia sclerocarpa, que 
l'on ne rencontre jamais spontané à des altitudes de plus de 100-200 m. 
au dessus du niveau de l'Océan. 

Quand on observe, côte-à-côte avec cette végétation, des plantes 
exclusives à des altitudes bien supérieures, l'on se sent disposé à 
attribuer leur présence à des graines transportées des Cordillères sur 
les ailes des vents ou des oiseaux. Tout autre est ma manière de 
voir, née d'un séjour prolongé sur le territoire avoisinant les volcans 
du Mexique en activité et dans la zone des tremblements de terre 
qu'ils provoquent. Mais voyons d'abord quels faits viennent à ren- 
contre de l'hypothèse précitée. 

En admettant que les semences des Liquidamlar, distants d'au 
moins une centaine de « léguas » (lieues) en ligne droite, aient été 
apportées en ces lieux par le vent, il faudrait qu'elles eussent passé 
par dessus toute l'étendue de la Savane ; dès lors il en est parmi elles 
qui seraient tombées et auraient poussé plus près de leurs parents, 
d'autant plus qu'elles y auraient rencontré des circonstances tout 
aussi favorables à leur croissance. Même observation pour les 
Cycloiothra, Calochortus, Stevia et Bouvardia, plus éloignés encore 
que les Liquidambar. Aussi j'adopte, pour ma part, une opinion tout à 
fait différente et j'exprime ici hardiment ma conviction, qu'il s'agit 
d'une néoformation végétale. 

Aristolochia (gigas? R.). C'est près d'une chute d'eau à Santé 
Comapan que j'ai trouvé cette fleur gigantesque. Peut-être s'agit-il 
d'une plante nouvelle, indéterminée et non encore introduite dans 
nos cultures européennes ; en tous cas, sa découverte s'est effectuée 



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dans des conditions qui méritent d être rapportées. Un énorme serpent 
qui se dressa rapide comme une flèche, à deux pas devant moi, me 
causa une telle frayeur, que, malgré mon séjour prolongé sous les 
tropiques et l'habitude de semblables rencontres, je reculai instincti- 
vement et m'enfonçai dans le buisson voisin, afin de permettre à ce 
visiteur incommode de continuer sa route tout à son aise. Une fois le 
reptile disparu, je regardai de plus près la végétation au sein de 
laquelle je m'étais engagé et y découvris une liane portant trois 
fleurs de dimensions vraiment inusitées; un examen plus attentif me fit 
voir qu'il s'agissait d'une Aristoloche. Les fleurs, larges de25cm.etde 
longueur à peu près égale, se prolongeaient en une sorte d'appendice 
d'une soixantaine de centimètres au moins; elles présentaient, sur un 
fond blanc jaunâtre, de jolis dessins d'un brun noir semblables à des 
hiéroglyphes. J'ai vu rarement fleurs plus étonnantes. Malheureuse- 
ment rien n'est parfait en ce monde : leur odeur est si repoussante 
que celle de Y Arum crinitum ou d'un iStapelia, pourrait passer pour 
un parfum; les exhalaisons désagréables qui s'en dégageaient me 
poursuivirent pendant des heures entières. 

Je désigne cet Aristolochia sous le nom de gigas parce que j'ai cul- 
tivé jadis, dans le jardin de Van Houtte, une plante baptisée de ce nom 
par Lindley et dont les feuilles avaient de la ressemblance avec celles 
de ma trop odorante trouvaille. S'agit-il d'une seule et même plante? 
C'est ce que je ne pourrais affirmer avec certitude, parce que VA . gigas 
Lindl. n'a jamais, à ma connaissance, fleuri en Europe. La récolte et 
l'expédition de mon Aristoloche ne laissèrent pas de s'entourer de 
difficultés sérieuses; car d'une part la plante ne produit pas de souche 
radicale proprement dite, de l'autre ses feuilles et sa tige sont hors de 
proportion avec les dimensions de ses fleurs : les feuilles ont 10 cm. 
de long sur 6-7 de large, la tige entière est mince comme un tuyau de 
plume. Plus tard, j'envoyai en Europe une capsule remplie de graines 
qui, suivant toute apparence, n'ont pas réussi à germer, à moins 
que les jeunes pieds n'aient péri sous l'influence d'une culture mal 
appropriée à leurs exigences. 

Zamia furfuracea. C'est sur un espace de quelques milles, au bord 
du golfe du Mexique et dans le voisinage de la lagune de Santé Coma- 
pan, que croît cette jolie Cycadée, sur un sol de sable pur et sous les 

13 



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rayons du soleil le plus ardent ; le terrain y est tellement échauffé que 
Ton ne saurait y marcher pieds nus sans se brûler, La plante s'y 
trouve dans son véritable élément; elle pousse de vastes et nombreuses 
touffes foliaires de 1 1/2 m. de long avec des folioles larges de 6 cm. 
et longues de 20. Mais partout où quelque arbre élevé lui prête un 
abri qu'elle est loin de réclamer, ses frondes deviennent moins nom- 
breuses, moins vigoureuses ; l'ombre vient-elle à s'épaissir, c'en est 
fait même des pieds les plus robustes. Donc, il faut au Zamia, pour 
vivre et prospérer, l'ardeur brûlante des rayons solaires, un sol 
sableux et salifère et peut-être l'atmosphère imprégnée de chlorures 
qui règne au voisinage de l'Océan. Dans sa station naturelle, avec la 
profusion de fruits dont il est couvert et d'où émergent de grosses 
graines rouges, le Zamia furfuracea est une plante superbe et je me 
laissai entraîner à en faire une expédition considérable en Europe; 
malheureusement les centaines de pieds dont se composait l'envoi 
n'ont guère réussi; presque tous ont disparu des jardins et ceux que 
l'on rencontre çà et là y traînent une existence languissante et misé- 
rable : preuve que nous ne sommes guère en état de leur procurer, 
dans nos cultures, les conditions indispensables à leur existence. 

Astrocaryum mexicanum. Ce palmier, l'un des plus élégants, mais 
aussi des plus épineux du groupe, croit en abondance à Santé Comapan 
sur une étendue de plusieurs milles carrés ; sa hauteur ne dépasse pas 
4 m.; il lui faut, pour vivre, l'ombre des arbres géants de la forêt 
vierge : c'est qu'à l'inverse du Zamia précédemment décrit r il redoute 
la lumière; partout où quelqu'un de ces parasols gigantesques, de ces 
arbres contemporains de la forêt s'écroule sous la faux du temps impi- 
toyable ou de la masse infinie des parasites qui l'enlacent, l'étouffent 
et se repaissent de sa moelle, on voit les Astrocaryum, exposés sans 
abri aux atteintes du soleil, ne pas tarder à y succomber. 

Même observation pour la plupart des Geonoma et Chamaedorea : 
le lecteur y trouvera, pour peu qu'il y réfléchisse, une importante 
indication relative à la culture de ces végétaux exotiques. — Il Astro- 
caryum mexicanum est un joli palmier, dont le stipe mesure à peine 
6-7 cm. de diamètre et se couvre d'un revêtement serré d'aiguillons 
bruns et brillants; il ne s'épaissit pas avec l'âge, au contraire, il 
s'amincit plutôt, mais devient dur comme le fer et perd ses piquants. 



— 171 — 

Les frondes pennées, peu découpées, ont 1 i/a m. de long et près d'un 
mètre de large ; elles sont couvertes à la face inférieure d'une sorte de 
poussière brillante comme de l'argent et revêtues de ces mêmes aiguil- 
lons. Les indigènes les utilisent en guise de tuiles pour servir de 
toiture à leurs huttes; quant aux stipes, ils en font des lattes, et les 
fruits, gros à peu près comme une noix, sont recueillis et mangés avec 
plaisir par les Indiens et les métis : car les divers produits des pal- 
miers jouent tous un rôle important dans l'économie domestique de 
l'habitant des contrées tropicales. Le fruit de YAstrocaryum mexica- 
num diffère du reste essentiellement de celui de ses congénères et des 
palmiers en général; car son enveloppe extérieure est molle aussi bien 
que son amande. 

Coryanthes macrantha. Cette superbe orchidée est abondante à 
Santé Comapan et savez-vous dans quelle compagnie? Gageons que le 
lecteur aurait peine à se l'imaginer! Au sommet des arbres, de ceux là 
surtout qui se penchent au dessus d'un ravin ou d'un fleuve, se rencon- 
trent des nids qu'habitent de très-grosses fourmis. Le diamètre de ces 
arbres atteint souvent '/a à 1 m. ; leur partie supérieure est habituelle- 
ment recouverte de Coryanthes; sur les côtés se rencontrent des Bromé- 
liacées, parfois \xx\Epidendrum\ entre les deux, apparaissent les hampes 
pendantes du Coryanthes, avec 2-4 grandes fleurs d'un jaune pur, 
mélangées ça et là aux variétés tachetées de rouge, avec des macules 
de différentes dimensions. Rien de plus étrange que la conformation 
du labelle : on croirait à première vue avoir sous les yeux un 
Cypripedium. Dans cette sorte de cruche ou de pantouflle est contenu 
un liquide de saveur sucrée, très-apprécié probablement par les 
gourmets de la petite colonie installée dans le voisinage ; c'est une 
fabrique de confiserie qu'ils ont ainsi à domicile. 

Malheur, trois fois malheur à l'audacieux qui forme le projet d'en- 
lever semblable plante au nid qu'elle abrite, car ces fourmis font des 
piqûres plus douloureuses que nos guêpes. Du reste, il ne viendra 
jamais à l'idée, ni de l'explorateur ni de ses domestiques, de grimper sur 
l'arbre pour s'emparer de l'élégante parure qui le décore : il faudrait 
l'habileté « simienne » de l'Indien sauvage pour tenter pareille entre- 
prise avec quelque chance de succès. De sorte qu'il ne reste d'autre 
moyen d'entrer en possession de la plante désirée que d'abattre l'arbre 



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à coups de cognée; mais la tâche n'est exempte, ni de difficultés, ni de 
péril. A chaque secousse qui ébranle l'arbre, les fourmis deviennent 
comme enragées ; on dirait qu'elles devinent que l'existence même de 
leur ruche, de leur colonie est menacée; elles se précipitent furieuses, 
exaspérées, sur l'audacieux qui se permet de troubler leur quiétude. 
Alors commence une lutte étrange, désespérée; l'agresseur, harcelé 
de toutes parts par ces petites bêtes dont les morsures, pour ne pas 
être profondes, n'en sont pas moins douloureuses et cuisantes au 
possible, s'agite, se démène, laisse échapper à chaque piqûre nou- 
velle l'un ou l'autre de ces jurons énergiques dont la langue 
espagnole, tient à son service une ample et riche provision, puis se 
résigne à s'enfuir, éperdu, pour se débarasser de ses minuscules tour- 
menteurs; à moins qu'il ne précipite comme un insensé les coups de 
cognée dont il accable l'arbre, afin d'en hâter la chute et la fin de ses 
misères. 

Une fois l'arbre abattu il s'agit d'aller bon train : car c'est contre 
la nichée tout entière qu'il va falloir se défendre; un dernier coup de 
hache sépare de la cîme le rameau qui maintient le nid, un lasso y 
est lestement fixé, puis le tout est traîné vers une eau voisine, où l'on 
abandonne pendant plusieurs heures et le nid et l'engeance infernale 
qui l'habite; quand on présume que cette submersion prolongée a mis 
fin à l'existence de ces mauvaises petites bêtes, alors il ne reste plus 
qu'à détacher les plantes à l'aide d'une serpette et.... l'expédition 
est terminée. 

Par malheur il semble qu'une liaison intime, les rapports d'une 
étroite affection unissent le Coryanthes au nid et peut-être aux four- 
mis, comme autrefois Castor à Pollux, car la plante, une fois retirée 
de son habitat naturel, ne fait plus que végéter, en dépit du secours 
de vieux nids abandonnés, de façon que l'on en est réduit actuelle- 
ment à considérer les fourmis comme nécessaires à son développe- 
ment nor mal, et je ne serais guère partisan d'ajouter cette nouvelle 
vermine à toute celle que nous avons déjà importées. Je laisse à 
MM. les darwiniens le soin d'expliquer le phénomène, et me borne à 
constater que la culture de cette curieuse Orchidée n'a jamais réussi 
qu'exceptionnellement dans nos serres. 



Chysis bractescens. Encore une Orchidée de la même région ; 



— 173 — 

seulement, au lieu de rechercher le sommet des arbres et les stations 
ensoleillées, elle se dissimule anxieusement sous la face inférieure des 
rameaux les plus épais, car elle redoute la lumière. 

Elle y grandit suspendue la tête en bas, avec des pseudobulbes lon- 
gues d'un pied (30 cm.) et fixées à l'écorce de l'arbre par une paire de 
racines seulement. La plus jeune pousse est constamment celle qui 
pend le plus bas; elle porte régulièrement un bouquet de 10 à 12 
grandes rieurs, de 8-9 cent, chacune. Les pétales sont charnus et d'un 
blanc pur : seul le labelle présente une macule d'un jaune clair. 

Les fleurs, une fois cueillies, se maintiennent une quinzaine de jours 
fraîches et épanouies : aussi fournissent-elles de splendides bouquets. 

C'est une noble plante, bien digne d être cultivée, ce qui n'entraîne 
du reste aucune difficulté spéciale : elle prospère en serre chaude 
ombragée, fixée tout bonnement à une pièce de vieux bois, à condition 
de la placer dans sa position naturelle, racines en haut et tête en bas. 

Lucuma Mammosa. C'est un bel arbre, à feuilles longues d'un 
pied (30 cent.) et larges comme la main, dont les fruits représentent, à 
Santé Comapan, un produit d'une importance considérable; ils ont la 
forme d'un œuf d'oie, mais avec des dimensions à peu près doubles; 
leur écaille est rude, épaisse, coriace, couleur de rouille; elle renferme 
une chair d'un brun-rouge, de saveur extrêmement douce, dont 
le centre est occupé par un noyau de nuance brun-châtain, allongé, 
tronqué aux deux bouts, lisse et luisant. La masse qui compose ce 
noyau a un goût comparable à celui des amandes amères ; elle est for- 
tement imprégnée d'huile — 75 °/ environ — qui présente une odeur 
analogue ; c'est précisément en raison de cette huile que ces noyaux 
constituent un article si recherché; les Indiennes en enduisent leurs 
cheveux en guise de pommade et lui attribuent la conservation de 
cette précieuse parure naturelle. 

Aussi les indigènes du pays, galants cavaliers comme ils le sont 
tous, entreprennent-ils des voyages de plusieurs jours dans la direc- 
tion de Santé Comapan pour recueillir les fruits du Lucuma, comes- 
tibles et de saveur très-appréciée, et surtout pour récolter de 
grandes provisions de semences dont ils font cadeau à leurs femmes, 
à leurs filles ou à leurs dulcinées : c'est un présent aussi estimé 
que le serait chez nous un flacon de baume capillaire milanais du 



— 174 — 

célèbre parfumeur Kreller, de Nurenberg. Ces amandes sont du 
reste un produit commercial et se vendent un medio (environ 30 cent.) 
pièce chez les Indiens de la Sierra de Oaxaca, parce que les femmes, 
un peu vaines et coquettes comme elles le sont, du reste, sur toute la 
surface du globe, en usent d'énormes quantités pour leurs « ablu- 
tions • : c'est ainsi qu'elles qualifient l'opération prémentionnée. 
Voici d'ailleurs comment se prépare et s'emploie le cosmétique en 
question. On broie l'amande avec un peu d'eau, dans un vase où l'on 
puisse faire tiédir cette sorte de bouillie, que l'on exprime ensuite à 
travers une pièce de toile. L'huile ainsi obtenue ressemble à un lait 
d'amandes; elle exhale une odeur agréable, un peu plus prononcée 
que celle des amandes amères, et s'emploie de suite, c'est-à-dire 
qu'on en fait immédiatement usage pour lubréfier les cheveux : 
l'opération leur donne du brillant, de l'éclat et aide à les maintenir 
en ordre. Comme les Indiennes, en général, possèdent une belle et 
forte chevelure et ne sont pas, comme les femmes d'Europe, sujettes 
à la chute des cheveux ou à des calvities précoces, il n'est pas facile de 
dire si l'huile extraite des amandes du Zapote Mammey (c'est le nom 
indigène du fruit) est réellement douée des précieuses propriétés que 
les indigènes lui attribuent. Ces derniers y croient fermement, comme 
en fait foi un incident dont j'ai conservé fidèle souvenance. J'entrai un 
jour dans la hutte d'une famille indienne au moment même où s'effec- 
tuait le fameux « graissage » ; inspiré par une curiosité bien légitime, 
je demandai à ces braves gens si le procédé était réellement bon et s'il 
avait la valeur qu'on lui attribuait dans le pays; alors la grand'mère 
des trois jeunes indiennes présentes, étalant à mes yeux, non sans 
orgueil, ses luxuriantes tresses noires : « Voyez, Monsieur, me dit-elle, 
quelle belle chevelure je porte encore. Il y a quelques années, mes 
cheveux grisonnaient, parceque nos hommes ne pouvaient plus, à 
cause de la révo'ution, s'approvisionner à Santé Comapan du produit 
nécessaire. Mais depuis que j'ai pu me procurer des amandes du Zapote 
et que j'enduis ma chevelure de l'huile qu'elles renferment, elle est 
redevenue aussi belle, aussi noire que par le passé et je puis sans honte 
la laisser voir h côté de celle de mes petites filles. » N'y a t-il pas 
d'exagération dans ce récit? C'est ce que je laisse au lecteur le soin 
d'apprécier. Toujours est-il que sa vérité me fut affirmée par la fille 
et les petites-filles de la vieille Indienne; j'ai fait moi même un certain 



— 175 — 

temps usage de l'huile, dont j'avais emporté une provision, après mon 
retour en Europe et, hasard si l'on veut, ma chevelure, malgré mes 
58 ans sonnés et les orages nombreux qui ont passé sur ma tête, 
n'a pas encore grisonné, alors que ma barbe est devenue complè- 
tement blanche. 

Theobroma Cacao L. Nombreux sont les renseignements qui nous 
sont parvenus jusqu'à ce jour sur le Cacaoyer, l'arbre qui berce les 
plus doux rêves de nos enfants quand ils se le représentent chargé de 
fruits.... je veux dire de tablettes de chocolat toutes préparées, au 
milieu de l'alléchant étalage des frères Stollwerk, à Cologne; je tiens 
cependant à dire au lecteur dans quels lieux j'ai rencontré, à l'état 
sauvage, ce précieux produit du règne de Flore. C'est à Santé Comapan, 
le long de la côte, que je l'ai vu en abondance, croissant sur un sol 
jaune, argilo-sableux, d'origine manifestement alluvienne, reposant 
sur un substratum de cailloux grossiers qui donne au terrain un 
caractère hautement perméable. Les conditions climatériques de la 
région, au point de vue du contingent d'humidité, sont des plus favora- 
bles, comme je l'ai dit précédemment; c'est dans la saison des pluies 
une submersion parfois complète, et les sondages rencontrent l'eau 
souterraine dès un mètre de profondeur. 

Des arbres, hauts de plus de 50m., protègent de leurs rameaux serrés 
et touffus les Theobroma, dont les dimensions plus modestes ne dépas- 
sent pas 10-15 m. de haut, sur 70 cm. de diamètre De la tige princi- 
pale, portées sur des pousses qui souvent n'excèdent pas l'épaisseur 
d'un doigt, sortent de minuscules fleurs rouge-rosé, qui donnent plus 
tard des fruits longs de 10-15 cm., semblables, pour la forme, à des 
concombres et susceptibles de revêtir des teintes variées suivant les 
diverses phases de leur développement : du vert grisâtre de leur 
première jeunesse ils passent successivement au vert rayé de rouge, 
puis, lors de leur complète maturité, au rouge et jaune. 

Ces fruits sont entourés d'un péricarpe épais, coriace, et remplis 
d'une masse jaunâtre un peu mucilagineuse et de saveur sucrée, englo- 
bant les semences. Ceux qui font un métier de la récolte du Cacao 
doivent porter toute leur attention sur l'époque exacte où le fruitestbon 
à cueillir, car les graines y germent avant la rupture de ses enveloppes 
et deviennent dès lors inutilisables, étant donné que la transformation 



— 176 — 

des semences, une fois récoltées, en produit comraerçable porte surtout 
sur la suppression de la faculté germinatrice. Ici encore ce sont nos 
ancêtres probables, MM rs les singes, qui se montrent bien mieux que 
nous au courant de la question : ils commencent leur récolte un peu 
plus tôt que nous, et quand l'homme veut se mettre de la partie, il 
trouve les meilleurs fruits disparus et à leur place des bandes de ces 
agiles maraudeurs, qui le saluent de leurs plus diaboliques grimaces 
et d'une décharge générale de leur artillerie d'écaillés, et semblent 
heureux de voir le fier bimane réduit à se contenter de leurs restes. 
N'empêche que nous leur devons quand même un certain tribut de 
reconnaissance, car c'est grâce à eux que l'attention des premiers 
habitants du Mexique a été attirée sur le caractère comestible du 
précieux fruit. 

Les fleurs du Cacaoyer, nous l'avons dit plus haut, sont extrêmement 
petites et naissent en touffes sur le vieux bois : particularité intéressante 
qui devrait suffire, me paraît-il, pour faire du Theolroma une famille 
spéciale au lieu de la réunir aux Buttnèracées ou aux Malvacées, 
comme le font aujourd'hui la plupart des botanistes, probablement 
parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de voir l'arbre en fleurs et en fruits 
dans son habitat naturel. 

Dans l'état mexicain de Tabasco, ainsi que dans maintes régions 
du Yucatan, les fèves de Cacao ont, jusqu'à ce jour, servi de menue 
monnaie; ici comme partout ailleurs, on se tire d'affaire le plus com- 
modément possible; c'est ainsi qu'en différentes localités de la * Terra 
caliente » du Mexique, là où les transactions commerciales reposent 
encore dans les langes de l'enfance, j'ai vu donner au vendeur en lieu 
et place d'un « Tlaco » (la plus petite monnaie courante du pays, 
d'une valeur de 6 centimes), un fragment de savon; j'ajouterai, 
crainte de voir le lecteur inférer de cet usage, un degré de culture assez 
avancé chez ces peuples, que je n 7 ai jamais vu le dépositaire du dit 
savon en faire usage pour se laver. 

Quand on songe qu'à l'époque de la conquête du Mexique par Cortez, 
le Cacaoyer formait l'objet d'une culture importante, car les Aztèques 
savaient préparer un breuvage qu'ils nommaient Chocolatl et dont ils 
apprirent la confection aux Espagnols, lesquels, à leur tour, en répan- 
dirent l'usage dans leurs autres possessions tropicales; quand on 
pense qu'actuellement encore c'est dans ce pays (à Tabasco etSoco- 



— 177 — 

nusco) que se rencontre le Cacao le plus estimé et que l'on se rappelle 
qu'au Mexique viennent, en outre, les divers épices, tels que sucre, 
vanille, etc., nécessaires à la fabrication du chocolat, de telle sorte 
que cette substance peut être considérée comme un article d'exporta- 
tion de cette contrée, l'on se sent le cœur serré en voyant dans quel 
oubli cette industrie est aujourd'hui tombée, combien mauvaise est la 
qualité de chocolat fabriquée au pays même et quelle prodigieuse 
quantité de cette même denrée de qualité supérieure y est annuelle- 
ment introduite, car le Mexicain est ami des douceurs et grignote 
volontiers un morceau de Panella! 

[La suite au p?*ochain numéro.) 



LA CULTURE DES ROSES SOUS VITRAGE 
par J. C. Clarke. 
Traduit de « The Gardeners'' Magazine », 28 avril 1883, p. 202. 

Ce n'est pas des roses cultivées en plein air que nous nous proposons 
d'entretenir le lecteur : nous voulons attirer son attention sur la 
culture de ces fleurs sous vitrage, car si grande est actuellement la 
demande de roses que, pour beaucoup de jardins, en obtenir en avance 
de celles qui s'épanouissent en plein air, est devenu une vraie 
nécessité. Peu de plantes, soumises à un traitement convenable, 
donnent plus de satisfaction et de meilleurs résultats que les roses 
cultivées sous vitrage, et comme cette culture ne s'entoure pas de 
difficultés spéciales, nous voyons de sérieux avantages à ce qu'elle 
s'étende et se développe rapidement. 

Lelève des roses sous vitrage, pour réussir complètement, requiert 
des serres spécialement construites en vue de satisfaire à leurs exigen- 
ces. Peu importe la forme de la bâtisse pourvu que son orientation 
soit convenable. Les rosiers, il est bon de le rappeler, réclament l'abri 
du vitrage pendant les mois d'automne, d'hiver et de printemps ou 
pour parler en termes plus précis, de septembre à mai. Pendant l'été 



— 178 - 

ils se trouvent mieux de la suppression du vitrage; aussi donnerions- 
nous la préférence à une serre construite de manière à protéger les 
rosiers pendant neuf mois et à les laisser le reste du temps exposés aux 
influences atmosphériques. Pour ceux qui n'aiment pas les construc- 
tions à démonter, rien de plus simple que de rendre le vitrage dépla- 
çable pendant l'été tout en respectant la charpente. Ce dernier système 
est le plus recommandable, la carcasse de la serre fournissant un 
excellent support pour la culture des rosiers. Des constructions élevées 
ne sont ni nécessaires ni même utiles. Nous donnons la préférence à 
des serres hautes d'une dizaine de pieds (3 m.), qui permettent de 
former des festons de roses à huit pieds (2 in 40) au dessus du sol et 
à 2 pieds (0 m 60) au dessous de la toiture : ce sont là les meilleures 
distances à maintenir. 

Il faut que les cultures de roses sous vitrage présentent une appa- 
rence aussi naturelle que possible. Il y aura des parterres pour espèces 
remontantes et basses, entrecroisés de sentiers qui permettent aux 
visiteurs de voir et d'admirer de près la récolte et au personnel de 
donner aisément aux plantes les soins qu'elles requièrent. Des piliers 
et d'autres supports seront ménagés pour les variétés grimpantes, qui 
seront traitées de façon à former des berceaux et des festons de 
feuillage et de fleurs. D'une façon générale, la serre sera exempte de 
ces dispositifs raides et compassés en usage dans les constructions 
consacrées aux autres cultures. Il est aussi désirable qu'elle soit édi- 
fiée de façon à pouvoir s'enlever et se remettre en place aisément, en 
ne laissant debout que les fondements et les principaux supports. La 
question de savoir si une serre à roses doit être chauffée ou non 
dépend en grande partie des circonstances : nous préférons cependant 
nne serre non chauffée. En thèse générale, nous ne sommes pas parti- 
san des serres de petites dimensions : elles sont toujours plus gênantes 
et plus incommodes à desservir que les serres plus vastes et cette 
assertion est surtout vraie pour la culture des roses, car semblables 
constructions n'offriront aux espèces délicates une protection suffisante 
que moyennant un appareil de chauffage. 

Mais pourquoi, nous dira-t-on, préconiser les serres transportables? 
D'abord parce que les roses bénéficient largement d'une pleine et 
complète exposition à l'air libre pendant le mois de juin et les deux 
mois qui suivent ; ensuite parce qu'il est plus facile d'y maintenir les 



— 179 — 

plantes à l'abri des insectes que sous verre. Il est aussi important de 
remarquer que. dans la seconde quinzaine de mai, l'air devient assez 
sec et assez chaud pour priver promptement les fleurs, en dépit des 
plus minutieuses précautions, de leur fraîcheur et de leur beauté. 
Généralement la première récolte se fait à la fin du mois, après quoi la 
plante a besoin de repos et se trouve on ne peut mieux des rosées et 
des ondées fécondantes du mois de juin. 

Il y a un autre avantage aux serres à rosiers : c'est de pro^nger 
la saison de floraison de ces plantes. Nous en cultivons un bon nombre 
dans une vaste serre non chauffée; en temps ordinaire, nous avons 
des fleurs dès la mi-avril et leur production se poursuit, abondante et 
sans interruption, jusqu'à l'époque de floraison des pieds cultivés en 
plein air. En automne nous faisons ample récolte de roses thé, qui 
continuent à venir jusqu'à la mi-novembre. Il ne faut pas perdre de 
vue qu'avec ce système de culture, il n'y a pas à craindre que le 
froid tue les plantes ou que le vent et la pluie fassent tort aux fleurs : 
aussi les produits obtenus dans ces conditions sont-ils sans égaux pour 
leur parfum et la délicatesse de leur coloris. Une température aussi 
uniforme que possible et une protection efficace contre le vent 
et la pluie : telles sont les conditions qui paraissent nécessaires au 
parfait développement de ces fleurs toujours bien-venues. Ceux qui ne 
sont pas accoutumés à voir des rosiers pousser vigoureusement et 
produire une luxuriance de fleurs superbes dès la fin avril n'ont aucune 
idée du plaisir que procure une serre de l'espèce, convenablement 
installée et intelligemment conduite. 

Quand on fait un choix de rosiers pour culture sous vitrage, c'est 
aux espèces thé et noisette qu'il faut donner la préférence; on y join- 
dra quelques hybrides remontants à croissance vigoureuse : ceux 
d'allure grimpante que nous avons expérimentés ne nous ont donné 
que d'assez mauvais résultats. Parmi les rosiers thé et noisette, la 
plupart ont une croissance si rapide et une floraison si abondante qu'il 
n'est guère possible de commettre de grave méprise en s'adressant à 
telle ou telle variété; nous allons cependant en renseigner quelques- 
unes, ainsi que le but auquel elles s'adaptent le mieux. Pour former 
des berceaux et des festons ou pour tapisser de hautes colonnes ou des 
chevrons, il faut s'adresser de préférence aux variétés suivantes : 
Gloire de Dijon, Climbing Devoniensis, Cheshnut hylrid (une rose 



— 180 — 

rouge d'excellente culture sous vitrage), Reine Marie Henriette, 
Maréchal Niel, Catherine Mermet, Zamarque et Marie Van Boutte. 
Pour des basses tiges ou pour la culture buissonneuse, nous 
recommandons : David Pradel, M m " Hippolyte Jamain, Prési- 
dent, Niphetos, M mo Falcot, Letty Coles, Adam et Devoniensis, aux- 
quelles on pourra ajouter, en cas de besoin, Shirley Hibbert, Belle 
Lyonnaise, Homère et Safrano. Parmi les hybrides, il faut se borner 
autant que possible aux variétés à floraison précoce, parmi lesquelles 
nous citerons comme les meilleures : La France, Nardy frères, 
M me Nachury, Alfred Colomb, A. K. Williams, Boule de Neige, Cap- 
lain Christy, Jules Margottin. M mo Charles Wood, E. Y. Teas, Pierre 
Notting , Duc d'Edinbourg et Reynold Hole. 

La forme sous laquelle les plantes doivent être cultivées, est un 
autre point important à considérer. Quand les parterres ont une 
étendue suffisante, une combinaison de variétés naines et de formes de 
plein vent est celle qui produit l'effet le plus gracieux et le plus déco- 
ratif. En tous cas, un arrangement trop régulier et uniforme n'est 
pas recommandable ; on y obviera en distribuant çà et là dans l'étendue 
de la serre quelques rosiers dressés de diverses hauteurs. Toutes les 
roses thé non mentionnées dans la liste des espèces grimpantes 
recommandables peuvent être cultivées en buisson et conviennent 
pour tapisser des piliers hauts de 4 à 6 pieds (l m ,20 à l m ,80). 

Une fois le choix, des espèces à cultiver bien arrêté, il faut songer 
à la préparation du sol. Nous recommandons pour semblable culture 
un terrain bien substantiel, de profondeur suffisante pour que les 
racines n'y soient jamais à court d'espace. Quand on dispose d'un 
substratum assez ferme et compacte et d'épaisseur raisonnable, sa 
préparation se réduit à fort peu de chose; s'il est meuble et de peu de 
profondeur, il devient nécessaire d'y ajouter à peu près autant de 
bonne argile bien moelleuse ; s'il s'agit de créer des couches de toutes 
pièces, choisissez une bonne argile tourbeuse, que vous briserez gros- 
sièrement. Evitez l'usage d'engrais puissants : ils ne peuvent rendre 
aucun service et causent souvent des préjudices sérieux. Inutile de 
drainer vos couches, à moins que la serre ne soit dans un fond et le 
terrain naturellement humide. 

En matière de drainage, nous avons constaté que l'on pêche plus 
souvent par excès que par insuffisance de précautions. L'eau d'arrosage 



— 181 - 

s'écoule alors trop rapidement et doit être, par suite, {dus fréquemment 
renouvelée que clans le cas où l'on aurait moins abusé des matériaux 
de drainage ; cela va de soi. N'oublions jamais que la différence entre 
les cultures en plein air et celles qu'on maintient sous vitrage est 
considérable : tandis que les premières perçoivent tout le bénéfice des 
ondées, les secondes sont limitées aux arrosages artificiels. 

Pour ce qui est du temps le plus convenable aux plantations, disons 
en thèse générale que les rosiers cultivés en pots peuvent être dépotés 
en toute saison, du moment où l'opération est faite avec soin; quant à 
ceux élevés en pleine terre, il faut les transplanter de novembre à fin 
février, de préférence pendant le premier mois. 

C'est en vain que nous cherchons actuellement dans les jardins 
privés autant de rosiers en pots qu'il devrait y en avoir, eu égard à la 
facilité de leur culture. Ce n'est pas que nous soyons disposé à rompre 
une lance en faveur des rosiers en pots tels qu'on les voit figurer aux 
expositions, parce que les spécimens de grandes dimensions requièrent 
des additions coûteuses d'engrais et des soins incessants pour parvenir 
au degré de perfectionnement où on se propose de les amener. Ce que 
nous voudrions voir, ce sont des roses thé et noisette cultivées dans 
des pots de 16 et 18 pouces (40 et 45 cent.), que Ton maintiendrait 
en couche dans la serre depuis octobre jusqu'au 20 mai, pour les trans- 
férer ensuite au dehors et les déposer en terre chaude et abritée. 
Ce procédé, si simple et si pratique, fournit une profusion de fleurs 
aux époques où les plantes cultivées en pleine terre cessent d'en 
produire ; le traitement est si commode et donne si peu d'embarras, 
que nous ne pouvons que^ le recommander au double point de vue de 
l'économie et de l'agrément. 

La taille des rosiers cultivés sous vitrage doit se faire dès les 
premiers jours de décembre, et plus complètement pour les variétés 
élevées en parterre que pour celles cultivées en pots. Quand une forte 
pousse sort de la base de la tige principale, il ne faut pas trop la 
recouper; mieux vaut enlever une partie du vieux bois et maintenir 
la jeune pousse aux deux tiers de sa longueur. Les espèces à croissance 
modérée ne doivent être taillées qu'avec précaution jusqu'au moment 
où elles dépassent les limites qui leur ont été assignées. Il faut aux 
plantes, surtout à celles cultivées en parterre, de leau en abondance. 
Des arrosages mesquins et parcimonieux, juste suffisants pour humec- 



ter le sol à la profondeur de 2 à 3 pouces (5 à 7 */ t cent.), font plus de 
tort que de bien et doivent être soigneusement évités. Nous avons 
l'habitude de remuer à la fourche la surface du terrain, puis d'y faire 
arriver assez d'eau pour saturer complètement la couche jusqu'à une 
profondeur d'une dizaine de pouces (25 cent.) au moins. Il ne faut 
jamais permettre au substratum de se dessécher, pas même en hiver; 
mais pendant les mois d'été, il est indispensable de le maintenir con- 
stamment humide. La quantité d'eau que réclame chaque arbuste 
dépend de l'époque des plantations et du plus ou moins de rapidité de 
la croissance. Un pied vieux de 7 à 8 ans et couvrant un large 
espace en réclame plus qu'un spécimen de moindres dimensions. En 
tous cas, les arrosages doivent être répétés au moins tous les 15 jours 
depuis le commencement d'avril jusqu'à fin septembre ; des arrosages 
mensuels sont suffisants pendant le reste de l'année. D r H. F. 



NOTICE SUR UN CYCAS INDIGÈNE AUX ILES FIJI, 

par le Baron F. de Mueller. 

Pour cette fois, nous franchissons l'Australie et voguons jusqu'au 
groupe des îles Fiji et de leurs congénères de l'Océan Pacifique, à la 
seule fin de présenter au lecteur un nouveau membre de la noble et 
ancienne famille des Cycadées, indigène de ces régions. Inutile de 
répéter ce que nous avons dit maintes fois*de l'intérêt qui s'attache, 
aux végétaux de ce groupe; nous tenons seulement à faire ressortir de 
quelle façon les membres du corps médical qui viennent peu à peu s'in- 
staller dans les îles de la mer du Sud pourraient seconder nos efforts, en 
nous prêtant, pour l'avancement des sciences, l'aide locale que nous 
avons le droit d'attendre du public intelligent en général. C'est de 
cette idée que s'est inspiré Sir John Bâtes Thurston, l'intelligent 
secrétaire-général du gouvernement Fijien, en nous offrant de riches 
et nombreux matériaux pour la continuation de nos études, entre 
autres le feuillage et les fruits du Cycas ou « Rora » de Fiji. Déjà eu 
1874, en revoyant les espèces australiennes de ce groupe (fragm. 
phytogr. Austral. VIII 169-173), nous exprimions certains doutes 



— 183 — 

sur le bien fondé de l'appréciation émise par le défunt D r Seeman, qui 
regarde le Cycas de Fiji comme ne différant pas spécifiquement du 
C. circinalis, son congénère des Indes (v. Flora vitiensis, 268). Bien 
que les spécimens, si obligeamment mis à notre disposition par Sir 
Thurston, ne comprennent pas le châton anthérifère, impossible à se 
procurer à cette époque de l'année, les matériaux que nous possédons 
semblent cependant donner au Cycas de Fiji des droits incontestables 
à une distinction spécifique. Ajoutons pour être complet qu'en 1876, 
le défunt professeur A'exandre Braun'lui imposa un nom provisoire 
exclusivement basé, si nos renseignements sont exacts, sur l'examen 
des fruits. Nous en présentons aujourd'hui au lecteur une diagnose 
à peu près complète et tâcherons par la suite d'élucider ses rapports 
avec les autres membres de ce groupe important. 

Cycas Seemànni. 

Al. Braun y Sitzung s~berichte der Gesellschaft Naturforschender 
Freunde; Berlin 7 octobre 1876. 

Tige robuste; pétioles foliaires biconvexes non épineux, lisses à 
part la base que recouvre un mince duvet velouté, fistuleux; segments 
des feuilles au nombre Je 50 à 70 de chaque côté, épais, papyracés, 
relativement larges, aplatis, faiblement décurrents, terminés en pointe 
fine, mais non piquante, glabres sur les deux faces, plus luisants au 
dessus qu'en dessous, les inférieurs 3 à 4 fois plus courts que les 
moyens; rachis foliaire presque droit; stipes des rachéoles femelles 
allongés, à sommet couvert d'un duvet velouté serré; 6 à 8 ovules; 
plaque terminale à peu près cordée, avec de fines crénelures en avant, 
prolongée en un appendice grêle et piquant plus court que la plaque 
même; fruits (noix) arrondis ou ovés, un peu comprimés, glabres, 
luisants ; putamen biangulaire sur toute sa longueur et légèrement 
crêté au sommet. — Signalé à Viti-Levu et à Ovalan par le D r Seeman, 
qui évalua à 30 pieds la hauteur à laquelle la plante peut atteindre. 

Comparant ce Cycas à son congénèro indien, l'on remarquera que 
les pétioles de ce dernier sont épineux, les segments foliaires plus 
longs, plus étroits; les feuilles d'un vert plus foncé et plus rétrécies 
à la base; la plaque terminale des rachéoles femelles plus longue; 



— 184 — 

sans compter que d'autres différences seront peut-être révélées plus 
tard par l'examen des écailles anthérifères. Les feuilles du Cycas 
fijien possèdent des segments plus amples que celles du C. Rurnphii \ 
mais elles sont moins foncées en couleur et moins luisantes en dessous, 
sans compter que les pétioles foliaires ne sont pas spinescents, que la 
plaque des rachéoles femelles est 3 à 4 fois plus courte, plus large à la 
base et moins étirée au sommet; que les ovules sont plus rapprochés 
les uns des autres et constamment au nombre de 6-8, jamais de 2-4, 
comme le cas se présente souvent chez le C. Rumphii. Le C. Papuana, 
décrit en décembre 1876 (F. v. M., Papuan Plants, 71), possède des 
segments foliaires bien inférieurs en dimension ; de plus les rachéoles 
fructifères et leurs stipes sont plus grêles et moins duveteux, mais 
la plaque terminale est de même forme et les pétioles également 
dépourvus d'épines ; les fruits sont moins volumineux. Toutes 
les espèces australiennes mentionnées jusqu'à ce jour (C. média, 
Normanlyana, Cairnsiana, Kennedy ana), diffèrent par le feuillage 
de leur congénère fijien, mais lui ressemblent (à part le C. Cairnsiana) 
par la forme et la dimension de la plaque des rachéoles. A en juger 
d'après les rachéoles ovulifères que nous avons reçus il y a nombre 
d'années de M. Pancher, le Cycas de la Nouvelle-Callédonie serait 
identique à celui do Fiji, mais nous ne possédons ni feuillage, ni fruit, 
ni aucun moyen qui nous permette de rechercher si le Cycas du groupe 
des Tongas, de la Nouvelle Bretagne et de la Nouvelle Irlande, est 
spécial à ces régions. Des noix récoltées à Ugi dans les Iles Salomon 
et obligeamment mises à notre disposition par M. Edw. Ramsay, 
directeur du musée de Sidney, ne diffèrent pas des spécimens de forme 
ovale du C. Seemanni. A en croire M. Betcke, il n'existerait pas de 
Cycas aux Iles Samoan. Le D r Vieillard mentionne le Cycas de la 
Nouvelle Calédonie tout simplement sous le nom de C, circinalis 
{Annales des sciences naturelles, 4 e série XVI, 27). Le D r Ed. von 
Regel, faisant en 1876 le dénombrement des Cycas connus à cette 
époque(,4cta Horti lotanici Petropolitani IV, 278-320), ne consacre pas 
de mention spéciale à la plante de Fiji. Le C. Seemanni présente deux 
formes : l'une à pétioles de couleur sombre, à segments foliaires plus 
nombreux et falciformes, h ovules au nombre de 8, à fruits plus longs 
(2 i/a pouces quand ils sont secs) et de forme ovale, dont le péricarpe 
possède une odeur étrange et peu agréable, à ce que nous affirme 



— 185 — 

l'auteur de l'envoi : caractère pou appréciable sur les spécimens dessé- 
chés. C'est peut-être la forme type de la plante, mais nous possédons 
tout une collection de fruits montrant la transition vers la forme 
sphérique. Les écailles anthérifères des deux formes doivent être 
comparées entre-elles ainsi qu'avec celles de leurs divers congénères. 

D r H. F. 



CULTURE DES VANDA 
par James O'Brien. 

(The Garden, 9 décembre 1882, p. 502.) 

La discussion soulevée relativement à la culture des Vanda nous 
semble arrivée tout-à-fait à propos pour engager les horticulteurs 
à énoncer leur opinion sur le sujet et sauver ainsi nombre de ces 
belles plantes de l'étuve à laquelle on les condamne trop souvent 
pendant l'hiver. Ma manière de voir sur cette question est arrêtée 
depuis longtemps; elle se base, non sur quelques faits accidentels, 
mais sur une série d'investigations et de recherches poursuivies pen- 
dant des années entières. Chaque fois que je visite un jardin ou une 
serre, je prends note des sujets qui y prospèrent ou y périclitent et 
des conditions qui président à leur culture et j'affirme avoir recueilli 
plus de renseignements utiles, de l'examen de plantes mal venues et 
mal cultivées, que de l'étude des sujets les plus prospères. Pour ce 
qui est des Vandas des groupes tricolor et suavis, je les ai constam- 
ment trouvés dans de piteuses conditions quand on les cultive sous ces 
températures élevées que l'on qualifie d'ordinaire d'indo-orientales; 
ils sont nus et dégarnis à la base ; leurs feuilles sont minces et 
maladives, celles en voie de formation faibles et pendantes. Semblables 
pieds ne fleurissent que parcimonieusement, encore leurs fleurs sont- 
elles maigres et chétives. 

Une ventilation puissante et continue a pour effet d'améliorer cet 
état de choses et de permettre à certains horticulteurs de conserver 
à leurs Vandas, même sous traitement chaud, un aspect présentable : 
ce qui les encourage à se déclarer adversaires du mode de culture 

U 



— 186 — 

que je préconise. A ceux-là je conseille de risquer un essai dans une 
serre fraîche et bien aérée : ils ne tarderont pas à obtenir de meil- 
leures plantes, avec plus de racines et de plus jolies fleurs. 

La température hivernale la plus convenable pour ces plantes est de 
50° F. (10" C.) la nuit et 60° F. (15 C.) le jour, avec une élévation 
éventuelle de 5° F. [3° C.) du fait de la chaleur solaire ; l'on évite ainsi 
les températures extrêmes, utiles peut-être à titre d'expérience, mais 
susceptibles à la longue de devenir dispendieuses . Il est, du reste, par- 
venu à ma connaissance des faits nombreux prouvant que les Vandas 
peuvent prospérer dans des conditions de température de beaucoup 
inférieures. Il y a quelques années, un robuste pied de V. suavis 
Veilchi, disgracieux, mai entretenu, qui avait été soumis à une 
chaleur exagérée, me tomba entre les mains au commencement de l'été. 
Je l'installai dans une serre que l'on ne chauffait ni en été ni au 
commencement de l'automne, et ses progrès furent assez rapides 
pour frapper tous les visiteurs. Sachant que la température de 
la serre baissait considérablement en hiver, je songeai plus d'une 
fois, aux approches du mauvais temps, à transporter ma plante 
sous abri plus efficace; mais je me vis contraint chaque fois 
d'y renoncer, faute de trouver un endroit suffisamment élevé pour son 
installation. La plante occupait un recoin négligé d'une serre à un 
versant et l'on avait, en enlevant les volets, fait un trou dans l'une 
des vitres voisines ; la plante n'était donc même pas complètement abri- 
tée. Vinrent les grands froids; dans la serre qui renfermait notre Vanda, 
la température descendit chaque matin jusqu'à 40 ou 45° F. (4 1/2 à 
7°C); le givre couvrit le vitrage tout contre la plante; un vent glacé 
soufflait sur elle à travers le trou de la vitre : le Vanda n'en continua 
pas moins à prospérer et se couvrit au printemps de feuilles vert- 
noirâtre consistantes comme de l'étain . Il produisit par la suite de nom- 
breuses hampes florales et se vendit à un prix élevé. Malheureusement 
le traitement chaud auquel il fut soumis plus tard finit par avoir raison 
de sa robuste santé : il fallut des années cependant pour épuiser toute 
la vitalité accumulée dans ses tissus par une douzaine de mois de séjour 
en serre froide. A sa première floraison chez son acquéreur, il fut 
déclaré variété remarquable; mais chaque floraison successive devint 
plus maigre, plus chétive, et lors de la dernière, la plante n'était plus 
que l'ombre d'elle-même. A mon avis, s'il existe des variétés de V. 



— 187 — 

tricolor et suavis de qualité exceptionnelle, il n'en est pas de tout-à- 
fait mauvaises. Convenablement cultivées en serre froide, elles devien- 
nent toutes jolies et la plus grande diversité règne parmi elles. Une 
chaleur exagérée rend les plantes moins apparentes, les fleurs moins 
belles et atténue ou efface leurs caractères distinctifs. Je pourrais 
citer plus d'un exemple frappant à l'appui de ma thèse, mais comme 
la cause que je défends gagne tous les jours du terrain, il me paraît 
inutile d'insister davantage. 

Quant aux Phalaenopsis dont fait mention l'article signé « J. C. B. » 
j'estime que s'ils peuvent, dans des cas spéciaux, prospérer sous des 
températures analogues à celles renseignées pour les Vandas, il n'en 
est pas moins dangereux de les laisser descendre en dessous de 60° F. 
(15 i/2° C). D r H. F. 



SOUVENIRS D'UNE EXPLORATION EN GUYANE 
par M. Richard Schomburgr 

SUIVIS DE LA DESCRIPTION DE VENCHOLIRIUM A UGUSTM 
ET DU LEIOTHAMNUS ELISABETRM, 

PAR LE D r KLOTZSCH, 

Conservateur de V Herbier royal de Berlin (1). 

Nous atteignîmes enfin Roreima, région exceptionnellement inté- 
ressante au point de vue tant géologique que botanique. C'est une 
suite de montagnes de grès, formant une série de pics élevés, 
distants, solitaires, plutôt qu'une chaîne continue; le plus escarpé, 
le Roreima, comme le nomment les Indiens, est une des choses les 
plus merveilleuses et les plus curieuses sous le rapport géologique que 
la Guyane présente à l'œil étonné du touriste. 

La chaîne de montagnes se déploie sous 5° 9' 30" de latitude nord, 



(1) Verhandlungen des Vereins zur Bef. des Gartenbaues in den K. Prus- 
sischen Staaten, XVIII e volume, Berlin, 1847, p. 152. 



— 188 — 

du nord-ouest au sud-est, sur une étendue de 25 milles anglais 
(40 kilomètres environ); elle s'élève à 5000 pieds (1500 m.) au dessus 
de la plaine et 8500 pieds (2550 m.) au dessus du niveau de la mer. 
L'arête culminante se prolonge en un rocher nu, presque à pic, haut 
de 1500 pieds (450 m.) dans tous les sens, consistant en grès comme 
la base de la formation. D'innombrables chutes d'eau se précipitent de 
cette prodigieuse hauteur pour s'écouler ensuite vers l'un ou l'autre 
grand fleuve — l'Amazone, l'Orénoque ou l'Essequibo — en formant 
une série de cascades avant d'arriver à la plaine. Après une violente 
averse, dont le tribut vient gonfler les masses d'eau de la montagne, 
le Roreima, avec ses gigantesques cataractes de 1500 pieds de hauteur 
verticale, forme un de ces spectacles grandioses devant lesquels le 
cœur tressaille d'émotion; l'homme se sent bien petit, bien misérable, 
en présence de ces forces naturelles, dont la plume essaierait en vain 
de décrire l'aspect majestueux et solennel; les mots refusent de 
traduire en langage ordinaire l'impression, les sentiments qu'elles 
font naître dans le cœur humain. 

Ce fut le 18 novembre 1843, de bon matin, que, mis en belle 
humeur par l'attente des merveilles que le jour devait découvrir à 
nos yeux, nous entreprîmes l'escalade de la montagne. Les pentes du 
Roreima ne sont pas boisées sur toute leur étendue; de distance en 
distance, jusqu'à mi-chemin du sommet, des pelouses plus ou moins 
développées séparent les massifs forestiers; des blocs de grès plus ou 
moins volumineux les parsèment, couverts à" Agave vivipara, de Ges- 
nériacées, de Cactus et de Melocadus, de Clusiées et d'Orchidées qui 
leur prêtent l'aspect luxuriant de la végétation des tropiques. Une de 
ces violentes averses, suffisantes pour apporter en une demi-heure un 
contingent de plusieurs pouces à la masse des eaux de la montagne, 
nous força de faire halte au quart de notre escalade et de passer la 
nuit en cet endroit. 

Le lendemain matin, trempés jusqu'aux os et tremblants de froid, 
nous nous remettons en marche et atteignons la limite inférieure de la 
zone buissonneuse qui couvre l'étendue de la montagne jusqu'à la base 
des rochers à pic; c'est là que nous dressons notre tente; quant aux 
Indiens, ils se bâtissent de petites huttes entre les blocs rocheux. La 
luxuriance de la végétation, la richesse inattendue du tapis floral qui 
qui se déploie à nos regards, effacent de notre souvenir les difficultés 



— 189 — 

surmontées. Au milieu de la profusion de buissons et de plantes her- 
bacées dont les fleurs se disputent le prix de l'élégance et de la 
beauté, nous citerons seulement : Heliamphora nutans, Cypripedium 
Lindleyanum, Utricularia Humboldti, Vernonia dichocarpa, Rapatea, 
Angelonia, Catea divaricata, Achyrocline Jlaccida, Thibaudia, Abol- 
boda, Echites angustifolia, Isertia coccinea, Gomphia, Qualea, Mar~ 
cetia, Kielmeyera, Hyptis membranacea, Vochya, Mollia, Cymboste- 
mon, Dimorphandra, Clusia insiynis, rosea, Betemntherareniformis, 
Melastoma, et Tibouchina aspera, gracieusement groupés en une 
élégante et multicolore bordure le long des ruisseaux dont les ondes 
gazouillantes courent en sautillant vers la plaine, tandis que d'innom- 
brables Orchidées (Sobralia, Odontoglossum, Brassavola, Oncidium, 
Cattleya, Epidendrum, Kleustia, Fernandezia, Aspasia, Dichaea, 
Bifrenaria, etc.) comblent les intervalles entre les blocs de grès 
et tapissent leur surface d'une abondante moisson de leurs superbes 
corolles. Malheureusement le brouillard, qui nous enveloppe comme 
d'un voile, ne nous permet de jeter qu'un regard à la dérobée sur le 
pittoresque paysage déployé sous nos pieds : bientôt d'épais nuages 
viennent assombrir l'atmosphère et baigner les contours des objets 
voisins; arbres et plantes dégouttent d'eau comme après une violente 
averse. Le lendemain matin, je parcourus dans tous les sens le 
versant de la montagne, découvrant à chaque instant, à chaque pas, 
des trésors inédits, des richesses ignorées, de nouveaux sujets de joie 
et de ravissement. 

A une violente ondée, qui gonfla les cataractes de la montagne, 
succéda une nuit claire et sereine; les chutes d'eau, éclairées par la 
lumière pâle et mate de a l'astre des nuits», revêtirent un aspect 
ravissant et enchanteur, en dépit de leurs sourds mugissements qui 
faisaient naître dans l'âme une impression de terreur et d'épouvante. 
Sous l'influence de cette atmosphère froide et humide, de ces nuits 
glaciales (le thermomètre marquait 60° F (15 1/2 c.) à l'ombre 
à midi et 51° (10 1/2 c.) entre 4 et 6 h. du matin), de violentes fièvres 
intermittentes ne tardèrent pas à éclater dans notre campement et 
j'en fus une des premières victimes. Il fallut, pour nous défendre 
contre le froid, allumer sous nos hamacs un grand feu; puis ce fut le 
manque de vivres qui nous força à songer à la retraite, car dans 
ces solitudes, pas un être vivant dont la voix vienne se mêler au 



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mugissement rauque et monotone des cataractes. Tel était le degré 
d'humidité de l'atmosphère que la poudre dont on avait chargé une 
arme, le soir, se trouvait transformée, le matin, en une masse humide 
et visqueuse. Le papier collé buvait l'encre; nos instruments et 
jusqu'aux rouages de nos montres se couvraient de rouille. 

Mais avant de penser au retour, il fallait poursuivre l'escalade 
jusqu'à la muraille à pic qui surmonte la montagne — entreprise que 
nous ne pûmes exécuter qu'après que nos Indiens nous eurent ouvert, 
à coups de hache, un chemin à peu près praticable dans l'inextricable 
fouillis végétal qui s'étendait devant nous. C'était un impénétrable 
enlacement de toute espèce de buissons, d'arbres, de plantes grimpan- 
tes, à travers lequel les rayons du soleil eussent vainement cherché 
à se frayer une route : aussi un sombre crépuscule y règnait-il même 
au milieu du jour. Les troncs des arbustes et des arbres étaient 
tapissés de mousses et de minuscules fougères herbacées, toutes 
dégouttantes d'humidité. Le sentier, frayé à grand peine, nous con- 
duisit à travers des arbres déracinés, renversés, des troncs envahis par 
la pourriture et rendus si glissants par l'humidité qu'à chaque pas l'un 
de nous tombait et s'enfonçait jusqu'aux épaules dans un fouillis 
de branches d'où il fallait l'aider à sortir. 

Le sol consistait en feuillage décomposé, en branches plus ou moins 
altérées et transformées en humus, recouvertes de milliers de cham- 
pignons et de fougères. Ereintés, trempés jusqu'aux os, nous finis- 
sons par atteindre la paroi rocheuse verticale haute de 1500 pieds 
(450 m.)et aussi dégouttante d'humidité que nous mêmes. Une impres- 
sion étrange, presque douloureuse, me serra le cœur à la vue de 
cette cîme escarpée que n'a jamais foulé et ne foulera sans doute 
jamais le pied de l'être humain. Combien de trésors botaniques se 
cachent sur ces rochers, mieux protégés par cette inaccessible hauteur 
qu'ils ne le seraient dans les entrailles du globe ! Une profusion 
d'Orchidées en fleurs, de fougères, de plantes grimpantes, privées 
d'un point d'appui, tapissent les aspérités de la pierre; le vent les 
agite, les déroule comme autant de festons, de guirlandes, comme un 
voile féerique ; elles nous sourient, elles nous agacent du haut de ces 
parois escarpées; à chaque instant il semble qu'arrachées à leur tige 
elles vont tomber à nos pieds — illusion décevante : il faut se conten- 
ter de les admirer de loin ! 



— 191 — 

Mais nos fatigues et nos ennuis furent oubliés en trouvant dans ce 
fouillis, indépendamment des trésors botaniques précédemment récol- 
tés, une superbe Gentiane, la souveraine de cette famille. C'était une 
espèce nouvelle et Sa Majesté la Reine m'octroya gracieusement la 
faveur de la baptiser du nom de Leiothamnus Elisahethae. Dans son 
voisinage immédiat s'épanouissait une magnifique Broméliacée, nou- 
velle également, que son Altesse Royale la Princesse de Prusse me 
parmit de lui dédier sous le nom iïEncholirium Augustae — récom- 
pense bien douce pour les dangers vaincus, les privations et les 
maladies sans nombre, les épreuves de tout genre auxquelles est exposé 
le botaniste explorateur. 

Une autre découverte, bien inattendue, m'était réservée au pied de 
ces parois rocheuses : je veux parler d'une nouvelle espèce de Rubus 
dont les baies avaient une saveur particulièrement douce et agréable. 
C'est probablement le seul Rubus des Tropiques. Jamais jusqu'alors je 
n'avais vu des Fougères si nombreuses ou représentées par une 
semblable profusion de formes distinctes. 

Après trois jours d'exploration, nous nous décidâmes à abandonner 
cette région si exceptionnellement intéressante au point de vue bota- 
nique. En dépit du peu de durée de notre séjour, ma récolte se 
composait d'une centaine d'espèces phanérogamiques et de 83 fougères, 
dont la plupart encore indéterminées; et pourtant combien d'espèces 
sont déjà fanées, combien d'autres n'étaient pas encore en fleurs! 
J'aurais pu y passer toute une année, glanant sur cet immense 
territoire infini, inépuisable. 

Leiothamnus, Griesebach (Character locupletatus). Calyx quinquepartitus, 
segmentis exalatis, concavis, late imbricatis. Corolla hypocratei-imorpha, 
nuda, decidua, tubo aequali cylindrico, limbi quinquepartiti expansi segmentis 
cordatis, brevi acutis, supra incumbentibus. Stamina 5, supra lundum corollae 
inserta, membrana annulii'ormi iusequaliter dentata basi connexa, nlamentis 
subulatis apicem versus arcuatis, inaequalibus. Antheree suberectae, sagittatae, 
exsertae, rostratse, demum arcuato revolutse. Ovarium aimulo basilari destitu- 
tum, valvulis introflexis, biloculare, ovulis angulo centrali utrinque insertis. 
Stylus distinctus, persistens, exsertus, stigmate bilamellato, lamellis oblongo- 
obovatis. Capsula bivalvis, septicida, bilocularis, placenta medio septo inserta 
utrinque duplici. Semina placentis immersa. 

Frutices suffruticesque Americae tropicse, ramis tetragonis teretibusque viri- 



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dibus, foliis petiolatis penninerviis, floribus axillaribus terminalibusque solita- 
riis, roseo-coccineis. 

Leiothamnus Elisabeth^. Suffruticosa. Foliis oblongis, acuminatis, basi 
attenuatis, opacis, subtus glaucescenti-viridibus ; floribus pedicellatis, termi- 
nalibus, solitariis, magnis, calycibus quinquepartitis : laciniis lanceolatis, acu- 
minatis, margine membranaceis integerrimis, corollis hypocraterimorphis 
amœne coccineis, fauce lacteo, limbo piano, dilatato, albido striato. 

Plante suffrutescente, vivace, haute de 3 à 4 pieds (0 m 90 à ] m 20), 
à ramification simple; rameaux cylindriques, gros comme une plume 
de cygne, creux, lisses, dressés, d'un vert pâle; feuilles opposées, 
longuement pétiolées, unies inférieurement par un anneau membra- 
neux, oblongues, membraneuses, penninerves, à nervures espacées, 
glabres, lisses, mates, d'un vert pâle, rétrécies aux deux bouts, 
entières, d'un vert glauque à la face inférieure, longues de 5 à 7 
pouces (14 à 19 cent.), larges de 2 à 2 '/a (5 */a à 7 cent.); pétioles 
longs de 1 f/ 2 pouce (4 cent.), à bords membraneux, concaves supé- 
rieurement, élargis à la base et fistuleux. Fleurs pédonculées, termi- 
nales, solitaires, inodores, mais d'une remarquable beauté ; pédoncule 
floral cylindrique, vert clair, long d'un demi-pouce (1 */ 4 cent.), 
graduellement aminci vers la base; calice infère, campanulé, vert 
pomme, concave, profondément 5-partit, à divisions lancéolées, aiguës, 
à bords entiers, semi-transparents, membraneux, à préfloraison 
imbriquée, longues de 1 ^4 à 1 P ouce (32 à 40 millim.), larges de 
2-3 lignes (5 à 7 */a millim.) à la base; corolle hypocratérimorphe, 
rouge cramoisi, gamopétale, à tube cylindrique long de 1 */a pouce 
(4 centim.), large de 3 lignes (7 '/j millim.), rouge pâle ; à limbe 
plan, étalé, profondément 5-partit, de 3 4 /s pouces (9 { jt cent.) de 
diamètre, rouge cramoisi, blanc de lait au centre — cette dernière 
nuance rayonnant vers le pourtour ; divisions de la corolle largement 
ovales, brusquement terminées en pointe, arrondies-cordiformes à la 
base, à préfloraison tordue. Etamines 5, de longueur sensiblement 
inégale, faiblement exsertes, insérées sur un anneau membraneux, 
irrégulièrement denté, soudé à la partie inférieure du tube corollaire; 
filets subulés, glabres, réfléchis vers le bas ; anthères linéaires, 
presque verticales, biloculaires, à déhiscence longitudinale, sagittées 
à la base, prolongées au sommet en un long bec, brunes, longues de 
4 lignes (9 millim.), s'enroulant après l'émission du pollen. Style 



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persistant, cylindrique, dépassant les étamines, vert, glabre, aminci 
vers le haut; stigmate bilobé, à lobes obtus, glanduleux. Ovaire 
oblong, presque pyramide, glabre, biloculaire, sans prolongements 
annulaires. 

Encholirium Martius (Charactei* emend.) Perigonii liberi sexpartiti laci- 
niaa exteriores calicinae, sequales, brèves, erectae, interiores petaloidese, rectius- 
culae. Stamina 6, hypogyna; filamenta subulata, alterna subinde perigonii 
laciniis interioribus abhserentia; antherae oblongae, suberectae. Ovarium subli- 
berum, pyramidato-trigonum, triloculare. Ovula plurima, in loculorum angulo 
centrali bi-triseriata, horizontalia, anatropa. Stylus cylindricus aut trigonus; 
stigmata crassiuscula oblonga. Capsula .. Semina oblongo-compressa, mem- 
branaceo-marginata. 

Herbae americanse tropicae scapigerse; foliis radicalibus rosulatis, lineari 
lanceolatis, margine spinosis, floribus bracteatis, racemosis aut spicatis. 

Encholirium Augustae . Foliis sessilibus, semiamplexicaulibus, elongato- 
lanceolatis, attenuatis, involutis, laete viridibus, apice cucullato-contractis, 
inferne spinoso-dentatis; bracteis foliis conformibus minoribusque subdi- 
stantibus, apice confertis, strobiliformibus; floribus in superiorum bractearum 
axillis geminis aut ternis, brevi-pedicellatis; perigonii laciniis exterioribus 
sparsim hirsutis, laste fuscis, interioribus membranaceis, fusco-violaceis, obo- 
vatis, duplo brevioribus; staminibus-inclusis, tribus exterioribus epipetalis ; 
stigmatibns styloque inclusif, rufescentibus ; germine pyramidato, subsemini- 
fero ; columna centrali basi apiceque sterili. 

Plante herbacée, haute de 1 \\i pied (0 m 45), dressée, à souche 
courte, cylindrique, épaisse comme le doigt, toute couverte de feuilles 
serrées, semi-embrassantes, lancéolées, rétrécies, subulées vers le 
haut, longues de 6-9 pouces (16 à 25 cent.), larges d'un pouce 
(27 millim.) à la base, de couleur vert clair, glabres sur les deux faces, 
remarquables par leurs bords relevés, garnies inférieurement d'épines 
en dents de scie. Hampe constituée par un simple prolongement 
de la souche, s'amincissant graduellement vers le sommet jusqu'à 
l'épaisseur d'une plume de corbeau, cylindrique, vert clair, faiblement 
striée, garnie supérieurement de poils fins et courts, couverte de brac- 
tées serrées et embrassantes, de forme semblable à celle des feuilles 
prédécrites dont elles ne se distinguent que par leurs moindres dimen- 
sions. Seules les bractées protégeant les fleurs supérieures diffèrent 
parleur texture membraneuse, leur striation légère, leur plus grande 



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minceur; elles sont couvertes de poils courts, fugaces et de couleur 
brune, terminées en pointe courte, avec des bords également relevés 
et canaliculées à la pointe. 

Fleurs groupées par deux ou trois à l'aisselle de bractées engai- 
nantes, rapprochées en un épi serré et conique; pédoncules floraux 
soudés à la base, longs de 1/2 pouce (14 millim.), colorés en brun, 
cylindriques, épaissis supérieurement, couverts de poils courts et 
accompagnés d'une bractéole linéaire lancéolée, rude, membraneuse ; 
divisions extérieures du périanthe ovales, obtuses, carénées sur le dos, 
faiblement striées, à peine pubescentes, membraneuses, brunes, un 
peu échancrées à la pointe, dressées, longues de 1/2 pouce (14 millim.); 
divisions internes pétaloïdes, de couleur brun violacé, libres jusqu'à 
la base, spatulées, à préfloraison tordue, longues de 20 lignes 
(4 1/2 cent.), larges de 10 lignes (2 1/4 cent.) supérieurement, de 4 
(1 cent.) en dessous. Etamines 6, dressées, incluses, les 3 extérieures 
opposées aux divisions externes du périanthe et insérées sur le récep- 
tacle, les trois intérieures insérées à la base des divisions internes 
du périanthe. Anthères biloculaires, dressées, lancéolées, terminées 
par un bec court, à déhiscence longitudinale; filets glabres, subulés. 
Pollen allongé, muni d'un sillon longitudinal profond. Ovaire pyra- 
midal, trigone, soudé au calice sur le quart inférieur de sa longueur, 
triloculaire; loges multiovulées; ovules fixés en deux ou trois 
rangées obliques au placenta axile, lequel est stérile à la base et au 
sommet. Style cylindrique, rougeâtre, glabre, plein, terminé par un 
stigmate trilobé. D r H. F. 



— 195 — 



NOTE SUR LE CANISTRUM ROSEUM, Morr. 
par M. Edouard Morren. 

Planche X1V-XV. 
FAMILLE DE BROMÉLIACÉES 

Canistrum, Morr., la Belg. Hort ., 1873, p. 257, pl. XV; 1874, p. 376, 
pl. XVI; 1879, p. 168, pl. XIII-XIV. — Baker, Synopsis 1879, p. 4 et p 23 
(Sectio Aechmearum). 

C. roseum foliis nitentibus, maculose marmoratis, mucronatis. Scapo 
exserto, tomentoso. Involucro cyathiformi, bracteis incarnatis; bracteolis 
florum longitudinem aequantibus, tomento arachnoideo vestitis. Petalis laete 
viridibus. 

Cfr. la Belg. hort. 1879, p. 301. 

FIGURES ANALYTIQUES. 

Fig. I. Une fleur avec sa bractée {{). 

— 2. Une bractée. 

— 3. Un sépale. 

— 4. Un pétale. 

— 5. Une étamine. 

— 6. Coupe longitudinale d'une fleur. 

Le Canistrum roseum est, sans doute, originaire du Brésil, d'où 
il a été introduit chez M. le comte de Germinj, au château de 
Gouville (Seine-infér.). Il diffère du Canistrum eburneum par la 
jolie nuance rose de chair des bractées de l'involucre; en outre, par 
la longueur de ses bractéoles florales qui égalent les fleurs. 

On connaît actuellement les Canistrum aurantiacum, C. viride, 
C. eburneum et C. roseum, dont la description et la figure ont été 
publiées. Nous pourrons ajouter à cette liste les Canistrum fuscum et 
purpureum dont la diagnose et l'iconographie sont inédites et une 
autre forme encore qui nous a été communiquée par M. Sallier, 
chef de culture au Château du Val, et qui n'a pas encore fleuri sous 
nos yeux. 

Par une déplorable et grossière erreur de nomenclature, les 
Canistrum sont souvent cultivés sous le nom de Gumania, genre de 
Broméliacées qui n'a absolument rien de commun avec les Canistrum. 



— 196 — 



Description. — Plante de dimensions normales pour le genre : le spécimen 
que nous avons sous les yeux mesure m 40 de hauteur et l m 20 dans son plus 
grand diamètre. Feuilles radicales disposées en rosace lâche et très ouverte au 
moment de la floraison, peu nombreuses ^iei une vingtaine), très coriaces, peu 
arquées, largement canaliculées, très lisses et luisantes sur les deux faces qui 
sont vert clair, marbié et maculé de vert foncé. Gaines très amples, ovales, 
larges (O^lô-H), longues (0 m 20) et inermes comme de coutume. Lame des 
feuilles en courroie, légèrement lingulée, large (0 m 08), bordée d'épines fortes 
(U m 002), inégalement espacées, en général rapprochées (0 m 004-10) à la base 
du limbe, tandis qu'elles sont plus distantes vers le sommet (0 m 03) qui est 
brusquement terminé en un mucron recourbé. 

Inflorescence dressée au centre de la rosace. Hampe assez longue (0 m 15 au 
moins), cylindrique, épaisse (O012) couverte d'un épais duvet fauve et portant 
à chaque nœud une bractée engainante, lisse et rose. Bractées de l'involucre 
cyathiforme amples, lancéolées, un peu révolutées, épineuses, légèrement 
squamuleuses, rose de chair à reflets nacrés. Elle sont disposées autour de 
l'inflorescence en un gracieux cornet qui dépasse le niveau des fleurs (jusqu'à 
m 06). Panicule contractée en un capitule très ample (0 m 07-8 de diamètre), plat, 
comportant plus de 100 fleurs entremêlées de bractées épaisses, ligulées, de la 
longueur des fleurs (0 m C3), larges (0 m 01), obtuses, blanches, couvertes d'un 
long duvet brun-fauve. 

Fleurs subsessiles, longues (0 m 03-0 m 35), tubuleuses. Calice à tube épigyne long 
(0 m 005), à divisions droites, un peu cornées, unguiformes, assez longues (0 m 14), 
larges (0 m 009), inéquilatères, obovées, cuspidées, lisses, blanc de cire. Pétales 
insérés sur le tube épigyne, dressés, obovés, courts (O012), dépassant peu le 
calice, à limbe capuchonné vert pâle, à onglet blanc pourvu de 2 écailles pectinées. 
Étamines insérées sur le tube épigyne, 3 libres, 3 adnées à la base des pétales, 
toutes droites, égales aux pétales, à anthère dorsifixe, droite, longue (0 m 005), un 
peu prolongée au sommet. Style assez épais et terminé à la hauteur des 
anthères en un stigmate vert, à 3 branches dressées et conniventes. Ovaire 
comprimé, lisse et blanc. Ovules nombreux sur un placenta disciforme près du 
sommet des loges et mutiques. 



— 197 - 



NOTE 

SIR 

L'OIGNON CATAWISSA, ALLIUM FISTULOSUM var. 

par M. Pailleux. 
(Bulletin de la Soc. d'acclim. de France, 1883, p. 235). 

L'Oignon Catawissa a été considéré jusqu'ici comme étant d'origine 
américaine; mais, tout récemment, en parcourant le livre du docteur 
Bretschneider intitulé : Early european researckes into the Flora of 
Chinea^W eu la satisfaction de découvrir sa véritable patrie. 

Un Français, nommé Louis Le Comte, se joignit, en 1687, aux 
Jésuites missionnaires en Chine et publia à Paris, en 1696, un ouvrage 
en deux volumes intitulé ; Nouveaux mémoires sur l'Etat de la Chine. 

L'auteur, né en 1655, mourut à Bordeaux en 1729. 

Le Comte parle (I, 178) d'un Oignon chinois particulier, dans les 
termes suivants : « J'y ai vu une espèce d'Oignon qui ne vient point 
de graine comme ceux d'Europe, mais, ù la fin de la saison, on voit, 
sur la pointe des feuilles ou sur la tige, sortir de petits filaments au 
milieu desquels se forme un Oignon semblable à celui qui germe 
dans la terre. Ce petit Oignon pousse, avec le temps, des feuilles comme 
celles qui le soutiennent, lesquelles, à leur tour, portent un troisième 
Oignon sur leur pointe, de manière néanmoins que leur grosseur et 
leur hauteur diminuent à mesure qu'ils s'éloignent de la terre. * 

Cette description ne serait sans doute pas suffisamment probante, si 
le docteur Bretschneider n'ajoutait ce qui suit : « Cet Oignon paraît 
être celui qui avait été décrit sous le nom de Lou tz'tsung (Oignon 
poussant en étages) dans le Kin huang pen ts'ao, publié à la fin 
du 4 b siècle. On y trouve aussi une bonne figure. La description porte 
qu'au sommet des feuilles poussent de quatre à cinq petits Oignons et 
que, sur ceux-ci, d'autres Oignons se produisent encore formant ainsi 
de trois à quatre étages. Ces Oignons ne donnent pas de graines... » 

MM. Vilmorin-Andrieux et C ie ont donné une bonne description de 
Y Oignon Catawissa, description que je transcris : « Très grande 
ciboule, vivace, prolifère, c'est-à-dire produisant de petites bulbes au 
lieu de fleurs, à la manière de Y Oignon Rocambole. Plantées au prin- 
temps ou à l'automne, car la plante est parfaitement rustique sous le 



- 198 

climat de Paris, ces bulbilles donnent, la première année, des pieds à 
deux ou trois tiges surmontées de bulbilles, qui, à peine constituées, 
développent elles-mêmes des tiges nouvelles, couronnées de nouvelles 
bulbilles, lesquelles donnent fréquemment naissance à un troisième 
étage de pousses, le tout s'élevant de 75 à 80 centimètres. 

Après un ou deux ans, la végétation se modifie. Les touffes devien- 
nent très-vigoureuses, se composant de vingt à trente montants, dont 
chacun porte de dix à vingt bulbilles, mais développant beaucoup 
moins souvent des tiges secondaires. 

Le goût des bulbes et des pousses est, à peu près, celui de la 
Ciboule commune. 

Les bulbilles peuvent aussi être consommées après en avoir cepen- 
dant enlevé la première enveloppe qui est très dure » . (Vilmorin- 
Andrieux et C io ). 

h 'Oignon Catawissa a été importé d'Amérique par M. A. de Lentil- 
hac aîné et mis en vente par M. Gagnaire, fils aîné, horticulteur, à 
Bergerac. Je l'ai cultivé dès qu'il a été introduit et je dirai plus loin 
ce que j'en pense. 

Je donnerai d'abord la parole à son introducteur. M. Gagnaire s'ex- 
prime ainsi dans la Revue horticole, année 1875, p. 57. « Personne 
n'ignore que l'Oignon qui se mange en vert, au printemps, à Paris 
comme en province, est, d'un côté, le résultat des semis que les jardi- 
niers exécutent dans le courant du mois d'août, tandis que de l'autre, 
et notamment dans notre région, l'Oignon vert est obtenu en mettant 
en terre, en septembre et octobre, des bulbes impropres à la consom- 
mation, qui, au printemps, émettent trois ou quatre tiges vertes, 
quelquefois plus, que l'on détache de la souche selon les besoins de 
la maison ou de la vente. 

« Quels que soient les moyens employés, il n'en reste pas moins 
avéré qu'il faut semer, repiquer et planter annuellement à l'automne, 
l'Oignon que l'on veut consommer en vert au printemps; et si, d'un 
autre côté, il s'agit d'obtenir au jardin du petit Oignon pour confire, 
je n'ai pas à dire les soins que ce travail exige, sans compter qu'il n'est 
pas toujours facile d'arriver à des résultats satisfaisants. Or, avec 
Y Oignon Catawissa ces inconvénients disparaissent, puisqu'il possède 
la faculté de donner à chaque printemps, et pendant trois ou quatre 
ans, des Oignons verts en abondance, en été des bulbilles en quantité 



— 199 — 

pour confire, et qu'il ne demande d'autre culture que celle que je 
vais signaler. 

« li Oignon Catawissa est une plante potagère, à souche vivace, 
émettant à la base, au printemps, de vingt à trente tiges grosses 
comme des poireaux, longues, tendres et excellentes à manger en vert, 
plus précoce, d'une quinzaine de jours ou même d'un mois, que les 
Oignons plantés à l'automne. On le multiplie de bulbilles, que l'on met 
en place depuis le mois d'octobre jusqu'en février et que l'on traite de 
la manière suivante : 

« Le terrain destiné à Y Oignon Catamissa ayant été travaillé et 
copieusement amendé préalablement à l'aide d'une forte couche de 
fumier ou d'engrais, on trace au cordeau plusieurs sillons espacés de 
40 à 50 centimètres chacun dans lesquels on place les bulbilles que 
l'on distance également de 40 à 50 centimètres les uns des autres. 

« Cette distance, de laquelle on peut tirer aisément parti la première 
année en cultivant entre les rangs des Chicorées, des Laitues, des 
Carottes, etc. est indispensable par la suite à cause du développement 
que ne manquent pas de prendre les sou hes à la deuxième année de 
plantation. 

« Les bulbilles, mises en terre d'octobre à février, pousseront vigou- 
reusement au printemps, mais elles ne donneront, cette première année, 
qu'une seule tige, que l'on maintiendra à l'aide d'un petit tuteur. 

« Dans le courant de l'été, cette tige produira au sommet un ou deux 
étages de bulbilles que Ton utilisera pour la plantation ou desquelles 
on tire parti en les confisant au vinaigre à la manière des cornichons. 

« La seconde année est celle de la première récolte. Dès la fin de 
février jusqu'à la fin d'avril, quelquefois même jusqu'en mai, à la place 
des bulbilles que l'on a plantées l'année précédente, on trouve une 
touffe d'Oignons verts, gros comme des poireaux, contenant de 20 à 
30 tiges d'une saveur et d'une qualité qui ne le cèdent en rien aux 
meilleurs Oignons cultivés et comme, avec cent touffes iïOignon 
Catawissa, un ménage ordinaire ne consommera pas, au printemps, 
les tiges vertes qu'elles fournissent, celles qui restent aux pieds se 
développent, atteignent une hauteur de m 80 à 1 mètre et se couron- 
nent au sommet, en été, de un ou deux étages de bulbilles que l'on 
utilisera comme je l'ai indiqué ci-dessus. 

« A partir de ce moment, les touffes d'Oignon Catawissa produiront 



— 200 — 

pendant deux, trois ou même quatre ans, et à chaque printemps, des 
tiges en abondance, en été des bulbilles en quantité, et cela sans autres 
soins que quelques binages appliqués pendant le cours de la végétation 
et un bon labour au printemps, un peu avant l'apparition des tiges. 

« L'Oignon Catawissa est d'une rusticité sans égale puisqu'il sup- 
porte sans altération 20 à 30 degrés au-dessous de zéro. » 

La note de M. Gagnaire est suivie de quelques observations de 
M. Carrière qui a reconnu que Y Oignon Catawissa est absolument 
distinct de Y Oignon Rocambole : ce qui est contesté. 

Je n'ajouterai rien à ce qui précède relativement à la culture de 
Y Oignon Catawissa, si ce n'est pour l'approuver. 

Quant à ses usages, il en est un dont je ne puis mesurer l'impor- 
tance. Je sais qu'il se consomme une grande quantité d'Oignons verts 
dans certaines parties de la France, mais je n'en ai jamais mangé. Je 
ne puis dire si les tiges du Catawissa ont la saveur de l'Oignon com- 
mun, mais je puis affirmer, avec M. Gagnaire, que ses souches sont 
d'une grande fécondité. 

Je me bornerai à apprécier le mérite et l'utilité de ses bulbilles. Le 
Catawissa s'appelle Oignon dans le commerce, Ciboule en botanique et 
peut être Echalotte en cuisine. Il serait plus vrai de dire que l'Allium 
chinois a une saveur qui lui est propre et qui n'est précisément ni celle 
de l'Oignon, ni celle de la Ciboule, ni celle de l'Echalotte. C'est ce qui 
m'en fait conseiller la culture. En effet, les bulbilles du Catawissa, 
confites dans le vinaigre, sont excellentes et différent de toute prépa- 
ration analogue. 

De plus, la plante est très curieuse. On en trouvera une figure, 
très exacte, accompagnant une note de M. Carrière, dans la Revue 
horticole, année 1875, p. 453. 



LES ACACIAS AUSTRALIENS EN ALGÉRIE. 

Il n'est pas sans intérêt d'entretenir un instant le lecteur, de ce 
genre de plantes si variables, comme port et comme fleurs. Appar- 
tenant à la grande famille des légumineuses-papillonacées, les acacias 
australiens sont intéressants à tous les points de vue; tantôt 
ce sont des arbres, tantôt des arbustes : ils se couvrent, à l'automne, 
d'un nombre incalculable de fleurs, à étamines indéfinies et mona- 



— 201 — 

delphes, blanches ou jaunes, et toutes, exhalent un parfum des plus 
agréables. L'Algérie, où l'acclimatation des plantes australiennes 
s'opère avec une remarquable facilité, offre aux amateurs de la flore 
exotique un vaste champ d'expériences horticoles intéressantes: c'est 
aussi sous ce splendide ciel africain que l'on peut espérer de ce genre 
magnifique les plus surprenants résultats. 

Il serait assurément trop long d enumérer ici toutes les belles 
espèces à cultiver; il est cependant bon d'en citer quelques unes, et 
d'indiquer au lecteur, de combien croît en une année un Acacia planté 
dans des conditions médiocres et ce que peut produire de revenu cet 
arbre dont l'avenir est assuré. 

En effet, voici deux Acacias : les longissima et Retinoïdes ; tous deux 
de la Nouvelle Hollande ou Australie; plantés en 1871, quand ils 
avaient m 15 à m 20, ils atteignent aujourd'hui la taille de 10 m. et 
leur grosseur moyenne, à un mètre au dessus du sol, est de m 35. Au 
mois d'octobre de chaque année, ils se couvrent tous deux d'innom- 
brables fleurs jaune pâle, en grappes lâches, et répandent dans les 
nuits sereines du ciel algérien, leur parfum exquis. Mais ceux là ne 
sont pas les seuls; citons en passant les A. macrophylla et Meisneri, 
qui, dans l'espace de trois ans, ont atteint la hauteur de 3 mètres et 
leurs troncs de m 07 à m 08 de grosseur. Les Acacias australiens, 
(du moins quelques espèces) produisent des écorces d'une richesse 
merveilleuse en tannin, et sont appelés, à cause de cette qualité, à 
rendre d'éminents services à l'industrie. 

Le Chêne vert s'épuise, et il est désormais certain que dans les 
régions favorisées du littoral méditerranéen, on pourra le remplacer 

efficacement par les acacias australiens Les principales espèces à 

cultiver à cet effet, seraient les Acacia cyanophylla, leiophylla, Sa- 
ligna, macradenia, mollissima, etc., etc., dont les écorces, après 
analyses faites par des hommes compétents dans cette matière, ont 
démontré qu'elles étaient trois fois plus riches en tannin que le chêne. 
Aussi les Anglais, toujours pratiques et comprenant mieux leurs inté- 
rêts, font venir chaque année d'Australie, pour plusieurs millions 
de francs d'écorces de cette précieuse légumineuse. Le tannage à 
tannage à Técorce d'acacia prend beaucoup moins de temps pour la 
manipulation, que l'écorce du chêne vert. 

Les Acacias produisent du bois excellent, d'une richesse de veines 

15 



— 202 - 

excessivement remarquable et dont l'industrie de l'ébénisterie tirera 
un jour un bon parti. Nous croyons que les Acacias joueront un rôle 
dans les reboisements que la France fera effectuer en Algérie. 
En résumé : 

1° Les Acacias australiens sont des arbres et arbustes splendides, 
pour la décoration des parcs et jardins du littoral de la Méditerrannée ; 

2" Ils fournissent à l'industrie un excellent succédané du chêne vert; 

3° L'ébénisterie en tirera un jour un bon parti ; 

4° Enfin, une grande partie des reboisements en Algérie se fera 
avec ces excellents végétaux; Raphaël de Noter. 

Tipaza, le 28 Octobre 1883. 



UN BIVOUAC NOCTURNE DANS LA FORÊT 
VIERGE DE L'AMÉRIQUE CENTRALE. 

Le Botaniste-voyageur n'a pas à se plaindre d'une vie trop mono- 
tone; la nature tropicale lui fournit amplement des changements de 
toutes sortes : aujourd'hui au port de mer, dans la région torride, il 
emballe, à la sueur de son front, les plantes qu'il vient d'apporter; 
demain, il campe à dix mille pieds d'altitude, exposé à la gelée. Le 
matin, c'est un soleil flambant, le soir, c'est une averse torrentielle; 
ces alternatives, par lesquelles il passe, lui procurent un agrément 
suprême. Car, malgré les peines qu'il se donne, les privations qu'il 
endure, il aime son métier, tel qu'un chasseur aux chamois qui ne 
consentirait jamais à changer son genre de vie contre un autre plus 
aisé. Seulement il a le droit de demander que les travaux qu'il entre- 
prend au nom de la science, et pour elle, lui rapportent les moyens 
nécessaires de pouvoir se payer, au retour d'une longue et parfois 
périlleuse excursion, les commodités et le confort désirables. 

Heureux quand il rentre ingambe au logis! Le matin, à son départ, 
il peut se demander si le soir ne le verra pas rentrer écloppé ou 
atteint des germes d'une maladie qui ne pardonne pas. 

Je veux raconter aujourd'hui un épisode des plus fréquents dans les 
voyages : un campement de nuit dans la forêt vierge. Que le lecteur 
soit prévenu ; il ne s'agit que du récit simple et exact des faits dont 
j'ai été témoin ; les aventures à sensation, les descriptions poétiques 
et enthousiastes en sont exclues. 



— 203 — 

Nous sommes au milieu de la saison sèche, dans la foret, sur un 
plateau à 5000 pieds au-dessus de la mer, au bord d'un précipice 
(barranca) au fond duquel mugissent continuellement les flots d'une 
rivière assez importante. 

Je viens d'arriver là avec ma petite bande d'indiens qui, comme moi, 
après avoir marché et travaillé tout une journée, sont très éreintés et, 
qui plus est, sont pourvus de cet appétit qu'on dit le meilleur cuisinier 
du monde. Aussi en est-il besoin, car les provisions qui nous restent 
ne sont pas de nature à remplacer un dîner chez Véfour. De la viande 
salée, séchée, vieille d'une semaine, aromatisée de la sueur du porteur, 
du riz, souvent moisi par l'humidité de la forêt, enfin, en cas de luxe 
extraordinaire, du café, parfois torréfié et moulu une huitaine de jours 
à l'avance : voilà les friandises qui vous attendent. Et encore les 
préparatifs se font-ils avec une certaine solennité. Ce qui n'empêche 
pas que les personnes délicates, dont une extrême propreté semble être 
l'apanage, feraient bien de s'écarter pour ne pas voir la grande 
marmite toute luisante de vieille graisse que l'Indien-cuisinier, malgré 
sa prétention detre des plus propres, nettoie superficiellement avec le 
dessous de sa chemise. La viande coupée et le riz, pour être lavés, 
passent par une demi-douzaine de mains des plus sales avant de 
disparaître pêle-mêle au fond de la marmite. 

L'habitude est une seconde nature, dit-on; rien de plus vrai ; on se 
fait vite à ce genre de vie. Après avoir sorti des sacs les trésors 
récoltés aujourd'hui et après les avoir soigneusement arrangés par 
terre pour être repris à notre retour, je m'assieds, avec le bien être 
d'un gros rentier, au pied d'un chêne gigantesque, dans une niche 
formée par deux énormes lianes, juste en face du pot-au-feu. Là, je 
m'occupe de l'esquisse d'une fleur encore fraîche. A mon côté, se trouve 
assis mon guide, qui, dans le sentiment de sa dignité de chef de troupe, 
ne s'abaisse jamais à faire le moindre travail. Il me demande les quali- 
tés médicinales des plantes récoltées aujourd'hui et, détournant la tête, 
il sourit avec incrédulité quand je lui dis que ces plantes se cultivent 
dans mon pays uniquement pour leurs belles fleurs. « Les étrangers, 
me dit-il, sont toujours prêts à nous tromper et cependant nous savons 
très-bien que les médecines, qu'ils nous font payer si cher, viennent de 
nos bois et que des cuirs de bœufs que nous vendons pour rien, ils font 
de jolies étoffes et des habillements. » 



— 204 — 

N'ayant presque pas fermé l'œil les nuits passées, je finis par 
m'endorrair sur mon dessin, malgré le bavardage de mon voisin, 
jusqu'à ce que le cri, toujours le même, du cuisinier : « Don Ricardo, 
ja esta' la comida » (Monsieur Richard, le manger est tout prêt), 
me fait réveiller en sursaut. 

J'emplis de « cuacho » (viande et riz cuits ensemble) mon assiette 
de fer blanc. Dès la première bouchée, je me dis que l'écorce de chêne 
préparée avec de la graisse rendrait à peu près le même service. 
Quant au goût, on ne perdrait rien au change. Avant que j'aie fini ma 
portion, mes compagnons ont vidé toute la marmite et se lèchent les 
lèvres d'un air tout satisfait. A la fin, cependant, mes pauvres dents 
civilisées viennent à bout de ce cuir d'un nouveau genre. Je choisis 
ensuite un endroit convenable pour y tendre mon hamac, autant que 
possible entre deux arbres où se trouve interposé quelque Chamaedorea 
dont la couronne repose au-dessus de ma tête et soit à la portée 
de ma main pour pouvoir, en la secouant, chasser les moustiques qui 
pullulent d'habitude dans le voisinage des cours d'eau. Cela se fait en 
autant de temps qu'il en faut pour l'écrire. En un clin d'œil, je m'y 
trouve installé, étendant et repliant tour à tour mes membres fati- 
gués, fumant ma pipe et me livrant, après une journée rude mais bien 
remplie, à une sieste tout aussi bien méritée. 

Quel bienfait du Ciel que le hamac ! Que deviendraient les 
collecteurs sans cette précieuse découverte qui est due, sans doute, au 
grand'père Adam. Par collecteurs, j'entends parler des vrais voyageurs- 
pionniers et non pas de ces Messieurs qui ne quittent jamais leur 
hôtel et qui se font servir par des indiens. 

Enfin, je me trouve dans une situation des plus confortables. Tous 
mes « muchachos » sont venus s'asseoir tout autour de moi et bientôt 
il s'engage une conversation fort intéressante. Je leur parle de 
la situation géographique de l'Europe, dont il ne se rendent pas 
compte, de nos hivers avec leurs énormes amas de neige, de nos cours 
d'eau qu'il est parfois possible de traverser sur la glace, de nos étés 
avec leurs longs jours et des contrées polaires où il y a alternative- 
ment des jours et des nuits de six mois. Les uns m'écoutent, la 
bouche grande ouverte, et s'estiment heureux de ne pas avoir à 
travailler à ia journée dans ces pays là; d'autres sourient malicieu- 
sement et me font comprendre par des signes qu'ils approuvent 



— 205 - 

fortement que je trompe ces imbéciles par de pareilles balivernes. 

Tout en causant, les heures se sont écoulées et le soleil est près de 
disparaître à l'horizon. Dans la cime d'un Momecillo (espèce de 
chêne à feuilles comparativement petites) juste au-dessus de nos têtes, 
viennent de se réunir, en assemblée musicale, diverses familles de 
singes hurleurs qui protestent contre l'invasion de leur domaine en 
faisant un vacarme infernal, semblable à celui que produirait tout un 
régiment de tambours. Comme ils voient que nous restons bien 
tranquilles, sans nous émouvoir le moins du monde de leur pré- 
sence tapageuse, ils s'enhardissent jusqu'à faire tomber sur nous de 
gros glands qui ne nons intimident pas davantage. Tout à coup, ils 
se taisent; c'est le signal que la nuit commence à tomber avec cette 
rapidité propre aux régions tropicales : sans transition aucune, au 
jour succède la nuit noire. C'est pour nous aussi le signal de nous 
taire. Ce fait, je l'ai observé partout dans les bivouacs en forêt : à 
mesure que l'obscurité augmente, les plus grands bavards deviennent 
avares de leurs paroles; ce silence n'est pas de la peur, car les 
indiens, comme les voyageurs expérimentés, savent parfaitement qu'à 
l'exception des serpents dont on ne peut se défendre même le jour, il 
n'y a absolument rien à craindre, si ce n'est les rhumatismes. Néan- 
moins, un certain malaise, une inquétude dont vous ne vous rendez 
pas compte s'empare de vous, mais ce sentiment est produit par le 
silence profond, le calme grandiose qui règne durant toute la nuit 
sous ces végétaux aux colossales dimensions, et qui impose inévitable- 
ment à l'homme le plus courageux. J'ai lu beaucoup de récits de 
voyages dans lesquels on fait intervenir les hurlements et les 
mugissements des bêtes féroces pendant la nuit sous les sombres 
voûtes des forêts et qui forment un concert des plus funestes. Cela se 
passe peut-être de la sorte en Afrique où la faune est si riche en 
grandes espèces, ou en Amérique , sur les rives de l'Amazone 
et de l'Orénoque. Mais dans les forêts vierges de l'Amérique 
centrale, cela n'a pas lieu; là, c'est le silence de la tombe. Et la cause 
en est toute naturelle. La panthère et ses confrères carnassiers sont 
beaucoup trop intelligents pour prévenir par leur voix formidable 
leurs victimes de leur approche, et les animaux faibles font le contraire 
pour la même raison. Les tapirs seuls et les porcs sauvages se 
font entendre parfois : ces animaux se nourrissent de fruits et, 



— 206 — 

par leur force individuelle ou leur nombre, ils n'ont pas à craindre 
les carnassiers. 

Nous sommes donc au commencement de la nuit. Mes gens me 
quittent^ l'un après l'autre, pour se chercher un gîte convenable à une 
vingtaine de pas de moi, où ils se couchent l'un à côté de l'autre. Dans 
mes différents voyages, j'ai été accompagné par plus d'une centaine 
d'indigènes et tous ont toujours eu cette habitude de s'éloigner de 
moi pendant la nuit. Est-ce pour mettre mon courage personnel à 
l'épreuve, ou est-ce la superstition qui les fait agir de la sorte? Enfin, 
c'est un fait que j'ai constaté maintes fois et dont mou amour propre 
ne m'a jamais permis de demander l'explication. Je me trouve donc 
seul dans mon hamac, enveloppé d'une couverture de laine, un mou- 
choir en guise de turban comme abri contre les moustiques, le 
revolver dans la poche, moins pour ma défense que pour une bonne 
occasion de nous procurer de la viande fraîche; mais il ne se présente 
rien; il se fait parfois un léger bruit dans les broussailles d'alentour, 
qu'un animal assez grand peut-être vient de traverser; mais l'obscu- 
rité est tellement intense qu'il est impossible de rien distinguer; 
bientôt, tout rentre dans un silence qui n'est interrompu que par le 
bruit clair de la rivière qui coule à nos pieds et dont les eaux 
écumantes révèlent à la fois la présence de grosses pierres dans 
son lit et des cascades qui y sont échelonnés. 

Je me livre à mes méditations. Je suis heureux des quelques jolies 
découvertes que je viens de faire dans le cours de ce voyage et je ne 
puis m'empêcher d'en faire d'avance l'estimation. Je fais, mentalement 
bien entendu, le programme du lendemain et fixe le jour pour le triage 
des plantes récoltées. Des vers luisants, qui se croisent par centaines 
dans l'espace noir, occupent agréablement ma vue et me reportent à 
mes premiers jours d'enfance quand, dans le jardin paternel, pendant 
les chaudes soirées de juin, je les chassais au lieu de faire mes devoirs 
d'école. Je revois en esprit les heureux souvenirs de ma jeunesse, me 
rappelant les romans de Cooper que j'ai dévorés avec avidité, ne pré- 
voyant guère, en lisant ces horreurs qui font dresser les cheveux, 
que mon occupation future me fournirait l'occasion de traverser ces 
mêmes forêts vierges, si mystérieuses, côte à côte avec ces mêmes 
terribles Peaux-Rouges, enfin, dans cet heureux temps, j'ignorais la 
réalité; du moment qu'on la connaît, le côté poétique disparaît. 



— 207 — 

Je me réveille en grelottant, après avoir rêvé d'une lutte contre je 
ne sais quoi. Toujours est-il que, comme conséquence, je vois ma cou- 
verture par terre et mes habits tout humides. Dans la forêt, la rosée 
est presque nulle; mais, vers le matin, même en saison sèche, l'atmos- 
phère est saturée d'humidité. 

J'estime que la température doit être de 10 degrés centigrades. Par 
dessus le ravin, j aperçois la lumière très faible de la lune dans son 
dernier quart; elle vient de se lever et il doit être près de 4 heures du 
matin. C'est encore un peu tôt pour se lever. Je ramasse ma couver- 
ture, m'en enveloppe de nouveau et tâche de me rendormir. Mais je 
ne réussis qu'à demi et, me tournant et retournant sans cesse, le som- 
meil finit par se dissiper complètement et de plus, je recommence à 
grelotter. Alors, je saute hors du hamac et m'approche du foyer où 
une grosse pièce de bois montre encore quelques points en ignition 
que je parviens à rallumer. Cela fait, je m'assure qu'il reste encore 
assez d'eau pour ne pas être obligé de descendre à la rivière et me mets 
à préparer moi-même le déjeuner afin de pouvoir repartir avec le 
lever du soleil. D'ailleurs, je ne désire pas réveiller mes porteurs qui 
ronflent tous de manière à pouvoir gonfler les voiles d'un navire et 
auxquels je souhaite un sommeil réparateur; car ils ont bien travaillé 
et de rudes journées les attendent encore. 

Tandis que la viande cuit, j'apprête les sacs, les outils, etc., puis, 
j'ajoute le riz et dans un quart d'heure, le manger sera prêt. J'observe 
ici un fait bien connu en théorie, mais qui frappe davantage quand on le 
constate de visu, à savoir la différence d'ébullition et de cuisson variant 
d'après l'altitude. Sur les montagnes, l'eau bout beaucoup plus vite 
qu'à la côte. Si d'un côté la résistance à la température d'ébullition est 
vaincue beaucoup plus tôt, par contre la cuisson demande un temps 
beaucoup plus considérable. Malgré cela, grâce à mon bon feu, j'y 
parviens à temps, puis, je me dispose à réveiller mes hommes. Mais 
je m'aperçois qu'il faut d'excellents poumons. Néanmoins, je réussis; 
ils se lèvent et arrivent. En voyant le repas tout préparé, ils ont 
l'air satisfait, mais apercevant les sacs vides, leurs figures s'allon- 
gent pitoyablement, « Est-ce que nous avançons donc toujours? » 
me demande le guide. Souvenez-vous que dans peu d'heures, 

nous mettrons le pied sur le territoire des (tribu d'Indiens 

des plus sauvages et des plus dangereux ». Connaissant cette fable 



— 208 — 

toujours rééditée en pareille circonstance, je lui déclare d'une 
manière absolue, que nous devons avancer encore de deux journées. 
Alors, il éclate une véritable rébellion dans ma petite troupe. 
Elle est excitée par les deux plus âgés qui ont sans doute laissé 
leurs familles dans leurs huttes. Je ne sais s'ils sont mariés; le 
mariage légitime est, dans ce pays-là, un luxe assez cher que les 
pauvres gens ne se permettent que très-rarement et qu'ils regardent 
d'ailleurs comme une cérémonie inutile. Bientôt mes hommes se 
forment en cercle autour de moi pour protester contre un prolon- 
gement de voyage en agitant leurs machetes (grands couteaux en 
forme de sabre pour se frayer un chemin dans les bois). Je ne courais 
aucun danger, car ces gens ont, en général, le caractère très-paisible ; 
mais ce que je craignais, c'est d'être obligé de leur céder, pour opérer 
la retraite, avant d'avoir atteint le but proposé. Je tente le dernier 
moyen en leur promettant à eux, leurs familles, amis et amies, dès 
notre retour, de leur donner, chez moi, un fandango (bal champêtre 
national). C'était alléchant, car, aussitôt, la plupart sont disposés à me 
suivre et les plus rebelles se soumettent sans peine. La clarté du jour 
commençant à se répandre en peu de minutes dans la forêt, toute la 
petite caravane se retrouve en route. 

. Londres, 11 juillet 1883. R. PPAU. 

UNE EXCURSION AU SIKKIM. 

PAR H. J. Elwes. 

Traduit de The Gardeners Chronicle, 9 et 16 avril 1881, p. 461-62 et 497-98. 

Darjeeling, 28 décembre 1880. 

Une des choses qui frappent surtout le voyageur quand il arrive au 
Sikkim en quittant les plaines de l'Inde, c'est le changement subit et 
complet de paysage, d'habitants, de végétation et de climat; et bien 
qu'il soit assez naturel de s'attendre à une différence considérable 
entre la flore des plaines et celle des montagnes, nulle part ailleurs le 
changement n'est aussi prompt, la distinction aussi tranchée. Il en 
est tout autrement au nord-ouest de l'Himalaya, parce que les mon- 
tagnes n'y surgissent pas d'une façon aussi brusque, aussi inattendue 
et aussi parce que, la moindre durée de la saison pluvieuse, la plus 
grande rigueur des froids de l'hiver, la chaleur et la sécheresse plus 
extrêmes du printemps n'y maintiennent, à des altitudes comprises 



— 209 — 

entre 650 et 2,500 mètres, qu'une végétation incomparablement 
moins riche, moins belle, moins variée, qu'au Sikkim et dans d'autres 
régions de l'Himalaya, situées à l'est du Népaul. Quand on envisage la 
facilité relative avec laquelle on peut se rendre de Calcutta à Dar- 
jeeling — un trajet de 24 heures, mi en chemin de fer, mi en tramway 
— alors qu'aucune autre station végétale analogue de l'Himalaya ne 
peut être atteinte à moins d'un voyage de 3 à 4 jours, en chemin de fer 
et en voiture, on se demande comment cette intéressante localité n'est 
pas plus fréquemment visitée. Il est vrai que les explorateurs venant 
des plaines récriminent, non sans raison, contre l'humidité exagérée, 
contre la persistance des brouillards pendant la saison pluvieuse, qui 
dure de mai en octobre, contre les intempéries des mois d'hiver, si 
pénibles pour les tempéraments habitués aux climats tropicaux et 
auxquelles il est bien plus aisé de se soustraire en habitant à 
1500 ou 1600 m. d'altitude qu'à Darjeeling, dont la hauteur est 
de 2500 m. environ au-dessus du niveau de la mer. Suivant moi, 
le climat du Sikkim, à cette altitude modérée, est aussi parfait que 
possible pendant quelque chose comme huit mois de l'année, et les 
brouillards, l'humidité et les trop fréquentes ondées de juin à sep- 
tembre, sont plus que compensées aux yeux du botaniste, du jardinier 
ou du cultivateur, par l'admirable luxuriance de la végétation et 
le développement superbe de toutes les plantes subtropicales et de 
quantité de végétaux des régions tempérées. 

Décrire en une ou deux lettres la flore et les paysages du Sikkim est 
une tâche irréalisable; et si Joseph Hooker, dans son admirable 
< Himalayan Journal», une des œuvres les plus complètes et les 
plus fidèles sur le Sikkim, en même temps qu'un des plus charmants 
récits de voyage qui aient jamais paru, n'arrive à donner qu'une idée 
imparfaite des beautés, des splendeurs que déploient aux regards les 
forêts de cette région, encore moins puis-je espérer être à la hauteur 
d'une pareille entreprise. 

M. Gamble, conservateur des forêts du district de Darjeeling, a 
publié dans VIndian Forester un excellent rapport sur la région 
confiée à sa surveillance; je renvoie à cet ouvrage et à Y Hima- 
layan Journal ceux qui voudraient acquérir sur ce pays des connais- 
sances plus étendues. 

Au point de vue économique, ce qu'il y a de plus intéressant au 



— 210 — 

Sikkirn est l'élève du thé et du quinquina. Car la culture est la source 
du commerce le plus important de l'Inde ; c'est elle qui a changé en une 
contrée populeuse et relativement prospère, d'immenses espaces occupés 
jadis par des forets ininterrompues. Quand, il y a quelque vingt ans, 
les indigènes commencèrent la culture du thé, ils supposaient que 
celui-ci réussirait surtout à une altitude d'environ 2000 mètres, mais 
ils ne tardèrent pas à constater qu'au fur et à mesure que les planta- 
tions descendaient la pente des collines, la croissance de la plante 
devenait plus rapide, la production des feuilles plus abondante; aussi 
tous les jardins créés dans ces dernières années sont-ils situés à une 
altitude inférieure à 1500 m. ; plusieurs s'étendent même sur le Terrai, 
au pied des collines. Ces derniers, quand leur culture est faite intelli- 
gemment dès le début, sont sans doute les plus productifs ; mais la vie y 
est moins agréable qu'à des altitudes variant entre 1000 et 1500 m., 
à cause de la plus grande intensité de la chaleur et des fièvres, moins 
dangereuses, il est vrai, qu'avant les défrichements, assez graves 
cependant pour occasionner encore pas mal d'indispositions et de décès, 
surtout parmi les ouvriers employés au labourage. Ceux-ci sont pres- 
que tous des indigènes du Népaul qui, au début des plantations, ont 
immigré en assez grand nombre pour former aujourd'hui la majeure 
partie de la population. Quant aux naturels du Sikkim, qui sont des 
Lepchas et des Botheas de race et de caractère Indo-Chinois, ils répu- 
gnent aux rudes labeurs d'une plantation. L'abondance et le bon marché 
de la main d'oeuvre, le caractère plus sain et plus frais du climat, la 
promptitude et la facilité du transport sont les trois grands avantages 
dont bénéficient les planteurs de Darjeeling sur ceux des autres districts, 
et aujourd'hui que le prix du thé s'est abaissé au point de ne rendre sa 
culture rémunératrice que dans des circonstances particulièrement 
favorables, les perspectives des cultivateurs du Sikkim, sans être bien 
brillantes, sont à coup sûr moins sombres qu'à l'Assam ou au Cachar. 
D'autre part, les planteurs de Darjeeling ne laissent pas que de ren- 
contrer des difficultés commerciales sérieuses quand ils tâchent d'in- 
troduire leur produit dans la consommation, sans y mélanger ces 
mauvaises drogues chinoises, que les classes ouvrières boivent en 
Angleterre sous le nom de thé; mais la modicité des prix actuels, 
bien que peu encourageante, les aidera sans doute à atteindre leur 
but, et nous ne croyons pas que personne, après avoir consommé 



— 211 — 

pendant huit ou quinze jours le thé pur de Darjeeling, revienne de 
plein gré à l'usage de cette abominable tisane, qui passe pour du thé 
dans tous les lieux publics et dans mainte famille aisée d'Angleterre. 

L'écorce de quinquina est un autre produit du Sikkim dont l'impor- 
tance a considérablement progressé dans ces dernières années : pen- 
dant huit ou dix ans, les plantations du gouvernement à Rungbee et à 
Mongpoo et les cultures privées de Pomong sont demeurées improduc- 
tives, mais la croissance rapide des arbres, partout où ils ont ren- 
contré un sol et un climat propices, ainsi que la récente augmentation 
du prix des écorces ont changé la face des choses; non seulement 
les jardins du gouvernement ont payé toutes leurs dépenses, capital 
et intérêts, mais encore la compagnie de Pomong a donné, deux années 
de suite, 70 et 80 °/ u de dividende, et ses actions sont cotées quatre 
fois le prix qu'elles ont coûté il y a trois ans. La question de savoir si 
la culture du quinquina doit continuer à être aussi lucrative qu'à pré- 
sent est une de celles dont maint planteur voudrait connaître la 
solution. Certes actuellement la demande de quinquina dépasse de 
beaucoup sa production, mais les immenses plantations qui viennent 
d'être instituées à Ceylan, dans l'Inde méridionale et à Java, ne 
peuvent manquer d'en faire baisser le prix, quand la guerre Indo- 
Américaine sera terminée. Au reste, même en tenant compte d'une 
baisse considérable sur les quinquinas réduisant le prix des écorces 
au quart de leur valeur actuelle, il n'en reste pas moins dans leur 
production une source de profits, sinon considérables, au moins rému- 
nérateurs, en supposant, bien entendu, que le sol et le climat soient 
favorables et que la culture porte exclusivement sur des espèces dont 
l'écorce soit riche en alcaloïdes. 

Depuis 1876, date de mon dernier voyage à Darjeeling, un jardin 
botanique a été établi en contre-bas du bazar, sur un terrain offert à 
cette intention par M. Lloyd. La direction en est confiée à M. Jaffrey, 
autrefois attaché aux plantations de quinquina du gouvernement. 
D'après les renseignements qui me sont parvenus, il devrait servir à 
la fois de pépinière destinée à l'élève et à la distribution aux habitants 
du district, des végétaux et des légumes d'Europe, et de jardin bota- 
nique consacré à la culture des plantes indigènes susceptibles de pros- 
pérer à cette altitude (environ 2200 mètres). On a déjà pas mal tra- 
vaillé dans ce sens; le jardin se développe gracieusement sur un 



— 212 — 

espace où l'on a laissé subsister nombre d'arbres de la forêt primitive ; 
mais M. Jaffrey se plaint que les pluies aient entraîné le terreau 
accumulé à la surface du sol et dans lequel les plantes des forêts et 
les Fougères eussent prospéré davantage. Néanmoins, quantité des 
plus jolis végétaux du pays sont déjà réunis dans cette enceinte; leur 
nombre augmente tous les jours, grâce au zèle des explorateurs 
indigènes, et bientôt les vallées plus chaudes et plus profondes auront 
enrichi de leurs précieuses dépouilles la vaste serre que l'on est en 
train d'y ériger. 

Quand on réfléchit à la facilité que présente la récolte des graines 
et des plantes dans le Sikkim, grâce aux Lepchas qui sont très bien 
au courant de la flore indigène, et au peu de temps qu'exige le 
transport des matériaux recueillis à domicile, on est surpris de voir 
combien peu des plus jolies plantes du district sont encore inconnues 
en Angleterre. J'espère arriver à en introduire quelques unes cette 
année, mais il restera beaucoup à faire quand même, malgré le nom- 
bre et l'habilité des botanistes qui ont exploré ce territoire privilégié. 
En attendant, j'ai réussi à me procurer deux espèces de Lis nouvelles 
pour le Sikkim. L'une d'elles est probablement le L. occypetalum 
considéré jusqu'à présent comme spécial à la région nord-ouest de 
l'Himalaya, et l'autre est sans doute le L. nepaîense, ou quelque forme 
nouvelle du groupe longiflorum. Toutes deux sont rares et locales, 
ainsi que le L. giganteum, le seul vrai Lis indiqué jusqu'ici dans la 
flore du Sikkim. 

Une des premières excursions que je fis aux environs de Darjeeling 
fut dirigée vers les plantations de quinquina à Mongpoo; j'y trouvai 
mon ami, M. Gammie, enthousiasmé des succès obtenus dans la culture 
des précieuses écorces et dans la fabrication du sulfate de quinine par 
un nouveau procédé qu'il a récemment découvert et qui est destiné, 
sans aucun doute, à détrôner les modes d'obtention aujourd'hui en 
usage. La route qui conduit à Mongpoo est une des plus belles et des 
plus intéressantes du district. Après avoir franchi la colline de Jella- 
pahar, elle tourne à l'est vers Jorbungalow et longe la lisière nord du 
Sinchal pendant trois ou quatre milles, à une altitude de 2200 mètres, 
à travers une magnifique forêt de Chênes, de Magnolias et de Châ- 
taigniers, qui, grâce à l'administration des bois et domaines, n'a été ni 
brûlée, ni abattue, ni saccagée comme le sont toutes celles qui 



— 213 — 

échappent à sa surveillance. De splendides arbustes, des Fougères, 
des Orchidées superbes la remplissent; elle descend du sommet du 
Finchal à 3000 mètres jusqu'à 15 à 1600 m., niveau extrême des 
cultures au Sikkim. Citons, parmi les plus remarquables des trésors 
végétaux qu'elle renferme, le splendide Magnolia Camplelli dont les 
grandes fleurs cramoisies apparaissent en mars, avant les feuilles; des 
Hjdrangeas de 6 à 7 mètres de hauteur; le Daphne papyrifera, qui 
est en pleine floraison en juin et serait sans doute rustique dans les 
régions les plus clémentes de l'Angleterre. Nombre de Chênes et de 
Magnolias sont couverts à cette hauteur d'une foule de mousses, de 
fougères, d'orchidées, de festons de plantes grimpantes; mais un des 
traits les plus remarquables de la végétation arborescente consiste en 
une quantité de Vaccinium et autres plantes vivant en épiphytes, dont 
les robustes souches ligneuses rampent sur les branches des arbres et 
vivent exclusivement de l'humidité et du terreau accumulés sur les 
rameaux en voie de destruction. 

Parmi les Orchidées, la plus nombreuse de beaucoup est un 
Pleur othallis, une vraie mauvaise herb<>, si l'on peut ainsi qualifier 
une plante de cette famille, dont les masses entrelacées surchargent 
jusqu'à les briser de robustes rameaux. Les Pleione WallicMi et 
humïlis sont très abondants; le dernier fleurit en février et mars, dans 
la mousse qui tapisse les pierres et les branches, et semble indifférent 
aux gelées nocturnes qui durent trois mois de l'année à cette hauteur. 
Les Coelogyne ochracea et nitida se rencontrent aussi fréquemment à 
2,500 m. d'altitude; le dernier s'élève même jusqu'à 3,000 m.; je l'y 
ai maintes fois observé sur des ifs, arbres rares au Sikkim, mais que 
l'on trouve cependant çà et là dans la forêt à Tongloo et ailleurs. Le 
Cymhidium abonde à une altitude de 2,200 m., tandis qu'une jolie 
espèce Ampélopsis > un Jasmin, le Die entra thalictrifolia et quantité 
d'autres plantes grimpantes, font un vrai jardin de chaque arbre 
vigoureux. Les baies rouges du curieux Arisaeona speciosum tapissent 
le sol en hiver de leurs élégants épis hauts de 15 à 16 centim., 
larges de 7 à 8. Les fleurs de cette espèce et de diverses autres, 
acclimatées en Angleterre, apparaissent de bonne heure, mais les 
semences sont lentes à mûrir. L'A. Hookeri, qui croît sur le 
Goompahar, a une spathe conchyliforme de 15 à 16 centim. de dia- 
mètre, striée de pourpre sombre et de blanc grisâtre : c'est le plus 



— 214 - 

brillant des Arisaema quand il est en fleurs. Le curieux Paris poly- 
phylla, haut de 60 à 70 centim. et proche parent de nos espèces 
anglaises, y grandit aussi en compagnie du Tovaria oleracea, plante 
voisine des Smilax dont on mange les rejets comme ceux de l'Asperge; 
du Polygonatum oppositifolium , un élégant sceau de Salomon, à station 
épiphyte; de quelques jolies espèces d 1 ' Anaectochilus et de Goodyera; 
du Calanthe Masuca et d'autres Orchidées épigées. 

Quant aux Fougères, il en existe ni plus ni moins de 60 à 70 espèces 
le long de cette route, sur un espace de quelques milles. Un peu plus 
loin, après avoir traversé la langue de terre qui s'étend à la jonction 
du Runjeet et du Teesta, la route commence à descendre et passe à tra- 
vers une jungle de Plectocomia sikkimetisis, splendide Palmier-Rotang, 
moins résistant sans doute que certains Calamus, mais qui grandit 
cependant à une altitude de 2200 m. et plus et grimpe sur des arbres 
de 20 à 25 mètres de haut. Ce serait une plante superbe pour une serre 
anglaise. Aucun autre Palmier ne vient au Sikkim à cette altitude, 
bien que diverses autres espèces prospèrent un peu plus bas, sur la 
même route, à 1,000 ou 1,500 m. de hauteur. Bientôt apparaissent les 
fougères arborescentes, nombreuses et variées, dont huit espèces se 
rencontrent dans un rayon de 2 ou 3 milles autour des anciennes 
constructions de Rungbee, situées à 1,500 m. d'altitude, là où fut 
inaugurée la culture des quinquinas. Elles sont aujourd'hui abandon- 
nées, parce que la station a été reconnue trop humide et trop élevée 
pour semblable culture; mais ce n'en serait pas moins une installation 
splendide pour un naturaliste, grâce à sa situation sur la lisière de la 
forêt vierge et à sa vaste vérandah vitrée qui s'adapterait admirable- 
ment à des collections de toute espèce. Un entomologiste ou un orni- 
thologiste y serait mieux pour ses recherches que dans toute autre 
région du Sikkim anglais, à cause de la profusion d'insectes et d'oiseaux 
de toute espèce qui en font leur demeure ; et en dépit de l'humidité et 
des pluies excessives, avec un bon feu et une demeure confortable que 
le gouvernement n'hésiterait pas à louer à des conditions avantageuses, 
on pourrait y faire de bien meilleure besogne qu'à Darjeeling. 

De ce point deux routes conduisent à Mongpoo, à 16 milles de Dar- 
jeeling : la plus récente, qui passe par le nouvel établissement du 
D r King à Sérail, est de beaucoup la plus agréable; elle traverse une 
forêt remplie de plantes superbes, entre autres VAlsophila Oldhami, 



— 215 — 

la seule fougère arborescente à frondes caduques, qui se dépouille 
entièrement de son feuillage en juillet et en août, et est spéciale à 
certains districts du Sikkim. Les plantations de quinquina commen- 
cent un peu au-dessus de l'habitation de M. Gammie, à une altitude 
d'environ 1400 mètres, où se cultive un hybride des Cinchona officina- 
lis et succirubra. Ce dernier constitue du reste la majeure partie des 
plantations, qui se composent d'arbres âgés de 3 à 10 ans et descendent 
jusqu'à une altitude de 800 m. Plus bas prospèrent le C. Calisaya et 
sa variété, le C. Ledgeriana, la plus profitable de toutes. De vastes 
pépinières et des rangées de châssis à multiplication, servent à l'élève 
des diverses variétés. Tous les arbres produisent des graines en abon- 
dance, mais on ne peut compter sur elles pour la propagation des 
meilleures races de Ledgeriana et de Calisaya : il faut prélever des 
boutures sur des sujets tenus sous verre et les mettre en pots sous 
châssis vitré où elles ne tardent pas à prendre racine avec l'aide d'un 
traitement convenable : car l'élève et la multiplication des quinquinas 
exigent de l'habileté et de l'expérience et ne peuvent être entrepris 
par le premier venu, comme le prouvent les nombreux insuccès aux- 
quels quantité de cultivateurs sont venus se heurter. 

Les jeunes sujets sont plantés d'aussi bonne heure que possible en 
mai, dès la cessation des pluies ; ils doivent, pendant les premières 
années, être débarrassés soigneusement du gazon et des mauvaises 
herbes. La durée de leur existence, dans ces conditions climatériques, 
semble assez limitée : à 10 ou 12 ans, ils sont assez gros pour être 
abattus et déracinés, quoique la taille en buisson réussisse assez bien 
dans certains districts. 

Le Cinchona succirubra est un gracieux arbre toujours vert, à tronc 
lisse, poli, à grandes feuilles vertes, luisantes, longues de 15 à 
30 centimètres et se colorant en rouge avant de tomber. Il fleurit en 
diverses saisons : de l'examen des fleurs du C. Calisaya un praticien 
peut conclure au plus ou moins de richesse de l'écorce. Le C. officinalis, 
dont la culture sur une grande échelle a si bien réussi à Ceylan, n'est 
ici que d'un faible rapport, et les plantations du C. succirubra lui- 
même sont aujourd'hui presque complètement suspendues: toute 
l'attention, tous les efforts des cultivateurs sont portés sur les 
C. Calisaya et Ledgeriana ainsi que sur leurs hybrides et sur une 
nouvelle espèce récemment introduite de Cartagène et actuellement 



à l'essai. La fabrication du sulfate de quinine s'effectue aussi en 
grand sous la direction de M. Gammie, et, chaque année, plusieurs 
milliers de kilogrammes du célèbre fébrifuge sont livrés au com- 
merce. Ce produit est évidemment inférieur, à certains égards, au 
sulfate de quinine pur : il est cependant consommé en grande quantité 
dans les hôpitaux et les dispensaires du gouvernement, et guérit les 
fièvres aussi bien et à meilleur compte que la drogue la plus renommée. 
En réalité, le procédé de M. Gammie a épargné de grandes dépenses en 
quinine; il est si simple que tout le travail de préparation est effectué 
par une demi douzaine d'ouvriers du Népaul formés à l'établissement, 
sans autre dépense qu'un lot de barriques d'écorces et quelques 
waggons d'agents chimiques à bon marché. 

Dans les vallées chaudes, en contrebas de Mongpoo, grandissent de 
charmantes Orchidées, dont maintes espèces ont été récoltées 
par M. Gammie et M. Lister, son aide dévoué, et servent aujour- 
d'hui à l'embellissement de leur jardin. Parmi ces superbes 
végétaux, j'ai spécialement remarqué : YArundina lambusifolia qui 
prospère sur des rochers à une altitude de 1500 m., bien qu'originaire 
des marécages du Terai ; le Pleione mamlata; une nouvelle espèce de 
Phalaenopsis de la vallée du Teesta ; diverses Anaectochiles qui vien- 
nent bien sur la mousse dans un panier de bambou ; le Dendrolium 
sulcatum, etc., etc. Parmi les Palmiers, les plus ornementaux sont: le 
Phœnix rupicola, le Waliichia disticha — une superbe espèce — et le 
gracieux Cdlamus leptospadix. Parmi les curiosités de Mongpoo se 
trouve une Fougère arborescente branchue que M. Gammie se propose 
d'envoyer à Kew, où sont expédiés chaque année de nombreux lots de 
semences, etc. Mais ce qui m'intéressa plus que toute autre chose, 
c'est la découverte de nouveaux Cypripediums, importés l'année der- 
nière de la vallée Choombi, par des explorateurs indigènes et dont une 
espèce surpasse, dit-on, en beauté le C. spectabile. — J'espère, avec un 
peu de chance et d'aide, arriver à introduire dans la culture, Tannée 
prochaine ces végétaux et d'autres plantes du Thibet, bien que 
l'extrême jalousie des Lamas et du gouvernement de la contrée rende 
impossible son exploration par les Européens et que les naturels du 
pays, tout pleins de bonne volonté et d'intelligence quand ils travail- 
lent sous la direction de celui qui les prend à son service, négligent 
trop souvent les meilleures plantes dans les tournées qu'ils font à eux 
seuls. D r H. F. 



iswf&'xvi. ELAEAGNUS LONGIPES. £ï!ft* 



— 217 — 



NOTE SUR LE CHALEF A LONGUE QUEUE 
OU CHALEF COMESTIBLE 

ELAEAGNUS LONGIPES A. Gray, 
ET SON INTRODUCTION EN BELGIQUE, 

par M. Edouard Morren. 

Planche XVI. 

Elaeagnus longipes arborescens, inermis; raraulis ferrugineis lepidotis ; 
foliis membranaceis ovali-oblongis cum acumine obtuso, basi acutis, supra 
glabris (junioribus lepidotis parvis, parcis, caducis conspersis), subtus einereo 
argenteis ; pedunculis solitariis, clavato-filiformibus, 1 l / 3 pollicaribus flore 
multoties longioribus; perigonio cum pedunculo nunc articulato, tubo fusi- 
formi sub limbo cylindraceo lobis ovatis dimidio longiori attenuato-constricto. 
A. Gray, Ment. Amer. Acad., vol. VI, 1859, p. 405, adnot. — Maximowicz, 
Diagn. brev. plant, nov. Japon, et Mandshur. decas 8 va , 1870, p. 560; Bull. 
Acad. Imp. Se. St. Petersb. — Franchet et Savatier, Enum. plant, in Jap. 
spont cresc. p. 408. — M. T. Masters, Gard. Ckron., 1873, p. 1015, tab. 206. 
— A. Lavallée, Bull. soc. centr. d'hort. France, 1874, p. 392; 1875, p 382; 
Arboretum Segrezianum, 1878, p. 189; Icônes selectae, 1880, p. 9 tab. IV. — 
Ed. Mène, Bull. Soc. dïaccl. Paris, 1881, p. 607. 

E. edulis, Hortul. E. A. Carrière, Rev. hort., 1869, p. 300. — May, Rev. hort., 

1876, p. 18 et Belg. hort. 1876, p. 176. — J. Clarté, Bull. soc. d'acclim. Paris, 

1877, p. 574; 1878, p. 568. 

E. rotundifolia, Sieb. et Hortul., Gagnaire,/?^. hort. 1871, p. 540. 
E. odorata edulis, Hort. nonnull. 

V Elaeagnus longipes, ou Chalef à longue queue, est un arbuste à 
feuillage ornemental et à fruits comestibles connu depuis peu d'années 
et récemment introduit dans les jardins de l'Europe centrale. 

Il est originaire du Japon où il est connu et utilisé sous le nom de 
Kosa isi. Siebold l'a remarqué et introduit en Europe, vers 1850, en 
lui donnant les noms de Elaeagnus rotundifolia et E. edulis, mais il 
a été décrit scientifiquement par Asa Gray sous le nom à'E. longipes 
qui fait allusion à la longueur du pédoncule floral. 

C'est un arbuste de l m 50 à 2 mètres de hauteur, à rameaux courts, 
étalés, couverts d'écaillés blanches et parfois brunes. Les feuilles sont 
caduques, pétiolées, elliptiques ou ovales, assez longues (0 m 045 à 65) 
et larges (0 tn 25-35), couvertes, au moins à la face inférieure, de poils 
écailleux et nacrés. Fleurs odorantes, blanches, puis jaunâtres, précé- 
dant les feuilles, axillaires, solitaires et pendantes, à périanthe quadri- 

16 



— 218 — 

fide, à quatre étamines. Ovaire libre, mais engagé dans le tube accres- 
sent du calice qui constitue la partie succulente du fruit lequel est, en 
réalité, une akène drupiforme. Ce fruit, pendant à un long pédoncule 
grêle de m 02-3, est ovale, un peu cylindrique, aplati aux deux bouts, 
d'un beau rouge cerise parsemé sur l'épicarpe de quelques écailles 
étoilées devenant brunes au moment de la maturité. 

L 1 Elaeagnus longipes a d'abord le mérite d'être absolument rusti- 
que en Belgique : il a fait ses preuves en résistant aux rigueurs de 
l'hiver 1879-80. Il croît dans tous les sols, même les plus 
secs et les plus rocailleux : il se plait d'ailleurs en plein 
soleil. Il se recommande par des qualités ornementales, l'éclat de son 
feuillage nacré, le parfum des fleurs et la beauté des fruits. Il mérite 
enfin de fixer l'attention par l'emploi qu'on peut faire de ses fruits qui 
sont, jusqu'à un certain point, comestibles. 

Sans doute ces fruits sont aigres et âpres, mais beaucoup moins que 
les cornouilles. Il est difficile de les utiliser tels qu'ils mûrissent, 
mais on en prépare des confitures et surtout des gelées qui sont réelle- 
ment bonnes. 

UJSlaeagnus edulis a été introduit en Belgique par le Baron Edmond 
de Selys-Longchamps, qui a déjà réuni dans le parc du domaine de 
Longchamps, près Waremme, une collection dendrologique nombreuse 
et variée. C'est là que nous avons pu l'observer, littéralement chargé 
de fruits drupiformes qui mûrissent dès la fin du mois de juin. La fer- 
tilité de l'arbuste est extraordinaire, même en plein vent, mais les fruits 
sont plus gros et meilleurs quand ils viennent en espalier. La gelée 
à'Eleagne ou simplement de Chalef, préparée par des mains soigneuses 
et expertes, a été fort appréciée comme un élément de variété pour les 
desserts de l'été. 

La planche que nous publions ici a été peinte d'après un rameau 
qui nous a été gracieusement donné par M. le Baron de Sélys. Elle 
figure, en outre, le noyau du fruit, vu de face et en coupe transversale 
pour montrer les huit petites côtes qui s'étendent à sa surface d'une 
extrémité à l'autre. 

On signale au Japon une autre espèce de Chalef à fruits comestibles, 
rj\ umbellata, qui porte dans sa patrie le nom de Masiro gumi et 
dont les fruits sont précoces, globuleux, roses, gros comme une cor- 
nouille, à noyau mou et à goût acerbe. Il a été introduit en Europe. 



— 219 — 



LE POINSETTIA PULCHERRIMA EN ÉGYPTE 

Les Egyptiens désignent aujourd'hui sous le nom de Pille du Consul 
(de ce que cette plante a été introduite dans leurs jardins par la fille 
d'un Consul), une des plus belles Fuphorbiacées qui soient cultivées 
dans les serres sous le climat de Paris et de Londres. Elle concourt 
puissamment à l'ornementation des jardins dans la vallée du Nil. 
C'est le Poinsettia puïcherrima Willd. du Mexique, joli arbrisseau 
atteignant jusqu'à quatre mètres de hauteur et plus dans les jardins 
du Caire et d'Alexandrie où sa culture est très répandue. On le cultive 
ordinairement en deuxième rang sur les bords des massifs où on 
l'élève en arbre avec un tronc court. Comme les tiges de cet arbrisseau 
tendent toujours à s'allonger sans se ramifier, on les taille en tête 
tous les ans après la floraison et, au printemps, il pousse d'assez 
nombreux jets, feuillus, dressés et très vigoureux qui atteignent 
souvent jusque deux et trois mètres de longueur. Si, lorsqu'il est isolé 
ou groupé sur les pelouses, avec un tronc de deux mètres de hauteur, 
on le taille tous les ans à l'instar des saules, les nombreuses pousses 
qui se développent sur cette tête forment un des plus jolis petits arbres 
que l'on puisse voir et qui atteint jusqu'à cinq mètres de hauteur sur 
autant de circonférence à la cime. Chaque tige est terminée par une 
couronne de nombreuses fleurs jaune verdâtre qui apparaissent à 
l'automne et qui se conservent tout l'hiver, mais qui ne sont pas d'un 
grand intérêt ornemental. Ce qui en fait tout le charme, c'est le 
superbe involucre de bractées aussi grandes que les feuilles, d'un 
rouge très-éclatant et disposées en un disque de plus d'un demi-mètre 
de diamètre. 

C'est cette plante qui a le plus frappé nos regards à notre premier 
voyage en Egypte. Partout nous voyions apparaître, dans les massifs 
de verdure, ses nombreuses et magnifiques couronnes de bractées du 
plus beau rouge et formant le plus bel ornement des jardins pendant la 
saison d'hiver. 

Cet arbrisseau, abandonné à lui-même dans le sol si fertile des 
jardins de l'Egypte, y acquiert les proportions d'un petit arbre. 

Feu S. A. R. le Prince Henri des Pays-Bas, lors de son voyage en 



— 220 — 

Egypte, en 1859, fut si charmé de la beauté de ce petit arbre qu'il en 
emporta avec lui, en Hollande, un certain nombre de forts spécimens. 
Nous eûmes le plaisir de les revoir, cultivés avec soin, dans une serre 
de son château de Soestdijk où S. A. nous les fit elle-même remarquer 
lors de notre visite à ce domaine, en compagnie du jury international 
de l'Exposition d'Amsterdam, en 1877. 

Nous avons obtenu en Egypte, de cet arbrisseau de belles couronnes 
de bractées à un demi-mètre du sol en le cultivant en pots étroits 
afin de le naniser. Dans cet état, nous les placions en massifs, serrés 
les uns contre les autres. 

Pour arriver à ce résultat, les vases étant posés simplement en 
planches sur le sol, nous leur faisions subir deux pincements dans le 
cours de la végétation et nous les arrosions modérément. Nous en 
formions ensuite de grandes corbeilles, les pots étant complètement 
cachés et enfoncés dans la terre, et la masse de couronnes ainsi 
réunies formait, à un demi mètre du sol, la plus jolie corbeille 
que l'on pût imaginer et qui se conservait pendant toute la saison 
d'hiver. Nous en élevions également de grandes quantités en pots pour 
les employer â la décoration des palais lors des réceptions officielles. 
Dispersés çà et là dans les massifs de verdure, ils produisaient un 
effet des plus charmants. 

Ce bel arbrisseau se multiplie de boutures, au printemps, aussi 
facilement que le saule. Pour cela, on coupe les tiges de l'année pré- 
cédente, en ce moment dépourvues de feuilles, en tronçons de trente 
centimètres de longueur que Ton plante en pleine terre, sous le 
climat d'Egypte, comme des boutures de saule. L'année suivante, on 
peut les planter à demeure dans les massifs; celles que l'on veut faire 
servir aux garnitures d'appartement ou à la formation de corbeilles, 
comme nous venons de l'indiquer, sont mises en pots, taillées bas au 
printemps et pincées une ou deux fois au commencement de l'été, afin 
d'obtenir des couronnes à un demi mètre du sol. 

Comme la dernière pousse doit produire les bractées florales, les 
pincements devront cesser vers le milieu de l'été, car si cette opé- 
ration était continuée trop tard, on s'exposerait à ne pas voir appa- 
raître de fleurs à l'automne et pendant l'hiver suivant. 

Il existe dans les jardins de l'Egypte deux autres variétés de cette 
plante : l'une à bractées blanches, l'autre à bractées jaunes, et qui 



— 221 — 



sont d'un effet beaucoup moins ornemental que celle dont nous venons 
de parler. Du reste, elles ne sont cultivées que dans quelques jardins, 
tandis que le type à bractées rouge-ponceau est très répandu et c'est à 
bon droit l'une des plantes de prédilection des jardiniers dans la 
vallée du Nil. G. Delchevalerie. 



NOTES SUR LES DÉCOUVERTES BOTANIQUES 
LES PLUS REMARQUABLES FAITES EN AMÉRIQUE, 

par M. Benedict Roezl, de Prague. 

(Suite, voir p. 157.) 

Vanilla aromatica. Cette Orchidée sarmenteuse se rencontre aussi 
à l'état sauvage à Santecomapan ; on la trouve parfois sur les 
Cacaoyers, mais elle y fructifie rarement : il faut d'abord qu'elle ait 
dépassé l'ombrage qui la prive d'air et de lumière, c'est-à-dire que ses 
tiges flexibles aient grimpé jusqu'à la cime de l'arbre, d'où elles se 
laissent pendre en mobiles et gracieuses guirlandes, à moins que 
l'Indien, stimulé par l'espoir de la récolte, ne soit venu, serpette en 
main, à son secours et n'ait éclairci le feuillage serré de la forêt. La 
Vanille prospère aussi sur des rochers arides et dénudés, qu'elle 
tapisse à la façon de notre lierre ; dans semblable station, elle porte 
presque toujours des fruits nombreux et excellents, dont la présence 
se révèle de loin vers l'époque de la maturité, grâce à l'odeur suave 
qui s'en dégage. Le fruit est cette capsule siliquiforme, longue de 
12 à 20 centimètres, que chacun connait; il faut la cueillir avant 
maturité complète, sans quoi ses valves s'écartent, leur contenu est 
envahi et gâté par l'eau, les graines scobiformes notamment, consi- 
dérées aujourd'hui comme le siège de la vanilline, se répandent au 
dehors et le parfum pénétrant de la plante disparaît. La vanille du 
Mexique est fort estimée; elle devient, dans certains villages de l'état 
de Vera Cruz, l'objet d'une culture qui ne présente, du reste, aucune 
difficulté spéciale. Il serait à souhaiter, dans l'intérêt de l'Indien, si 
sobre et si frugal, que l'on renonçât à extraire la vanilline des sciures 



— 222 — 

de sapin (1); sans quoi la récolte de la vanille perdra tous les jours 
de son importance et chez ces pauvres gens, qui ne sont pas comme 
nous, gratifiés du bienfait de lois forestières, c'est une profession 
relativement lucrative qui s'en va à vau-l'eau. 

Achras Sapota L . , le Sapote des Mexicains. Nul des voyageurs qui 
ont parcouru et exploré les régions tropicales de l'Amérique, n'aura 
oublié le produit savoureux désigné dans le pays sous le nom de 
Zapote chico (Chictzapotl des Aztèques), c'est-à-dire petit fruit. L'aspect 
rappelle celui d'une poire de coing, mais avec une forme plus allongée 
et un épiderme plus coriace encore; la chair est de couleur vert-jau- 
nâtre et de saveur extrêmement sucrée; elle renferme 10-12 noyaux 
presque noirs, semblables à ceux de la pastèque et peut sans désavan- 
tage entrer en comparaison avec les meilleurs fruits tropicaux. 

Le Zapote croît à Santecomapan ; il ressemble au Pittosporum undu- 
latum de nos serres froides, sauf que ses feuilles sont plus coriaces ; 
comme la plupart des Sapotacées, il fournit aux indigènes, indépen- 
damment de ses fruits si estimés, un suc laiteux susceptible de 
donner par dessiccation une sorte de caoutchouc couleur chair. Ce 
caoutchouc, nommé Chigle, est employé comme masticatoire par les 
Indiens, qui le considèrent comme le roi des dentifrices. A peine a- 
t-on pris en bouche un fragment de cette masse, semblable à du mastic 
et tout à fait insipide d'ailleurs, qu'il commence à se ramollir, et 
alors débute une gymnastique des mâchoires toute spéciale et involon- 
taire; plus d'une fois j'ai eu occasion de faire sur moi-même l'expé- 
rience de ce curieux phénomène; l'on se met à mastiquer sans un 
instant d'arrêt ou de relâche; on mâche, on mâche avec autant 
d'entrain et d'ardeur que s'il s'agissait d'un travail rétribué. La 
masse n'en diminue pas pour cela de volume, seulement elle adhère 
étroitement aux dents, enlève peu à peu les débris de substances 



(1) Tieman a constaté que la sève des divers Conifères renferme, au prin- 
temps, un glucoside cristallisable qu'il a nommé coniférine, susceptible de se 
dédoubler, sous l'influence d'un ferment spécial, Vémulsine^ en glucose et alcool 
conijérylique ; ce dernier principe s'extrait du mélange au moyen de l'étheret 
se transforme en vanilline par l'action des oxydants (bichromate de potasse 
et acide sulfurique). {Note du Trad.) 



— 223 — 

alimentaires interposés entre elles, pénètre dans les interstices oû 
le plus fin cure-dents n'aurait pu s'introduire et finit par nettoyer la 
bouche à la perfection; aussi cette gomme élastique est-elle exposée 
en vente sur les marchés des principales villes mexicaines. On en a 
importé déjà en Europe et essayé de la mélanger au caoutchouc, mais 
sans résultat, parce qu'au contraire de ce dernier, elle devient cas- 
sante par le froid, tandis qu'une température d'une trentaine de degrés 
la transforme en une pâte visqueuse. Le bois du Zapote chico ne laisse 
pas d'être aussi fort recherché, parce qu'il passe pour inusable et 
incorruptible. On en a abattu des forêts entières dans l'État de Tamau- 
lipas pour en faire les traverses de la voie ferrée de Vera-Cruz à Cor- 
dova ; tandis que le bois des pins ou des sapins n'aurait pas résisté 
trois mois à semblable usage, le bois de Zapote s'y maintient des 
dizaines d'années ; sa densité est tellement considérable qu'il enfonce 
sous l'eau. 

A l'état cultivé, l'arbre ressemble étrangement à nos poiriers ou à 
nos pommiers ; dans ses forêts natives, il atteint 30-35 m. de hauteur 
et ne pousse que peu ou point de branches latérales. 

Arpophyllum giganteum Lindley. Je rencontrai cette belle Orchidée 
à Santecomapan, représentée par des spécimens gigantesques recou- 
vrant à profusion les rameaux de tous les arbres au sommet d'une 
montagne. Imaginez- vous de minces pseudobulbes de 40 centimètres 
de long, donnant naissance à des feuilles longues de plus de 60 centi- 
mètres et à des panicules de minuscules fleurs d'un beau rose sombre, 
si serrées que leur nombre dépassait 500 par individu ; les plus jolis 
spécimens que je détachai des arbres portaient jusqu'à 25 de ces 
hampes florales. Spectacle enchanteur, dont aucune description ne 
saurait rendre le charme ravissant ! Chose étrange, cette Orchidée ne 
se rencontre nulle part ailleurs dans cette région, bien que collines et 
montagnes s'y entassent par centaines les unes derrière les autres. 
Mentionnons enfin le fait suivant comme preuve de la somme de 
résistance dont sont doués certains végétaux. Du mois d'octobre 
au mois de mars, ces Orchidées, dans leur station aérienne, sont 
exposées à de violentes bourrasques qui soufflent du septentrion 
avec une impétuosité telle qu'un homme aurait peine à se tenir 
sur pieds; on croirait qu'elles doivent déraciner et éparpiller nos 



— 224 — 

plantes ; eh bien ! il n'en est rien, leurs feuilles mêmes demeurent 
à peu près intactes! 

Philodendron giganteum Roezl. C'est en descendant la montagne 
aux Arpophyllum, pour suivre une autre direction, que je tombai sur 
cette espèce, croissant au sommet d'un arbre. Je demeurai frappé de 
stupeur devant cette gigantesque Aroïdée, lorsque l'Indien qui 
m'accompagnait dans cette excursion m'en présenta la tête, détachée 
à coups de cognée de l'arbre sur lequel elle grandissait. Les feuilles, 
larges de 1 m. et longues de l ra 45, étaient parsemées d'une infinité de 
perforations de toutes grandeurs, à la façon du Ph. perlusum, que 
chacun connaît. Le rameau détaché avait une longueur d'environ 2 m. 
et portait 8 de ces feuilles gigantesques : il suffisait pour inspirer un 
profond étonnement devant ces prodiges de la création. 

Santecomapan est du reste une localité riche en Aroïdées à feuilles 
perforées, du genre du Ph. pertusum; j'en ai trouvé une dizaine 
d'espèces dont les feuilles, différentes de forme et d'allure, trahissaient 
des genres distincts. Quand au P h. giganteum,) en ai expédié en Europe 
un certain nombre de souches vigoureuses; malheureusement l'en- 
voi, en conséquence des difficultés de communication nées de la 
guerre, demeura trop longtemps en chemin et les matériaux destinés 
à la propagation de l'espèce ne purent arriver vivants à destination ; 
depuis lors, je ne suis plus retourné dans ces régions et j'ai dû renoncer 
provisoirement à toute tentative nouvelle d'importation de ce remar- 
quable et intéressant végétal. 

Schomburgkia tibicinis var. grandiflora Lindl. C'est au voisi- 
nage de Vera-Cruz, sur les côtes du golfe du Mexique, que cette gigan- 
tesque Orchidée tapisse les arbres, en si grande abondance qu'un seul 
d'entre eux peut fournir la charge de plusieurs chariots ; la plante y 
vit exposée aux rayons d'un soleil brillant et l'air imprégné d'exha- 
laisons salines du littoral semble nécessaire à son existence : au moins 
ne la rencontre-t-on pas dans l'intérieur des terres. Les pseudobulbes 
ont plus d'un demi-mètre de long sur 4-5 cm. de diamètre; elles sont 
creuses et fréquemment habitées par une grosse fourmi de fort mauvais 
caractère. Les feuilles sont ovales, dures et épaisses; la hampe florale, 
longue de plus d'un mètre, porte à son sommet 20 à 30 fleurs de 5 cm. 



— 225 — 

de diamètre, la plupart de couleur lilas ; le labelle ondulé a la gorge 
jaune avec une bordure continue de couleur rouge pourpre. C'est une 
des plus jolies parmi les Orchidées, mais je doute fort que sa culture 
réussisse jamais dans les jardins d'Europe, où les brûlantes ardeurs du 
soleil mexicain et les exhalaisons salifères de l'Océan lui feraient 
constamment défaut. 

Cycnoches Warscewiczi Rchb. fil. Cette Orchidée à fleurs vertes 
se rencontre dans les mêmes régions, mais ses exigences sont tout 
autres ; il lui faut l'ombre de la forêt vierge et le bois humide et 
pourri, non le soleil et la sécheresse. Ce n'est pas une jolie plante, 
bien que ses fleurs soient grandes, qu'elles se trouvent groupées 
au nombre de 5 à 6 sur chaque axe et que chaque pseudobulbe 
produise 2 à 5 grappes pendantes ; c'est que la fleur est entière- 
ment verte, nuance en général peu appréciée; en revanche, la 
plante mérite de figurer dans toute collection d'Orchidées, à cause 
même de sa couleur d'abord, puis surtout en raison du phénomène 
morphologique remarquable auquel elle donne lieu : car dans les serres 
de W. Bull, Chelsea, Londres, une seule et même pseudobulbe de 
Cycnoches Warscewiczi aurait, d'après le D r Ernest Pfitzer, de 
Heidelberg, « produit deux inflorescences à fleurs différentes, les unes 
femelles et grandes, d'autres mâles plus petites : curieux exemple de 
trimorphisme floral. » 

Myrtus Pimenta Lin. Maintenant que j'ai fait bondir d'aise le 
cœur de maint botaniste ou orchidophile anglais en signalant les 
plantes précitées — et notamment le Cycnoches Warscewiczi, qui a 
été jugé digne de servir de sujet à l'une des planches coloriées dont 
est orné le grand ouvrage de Pfitzer sur la Morphologie comparée 
des Orchidées (Grundziïge einer vergleichenden Morphologie der 
Orchideen) — c'est à mes aimables lectrices que je veux dédier 
quelques lignes relatives à une plante célèbre dans le département 
culinaire. Si je pouvais seulement l'assaisonner d'un peu de sel 
attique! En tous cas, je me risque à dire de mon mieux ce que je sais 
du Piment, Myrtus Pimenta. Ce bel arbre à épices croît à quelques 
lieues de la Laguna de Santecomapan, sur des détritus d'éruptions 
volcaniques, dans ce district qui a sa saison de pluie et sa période de 



— 226 — 

temps sec; les feuilles ressemblent à celles du Camélia, sauf qu'elles 
sont un peu plus allongées ; il s'en échappe une odeur aromatique 
pénétrante quand on les froisse entre les doigts. L'arbre est haut de 
8-10 m.; quand il croît isolé, il forme une majestueuse pyramide; 
son écorce s'exfolie et se détache chaque année, comme le fait au pays 
celle du Platane. La jeune écorce est tout-à-fait lisse et d'un blanc 
grisâtre, de telle sorte que l'arbre se distingue de loin parmi ceux de 
la foret. Les fleurs sont blanches comme celles du Myrte ; les fruits, 
disposés comme l'inflorescence, constituent ces noyaux brunâtres de 
forme arrondie, gros comme des pois, qui figurent parmi les provi- 
sions culinaires sous l'inscription « piment de la Jamaïque » ou 
« nouvelle épice » . Je recommande seulement à mes lecteurs de 
ne pas avoir en vue, dans leurs achats, la grosseur des fruits, 
car il en existe dans le commerce une qualité de plus grandes 
dimensions, mais de bien moindre valeur. Ceux de nos arbres sont 
plus petits ; on les cueille avant maturité complète, après quoi on les 
sèche soigneusement au soleil; leur saveur est forte, pénétrante, 
mais aromatique et agréable, plus marquée dans l'enveloppe que dans 
les graines. 

Pinus Popocatepetli Lindl. C'est à une altitude d'environ 3500m. 
au dessus du niveau de l'Océan, sur le volcan Popocatepetl, que j'ai 
rencontré ce bel arbre. Il croît abondamment au bord des profonds 
ravins creusés grâce aux éruptions et rendus chaque année plus 
abruptes par les eaux qui s'y précipitent en mugissant : car c'est par 
cette voie que s'écoulent les gigantesques masses liquides provenant 
de la fonte des neiges. Ce qu'il y a de curieux, c'est la stricte délimi- 
tation de ce Pin, qui jamais ne descend dans la profondeur de ces 
gorges ni ne s'élève bien au dessus. Je ne crois pas qu'il ait chance 
de s'adapter au climat de l'Europe centrale, bien que, dans sa patrie, 
la température descende souvent en hiver jusqu'à 8 à 10° R. sous 
zéro ( — 10 à — 12 */ 2 c); la cause en est, sans doute, dans la longue 
durée des étés au Mexique, grâce auxquels le bois peut arriver à 
maturité complète et dans le fait que la grande sécheresse de l'air ne 
permet pas aux basses températures de s'y prolonger trop longtemps. 
Cette espèce se rattache au groupe Strolus et est proche parente du 
Pinus Lamlertiana californien; les aiguilles, de 15 à 18 cm. de long 



- 227 — 

et d'une couleur gris verdâtre, sont fasciculées par cinq; dès leur 
complet développement, les écailles tombent — caractère spécial au 
groupe Strobus. Les cônes sont volumineux, longs de 50-60 cm. sur 
15 d'épaisseur; il s'en écoule en abondance une résine de saveur 
sucrée; aussi chacun d'eux représente- t-il une vraie friandise; les 
semences sont grosses comme de petites noisettes et d'un goût exquis, 
surtout quand on les fait légèrement rôtir avant de les manger. C'est 
ce que n'ignorent pas les Indiens du Mexique, qui se procurent de 
cette façon un excellent dessert à bon marché. 

Dans la principauté d'Oaxaca — ville riche et importante, située 
dans une vallée au sol productif, aux paysages enchanteurs, au 
climat délicieux, donnée en fief à F. Cortez comme récompense de ses 
exploits — se trouve un autre Strobus décrit sous le nom de Pinus 
Ayacahuite Ehrenb., distinct du précédent par les moindres dimen- 
sions de ses feuilles et de ses cônes et voisin du Pin de Lord Weymouth 
(P. Strobus) de l'Amérique septentrionale. 

Les Pins abondent au Mexique ; presque tous les groupes y sont 
représentés. Citons entre autres : parmi les Binae (feuilles fas- 
ciculées par deux), le Pinus edulis; parmi les Ternates (fascicules 
de trois feuilles), très nombreux du reste, le Pinus patula, un des 
plus élégants parmi les Conifères, dont les aiguilles, nuancées d'un 
beau jaune verdâtre, sont très-minces, longues de près de 20 cm., 
molles et pendantes. L'effet qu'il produit est si frappant, si pittoresque, 
que je voudrais, malgré l'impossibilité de l'importer au pays, pouvoir 
le faire admirer aux peintres et aux jardiniers paysagistes. Je l'ai 
vu plus d'une fois isolé, couvert de la base au sommet de rameaux 
serrés, et sa beauté m'impressionna à un point tel que les larmes 
me venaient aux yeux en le quittant et que je me retournai plus 
d'une fois, pour lui jeter un dernier regard et un dernier adieu. 

N'oublions pas nombre d'espèces du groupe quinae (fascicules à cinq 
aiguilles), appartenant à la section Pseudo-Strobus ; si grande est leur 
variabilité que, sur certaines montagnes, chaque arbre peut passer pour 
une variété distincte. 

En fait de vrais Sapins, je ne puis citer que VAbies religiosa, à cônes 
violets et blanc verdâtre. 

Dans la région de Réal del Monte, pays minier du district de 
Tulancingo, dans la province de Mexico, je rencontrai aussi le 



— 228 — 

Pseudotsuga Douglasi var. Lindleyi (Roezl.), qui se distingue du 
célèbre Pseudotsuga ou, comme on dit plus souvent, Abies Douglasi 
de Californie par ses aiguilles plus courtes, plus serrées, vert sombre 
sur les deux faces et ses moindres dimensions. J'en fis la découverte 
en 1862; malheureusement il n'y demeurait plus une seule bonne 
graine et voilà pourquoi cette jolie variété n'a pu être, jusqu'à ce jour, 
introduite dans les jardins d'Europe. Et, puisque nous sommes à 
parler du tant discuté Pseudotsuga Douglasi, le lecteur me demandera 
peut-être d'abord mon opinion sur la valeur de ce Conifère au point 
de vue du boisement des forêts allemandes, ensuite la raison pour 
laquelle je n'emploie pas, pour le désigner, le nom bien plus répandu 
d' Abies. Je réserve mon opinion sur le premier point, me contentant 
de citer les deux vers que lui a consacrés un botaniste de ma connais- 
sance : 

« Abies Douglasii, Abies Douglasii 
L'arbre des forêts allemandes ne sera mie ». 

Pour ce qui est du nom de la plante, ce n'est pas un vrai Abies 
(Sapin). Les vrais Sapins portent des cônes dressés, qui tombent tout 
d'une pièce lors de la maturité, laissant au vent le soin de disperser 
écailles et graines dans toutes les directions; tout autre chose se passe 
chez les Pseudotsuga : d'abord leurs cônes sont à demi-pendants; 
ensuite, lors de la maturité, les écailles demeurent en place et les 
graines tombent seules ; enfin les aiguilles, par leur forme et leur 
position, diffèrent complètement de celles des Abies. 

J'ai, en outre, rencontré au Mexique deux Cupressuset trois Juniperus 
nouveaux, indépendamment d'un nouveau Taxus et d'un Podocarpus. 
Je m'occuperai spécialement du dernier et décrirai minutieusement 
ses fruits parce que aucun de mes lecteurs, peut-être, n'a eu l'occasion 
de voir l'arbre en fructification. Chez ce Podocarpus comme chez la 
plupart des plantes du genre — telles que Podocarpus neriifolia R. 
Br. et P. andina Poepp. (Prumnopytis elegans Phil.) — l'axe 
séminifère charnu est dépourvu de bractées et forme à la graine 
une sorte de réceptable succulent; sa couleur est d'un beau rouge 
pourpre ; la graine elle-même est bleue et leur situation réciproque 
tellement étrange et spéciale qu'il me faut, pour la décrire, emprunter 
une comparaison aux productions du pays. Représentez-vous donc 



— 229 - 

une cerise rouge pourpre dont le noyau, coloré en un beau 
bleu, au lieu d'occuper l'intérieur du fruit, se dresserait à son 
sommet, et vous aurez une idée de mon Podocarpus ; le réceptable 
fructifère rouge est suspendu par un court support entre les 
aiguilles succulentes de couleur vert-jaunâtre : spectacle étrange 
et saisissant, pour celui-là surtout dont la tête est encore remplie 
du souvenir des Conifères indigènes. 

Mentionnons enfin, pour en finir avec les Conifères, le Taxodium 
mexicanum Carr., dont une forêt, avec des spécimens vieux comme le 
monde et d'une circonférence de près de 15 m., s'étale au pied du 
château de Chapultepec, voisin du village de Tacubaya près Mexico, 
le même qui servit autrefois de résidence à l'infortuné empereur 
Maximilien et à sa non moins malheureuse épouse : sans doute les 
regards du couple couronné errèrent plus d'une fois avec admiration 
sur ces arbres gigantesques, vestiges épars de ce que fut autrefois le 
plateau mexicain, avant que les Espagnols fanatiques n'y fissent 
irruption le crucifix à la main et la destruction dans le cœur et ne 
devinssent les agents de ces tristes métamorphoses qu'aujourd'hui 
encore nous contemplons d'un œil attristé. 

Odontoglossum citrosmum Lindl. Sur la côte occidentale de 
l'Amérique, à quelques milles à peine des ondes paisibles de l'Océan, 
s'étend du nord au sud une haute chaîne de montagnes. La partie qui 
se déploie entre le 20 et le 24 me degré de latitude nord et atteint une 
altitude de 4000 m. porte le nom de Sierra Madré et est riche en 
minerai d'or et d'argent. En 1860, je quittai l'état de Michoacan où 
j'avais failli perdre la vie dans l'ascension du cratère du volcan 
Jorullio, pour entreprendre l'escalade de la Sierra Madré. J'emmenais 
avec mois 6 mules, 3 chevaux et 4 hommes. Arrivés au pied de la 
montagne, nous trouvâmes une hutte indienne dont le propriétaire, 
apprenant le but de notre expédition, nous demanda d'un air de 
surprise si j'oserais m'y risquer avec une aussi faible escorte, et 
sans armes encore. Une centaine d'hommes bien armés ne seraient 
pas de trop pour risquer aussi audacieuse tentative ; car là haut 
se trouvaient tant de tigres et de lions qu'y voyager en petite troupe 
était hasarder son existence. Tous ces racontars ne modifièrent en 
rien mon intention, car je savais que le tigre mexicain ou jaguar, 



- 230 — 

non plus que l'espèce à pelage gris désignée dans le pays sous le 
nom de lion(l), ne se rencontrent à de pareilles altitudes. 

Le lendemain, après avoir augmenté nos provisions de bouche d'un 
quintal (50 kil.) de viande desséchée, de façon à emporter avec nous 
des victuailles pour 15 jours au moins, nous commençâmes, frais et 
dispos, la périlleuse ascension. Nous ne fîmes que grimper toute la 
journée et le soleil n'était pas couché que nous atteignions le faîte de 
la montagne. Nous dressâmes notre camp aux bords d'un clair ruis- 
seau, sur une pelouse verdoyante où nos bêtes devaient trouver large- 
ment de quoi se rassasier; puis il fallut songer à rassembler du bois 
sec pour rôtir la viande et préparer le café. Cela fait, nous nous 
couchâmes autour de notre foyer, après être convenus que celui 
d'entre nous qui viendrait à s'éveiller y jetterait quelques brindilles 
pour l'entretenir. Le lendemain matin, l'on procéda de la même façon 
simple et expéditive à la préparation du déjeuner, puis les bêtes de 
somme furent sellées et Ton se remit en route. C'était un spectacle 
enchanteur qui se déployait devant nos regards émerveillés. 

On se serait cru dans un parc princier d'étendue illimitée, parsemé 
de chênes majestueux et de pelouses verdoyantes. Les chênes se dres- 
saient çà et là, isolés, à plusieurs mètres de distance, dans toute leur 
force et leur splendeur. Grande fut ma surprise de les voir tapissés 
d'une profusion d'Orchidées, dont les hampes longues d'un mètre et 
garnies d'innombrables fleurs blanches ou lilas tendre parfumaient 
l'air de leur pénétrante senteur. Je donnai de l'éperon à ma monture 
pour contempler de plus près cette merveille et me trouvai en pré- 
sence de V Odontoglossum citrosmum. Les rameaux les plus puissants 
des chênes en étaient littéralement surchargés et c'était plaisir de voir 
l'étonnante profusion de fleurs nées de ces plantes ; une seule hampe 
en portait souvent jusqu'à une trentaine larges chacune de 5 cm. En 
promenant les yeux tout autour de moi, je pus constater que tous les 
chênes de cette région, sur une étendue de plusieurs jours de marche, 
étaient tapissés de cette même Orchidée, qui y prospère et y fleurit 
d'autant mieux qu'elle est plus exposée aux ardeurs du soleil. Le chêne 
en question ressemble à notre pommier, seulement son feuillage est 



(1) C'est du couguar qu'il s'agit; le vrai lion est inconnu au Nouveau Monde. 

(2V. du Trad.) 



moins touffu et ses rameaux étalés dans une direction plus hori- 
zontale. 

En y regardant de plus près je rencontrai sur mes chênes, d'abord 
une vieille connaissance, le Fuchsia fulgens en pleine floraison 
— c'était le 21 mars; puis, au moins sur certains d'entre-eux, 
Y Oàonloglossum pulchellum à fleurs blanches et parfumées, de 3 cm. de 
diamètre et Y Odontoglossum nehulosum dont les fleurs, également 
blanches, sont plus grandes — 6 cm. de diamètre — et parsemées sur 
le labelle de quelques macules brun-verdâtre : jolie espèce représentée 
par diverses variétés, toutes charmantes mais incapables de rivaliser 
toutefois avec YO. cUrosmum. 

J'expédiai en Europe plusieurs caisses de cette dernière Orchidée ; 
d'autre part mon défunt neveu, Franz Klaboch, et plus récemment 
F. Pehaczek, qui s'occupe depuis trois ans de la récolte des 
Orchidées pour la maison Sander et C ic à St. Albans (Angleterre), 
en ont envoyé au pays d'énormes quantités, de telle sorte que cette 
jolie plante ne tardera pas à figurer dans toutes les collections 
d'Orchidées. Mais sa culture ne sera couronnée de plein et entier 
succès que lorsqu'on s'habituera à lui donner en abondance l'air et le 
soleil qu'elle réclame. 

Laelia autumnalis Lindl. Cette belle Orchidée, nommée par les 
Mexicains « flor de todos los Santos » (fleurs de tous les saints), 
n'est guère cultivée chez nous et n'y réussit du reste que tout 
juste; c'est une superbe plante, dont les jolies corolles, de couleur 
rouge carmin et de 12-13 cm. de diamètre, s'épanouissent au 
nombre de 4-7 sur chaque hampe, à une époque de l'année où les 
fleurs, celles surtout qui revêtent cette jolie teinte, sont exception- 
nelles — fin de novembre à janvier — . La cause pour laquelle il 
est si rare de rencontrer cette Orchidée représentée par des spéci- 
mens vigoureux et à floraison abondante, réside, sans doute, dans 
ce qu'on l'élève en lieu trop chaud et trop ombragé. Le Laelia autum- 
nalis est une de ces Orchidées qui prospèrent en station tempérée ; 
il croît à une altitude de 2300 à 2600 m., sur des rochers ou de vieux 
chênes tout rabougris, largement exposé au soleil aussi bien qu'à la 
pluie pendant la saison humide. C'est en plein soleil que les racines 
acquièrent leur maximum de vigueur et de développement. Aussi 



— 232 — 

faut-il, pour réussir dans la culture de ces Orchidées, leur prodiguer, 
pendant la période d'accroissement, soleil, air et eau; après quoi, 
lors du complet développement des pseudobulbes et des pousses, les 
tenir en lieu sec et tiède. Il n'est pas rare, là où ces Orchidées gran- 
dissent à profusion, de voir la température descendre jusqu'à 2 à 5° 
R. sous zéro ( — 2 i /2 à — 6° C); certes, semblables gelées ne durent 
guère; n'empêche que la glace y acquiert souvent l'épaisseur d'un 
doigt. Que Ton s'habitue à cultiver le L. autumnalis sous plus basse 
température que les autres Orchidées, et l'on obtiendra les résultats les 
plus encourageants. J'ai moi-même planté ces Laelia sur des Frênes et 
des Saules au voisinage de Mexico et les ai vus réussir à merveille, 
bien que le peu de chaleur de l'été dans ces contrées, permette à peine 
d'y cultiver les concombres en plein air. 

L'élève de cette espèce est d'autant plus recommandable qu'elle 
fournit des bouquets d'une beauté et d'une distinction hors ligne, par- 
faitement susceptibles d'entrer en concurrence avec les jacinthes; car 
les Laelia ne font que gagner en vigueur avec l'âge, tandis que les 
jacinthes doivent se replanter chaque année. Ces fleurs forment, 
du reste, au Mexique l'objet d'un commerce important ; les Indiens 
en apportent au marché, le jour de la Toussaint, des approvision- 
nements énormes et la vente en est rémunératrice, en dépit des 
distances considérables — trois à cinq jours de marche — qu'elles 
doivent franchir pour arriver à destination. 

J'en ai plus d'une fois trouvé sur les rochers des spécimens 
portant 20-30 hampes florales garnies chacune de 5-8 fleurs, toutes 
en plein épanouissement. Les fleurs rouge-carmin semblent faites de 
cire. On reconnaît à simple inspection d'une plante en quel endroit 
elle a été cueillie. Au soleil, les pseudobulbes sont courtes, les feuilles 
larges, la hampe florale puissante; à l'ombre, c'est le contraire : 
pseudobulbes allongés, feuilles étroites, hampe florale à peine indi- 
quée ou très-faible. 

Le Cattleya Mossiae est représenté généralement comme l'Orchidée 
la plus admirée et la plus rémunératrice, mais le Laelia autumnalis 
laisse son rival bien loin derrière lui, tant au point de vue de la beauté 
que de l'abondance des fleurs, car l'un ne porte guère que deux, 
rarement trois fleurs par hampe, tandis qu'il en existe de 5 à 8 sur 
l'autre. 



— 233 — 

Odontoglossum Rossi Lindl. et Epidendrum vitellinum Lindl. Il 

y a près de 25 ans, je faisais pédestrement le trajet d'Orizaba à 
Mexico. A quatre ou cinq lieues de la première localité, vers 
l'endroit où on laisse derrière soi la limite des plantations de caféiers 
et de cannes à sucre, on traverse un lieu nommé Cumbres où la 
grand'route commence à monter sans interruption en zigzag et en 
pente raide, depuis 1300 m. jusqu'à 2600 m. de hauteur; tout du long 
se déploie une végétation étrangement diversifiée, grâce aux change- 
ments incessants d'altitude. Une fois près du sommet, je pris un 
sentier plus court que la grand'route, mais aussi bien plus escarpé, qui 
me conduisit sous un massif de chênes minuscules et tout rabougris : 
à peine y eus-je jeté un coup d'œil, que je laissai échapper une excla- 
mation de joyeuse surprise, en voyant s'étaler à profusion sur leurs 
rameaux le splendide Odontoglossum Rossi en pleine floraison. Je 
grimpai lestement sur l'arbre le plus voisin et secouai sur le sol tout 
ce que je pus atteindre de ces jolies fleurs. Il fallait choisir et semblable 
tâche n'est pas commode, tant est considérable le nombre de variétés, 
toutes plus belles les unes que les autres, produites par cette gracieuse 
espèce. Ici, c'est une nuance plus foncée, là un coloris différent, là 
encore des fleurs plus grandes ou des spécimens à floraison plus 
abondante. En vérité, il n'y a rien d'étonnant que cet Odontoglossum 
soit si diversement décrit ni qu'il ait été baptisé de tant de noms 
différents dans nos cultures. Les sépales sont étroits, de couleur 
jaune brun ou blanche; les pétales, au contraire, sont larges, leur 
teinte fondamentale varie entre le rose et le blanc, avec de nom- 
breuses macules de couleur foncée et de configuration variable. Le 
labelie est grand et de même nuance que les pétales. Le nombre des 
fleurs varie d'une ou deux jusqu'à cinq sur chaque hampe. Je ne 
pouvais me lasser d'admirer la beauté et l'infinie variété de coloris 
que revêt cette plante, dont j'emportai avec moi à Mexico plusieurs 
centaines de spécimens. 

Douze ans plus tard, le chemin de fer entre Vera-Cruz et Mexico 
était en activité, et j'en profitai pour escalader ce même plateau où 
j'arrivai cinq lieues plus au nord. La nuit tombait quand je descen- 
dis à la modeste station, composée d'un simple cabanon en bois; 
c'était au mois de février et la contrée, comme presque toujours 
à cette époque, baignait dans un épais brouillard qui ne permet- 

17 



— 234 - 

tait pas d'y voir à cinq pas devant soi. Le lendemain matin, 
tout en circulant le long de la voie ferrée, je m'approchai d'un tas de 
bois à brûler destiné au chauffage de la locomotive; quelle ne fut pas 
ma joie d'y rencontrer, adhérent aux écorces, mon vieux camarade 
Y Odontoglossum Rossi. Et voilà qu'en examinant ce bois de plus près, 
j'y trouve un spécimen d' Bpidendrum vitellinum, une jolie Orchidée 
que je cherchais depuis des années J'en avais, longtemps auparavant, 
trouvé quelques pieds près de Jalapa, sur le Cofre de Perote, mais 
jamais plus, depuis lors, je n'étais tombé sur une station de cette 
gracieuse plante. Et voilà que, sans efforts ni recherches, elle se pré- 
sentait à moi d'elle-même, avec ses élégantes fleurs rouge cinabre, sur 
du bois destiné à chauffer les locomotives, et cela juste à l'époque où 
un spécimen se vendait aux enchères 200 à 400 marcs (250-500 fr.), 
chez Stevens à Londres et où le prince Camille de Rohan. à l'exposi- 
tion universelle de Vienne, en 1872, donnait 800 marcs (1000 francs) 
d'un exemplaire en fleurs! Je me mis à l'œuvre sans perdre un instant. 
Les chênes abattus furent explorés avec soin et je recueillis quelques 
centaines de beaux et bons spécimens. Puis j'offris aux Indiens chargés 
de l'abattage du bois 2 dollars (10 fr.) par chaque cent pieds de 
la plante et les voilà bientôt à la recherche de mes Efidendrum ; 
il ne me restait pour ma part qu'à compter et à rétribuer la récolte. 
Cinquante dollars (250 fr.) furent ainsi payés, puis cent (500 fr.), 
après quoi je signifiai à mes gens que j'en avais assez, car 5000 pieds 
à'Bpidendrum mtellinum forment un volume bien respectable. Je les 
lançai alors à la recherche de Y Odontoglossum Rossi, mais ils conti- 
nuaient à m'apporter YEpidendrum et il me fallut pas mal d'explica- 
tions et de commentaires pour leur faire comprendre qu'il s'agissait 
de deux espèces distinctes. Au bout de huit jours, j'avais ramassé de 
l'une et l'autre Orchidées des tas tellement fabuleux que je commençai 
à m 'inquiéter sérieusement des voies et moyens de transport et à me 
demander où je prendrais les caisses indispensables à leur emballage. 
Bon gré, mal gré, il fallut se rendre à Mexico, 60 lieues plus loin, pour 
parvenir, non sans difficulté ni sans grandes dépenses, à mettre la 
chose en ordre. Cela fit un envoi considérable, comprenant plus de 
3000 Orchidées, que je distribuai en Angleterre, à New- York et à 
la Havane. 

Grâce à cette heureuse expédition, répétée trois fois de suite par 



— 235 - 

mes neveux Franz et Edouard Klaboch, Y Epidendrum mtellinum ne 
tarda pas à se répandre et son prix de revient actuel est suffisamment 
abaissé pour le rendre abordable, même aux moins fortunés parmi les 
orchidophiles. 

Les quelques renseignements qui suivent jetteront peut-être un 
nouveau jour sur les conditions dans lesquelles doit se cultiver cet 
intéressant végétal. Sur les chênes où je l'ai cueilli, grandissent 
Habrothamnus fascicularis, Amaryllis formosissima, Abelia flori- 
buîida, Verbena melinrires, Pentstemon gentianoïdes et autres plantes 
semblables. Comme les exigences de ces diverses espèces sont bien 
connues, il est aisé d'en déduire d'importantes conclusions sur les 
conditions de température et autres que réclame YEpidendrum mtel- 
linum. 

Dans le district où s'épanouit cette gentille Orchidée, il pleut une 
ou deux heures par jour régulièrement, de mai en octobre ; de décembre 
en février régnent des brouillards intenses et les gelées ne sont pas 
rares, la nuit, pendant cette période de l'année. 

La durée de la floraison dépasse d'ordinaire trois mois, pendant 
lesquels les fleurs couvrent à profusion les feuilles de leur tapis rouge 
cinabre. Nulle plante ne se recommande davantage pour la fabrication 
des bouquets; car ses fleurs sont abondantes, de longue durée et d'une 
couleur fort recherchée, sans compter qu'elles apparaissent à une 
époque où les présents de Flore sont rares, parcimonieux et n'offrent 
guère de choix. 

Mais, dira peut-être plus d'un lecteur de ce journal, à quoi bon 
s'occuper autant d'Orchidées puisque ces plantes sont si peu connues 
et si rarement cultivées? C'est possible, mais les Orchidées n'en con- 
stituent pas moins une famille à laquelle est réservé chez nous un 
brillant avenir. Sa culture est universellement répandue en Angleterre ; 
elle le deviendra plus tard dans toute l'Europe et rien de plus naturel, 
car la famille s'impose à l'attention plus qu'aucune autre par l'éton- 
nante multiplicité de forme et de coloris de ses corolles et par la diver- 
sité d'époque de floraison de ses diverses espèces, grâce à laquelle une 
collection, même de peu d'importance, est certaine de compter des 
plantes en fleurs pendant toute la durée de l'année. En outre, les pieds 
ne deviennent jamais assez volumineux pour devoir abandonner leur 
culture, sans toutefois appartenir à la catégorie des plantes qui perdent 



— 236 — 

de leur vigueur avec l'âge. Il existe, en Angleterre, des spécimens 
cultivés depuis un demi-siècle qui deviennent d'année en année plus 
beaux, plus appréciés et fleurissent plus abondamment. 

Une fois que les Orchidées seront devenues partout les plantes à la 
mode et les favorites du jardinage, elles ne seront pas exposées à 
tomber en défaveur aussi rapidement que d'autres plantes — les 
Dahlias, Dracaena, Croton, Dieffenbachia, Caladium, etc. — aux- 
quelles elles auront succédé, car leur diversité est trop grande pour 
qu'on s'en fatigue promptement. 

Tillandsia imperialis Morren (Gruzmania imperialis Roezl.). C'est 
une de nos plus jolies Broméliacées parmi celles qui s'adaptent à la 
culture en serre froide. Elle grandit en compagnie des Bpidendrum 
vitellinum et Odontoglossum Rossi sur les chênes du plateau culminant 
de la Sierra Madré. Rien de plus saisissant ni de plus décoratif que 
l'aspect de ce Tillandsia en fleurs. L'épi floral, haut de 30 à 40 cm. 
et large de 6-7, est couvert de bractées rouge écarlate foncé, étroite- 
ment imbriquées, gracieusement réfléchies sur la moitié de leur lon- 
gueur, charmantes de couleur et d'arrangement, Entre ces bractées, 
qui conservent plus d'un an leur coloris écarlate, surgissent les fleurs 
bleues. Les feuilles sont vertes avec des macules rouge foncé ou 
entièrement rouges chez certaines variétés. 

Les Indiens arrachent la plante sans ses racines et en décorent les 
images des saints dans les églises. En dépit de ce traitement brutal et 
primitif, l'épi floral y conserve sa beauté pendant des mois entiers. 

Il est vraiment dommage que la plante supporte mal la traversée ; 
au moins est-il certain que jusqu'à ce jour les cultivateurs d'Europe 
n'ont pas réussi à donner aux spécimens introduits rien qui approche 
de la beauté ni de la vigueur auxquels ils arrivent sur le sol natal ; 
peut-être l'insuccès tient-il en partie à ce qu'on les élève sous une 
température trop élevée. 

Echinocactus Visnaga W. Hook. Ce roi des Echinocactus est tout 
simplement désigné au Mexique sous le nom de Visnaga; il atteint, à 
l'état adulte, la hauteur d'un homme et un diamètre de près d'un 
mètre. Les fleurs d'un beau jaune d'or, longues de 5-7 cm. et larges 
de 7-10, sont groupées au nombre de 10-20 au sommet de la plante et 



— 237 - 

entremêlées de centaines d'aiguillons, de 10-14 cm. de longueur. 
Semblables aiguillons parsèment, du reste, toute la surface de cette 
plante colossale dont le poids atteint parfois une vingtaine de 
quintaux (1,000 k os ). 

Un anglais du nom de Peacock avait exprimé le désir de devenir 
possesseur d'un certain nombre de spécimens de cette plante pour sa 
collection de Cactus, à Londres, mais n'avait su trouver jusqu'alors de 
champion disposé à se mesurer avec ces monstres épineux, dont les 
aiguillons sont piquants comme des dards et d'une dureté à toute 
épreuve. Rien de plus simple que l'arrachage et le transport d'un de 
ces spécimens, à condition d'en enlever au préalable les épines ; seule- 
ment ce serait priver la plante de son plus bel ornement et piteuse 
serait sa mine, après semblable opération. Je cherchai donc le moyen 
de faire parvenir à destination un pied intact du gigantesque Echino- 
cactus. L'expédier dans une caisse n'était guère pratique : les aiguillons 
se seraient brisés sous le poids même du colosse. Voici ce que je trouvai 
de mieux : je me procurai un certain nombre de nattes tressées en 
feuilles de palmiers, découpées suivant leur longueur, j'en fis joindre 
huit par des points de couture, puis les étendis sur le sol et en couvris 
tout l'intérieur de paille finement hachée. J'appliquai ensuite au 
dessus une seconde natte semblable, de telle sorte que la paille se 
trouvât entre deux, et les fis coudre ensemble pour obtenir ainsi une 
sorte de matelas. Je choisis alors un bel exemplaire d'Echinocactus, 
sans défauts, armé de longs piquants ; je le fis déraciner et rouler lente- 
ment dans le matelas étendu de toute sa longueur ; les piquants s'enfon- 
cèrent dans la paille et furent ainsi protégés contre toute chance de 
rupture. Une nouvelle couture réunit les deux bords du matelas et 
compléta l'emballage; après quoi le tout fut entouré de cordes dispo- 
sées en une sorte de réseau, chargé sur une claie ou traineau construit 
tout exprès pour ces régions privées de grandes routes et traîné par 
une douzaine de bœufs à travers bois et prairies, ravins et rochers, 
pendant quinze grands jours, jusqu'à une contrée plus praticable d'où 
notre chargement fut conduit en chariot à Vera Cruz. Je fis ainsi déra- 
ciner quatre exemplaires, qui furent tous emballés de la même façon 
et arrivèrent en Angleterre en bon état, à part un seul qui pourrit 
pendant la traversée; et M. Peacock eut dès lors la joie et l'orgueil 
d'exhiber ces colosses du monde végétal aux regards étonnés des nom- 
breux visiteurs de ses serres. 



— 238 — 

En dépit de son faciès peu rassurant, ce Cactus fournit une excel- 
lente compote que Ton apporte en quantité considérable du district de 
Queretaro au marché de Mexico où elle est servie, sous le nom de 
dulce de Visnaça, sur la table des plus riches Mexicains. La prépara- 
tion se fait de la manière suivante : on cherche de jeunes pieds âgés 
de 10-20 ans à peine, on les déterre, on les débarasse de leurs racines 
et de leurs piquants, puis on les pèle. La partie supérieure, encore 
tendre et succulente, est séparée et découpée en fragments d'un centim. 
que Ton fait cuire ensuite dans de l'eau bouillante, largement addi- 
tionnée de sucre de cannes. Après dessiccation, les morceaux confits 
ressemblent à du cristal. Ainsi préparée, cette friandise se conserve 
longtemps; elle n'est cependant jamais aussi bonne qu'à l'état frais. 
Tout ce que je puis en dire, c'est qu'on en fait une excellente com- 
pote, bien digne d'être introduite et vulgarisée chez nous. 

Agave marmorata (Roezl.). Cette remarquable espèce possède des 
feuilles telles qu'on n'en retrouve chez aucun autre Agave, marbrées 
de gris et de vert et rudes, à la surface, comme si l'on y avait éparpillé 
du sable. Sa hauteur moyenne est d'un mètre; chaque pied porte en 
règle générale 12-15 feuilles. La hampe florale, haute de 3-5 m., se 
ramifie en candélabre comme chez tous les vrais Agaves et porte des 
fleurs jaune pâle. 

Les Indiens de Tehuacan font usage de ces feuilles comme d'un 
remède souverain contre les blessures des ânes — fréquemment 
employés dans ces régions montagneuses parsemées de pierres et de 
cailloux éboulés — des chevaux et des mules. Us prennent une 
feuille, la dépouillent de ses aiguillons, la fendent et appliquent la 
section sur la blessure, où ils la fixent en ayant soin de renouveler 
l'application du remède jusqu'à complète guérison. 

Non loin du territoire où je découvris V Agave marmorata se déploie 
un important village indien où se tenait justement un marché : 
c'était un dimanche. J'examinais curieusement les produits du pays 
exposés en vente et consistant surtout en fruits d'Opuntia et de Cereus 
et envers de grande taille, déposés dans des calebasses, assez semblables 
à nos vers blancs et que je reconnus à première vue pour être ceux-là 
même qui font leur demeure de prédilection contre la souche radicale de 
l'Agave, lorsque mon attention fut attirée par deux Indiens aztèques pur 



— 239 — 

sang debout sur le marché, l'un portant une calebasse pleine de maïs, 
l'autre plusieurs vers. Ni l'un ni l'autre n'ouvrait la bouche. Je 
choisis un endroit qui me permît de les observer sans être découvert, 
car j'étais curieux de voir comment se ferait la transaction commer- 
ciale évidemment en préparation. Au bout de quelques minutes, 
l'Indien au maïs donna un coup de coude à son voisin en lui 
montrant sa calebasse, mais l'autre ne daigna pas y jeter les 
yeux. Le premier ajouta au contenu de sa calebasse une nouvelle 
quantité de maïs et renouvela son appel avec plus de violence, sans 
rien obtenir qu'un coup d'œil rapide du possesseur de vers, dont toute 
l'attention semblait concentrée sur sa grouillante marchandise. Le 
même jeu se répéta plusieurs fois sans qu'il y eut une seule parole 
échangée, et je commençais à en avoir par dessus la tête, quand la 
calebasse se trouva être pleine de maïs : alors l'Indien aux vers la 
prit, toujours sans ouvrir la bouche, en versa le contenu dans un sac, 
saisit un ver entre le pouce et l'index et le montra à son « interlocu- 
teur », mais celui-ci fit un signe de dénégation et en choisit lui-même 
un autre, un plus gras apparemment, qu'il contempla complaisam- 
ment dans tous les sens, puis se mit à le manger d'un air de béatitude 
et de douce satisfaction, mais toujours sans mot dire. Supposant 
l'échange terminé, je continuai ma route et j'achetai quelques œufs et 
des fruits de Cactus dont la saveur est excellente et rappelle celle de 
nos groseilles. Une demi heure plus tard, repassant par le même 
endroit, je vis à ma grande surprise mes deux Indiens toujours à la 
même place et livrés à la même occupation. A intervalles régulière- 
ment espacés et avec l'intermédiaire obligé des mêmes offres et des 
mêmes refus, un ver d'Agave s'échangeait contre une calebasse de 
maïs. On sort de sa peau quand on assiste à pareil gaspillage de 
temps. 

(La suite au prochain numéro.) 



— 240 — 



NOTE SUR LE MIOGA (AMOMUM MIOGA Thunb.) 
(FAM. DES ZINGrIBÉR ACÈES) . 

par M. Pailleux. 

{Bull, de la Soc. d'acc. de France, 1883, p. 242). 

Le Miôga est originaire du Japon. Il a été décrit par Kaempfer dans 
son ouvrage intitulé : Amœnitatum exoticarum , p. 826. 

Il a été recueilli par Thunberg, Siebold et autres botanistes près de 
Nangasaki. Il croît spontanément, mais il est généralement cultivé. 

Dans le livre intitulé : Le Japon à l'exposition universelle de 1878, 
je lis : « Le Miôga est une plante dont on mange les jeunes tiges et 
les fleurs. Les fibres de ses tiges peuvent aussi servir à faire des 
cordes. » 

M. le docteur Hénon m'écrivait, le 11 avril 1879 : « Je vous envoie 
une petite racine d'une espèce de Gingembre, appelée au Japon Miôga 
et par Thunberg Amomum Miôga. On en mange les inflorescences 
avant l'épanouissement des fleurs; c'est assez bon. Bien que toutes 
les Zingibéracées soient considérées ici comme de serre chaude, cette 
plante passe parfaitement les hivers chez moi, depuis trois ans, en 
pleine terre, plantée à 10 centimètres de profondeur et recouverte en 
hiver d'un peu de feuilles sèches. 

Elle a bien fleuri l'été dernier ; si le morceau que je vous envoie est 
un peu petit, c'est que je ne l'ai encore guère multipliée; s'il ne repre- 
nait pas, je vous en enverrais de nouveau en automne. » 

Le docteur m'écrivait encore le 7 juin de la même année : « Mes 
pieds de Miôga ont parfaitement passé l'hiver en pleine terre et pous- 
sent de tous côtés. Si le trop petit pied que je vous ai envoyé ne pous- 
sait pas, je pourrais vous en envoyer autant que vous le désireriez, 
l'hiver prochain. » 

Je n'ai pas demandé un second envoi à mon obligeant correspon- 
dant, le tronçon qu'il m'avait donné avait si bien végété que je 
pourrai, cette année, faire une plantation de 400 pieds. 

Mon Miôga, on le voit par la date à laquelle je l'ai reçu, a supporté 
le grand hiver. Il était, il faut le dire, protégé par une épaisse cou- 



— 241 - 

verture de neige; mais, en 1880-81 et en 1881-82, 1882-83, rien ne 
le défendait contre le froid. Je suis donc arrivé sans échec à ma 
cinquième année de culture. 

Il n'existe pas, je crois, de plante plus rustique que le Miôga, ni 
qui se multiplie plus rapidement. Je ne l'ai vu atteint d'aucune 
maladie, attaqué par aucun insecte. 

Je plante les tronçons de rhizome dans une planche de jardin large 
de l m 30, sur deux lignes parallèles distantes de 50 centimètres. Il 
reste donc un espace de 40 centimètres entre les lignes et les sentiers, 
ce qui n'empêche pas les plantes de porter sous ceux-ci leurs tiges et 
leurs inflorescences. 

Il ne se montre dans la planche que fort peu de mauvaises herbes, 
dont un binage ou deux font justice. Arrosage facultatif. Il ne faut pas 
biner après le 31 juillet. On risquerait de couper des turions et des 
inflorescences. On peut sarclera la main. 

Vers le 15 août commence la récolte ; on surveille la plantation 
comme celle de l'Asperge; comme les turions de l'Asperge, on coupe 
tout près de la racine dès que l'inflorescence laisse voir sa pointe 
aiguë à la surface du sol. 

Je n'ai jamais récolté les turions, sauf quelques-uns seulement pour 
les déguster, de peur d'amoindrir la multiplication. On les récolte 
comme les inflorescences et je n'ai pas trouvé de différence appréciable 
entre la saveur des uns et celle des autres. 

Je suppose qu'il convient d'attendre deux ans avant de récolter les 
turions d'une plantation et de ne les couper qu'au printemps, bien 
qu'il s'en produise aussi pendant l'automne. On aurait donc régulière- 
ment, ce me semble, une récolte d'inflorescences d'août à septembre et 
une récolte de turions pendant tout le mois d'avril. Il ne serait sans 
doute pas prudent de prolonger la coupe au-delà de ce mois. 

Je n'insisterai pas sur la rusticité du Miôga ni sur sa rapide multi- 
plication. Je parlerai de l'usage qu'on peut faire de ses turions et de 
ses inflorescences. 

J'ai dégusté ces dernières préparées au gratin, comme le macaroni, 
en couches alternantes de légumes et de Parmesan râpé ; c'est assez 
bon. Je les ai mangées en salade après les avoir simplement blanchies 
à l'eau bouillante. Je les ai trouvées excellentes. Un léger goût de 
résine disparait à la deuxième ou troisième bouchée et la saveur 



— 242 — 

légèrement piquante du légume se marie, on ne peut mieux, avec celle 
de l'huile. 

Enfin, j'ai associé, pour faire des Pickles, les inflorescences de 
Miôga aux Angouries des Antilles, aux bulbes de l'Oignon Cata- 
wissa, etc. 

Le résultat m'a pleinement satisfait et les spécimens que je vous 
présente seront dégustés et appréciés par vous. 

J'espère qu'on essayera, avec un peu de persévérance, diverses pré- 
parations culinaires de ce légume absolument nouveau. Il reste 
beaucoup à faire. 

A ceux qui me demanderont si le Miôga ressemble à telle ou telle 
autre plante potagère de nos jardins, je répondrai : non, il n'a le goût 
ni du Chou, ni du Cardon, ni de la Tomate, ni d'aucun de nos légu- 
mes il a le goût du Miôga. 



PROCÉDÉ POUR LE SEMIS DES BROMÉLIACÉES. 

En parlant ici des semis de Broméliacées, nous entendons surtout 
nous occuper d'une tribu spéciale de cette famille, celle des Tilland- 
siées, dont la graine est caractérisée par des appendices plumeux 
très particuliers, connus de tous ceux qui ont vu grainer et qui ont 
semé ces plantes. Chacun sait qu'il suffit de mettre ces graines sur le 
sol d'une terrine, en les tenant constamment humides, pour les voir 
germer et se développer facilement. Mais ce n'est pas tout de les faire 
lever; il faut les empêcher àe fondre, les soustraire à la toile, ce 
champignon qui fait tant de ravages, et éviter que les jeunes plantes 
ne restent trop longtemps dénudées sur le sol. 

Aussi croyons-nous utile de faire connaître le mode employé depuis 
longtemps, avec succès, par un cultivateur d'Angers, M. Constant 
Lemoine, procédé grâce auquel il obtient de remarquables succès dans 
la propagation des Broméliacées. C'est de lui-même que nous tenons 
les détails suivants : prendre des terrines de taille moyenne et les 
drainer vigoureusement par des tessons de pots et du gros sable; faire 
un mélange de deux tiers de terre de bruyère et d'un tiers de sable 



— 243 — 



blanc silicieux {Silversand des Anglais) et en remplir la terrine en 
dressant le sol sans trop le tasser, mais en le bombant légèrement et 
polissant la surface. Semer alors les graines de Tillandsiées (genres 
Tillandsia, Vriesea, Caraguata, Sodiroa, Guzmannia, etc.), de manière 
à ce quelles soient assez pressées sans se recouvrir les unes les autres, 
et les tasser avec une petite spatule pour les faire adhérer au sol. 
Couvrir alors ce semis d'une légère couche de mousse préalablement 
hachée aussi menu que possible avec des ciseaux. Arroser et placer 
alors les terrines dans une serre dont la température approche régu- 
lièrement de 20° centigrades, et recouvrir les terrines avec une lame 
de verre qui conserve l'humidité ; à moins qu'on ne préfère mettre les 
terrines dans les châssis clos, posés sur les tablettes de la serre, et où 
règne un air confiné très favorable à la germination et à la végétation 
des Broméliacées. De cette façon, les graines non recouvertes de terre 
ne sont pas en contact avec l'air extérieur, ne se dessèchent jamais si 
le bassinage est parfois oublié, et la levée s'opère avec une grande 
régularité. Lorsque les jeunes plantules sont repiquables, on prépare 
d'autres terrines, dans le même genre que les premières et l'on 
repique avec un petit plantoir de bois, en formant d'abord de petits 
trous, à la surface de terre de la terrine, et y plaçant délicatement, 
sans les recouvrir, les microscopiques multiplications dont il s'agit de 
provoquer le développement. Le sol doit être formé de sphagnum 
mélangé de sphagnum haché. 

Ainsi traités, les jeunes semis de M. C. Lemoine réussissent à 
merveille, et la vigoureuse santé qu'ils montrent aux visiteurs prouve 
l'efficacité du procédé que nous venons de relater. 

Ed. André, Rev. hort., 1882, p. 269. 



PLANTES SÈCHES TROUVÉES SUR DES MOMIES. 

M. Edmond Boissier a fait paraître dans les Archives des sciences 
physiques et naturelles de Genève des renseignements intéressants sur 
un herbier de la plus haut antiquité. Ils sont extraits d'une lettre de 
M. le D r Schweinfurth, le célèbre explorateur de l'Afrique tropicale. 
« J'ai examiné les guirlandes qui recouvrent la poitrine du roi 



— 244 — 

Àames 1 er , qui fait partie de la grande trouvaille de Deir el Bahari (1); 
les guirlandes se composent de feuilles du Saule égyptien (Salix Safsaf) 
pliées deux fois et cousues l'une à côté de l'autre le long d'un de ces 
rameaux qui forment le régime du Dattier, de manière à former des 
agrafes qui retiennent des fleurs isolées insérées entre les plis. 

« Ces fleurs, pour les guirlandes pectorales du roi Àames 1 er , sont 
celles de Y Acacia nilotica, du Nymphœa cœrulea en pétales isolés, de 
VAlcea ficifolia, enfin d'un Delphinium que je crois être Y orientale. 
Veuillez me faire part de quelques fleurs desséchées de cette dernière 
espèce afin que je puisse être certain de l'identité. 

« Les guirlandes des autres rois contiennent des fleurs du Cartha- 
mus tinctorius et les feuilles pliées en agrafes sont celles du Mimusops 
Kummel. 

« On a aussi trouvé des feuilles de la Pastèque commune (Cucumis 
citrullus) dans le cercueil de Neb Seni, grand-prêtre de la XX e dynastie. 

« Ces feuilles et ces fleurs datent de quelques siècles avant l'époque 
de la guerre de Troie ; j'en ai conservé un grand nombre en les 
humectant, les mettant ensuite dans l'alcool, puis les étalant et les 
séchant. Elles forment ainsi un petit herbier de trente-cinq siècles 
de durée. Ce qu'il y a de très remarquable, c'est la conservation de la 
couleur de la chlorophylle, violette dans le Delphinium, verte dans la 
feuille de Pastèque. » 

Le /Salix Safsaf, Y Acacia nilotica, le Nymphœa cœrulea, croissent 
encore aujourd'hui spontanément en Egypte, leur aire géographique 
embrassant aussi l'Afrique tropicale. Le Mimusops Kummel n'a été 
observé de nos jours qu'en Abyssinie. Le Delphinium orientale, espèce 
de Pied-d'alouette très voisine du Delphinium Ajacis, l'espèce com- 
mune, est répandu dans tout l'Orient, mais paraît se trouver seule- 
ment sporadiquement dans l'Afrique septentrionale, où il est cul- 

(1) M. Schweinfurth fait ici allusion à la découverte faite en juillet 1881 par 
MM. Brugsch et Maspero à Deir el Bahari, près de Thèbes, d'un caveau 
funéraire qui contenait les tombeaux et les momies admirablement conservés 
de plusieurs des plus illustres et des plus anciens Pharaons : Amenophis 1 er , 
ThoutmesIII, Seti l", le vainqueur des Hycsos, Ramsès II, etc.; ces tombeaux et 
leurs momies sont maintenant au musée de Boulaq. Voy. le Journal des Débats 
du 18 janvier 1882. 



- 245 — 

tivé comme plante d'ornement et où il l'était déjà à cette époque 
reculée, si son identité avec les fleurs des momies est confirmée. Enfin 
le Carthamus tinctorius est cultivé aujourd'hui encore en Egypte et 
dans tout l'Orient comme plante tinctoriale; on ne le connaît pas 
spontané, mais M. Alph. de Candolle pense que sa patrie pourrait 
bien être le plateau central de l'Arabie Heureuse. Indépendamment de 
la merveilleuse conservation de ces fleurs délicates et de leur couleur, 
conservation due sans doute à l'absence complète de lumière et 
d'humidité dans le caveau où elles étaient enfermées, nous avons ainsi 
un nouvel exemple d'espèces, les unes spontanées, les autres cultivées 
qui, depuis une longue série de siècles, n'ont subi aucune variation. 



FORÇAGE DE LA RHUBARBE. 
Note par M. Otto Ballif. 
(Le Moniteur <V horticulture, 1883, p. 130.) 

La Rhubarbe figure généralement sur les tables pendant une saison 
de l'année où l'on manque de fruits et rend ainsi de précieux services 
à l'alimentation, mais ce n'est guère que pendant les mois d'avril, mai 
et juin que nous la récoltons. 

En Angleterre, au contraire, nous la trouvons sur les marchés 
presque à chaque mois de l'année, par le fait que les maraîchers de 
Londres la soumettent au forçage et en obtiennent d'excellents 
résultats. 

Voici la méthode qu'ils suivent pour arriver à récolter la Rhubarbe 
dès janvier, aussi bien qu'on peut le faire au mois de mai dans les 
jardins. 

On choisit dans le potager des planches de Rhubarbes vigoureuses; 
on leur donne un bon labour en novembre, puis, dès ce même mois 
ou en décembre, on pose sur chaque plante un pot sans fond, haut 
d'environ 0,50 c, ayant 0,30 de diamètre à sa base et 0,25 au 



— 246 — 

sommet, et on recouvre les orifices avec des ardoises. Les maraîchers 
de Londres se servent de pots façonnés pour cet usage. A défaut de 
pots, on peut se servir de larges tuyaux en terre ou même de quatre 
planchettes assemblées en forme de trémie renversée. 

Entre les pots et au dessus, on entasse des feuilles mélangées de 
fumier frais de cheval, jusqu'à ce que ce mélange forme une meule de 
0,80 à 1 m. de hauteur. 

Quatre à six semaines après cette opération, suivant le degré de 
chaleur de la meule, on enlève le fumier jusqu'à la partie supérieure 
des pots, c'est-à-dire jusqu'à ce que l'on puisse ôter les couvercles et 
faire la récolte. 

Pendant ce temps, les plantes ont développé un certain nombre de 
tiges, d'un rose pâle, qui sont remarquables par leur tendreté. La 
récolte faite, on recouvre les pots et on travaille de nouveau la meule 
en ayant soin d'y ajouter un peu de nouveau fumier pour lui faire 
subir une seconde fermentation. 

Quand on le juge nécessaire, on fait une seconde récolte et 
même une troisième, après quoi il est utile de laisser reposer la 
plante. Afin d'obtenir un rendement assuré jusqu'à la récolte de pleine 
terre, on prépare quelques planches à cet effet, puis on les soumet, au 
fur et à mesure, à ce simple forçage. 

Cette rhubarbe forcée rend d'excellents services, surtout dans les 
hivers où l'on manque de fruits. Grâce à sa facile manipulation, cette 
opération peut être faite avec succès dans tous les jardins où l'on a à sa 
disposition assez de fumier non fermenté. 



LES JARDINS INDIENS. 
par F. E. W. 

(Traduit du Gardener's Chronicle, 21 oet. 1882, p. 523 et suivantes.) 

Il est peu de choses aux Indes qui désappointent un étranger autant 
que la vue d'un jardin indigène. Le nouveau venu se remémore les 
descriptions pompeuses qui parsèment les pages des contes orientaux ; 
il s'attend à voir des arbres chargés à profusion de fruits délicieux, à 



— 247 — 

respirer un air tout imprégné de parfums, à écouter les concerts 
d'innombrables « bulbuls » ; au lieu de tout cela, il n'a devant les 
yeux.... qu'une jungle. L'idée que l'indigène se fait d'un jardin ne 
ressemble de près ni de loin à la nôtre et l'on ne peut trop s'étonner de 
voir les poètes et les princes de l'Orient évoquer des jardins créés de 
toutes pièces dans leur imagination et rappelant ceux du pays. Hafiz, 
par exemple, et l'empereur Baber écrivent, des jardins de l'Afghani- 
stan et de l'Inde, des descriptions qui font songer au fameux paradis de 
fleurs de Corisande dans Lothaire, et pourtant, en réalité, les jardins 
Afghans ne sont que de simples vergers, ceux de l'Indoustan des 
« topes », c'est-à-dire des forêts ombreuses de Manguiers et de Bam- 
bous. Il est bien vrai qu'au feuillage vert sombre du Manguier et du 
Jacquier, répandus à profusion dans les jardins indiens, se mêlent à 
certaines époques les nuances cramoisies de la fleur du Grenadier, les 
teintes écarlates d'un Hibiscus ou le jaune doré du « Gold Mohur », 
mais en fait de fleurs dans l'acception que nous donnons à ce mot, 
c'est-à-dire de corolles épanouies près du sol, rien ou presque rien. 
Les indigènes de l'Inde semblent ne se soucier que médiocrement des 
parterres ; leurs fleurs grandissent toutes au sommet d'arbres ou de 
buissons, et toute plante de moindres dimensions qu'un Rosier ou un 
Jasmin ne leur parait pas mériter la peine d'être cultivée. 

Le jardin indien, qu'il se nomme LalBagh (jardin rouge), Dilkhoosha 
(délices du cœur), ou porte quelque autre qualification de fantaisie, a 
cependant sa beauté spéciale. Dans ces contrées où un soleil de plomb 
darde impitoyablement ses rayons de feu sur un sol poussiéreux et 
crevassé, les deux grands bienfaits de la Nature, l'ombre et l'eau, 
sont mis bien au dessus de n'importe quel effet de coloris — sans 
compter qu'un coin de Jungle est souvent un jardin par lui-même. 
Les Convolvulus laissent pendre du sommet d'arbres majestueux leurs 
grappes de fleurs pourpres ou blanches ; les Bambous, semblables à 
des touffes de plumes gigantesques, tressaillent doucement sous l'effort 
de la brise; les fleurs cramoisies désignées sous la dénomination 
vulgaire de « doigts sanglants » s'élèvent fièrement au dessus d'un 
enchevêtrement de broussailles vertes; tandis que l'une ou l'autre 
plante sarmenteuse promène le long du sol ses tiges rampantes cou- 
vertes de jolies fleurs jaunes ou bleues, telles qu'un serpent aux 
écailles bigarrées. Mais l'impression générale est toute différente 



— 248 — 

de celle produite par une de ces forêts anglaises qui mériteraient sou- 
vent, au printemps, le nom de jardin. Comme le jardin indigène auquel 
elle ressemble en plus d'un point, la jungle est sauvage et désordonnée ; 
elle fait involontairement songer aux cobras, aux scorpions, aux 
moustiques et autres créatures déplaisantes. Nul Européen ne songe- 
rait à s'y asseoir sur le gazon: nulle séduction d'ailleurs ne l'y engage. 
Pas un oiseau chanteur aux modulations auquel on puisse prêter 
une oreille attentive; rien que le roucoulement mélancolique des tourte- 
relles, dont les notes plaintives interrompent le silence de ces solitudes; 
par contre, courant sur l'herbe, de grosses fourmis rouges et noires 
aux douloureuses piqûres. Parfois un mince ruisselet serpente à tra- 
vers le jardin primitif: c'est tout ce que l'Indien demande pour faire 
de ces lieux un paradis terrestre. Et l'on se sent alors réconcilié avec 
le caractère âpre et sauvage de la scène qui se déploie aux regards, 
car le murmure de l'eau courante revêt, dans ces contrées, un charme 
inexprimable 

Il y a, aux Indes, jardins et jardins. Il y a de simples bosquets de 
Cocotiers que l'Indien d'esprit peu cultivé désigne sous ce nom. Pat ne 
qualifie-t-il pas « d'élégant jardin » un simple champ de patates ? Il y a 
encore les jardins où se cultivent l'Igname et l'Aubergine, le Bétel et 
la Canne à sucre, remarquables exclusivement par la profusion de leurs 
mauvaises herbes et leur malpropreté. Il y a enfin les jardins des rajahs 
et des riches propriétaires du pays, jardins enfantés par le travail de 
leur imagination fantastique, tout parsemés de fontaines, de ruisseaux 
et d'Hélianthes, tout resplendissants d'un luxe de mauvais goût. Un des 
souverains d'Oude se plaisait à passer dans son jardin des heures 
entières, occupé à lancer après ses courtisans de ces petites boules 
jaunes, rondes et molles, qui constituent les fleurs d'une plante popu- 
laire aux Indes; c'est aussi dans ces jardins, si les racontars disent 
vrai, que les riches indigènes se livrent trop souvent au plaisir de 
l'ivresse. 

Certains poètes indiens emploient indifféremment comme, syno- 
nymes, les expressions de jardin et de vignoble, rappelant ainsi les 
allemands dont les « Bier-Garten » sont connus du monde entier. 
Pour jouir de son jardin, le propriétaire indigène ne se contente pas, 
comme l'Anglais, d'en parcourir les sentiers tout à son aise après une 
ondée rafraîchissante, quand les fleurs exhalent leur plus suave par- 



— 249 — 

fum; il l'aime le mieux quand l'atmosphère est brûlante, quand un 
banc solitaire, baigné par les eaux d'une limpide fontaine et abrité 
par un vigoureux Banyan contre les ardeurs de l'astre du jour, l'invite 
à s'y abandonner aux douceurs du sommeil. Là, s'il est dans des dispo- 
sitions sociables, il amènera quelque ami habile à lire les vers d'un 
ton nasillard, suivant la mode indienne. Là, ses serviteurs étaleront 
devant lui quelques friandises, un flacon de capiteux arrac ou de toddy 
moins enivrant et le digne couple chantera à l'envi, entre les bouffées 
de leurs « hookhas » , les louanges de quelque houri au visage céleste, 
jusqu'à ce que, sous l'influence excitante de leurs sonnets et des 
fumées de la boisson « qu'ils avalent non pour se rafraîchir, mais pour 
s'enivrer », ils deviennent behosh ou insensibles. Quant à entrer dans 
un jardin pour en contempler les fleurs, c'est ce à quoi ne pense 
jamais un indigène qui se respecte. En revanche, il a la rage d'emplir 
ses bosquets de bustes en terre cuite et de statuettes de toutes sortes, 
sans trop s'inquiéter des bizarreries de ces accouplements forcés. C'est 
ainsi que nous y avons vu les trois Grâces frissonnant sous le regard 
plein de reproches d'un grand buste du duc de Wellington, orné d'un 
gigantesque appendice nasal ; ailleurs c'est une Yénus tenue en échec 
par Abraham Lincoln. D'énormes sphères réflectrices de Birmingham 
pendent çà et là aux branches des arbres et font, avec les statues 
environnantes, le plus étrange contraste: on se croirait dans la cour 
de quelque marchand de sculptures à Londres. 

Il y a encore, dans certaines parties des Indes, les jardins du 
Gouvernement, sorte de compromis entre le style horticole anglais et 
le goût dominant du pays. Dans la partie de l'installation cultivée 
à la mode anglaise, les fleurs sont tout bonnement superbes. Le Lal 
Bagh de Bungalore est célèbre pour ses roses, et les jardins du gouver- 
nement, à Ootacamund, sur les collines du Nilgiris, sont quelque chose 
d'enchanteur. La jungle naturelle des pentes y sert d'arrière-plan aux 
parterres disposés en terrasse et couverts à profusion des fleurs 
anglaises les plus brillantes et des buissons indiens les plus apparents 
et les plus décoratifs : l'effet de contraste qui en résulte est incompa- 
rable. Du reste les jardins suspendus aux flancs des collines jouissent 
aux Indes de conditions exceptionnellement favorables : le climat, à 
une altitude de 8000 pieds (2400 m.), permet au promeneur de se 
coucher sur le gazon, à l'ombre des chênes et des arbres toujours 

18 



— 250 — 

verts, absolument comme on s'étend chez nous, pour fumer un 
cigarre, sur une pelouse fraîchement fauchée. Tout différents sont les 
jardins du Gouvernement des plaines brûlantes et fumantes de l'Inde, 
où l'atmosphère rappelle les serres à Palmiers de Kew, sans que le 
moindre abri permette de s'y soustraire. 

Partout se déploient de vastes étangs couverts de Victoria Regia 
et de Lotus commun. Le Cocotier indigène et l'Acajou exotique, le 
Teck indien et le « Palmier du voyageur » de Ceylan, se disputent le 
terrain et les rayons du soleil, mais partout s'étendent des pelouses 
bien entretenues et des parterres révélant le désir des Anglais d'empor- 
ter avec eux leurs jardins partout où ils résident. 

Nos concitoyens, sous ce rapport, ne le cèdent guère qu'aux Hollan- 
dais, qui vont jusqu'à installer sur leurs navires en destination des 
Indes orientales des jardins à la mode du pays. Dans certains jardins 
du gouvernement, les Orchidées, surtout celles des forêts du Birman 
et de la Malaisie, exciteraient l'envie d'une duchesse. Leur culture 
d'ailleurs ne donne guère de mal : une simple serre du modèle le 
plus primitif, souvent ouverte sur les côtés, une provision de vieilles- 
souches pourries suspendues au plafond, et voilà tout ! Et pourtant, 
parmi ces Orchidées, il en est qui, transportées à Covent Garden, 
se paieraient plus que leur poids d'or, tant elles sont rares et jolies. 
Nous rencontrons aussi le Carica Papaya, commun dans les jardins 
indiens, dont le fruit cru a la saveur de l'abricot; préparé sous forme 
de pâté, il revêt, à s'y méprendre, le goût de nos pommes; il possède 
en outre la curieuse propriété de ramollir la viande la plus coriace 
contre laquelle on le frotte (1). On dit même qu'un morceau de chair 
fraîche, suspendu sous la cime de l'arbre, ne tarde pas à entrer en 
putréfaction. Voilà certes un « Upas » s'il en fût ! Mais il manque à 
ces jardins le joyeux gazouillement des oiseaux. De tous ceux qui han- 
tent les bosquets indiens, à part le petit bulbul — et encore son chant 



(1) Le suc de ce fruit contient un principe spécial, la papaïne, susceptible 
d'exercer, sur les substances albuminoïdes, une action digestive analogue à 
celle de la pepsine. La papaïne s'emploie actuellement en médecine à l'intérieur 
contre les digestions laborieuses et à l'extérieur en applications contre l'eczéma 
et autres affections dartreuses. Contrairement à la pepsine, elle n'agit qu'en 
solution alcaline (N. dutrad.). 



— 251 — 

n'a-t-il pas grande valeur — , aucun n'est doué d'un ramage 
agréable. Le « Khel » ou coucou indien, qui fait des jardins son 
séjour de prédilection, n'a d'autre chant qu'une note triste et mono- 
tone, plus que celle d'aucun autre volatile, sans même en excepter 
« l'oiseau-cloche » des jungles malayennes : un chant « à vous donner 
des maux d'estomac » . Le pis de tout, c'est qu'il est interminable. Les 
malédictions peu bruyantes, mais bien senties, que la voix discor- 
dante de cet oiseau, aussi nommé « oiseau des chaleurs », a maintes 
fois arrachées aux infortunés que son chant privait de sommeil, 
auraient dù l'envoyer depuis longtemps chez Pluton. Puis il y a le 
corbeau indien (Corvus splendens) qui abonde partout, mais semble aussi 
affectionner les jardins, surtout quand il s'y trouve quelque fruit mûr 
à manger ou du toddy à boire; car cet oiseau possède, en commun 
avec l'éléphant, un goût prononcé pour les liqueurs spiritueuses et 
s'enivre fréquemment de vin de palme. Du reste, ivre ou non, sa 
voix est déplaisante au possible. Son horrible « caw, caw » fait fuir 
du jardin le dieu des rêves et du sommeil; et le vilain oiseau à la 
noire et luisante livrée, à en juger d'après l'éclat dont resplendit son 
œil vif et perçant, semble apprécier l'ennui qu'il occasionne et y 
prendre un malicieux plaisir. Le roucoulement de la tourterelle ne 
serait pas si désagréable s'il n'était aussi mélancolique et n'évo- 
quait instinctivement l'idée de tombes et de Cyprès. Parfois un 
tourbillon vert et rouge s'échappe rapide d'un massif de Grena- 
diers, en même temps que le cri aigu et perçant d'une bande de 
perroquets vient agacer vos oreilles; plus tard, quand tombent les 
ombres de la nuit, l'écureuil à la recherche de son gîte et le chat- 
huant en partance pour ses expéditions nocturnes, viennent troubler 
ces solitudes, interrompre le silence du crépuscule et rendre au jardin 
son caractère lugubre et désolé. Malgré tout cela ces parcs indiens, vus 
la nuit sous les rayons de la lune dont la clarté blafarde inonde les 
arbres en fleurs et les étangs tapissés du feuillage des Lotus, ont une 
beauté calme et tranquille. Quel malheur qu'ils soient alors le séjour 
de prédilection du cobra, de la vipère rousse au venin meurtrier et 
d'essaims compactes de moustiques. 

Tout autre chose sont les plantations de Thé et de Café sur les 
Nilgiris. Quand on fait l'ascension du Coonar Ghat sur la route 
d'Ootocamund, ces jardins forment le trait dominant du paysage; à 



— 252 — 

droite, à gauche, ils s'accrochent aux flancs des montagnes et semblent, 
de loin, revêtirce qui n'est que précipices. Tout autour se déploient 
les forets des jungles, masse serrée de végétation dense et compacte; 
les plantations ne sont elles-mêmes que des espaces de 10, 50, 
100 acres ou plus, défrichés sur l'étendue de la jungle primitive. 
Les massifs de caféiers ne ressemblent pas mal à nos Lauriers anglais 
taillés en guise d'abri pour le gibier; quand ils sont couverts de ces 
baies cramoisies dont la graine constitue le café du commerce, l'effet 
est frappant et même décoratif. N'empêche que, pour un jardin, les 
alentours sont quelque peu sauvages. Les singes jacassent dans les 
arbres au-dessus de vos têtes, et peut-être une panthère ou même 
un tigre est-il là, qui vous guette à quelques mètres de la clairière. 
On rencontre aussi parfois, dans la jungle, d'énormes pythons, 
créatures peu compatibles avec nos idées de calme et de quiétude 
champêtres. 

Les plantations de Thé sont moins élégantes ; elles ont un aspect 
rabougri. Les pieds sont recoupés à hauteur d'escabeau et leur circon- 
férence suffirait pour abriter Daniel Lambert en personne. Ils sont 
plantés en rangées régulières, mais leurs fleurs blanches font plaisir 
à voir, en dépit de la monotonie de l'ensemble. Le « Nilgiri Orange 
Pekoe » est sans contredit le plus délicieux des Thés, quand le palais 
s'est accoutumé à sa saveur spéciale et à son arôme exquis, mais il 
constitue une boisson dispendieuse, même sur place ; on ne le vend 
pas moins de 3 sh. (fr. 3-75) la livre (450 gr.) ; il existe, du reste, 
une différence du tout au tout entre thés provenant de divers 
districts. 

Les jardins de Quinquina constituent un autre trait distinctif des 
monts Nilgiris. Peut-être mériteraient-ils mieux le nom de plan- 
tations, car le Quinquina d'où l'on retire notre quinine atteint de 
gigantesques dimensions et constitue un fort bel arbre, avec ses 
grandes et larges feuilles, teintées de rouge en dessous dans certaines 
variétés. C'est, du reste, une des cultures les plus profitables. Il 
n'est pas au voisinage de Londres de jardin maraîcher valant une 
centaine de livres (2500 frs.) l'acre qui puisse entrer en parallèle avec 
ces plantations, lesquelles, sous conditions favorables, donnent un 
intérêt de 100 pour 100 du capital engagé. 

Restent enfin les jardins particuliers des Européens établis aux 



— 253 — 

Indes. On s'attendrait, sous des conditions de climat et de terrain 
aussi favorables à l'horticulture, à se trouver en présence d'instal- 
lations hors ligne ; ce serait une profonde erreur. Les Anglo-Saxons 
n'ont pas de demeure fixe et se soucient peu de s'imposer les frais et 
les ennuis inhérents à la création d'un jardin convenable pour le plus 
grand bénéfice de leurs successeurs; n'empêche qu'en certains endroits 
leurs installations, comme ils les nomment, ne sont pas sans une 
certaine beauté. Du reste il faut se donner bien du mal et avoir 
recours à toutes sortes d'expédients pour y amener à bien les plantes 
anglaises, celles dont la culture est le plus en faveur. C'est ainsi que 
vous verrez un amateur de jardinage — peut-être un colonel ou un 
membre du parquet — gravement occupé à enfoncer de petites 
chevilles de bambou dans les tiges de ses choux pour les empêcher 
d'imiter les fèves de Jeannot et de pousser trop vite, ou encore une 
dame, dans un élégant déshabillé du matin, plaçant avec précaution 
un fragment de sel gemme contre les racines de chaque pied d'asperge, 
dans l'espoir qu'une telle preuve d'attention et de gentillesse engagera 
« l'herbe » à pousser. Seulement, le jardinage aux Indes n'est pas 
chose commode pour qui veut le pratiquer soi-même. Chaque coup 
de bêche met au jour des vers et des insectes hideux ; sans compter 
que le « mallee » ou jardinier indigène est peut-être un adorateur du 
cobra, dans lequel cas ce reptile se permet de dangereuses familia- 
rités, établissant sa résidence aux alentours des puits et apparaissant 
tout à coup quand on s'y attend le moins. Les écureuils maraudent 
dans les pois et les termites dévorent tout; enfin, pour comble de 
maux, les légumes anglais, à part ceux cultivés à une grande hauteur 
sur les montagnes, sont dépourvus de saveur et ne valent pas la peine 
que l'on se donne pour les obtenir. 

Pour ce qui est des fruits indigènes, nous n'en voyons guère qui 
méritent d'être cultivés ou soient susceptibles d'amélioration. Les 
Manguiers croissent trop lentement pour être de beaucoup d'usage 
dans un jardin anglo-indien ; toutes les tentatives d'amélioration du 
fruit sont dûes aux indigènes; malheureusement la mangue indienne 
conserve un sérieux défaut : je veux parler de son volumineux 
noyau, tandis que la mangue « perfectionnée » de l'île Maurice en 
est complètement dépourvue. Un jardinier anglais a conçu l'ingé- 
nieuse idée d'utiliser en guise d'engrais, pour obtenir de beaux et 



— 254 — 

bons Manguiers, les cadavres des chiens parias tués chaque année, 
en les faisant enterrer au pied des arbres ; on ne connaît pas encore 
les résultats de cette tentative. Les Mûriers sont parfois cultivés en 
haie, mais fructifient médiocrement. 

Les Goyaviers seraient perfectibles; ils se trouvent malheureuse- 
ment entre les mains des indigènes. Sauf en un petit nombre de loca- 
lités, les Oranges ne valent pas lourd et aucune tentative ne paraît 
avoir été instituée, jusqu'à ce jour, à l'effet d'introduire les espèces les 
plus savoureuses, telles qu'Oranges de St Michel, de Malte ou de 
Séville. En revanche, les Melons sont excellents; du reste une culture 
de Melons, aux Indes, est tout autre chose que chez nous. Pendant la 
saison froide, alors que les rivières sont taries et abandonnent de 
vastes étendues de sable exposées au soleil, le jardinier sème ses 
graines à la Volée. Peu à peu, toute la surface ensemencée devient 
une vaste couche à Melons et le fruit se vend dans la saison chaude 
à raison de 1 penny (10 cent.) pièce ou moins encore. Les Melons de 
Cuddapot, dans la présidence de Madras, sont renommés; en règle 
générale cependant, les Melons indiens, comme tous les autres fruits, 
auraient besoin qu'on les rajeunît par l'infusion d'un « sang » nou- 
veau, car la race est épuisée. Les Melons persans à chair verte sont 
délicieux et se cultivent aisément, mais on ne les voit presque jamais. 
Aux Indes, il est passé en proverbe que ce qui convenait aux ancêtres 
suffit aux générations actuelles : aussi l'horticulture n'y fait-elle 
guère de progrès. L'Ananas croît abondamment sur les côtes occiden- 
tales, souvent à l'ombre des gigantesques bosquets de Cocotiers de 
ces parages, mais il demeure, par les dimensions et la saveur de son 
fruit, bien en dessous de son congénère du détroit de Malacca. Les 
Ananas de Singapore sont probablement les meilleurs du monde ; les 
plants qui les produisent sont plantés sur le versant des collines, à 
peu près comme le Thé sur le Nilgiris ; le prix de revient du fruit est 
extrêmement modique : un Ananas pesant plusieurs livres se vend un 
cent, c'est-à-dire la centième partie d'un dollar (5 francs) et les Ananas 
du détroit ont la réputation d'être tellement sains qu'on pourrait sans 
le moindre inconvénient en manger jusqu'à satiété. 

Absence complète, aux Indes, de fruits correspondant à nos fraises, 
à nos groseilles à grappes ou à maquereau. On rencontre bien, sur les 
montagnes, des framboisiers et des fraisiers sauvages, mais rien qui y 



— 255 — 

ressemble dans la plaine. Les fruits indiens, tout comme les fleurs, 
paraissent affectionner le sommet des grands arbres et bon nombre 
parmi les plus communs, bien que consommés par les indigènes, ont 
positivement une saveur détestable. Il n'est pas rare, dans les jungles, 
de rencontrer des arbres chargés de fruits de fort bonne apparence, 
mais auxquels il est prudent de ne pas toucher: tels sont le Jumbulum 
avec son fruit semblable à la prune de Damas, mais désagréable au 
goût; le Vomiquier qui semble couvert d'oranges, le Mowa, etc. Dans 
les forêts Malayennes, les arbres à mangoustes sont fort abondants et 
c'est chose fréquente que de recevoir une avalanche de ces fruits savou- 
reux lancés par des singes sauvages, juste comme font nos écoliers, du 
sommet de quelque pommier. Une fois que je chassais dans la péninsule 
malayenne, mon « shikarée » indigène me donna un fruit délicieux, 
doué d'un parfum exquis, dont j'ignore le nom botanique et que je 
n'ai jamais revu depuis lors. Il ressemblait à un fragment de rayon 
de miel, mais avec des cellules plus grandes, contenant chacune une 
sphère de saveur aigrelette et dont l'arôme rappelait celui du raisin. 

Parlant de raisin, n'oublions pas de mentionner les vignes jadis 
célèbres de l'Hindoustan ; Tavernier, Hamilton et autres voyageurs 
du temps passé, parlent du vin rouge de l'Inde, dont l'empereur Akbar 
avait coutume de s'enivrer royalement. Mais actuellement il n'y est 
plus question de vin, au moins de vin de fabrication indigène. Les 
vins indiens semblent avoir partagé le sort des vins persans de Shiraz 
qui, au début de l'occupation des Indes par nos armées, avaient l'hon- 
neur de figurer sur les tables des marchands anglais à Calcutta, bien 
que l'Afghanistan produise encore du vin, et des meilleurs, à en croire 
l'empereur Baber, dont les mémoires fourmillent d'allusions intéres- 
santes à ce sujet. Mais il y a espoir de voir l'Inde produire du vin avant 
peu. Le Maharajah de Cashmire vient d'importer des vignes de Bour- 
gogne et de Champagne; il a aussi fait venir des viticulteurs français 
et les premières tentatives semblent promettre réussite et succès. 
Tenant compte des ravages produits dans les vignobles de France par 
le Phylloxéra, on comprend que le Maharajah réaliserait d'immenses 
bénéfices, si son Champagne valait celui d'Epernay. Les raisins vien- 
nent bien dans plusieurs districts de l'Inde, même dans les localités 
les plus chaudes, mais ce sont des raisins blancs, appartenant aux 
variétés sucrées. Çà et là, on rencontre des vignes à raisins rouges 



— 256 — 

recoupées à la façon japonaise et cultivées en pots ; elles sont toutes 
jolies et gracieuses, avec leurs grappes pourprées dont les dimensions 
contrastent vivement avec la plante minuscule qui les porte. 

C'est le moment de dire un mot des « mallées » ou jardiniers 
indiens. Leur plus grand mérite est leur bon marché. Quand on songe 
qu'un jardinier ordinaire coûte, au pays, quelque chose comme 1 livre 
(25 fr.) la semaine, on se trouve tout heureux de ne devoir à un 
« mallée » que 10 sh. (12 1/2 fr.) le mois ; mais aussi quelle différence ! 
«Le mallée » est un être intraitable, plein de préjugés et de lubies; 
ajoutez qu'en règle générale il est menteur comme une femme de 
chambre et voleur comme un singe. S'il existe dans votre jardin 
quelque fruit ou quelque légume de choix , il ira le vendre au bazar 
et mettra sa disparition sur le compte des écureuils ou des oiseaux. Il 
n'y a qu'une besogne où il excelle : c'est à faire des bouquets. 

Les naturels, en général, ont un talent inné pour l'arrangement 
des fleurs — faut-il dire la combinaison des couleurs ? — et leurs 
bouquets sont de vrais chefs-d'œuvre. Chaque « mallée » possède un 
jardin dans le vôtre — un jardin lui appartenant ; c'est là qu'il cultive, 
en se donnant le moins de mal possible et pour ses besoins, ainsi que 
ceux de sa famille, du Poivre de Guinée, des Concombres, des Courges, 
des Aubergines et autres condiments. La mélopée plaintive qu'il se plait 
à chanter à mi-voix, tout en tirant du « bowrie » ou puits l'eau 
nécessaire à l'arrosage du jardin, est bien connue des Anglo-Indiens, 
qui s'en souviennent longtemps, quelque éloignés des Indes qu'ils 
puissent être. 

N'importe : quelque brillantes que soient les fleurs indiennes, avec 
leurs riches nuances écarlates, cramoisies et jaunes, c'est en vain que 
l'on y chercherait cette grâce, cette gentillesse que revêt au printemps 
le tapis floral de notre patrie. Les Aubépines roses et blanches, les 
Narcisses et les Violettes de nos haies valent plus que toutes ces 
splendeurs réunies, quand l'alouette chante dans les nuées et que les 
beautés de la nature rajeunie nous rappellent vivement les souvenirs 
des temps trop loin de nous, des heureux jours de notre enfance. Rien 
non plus aux Indes qui dépasse en beauté un poirier ou un cerisier 
couvert de fleurs. Le « Gold Mohur » et le « Bougainvillea » sont 
plus brillants peut-être, mais ils n'ont pas la même douceur ni le 
même charme. 



— 257 — 

Que ceci serve de consolation aux compatriotes qui demeurent 
au pays et sont peu satisfaits de leurs modestes jardins, parce qu'ils 
voient à travers le prisme trompeur des illusions l'éclatante beauté 
des plantes tropicales. 

Il serait injuste de contester aux jardins indiens un genre de beauté 
spécial, mais c'est ce que le Français appelle beauté du diable, toute 
de fantaisie, de faste et d'emprunt. On aime les fleurs anglaises, 
quelque modestes qu'elles soient; on ne peut qu'admirer les splen- 
deurs de la flore indienne. D r H. F. 



NOTICE SUR LA MITE DES SERRES (TETR AN YCHUS TELARIUS) 
par M. George S. Saunders. 
Traduite de The Garden, avril 1883, p. 361. 

A proprement parler, la Mite des serres n'est pas un insecte; ce 
n'est pas non plus une araignée, en dépit de son nom anglais (red 
spider, araignée rouge), mais bien un acare ou mite. Quoi qu'il en soit 
de ses diverses dénominations et de leur plus ou moins d'exactitude, 
c'est bien, partout où elle s'installe, la plus ennuyeuse et la plus 
destructive petite peste que l'on puisse imaginer. 

Il n'en est pas d'elle comme de la plupart des insectes, dont les 
déprédations se limitent à une ou deux espèces végétales ; celle-ci est 
moins minutieuse dans le choix de sa nourriture et attaque indiffé- 
remment les plantes de serre et celles cultivées en plein air. 

Si l'invasion du parasite s'effectue sur une assez vaste échelle, les 
feuilles dont se repaît l'animal ne tardent pas à revêtir une teinte 
jaunâtre maladive ou un aspect desséché et brûlé : c'est que des 
myriades de ces minuscules acares, tassés sur la face inférieure des 
feuilles où ils vivent dans une toile délicate qu'ils se filent et dans 
laquelle ils se multiplient avec une prodigieuse rapidité, leur souti- 
rent la sève nécessaire à leur existence; bientôt leurs pores sont 
obstrués par les toiles et les excréments de la mite, et dès lors le 
feuillage, privé de son suc et incapable de prélever dans l'atmosphère 
le carbone indispensable à ses besoins, se trouve dans le plus 
triste état. Quelque insouciante que soit la mite des serres sur le 
ohoix de sa nourriture, dont elle s'approvisionne indifféremment 



— 258 — 

sur le Melon, le Concombre, la Fève, le Houblon, la Vigne, le 
Pommier, le Poirier, le Pêcher, le Prunier, le Rosier, le Limonier, 
le Laurier-tin, les Cactus, l'Œillet, les Fougères, les Orchidées et 
autres plantes de serre chaude ou tempérée, elle ne montre pas la 
même insensibilité à l'égard des conditions de sécheresse ou d'humi- 
dité de l'atmosphère ambiante. Elle manifeste vis à vis de l'humidité 
une répugnance accentuée : aussi ne donne-t-elle d'embarras sérieux 
que dans les stations sèches et chaudes, et ce n'est guère que 
pendant les saisons sèches que les plantes cultivées en plein air 
souffrent notablement de ses atteintes. Les arbres à fruits plantés en 




LA MITE DES SERRES. 
1, agrandie; Al*, gr. nat. ; 2, dessous de la tète ; 3, pied; 4, filière. 

espalier sont particulièrement exposés à ses déprédations, parce qu'en 
raison même de leur situation l'air qui les baigne est sec et chaud et 
que les crevasses et les trous des murailles fournissent au parasite un 
abri de prédilection : de telle sorte qu'il est nécessaire de prendre à 
l'égard de ces plantes de minutieuses précautions. Ce qu'il y a de plus 
pratique est de les seringuer soir et matin à l'eau pure, en ayant soin 
d'arroser principalement la face inférieure des feuilles, de façon à 
enlever autant que possible toiles et mites à la fois. Si les arbres sont 
déjà attaqués, il faudra ajouter à l'eau du savon doux et du soufre. 

Le soufre est un des agents destructeurs qui réussissent le mieux 
contre cet acare; seulement, sous la forme ordinaire, il se mêle diffi- 
cilement à l'eau, de telle sorte que nous conseillons pour son emploi 
l'une des recettes suivantes : prendre une livre (450 gr.) de fleurs de 



— 259 — 

soufre et deux livres (900 gr.) de chaux vive, faire bouillir le tout 
dans quatre gallons (18 litres) d'eau, puis ajouter une livre et demie 
(675 gr.) de savon doux, et étendre la mixture, au moment d'en faire 
usage, de trois gallons (13 litres) d'eau environ ; ou encore : mêler 
exactement quatre onces (120 gr.) de sulfate de chaux avec moitié 
autant de savon doux et délayer dans un gallon (4 »/« litres) d'eau 
bouillante. Faites usage du mélange quand il est suffisamment 
refroidi pour que vous puissiez y tenir la main. Tous les insecticides 
donnent de bons résultats, du moment qu'ils contiennent du soufre. 
Il faut laver soigneusement les murailles avec une préparation de 
l'espèce. De vieux murs où le cimentage est mal fait et les briques 
criblées de trous destinés à l'insertion de clous, etc. sont extrêmement 
difficiles à préserver de l'invasion du parasite. Le meilleur procédé 
est de les enduire d'une eau de suie concentrée, additionnée d'assez 
d'argile pour en faire une sorte de détrempe. Il faudra en outre 
introduire au moyen d'une brosse, dans les moindres crevasses ou 
interstices des murailles, une mixture composée du précédent liquide 
additionné d'une livre (450 gr.) de fleur de soufre et deux onces (60 gr.) 
de savon doux par gallon (4 */a litres). Semblable application, régu- 
lièrement renouvelée tous les ans, préservera suivant toute pro- 
babilité les arbres et autres plantes d'une attaque sérieuse du fléau. 
Comme la mite des serres passe la mauvaise saison sous abri et 
choisit fréquemment comme lieu d'asile les pierres, les déblais, etc. 
voisins des racines des arbres, il sera bon, pour diminuer le nombre 
de ces mauvaises petites bêtes, de tenir le sol avoisinant les arbres 
bien propre et bien cultivé. Dans les serres à raisin, l'un des meilleurs 
moyens de détruire ces créatures est d'enduire les tuyaux à circu- 
lation d'eau chaude d'un mélange formé d'un tiers de chaux récente et 
de deux tiers de fleur de soufre, transformé en une sorte de détrempe. 

Si l'on applique semblable peinturage à des tuyaux où circule la 
fumée, il faut prendre garde que leur température ne s'élève assez 
pour enflammer le soufre, ce qui pourrait devenir la cause de dom- 
mages sérieux. 

Pendant les premiers périodes d'accroissement, l'atmosphère sera 
maintenue humide et imprégnée d'ammoniaque au moyen d'une 
couche de litière fraîche, ou d'une application de détrempe au guano 
sur les tuyaux de chauffage : aussi longtemps que l'air de la serre 



— ZÔO — 

demeure humide, une attaque sérieuse de la part de l'ennemi n'est 
guère à redouter. 

Aussitôt les feuilles tombées, les ceps seront enduits de la prépa- 
ration renseignée plus haut pour le peinturage des murailles; on 
enlèvera ensuite deux pouces (5 cent.) environ d'épaisseur de terre à 
la surface des plates-bandes et on les remplacera par de la terre 
fraiche, puis on lavera et nettoiera soigneusement la boiserie et 
les pièces en fer de la charpente. S'il s'agit d'Oeillets attaqués par 
le parasite, le meilleur remède est de verser un peu de fleur de soufre 
dans un nouet en toile et d'en saupoudrer largement les plantes, puis 
de les laver soigneusement trois jours après l'opération. 

L'eau et la fumée de talac constituent aussi d'excellents agents 
insecticides à l'égard de ces petites pestes; seulement leur emploi, 
non plus que celui-ci du soufre sur les tuyaux, n'est pas toujours 
sans inconvénient ni danger pour les cultures : de telle sorte que le 
meilleur système est encore de faire le guet et, dès que la présence du 
parasite est signalée sur une plante, de l'en débarrasser d'emblée au 
moyen d'une préparation inoffensive afin de prévenir les progrès de 
l'infection. Ces petites bétes se multiplient avec une telle rapidité 
qu'il est bon de les combattre dès le début de l'invasion. 

Une dame de mes amies cultivait en pots quelques Ricins sur 
l'appui d'une fenêtre ; les plantes ne tardèrent pas à être sérieusement 
endommagées, mais quelques coccinelles enrent bientôt fait de les 
débarrasser du parasite et de leur rendre leur santé d'autrefois. 

La mite des serre dépose ses œufs parmi les fils de la toile qu'elle 
tisse à la face inférieure des feuilles; ces œufs sont de forme arrondie 
et de couleur blanche; ils éclosent en une huitaine de jours, et les 
jeunes qui en sortent ressemblent absolument aux auteurs de leurs 
jours, sauf qu'ils n'ont que trois paires de pattes au lieu de quatre : 
la dernière se développe après que les jeunes mites ont plusieurs 
fois changé de peau. Les jeunes sont naturellement de plus petite 
taille que leurs parents, mais tout aussi destructeurs en proportion. 
Ils extraient le suc des feuilles en déchirant d'abord l'épiderme avec 
leurs mandibules, puis en introduisant dans l'ouverture ainsi pra- 
tiquée leur suçoir ou trompe, à l'aide de laquelle ils aspirent et pom- 
pent la sève. Ces petites bêtes sont tellement transparentes qu'il est 
fort difficile d'étudier exactement les divers détails de la structure de 



- 261 — 

leur bouche. Les femelles sont extrêmement fertiles et, dans des 
circonstances favorables, se reproduisent toute l'année avec une 
prodigieuse rapidité. 

La mite des serres, nous l'avons dit plus haut, n'est pas une 
vraie araignée; elle appartient à la famille des acarinées, qui fait 
partie de la même classe, celle des arachnides, et se distingue 
aisément des araignées proprement dites par l'absence de toute 
segmentation entre la tête, le thorax et l'abdomen ; dans les araignées, 
la tête et le thorax sont soudés en une pièce unique, à laquelle 
l'abdomen se rattache par un pédicule étroit. Aux arachnides suc- 
cèdent les myriapodes (mille-pieds, scolopendres, etc.) et à ces 
derniers les insectes proprement dits. La mite des serres appartient 
à la division des « mites fileuses » , ainsi nommées pour les distin- 
guer de celles qui ne tissent de toile d'aucune sorte. On ne sait, jusqu'à 
présent, s'il en existe une ou plusieurs espèces : peu importe du reste 
à l'horticulteur, parce que leurs habitudes et les engins de destruction 
dont elles disposent sont les mêmes chez toutes. C'est un fort petit 
animal, ne mesurant pas plus d'un soixantième de pouce (f de millim.) 
de longueur à l'état adulte; sa couleur est extrêmement variable : on 
en trouve de presque blancs, d'autres verdâtres, d'autres encore affec- 
tant les diverses nuances de l'orangé et du rouge. Les différences 
pourraient bien dépendre de l'âge ou de la nourriture — en tous cas, 
l'on considère les plus rouges comme les plus âgés. La tète est munie 
dune paire de mandibules pointues, entre lesquelles apparaît un 
bec effilé ou suçoir. Il existe huit pattes : les deux antérieures se 
projettent en avant, les autres en arrière; elles sont couvertes de longs 
poils raides ; leur dernier article porte d'autres poils couchés oblique- 
ment et terminés chacun par un nœud. Les pattes de l'animal ne 
paraissent lui servir qu'à tirer ses fils et tisser sa toile. Le fil est 
sécrété par une glande située vers le haut du corps, à la face inférieure. 
Le dos de la mite est couvert de longs poils, raides et clair-semés(l). 

D r H. F. 



(1) Voir, dans la Belgique horticole, tome IX, p. 238, une notice sur la 
Mite des Orchidées. 



— 262 — 



SUR LA CULTURE DES DATTIERS DANS DES TERRAINS 
IMPRÉGNÉS DE SEL MARIN. 

EXTRAIT D'UNE LETTRE DE M. A. RlCHARD A M. DE LESSEPS. 

(Compte rendus, 13 avril 1883, p. 503). 

t.... Le Palmier dattier (Phœnix dactylifera) paraît se complaire 
dans un sol salin; cette observation est confirmée parles arrosages, 
qui finissent, en quelque sorte, par saturer le terrain de chlorure de 
sodium, comme on peut le remarquer à Elche, à Alicante et en 
d'autres localités. 

En effet, le Vinalopo qui sert à irriguer, au moyen d'une retenue 
ou pantano, le territoire d'Elche, est fortement saumâtre, comme 
toutes les eaux qui sortent du Monte Pinoso, presque exclu- 
sivement constitué par des couches de sel gemme et de sulfate de 
chaux. Cette eau, constamment projetée depuis des siècles à travers 
les plantations de Palmiers, a fini par former une croûte superficielle, 
sur une épaisseur de m ,12 à m ,18, qu'on est obligé de remuer à la 
pioche pour permettre l'introduction de l'eau dans les parties infé- 
rieures. 

La ville d 'Alicante a planté de la même variété de Palmiers sa belle 
promenade du port et, comme elle est complètement privée d'eau 
douce, elle les arrose avec une eau encore plus chargée des mêmes 
sels que celle du Vinalopo. 

Les sécheresses qui éprouvent si cruellement cette ville et la pro- 
vince entière (1) tarissent souvent cette unique ressource, et alors l'on 
arrose tout simplement ces Palmiers, comme la promenade elle-même, 
avec de l'eau de mer, qu'on puise à une vingtaine de mètres, distance 
à laquelle cette plantation se trouve du quai. 



(1) Voir Los pozos artezîanos en Espana, dédié à M. de Quatrefages, par 
M. A. Richard (1880). 



- 263 — 

Toutes les plantations de Palmiers, faites récemment entre le cap 
de Huertas et le Rio Monegro, dans l'admirable plaine de San Juan, 
ont réussi à merveille : les racines plongent littéralement dans l'eau 
de mer, car c'est à quelques pas de la mer et dans les sables du rivage 
qu'on les a placées. 

J'engage les personnes qui prétendent que les bords de la mer et les 
lieux salés sont contraires aux Palmiers à venir contrôler ces obser- 
vations . 



NOTE SUR L'EMPLACEMENT PROBABLE DU PARADIS 

TERRESTRE. 

(Traduit du « G-ardeners' Magazine, » décembre 188?, p. 720). 

A en croire les assertions du D r Frédéric Delitzsch, un savant assy- 
riologue allemand, des découvertes cunéiformes récentes auraient fixé, 
d'une façon certaine, l'emplacement du Paradis terrestre dont parle le 
livre de la Genèse et démontré l'irréprochable exactitude, au point de 
vue géographique, de la tradition biblique. Le Paradis terrestre for- 
mait cette partie de la Babylonie qui s'étend au nord des ruines 
actuelles de Babylone et peut être définie comme limitée, au nord par 
une ligne qui s'étend de Bagdad sur le Tigre à Accad sur l'Euphrate, 
et au sud par une ligne parallèle allant de Babylone au premier des 
deux fleuves. Ce district porte un nom babylonien qui signifie à peu 
près « le Jardin du Souverain du Monde. » Dans la version des sep- 
tante, le mot Eden est rendu par l'expression Paradis, mot persan qui 
signifie « parc ou jardin enclos. » Toute cette région est arrosée par 
les eaux de l'Euphrate seul, et non, comme le reste de la contrée, 
par l'Euphrate et le Tigre à la fois, — fait signalé par Arrian, 
Xénophon, Strabon et Ammien Marcellin, qui parlent en termes 
enthousiastes des abondantes ressources naturelles et artificielles du 
district à leur époque et de son étonnante fécondité en blé, en dattes 
et en raisin. Le Gihon et le Pison étaient des bras de l'Euphrate — le 
premier identique, suivant toute apparence, au Shatt-en-Nil des 



- 264 - 

plus récentes relations, et le second au Pollakopis des Grecs. Au 
temps d'Alexandre -le-Grand, le Golfe Persique s'étendait beaucoup 
plus avant dans l'intérieur des terres qu'à l'époque actuelle, et 
recevait séparément l'Euphrate et le Tigre, dont les embouchures 
étaient distantes de tout un jour de voyage. Le second de ces fleuves 
se nommait Hiddekel. Quant à Havilah, qui produisait de l'or, ce 
n'était vraisemblablement qu'une partie de la région qui s'étend entre 
le Golfe Persique et la cité Babylonienne. 

Les Mages venant de Chaldée, suivant la tradition, apportèrent de 
l'or parmi les présents qu'ils déposèrent aux pieds du Rédempteur 
nouveau-né, et l'or, le bdellium et l'onyx sont mentionnés dans les 
annales de Babylone comme produit par cette contrée. L'Ethiopie ou 
Cush était sans doute le district sis au nord-ouest du Golfe Persique, 
autrefois arrosé par les eaux du Shatt-en-Nil. Il est curieux de 
trouver le nom de Makan appliqué à la fois à une partie de cette 
région et au district qu'arrose le Nil en Egypte. Le professeur 
George Rawlinson a observé et signalé la prédominance du type 
nègre dans les figures de certains bas-reliefs de Susianna. Aussi 
semble-t-il rationnel d'admettre une connexion assez intime entre le 
Cush d'Asie (traduit par le mot Ethiopie dans notre version), et le 
Cush d'Afrique ou Ethiopie proprement dite. D r H. F. 



— 265 — 



DESCRIPTION 



DE 



L'A NOPLOPHYTVM AMŒNUM. 



par M. Ed. Morren. 



Planche XVII. 



Anoplophytum. — Voyez A. pulchellum, la Belg. hort., 1859, p. 322, 
pl. XXII. — A. stricium, l. c, 1878, p. 188, pl. XIII. — A. geminijlorum, l. c, 
1880, p. 191, pl. XI. — A. incanum, l. c, 1881, p. 209, pl. XI. 

A. amœnum, sp. nov. : caespitosa, aèria. Caulis ramosus, flexuosus. Folia 
angusta, subulata, lœvia. Scapus erectus, bracteis vaginis roseis, limbo acuto 
vestitus. Spica pauciïiora. Sepala rosea, bina coalita, tertium extraaxillare 
liberum. Petala valde longiora, cuneata, ungui albo, limbo lilacino. Stamina 
inclusa, filamentis corrugatis. Morren. 

Brasiliana. V° 111° A. Glaziou, anno 1882, in Europam missa (sub n° 96). 



Cette jolie plante est originaire du Brésil, d'où elle nous a été 
envoyée, en 1882, avec beaucoup d'autres, par M. Glaziou, l'excellent 
directeur du jardin public de Rio Janeiro. Quand elle a fleuri dans 
les serres de la Boverie, en janvier 1883, nous avons reconnu en 
elle une espèce nouvelle et fort élégante, pour laquelle nous proposons 
le nom d'A. amoenum, Anoplophyte charmant. Les fleurs sont 
mignonnes et leurs pétales d'un bleu de nuance exquise. 

L'A. amœnum ressemble à VA. pulchellum qui a les fleurs 
blanches ; il s'en distingue, en outre, par les feuilles plus étroites, 
par la forme et la couleur des bractées, etc. 

Description. — Plante aérienne lixée aux branches ou aux rameaux par 
quelques racines fibreuses. Tiges assez longues (0 m 10-20), ondulées, grêles, 
ramifiées souvent par bipartitions et feuillées sur presque toute leur étendue. 



Figures analytiques. 



1. Une fleur agrandie (^). 

2. Bractées. 

3. Le calice. 



4. Deux pétales. 




6. Le pistil. 



1!» 



— 266 — 



Feuilles nombreuses, serrées, en forme d'alène, droites ou un peu arquées, 
assez longues (0 m U), vertes sur les deux faces, lisses, à gaîne plus large (0 m C06), 
à limbe un peu rouge à la base de la face interne, canaliculé, subulé et très-aigu. 

Hampe droite, longue (O06), mince (O m 002), vêtue, dans un ordre spiral, de 
jolies feuilles bractéales à gaîne enveloppante aussi longue que le mérithalle 
(O m 01l) rose et à lame aciculaire, très longue (002) et verte. Épi simple, 
pauciflore (ici 4 fleurs), compacte. Bractées ovoïdes, lisses, cuspidées ou subulées 
suivant la hauteur des fleurs, rose pur et de la longueur du calice (OOll). 

Fleurs sessiles, très longues (0025). Sépales rosés, courts (0010-11), lisses, 
l'extra-axillaire libre, tandis que les deux intra-axillaires sont coalescents sur 
leur plus grande étendue. Corolle beaucoup pluslongue, dianthiforme,de couleur 
mauve pâle comme la Violette de Parme : pétales longs (0 m 022-24), à onglet 
étroit et cunéiforme, à limbe élargi et arqué. Étamines incluses, un peu plus 
que moitié des pétales (0 m 013-l4), à filets libres, chiffonnés au milieu, à anthère 
basifixe, minime. Style long (O'nOH), droit, subulé; stigmate épais; ovaire 
minime, globuleux. 



LE CLIMAT, LES PLUIES ET LES ZONES DE VÉGÉTATION 
AU VÉNÉZUÉLA 

par M. J. S. BarralO). 

La situation du pays est si admirable, surtout du côté de la mer des 
Antilles, qu'on y rencontre successivement les conditions les plus 
convenables à toutes les cultures. Depuis le niveau de la mer jusqu'à 
une altitude de 585 mètres, le thermomètre marque de 25° à 30° d'une 
manière à peu près uniforme. Si l'on s'élève de 585 mètres jusqu'à 
1458 mètres, il oscille entre 16° et 25°; si l'on monte jusqu'à 
2437 mètres, la température moyenne varie entre 16° et 2°; à l'alti- 
tude de 4580 mètres on rencontre les neiges perpétuelles. A cause de 
l'égalité des jours et des nuits, la température varie très peu d'une 
saison à l'autre. On y trouve, au point de vue de la température, 
un été perpétuel. De Humboldt a constaté 27°,4 pour la température 
moyenne de Cumana; Codazzi et M. Boussingault ont obtenu 28° à la 



(l) Chapitre extrait de : Avenir de grandes exploitations agricoles établies 
sur les côtes du Vénézuéla, l vol. in- 12°, Paris 1881, chez G. Masson, éditeur. 



— 267 - 



Guaira; Hall, 29° à Maracaïbo. M. Boussingault, comparant le mois 
le plus chaud et le mois le plus froid, donne les chiffres suivants : 

Température moyenne du mois Température 

r M,," J : — _ moyenne de 

Latitude. Altitude. le plus chaud. le plus froid. Différence. Tannée. 

Cumana. . . 10*28' m Mai. . . . 29°2 Janv. . . . 26°9 2°3 27»5 
Caracas . . . 1031' 916 ra Juillet. . 24*0 Févr. . . . 20*0 4°0 22°0 

Ainsi la température moyenne varie à peine dans le courant de 
Tannée, ce qui différencie absolument le climat vénézuélien du climat 
européen; seulement les variations du mois le plus chaud au mois le 
plus froid sont un peu plus fortes à mesure que l'altitude augmente ; 
mais, à Caracas, à plus de 900 mètres, il n'y a encore que 4° de diffé- 
rence. 

C'est d'avril à octobre que la saison est le plus chaude; pendant 
l'autre semestre règne la température la moins élevée. La saison des 
pluies dure de mai à septembre. La grande humidité coïncidant avec 
la chaleur est une des causes les plus puissantes de l'énergie de la 
végétation et de la multiplicité des récoltes d'une même plante. 

L'altitude du lieu exerce la plus grande influence sur la tempéra- 
ture et, par suite, sur la végétation, mais avec ce caractère particu- 
lier, dans les régions tropicales et, par conséquent, sur les parties du 
Vénézuéla qui avoisinent la mer des Antilles, que dans l'année il y 
a de bien moins grandes variations d'un mois à un autre que dans les 
régions éloignées de l'équateur. Voici, d'après M. Boussingault 
(Agronomie, chimie agricole et physiologie, t. III, p. 19), le tableau 
des différentes zones agricoles que l'on traverse sous l'équateur depuis 
le niveau de l'Océan jusqu'à la région des neiges : 

Températures moy. en 
Altitude en métrés, degrés centigrades. Végétations. 

à 500 28 à 26 Palmiers, Bambusa, Guaduas, Bananiers, 

Maïs, Manioc, Indigo, Cacaotier. 
5oO à 1000 26 à 24 Erythroxylon, Caféier, Cotonnier, Citron- 

nier, Mais. 

1000 à 2500 24 à 15 Froment, Orge, Chêne, Laurus, Q îin- 

quina, Mais. 

2500 à 4000 15 à 7 Pâturages, Pommes de terre, Oxalis. 

4000 à 4800 7 à 1,7 Espeletia (Fraylejon), Saxifrages, Lichens, 

Algues. 

Ces zones superposées, ajoute M. Boussingault, doivent être con- 
sidérées moins comme des limites absolues que comme les stations les 
plus favorables aux espèces que l'on y rencontre habituellement; elles 



— 268 — 



prennent souvent une étendue considérable dans le sens vertical ; le 
maïs, par exemple, que l'on n'a jamais trouvé à l'état sauvage, est 
une des plantes les plus indépendantes du climat et, bien qu'il rap- 
porte infiniment plus de semences dans les terres chaudes {tierras 
templades), il est cultivé avec profit jusque sur les plateaux élevés. 
Cette extension extraordinaire de la zone est, au reste, plutôt appa- 
rente que réelle ; elle vient de ce qu'elle est attribuable à l'espèce maïs, 
mais en faisant abstraction des variétés qui sont assez nombreuses : 
ainsi, le maïs Paitou, que produisent les terres chaudes, diffère 
essentiellement du maïs des terres tempérées et des terres froides de 
Cundimara. Cette grande extension de zone se reproduit encore pour 
un des arbres les plus intéressants des forets du nouveau continent, le 
quinquina que l'on rencontre dans les Andes depuis 400 mètres jusqu'à 
3000 mètres d'altitude; mais, vers ces deux limites extrêmes, les arbres 
à écorce fébrifuge sont clair-semés, et ils ne sont établis là que par 
des circonstances tout exceptionnelles. D'après mes observations, 
faites entre Bogota et Quito, la zone du genre Cinchona serait com- 
prise entre 100 et 2000 mètres d'altitude, et cette ampleur provien- 
drait précisément de ce qu'elle comprend des espèces qui ont des 
habitudes climatériques fort diverses. 

Voici les altitudes et les températures moyennes des villes princi- 



pales du Vénézuéla : 



.Noms des villes. 






Température en degrés 




Altitude en mètres. 


centigrades. 






8 


29° 








29o 


Puerto Cabello . 




3 


27° 






13 


28» 






17 


28o 






8 


27» 






9 


27o 






40 


26°5 






922 


2 . 08 max. 
41 a | min. ! 






915 


23o 






556 


26° 








l7o9 jmax. 
f min. 


San Cristobal 




914 


2103 






1.137 


20o9 


Upata .... 




351 


25° 


San Fernando (de 


Atabapo) . 


230 


25°8 


San Fernando (d* 


i Apure) . 


67 


32°7 


Ciudad-Bolivar . 




58 


3003 






117 


30o 



28° 
9° 



20° 
1103 



- 269 — 

Dans les différentes provinces, on trouve les variations suivantes 
de température : 

Altitude Variation de la température 

en métrés. en degrés centigrades. 

Sur les plaines élevées j Gu J^r^o j 25 00 à 3594 de 1 1 à 1 5° 
des provinces de . .( Tachira } 

Trujillo / 3594 à 3795 \ 

Il y tombe de g oàll o 
) quelquefois v 

Sur les montagnes de. .(Guzman Blanco \ de la neige I 

( 3795 à 4096 J de 5° à 9° 
Guzman Blanco 4096 à 4579 \ de 3° à 5° 

( 4539 à 4580 \ Neiges perpétuelles 

Le tableau suivant présente les températures moyennes dans les 
forets vierges de la Guyane avec les altitudes des terrains : 

Température 

Forets. Altitude en métrés. en degrés centigrades. 

Delta de l'Orénoque et de l'Imataca . 17 25°6 

Forêts de Caroni 251 25°5 

» Yuruari 284 25°0 

n Caura 334 24°4 

B Guaviare et Vichada ... 234 25°8 

» Atabapo 151 24°8 

« Rio Negro et Pasimani . . 253 24°9 

La limite inférieure thermique de la culture profitable peut être 
fixée pour le cacao à 24°, pour la canne à sucre à 23°, pour le café 
à 22°, pour le froment à 15° ou 16° (à des hauteurs de 2000 à 5000 m. 
sous les tropiques), pour les pommes de terre, l'habituelle nourriture 
des habitants des hautes montagnes, à 12° ou 14°. Dans tous les cas, 
la durée de la culture est d'autant moindre que la température est 
plus élevée pendant la saison végétative : aussi, au Vénézuéla, toutes 
les récoltes se font rapidement. Les plantes naissent, vivent et se 
reproduisent par une température à peu près uniforme, et les récoltes 
peuvent se succéder sans interruption; à l'homme de donner à la 
terre les soins nécessaires. 

Sur les côtes des Antilles, on rencontre plusieurs provinces où une 
circonstance météorologique, éminemment favorable à la végétation, 
rend les cultures merveilleusement faciles et productives. Tandis 
qu'ailleurs il y a deux saisons de six mois seulement, l'une de séche- 
resse, l'autre de pluie, il arrive que sur les côtes, par suite d'une 
disposition particulière des cordillères, quatre saisons se succèdent de 
trois mois chacune, trois mois secs, trois mois pluvieux, et ainsi de 
suite. Sous un tel climat, la végétation est absolument continue. 



— 270 — 



UNE VISITE AU JARDIN BOTANIQUE DE L'UNIVER- 
SITÉ DE STRASBOURG, 

par M. Ch. Muller. 

Conviés par le directeur de l'Institut botanique, M. de Bary, et 
accompagnés par le président de la Société d'horticulture, M. Wœhrlin, 
et le secrétaire général, M. Wagner, aucun élément ne nous manquait 
pour nous faire goûter les charmes d'une promenade matinale au milieu 
des richesses que le large budget de l'Etat allemand et celui de l'Alsace- 
Lorraine, joints au savoir du directeur et de son jardinier en chef, 
M. Grùn, ont permis d'y accumuler. 

Disons-le tout de suite, le Jardin botanique de l'Université est acces- 
sible au public; il est ouvert tous les jours, de 9 heures à midi et de 
3 à 6 heures. Pour les serres, on s'adresse à M. Grùn, qui vous en fait 
les honneurs avec beaucoup de complaisance. 

Dès l'entrée, dans le milieu de la rue de l'Université, vis-à-vis de 
la rue Lobstein, on est surpris de la grande étendue de ce vaste champ 
d'études, qui ne compte pas moins de 35,000 mètres carrés (3 1/2 hec- 
tares) depuis la terrasse des serres. Compris entre deux larges boule- 
vards à droite et à gauche, il s'étend vers le Rhin en englobant une 
partie des constructions de l'Observatoire ; vers la ville, il est limité 
par l'Institut botanique. Un ancien fossé de la ville, en demi-cercle, où 
quelques brochets exercent encore leurs déprédations, abrite les plantes 
aquatiques; des pentes doucement vallonnées et semées de gazon y 
donnent accès, et un batelet mène d'une rive à l'autre. Là fleurissent 
les Butomes aux étoiles violettes, les Joncs, les Iris, les Calamus, 
les Nénuphars jaunes, bleus et blancs, ou mieux les Niluphars. 
Leur nom rappelle l'origine de cette plante gracieuse, aujourd'hui 
disparue de l'Egypte, le Nymfhœa Nelumbo ou Lotus rose, dont les 
fleurs, balancées à 8 ou 10 pieds au-dessus de la surface des eaux par 
de longues et élégantes tiges semblables à des girandoles, formaient 
sur le Nil des massifs admirables, au milieu desquels glissaient 
silencieuses les barques des sybarites égyptiens contemporains de 
Strabon. Ils allaient là, dit cet historien, rêver sous l'ombre enivrante 



- 271 — 

et fraîche des massifs du Lotus, si touffus et si vastes qu'ils formaient 
sur le fleuve de longues voûtes sombres resplendissant çà et là sous 
une trouée lumineuse qui, sur la verdure ombrée, faisait éclater les 
merveilleuses corolles roses. 

Il se retrouve dans la Perse, en Chine et au Thibet, où il est révéré. 
C'est le Tamara de la mythologie indienne, dont la feuille servit de 
nacelle à Vichnou. Les Egyptiens en coiffaient Isis, et de même que 
la feuille d'Acanthe est devenue le type de l'architecture opulente 
des Corinthiens, de même celle du Lotus a formé le chapiteau des 
colonnes qui soutiennent les temples égyptiens. Peut-être la verrons- 
nous apparaître un jour dans le grand aquarium qui s'élève à peu près 
au centre du jardin et qui sera construit dans de vastes proportions. 
Le jardinier en chef se propose d'y faire fleurir, comme il a pu le 
faire dans l'ancien jardin, cette autre Nyraphéacée, le Victoria regia, 
une des plus belles et des plus grandes qui existent, qui prospère fort 
bien dans l'aquarium de Carlsruhe; ce fut un événement quand pour 
la première fois, en novembre 1849, elle s'épanouit dans les serres 
du duc de Devonshire, émergeant entre des feuilles qui atteignent 
parfois 4 m ,50 de circonférence. 

Dans des bassins cimentés, à hauteur d'eau variable, se font des 
cultures de Riz, de Cannes; nous y trouvons les Soucis d'eau (Calla 
palustris), YHippuris, YAlisma, le Trapa natans, Ylsoetes palustris, 
qu'on va récolter à Retournemer, à côté des Sagittaires et des Len- 
tilles d'eau vertes. 

Si j'étais étudiant ou que je voulusse faire une recherche, je regret- 
terais de ne plus trouver mon chemin en suivant les familles dans 
leur ordre artificiel établi en 1735 par Linné, ou suivant la classifi- 
cation naturelle de Jussieu ou d'Endlicher. Mais je suis un simple 
promeneur, et je n'ai qu'à me laisser aller en suivant les chemins 
sablés qui me conduisent d'une famille à l'autre, chacune groupée 
dans un nid de gazon, ce qui n'est possible que quand on dispose de 
beaucoup de place, comme c'est le cas ici. Les mœurs et coutumes 
des plantes se dessinent peut être mieux ainsi, les unes modestes ou 
solitaires fuyant la société, les autres toujours en famille recherchant 
le commerce de leurs semblables, les unes aimant le sol aride, sablon- 
neux, les autres le roc ou la terre de bruyère. Sans doute, le terrain 
du nouveau jardin se ressent encore des récents travaux ; mais sous 



— 272 — 

peu le gravier disparaîtra, et les places ombragées ne manqueront 
pas dans ce parc naissant. 

Détail pratique : les étiquettes sont en bois blanc simplement 
peintes à la céruse et marquées au crayon; ce moyen pou coûteux donne 
des résultats durables, puisque j'ai vu des inscriptions datant de trois 
ans aussi lisibles que si elles ne dataient que d'hier. En attendant 
qu'on nous ouvre les serres, voulez-vous faire un peu de botanique, 
en rappelant quelques noms oubliés peut-être et en en inscrivant 
d'autres moins connus? Je ne serai pas long. 

Dès l'entrée, voici les Monocotyles avec les élégantes Graminées 
qui balancent leur tige grêle et résistante, grâce à la silice qu'elles 
renferment, sous le poids de leurs épillets chargés ; le Riz, les Céréales, 
le Nardj les Bambous, grands et petits, tous y sont. 

Les Liliacées, depuis le prosaïque Oignon jusqu'à la Tulipe de 
Hollande, sauf la noire ou la verte, qui manquent encore. 

Les Composées, une des plus grandes familles des Dicotyles : elle 
est richement représentée par les Chardons que mon vieux Mappus 
me dit se trouver « auf dem Schiess-Rein copiose » . Il serait fort en 
peine d'en trouver encore aujourd'hui à cet endroit. L'Artichaut, 
aussi un Chardon, les Chrysanthèmes, les Immortelles, les Epervières. 

Voici le G-ratteron ou Caille-lait blanc et le jaune, de la même famille 
que la Garance et le Caféier (Rubiacées). 

Et le beau groupe des Labiées avec une Sauge rouge, les Lavandes 
odorantes, le Thym, les Menthes, la Sariette, le Lierre terrestre, ce 
fléau envahissant de nos jardins. 

La sombre famille des Solanées, avec la Belladonne, la Jusquiame, 
la Stramoine, le Datura aux corolles blanches et parfumées, le Tabac 
et ses variétés, et les Pommes de terre. 

Les Convolmlus avec le Lizet, la Belle de jour et le Jalap. 

Les Ombellifères étalent leur gracieux parasol fleuri et se nomment 
le Panais, le Cerfeuil, la Ciguë, qui lui ressemble, le Fenouil, YAsa 
fœtida, Y Angélique. 

Les plantes grasses que nous allons retrouver dans les serres, sont 
représentées ici par les Joubarbes en nombreuses espèces, les Cactus, 
les Opuntia aux multiples piquants et aux fleurs d'un rouge vif. 

Les légères Papilionacées , /Sainfoin ou Trigonelle, Pois de senteur, 
la Réglisse, V Indigotier, les Myroxylon, qui fournissent le baume du 



— 273 — 

Pérou et de Tolu, le Baguenaudier. le Rolinia, qu!à tort nous appe- 
lons Acacia, et bien d'autres. 

Les Crucifères avec leur fleur en croix et leur saveur caractéristique 
fraîche et piquante, la Moutarde, les Radis, le Cresson, la Caméline. 

De loin nous voyons les jupes flamboyantes de nos agrestes Pavots 
à côté de leurs frères d'Asie qui nous donnent YOpium. 

Tout près de là, sur une pente, se chauffent les Vignes en plusieurs 
variétés; attendons quelque temps, peut-être verrons-nous un jour 
mûrir celle du Soudan, qui est à racine tubéreuse. Trois pieds très 
vigoureux en ont été exposés, il y a quelques semaines, à Paris. 

Je m'arrête à cette énumération déjà bien longue et renvoie le lec- 
teur amateur de botanique au livre aimable et instructif d'E. Grimard 
[La Plante), mais je le prie de m'accompagner encore quelques instants, 
car nous voici en face de la Suisse en miniature. 

Rien de plus charmant que le groupe de ces plantes alpestres, qui 
s'épanouissent dans la forte terre de bruyère encastrée de rocailles sur 
un monticule moussu. On songe aux jardinets de Zermatt en voyant 
ici, comme au Riffel ou à Murren, les petites Gentianes bleues, la SoJ- 
danelle, la Globulaire, le Sempervivum arachnoides, dont la fine toile 
d'araignée recouvre les feuilles imbriquées de sa laine blanche, YAn- 
drosace carnea, découverte en 1757 par Kœnig au sommet du Ballon 
de Soultz, où elle existe encore, détachant vivement son étoile rouge 
sur un lit de verdure, le Silène acaulis, le Viola Uflora, le Valeriana 
supina, le Gaultheria, un Erica de l'Amérique du Nord, dont on retire 
l'Essence de Wintergreen, la Potentille des neiges, Y Immortelle des 
Alpes ou Edelweiss en plusieurs exemplaires, rapportés des Alpes par 
le directeur, en superbes corolles cotonneuses, malheureusement peu 
vivaces et peu productives chez nous, car le vent dissémine au loin ses 
petites graines; malgré cela, je crois que nos jardiniers pourraient 
l'acclimater dans nos pays; le petit Linaria alpina (Gueule de lion des 
glaciers) a refusé d'ouvrir sa corolle bleue; est-ce que peut-être notre 
pays ne lui donne pas assez de lumière? l'élégant Astrantia minor, les 
Rhododendron fer rugineum et hirsutum (ou Rosage des Alpes) en pleine 
floraison, et bien d'autres encore ; et tout ce petit monde en pleine 
terre, en plein air, été comme hiver, et en plein soleil. « Y eût-il deux 
soleils au ciel, nos amis des grandes hauteurs ne s'en porteraient que 
mieux » nous dit notre guide, qui s'y connait. 



— 274 — 

UArboretum ou partie réservée aux arbres de grande venue est 
remarquable par la place dont dispose chaque sujet, qui peut ainsi se 
développer tout à Taise. Dès aujourd'hui, se souvenant de son Virgile, 
on pourrait se reposer sub tegmine /agi, mais il serait plus prudent de 
choisir un Chêne du Neuhof ou un Tilleul de la Robertsau. Mais nous 
n'y trouverions pas ces gracieux exemplaires de Bouleaux, surtout le 
laciniata, YAïlantus glandulosa ou Vernis du Japon, avec son feuillage 
rappelant la Glycine, et dont on fait d'importantes plantations dans nos 
promenades et aux abords de nos gares, les Sumacs avec les espèces 
utiles servant de colorant, les espèces vénéneuses, le Rhus Toxicoden- 
dron, V Acajou de la même famille ; le Ptelea Irifoliata, dont le prin- 
cipe amer a fait espérer un succédané du houblon, l'Orme de Samarie, 
le Hêtre pourpre, les Érables aux fruits bifurqués et aux feuilles 
découpées. Il y a là des sujets, vétérans de l'ancien jardin qui, malgré 
la transplantation, sont bien portants, et j'ai pu voir un Sorbier à 
gros tronc qui, après avoir boudé quelques années au nouveau régime, 
a pris son parti et a bravement poussé de beaux rameaux. On voit 
des choses curieuses dans un jardin botanique. 

Entre les Castanea, vulgo Châtaigniers et les Cerisiers s'étalent les 
Rosiflores avec les Roses, les Aubépines, les Eglantiers. Dans un bou- 
quet de feuilles vertes, rappelant celles de la Pomme de terre, s'épa- 
nouit une Rose de Chine à la tige velue; une autre, du Japon, promet 
une fleur inconnue, que l'on attend avec autant d'impatience, mais 
moins d'assurance, que nos voisins, les astronomes, n'attendaient Vénus 
à son passage. Là aussi, près du grand équatorial, est le tapis des Frai- 
siers, depuis la Fraise des bois jusqu'à celle à fleurs jaunes, à fruit 
rouge, mais sans aucune saveur. Puis le massif des Fougères mâles et 
des Fougères royales, sur lesquelles on étudie les monstruosités des 
feuilles déformées. Les Conifères avec un bel exemplaire de Séquoia 
giganlea qui, pour n'avoir que 3 mètres de haut, a passé sans encombre 
le rude hiver de 1880 et l'inondation de 1882. Nous ne serons sans 
doute jamais appelés à faire en sa faveur des comparaisons avec ses 
frères gigantesques de la vallée de Josemiti, en Californie, qui ont jus- 
qu'à 25 et 30 mètres de circonférence. Un de mes amis, qui les a vus, 
a malheureusement constaté que, malgré les soins que l'on prend à les 
conserver, plusieurs d'entre ces géants ont été abattus par l'âge et les 
vents qui soufflent avec violence dans cette sombre vallée d'Amérique. 



— 275 — 

Plus loin nous voyons un Abies ialsamea; peu de ces beaux Sapins 
ont résisté chez nous au rude hiver de 1880, et tel jardinier a vu 
mourir ainsi des exemplaires qui valaient plus de 1,000 francs. Les 
Cyprès , les Thuyas, un Taxodium distichum (Wassertanne), des 
Mélèzes, ces gracieux Pins d'Italie, le Pin maritime du midi de la 
France, le Pin de lord Weymouth, très répandu depuis quarante ans 
dans la vallée de Munster, le Cèdre de l'Himalaya et du Liban. Ce 
dernier n'a pas encore la prestance de celui que Bernard de Jussieu 
apporta de Palestine dans son chapeau, dit-on, en l'arrosant de sa 
maigre ration d'eau. Mais il y a près de deux cents ans de cela; aussi 
cet arbre est-il devenu un des plus beaux qui existent, et le Jardin des 
plantes de Paris en est justement fier. Nous n'oublions pas que nous 
sommes ici au milieu de plantations qui n'ont pas 5 ans. 

Chemin faisant, nous rencontrons une vieille connaissance, la cigogne 
de l'hôtel de France, qui se promène gravement au milieu des pelouses, 
cueillant de ci de là un ver, une grenouille ou une taupe ; aussi l'oiseau 
est-il apprécié comme un serviteur fort utile dans le monde savant de 
l'Université. 

La petite serre des Orchidées offre peu d'intérêt en ce moment, ces 
belles plantes ayant déjà défleuri, et nous le regrettons vivement. Celle 
des Fougères au contraire est dans toute sa verte parure avec ses Capil- 
laires aux feuilles finement dentelées sur leurs tiges grêles et d'un 
noir luisant, des bordures formées d'élégantes Sélaginelles d'un beau 
vert tendre, des Blechnum, des Polypodes ou Réglisse des bois, des 
Ophioglosses, des Scolopendres. 

Nous montons une pente douce semée d'innombrables variétés de 
Pétunias; les balustres du chemin sont enfouis dans le feuillage de 
Clématites aux fleurs variées de blanc, de rose et de bleu, et nous 
pénétrons dans la grande serre. La coupole, haute de 10 mètres, est 
flanquée de deux bâtiments latéraux. Largement ouverte vers le sud, 
elle est fermée vers le nord par de solides murailles en grès à boudins 
sans apprêts, ceci à l'intention des plantes grimpantes. Un système 
d'engrenages permet de relever toutes les claies vertes qui l'abritent 
contre les rayons directs. Le chauffage se fait au moyen d'une circu- 
lation d'eau chaude qui règne au-dessous des parties latérales; des 
vasques renfermant l'eau amenée par la distribution servent autant à 
l'arrosage qu'au maintien d'une température humide. 



— 276 — 

Un vieil ami tient ici la place d'honneur, un Palmier-éventail, le 
Chamœrops humilis de l'ancien Jardin botanique, qui est en fleurs et 
en fruit cette année; à ses côtés son fils et sa fille et trois rejetons de 
ces derniers sont de beaux sujets de 2 mètres de haut. Planté il y a 
cent cinquante ans, ce Palmier nous est arrivé des côtes méditerra- 
néennes, où il est à l'état rustique. Kirschleger et Fée en parlent 
déjà avec éloge (Bulletin du Congrès botanique, p. 550). 

Deux Agave avec une hampe fleurie de 2 mètres de haut, pré- 
sentent de gros bourgeons pleins d'espérance, qui « continueront 
les affaires », selon le mot pittoresque de notre guide; des Musa 
(Bananiers), âgés de 4 ans à peine, ont déjà poussé des feuilles de 
3 mètres de longueur; des Phœnix Dattier, des Cycas aux feuilles 
élégantes, un Pandanus furcatus des îles Aukland, des Strelitzia 
augusta aux fleurs rouges, rappelant les oiseaux des tropiques, un 
Eucalyptus Globulus âgé de 9 ans et haut de 6 mètres, dont les feuilles 
des jeunes rameaux sont ovoïdes, opposées, glauques et duveteuses, et 
celles des vieux rameaux, lancéolées, alternes et vert foncé; leur 
parfum, fortement camphré, doit sans doute être plus suave dans un 
endroit plus spacieux. 

Les Ficus elastica m'ont paru moins vigoureux que ceux de maint 
particulier. 

Sous la grande coupole se dresse un Palmier de 5 mètres ; élève 
muet de l'Université de Gœttingen, l'exiguité de la serre de cette ville 
en a exigé le transport à Strasbourg ; et ce n'était pas chose facile : 
enveloppé dans du coton, il a occupé un wagon à lui tout seul et nous 
est parvenu en parfait état, grâce aux soins de M. Griin, le vigilant 
jardinier en chef. Il en valait du reste la peine, car il a coûté, mis en 
place, environ 1000 marcs. Seuls dans nos pays, la terrasse de Nice et le 
Palmengarten de Francfort pourraient offrir des sujets aussi vigoureux 
que cet échantillon des tropiques. C'est un Palmier talipot, de Ceylan, 
dont Haeckel, dans son récent ouvrage Voyage au pays cingalais, donne 
une description enthousiaste (voir le Temps du 24 juillet 1883); cet 
arbre ne fleurit qu'une seule fois, entre la cinquantième et la quatre- 
vingtième année. Dès que le fruit est mûr, l'arbre meurt. Des Bambous, 
simples Graminées, hauts de 3 à 4 mètres, des Araucaria d'Australie, 
des Callistemon, des Caswarina aux feuilles filiformes, et tous ces 
arbres curieux de la Nouvelle-Hollande dont les feuilles, perpendicu- 



— 277 — 

laires à leur tige, ne présentent aux rayons intenses du soleil que la 
seule tranche de leur limbe. 

Dans la serre froide fleurissent des Mimosa à la corolle veloutée, 
jaune et noire; les Fuchsia coccinea du Mexique, le Camphrier, le 
Cannellier, le Caféier, le Poivrier, comme on les voit, mais plus 
robustes, à Isola sur le lac Majeur; les Cinchona succirubra et Caly- 
saya (Quinquina); ce dernier a porté des fleurs en 1882. Un pied de 
Vanille (Orchidée) s'enroule autour d'une fougère arborescente. 
Peut-être pourra-t-on obtenir des fleurs et des fruits, que l'on a pu 
voir, il y a quelques années, au Jardin botanique de Liège, dirigé par 
M. Morren. Le terreau des serres provient des environs de Neuwiller ; 
mélangé de charbon, il ne s'aigrit pas, c'est-à-dire que le charbon 
absorbe les gaz, surtout l'oxygène, qui excitent la végétation. 
Une table en fer sur roulettes et rails sert à l'apprêt et à l'empotage; 
par ce moyen les nouveaux pensionnaires sont doucement transférés 
dans leur internat. 

Une serre rotonde, véritable cloche gigantesque, sert à abriter les 
frileux, les malingres et ceux que la nostalgie semble atteindre : la 
température, inutile de le dire, y est fort élevée. 

On le voit, rien n'a été négligé pour assurer le succès des plantations, 
pour faciliter les études et même pour animer le goût du public pour 
la culture à domicile. « A du cœur qui aime les fleurs », dit-on; et 
certes elles sont nombreuses les satisfactions que l'on retire du 
commerce avec ces aimables habitants de nos balcons, fenêtres et 
terrasses. Je dois à une dame, grande amie des fleurs, la communica- 
tion d'un petit livre (La Blanchère, La Plante dans les appartements), 
que je recommande aux amateurs-gens du monde; il n'est pas savant, 
mais fourmille de bons conseils et de bonnes recettes pour la culture 
en jardinières, suspensions, corbeilles, petites serres etc. 

Il ne faudrait pas quitter le Jardin sans passer, puisque l'occasion 
s'en présente, par le grand bâtiment de V Institut botanique, construit 
en pierre blanche, percé de hautes fenêtres ; de larges escaliers, des 
couloirs aérés nous mènent dans \& Salle des cours, grand amphithéâtre 
avec mobilier en chêne, éclairée pour les leçons de nuit par des 
réflecteurs à gaz, chauffée à air chaud en hiver, claire et lumineuse, 
comme les leçons du savant modeste qui nous guide. Au premier 
étage, une grande salle, celle de Y Herbier, renferme des centaines de 



cartons avec des milliers de plantes; nous y voyons figurer avec plaisir 
la grande et belle collection Buchinger. 

Plus loin, les salles de travail, où chaque Assistant a sa place à une 
fenêtre avec table et instruments. 

Vingt microscopes Hartnack sont à la disposition des travailleurs ; 
des fours à bon tirage et à vitraux pour les incinérations, des réactifs 
bien contrôlés, un musée complet de sujets curieux, rares ou 
monstrueux, des coupes injectées, les unes sous verre, les autres dans 
de l'alcool. 

Voici un élève qui s'occupe des effets des Champignons sur les 
grenouilles, ces souffre-douleurs de la vivisection, mais qui semblent 
fort bien s'accomoder de ce régime azoté. Un autre fait des études sur 
l'absorption diurne et nocturne de l'eau par les plantes au moyen de 
balances de précision spéciales. 

Le directeur, dans une autre salle, a installé une conduite d'eau à 
jet lent et continu sur laquelle il fait une culture de lentilles d'er.u; 
les radicelles naissantes s'incurveront-elles dans le sens du courant 
on prendront-elles la verticale? C'est ce qu'il nous dira sous peu. Le 
même sujet a été traité par M. de Bary dans une intéressante confé- 
rence sur l'action de la lumière et du mouvement agissant sur les 
plantes. Il y a là de curieux phénomènes à élucider. 

Une chambre noire permet de diviser la lumière ou de la supprimer 
et d'étudier ses effets et ceux des diverses parties du spectre sur l'étiole- 
ment des plantes et leurs organes. 

Une petite coupole vitrée sert, au moyen de châssis roulants, à 
graduer la chaleur et la lumière à divers sujets en traitement. Là nous 
assistons au curieux phénomène que présentent les Plantes carnivores : 
un Drosera vorace, proche parent de la douce Violette, en train 
d'envelopper une mouche qu'il étreint d'abord avec sa feuille ciliée, 
qu'il englue ensuite et qu'il absorbe à la fin. 

Que dire du cabinet de travail du professeur de Bary donnant tout 
droit dans son logement? 

Riche et sévère, il possède tout ce que la science a trouvé de mieux 
et de confortable; tous les moyens de travail sont là, entourés de tous 
côtés par le jardin verdoyant. Qu'il doit faire bon y préparer un cours, 
écrire un livre utile ou méditer sur un des mille sujets que suggère 
l'étude attentive du règne végétal ! 



— 279 — 

L'œil du maître domine ainsi son domaine largement inondé de 
lumière, d'air et d'eau, ces trois éléments indispensables aux plantes. 

« Il était donc bien beau, disait ma petite fille, à laquelle je contais 
ma visite du dimanche matin, le jardin du ministre des /leurs! » 

Je dédie cette expression enfantine à notre aimable guide du Jardin 
botanique, en le remerciant pour ma part et au nom de mes collègues 
de son accueil cordial et des heures agréables qu'il nous a procurées. 

Bains de Châtenois, août 1883. Ch. Muller. 



L'ÉTABLISSEMENT DE M. SANDER, A SAINT-ALBANS 

d'après le Garden; traduction de YOrchidophile. 

On peut à bon droit s'étonner de l'immense progrès que l'impor- 
tation en gros des Orchidées a réalisé durant ces dernières années. 
Il n'y a pas longtemps encore qu'une vente d'un millier d'Orchidées 
en une seule vacation était un fait extrêmement rare, mainte- 
nant ces plantes sont importées par cargaisons complètes et des quan- 
tités fabuleuses sont vendues presque journellement à Londres. Au 
nombre de nos premiers importateurs d'Orchidées, on doit compter 
MM. Sander et C°, de Saint-Albans, qui, depuis une douzaine d'années 
ont importé des quantités sans pareilles de plantes. 

On peut dire que tous les pays ont été visités par leurs collecteurs; 
ils ont découvert et ont expédié en Angleterre de formidables collec- 
tions d'Orchidées, parmi lesquelles il s'est trouvé beaucoup de nouvelles 
et splendides espèces souvent ignorées des botanistes eux-mêmes. 

Le département des Orchidées importées dans cette maison a pris 
une telle extension dans ces dernières années, que l'ancien établisse- 
ment dans la ville est devenu beaucoup trop incommode et trop étroit : 
aussi MM. Sander ont-ils été obligés de fonder un nouvel établissement 
spécial pour la culture des Orchidées et, comme les serres ont été bâties 
d'après des plans soigneusement étudiés, leur description peut inté- 
resser les lecteurs. 

Cet établissement est situé à portée de fusil de la station du Midland 
Railway, à Saint-Albans ; le site est bien choisi, sec et élevé sur un 



— 280 — 

sol caillouteux. Exposées de tous côtés aux rayons du soleil, les serres 
ont, dans cette position, la plus grande quantité possible d'air et de 
lumière. Aucune crainte que les serres soient inondées l'hiver, quoique 
plusieurs d'entre elles soient considérablement enfoncées au-dessous 
du niveau général du sol. Les serres, aussi bien que les salles pour 
les rempotages et pour les bureaux, ont évidemment été construites 
d'après un plan étudié avec soin; chaque construction est en rapport 
avec l'usage particulier auquel elle est destinée. C'est pourquoi le plan 
des serres varie considérablement, suivant la nature des Orchidées 
qu'elle doit abriter. Par exemple, les serres construites exprès pour 
les Cattleyas sont entièrement différentes dans leurs détails de 
construction de celles consacrées aux Orchidées froides. 

Il y a toutefois un plan général pour l'entière série des serres qui 
sont au nombre d'une douzaine. 

Toutes sont à deux versants; placées parallèlement, elles s'étendent 
exactement du sud au nord. 

Les extrémités nord des serres sont placées sur la même ligne, elles 
ouvrent sur un long corridor communiquant avec les emballages et les 
rempotages ; c'est un excellent système qui permet de visiter tout 
l'établissement sans sortir et permet d'éviter ainsi les mauvais effets 
des courants d'air résultant de l'ouverture et de la fermeture des 
portes en communication directe avec l'extérieur. 

Chaque serre est établie avec une pente de plusieurs pieds allant 
directement du nord au sud, et comme les chaudières sont placées 
à l'extrémité sud, l'extrémité opposée qui est la plus rapprochée des 
rempotages et emballages, quoique plus éloignée des appareils, est la 
plus chaude. 

C'est pourquoi les Orchidées importées sont placées d'abord à la 
partie nord, c'est-à-dire à l'extrémité la plus chaude et au fur à 
mesure que leur état s'améliore, sont repoussées vers la partie la plus 
froide, c'est-à-dire vers l'extrémité sud. 

Il est curieux de remarquer combien ce système de pente produit 
une différence énorme de température entre les extrémités de la serre, 
quoiqu'il n'y ait aucune division sur une longueur de deux à trois 
cents pieds. 

On pourrait, à la rigueur, cultiver les Orchidées des Indes orien- 
tales d'un coté et les Orchidées froides de l'autre. Evidemment la 



— 281 — 

différence ne serait pas si perceptible dans une petite serre, mais il 
doit y avoir une certaine différence et il faut tenir compte de cette 
remarque dans la construction des serres à Orchidéesou autres plantes. 

L'importance d'avoir toujours une énorme quantité d'eau de pluie 
pour l'arrosage n'a pas échappé à M. Sander, et sa provision est 
suffisante pour les arrosages pendant une année entière; chaque goutte 
d'eau qui tombe sur les vitres des serres et sur les toits est emmaga- 
sinée dans d'énormes bassins construits dans les serres. Toutefois il 
y a absence complète de bassins à ciel ouvert, comme on en remarque 
généralement en dessous des bâches des serres à Orchidées, dans le 
but de donner de l'évaporation ; cette méthode est combattue par 
M. Sander et apparemment avec raison; son argument est celui-ci : 
l'eau s'évapore très lentement, à moins que la température soit très 
élevée; alors cette évaporation prend la forme de vapeur qui fait plus 
de mal que de bien dans les serres à Orchidées ; car, étant à une tempé- 
rature plus élevée que les plantes et les matériaux, elle se condense 
et conséquemment cause des accidents. Le système de M. Sander 
consiste à n'avoir rien autre au dessous des tablettes que le sol 
naturel s'il est bien drainé. Dans ces conditions, l'eau s'évapore rapi- 
dement et constitue ainsi une atmosphère favorable à la végétation. 
Pendant les heures les plus chaudes de la journée, l'évaporation 
s'accroît, au moment précisément où les plantes en ont le plus 
besoin. Quand les bassins sont chauffés par des tuyaux, comme c'est 
généralement le cas, l'évaporation lente et continue constitue une 
atmosphère constamment saturée d'humidité. Du reste, dans cet 
établissement, le principe des surfaces nécessaires à l'évaporation a 
été l'objet d'une attention particulière. Ainsi les murs intérieurs des 
serres sont construits en agglomérés à la place des briques, les 
agglomérés grossiers étant plus aptes à absorber l'humidité que les 
briques. 

Les chemins sont pavés en dalles sillonnées de telle sorte que Peau, 
tout en restant dans les parties creuses, ne gène nullement le visiteur 
dont les pieds reposent sur les parties sèches. 

La serre aux Cattleyas est une construction énorme, spécialement 
établie pour ce genre de plantes. Dépassant 230 pieds de long, la 
largeur atteint 30 pieds. Cette serre peut contenir à l'aise plusieurs 
milliers de plantes; il n'y a pas la moindre place perdue. 

20 



— 282 — 

La hauteur du toit est peu élevée et présente un angle de 35 degrés, 
inclinaison que M. Sander estime être favorable pour les Cattleyas. 
La construction est en bois de Pitch-Pin, essence la plus durable pour 
los serres à Orchidées. 

Les pièces de charpentes sont plus solides que d'habitude, mais comme 
elles sont distantes l'une de l'autre, la lumière ne se trouve nullement 
interceptée. Le toit est supporté par quatre rangs de colonnes en tubes 
de fer de deux centimètres de diamètre, de façon à bien réunir toute 
la construction, tout en laissant à l'intérieur l'apparence de la légèreté. 
Un chemin de trois pieds fait le tour du gradin central installé de 
façon à maintenir les plantes le plus près possible de la lumière. Au 
milieu du gradin central est un chemin de trois pieds qui le divise en 
deux parties et un espace de 6 pieds est ménagé entre le sol et le 
sommet du toit, de telle sorte que des deux côtés les plantes peuvent 
être aisément arrosées et inspectées. Cet agencement devrait être 
employé dans toutes les serres à deux versants dans lesquelles il existe 
une large bâche centrale. La ventilation du sommet de la serre 
s'effectue par un rang d'ouvertures ayant 4 pieds de long sur 3 de 
large, placées au nord de la serre. En plaçant les ouvertures au nord, 
on a évité d'être géné pour l'ombrage. 

La ventilation de la partie inférieure de la serre s'effectue par de 
petites fenêtres à charnières placées à la base des murs de côté. Ces 
fenêtres s'ouvrent directement sur les tuyaux de façon à chauffer l'air 
avant qu'il ne pénètre dans l'intérieur de la serre. 

Le chauffage de cette construction est effectué par 4 rangs de tuyaux 
de 4 pouces, placés au dessous des bâches de côté. Ces tuyaux passent 
également sous chaque côté de la bâche du milieu. On a de plus 
installé un tuyau de deux pouces qui passe juste au dessous des extré- 
mités inférieures du toit et au dessus des bâches de côté, de façon à 
envoyer un volume d'air chaud le long du toit, dissipant ainsi une 
grande quantité de l'humidité en excès, humidité si préjudiciable 
aux plantes. 

Une grande masse d'eau de pluie est emmagasinée dans des bassins 
placés sous les bâches de côté. Cette eau est chauffée par des tuyaux 
qui la traversent. Les autres serres à Cattleyas sont construites d'après 
les mêmes principes, de même que celles affectées aux Dendrobium 
et quelques autres genres. 



— 283 — 

En dessous des gradins, au milieu de cette serre, se trouve un tuyau 
à gaz d'un pouce de diamètre dans lequel sont percés, de pied en pied, 
de petits trous. 

En ouvrant un robinet placé à l'extrémité de ce tuyau, l'eau se 
trouve projetée par ces petits trous sur toute la surface de la serre, 
suivant le besoin. 

Le plus grand nombre des serres est consacré aux plantes froides, 
car ces plantes sont cultivées en immense quantité dans cette maison. 
Ces serres diffèrent essentiellement des précédentes et tout a été 
évidemment combiné pour obtenir une atmosphère froide, humide et 
bien ventilée : conditions indispensables pour la bonne culture de ces 
plantes. Les passages de la plupart des serres sont enterrés de façon 
que les gradins qui supportent les plantes sont presque au niveau du 
sol : l'intérieur des murs est en agglomérés grossiers afin de 
conserver l'humidité. Les serres, pendant un jour de juillet très 
chaud, étaient délicieusement humides et fraîches, j uste la température 
que réclament les Masdevallia, Odontoglossum, etc. 

On attache une grande importance à la ventilation de ces serres et 
M. Sander est si convaincu de l'utilité d'une ventilation copieuse qu'il 
laisse constamment ouverts les ventilateurs agencés dans les murs de 
côté. 

Ce système de ventilation permanente est installé comme il suit : 
un tuyau d'eau chaude court le long du sommet des murs de côté 
en briques, au même niveau que le tuyau, entre chaque longueur 
de brique, on a ménagé une ouverture ayant une demi-brique de 
longueur de telle sorte que l'air, pénétrant dans la serre par ces ouver- 
tures, doit passer dessus et autour du tuyau et s'échauffer avant d'être 
admis dans la serre. 

Bien entendu, les ventilateurs habituels existent également. 

L'ombrage des serres s'effectue avec ce que l'on appelle l'ombrage 
français que l'on considère comme le meilleur, surtout pour les 
serres à Orchidées froides, dont le succès dans la culture dépend de 
la qualité du système d'ombrage. Cet ombrage consiste en légères 
lattes, étroites, ayant 4 ou 5 pieds de longueur, réunies ensemble par 
des fils de fer, de façon que la claie qui recouvre la surface entière du 
toit puisse être roulée sur le sommet. C'est un excellent mode d'om- 
brage, très durable, pouvant résister plusieurs années, mais qui 



— 284 — 

nécessite une première mise de fonds assez importante. Pendant les 
journées les plus chaudes, grâce à cet ombrage, les serres sont con- 
servées délicieusement fraîches, quoique la lumière soit à peine 
diminuée. 

La plupart de ces serres sont déjà pleines, à en déborder, d'Orchi- 
dées importées, qui sont envoyées presque journellement par les 
nombreux collecteurs, distribués dans les différentes parties des 
tropiques. Le jour de notre visite, plusieurs douzaines de caisses arri- 
vaient contenant une seule espèce de Cattleya en excellent état. 

Les bulbes des plantes étaient fermes et le feuillage vert; on avait 
de la peine à croire que les plantes eussent subi le dur traitement d'un 
long voyage. 

Une des touffes de cette importation qui, croyons nous, se compose 
entièrement du nouveau et magnifique Cattleya Gaskelliana, mesurait 
quatre pieds sur trois de haut ; cette plante énorme est une des plus 
fortes qui aient été introduites vivantes. 

Si on juge d'après cet envoi particulier, on serait tenté de croire 
que l'importation des Orchidées est chose facile, mais le nombre 
prodigieux de plantes mortes et pourries, entassées non loin de là, 
démontrait que cette affaire a aussi son mauvais côté. 

M. Sander nous disait que fréquemment des vingtaines de caisses 
expédiées de l'Amérique du Sud ou de l'Archipel Indien arrivent 
sans le vestige d'une seule plante vivante; mais le contenu des serres 
est suffisant pour montrer l'importance énorme de l'importation des 
Orchidées pratiquée par cette maison. 

Nous n'avions encore jamais vu un pareil assemblage d'Orchidées 
importées, principalement d 1 ' Odontoglossum crispum (Alexandrae); 
sans aucun doute, cette orchidée est de nos jours la plus populaire, et 
la grande spécialité ici, car nous traversons des serres pleines de 
crispum, le tout formant un total de plus de 100,000 plantes. Dans 
quelques unes des serres, les plantes importées étaient enjaugées dans 
le compost placé sur des tablettes plates et larges de chaque côté du 
sentier, un très bon système pour économiser l'espace. Quand les 
plantes sont bien enracinées, on les enlève et les empote pour faire 
place à d'autres introductions. Dans toutes les serres d'O. crispum, 
le feuillage sain et vert et les bulbes fermes suffisent pour indiquer 
combien leur culture est comprise à fond; les premiers principes 



— 285 — 

sont : abondance de ventilation, et atmosphère fraîche et humide 
pendant la période de végétation. Pour obtenir beaucoup d'humidité et 
pour favoriser une végétation vigoureuse, les plantes sont bassinées. 
Cette pratique a été considérée comme nuisible par quelques cultiva- 
teurs, mais ici, la parfaite santé des plantes, sous tous les rapports, 
fait voir le bénéfice qu'elles en tirent. 

Les autres espèces d'Odontoglossum, dont les importations sont 
considérables, sont : 0. Pescatorei, cirrhosum, Rossi majus et citros- 
mum, ce dernier étant particulièrement à remarquer, car il y en a eu 
très peu d'introduits ces dernières annnées. 0. Roezli, Phalœnopsis 
et le royal Vexillarium, sont constamment importés en grandes 
quantités; dans ce dernier, un bon nombre de la variété Klabochianum 
à floraison tardive, remarquable pour la couleur très-foncée de ses 
petites fleurs. Durant le printemps, ces serres à Odontoglossum 
doivent présenter un aspect magnifique avec les forêts de tiges à 
fleurs qui y sont produites. 

A la date de notre visite, la saison florale était presque passée; 
mais il y avait assez de fleurs pour démontrer que les collecteurs de 
M. Sander ont connaissance des bonnes localités pour les meilleurs 
types de Crispum caractérisés par les pétales qui sont assez larges 
pour former une fleur symétrique, juste à l'encontre des fleurs étoilées 
comme elles le sont dans les types inférieurs. Quelques-unes des fleurs 
épanouies mesuraient de trois à quatre pouces de diamètre, quoiqu'elles 
fussent produites sur de très petites bulbes. Ces belles formes sont 
seules appréciées maintenant. 

Les Cattleya, comme les Odontoglossum, sont représentés par des 
quantités énormes, et plus particulièrement les variétés nouvelles que 
M. Sander a introduites ces dernières années, par ex. le C. Perciva- 
liana qui a été beaucoup critiqué; de cette variété, il se trouve un grand 
stock, et surtout des touffes choisies qui, nous assure-t-on, donneront 
quelques variétés hors ligne qui éclipseront toutes celles qui ont fleuri 
jusqu'à présent dans cette contrée, entre autres le C. Sanderiana, la 
nouvelle variété de la race Qigas: Gaskelliana, encore une nouveauté, 
tandis que des espèces connues, telles que : Trianœi, Mendelli, Giças, 
Mossiae, se comptent par serres entières. Nous avons remarqué que, 
dans le compost des Cattleya* les morceaux de briques entrent pour 
une grande partie; évidemment c'est excellent pour tenir la terre 
ouverte et les racines semblent en profiter. 



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L'ancien établissement de la ville est maintenant occupé par la 
collection générale des Orchidées, collection très complète, car à côté 
des variétés ordinaires, il y a abondance d'espèces rares ou nouvelles. 
En passant dans la série des serres — qui sont, quant à la construction, 
établies à l'ancienne mode, surtout si on les compare à celles du nouvel 
établissement, — nous avons pris note des bonnes plantes suivantes : 
parmi les plantes des Indes orientales se trouvait le nouveau Vanda 
Sanderiana, dont les fleurs surpassent en beauté et grandeur celles de 
toutes les espèces connues. Les quelques belles plantes de ce genre ont 
l'apparence d'être bien établies et font de belles et bonnes pousses. 
Une plante de la belle variété planilabris du V. tncolor est magnifique 
et entre autres Vanda, une importation récente du V- cœrulea qui 
produit une quantité de bonnes racines, dans un compartiment chaud 
et humide. Deux nouveaux JErides, A. Leoniœ et Emerici, tous deux 
de bonnes plantes. Parmi les Gypripèdes de choix, on remarquait le 
nouveau C. ciliolare, belle espèce voisine du C. Argus et le très rare et 
superbe C. villosum aureum, variété à fleurs jaune d'or et doubles de la 
grandeur ordinaire. 

On nous fit voir Bpidendrum Endresi, comme étant une plante 
extra, ainsi qu'une variété du Cattleya guttata nommée phœnicoptera, 
qui est vraiment superbe. Puis quelques Phalœnopst's de choix en 
fleurs, particulièrement P. violacea, espèce magnifique et P. Reichen- 
bachi qui n'est pas d'une grande beauté. Dendrobium Draconis, espèce 
nouvelle, voisine du D. eburneum, se fait remarquer dans les nom- 
breuses collections de Dendrobium. 

Dans la serre aux Masdevallia contenant, outre les espèces écla- 
tantes telles que les M. ffarryana, Veitchi, Lindeni et autres, un 
grand nombre de variétés moins attrayantes, entre autres, le nouveau 
M. marginella que l'on peut décrire comme un M. Reichenbachiana, 
à fleurs blanches ; M. maculata lutea, distingué mais peu brillant, 
Veitchi grandijlora, variété superbe, la plus belle que nous ayons 
vue; une quantité du joli M. Schutlleworthi, et du charmant petit 
Armini, et enfin une variété remarquable de M. Harryana, nommé 
lutea, dont les fleurs sont d'un jaune éclatant. Dans la culture des 
Masdevallia et autres petites Orchidées, on se sert de terrinnes sus- 
pendues, car on trouve qu'elles se prêtent mieux qu'autre chose aux 
besoins des plantes. Ces terrines varient de deux à six et huit pouces 



— 287 — 

de diamètre, mais toutes sont comparativement peu profondes, pour 
permettre aux racines de s'aérer le plus possible. Toutes les terrines 
sont munies de suspensions d'un nouveau modèle inventé par 
M. Sander; ce système est excellent pour les plantes et épargne la 
main d'oeuvre. 



LISTE DES MEILLEURES VARIETES DE FRUIT 

ADOPTÉE PAR LE CONGRES DE POMOLOGIE ET D'ARBORICULTURE 
RÉUNI A BRUXELLES EN 1880. 

I. — Les meilleures variétés pour la culture en jardin. 



Poires. 



Bergamotte Esperen. 

— Fortunée. 

— Hertrich. 
Beurré Bachelier. 

— d'Hardenpont. 

— Du m ont. 

— Giffard. 

— Hardy. 

— perpétuel. 

— superflu. 

— Sterckmans. 
Bon Chrétien William. 
Clapp's favorite. 



Borawinskji. 
Calville St Sauveur 
Cellini 

Cox'pomona. 
Comte Orloff. 
Empereur Alexandre. 
Lady Suffîeld. 



Belle Beauce. 

n impériale. 

n de Vitry. 
Brugnon de Féligny. 
» Galopin. 



hâtif de Zeelhem. 



Doyenné d'hiver. 
Délices Cuvelier. 
Durondeau. 
Fondante du Panisel. 
Joséphine de Malines. 
Jules d'Airoles (Léon Leclerc) 
Louise Bonne-d'Avranches. 
Passe Crassane. 

— Colmar. 
Président Drouard. 
Soldat Laboureur. 
Zéphirin Grégoire. 

Pommes. 

Linneous pippin. 
Reine des Reinettes. 
Reinette grise. 

» Ananas. 

» Descaidre. 

» du Canada 

» Burchardt. 

Pêches et Brugnons. 

Early Béatrice. 

» Hale's 
Galande 

Grosse mignonne. 
Madeleine rouge. 



Abricots. 



Abricot précoce d'Oullins. 
Abricot-pêche. 



Abricot royal. 



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Belle de Louvain 
Coë's golden drop. 
Kirke's plura. 
Monsieur hâtif. 

Bigarreau Elton. 
Courte queue de Bruges. 
Griotte du Nord. 



Prunes. 

Reine Claude dorée. 
Reine Claude d'Altan. 
Washington. 

Cerises. 

Griotte de Portugal. 
Royale hâtive. 



Raisins de plein air. 



Bruxelloise. 

Chasselas de Fontainebleau. 
— Vibert. 



Madeleine royale. 
Muscat de Saumur. 
Tokay des jardins. 



Frankenthaler. 
Foster's white seedling. 



Black Alicante. 
Duchess of Buccleugh. 



Blanche des 4 saisons. 



Blanche de Hollande. 
Cassis royal de Naples. 
Fertile de Palluau. 



Raisins de serre. 
Serre tempérée. 

Lady Downe's seedling. 
Muscat d'Alexandrie. 

Serre chaude. 

Golden queen. 

Framboises. 

Surpasse Falstaff. 
Gt oseilles. 



Grosse de Hollande. 

Macrocarpa. 

Versaillaise. 



II. — Fruits de commerce et de grande consommation. 
Poires. 



Beurré d'Amanlis. 
Calebasse Bosc. 
Double Philippe. 



Belle fleur de Brabant. 

» » de France. 
Court-pendu. 



Bleue de Belgique. 
Monsieur (jaune). 



Anglaise hâtive. 
Bigarreau Esperen. 



Durondeau. 
Fondante des Bois. 
Marie Louise. 

Pommes. 

Gravensteiner. 
Rambour Papeleu. 
Reinette grise de Versailles. 

Prunes. 

Reine Claude verte. 
Victoria. 



Cerises. 



Lemercier. 

Montmorency à courte queue. 



- 289 — 



NOTK SUR LK CYPRIPEDIUM SPICERIANUM, Rchb. et Hooker. 
ÇYPRIPÈDE DE M. SP1CER. 
par M. Edouard Morren. 

Planche XVIII. 

Cypripedium Spicerianum : Rchb. in Gard. Chron., 1880, p. 40, flg. 7 et 
p. 74. — J. D. Hooker, in Bot. Mag., 1880, t. 6490. — Rchb., Gard. Chron., 
1880, I, 363. — F. W. Burbidge, The Garden, 1S80, I, 169, c. ic. x. — Journ. of 
Hort., 1881, II, p. 499, fig. 80.— Gard. Chron., 25 fév. 18S2, p. 2 j2 — Godefroid- 
Lebeuf, Joum. de la Soc. nat. d'hort. de France, oct. 1882, p. 635.— F. W. Bur- 
bidge, The Florist and Pomologist, dec. 1882, p 179 c. ic. — F. W. Burbidgk, 
The Garden, 3 mars I8S3, p. 202, ic. col. n° 378. — Rchb., lenia Orchid., III, 
1882, p. 231. — Rchb., Illustr. hort. janv. 1883, p. 9, ic. 473. 

Le Cypripedium Spicerianum a été découvert en 1878 seulement 
dans l'île de Bornéo. Il s'est trouvé dans un lot d'Orchidées indiennes 
envoyé à un amateur anglais, M. Spicer, chez qui il a fleuri pour la 
première fois en 1879 et auquel il a été dédié. 

La première description a été publiée en 1880 par sir J. D. Hooker, 
qui a reconnu dans ce Cypriprède un type nouveau et très distinct, 
du même groupe que le C. insigne. Il a les feuilles vertes un peu 
tachetées de brun à la base : la fleur est remarquable par la belle 
nuance verte des pétales et surtout par le grand sépale dressé comme 
une voile blanche et traversé de haut en bas par une mince bande 
blanche. La forme la plus voisine est le C. Fairieanum. 

La fleur est, sans doute, fort jolie et d'un type original, mais ces 
qualités esthétiques ne justifient pas l'engouement qu'elles ont 
provoqué dans le inonde des orchidophiles.au moins en Angleterre, où 
le goût des fleurs a suscité une nouvelle excentricité, l'Orchidoma- 
nie. En effet, les premières importations du Cypripedium Spicerianum 
qui ont été offertes en hausse publique, en 1881, dans les salles de vente 
de M. Stevens à Londres (Covent Garden), ont atteint des prix réelle- 
ment insensés : on cite une plante pourvue d'un seul rejeton et adjugée 
à 1500 francs: d'autres à 2000 francs et même 2500 francs, c'est-à-dire 
cent livres sterling. Une seule vente a produit 35000 francs. Cette 
valeur, toute de convention et même d affolement, n'a pas été de longue 
durée. 

21 



- 290 — 

L'appât du gain a tenté les commerçants, qui ont dépêché des commis- 
voyageurs jusqu'aux Indes orientales à la chasse des Cgpripedium 
Spicerianum, si bien que le marché de Londres a été bientôt envahi et 
encombré et que les prix sont tombés au niveau de quelques francs. La 
plante est maintenant répandue dans tous les grands établissements 
horticoles du continent. 

On dit qu'on la trouve dans les marais, mais il est plus probable 
qu'elle croît sur des rochers escarpés, presque verticaux, dans des 
stations fort humides : elle se plaît dans un sol argileux. 

On la cultive dans un mélange d'argile sableuse, de sphaigne et de 
racines fibreuses, sur un bon drainage. Elle réclame la serre chaude. 

La planche que nous publions ici a été peinte en octobre 1882, 
d'après un spécimen cultivé chez MM. Jacob Makoy, à Liège. 

Une variété à sépale blanc poudré de rose, a été figurée dans le 
Garden et décrite par M. Burbidge. 



Bulletin des nouvelles et de la Bibliographie. 

L'Académie des sciences de Belgique a mis au concours pour 1885 
la question suivante, qui intéresse la physiologie végétale : 

« On demande de nouvelles recherches sur les dépôts nutritifs dans 
les graines et spécialement sur les transformations qu'ils éprouvent 
pendant la germination. » 

La valeur de la médaille décernée comme prix sera de six cents 
francs. 

Les mémoires devront être écrits lisiblement et pourront être 
rédigés en français, en flamand ou en latin. Ils devront être adressés, 
francs de port, à M. Liagre, secrétaire perpétuel, au palais des 
Académies, avant le 1 er août 1885. 

L'Académie exige la plus grande exactitude dans les citations; les 
auteurs auront soin, par conséquent, d'indiquer les éditions et les 
pages des ouvrages cités. On n'admettra que des planches manuscrites. 

Les auteurs ne mettront point leur nom à leur ouvrage; ils y 
inscriront seulement une devise, qu'ils reproduiront dans un billet 
cacheté renfermant leur nom et leur adresse. Faute par eux de satis- 
faire à cette formalité, le prix ne pourra leur être accordé. 



— 291 — 

Les mémoires rerais après le terme prescrit, ou ceux dont les auteurs 
se feront connaître de quelque manière que ce soit, seront exclus du 
concours. 

La question suivante se trouvait déjà au programme des concours 
pour 1884. 

Troisième question. — « On demande de nouvelles observations sur 
les rapports du tube pollinique avec l'œuf, chez un ou quelques phanéro- 
games. » 

Prix fondé par Augustin-Pyramus de Candolle pour la meilleure 
monographie d'un genre ou d'une famille de plantes. — Un concours 
est ouvert par la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève 
pour la meilleure monographie inédite d'un genre ou d'une famille de 
plantes. 

Les manuscrits peuvent être rédigés en latin, français, allemand 
(écrit en lettres latines), anglais ou italien. Ils doivent être adressés, 
franco, avant le 1 er octobre 1884, à M. le professeur Alph. de Candolle, 
cour Saint-Pierre, 3, à G-enève, 

Le prix est de 500 francs. Il peut être réduit ou n'être pas adjugé 
dans le cas de travaux insuffisants ou qui ne répondraient pas aux con- 
ditions du présent avis. 

La Société espère pouvoir accorder une place au travail couronné, 
dans la collection de ses Mémoires in-4°, si ce mode de publication est 
agréable à l'auteur. 

Société Brotérienne. — Une Société de botanique s'est constituée, 
en Portugal, sous l'égide du nom de Brotero. Elle a surtout pour but 
de favoriser l'étude de la flore du Portugal et de ses colonies. Son siège 
est à Coïmbra, au Jardin botanique dont M. le D r J. A. Henriques est 
le savant et zélé directeur. 

Tillandsia Benthamiana. — M. L. Kienast-Zolly, à Zurich, vient 
d'introduire en Europe, parmi d'autres Broméliacées du Mexique, le 
Tillandsia Benthamiana qui n'était pas encore connu en horticulture. 
C'est une petite espèce à feuilles grises, donnant un épi de forme 
elliptique à grandes bractées roses et à fleurs blanches. 

Culture des Broméliacées. — M. L. Kienast-Zolly recommande 
un traitement spécial pour l'établissement des Broméliacées délicates, 



— 292 - 

spécialement les Tillandsia du Mexique au moment de leur introduction 
en Europe. Suspendez les plantes dans une serre très aérée, à sec et 
sans les arroser, jusqu'à ce que la base de la tige soit complètement 
durcie; cela fait, empotez-les dans le mélange suivant : un tiers terre 
de bruyère fibreuse, un tiers charbon de bois en petits morceaux, un 
tiers sphagnum haché et le tout additionné d'un peu de sable blanc. 

Ce procédé assure la reprise des plantes. Les Tillandsia du Mexique 
ainsi traités peuvent souvent tarder longtemps de donner des racines : 
ils poussent et peuvent même fleurir avant de s enraciner, comme il 
arrive pour le T. tectorum (T. argentea HortuL). 

Quant aux Broméliacées à feuilles herbacées, elles réclament un 
traitement tout différent. Celles-ci veulent être empotées tout de suite 
et tenues toujours humides, le cœur plein d'eau : elles ne tardent pas à 
s'enraciner. Ce procédé a particulièrement réussi avec le Catopsis pani- 
culata que M. Kienast a découvert au Mexique et introduit en Europe. 

Règle générale, dit en terminant notre honorable correspondant : 
toujours des pots aussi petits que possible et un bon drainage. 

Le Restrepia Falkenbergi a fleuri dans le courant du mois de 
septembre chez M. Dieudonné Massange, au château de Baillonville. 
La plante est nouvelle et fort intéressante. 

Le Masdevallia Chimaera vera a fleuri chez M. Oscar Lamarche : 
les pédoncules sont érigés; les sépales atteignent chacun au moins 
quinze centimètres de long. 

L'horticulture au Venezuela. — On lit dans le Journal de Gand, 
à propos d'une exposition horticole qui a été ouverte à Caracas, en 1883. 

L'exposition de Caracas n'est pas riche en plantes ornementales. 
Les plantes exhibées, peu nombreuses, se trouvent reléguées dans 
une salle basse, mal éclairée, mal aérée, et cette circonstance a peut- 
être décidé plusieurs exposants à l'abstention. Les espèces étrangères 
y dominent, et nous n'y découvrons que peu de végétaux appartenant 
à la flore tropicale américaine. Citons, parmi ceux-ci, un groupe de 
Caladium, exposés par M. Carlos Casanova, de Caracas, et compre- 
nant 61 variétés; quelques Achimenes, en pleine floraison; un Maranta 
vittata, aux feuilles marquées de blanc, appartenant à une famille très 
répandue, comprenant 7 genres et 160 espèces; divers Bégonia, parmi 



— 293 — 

lesquels le B. reœ, le B. maculata, le B. hydrocotilifolia, le B. micro- 
phylla, le B, Ottonis. 

Plus loin, nous observons deux plantes essentiellement caraque- 
naises, le Philodendron pinnatifidum et VAnthurium crassinervium. 
Ailleurs se trouvent quelques Agaves ; des Cypéracées; VUpa ou Jaca- 
randa JilicifoUa, appartenant aux Bignoniacées; un Croton recurvatum; 
le Selaginella patula, jolie plante, ressemblant aux Fougères; le 
Diefenbachia Seguine> dont les propriétés sont éminemment causti- 
ques; YEucharis arnazonica, le Caryota urens. Une seule Orchidée 
de quelque valeur figure dans la collection : un Odontoglossum, décou- 
vert par le docteur Ernst dans la vallée de Caracas. 

Les progrès de l'horticulture, au Venezuela, relativement récents, 
sont dus en grande partie au général Guzman Blanco, qui leur a donné 
l'impulsion par la création de squares dans les principaux quartiers 
de la capitale, et d'un parc magnifique qui couvre de ses ombrages une 
montagne, jadis aride et déserte, dominant toute la ville. C'est là, 
plutôt qu'à l'exposition même, qu'on observe la végétation locale dans 
toute sa beauté. Les établissements d'horticulture proprement dits 
font encore défaut dans le pays. Les firmes belges qui désireraient, 
à l'exemple des maisons anglaises, exploiter les richesses botaniques 
du Venezuela et de la Colombie, doivent se décider à envoyer par-delà 
les mers des jeunes gens, déjà expérimentés, sortant de nos écoles 
spéciales. Ceux-ci trouveraient à s'établir très avantageusement au 
Venezuela, et pourraient y devenir leurs correspondants. Il n'y a pas 
d'autre voie à suivre, si l'on veut fonder des relations permanentes et 
durables. 

L'exposition d'Ostende, ouverte du 12 au 16 août et organisée 
sous le patronage de la Société royale de Flore de Bruxelles, a parfai- 
tement réussi : les contingents étaient nombreux, variés et intéres- 
sants, la mise en scène, ravissante. L'installation, très laborieuse, a été 
dirigée par MM. Lubbers, Jules Morren et Fuchs. 

Parmi les plantes les plus remarquées, on peut citer un Bégonia 
nouveau, à feuilles palmatiséquées, vert noir et comme incrustées de 
perles, originaire du Brésil et présenté par M. Pynaert; un Bégonia 
tubéreux, obtenu de semis par MM. Blanckaert et Vermeire, horticul- 
teurs à Gand, nommé M me Jules Linden et qui par les dimensions, la 



— 294 — 

tenue et le coloris foncé de ses fleurs surpasse tout ce qu'on connaissait. 
Il y avait encore beaucoup de plantes nouvelles et rares, des collections 
considérables envoyées par presque tous les horticulteurs de Gand et 
de Bruxelles. Mais nous ne pouvons nous laisser aller à un 
compte-rendu détaillé. 

L'Orchidomanie sévit de plus belle dans le High-life de la botanique 
exotique. Les grands établissements anglais sont bondés d'Orchidées 
fraichement importées. On construit pour elles des serres longues de 
3 à 400 pieds. Les Cattleya et les Odontoglossum sont toujours les plus 
recherchés et par- dessus tous les autres Y Odontoglossum crispum, que 
Ton connaît aussi sous le nom $ Alexandrae . 

On a vendu aux enchères, chez M. Stevens à Londres, à la fin du 
mois de mai de cette année, une collection importante qui avait été 
formée par M. Smith. 

Un de nos amis, M. D. Massange, qui assistait à la vente a noté les 
prix suivants : 

Cattleya labiata (vrai), 12 bulbes : 30 guinées. — 8 bulbes : 16 
guinées. — 6 bulbes : 15 guinées. 
C. Skinneri, 36 bulbes : 13 guinées. 
C. Skinneri alba } 8 bulbes : 38 guinées. 
C. Exoniensis, 15 bulbes, superbes : 110 guinées. 
C, labiata Warneri, 2 tiges fleuries : 18 guinées. 
C. Trianae alba } 33 bulbes : 20 guinées. 

Zœlia Wolstenholmice, 8 bulbes : 12 livres; un autre : 14 guinées. 
L. grandis, 18 bulbes : 32 guinées. 
L. anceps Damsoni, 10 bulbes : 45 guinées. 
L. anceps alla, 24 bulbes : 41 guinées. 
L, elegans alla, 9 bulbes : 24 guinées, 
Odontoglossum blandum : 20 guinées. 
Od. coronarium, 13 bulbes : 14 guinées. 
Dendrobium Ainsworthi roseum, 8 bulbes : 16 guinées. 
Oncidium ornithorhynchum album, 13 bulbes : 28 guinées. 
Coelogyne cristata var. Lemoiniana : 13 guinées. 
Coelogyne Massangeana, 16 bulbes : 40 guinées. 
Aerides Schroederi, 23 feuilles : 21 guinées. 
Vanda tricolor var. Patersoni, 24 feuilles : 15 guinées et demie. 



— 295 — 



Em. Rodigas, etc. Excursion horticole en Angleterre, Gand, 1883, 
broch. in-8°. — Cette jolie brochure, d'une centaine de pages avec 
beaucoup de gravures, relate les souvenirs et les impressions d'un 
groupe d'horticulteurs et d'amateurs belges qui se sont rendus à Lon- 
dres pour en visiter les principaux établissements de culture. Elle 
reflète les sentiments de cordialité de nos confrères anglais et leur 
délicate hospitalité. Nous ne connaissons pas de meilleur guide à 
Londres pour celui qui désire se mettre au courant de l'horticulture 
dans la grande cité. 

Les Broméliacées chez elles. — M. Glaziou, directeur du Parc 
public de Rio de Janeiro, nous fait part d'utiles et intéressantes obser- 
vations sur la végétation naturelle des Broméliacées : 

« La plupart de ces végétaux vivent sur les arbres ou sur les rochers, 
se servant de leurs racines plutôt comme organes de fixation que 
comme organes de nutrition. L'eau que ces plantes conservent dans les 
aisselles des feuilles, ce que ne font pas les espèces terrestres, et les 
éléments qu'elles puisent dans l'air qui est ici très humide, suffisent 
à leur existence. 

Quand il nous est arrivé de cultiver ces épiphytes dans la terre fine, 
leur rhizome pourrit en même temps que la terre se décompose. Rien ne 
leur plaît à l'état domestique comme un amalgame grossier de brique, 
de mousse, de terreau, de sable et de charbon. Là, il n'y a jamais excès 
d'humidité : l'eau y passe comme par un panier et l'air y pénètre de 
même, conditions absolument nécessaires à ces plantes. 

Celles qui vivent par terre affectionnent les cônes d'éboulement, 
toujours chargés, dans le Brésil central, d'innombrables quartiers de 
roches, de pierrailles et de résidus organiques. 

Quelques espèces sont propres au sable pur du bord de la mer ou des 
lacs intérieurs où la chaleur s'élève souvent à 60 degrés centigrades, 
chaleur telle qu'on ne peut guère marcher sur ce sol alors même qu'on 
est chaussé de grosses bottes. » 

E. A. Carrière. Étude générale du genre Pommier et 'particulière- 
ment des Pommiers microcarpes ou Pommiers d'ornement, 1 vol. in-8° 
min°, Paris 1883. — L'auteur a voulu, dans ce petit livre, « faire 
ressortir l'extrême beauté des pommiers microcarpes et apprécier les 
ressources diverses que ces arbres peuvent offrir. » 



— 296 — 

J. A. Barrai. La lutte contre le Phylloxéra, 3 e édition (87gravures), 
1 vol. in-8'\ Paris 1883. M. J. A. Barrai a montré, une fois de plus, 
comment on écrit un livre charmant sur un sujet ardu et même triste, 
quand on songe aux dévastations et aux ruines de l'engeance 
phylloxérique. 

A. Marchais. Les jardins dans la région de V Oranger, Antibes, 1883, 
1 vol. in-8°. — M. A. Marchais, chef de culture du jardin botanique de 
la Villa Thuret, à Antibes, a réuni dans ce petit volume divers ren- 
seignements utiles pour ceux qui s'intéressent à la botanique horticole 
dans le midi de la France et même de l'Europe. Il fournit de longues 
listes de plantes exotiques qui prospèrent dans le pays où fleurit 
l'oranger. Il est terminé par un long dictionnaire de termes latins ou 
grecs, traduits ad usum hortulanorum. 



NOTES SUR LES DÉCOUVERTES BOTANIQUES 
LES PLUS REMARQUABLES FAITES EN AMÉRIQUE, 

par M. Benedict Roezl, de Prague. 
(Suite, voir p. 239). 

Le lecteur ne m'en voudra pas trop si à cette époque de l'année 
(février), saison des pluies et des frimas dans la mère patrie, je 
l'emmène avec moi vers la Havane. En été, ce serait une entreprise 
osée, car le séjour du pays, pendant les mois des chaleurs, est malsain 
et dangereux et parmi mes compagnons de route, plus d'un pourrait y 
laisser ses os. Mais pendant notre période d'hiver, le climat de la 
Havane est si doux, si agréable, qu'il nous invite à aller explorer ce 
riche territoire et admirer les splendeurs de l'île de Cuba, « la perle la 
plus précieuse du trésor d'Espagne », comme on la nomme non sans 
raison : décidons-nous donc à établir notre quartier général en Havane 
pour quelques jours au moins. 

Messieurs les fumeurs vont se préparer sans aucun doute à des 
jouissances sans nombre et rêver aux nuages de fumée imprégnés 
d'aromes et de parfums de vrais cigares de la Havane. Hélas ! autant 



— 297 — 

d'illusions qui seront bientôt dissipées sous le souffle puissant de la 
triste réalité; innombrables et navrants sont les cris de détresse 
arrachés aux journaux havanais par l'impossibilité de se procurer sur 
place un cigare convenable : navrants à l'égal des plaintes que nous 
entendons exhaler au sujet des cigares fabriqués dans l'un ou l'autre 
grand pays d'Europe, 

Peut-être bien les fumeurs de Cuba ont-ils certaines prétentions, 
certaines exigences; c'est un droit qu'on ne peut en tous cas leur 
contester, car un pays où jeunes et vieux, femmes et enfants, fument 
dès l'aube du jour jusque bien avant dans la nuit, représente un 
consommateur d'importance. 

En nous enquérant du plus ou moins fondé de ces récriminations, 
nous trouvons que les meilleurs tabacs cultivés dans les départements 
occidentaux, ceux que l'on nomme «Vuelta de Abajo» , ont trop de valeur 
pour être consommés sur place, de telle sorte que les produits de leur 
fabrication, commandés des années à l'avance, sont expédiés à des prix 
fabuleux vers les Etats-Unis, l'Angleterre, la France et la Russie. Le 
tabac des districts orientaux, le «Vuelta arriba» , est ne moindre valeur 
et comparable au tabac américain ; il est travaillé pour l'exportation 
en grand. Ajoutons que des quantités considérables de tabacs étran- 
gers sont annuellement importées en Havane et transformées en 
cigares et le lecteur comprendra quelle étrange marchandise court le 
monde sous le nom de «vrai Havane». Faisons du reste observer, à la 
louange des producteurs, qu'ils mettent un soin particulier à la prépa- 
ration du tabac et à sa mise en fabrication ; on prétend aussi, et peut- 
être avec raison, que la durée de la traversée par mer contribue 
sérieusement à l'amélioration des cigares. Mais en voilà assez sur ce 
produit renommé. Après cette indiscrétion, le lecteur se prendra à 
sourire en voyant le nom « Vuelta de Abajo » inscrit sur presque 
toutes les caisses de cigares havanais. Tout ce qu'il faut en déduire, 
c'est que le producteur habite peut-être la Vuelta Abajo : quant au tabac, 
soyez sùr qu'il vient de partout, sauf de là. 

Et maintenant, passons à l'examen des plantes les plus remarquables 
dont l'île de Cuba est la patrie et nommons en tête Rondeletia odorata 
Jacq. (R. speciosa Lodd.). La vue de cette jolie Rubiacée toujours verte, 
avec ses grappes ombelliformes terminales de fleurs orange-écarlate 
qui apparaissent en hiver et répandent un suave parfum de violettes, 



— 298 — 

est sans doute familière à plus d'un de nos lecteurs. Mais bien peu 
parmi eux ont vu cette plante convenablement cultivée, si ce n'est cà 
et là, dans quelque exposition de fleurs anglaise. 

Je vais m'efforcer, dans les quelques lignes qui suivent, de faire 
connaître l'habitat de cette plante et les conditions dans lesquelles elle 
grandit, pour qu'il devienne possible à tout jardinier intelligent 
d'obtenir, à l'état de complète perfection, non seulement cette espèce 
mais diverses autres dont il existe bien une quarantaine sur l'île de 
Cuba, toutes inconnues dans les jardins d'Europe, mais jolies au pos- 
sible et bien dignes d'être cultivées. 

Je serai heureux si mes renseignements sont compris et mis en pra- 
tique et si des spécimens modèles de Rondeletia figurent d'ici à peu de 
temps dans les jardins allemands. Et remarquez qu'il ne s'agit pasd'une 
simple gageure, mais bien de la solution d'une question importante, 
qui s'impose plus que jamais à l'attention des producteurs allemands et 
peut se formuler en ces termes : chercher et offrir du neuf, afin de 
soutenir avantageusement la concurrence contre les contrées privilé- 
giées du midi, lesquelles travaillent de plus en plus à rendre l'Allemagne 
tributaire de leurs produits. 

C'est en mars 1868 que j'entrepris, de la ville de Havana, une explo- 
ration aux alentours. Je longeai le rivage de la mer; bientôt j'eus laissé 
derrière moi la cité, ses plantations et ses jardins, je foulai aux pieds 
un sol inculte et me dirigeai vers un fort éloigné d'une lieue et demie 
environ et couronnant un rocher d'une centaine de mètres de hauteur. 

Déjà de bien Join, je remarquai sur la pente méridionale du rocher 
quelque chose d'anomal, semblable à des milliers de têtes. Quelle ne fut 
pas ma surprise lorsqu'arrivé plus près de cette apparition étrange, 
j'y reconnus les boutons prêts à s'ouvrir de l'admirable Reine de la 
Nuit, le Cereus grandijiorm. Naturellement je pris les mesures néces- 
saires pour traverser les broussailles serrées qui me séparaient encore 
de ma vieille connaissance : bientôt je pus m'en approcher davantage 
et me trouvai, après quelques efforts, dans un espace découvert. Là se 
dressaient des centaines de spécimens de Rondeletia odorata, hauts de 
m 50 à peine sur 1 à 2 m. de diamètre, réguliers comme s'ils eussent 
été taillés aux ciseaux, tout parsemés non de centaines., mais de mil- 
liers d'ombelles fleuries, formant une sorte de riche et brillante 
tenture dans laquelle transparaissait çà et là, la couleur verte du feuil- 



— 299 — 

lage. J'ai contemplé sous les Tropiques bien des spectacles grandioses 
ou enchanteurs; j'ai vu la forêt vierge, sublime et majestueuse, sous 
sa parure immaculée, et un frisson d'admiration a secoué tout mon être, 
mais je n'ai rien trouvé d'égal au tableau que je m'efforce de retracer, 
en teintes malheureusement bien pâles et bien effacées, aux yeux du 
lecteur : et remarquez qu'il n'est pas exceptionnel à Cuba. Ce n'est pas 
cette prodigieuse luxuriance, ce fouillis grandiose de la végétation 
tropicale, qui fait naître dans l'âme un sentiment d'angoisse et d'in- 
quiétude; c'est une scène plus gracieuse à contempler, dont les beautés 
sont plus compréhensibles, moins saisissantes : ici le tapis bigarré 
des Rondeletia, là-bas, contre les rochers, des milliers de Cereus 
grandijlorus près d'ouvrir leurs brillantes corolles ; plus loin encore, 
trahissant le travail de l'homme, plusieurs spécimens gigantesques de 
Cocos nucifera, fréquemment planté en ces lieux et enfin, à l'arrière- 
plan, un majestueux Oreodoxa regia, fils naturel de ces contrées et 
révélant la force et la puissance de la végétation indigène des Tro- 
piques. 

Les Rondeletia, à ce que m'apprend mon expérience personnelle, 
traversent des variations de température que les producteurs européens 
doivent imiter autant que possible, s'ils veulent réussir dans leur 
culture. Pendant la saison la plus chaude, de juin à la mi-septembre, 
ils sont exposés à une température moyenne de 20à26°R.(25à32 1/2C), 
à des vents violents du sud et à de fortes ondées, qui alternent avec 
des journées brûlantes et ensoleillées. Le Rondeletia ne s'accomode 
pas de l'ombre : partout où je l'ai vu abrité sous des buissons, je l'ai 
trouvé moins beau et moins vigoureux. Il croît sur un sol argileux 
dense, mais le sous-sol est perméable et assure à l'eau excédante un 
prompt et facile écoulement. En automne, d'octobre à décembre, la 
température moyenne s'abaisse à 18° R. (22 1/2 C.) : surviennent de 
fréquents orages; les pluies sont fraîches, mais plus rares. Enfin en 
janvier commence l'hiver : 10° R. (12 1/2 C.) en moyenne, et une 
sécheresse persistante; il y a des années où, sur les hauteurs voisines 
de Havana, la température, aux premières heures du jour, descend 
à 0°; la sécheresse s'accentue encore pendant les mois de février et 
mars et se maintient souvent jusqu'en mai; pendant les mois d'avril et 
de mai, qui forment la transition entre les temps secs et la période des 
pluies, la température ne dépasse jamais 18° R. (22 1/2 C). 



— 300 — 

La curieuse forme de Rondeletia odorata que je viens de décrire, 
avec ses tiges hautes d'à peine 0,50 cent., ses buissons d'un diamètre 
double ou même quadruple et ses dimensions tout-à-fait régulières, 
m'avait beaucoup surpris au début : je finis par en découvrir le secret. 
Ce sont tout bonnement les chèvres qui remplissent ici les fonctions de 
jardiniers et se chargent d'émonder et de régulariser la forme desarbus- 
tes. Ces animaux, dont on élève des troupeaux nombreux en Espagne à 
cause de leur lait, grimpent pendant la saison sèche contre les rochers 
en quête d'une nourriture et dévorent tout ce qu'ils peuvent atteindre, 
notamment les jeunes pousses des Rondeletia : ils font du reste subir 
le même traitement aux Lantana. Comme cette coupe réglée se 
reproduit tous les ans, les plantes ont beau vieillir — j'en ai rencontré 
des spécimens à tige grosse comme le bras — : elles ne sauraient 
grandir davantage. C'est donc aux animaux, n'en déplaise au lecteur, 
que nous devons de connaître l'aptitude des Rondeletia à se laisser 
tailler et façonner. Leur multiplication par semis ou boutures ne 
présente aucune difficulté. 

Faisons encore observer que les Rondeletia ne produisent pas seule- 
ment des fleurs rose-rouge ou écarlate; il existe chez eux une remar- 
quable variété de nuances, témoins le R. americana L., (cav. ord.) 
à fleurs blanches et parfumées qui s'épanouissent vers l'automne, le 
R. havanensis à corolle jaune pâle et le R. sulphurea à grandes fleurs 
jaune soufré. 

Cependant le soleil avait parcouru la moitié de sa course journalière; 
il versait à flots ses rayons les plus ardents et je grimpais péniblement 
les crêtes rocheuses escarpées à la recherche de nouvelles plantes, 
quand j'atteignis un endroit dépourvu de toute végétation. C'est là 
que je devais avoir sous les jeux la contre-partie de la scène enchan- 
teresse que je viens de décrire : un tableau silencieux, mais qui, 
semblable à une décharge électrique, fit passer un frisson à travers 
tout mon être. A quelques centaines de mètres devant moi, une prodi- 
gieuse quantité de serpents d'effrayantes dimensions étaient étendus 
sur le sol, immobiles et se chauffant au soleil. Leurs écailles étaient 
d'un blanc jaunâtre parsemé de grandes taches brunes. Jamais dans 
le cours de mes voyages, ni avant cette époque ni depuis lors, je n'ai 
vu réunis une telle profusion de ces reptiles malfaisants. 

Bien entendu leur aspect avait suffi pour m'ôter toute idée de pour- 



— 301 - 

suivre ma route; je revins promptement sur mes pas et regagnai la 
ville. Partout où je contai mon aventure, je trouvai des visages incré- 
dules; personne ne semblait disposé à admettre l'existence de pareils 
monstres. J'appris par la suite que les serpents de l'île de Cuba — il 
en existe cinq espèces — ne sont pas venimeux. 

L'ignorance des habitants de la contrée sur tout ce qui rampe, vole 
ou court dans ses environs immédiats est chose facile à comprendre et 
à expliquer. Il n'est personne qui songe, surtout pendant les chaleurs 
de la journée, à sortir de la ville pour se livrer à des observations 
scientifiques; car chacun craint la fièvre jaune, qui attaque surtout les 
Européens lorsqu'ils s'exposent imprudemment aux brûlantes ardeurs 
du soleil. Quant aux créoles, ils sont trop indolents et trop amis de 
leurs aises pour s'imposer des fatigues ou des efforts exceptionnels. 
Voici comment la vie se passe dans la plupart des cités havanaises : 
Dès les premières heures du matin, la ville s'éveille et devient le siège 
d'une circulation affairée et d'un commerce actif : les marchands de 
denrées fraîches arrivent des environs, les emplettes indispensables se 
font lestement, les commerçants se rendent à leurs comptoirs, les 
femmes vont à la messe. Dès 9 heures du matin, les rues sont redevenues 
silencieuses : personne ne les traverse, sauf ceux que de pressantes 
affaires appellent au dehors. L'après-dînée est le temps de la sieste, du 
doux « far niente » . Le soir commence la vie de société et de plaisir: 
on va en promenade, on rit, on plaisante, on admire les jolies femmes, 
leurs somptueuses toilettes, leurs brillants équipages; on se rend au 
théâtre, au bal, ou bien l'on écoute, sous un ciel pur et étoile, les 

accords mélodieux de quelque concert. 

Ainsi s'écoulent les journées, sans que personne songe à admirer 
les splendeurs des sites voisins, à pénétrer les secrets de la nature 
environnante ou à s'initier à son langage. L'Européen travaille sans 
repos ni trêve, pour gagner promptement, dans le commerce, un 
capital qui lui permette de retourner au pays et d'y savourer paisi- 
blement les fruits d'une existence d'activité et de labeurs. L'indigène 
vit insouciant 7 au jour le jour, évitant avec soin toute préoccupation 
sérieuse et surtout l'étude des sciences arides et austères ; il s'enivre 
de toutes les jouissances corporelles, licites et illicites, jusqu'à ce 
que, mûr avant l'âge, il succombe sous les étreintes de la vieillesse ou 

de la mort, terme fatal de tous les plaisirs. 



- 302 — 

Microcycas calocoma D. C. {Zamia calocoma Miqu.). En 1869, je 
partis à cheval de Havana pour une tournée de plusieurs jours dans le 
célèbre « Vuelta Abajo ». On voyage agréablement dans ce district; 
la contrée est riante, ondulée, parsemée d'éminences en pente douce : 
tout le pays plat est soigneusement réservé à la culture du tabac. Les 
hauteurs, qui trahissent nettement leur origine corallienne (calcaire 
corallien), sont malheureusement dépouillées des forêts qui paraient 
autrefois leur squelette; çà et là seulement apparaissent, mêlés à la 
végétation de date plus récente, quelques vestiges de l'état de choses 
d'autrefois. C'est ainsi que dans la suite de mon voyage, je rencontrai 
sur les montagnes quelques spécimens gigantesques de Microcycas 
calocoma, des stipes dressés de 4-5 m, de haut avec une circonférence 
de 2 m 80 à la base. D'autres stipes, à la suite de quelque accident, ont 
perdu leur cîme et poussé en lieu et place des rameaux. C'est ainsi 
qu'entre des pieds de Pinus cubensis, je découvris un vieux et solide 
gaillard, qui s'était partagé à 2 m. de haut en quatre grosses branches, 
d'une longueur de 2 m. chacune et couronnées d'un ample et majestueux 
panache de frondes longues de plus d'un mètre, à folioles de m 10 de 
long sur 2 de large. Rien de joli comme ces rameaux en fruits : du 
centre du feuillage surgit un cône de 0^60 de longueur chargé de gros- 
ses graines rouges, longues de m 05. Cette Cycadée ne s'écarte guère 
du rivage, et c'est ce qui me fait croire que les exhalaisons salines de 
la mer sont indispensables à son complet développement. 

En d'autres points de l'île se rencontrent en abondance le Zamia 
pygmaea Sims et le Zamia Fischeri Miqu. L'un et l'autre sont de 
vraies miniatures végétales, hautes de quelques centimètres à peine 
sur2-3cm.de diamètre, avec des frondes d'une dizaine de cent, de long. 
Que l'on ne s'imagine pas que j'aie eu affaire à de jeunes spécimens ; j'ai 
rencontré de ces minuscules créatures chargées de cônes mûrs: preuve 
qu'elles avaient atteint toute leur croissance et étaient aptes à la 
reproduction. Et l'on se prend inconsciemment à admirer la science 
merveilleuse qui nous enseigne à rattacher à première vue ces nains de 
la végétation aux gigantesques Zamia prémentionnés. 

« Le genre Microcycas Miqu., d'après le t Gartenflora » de Regel, 
1876, p. 373, tient à la fois à V Aulacophyllum Rgl. et au Zamia L. 
Il se distingue du premier par ses folioles étroites, jamais fourchues, 
à bords entiers, par son pétiole foliaire sans aiguillons et la confor- 



— 303 — 

mation différente de ses organes floraux; du second par ses feuilles 
vertieillées et l'organisation tout-à-fait distincte de ses fleurs ». 

Acrocomia cubensis Lodd. Superbe Palmier, que l'on ne rencontre 
malheureusement presque jamais dans nos collections d'Europe. Que 
le lecteur me permette de lui décrire un jeune spécimen, d'une couple 
de mètres de haut : ses frondes sont longues de 3 mètres, pennées 
et couvertes, sur l'une et l'autre faces, d'aiguillons jaunes, serrés, 
longs d'un centimètre, qui parsèment également les pétioles foliaires 
et le stipe tout entier. Je ne connais, dans les cultures d'Europe, 
aucun Palmier aussi puissamment armé; les Astrocaryum ni les 
Calamus eux-mêmes ne pourraient rivaliser avec lui sous ce rapport. 

Vers l'âge de 15-20 ans, le tronc de ce Palmier devient le siège 
d'une étrange transformation; semblable à certains individus, il prend 
du ventre et ce dernier, avec les années, ne fait que croître et em- 
bellir. En même temps le stipe s'amincit de plus en plus à la base; 
il demeure également grêle au sommet : c'est vers le milieu seul que 
se produit le renflement. Tâchez de vous représenter un flacon gigan- 
tesque, muni à chacune de ses extrémités d'un col long et étroit et 
couronné tout au sommet par un vaste panache foliaire, et vous aurez 
une idée approximative de ce qu'est Y Acrocomia cubensis, quand il 
atteint une dizaine de mètres de hauteur. 

Il est fort rare de trouver ce Palmier représenté par des spécimens 
de grandes dimensions ; ça et là on en rencontre quelques robustes 
exemplaires, réunis par groupes de 3 à 10 et entourés d'un nombre 
double d'individus de plus petite taille. Même dans leur patrie, leur 
multiplication ne s'effectue qu'avec lenteur, car si Y Acrocomia fleurit 
et fructifie abondamment, en revanche les graines avortent dans la 
majorité des cas; j'ai ouvert des centaines de fruits sans trouver une 
seule graine apte à germer. 

Oreodoxa regia Mart. et Knth. Ce palmier, le plus utile de l'île de 
Cuba, y joue un grand rôle dans l'économie domestique : en maints 
districts, la valeur d'une terre non cultivée s'apprécie eu égard non à 
son étendue, mais au nombre de pieds $ Oreodoxa (Pahna real) qui y 
grandissent. 

La raison en est fort simple : c'est que chaque spécimen produit 
annuellement 25 à 50 k 08 de graines, riches en huile et constituant un 



— 304 - 

excellent aliment pour les cochons. Or, dans ce pays, tout repose sur 
l'élève du porc. Celui-ci parcourt les forêts, cherche et dévore les 
graines d'Oreodoxa et acquiert en peu de temps un embonpoint remar- 
quable. Si les possesseurs de bétail s'inspiraient quelque peu des 
idées économiques, il leur serait facile de se procurer en peu de 
temps, par semis et plantation, de vastes approvisionnements de cet 
arbre utile et d'accroître ainsi la richesse de leurs troupeaux ; mais 
c'est à quoi n'a garde de songer l'insoucieux habitant des tropiques : 
il poursuit sans inquiétudes ni remords son inexcusable système 
d'exploitation brutale et laisse à la sage et prévoyante nature le soin 
de veiller à l'avenir. Seul le cocotier, dont les fruits constituent un 
article d'exportation important, est planté ça et là par la main de 
l'homme. 

Et pourtant la vue d'une plantation d'Oreodoxa regia est quelque 
chose de majestueux et de grandiose; c'est ainsi qu'à Havana, sur la 
« Plaza de armas », place ornée de la statue de Ferdinand VII, 
s'élèvent quelques superbes massifs de Palma real. La plus belle rue de 
la ville, le Paseo de Tacon, qui conduit au jardin botanique, est aussi 
décorée d'une allée d'Oreodoxa. Les stipes gigantesques du palmier 
royal s'élèvent blancs et luisants comme une colonnade, couronnés, 
en guise de chapiteaux, par leurs frondes vert sombre élégamment 
découpées qui semblent supporter la voûte céleste. 

Sarracenia flava L. C'était en décembre 1868; je me trouvais à la 
Nouvelle-Orléans, capitale de la Louisiane, au midi de l'Amérique 
septentrionale, vers le 30° degré de latitude nord. Un beau matin, je 
m'en allai par chemin de fer jusqu'à Pontchartrain, localité distante 
d'un mille à peine de la capitale, sur les rives du lac de même nom. 
De cet endroit partent constamment des bateaux à vapeur, qui font 
la traversée du lac et mettent en communication, par le canal Caron- 
delet et le Bayou S 1 John, Pontchartrain avec Nouvelle-Orléans. Je 
pris place sur un de ces vapeurs, afin de faire le tour du lac. La tra- 
versée ne fut pas longue : peu d'instants après mon départ, j'arrivai 
en un point dont la flore me parut assez riche pour m'engager à 
débarquer. 

Tout étrange et spéciale est la configuration géographique de la 
Louisiane. Le sol est bas et uni ; chaque année, au printemps, de vastes 



— 305 - 

étendues sont inondées par les crues du Mississippi et il en résulte, 
partout où se présente le plus faible accident de terrain, des lacs 
ou étangs de dimensions variables, en nombre vraiment infini. 

Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer dans ces stations 
humides le Sarracenia flava, en telle profusion que jamais je ne m'y 
serais attendu. Les plantes s'enfonçaient dans l'eau de 15 à 45 cent, 
de profondeur; les feuilles, avec leur pétiole en forme d'urne ou ascidie 
et leur minuscule limbe simulant un opercule, s'élevaient à sa surface 
jusqu'à 50 centim. à 1 m. de haut. Dans chaque étang croissaient 
des milliers de spécimens de ce bizarre végétal. 

Il est probable que les exhalaisons salines de la mer ne sont pas sans 
influence sur le remarquable développement de ces jolies plantes; 
n'oublions pas d'ailleurs qu'elles sont exposées aux rayons d'un soleil 
ardent, grâce auquel la température estivale dépasse souvent 30° R. 
(37 1/2° C). Par contre, en hiver, le thermomètre descend parfois à 
2-3 degrés R. sous zéro (-2 1/2 à -4° C.) : il est même arrivé qu'il se for- 
mait, sur ces étangs, une couche de glace assez épaisse pour supporter 
le poids d'un homme; mais ces froids exceptionnels ne sont jamais de 
longue durée et, dès la fin de janvier, la température diurne maxima 
remonte à 15-20° R. (19 25° C). 

Les spécimens qui se trouvaient hors de l'eau ou enfoncés à une 
moindre profondeur portaient tous des urnes moins grandes et moins 
robustes, hautes à peine de 30 cent., mais par contre plus vivement 
colorées. Du reste il existe, dans la nuance des ascidies, une infinie 
variété : tous les passages du vert jaunâtre au vert foncé, des formes 
marbrées, d'autres striées de pourpre sombre, et ces dernières sont les 
plus jolies et les plus recherchées. 

J'arrachai de la vase plusieurs centaines de pieds de Sarracenia et 
ce travail, soit dit bien franchement, est loin d'être agréable. Vous 
êtes en butte aux attaques de milliers de moustiques, qui vous bour- 
donnent aux oreilles; et les piqûres de ces maudites petites bêtes sont 
à tel point douloureuses qu'à chaque instant, sans le vouloir et pour 
les effrayer, vous portez au visage vos mains toutes souillées de boue; 
au bout de fort peu de temps, vous êtes arrangé de telle sorte qu'il 
serait impossible de vous distinguer du nègre le plus authentique. 
Tout en cueillant les urnes, j'eus la curiosité d'examiner combien 
d'insectes ces plantes carnivores pourraient bien avoir dévoré. Le 

22 



— 306 — 

nombre d'insectes ailés appartenant aux espèces les plus diverses qui 
s'étaient laissé prendre dans les ascidies dépasse l'imagination : il y 
avait jusqu'à des abeilles et des bourdons, mais le plus fort contingent 
consistait en minuscules diptères. 

Des uns comme des autres, il ne restait que le squelette, si je puis 
ainsi m'exprimer; toutes les parties molles, charnues avaient dis- 
paru; les « os » seuls demeuraient dans le fond de l'ascidie, entassés 
en monticules atteignant parfois 30 cent, d'épaisseur. Comme le dia- 
mètre des urnes varie de 1 à 4 décim., on peut admettre approxima- 
tivement qu'un bon demi-millier de ces pauvres créatures avaient 
perdu la vie dans chacune de ces trappes perfides. Il va sans dire que 
toutes ne sont pas aussi abondamment fournies, mais je n'en ai pas 
rencontré une seule qui n'eut dévoré quelque proie; j'ai trouvé jusqu'à 
des limaçons et des vers de terre, dans des spécimens croissant hors 
de l'eau ou dans des conditions telles que ces animaux avaient pu y 
atteindre. 

Le Sarracenia rubra Walt, grandit dans un terreau sableux, prin- 
cipalement sur les plaines habituellement inondées pendant les mois 
d'avril et de mai, mais où l'eau n'excède pas quelques centimètres de 
hauteur. Cette espèce ne dépasse jamais 30 cent, de haut, avec des 
urnes extrêmement grêles, dont le diamètre n'est jamais supérieur 
à 1 1/2 cent.; elle présente diverses variétés remarquables par une 
jolie nuance rouge. 

Le Sarracenia psittacina Mchx. se rencontre dans les mêmes sta- 
tions, également dans la plaine; mais il se tient de préférence sur de 
petits monticules de 15-30 cm. de hauteur et se trouve ainsi à l'abri des 
atteintes directes de l'inondation, sans que pour cela ses racines ces- 
sent de plonger dans l'eau. Les feuilles de cette espèce affectent une 
direction horizontale; elles se dirigent même vers le bas, sur les spéci- 
mens observés dans leur station naturelle; il en résulte de jolies roset- 
tes foliaires, d'autant plus apparentes que la plante porte de nombreuses 
feuilles, 20 à 30 en moyenne. Les dimensions de ces dernières n'ont 
rien de remarquable ; les plus grandes ascidies que j'aie rencontrées 
avaient 12 cent, à peine de longueur sur 2 cm. au plus de diamètre. 

J'ai trouvé cette jolie espèce, trop peu répandue malheureusement en 
Europe, sur une vaste prairie consumée par l'incendie ; il en demeurait 



— 307 - 

quelques pieds : tout le reste, les organes épigés au moins, était devenu 
la proie des flammes et la recherche de la plante s'entourait par 
conséquent de difficultés spéciales. 

Sarracenia purpurea L. Mentionnons encore, tant que nous y 
sommes, cet autre représentant du même genre, bien qu'il ne se 
rencontre pas dans les régions que nous sommes en train dexplorer. 
Il habite exclusivement les districts du centre et du nord de l'Amérique 
septentrionale, où il croît parmi les sphaignes des marécages et trouve 
dans cette mousse, constamment humide, tout ce qui est nécessaire à 
son existence. Il prospère surtout en Amérique en lieu légèrement 
ombragé, ce qui correspond, pour nos cultures, à la pleine exposition 
au soleil: car en Pensylvanie et dans l'état de New- York, l'astre du 
jour a des ardeurs inconnues chez nous; la température y atteint 
fréquemment en été 35° R. (44° C); en hiver par contre sévissent des 
froids intenses et il n'est pas rare de voir la température descendre 
jusqu'à 20° R. sous zéro (-25° C). Nous voyons donc que les condi- 
tions climatériques sous lesquelles grandit le Sarracenia purpurea 
différent complètement de celles des districts méridionaux habités 
par les espèces précitées et que ce serait commettre une grave 
méprise que de les soumettre toutes à un traitement identique. 
Le Sarracenia purpurea pourrait, la chose ne fait pas l'ombre d'un 
doute, se cultiver en Allemagne à l'air libre sur un substratum con- 
venable. 

Pinguicula grandiflora. C'est une intéressante espèce, dont les 
fleurs ressemblent, par la forme et les dimensions, à celles du Viola 
tricolor, mais sont munies postérieurement d'un éperon long de 4 cent. ; 
leur couleur est le jaune d'or. Les feuilles, longues de 10 cm et larges de 
6 à 8, ressemblent à celles des Crassulacées; elles retiennent, à l'instar 
des Drosera, les animalcules ailés qui viennent s'y poser et dont les 
débris recouvrent abondamment leur surface. 

La plante croît sur de minuscules déclivités, dans les mêmes régions 
où grandit le Sarracenia flava\ j'en avais expédié nombre de pieds à 
l'établissement Van Houtte à Gand; plus tard, lors de mon retour en 
Europe, je n'ai plus trouvé la plante en vie; cependant j'aurais peine 
à mentionner une difficulté spéciale attachée à sa culture. Je serais 



— 308 - 

heureux de voir instituer de nouveaux essais sur l'élève de cette belle 
et intéressante famille, qui n'est représentée que par un nombre 
d'espèces extrêmement restreint : la chose vaudrait la peine qu'un de 
nos amateurs s'en occupât sérieusement. 

J'ai rencontré au Mexique le Pinguicula caudata à une altitude de 
2700 m. en station ombragée, sur des rochers que tapissaient entière- 
ment ses jolies corolles rouge carmin. Les fleurs, de moindres 
dimensions que celles de la précédente espèce, ont cependant au-delà 
de 2 cent, de diamètre , 

Le Pinguicula caudata grandit en compagnie de Y Amaryllis Jormo- 
sissima; le traitement des deux [liantes est cependant tout-à-fait 
différent. La première affectionne le voisinage de sources intarissa- 
bles : il faut donc lui procurer une humidité constante et régulière ; que 
le lecteur désireux d'en entreprendre la culture tâche de se représen- 
ter cette jolie espèce croissant sur des rochers presque à pic, de telle 
sorte que l'eau jaillissante ne fait que passer à travers et il comprendra 
la nécessité de lui assurer un drainage efficace. 

Pinguicula Flos mulionis Morren U). C'est une toute charmante 
forme à fleurs bleues que j'ai découverte dans la zone chaude, la « terra 
caliente » du Mexique, près du « Paso del Macho » (passage du mulet), 
non loin de Vera-Cruz, dans un habitat analogue au P. caudata des 
montagnes. Là aussi des rochers à pic s'élèvent sur les rives du cours 
d'eau; de minces ruisselets serpentent tout du long et le Pingui- 
cula y grandit en abondance, en compagnie des Sélaginelles, des 
Gymnogrammes, des Pépéromiées et des Broméliacées, étalant ses 
jolies fleurs dont la nuance ressort élégamment sur le feuillage fine- 
ment découpé des Cryptogames vasculaires. Les trois espèces prémen- 
tionnées diffèrent peu par le feuillage, mais leurs fleurs sont bien 
distinctes par leurs dimensions et leur couleur; les deux dernières 
formes prennent également'quantité de minuscules^diptères. 

Taxodium distichum. C'est un habitant du Mississipi inférieur. 
Celui qui n'a jamais parcouru cette contrée pourrait difficilement se 



(1) Voir Belgique\horticole } 1872, p. 371 : description du Pinguicula Flos mulio- 
nis, avec notice historique et planche coloriée. 



— 309 — 

faire une idée approximative des forêts monumentales, vieilles de 
plusieurs milliers d'années, des célèbres « marécages à Cyprès » dont 
cet arbre fait sa résidence. Je vais tâcher d'en tracer au lecteur une 
faible esquisse, en lui dépeignant ces lieux tels que je les vis pour 
la première fois au mois de mai. Que l'on s'imagine un immense 
marécage dont l'étendue comporte plusieurs centaines de milles carrés, 
où les ardeurs intenses du soleil engendrent~des fièvres pernicieuses 
et toute espèce de hideuse vermine grouillant partout sous vos pas : 
on se croirait à l'entrée des lieux infernaux. Des milliers de serpents 
noirs s'agitent dans la vase infecte : on dirait autant de poissons se 
tordant au milieu de la boue de quelque étang desséché; aussi loin que 
l'œil peut porter, tout est vie et mouvement. C'est là que les Taxoàium 
prospèrent; c'est là que d'innombrables spécimens élèvent leur cime 
altière à 50 m. de hauteur et au delà. 

Il est peu de jardiniers qui ne connaissent, pour l'avoir vu cultivé, 
ce gentil Conifère au feuillage vert clair : aucun peut être ne le recon- 
naîtrait dans son habitat naturel, avant de l'avoir minutieusement et 
scrupuleusement examiné. Pas la moindre trace de ses belles aiguilles 
jaune-verdâtre ; partout règne une teinte grise uniforme, grâce à une 
épaisse tenture de Tillandsia usneoïdes^), baptisé du nom de « mousse » 
ou c barbe blanche » par les Américains. 

Cette Broméliacée y croît en telle abondance que les arbres en sont 
complètement recouverts; ses longues tentures sombres, tremblottan- 
tes, agitées par le moindre coup de vent, pendent de chaque rameau; 
leur longueur atteint parfois 6 mètres, de sorte que les contours 
extérieurs et la tige de l'arbre demeurent seuls visibles : encore 
cette dernière est-elle tapissée par, places, des tiges grêles et filifor- 
mes de l'incommode parasite. 

Ce Tillandsia est soigneusement recueilli dans un but industriel; on 
l'entasse dans de grandes fosses creusées dans le sol : l'enveloppe 
externe pourrit et la nervure médiane reste seule; elle est noire de 
couleur, semblable au crin de cheval et sert à la confection de matelas. 
Nous dirons, pour donner une idée de l'importance de ce trafic, que 
des cargaisons entières de ce crin végétal sont fréquemment expédiées 
en Europe. 



(I) Voir Belgique horticole, 1877, p. 313 : description avec planche coloriée. 



— 310 — 

Mais ce que les Taxodium présentent de plus curieux, en ce 
sens que l'équivalent n'existe chez aucune autre plante, ce sont les 
pousses qui naissent de leurs rejets radicaux; chacun d'eux donne 
naissance à une tige conique, sans rameaux, haute de 50 cm. à li/a m. 
sur 30 cm. environ de diamètre. En certains endroits, ces pousses sont 
serrées les unes contre les autres au point de rendre le passage 
presque impossible : on croirait avoir affaire à des colonnes ou pieux 
érigés pour former barrière. 

Une excursion à travers les marécages à Cyprès ne laisse pas d'avoir 
son côté dangereux; entre les vieux troncs gigantesques couchés sur 
le sol et en voie de décomposition reposent, immobiles et faisant leur 
sieste, les crocodiles du Mississipi ; leur couleur ne les différencie pas 
des débris environnants ; rien ne fait soupçonner la présence de ces 
hôtes incommodes, et j'étais destiné à en faire une expérience 
personnelle dès mon premier pas sur le sol américain. La machine du 
vapeur sur lequel je faisais la traversée nécessitait une réparation : je 
profitai de cette halte forcée pour descendre sur le rivage, où j'avais 
remarqué une jolie Passiflore. Or, ce n'est pas sur terre que je pris 
pied, mais bien sur un crocodile endormi, et je ne m'aperçus de ma 
méprise qu'aux cris de mes compagnons de voyage, plus habitués que 
moi à semblables aventures; j'en fus quitte pour une émotion fort 
excusable : je pus effectuer sain et sauf ma retraite jusqu'au bâtiment 
et cette mésaventure me rendit plus réservé et plus prudent pour 
l'avenir. 

L'île de Cuba possède une telle abondance de plantes curieuses, une 
si riche et si merveilleuse végétation, que je demande au lecteur la 
permission de l'y ramener encore et de lui présenter quelques uns des 
Palmiers les plus remarquables de cette terre privilégiée. L'île est 
grande, l'accès de l'intérieur souvent difficile, et probablement des 
années s'écouleront nombreuses avant que les trésors inépuisables 
qu'elle renferme aient vu le jour et soient devenus familiers au reste 
du monde. 

Il n'est guère possible de classer les Palmiers par rang de valeur ou 
de mérite; chaque espèce possède, en effet, l'un ou l'autre de ces 
précieux attributs qui ont fait de cette famille la souveraine du règne 
végétal; aussi ne sais-je où ranger le Copernicia macroglassaWendl., 



— 311 - 

car il n'est aucune autre forme, à ma connaissance, qui puisse lui être 
comparée. 

Je faisais un jour une tournée d'exploration de Havana vers Guaua- 
bacoa, localité sise un mille plus à l'ouest et remarquable par ses 
sources minérales; c'est le séjour d'été des riches Havanais : elle 
s'étend de 100 à 200 m. plus haut que la ville et ne possède qu'une 
seule rue qui la traverse dans toute sa longueur. Je me hâtai de fran- 
chir cette rue interminable, qui ne m'offrait rien à récolter, et poussai 
un soupir de soulagement quand je me trouvai à l'autre bout, face à 
face avec une nature vierge et féconde. 

Là mes yeux s'arrêtèrent sur une prairie et des arbres qui la parse- 
maient et dont je n'aurais su dire s'il s'agissait de Pandanus, de 
Palmiers ou du Dracaena Draco. Arrivé plus près, je reconnus 
enfin à quelle espèce j'avais affaire : c'était un Palmier du genre 
Copemicia. 

Je vais essayer — et ce n'est pas chose facile — ■ de le décrire tel 
qu'il se présenta à mes regards. Qu'on se figure un stipe haut de 1 à 
2 i/a m. sur 15 c m de diamètre, couronné au sommet d'une profusion 
de frondes en éventail, étalées les unes par dessus les autres dans une 
direction à peu près horizontale. Complètement développées, ces fron- 
des ont plus d'un mètre de long et une largeur presque double. Le 
plus curieux, c'est qu'elles sont dépourvues de pétiole; chacune d'elles 
s'attache directement par sa base au" stipe, autour duquel elle forme 
une sorte de collerette; l'insertion est spiralée, comme chez le 
Pandanus. 

Je m'étais oublié dans la contemplation de cette curieuse plante et ne 
m'étais pas aperçu que la pluie commençait à tomber. Je cherchai sous 
les frondes de l'un des Palmiers une protection contre le mauvais temps 
et reconnus ainsi, par moi-même, une des utiles particularités qu'il 
présente. Grâce à leur position horizontale, les frondes forment une 
sorte de parapluie naturel et bien que l'eau du ciel tombât par torrents, 
je n'en reçus pas une goutte et sortis intact de dessous mon abri 
improvisé. 

Il y avait là réunis quelque chose comme 100 à 200 spécimens de 
ce Palmier, à divers états de développement; le stipe ne semble 
jamais dépasser la hauteur de 3 m. Les graines sont grosses comme 
une noix ; elles étaient loin de maturité lors de ma première visite et 



— 312 — 

je dus revenir six semaines plus tard pour procéder à leur récolte. 
J'en expédiai en 1869 un envoi considérable en Europe; malheureuse- 
ment il leur est arrivé ce qui est trop souvent le sort des récoltes du 
botaniste explorateur : elles sont tombées entre des mains qui n'ont 
pas su en tirer un parti convenable et sont demeurées improductives. 

Et cependant je devais avoir, par la suite, le plaisir de rencontrer 
ce Palmier en culture et dans d'excellentes conditions. En avril 1881, 
je traversai le Hanovre pour visiter les superbes serres à Palmiers 
de Herrenhausen, d'installation récente; le jardinier en chef, M. H. 
Wendland, homme aimable autant qu'horticulteur habile, qui me 
servait de guide à travers l'établissement, me conduisit dans la seconde 
serre, la plus élevée de l'ensemble. A l'entrée se dressait un spécimen 
de ce rare Palmier, haut d'un mètre, en train de former son stipe. 
C'était probablement le seul exemplaire cultivé en Europe, et habile- 
ment cultivé encore ; car M. H. Wendland, le célèbre palmologiste, a 
réussi à trouver, pour cette espèce comme pour beaucoup d'autres, la 
seule méthode de traitement rationnelle, en rapport avec ses exigences 
et susceptible d'être couronnée de succès. Un facteur indispensable à 
son bien-être est l'eau, qu'il faut lui fournir en abondance; aussi 
remarquai-je que le baquet où la plante est cultivée plonge dans un 
réservoir d'eau, de façon qu'elle puisse en boire son soûl. 

Imaginez combien grande fut ma joie en retrouvant enfin ma vieille 
connaissance de l'île de Cuba. Je me souvins, à cette occasion, d'un 
épisode des premières années de ma carrière botanique. C'était en 
1847 : j'étais entré comme aide-jardinier à l'établissement Van Houtte 
à Gand, où se trouvaient des centaines d'exemplaires de ce palmier 
sous l'étiquette Thrinax sp. Pas moyen de les faire pousser — parce 
qu'on ne leur donnait pas assez d'eau; de sorte qu'on finit par les jeter 
comme rebelles à la culture. Je reconnus plus tard la méprise dont on 
s'était rendu coupable, quand j'appris à connaître par moi-même les 
conditions climatériques des contrées tropicales. Les superbes cultures 
de Palmiers de M r Wendland sont le fruit de sa remarquable intelli- 
gence de la nature des tropiques et des connaissances qu'il a acquises 
pendant ses voyages dans l'Amérique centrale, en 1856 et 1857. 

Gaussia princeps H. Wendl. J'ai rencontré ce rare et intéressant 
Palmier dans l'île de Cuba, sur « la Sierra de los Organos » (Montagne 



— 313 — 

des Orgues) qui s'élève par places à 450 m. de hauteur. Beaucoup de 
lecteurs demanderont quel est ce Palmier, qui se cultive si rarement 
et ne se rencontre que dans la riche collection de Herrenhausen et 
dans celle de la Compagnie continentale d'horticulture (autrefois 
établissement Linden) à Gand. 

Dans sa jeunesse, il ressemble à Y Oreodoœa regia ; plus tard, quand 
il atteint 8 à 10 m. de haut, apparaissent de notables différences. Le 
stipe présente à la base un diamètre de près d'un mètre, puis il va 
s'amincissant graduellement vers le sommet, où son épaisseur égale à 
peine 40 cm . Les frondes, longues de 3-4 m., sont divisées en quatre 
rangées de folioles de 50 cm , vert grisâtre à la face inférieure; entre 
elles, pendent de longs filaments, semblables à ceux du Pritchardia 
Jilamentosa, mais moins serrés; la couronne se compose de 5 à 
7 frondes. L'un des mérites de ce Palmier, c'est de grandir dans les sols 
les plus arides, je dirai même sur des rochers nus, dans les crevasses 
desquels ses racines, épaisses comme le doigt, trouvent une nourriture 
suffisante. Grâce à cette particularité, l'on voit de temps à autre un 
de ces Palmiers naître et grandir sans le secours de l'homme et rétablir 
ainsi l'équilibre naturel troublé par la destruction insensée des forêts, 
source de maux sans nombre et de redoutables catastrophes au sein des 
régions tropicales. — Les graines, grosses à peu près comme des 
fèves, sont oléagineuses. 

Copernicia macrophylla Roezl. Nay ar U rencontré nulle part de 
description de ce Palmier, je lui ai donné le surnom de macrophylla à 
cause de ses grandes feuilles.. 

C'est un coup d'œil imposant que celui de semblables géants de la 

végétation; je les ai trouvés en abondance au pied de cette même 

« Sierra de los Organos » et vais décrire, en quelques mots, l'un de 

ces Palmiers avec son stipe en voie de formation . Qu'on s'imagine 

20 à 25 frondes gigantesques, étalées au bout de pétioles longs de 2 à 

3 mètres, à limbe large de 4 m. et à peu près de même longueur : le 

tout porté sur une souche atteignant, avec son revêtement filamenteux, 

un diamètre de 1 1/2 m. Un Latania borhonica en plein développement 

ne serait qu'un pygmée à côté de semblable colosse. J'ai pu, du reste, 

faire moi-même >a comparaison dans les jardins du comte Palmeseda, 

près de Havana, où ces deux Palmiers sont cultivés côte à côte. 

25 



— 314 — 

A un âge plus avancé, le Copernicia wiacrophylla possède un stipe 
de 60 à 75 c m de diamètre, entièrement lisse et atteignant une hauteur 
de 10 à 15 m. A cette distance, les feuilles qui le couronnent perdent 
beaucoup de leur ampleur apparente; il paraîtrait du reste que leurs 
dimensions se réduisent quelque peu avec l'âge. La graine a la gros- 
seur d'une noix : elle est noire à complète maturité. 

D'immenses étendues de terrain, de plusieurs milles carrés de 
surface, sont couverts de ce Copernicia et de Sabal umbraculif era, et 
l'industrie tire parti de leurs frondes pour la fabrication de chapeaux 
de paille. L'opération est la même que pour le Carludovica palinata, 
qui fournit la matière première des chapeaux de Jipijapa, erronément 
désignés sous le nom de chapeaux de Panama. On enlève les 
plus jeunes frondes avant leur épanouissement, on les étale, on les 
sèche, puis on les expédie en ballots au port de Mataza, d'où ils font 
route vers l'Angleterre et notamment vers la ville de S 1 Alban. Là se 
trouvent de grandes manufactures où les frondes subissent la manipu- 
lation définitive qui doit les transformer en chapeaux. Le limbe est 
découpé en bandes d'un millimètre de large que l'on tresse, que l'on 
façonne, et que l'on recouvre enfin d'un vernis brun, et voilà le 
chapeau prêt à être livré au commerce. Chaque année, des milliers de 
ces chapeaux sont expédiés dans toutes les parties du monde, mais 
c'est aux Indes Orientales qu'on en exporte la plus grande quantité. 
Cette industrie prend tous les jours plus d'extension, et la ville de 
St Alban bénéficie largement de cet état de choses. D r H. F. 



— 315 — 



DESCRIPTION 

DE 

L'A PHELA ND RA MAROA R1TAE sp. nova. 

Aphelandra de M 1,c Marguerite CLOSON, 
par Edouard Morren. 
Planche XIX. 

FAMILLE DES ACANTHACÉES. 

Aphelandra R. Brown. — BENTHAMet Hookkr, Gênera plantarum, II, 1102. 

A. Margaritae, pumila, pubepcens ; foliis decussatis, brève petiolatis, ellip- 
ticis, albo lineatis, subtus roseis. Bracteis pectinatis, bracteolis perangustis; 
calyce breviore ; eorolla pubescente aurantiaca. 

Figures analytiques : 1. Bradée. — 2. Bractéoles. — 3. Calice. — 4. Corolle 
vue du profil. — 5. Corolle vue de face. 

L' Aphelandra Margaritae est un type nouveau et bien distinct dans 
ce genre déjà si riche en plantes ornementales. Il a le port trapu de 
VAph. pumila, dont il a aussi la pubescence et la couleur orangée des 
corolles, mais il s'en distingue par la forme elliptique des feuilles, leur 
coloration rose à la face inférieure et les bandes blanches de leur face 
supérieure, par les laciniures des bractées, etc. Par la conformation 
des bractées, il offre quelqu'affinité avec VAph. Chamissoniana 

MM. Jacob-Makoy ont voulu le dédier à la fille d'un des directeurs 
actuels de l'établissement, M cllc Marguerite Closon ; la plante, comme 
la charmante enfant, est une vraie perle, margarita. 

En voici la description : 

Sous-arbrisseau très court (0 m , 10-25) couvert partout de poils blancs et héris- 
sés. Tiges cylindriques. Feuilles décussées, étalées, assez longues (0™, 03-12), 
à pétiole court (0 ,n ,01-2), à lame elliptique, rose foncé à la face inférieure, vert 
foncé à la face supérieure qui est ornée, drins le sens des nervures secondaires, 
de quelques bandelettes, ordinairement au nombre de six paires, arquées, 
étroites (0 m ,0015j et blanc de lait. 

Épis terminaux, sessiles, compactes, tétrastiques, floribonds (environ 24 fleurs) 
Bractée dorsale de chaque fleur, herbacée, courte (0m,018), large (0*,036), 
dépassant le calice, en forme de lanière verte et entière à la partie inférieure, 
tandis qu'elle est brune à la partie supérieure qui est pectinée en quelques 
divisions étroites, longues et pub a scentes. Bractéoles latérales (stipules) sem- 



— 316 — 

blables, mais beaucoup plus étroites (0 ra ,0015) et souvent entières d'un côté. 
Calice court (0,005-7), herbacé, à cinq segments étroits et lisses. Corolle très 
longue (0,052), comprimée latéralement, entièrement orangé vif, à tube velu 
infundibuliforme, à limbe lisse; lèvre supérieure dressée, ovale, condupliquée, 
droite, obtuse et bifide; lèvre inférieure réfractée, avec le lobe moyen ample et 
tronqué et les lobes latéraux étroits. Étamines 4, égales; les deux postérieures 
à filet adné plus haut sut* le tube que les 2 latérales; anthères conniventes à la 
même hauteur sous la lèvre supérieure. Filament stérile long et subulé; ovaire 
minime; style longissime, grêle et portant le stigmate à la hauteur des anthères. 

Le genre Aphelandra a été fondé par Nées von Esenbeek qui a 
su discerner sa structure de celle du genre Justicia avec lequel les 
premières espèces étaient confondues. Il est surtout caractérisé par 
ses anthères toutes uniloculaires (a^eÀTj;, simple et avtyoç, mâle) et 
renfermées dans une corolle bilabiée. On en connait une cinquantaine 
d'espèces qui toutes habitent l'Amérique centrale, principalement le 
Mexique, la Colombie et le Brésil et parmi lesquelles il en est beaucoup 
qui se recommandent par le caractère hautement ornemental du 
feuillage et des fleurs. 

Ce genre a été établi sur VA. tetragona qui était cultivé jadis 
sous le nom de Justicia tetragona Vahl. et aussi sous le nom iïAph. 
cristata {Justicia cristata Jacq). Il diffère à peine de YAph. pulcherrima 
et ces deux formes appartiennent à la flore de Caracas et de la 
Colombie. Elles ont les fleurs d'un beau rouge écarlate. 

Parmi les formes découvertes et introduites depuis peu d'années, 
beaucoup ont aussi les fleurs d'un rouge de feu, d'un éclat extraordi- 
naire. Nous citerons les suivantes en les recommandant au point de 
vue cultural, mais sans garantir leur valeur botanique : 

Aphelandra aurantiaca Lindley (Bot. reg. 1845, pl. 12. — Flore 
des serres, I, 1845, p. 239, pl. 42. — Annales de Gand, I, 1845, 
p. 66).— Découvert en 1839 par MM. Linden, Funck et Ghiesbrecht, 
dans les forêts sombres et humides, près de Teopa, province de 
Tabara, à 2500 pieds d'altitude; un pied arrivé vivant en Europe fut 
cultivé dans les serres royales de Laeken,où il fleurit pour la première 
fois en 1843. Il fut observé par Scheidweiler qui le décrivit sous le 
nom de Hemisandra aurantiaca. La plante fut répandue dans le com- 
merce par L. Jacob-Makoy qui la fit passer en Angleterre, chez Low, 
puis chez Henderson où elle fleurit en 1844. Lindley la reconnut pour 



— 317 — 

un Aphelandra.. Ses feuillles sont uniformément vertes, larges dès la 
base. L'épi est allongé, à bractées vertes et denticulées. La corolle est 
coccinée. Il diffère à peine de YAph. acutifolia Nées, connu depuis long- 
temps mais introduit seulement en 1808 par MM. Veitch et figuré en 
1869, par J. D. Hooker, dans le Botanical Magazine (pl. 5789). Il en 
est de même de Y Aphelandra Roezli (Flore des serres, 1867-68, XVII, 
p. 53, pl. 1741. Gartenûora, 1869, p. 66, pl. 608) qui se distingue, 
sinon par ses fleurs, au moins par la réticulation blanche répandue sur 
son feuillage. M. Roezl a raconté, il y a peu de temps, dans la Bel- 
gique horticole (1883, p. 164), les circonstances dans lesquelles il a 
rencontré cette plante pendant son exploration du Mexique. 

Aphelandra nitens J. D. Hooker (Bot. Mag. 1868, pl. 5741) a 
encore les fleurs rouge vermillon, mais il se distingue par ses feuilles 
qui, au dessus, sont luisantes et comme vernissées et qui, en dessous, 
sont colorées en rose foncé de nuance vineuse. Il a été récolté en 1868, 
par M. Pearce, aux environs de Guayaquil, dans la Nouvelle Grenade 
et introduit par MM. Veitch, de Londres. 

Aphelandra fascinator Linden et André (III. hort., 1874, p. 42, 
pl. 164), découvert en 1872 dans les forêts de la Nouvelle-Grenade,, 
a aussi les feuilles discolores; mais, en outre, la face supérieure est 
ornée de larges veines blanches qui suivent les principales nervures 
et qui s'anastomosent même entre elles. Les fleurs sont rouge ver- 
millon. L'Aphelandra publié en 1876 dans Y Illustration horticole 
(p. 25, pl. 231) sous le nom à' A. nitens var. Sinitzini a beaucoup de 
ressemblance avec le fascinator. 

Aphelandra pumila Hooker (Bot. Mag., 1879, pl. 6467). Se 
distingue des espèces précédemment connues par sa tige très courte. 
Ses feuilles sont presque couchées sur le sol, vertes sur les deux faces, 
pubescentes et cordées à la base. Fleurs coccinées. Du Brésil et intro- 
duit par M. Bull. (Belg. hort. 1879, p. 144). — M. Ed. Regel en a déjà 
décrit une variété splendens (Gartenjlora, 1883, p. 1, pl. 1104), d'après 
un spécimen envoyé du Brésil par M. Lietze à MM. Haage et Schmidt. 

Une autre série d' Aphelandra a les fleurs jaunes. Telles sont notam- 
ment les espèces suivantes : 



— 318 — 

A. squarrosa Nées ab Esenbeek, du Brésil, Montagnes des Orgues, 
et introduit, en 1851, chez Madame Legrelle d'Hanis à Anvers [Flore 
des serres, VIII, 1852-53, p. 161, pl. 809, et IX, 1853-54, p. 85, 
pl. 889). Les feuilles vertes sont plus ou moins bigarrées de blanc. 
Les bractées sont jaune citron. 

A. variegata J. E. Planchon (Flore desserres, X, 1854-55, p. 33, 
pl. 981; Bot. Mag., 1856, pl. 4899). Feuilles grandes et vertes. Epi 
allongé, serré, à bractées condupliquées, entières, rouge orangé. 
Corolle longue et jaune. Du Brésil, province de Bahia. Introduit par 
Marius Porte en 1846-47, chez M. Morel, à Saint Mandé. 

A. Porteana Planchon (Flore des serres, X, 1854-55, p. 41, 
pl. 984). Semble être une variété de YAph. variegata dont il se 
distingue par l'épi plus court et les bractées plus lâches. 

A. Liboniana W. J. Hooker (Bot. Mag., 1864, pl. 5463). Origi- 
naire du Brésil et introduit par M. Linden,se distingue par ses feuilles 
très grandes parcourues par une nervure médiane blanche ; par son épi 
allongé, à bractées rouge vif et entières; enfin, par ses fleurs très 
courtes, à corolle jaune avec les divisions étroites et de couleur rouge. 

A. ornata Anderson (Belg. hort., 1865, p. 33, pl. 3). De Bahia; 
introduit par M. Porte, chez M. Linden. Feuilles à lame décurrente 
sur le pétiole, pubescentes et traversées par une large bande vert clair. 
Bractées ovales-lancéolées, pubescentes, entières, vert rougeâtre, 
corolle jaune. 

A. sulphurea J. D. Hooker (Bot. Mag., 1872, pl. 5951). — De 
Guayaquil (Nouvelle-Grenade) et introduit par MM. Veitch. Feuilles 
vertes. Epi allongé; bractées vertes, vivement denticulées; corolle 
jaune. 

A. Chamissoniana Nées (Bot. Mag., 1882, pl. 6627). Synon. : 
A. punctata Bull (Mus tr. hort., 1882, p. 109, pl. 457). Cette espèce 
connue depuis longtemps des botanistes a été introduite du Brésil, 
province de S te Catherine, par M. Bull qui l'a annoncée sous le nom 
d'A. punctata. Ses feuilles vertes sur les deux faces ont souvent un 



— 319 — 



pointillé blanc répandu sur la face supérieure, parfois des bandes 
blanchâtres. Bractées bordées de fortes dents aiguës ; corolle jaune. 

Tous les Aphelandra sont des arbustes de petite taille, peu ramifiés 
et à feuilles assez grandes. Ils se plaisent dans des localités chaudes, 
humides et, en général, ombragées. On peut leur reprocher de se 
dégarnir prématurément de leurs feuilles. 

On les cultive mal, la plupart du temps, parce qu'on ne leur laisse 
pas la période de repos qu'ils réclament et pendant laquelle le sol doit 
demeurer relativement sec. 



ÉNUMÉ RATION MÉTHODIQUE DES PLANTES ORNEMEN- 
TALES QUI ONT ÉTÉ DÉCRITES OU FIGURÉES EN 1882, 

par André De Vos. 

Dans cette énumération, nous ne mentionnons pas seulement les 
nouveautés qui ont paru en 1882, et qui ont été décrites dans les 
principales publications belges et étrangères, mais encore celles qui 
sont renseignées dans les catalogues des grands horticulteurs-intro- 
ducteurs, comme nous signalons, en outre, les plantes qui ont été 
primées aux expositions de Londres en 1882. La présence de l'asté- 
risque devant le nom d'une plante indique d'ailleurs les nouveautés 
de l'année. Nous n'avons pas cru devoir relever dans notre liste 
toutes les formes jardiniques qui ne portent pas un nom consacré par 
la science et pour le même motif nous avons passé sous silence les 
planches relatives aux fruits. 

Il reste entendu que dans la partie bibliographique nous nous 
sommes dispensé de signaler l'année, attendu que nous n'avons con- 
sulté que les publications de 1882 : il n'y a d'exception que pour le 
Journal d'horticulture suédoise que M. Morren vient de signaler à 
notre attention et dont nous avons relevé les plantes parues de 1880 à 
1882, ainsi que pour le grand ouvrage sur les Orchidées de M. B. S. 
Williams, dont nous avons noté les numéros édités en 1881 et 
en 1882. 

L'année 1882 paraît avoir été féconde en introductions puisque 
nous constatons 251 nouvelles plantes, mais beaucoup de ces nou- 
veautés sont ou des variétés de types déjà connus ou le produit des 



— 320 — 

hybridations auxquelles tendent surtout aujourd'hui les efforts de nos 
grands horticulteurs et amateurs. 

Ce nombre total de 251 plantes se décompose de la manière 
suivante parmi les grands embranchements du règne végétal : Crypto- 
games 21, Gymnospermes 1, Monocotylédones 163, Dicotylédones 66. 
Comme les années précédentes, nous constatons que le troisième em- 
branchement l'emporte de beaucoup sur les autres, parce que c'est là 
que l'on rencontre les familles aux plus jolies fleurs et au feuillage le 
plus varié; c'est ainsi qu'à elles seules, les Orchidées ont fourni un 
contingent de 105 nouveautés parmi lesquelles nous citons : 11 Masde- 
vallia, 13 Dendrobium, 18 Odontoglossum, 9 Phalaenopsis, 8 Catt- 
leya, 8 Cypripedium. 

Les autres Monocotylédones ont donné : Mélanthiacées 1 , Liliacées 
11, Dioscoréacées 1, Amaryllidées 9, Broméliacées 2, Zingibéracées 
7, Marantées 3, Musacées 3, Aroïdées 16, Pandanées 1, Palmiers 4. 

Parmi les Dicotylédones apétales, on trouve : Pipéracées 1, Urti- 
cacées 2, Morées 1, Népenthacées 6; — dans les gamopétales : 
Plumbaginées 1, Composées 1, Rubiacées 5, Asclépiadées 1, Gentia- 
nées 3, Labiées 1, Acanthacées 2, Gesnéracées 2, — et dans les Poly- 
pétales : Araliacées 4, Ampélidées 1, Saxifragées 1, Crassulacées 2, 
Papavéracées 1, Crucifères 1, Passinorées 1, Bégoniacées 4, Malva- 
cées 1, Ternstrœmiacées 1, Pittosporées 1, Euphorbiacées 16, Balsa- 
minées 1, Mélastomacées 1, Myrtacées 2, Rosacées 2. 

Les botanistes qui ont décrit les plantes précédentes sont : Sir 
J. D. Hooker (5), N. E. Brown (14), Masters (5), J. G. Baker (7), 
Th. Moore (9); — H. G. Reichenbach (80), Krànzlin (1); — Regel 
(10); — J. Linden (3), Ed. Morren (3), G. Jorissenne (1), El. Mar- 
chai (1); — Engelmann (2), Watson (1) ; — F. von Millier (1). 

Les ouvrages d'horticulture que nous avons consultés donnent les 
nombres suivants pour les plantes nouvellement décrites : 

Gardeners' Chronicle (127), Botanical Magazine (7), The Garden 
(4); Gartenfiora (11), Journal russe d'horticulture (4); — Illustration 
horticole (11), Belgique horticole {S), Revue de V horticulture belge (2); 
— Revue horticole (3); — Garten Zeitung (1). 

Nous croyons qu'il est également intéressant de faire connaître les 
régions du globe qui ont été explorées, en indiquant les familles ou 
les genres observés et le nombre de plantes fournies. 



— 321 — 

Amérique (40). — La partie centrale comprenant la Colombie, la 
Nouvelle Grenade, le Vénézuela et l'Ecuador a donné : 14 Orchidées, 
5 Amaryllidées, 1 Aroïdée, 1 Pandanée, 1 Gesnéracée, 1 Araliacée, 
1 Passiflorée. 

Le Brésil : 2 Broméliacées, 1 Orchidée, 2 Marantacées, 1 Aroïdée, 

1 Acanthacée. 

La Guyane anglaise : 1 Palmier, 1 Amaryllidée. 

Le Paraguay : 1 Mélastomacée. 

Les Antilles : 1 Fougère, 1 Broméliacée. 

La Californie : 1 Rosa. 

Le Mexique : 1 Fougère, 1 Conifère, 1 Agave. 
Afrique (13). — La région australe a fourni : 2 Liliacées, 1 Asclé- 
piadée. 

La partie tropicale orientale y compris Madagascar, Zanzibar et 
File de Socotra : 2 Liliacées, 3 Orchidées, 1 Balsaminée et la partie 
occidentale : 1 Fougère, 1 Liliacée, 1 Orchidée. 

L'Algérie : 1 Liliacée. 

Europe (1). — L'Europe, dont le contingent est toujours minime, a 
donné en Italie une nouvelle Crassulacée. 

Asie (38). — Dans les Indes orientales, comprenant Assam, Bhotan, 
et Siam, Birmanie, Cochinchine, Malacca, c'est-à-dire l'Asie tropicale, 
on a trouvé : 1 Fougère, 15 Orchidées, 2 Zingiberacées, 1 Aroïdée, 

2 Palmiers, 2 Qrticées, 1 Composée, 1 Acanthacée, 1 Saxifragée. 
La Chine : 1 Fougère, 1 Mélanthiacée. 

Le Japon : 1 Ternstrœmiacée, 1 Spiraea. 

Le Turkestan : 2 Liliacées, 1 Plumbaginée, 3 Gentiana, 1 Labiée. 
1 Papavéracée. 

Océanie (49). — Sous cette rubrique, nous comptons toutes les îles 
du Grand Océan. 

Bornéo : 1 Sélaginelle, 2 Orchidées, 1 Zingibéracée, 2 Aroïdées, 
1 Pipéracée, 2 Nepenthes, 1 Ampélidée, 1 Bégonia. 

Sumatra : 3 Zingibéracées, 1 Musacée, 3 Aroïdées, 1 Ixora, 
1 Bégonia. 

Nouvelle-Guinée : 4 Orchidées. 

Java : 1 Aroïdée, 1 Bégonia. 

Philippines : 5 Orchidées. 

Moluques : 1 Orchidée. 

M 



— 322 — 



Queensland : 1 Fougère. 
Nouvelle-Zélande : 1 Pittosporée. 

Iles de la mer du Sud : 6 Fougères, 1 Amaryllidée, 2 Orchidées, 
2 Musacées, 1 Aroïdée, 2 Araliacées, 1 Croton. 

Cryptogames . 

FOUGÈRES. 

*Trichomanes Harti J. G. Baker, Gard. C/ir., XVIII, p. 680. — Trouvé à 
Sierra Leone par le D r W. H. Hart qui l'a envoyé à M. F. W. Burbidge. Frondes 
deltoïdes, tripinnatifides, vert foncé, glabres; pennes 8-12, serrées, sessiles, à 
l'exception des inf. qui sont lancéolées. 

*Elaphoglossum Backhousianum T. Moore, Gard. Chr., XVII, p. 672, 
fig. 103-105. — Rhizome rampant, couvert d'écaillés. Frondes stériles grandes, 
dressées, lisses, oblongues-lancéolées, aiguës au sommet, frangées sur les bords 
d'écaillés brun foncé. Frondes fertiles plus petites, étroitement lancéolées, entières, 
atténuées au sommet et décurrentes à la base, couvertes de poils écailleux caducs. 
Introduit du Mexique par MM. J. Backhouse et fils, d'York. 

Adiantum cuneatum var. *Bournei Hort. — Remarquable par ses frondes 
triangulaires sur de longs pétioles : elle est voisine de A. Pacotti et a été exposée à 
Londres le 23 mai 1882 par Smith, jardinier de C. W. Bourne, à Eltham. 

*A. cuneatum var. Legrandi Hort. — Jolie var. horticole, avec les frondes 
petites et triangulaires. Obtenue chez MM. Wallem et Legrand, à Gand. 

A. cuneatum var. *Pacotti Hort. — Charmante forme à frondes allongées, 
triangulaires, à pinnules très denses. Exposée à Londres par M.W. Bull, en avril 1882. 

*XA. Victoriae T. Moore, Gard. Chr. , XVII, p. 428. — Hyb. obtenu par 
M. Bause, entre A. décorum et A. Ghiesbreghii (scutum). 

Pteris serrulata var. Cowani T. Moore, Gard. Chr., XVIII, p. 74,1. — 
Frondes naines, très larges et arrondies au sommet qui est multifide; la pointe des 
pinnules est flabellée. 

Gymnogramme Laucheana C. Koch., var. grandiceps Dix. — Jolie 
fougère dorée à frondes allongées, bipennées, avec les segments émoussés. Obtenue 
par MM. S. Dixon et (X 

♦Pleopeltis fossa T. Moore, Gard. Chr., XVIII, p. 586. — Frondes toujours 
vertes, coriaces, arquées, longues d'un pied, variant de la forme linéaire-lancéolée à 
la forme ovale, vert foncé au-dessus, plus pâle en dessous, avec de petites écailles 
noires, fimbriées; les sores sont grands et arrondis. De Java et communiqué par le 
Jard. bot. de Leyde à M. Veitch. 



— 323 - 

*P, xiphias W. Bull., Cat. n° 184, p. 17. — Fougère de serre chaude, native 
des îles de l'Océan Pacifique. Ses frondes sont simples, à veines pennées et 
finissent brusquement en une longue corne étroite ; elles sont coriaces, arquées et 
souvent ondulées sur les bords. 

Polystichum vestitum var. *grandidens T. Moore, Gard. Chr., XVIII, 
p. 776. — Stipe et rachis fortement garnis d'écaillés brun foncé et rachis prolifère 
au sommet; frondes lancéolées ou ovales, bipennées. 

*Asplenium (Diplazium) Laffanianum J. G. Bak., Gard. Chr., XVII, p. 673. 
— Fougère des îles Bermudes dédiée au général-major sir Robert Laffan. Stipe 
dressé; frondes oblongues, deltoïdes, bipennées, vert brillant, couvertes sur les 
2 faces de poils ou écailles, longues de 1 1 / 2 pieds et larges de I pied. 

*Lastrea Hopeana. — Fougère décorative à stipes grêles, à frondes ovales, 
longues d'un pied, pinnées-pinnatifides : le sommet et les segments des frondes sont 
pétiolés et ces derniers découpés en lobes falciformes ligulés étroits. Des îles de la 
mer du Sud. 

♦Nephrodium Rodigasianum T. Moore. M. hort., p. 27, pl. 442. — Plante 
de serre chaude, native des îles Samoa et introduite par M. J. Linden. Elle est 
voisine de IV. truncatum Presl., mais le stipe et les rachis au lieu d'être lisses, sont 
couverts de poils serrés. Les frondes vert pâle deviennent glauques en été, sont 
longues de 90 cent, à 1 m. 20 et pennées; les pinnules sont sessiles, tronquées à la 
base et profondément incisées. 

Davallia fijensis Hort. Bull var. plumosa W. Bull, Cat. n° 18-4, p. 15, 
avec fig. noire. — Charmante plante ornementale, à rhizomes rampants, brun- 
blanchâtre et à gracieuses frondes plumeuses et pendantes, largement triangulaires 
et portées par un pétiole long d'un pied ou plus. Des îles Fidji. 

*D. faeniculacea. — Frondes longues de 1 1/2 pied, deltoïdes-lancéolées, quadri- 
pennées, à segments terminaux découpes jusqu'au rachis en lobes linéaires fili- 
formes, simples ou fourchus. Des îles Fidji. 

*D. Griffithiana Hook., Gard. Chr. % XVII, p. 672. — Rhizome rampant, 
couvert d'écaillés linéaires fimbriées blanchâtres; stipe dressé; frondes deltoïdes, 
atténuées au sommet, coriaces, tripennées. De l'Assam et du Bhotan et propre à la 
décoration des serres froides. Exposée à Londres en mai 1882 par M. W. Howard. 

D. tenuifolia Swartz var. *Veitchiana T. Moore. Gard. Chr., XVIII, p. 648. 
— Var. à frondes divergentes et plumeuses, largement ovales, quadripennées, avec 
les derniers lobes cunéiformes, simples ou bifides. Introduite de la Chine chez 
M. Veitch. 

Alsopliila contaminans Wall. ///. hort n p. 121, pl. 458. — Stipe haut de 
plusieurs mètres, avec le sommet entièrement poilu; rachis brun violacé contrastant 
avec la nuance glauque du feuillage vu d'en dessous; frondes oblongues, lancéolées, 
acuminées, découpées jusque près de la nervure médiane en pinnules falciformes. 



— 324 — 



*A. Rebeeeae E. Mùll. Journ. russe dViorl., p. 593, pl. 43. W. Bull. Cat. 

n<>18£, p. 13, avec fig. noire. — Fougère arborescente, du Queensland, à stipe élancé; 
les frondes sont elliptiques, bipennées; les grandes pennes ont de nombreuses 
pinnules pétiolées, linéaires, acuminées, subcordées à la base et incisées-crénelées 
sur les bords; le rachis est couvert à la partie sup. d'écaillés noires. 

Osmunda japonica var. *corymbifera Moore. — Var. très élégante avec 
le sommet des pennes et des pinnules multifides. Exp. à Londres, le 5 juillet 1882 
par M. Veitch. 

*0. javanica. — Frondes pennées, coriaces, hautes de 1-2 pieds; les segments 
stériles sont lancéolés; les fertiles sont formés par la juxtaposition de nombreux 
sporanges sessiles et oblongs. 

Lygodictyon Forsteri J. Smith. Gard. Chr., XVIÏ, p. 44. — Fougère grim- 
pante des îles de la Mer du Sud, propre à la décoration des serres tempérées. Ses 
frondes sont pennées, à segments lancéolés, ondulés, finement dentés et brièvement 
pétiolés; les segments fertiles sont plus courts et plus larges. 

LYCOPODIACÉES. 

*Selaginella grandis T. Moore. Gard. Chr., XVIII, p. 40, fig. 7-8. — Tiges 
rampantes, tétragonales, comprimées; les feuilles sont étalées, oblongues, subfalci- 
formes, ciliées, uninerviées; les feuilles intermédiaires sont plus petites, ovales, 
cuspidées, dentelées, carénées; les chatons, à l'extrémité des derniers rameaux, 
sont tétragonaux, à bractées ovales-acuminées, carénées, dentelées. De l'île de 
Bornéo et introduite par M. Curtis chez M. Veitch. 

Gymnospermes . 

CYCADÉES. 

Encephalartos cycadifolius Lehm. var. Prederiei Guilielxni. III. hort., 
p. 123, pl. 459. — Tige de 2 m. de haut, couverte de poils laineux, surtout vers le 
sommet; le rachis est également tomenteux, tétragone et porte de 100 à 200 folioles 
linéaires, mucronées, glauques. De la Cafrerie. 

E. villosus Lem. Bol. Mag., pl. 6654. — Espèce du Natal introduite par 
M. Amb. Verschaffelt de Gand. Tige rarement développée dans les spécimens 
importés et cultivés, probablement courte, couverte par la base des feuilles tombées 
et par un tomentum brun. Frondes dressées, étalées, longues de 5 pieds, vert clair, 
avec le pétiole et le rachis subcylindriques, chargés d'un duvet cotonneux qui 
disparait; folioles 6-9 paires, alternes ou opposées, linéaires, lancéolées, à sommet 
subfalciforme, bordées de dents épineuses; cône mâle jaune pâle, étroitement 
cylindrique; cône femelle orange verdâtre, teinté de couleur abricot, ovoïde cylin- 
drique. 



— 325 — 



Zamia montana A. Braun. Gard. Chr., XVII, p. 460. — Pl. de la Nouv.- 
Grenade découverte en 1875 par G. Wallis et en 1880 par M. Kalbreyer. Sa tige et 
ses frondes sont longues de 4-5 pieds, avec le pétiole fauve tomenteux; folioles 
8-10, les inf. plus distantes, longues d'un pied, oblancéolées et brusquement 
acuminées. 

Z. obliqua A. Braun. Gard. Chr», XVII, p. 460, fig. 72. — Cette espèce s'éloigne 
de tous les autres Zamia par son port de Chamaedorea : elle est des parties chaudes 
de la Nouv. -Grenade et a été introduite par M. Veitch. Sa tige est cylindrique, 
dressée, haute de 4 pieds, couverte d'une écorce subéreuse verruqueuse pâle, mar- 
quée transversalement par les cicatrices des feuilles tombées; feuilles nombreuses, 
de 1 </2-3 pieds de long, à H paires de folioles, elliptiques-lancéolées, acuminées, 
denticulées au sommet. 

CONIFÈRES. 

Pimis Ayaeahuite Ehrenberg. Gard. Chr., VXIII, p. 492, fig. 83. — Arbre 
atteignant au moins 100 pieds de hauteur, natif des montagnes du nord du Mexique, 
et introduit par Hartweg en 1840 à Chiswick. II a les branches longues, étalées et 
porte des feuilles glauques; ses cônes sont pendants, cylindriques-coniques, formés 
d'écaillés ovoïdes, coriaces et terminées par une apophyse. 

P. Bungeana Zucc. Gard. Chr., XVIII, p. 8, fig. 1-2. — Arbre de moyenne 
grandeur, à rameaux d'un gris glauque, avec Pécorce gris foncé; feuilles vert clair, 
droites, triangulaires ; cônes ovoïdes, obtus. De la Chine sept. 

*P. latisquama Englm. Gard. Chr. XVIII, p. 912, fig. 125. — Intéressante 
espèce découverte en 1880 par le D p E. Palmer, dans les montagnes au sud de 
Saltillo (Mexique); feuilles S, courtes, très fines et légèrement dentées; cônes subcy- 
lindriques, pédonculés et subterminaux, à écailles brun marron, luisantes, oblique- 
ment rhomboïdales, très larges et transversalement carénées. 

Abies Eiehleri Lauche. Gart. Zeil., p. 65, avec pl. col. — Se distingue de 
VA. Nordmanniana par la couleur blanche de la partie inf. des f euil les et par les 
jeunes rameaux qui sont bleu verdâtre. De Tiflis. 

Araucaria Mulleri Ad. Brongn. et A. Gris. 111. hort., p. 73, pl. 449. — Bel 
arbre de la Nouvelle-Calédonie, découvert par Panchcr et introduit chez M. Linden. 
Ses feuilles sont ovales, imbriquées, presque planes et marquées dans le sens de la 
longueur de pelites ponctuations blanchâtres. 

Monocotylédones. 

JONCÈES. 

Junous zebrinus Iïort. W. Bull. Rev. hori. belge, p. 37, avec pl. noire — 
Feuilles érigées, grêles, rayées transversalement de vert et de blanc. Introduit du 
Japon par M. \V. Bull. 



— 326 — 



MÉL ANTHI ACÉES . 

*Veratrum Maacki Rgl. Gfl., p. 5, pl. 1070. — Pl. vivace, de la région de 
l'Amour et qui paraît n'être qu'une forme du V. nigrum. 

Bulboeodium trigynum Adam. The Garden, XXI, p. 295, avec fig. — Jolie 
pl. bulbeuse, originaire du Caucase : elle porte trois larges feuilles et une couple 
de fleurs lilas pâle. 

LILIACÉES. 

Tulipa Borszezowi Rgl. Bot. Mag., pl. 6635. — Petite espèce, à 2 ou 
3 feuilles lancéolées, vert glauque; fleur assez grande, jaune, avec l'extérieur des 
3 sépales rouge bordé de jaune. De l'Asie centrale. 

*T. brachystemon Rgl. Gfl., p. 323, pl. 1099, fig. 2, 3. — Feuilles 2-3, 
dressées, Iinéaires-oblongues, canaliculées, glabres ou ciliées sur les bords, glau- 
cescentes; pédoncule uniflorp ; périgone à divisions intérieures jaunes, mucronées, 
à divisions extérieures également jaunes, avec la base verdâtre et le sommet 
pourpré. Du Turkestan et introduit par M. A. Regel. 

T. Didieri Jordan. Bot. Mag., pl. 6639. — Bulbe ovoïde, avec les tuniques 
extérieures velues en dedans; feuilles 2-3, glauques, aiguës; hampe de 1-1 1 / a pied 
de haut; périanthe campanulé, cramoisi brillant, avec une large tache pourpre 
bordée de jaune à la base des divisions. Originaire de la Savoie et de l'Italie. 

*T. primulina J. G. Bak. Gard. Ckr., XVIII, p. 8. — Espèce voisine de T. cretica 
et de T. Lownei, trouvée dans l'Algérie orientale; ses feuilles, au nombre de 4-6, 
sont linéaires, vertes, glabres, canaliculées; la fleur est odorante, à périanthe infun- 
dibuliforme et jaune de primevère; les segments extérieurs sont lancéolés et teintés 
de rouge clair à la base; les segments intérieurs sont oblongs et les anthères jaune 
orange vif. 

Lilium auratum Lindl. var. *virginale Hort. — Belle var. à fleurs blanches 
simplement bandées de jaune. Exp. à Londres le 25 juill. 1882 par M. Veitch. 

L. elegans Thunr. var. *robustum. Très remarquable Lis à tiges robustes, 
avec les fleurs grandes, orange foncé et maculées de brun foncé. Exposé à Londres 
le 13 juin 1882 par M. T. S. Ware. 

L. nitidum. Flor. and Pom., p. 129, pl. 569. — Bulbe subrhizomateuse, avec 
des écailles lancéolées, blanches; tige de 2-2 */* pieds de haut, pourpre à la partie 
inf. et verte à la partie sup. ; feuilles 20, verticillées, lancéolées; panicule de 12 fi. 
petites, penchées, à segments lancéolés, récurvés, d'un riche jaune d'or, tachés dans 
la moitié inf. de brun rougeâtre. 

L. Parryi Wats. Flor. and Pom., p. 5, pl. 553. Bol. Mag., pl. 6650. Gfl., 
p. 2;>8, pl. 1093. Journ. russe d'hort., p. 509, pl. 37. — PI. de la Californie ménd. 
découverte en 1876 par le D«- Parry. Sa bulbe est rhizomateuse, sa tige mesure 



— 327 - 



2 à 3 pieds et ses feuilles verticillées vers la base, sont alternes dans le haut; files 
sont étroitement lancéolées, acuminées et vert clair; ses fl. sont jaune clair et 
marquées intérieurement de gros points rouges; elles sont pendantes, en entonnoir 
et à limbe révolu té. 

Ii. polyphyllum. Flor. and Pom., p. 3, pl. 553, fig. 2. — Bulbe petite et 
allongée; tige haute de 2-4* pieds, portant de nombreuses feuilles éparses et se ter- 
minant par une grappe lâche de 4-10 fl. en entonnoir, à segments recourbés, 
blanches teintées de jaune et marquées de taches et de lignes pourpre rougeâtre. De 
l'Himalaya occid. 

Brodiaea laxa et var. The Garden, XXI, p. 406, avec pl. col. — Pl. bulbeuse 
de l'Amérique septr , rustique, portant des ombelles de fleurs en entonnoir, à 
6 divisions, violettes ou blanches. 

Aloe abyssinica var. Peacocki Bak. Bol. 31ag., pl. 6620. — Touffe de 
20-30 feuilles charnues, creusées en gouttière, bordées de dents épineuses, connées, 
rouge-brun, colorées en vert glauque; les fl. sont jaunes, tubuleuses, en nombreuses 
grappes serrées au bout de pédoncules axillaires longuement rameux. 

Tritoma Saundersi. Rev horl., p. 504, avec pl. col. — Pl. vigoureuse, à 
souche cespiteuse-gazonnante ; feuilles arquées, tombantes, longues de l m -l m 50, 
triquètre», finement dentelées, d'un vert sombre. Hampe robuste, raide de 2 m. de 
haut; inflorescence compacte; fl. longues, d'un beau rouge orangé. Du Natal et 
introduit par M. Saunders. 

Hyacinthus fastigiatus Bertol. Bot. Mag., pl. [6663. — PI. bulbeuse de la 
Corse et de la Sardaigne; feuilles 2-4 dans les pieds sauvages et au nombre d'une 
douzaine et plus dans les spécimens cultivés, glabres, longues d'un demi pied et 
contemporaines avec les fleurs. Hampe dressée, plus courte que les feuilles; 
fl. lilas, en corymbe. 

Lachenalia Nelsoni Hort. Gart. Zeil., p. 421, avec pl. col. — Hyb. obtenu 
par M. J. G. Nelson, de Norwich, à grappes de magnifiques fleurs jaune-orange et à 
feuilles vert foncé semé de macules de même couleur plus intenses. 

Seilla sibiriea. Journ. d'horl. sucd., p. 165, avec pl. col. — Jolie pl. bulbeuse 
portant 4-5 feuilles et une hampe rameuse de fl. bleu pâle avec une ligne centrale de 
couleur plus foncée sur chaque segment. 

Albuca Nelsoni N. E. Brown. Bot. Mag., pl. 6649. — Pl. découverte par 
M. Nelson dans le Natal. Sa bulbe est globuleuse et composée de nombreuses écailles 
imbriquées, charnues, ovales arrondies, les plus extérieures bordées de brun. 
Feuilles 4-6, subdressées et étalées, longues de 2-3 pieds, se rétrécissant graduel- 
lement. Hampe de 4-5 pieds; grappe longue d'un pied, formée de fl. blanches, à 
divisions linéaires-oblongues, concaves, avec le sommet brun verdâtrc. 

Puchkinia scilloides M. v. B. Journ. d'/iort. suéd., p. 165, avec pl. col. — 
Petite pl. bulbeuse produisant 2 feuilles concaves et une hampe terminée par 
5-10 fl. blanches, délicatement teintées de bleu pâle. Du Caucase et de l'Arménie. 



— 328 - 

*Allium Ostrowskianum Rgl. Gfl., p. 225, pl. 1089. Joum. russe d'horl., 
p. 405, pl. 26. — Bnlbe subglobuleuse, à tuniques minces; hampe de 20-50 cent.; 
2-5 feuilles linéaires-oblongues, molles, glauques; ombelle de jolies fl. roses, à 
divisions oblongues-elliptiques, 5 fois plus longues que les étaminrs qui sont jaune 
doré. Trouvé par M. Fétisow dans le Turkestan et dédié au ministre russe M. N. von 
Ostrowski. 

*Antherieum graptophyllum J. G. Bak. Gard. Chr., XVII, p. 460. — 

Récente introduction de l'île de Socotra faite au Jardin de Kew par le D r Balfour. 
Ses feuilles sont en rosette, lancéolées; elles sont marquées de bandes transversales 
alternatives de vert foncé et clair et sont ciliées; grappe lâche de fl. blanches, en 
entonnoir. 

*Chloropliytum Kirki J. G. Bak. Gard, Chr., XVII, p. 108. — Pl. voisine de 
C. elatum R. Br. et trouvée par Sir John Kirk dans l'Afrique tropicale orientale. 
Feuilles 8-12 subdistiques, lancéolées, de 1 i/a-2 pieds de long; pédoncule simple, 
long d'un pied; fl. en grappe subcylindrique, blanches, avec les divisions extérieures 
teintées de vert en dehors. 

^Asparagus plumosus nanus J. Veitch, Cat. 1882. p. 16, avec fig. noire. 
A. Van Geert, Cat. n° 85, p. i. — Pl. élégante de l'Afrique austr.J ses tiges sont 
touffues, grêles, dressées et gracieusement arquées. Ses rameaux disposés horizontale- 
ment sont munis d'aigrettes d'un beau vert groupées le long des rachis et des côtes. 

*A. tenuissimus. J. Veitch, Cat. 1882, p. 16. A. Van Geert, Cat. n« 83, p. L 
— Espèce sud-africaine, semi-grimpante, se distinguant de l'espèce précédente par 
l'extrême ténuité de son feuillage, un vert plus tendre et une plus grande longueur 
de la tige. 

Dracaena elliptica var. maculata Gard. Chr., XVII, p. 260. — Plante des 
Indes orientales, à feuilles elliptiques et dont la var. porte des macules blanches sur 
les feuilles; fl. verdâtres. 

D. erecta alba. Journ. d'horl. suèd., p. 161, avec pl. col. — Feuilles ovales- 
lancéolées, acuminées, dressées, et un peu recourbées au sommet, vertes et bordées 
de blanc de crème. 

D. G-oldieana Hort. Bull. Bot. Mag., pl. 6650. — Magnifique espèce apparte- 
nant au vrai genre Dracaena, introduite en 1870 de l'Afrique occid. tropicale par le 
Rév. Hugh Goldic. C'est un arbuste à tiges simple et droite, à feuilles rapprochées, 
étalées, cordées-ovales, prolongées au sommet en une longue pointe et marquées sur 
leur face sup. de grandes bandes transversales, alternativement d'un beau vert et 
d'un gris argenté; ses fl. blanches sont en tête serrée, globuleuse et sessile au 
sommet de In tige, avec de grandes bractées scarieuses. 

*D. Laingi Mort. Veitch. — Hyb. dont les plus jeunes feuilles sont vert pâle 
avec une large bande et les bords blanc de crème, faiblement teinté de rose et dont 
les plus anciennes sont vert plus foncé bordé de cramoisi et de blanc. 



— 329 — 

D. (Aletris) fragrans var. Massangeana H. Mak. Rev. hort. belge, p. 169, 
avec pl. col. Journ. russe d'horl., p. 477, pl. 54. Voir la Belg. hort. 

D. Thomsoniana Hort. — Espèce des côtes de l'Afrique occid., avec la tige 
dressée et les feuilles longues, d'un vert brillant. Exp. à Londres, le 5 juillet 1882 
par M. Veitch. 

Hesperaloe yuccaefolia Engelm. Gard. Chr. XVIII, p. 199, fîg. 34. — Plante 
singulière qui n'est ni un Aloe, ni un Agave, ni un Yucca, mais qui ressemble à ces 
trois genres; elle a une rosette de feuilles radicales étroitement canaliculées, garnies 
de filaments blanchâtres; du centre, s'élève une hampe de 3 à 4 pieds de haut, 
terminée par des fascicules de fl. disposées en grappes ; le périanthe est cylindrique, 
rougeâtre, à 6 segments linéaires, obtus, persistants. Du Texas. 

L APAGÉRIACÊES . 
Lapageria rosea Ruizet Pav. Rev. hort. belge, p. 265, avecpl. col. — Pl. volu- 
bile des forêts du Chili, remarquable par ses belles fleurs campanulées, roses, avec 
des taches blanches à l'intérieur et d'ailleurs connue et cultivée depuis longtemps. 

DIOSCORÉACÉES. 
*Dioseorea speciosa. W. Bull, Cat. n° 184., p. 15. — Pl. grimpante de serre 
chaude, très décorative; tiges anguleuses, feuilles cordées-sagittées, vert foncé, 
à 7 nervures, marquées de bandes irrégulières gris d'argent entre les nervures; 
la surface inf. est de couleur pourpre. 

IRIDÉES. 

XIris Van Houttei Hort. The Garden, XXI, p. 286. — Hyb. obtenu par 
M. Max. Leichtlin, entre /. susianu et /. iberica : ses fl. sont marquées de veines 
réticulées brun foncé ou noir. 

Herbertia oœrulea He«b. G/!., p. 130, pl. 1081. — Pl. naine qui ne diffère de 
H. pulchella Sw. que par la couleur de ses fleurs : les 3 divisions extérieures sont 
bleu lilas et leur onglet est ponctué de blanc bleuâtre, avec une marque noirâtre; 
les intérieures sont lancéolées, bleu sombre. Du Texas. 

Montbretia crocosmiaenora Hort. Rev. hort., p. 124, avec pl. col. Dent. 
Gart. Mag., p. 97, avec pl. col. — Voir notre Revue pour 1881 (Belg. hort., 1882). 

M. Pottsi J. G. Bak. Gart. Zeil., p. 159, avec pl. col. — Voir notre Revue pour 
1880 (Belg. hort., 1881). 

Nemastylis cœlestina Nutt. G. fl., p. 130, pl. 1081. — Feuilles linéaires- 
lancéolées; hampe plus longue que celles-ci; fl. à divisions ovales d'un beau bleu 
violet. De la Floride et de la Caroline. 

Tecophilaea eyanocrocus. Gard. Chr. XVII, p. 44. — Charmante 
pl. bulbeuse de l'île de Juan Fernandez, introduite par MM. Haage et Schmidt 
d'Erfurt. Ses feuilles ressemblent à celles du Scilla sibirica. Ses fl. en entonnoir, à 
divisions oblongues-obovées, sont d'un beau bleu de cobalt, avec quelques lignes 
blanches à la base. 



— 330 — 



AMARYLLIDÉES. 

*Zephyran.tlies citrina Baker. Bot. Mag.. pl. 6605. — Jolie plante bulbeuse 
reçue par M Veitch de la Guyane anglaise en 1881. Elle se distingue de ses congé- 
nères par sa fleur jaune et par les trois lobes de son stigmate tout à fait globuleux. 

Sprekelia glauca Linol. Gart. Zeil., p. 515, avec pl. col. — Hampe uniflore; 
feuilles paraissant après les fleurs, linéaires, luisantes vert grisâtre; périanthe 
penché, rouge écarlate, avec la nervure médiane blanche. 

"Vallota purpurea Herb. Rev. hort. belge, p. 7, avec pl. col. Journ. russe 
d'hort., p 61, pl. 5. — Pl. bulbeuse du Cap. introduite en 1774.; feuilles rubanées, 
longues de 80 cent.; hampe de plusieurs fleurs rouge de sang, à périanthe dressé. 

♦Crinum pedunculatum pacificum W. Bull, Cal. n° 184, p 14, avec fig. 
noire. — Noble espèce introduite de Pile de Lord Howe, produisant des ombelles de 
•20-50 11. blanc pur et odorantes; ses feuilles sont lancéolées, récurvées et sa bulbe 
est cylindrique. 

C. Schmidti Rgl. Gfl., p. 34, pl. 1072. Journ. russe d'hort., p. 123, pl. 9. — 
Très belle pl. du Natal introduite chez Haage et Schmidt, à Erfurt : elle est voisine 
de C. Kirki Bak. et s'en distingue par ses feuilles qui ne sont ni dentées ni ciliées. 
Son oignon est ovoïde; ses fi., au nombre de 8-10, sont réunies en ombelle et lon- 
gues de 18 cent ; le tube est cylindrique, courbé à son extrémité et verdâtre; le 
limbe est campanulé, à segments lancéolés, rejetés en dehors et d'un blanc pur avec 
une ligne médiane rosée sur la face externe. 

Amaryllis Rougieri Carr. Rev, hort., p. 512, avec pl. col. — PI. de Bahia 
(Brésil) et introduite vers 1872 chez M. Rougier-Chauvière. Elle est robuste, cespi- 
teuse; son oignon est ovoïde; ses feuilles persistent longtemps, sont arquées, planes, 
longues de 50 cent., larges de 4-6. d'un très beau vert en dessus, plus ou moins 
marquées de rouge vineux en dessous; hampe de 25-40 cent., glaucescente; inflo- 
rescence biflore; fl. très grandes sur un court pédoncule, avec les 4 divisions exter- 
nes étroites, les 2 latérales plus larges, toutes rouge sang, striées et comme marbrées 
de rouge brunâtre et à onglet jaune verdâtre. 

X*Nerine excellens. Flor. and Pom., p. 113, pl. 567. W. Bull, Cal. n° 184, 
p. 16. — Feuilles largement linéaires, émoussées au sommet; hampe d'un pied de 
haut, terminée par une ombelle de 6-9 fl. roses, avec une ligne centrale cramoisi 
carmin sur chaque segment; ceux-ci sont réfléchis et ondulés sur les bords. 

♦Stenomesson Stricklandi J. G. Bak. Gard. Chr., XVIII, p. 102. — Nouvelle 
Amaryllidée des Andes de l'Equateur, reçue par sir C. W. Strickland. Ses feuilles 
sont pétiolées, oblongues-lancéolées ; la hampe a 1 pied de haut, est cylindrique et 
grêle; fl. 5-6 en ombelle, avec le périanthe infundibuliforme; le tube est vert, cam- 
panulé et les segments sont connivents, oblancéolés, cuspidés, rouge brillant. 

*Eucharis Sanderi. Gard. Chr., XVIII, p. 712. — Cette espèce diffère de 
toutes les autres du même genre par sa bulbe plus courte et par les segments de son 
périanthe qui sont un pru ascendanls. 



— 331 — 

*Bomarea frondea Mast. Gard. Chr., XVFI, p. 668, fig. 102. — Pl. du groupe 
du B. Caldasiana découverte à Bogota par M. Carder et introduite chez MM. Shuttle- 
worth, Carder et C'*", ses feuilles sont lancéolées, acuminées; cyme ombelliforme 
simple, feuillue à la base; segments extérieurs de la fleur oblongs-obtus, jaune 
orange, les intérieurs, plus larges, acuminés. jaune serin, avec de nombreuses 
petites taches brun pourpre. 

*B. Schuttleworthi Mast. Gard. Chr., XVII, p. 76, fig. 14. — Espèce remar- 
quable découverte par M. Carder, dans la Colombie (Ocana) et introduite chez 
MM. Schuttleworth, Carder et C le , les feuilles sont glabres, ovales-lancéolées; inflo- 
rescence est une cyme pendante, à pédicelles dichotomes; le périanthe est infundi- 
buliforme ou campanule, avec les segments oblongs-aigus, orange-vermillon, 
légèrement teintés de vert et avec de petites taches foncées au sommet; les segments 
intérieurs sont jaune serin, avec la nervure médiane rouge. 

*B. vitellina Mast. Gard. Chr., XVII, p. 143, fig. 26. — Feuilles ovales- 
oblongues, inflorescence pendante, en cyme ombelliforme, à pédicelles dichotomes; 
fi. campanulées, jaune orange, à divisions extérieures oblongues, aiguës, à divisions 
intérieures obovales-oblongues, apiculées. Trouvée par M. Carder dans la Colombie 
(Ocana) et introduite chez MM. Shuttleworth, Carder et C ie . 

*B. "Williamsiae Mast. Gard. Chr., XVIII, p. 553. — Espèce de la Nouvelle- 
Grenade, découverte près du Mont Quindio par MM. Hosa Williams et introduite 
chez M Shuttleworth. Son rhizome est horizontal et les fibrilles radicales portent 
des tubercules oblongs-ovoïdes ; la tige et les feuilles sont glabres; la première est 
sillonnée, anguleuse, les secondes sont lancéolées, très aiguës; l'inflorescence est une 
cyme ombelliforme, avec de nombreux pédoncules; les fl. sont infundibuliformes, 
roses, avec les segments extérieurs du périanthe oblongs-aigus, tachés de pourpre à 
l'intérieur et verts au sommet ; les segments intérieurs sont spathulés, arrondis, 
avec quelques taches purpurines. 

*Agave bracteosa Wats. Gard. Chr., XVIII, p. 776, fig. 138-139.— Les 
feuilles finement dentées, étroites et les nombreuses bractées flexueuses ou récur- 
vées qui garnissent la hampe, contribuent à faire de cette espèce une des plus 
curieuses du genre. Elle a été découverte près de Monterey par le D r Palmer et a 
fleuri Tan dernier au Jard. bot. de Cambridge (U. S.). 

A. univittata Haworth. Bot, Mag., pl. 6655. — Feuilles 50 et plus, en rosette 
dense, de 1 1 /t-2 pieds de long, se rétrécissant graduellement pour se terminer par 
une pointe piquante brune, vert foncé glauque, avec une bande vert jaunâtre au 
centre, le bord brun avec de petites épines. Pédoncule long de 5-4 pieds, garni de 
nombreuses bractées linéaires. Épi cylindrique de 7-8 pieds, à fl. vert glauque 
très pâle. Du Mexique. 

Beschorneria bracteata Jacobi. Bot. Mag. f pl. 6641. — Pl. acaule, du 
Mexique; feuilles 30, en rosette dense, de 1-1 */ a pied de long, vert glauque, 
scabres sur les bords ; inflorescence de 4-5 pieds de haut, sur un pédoncule robuste, 
brun rougeâlre, avec 3-5 bractées lancéolées; périanthe à divisions conniventes, 

vertes, tournantiau rouge jaunâtre. 



— 332 - 



BROMÉLIACÉES . 

Pothuava (Bromelia) nudicaulis Lin. var. glabriuscula. Gfl., p. 291, 
pl. 1096. Journ. russe d'hort., p. 243, pl. 17. — Feuilles garnies de fortes épines 
noires; bractées, lancéolées / d'un beau rouge; calice jaune vers le sommet, ainsi que 
la corolle. De l'Amérique tropicale et des Antilles. 

*Aechmea paniculigera Grisebaoh. W. Bull, Cal. n° 184, p. 13. — Importée 
des Indes occid. ; hampe de plusieurs pieds de haut, pourpre rougeâtre, couverte 
d'un duvet blanc; panicule composée, grande, de 1-2 pieds de long, formée de 
nombreuses fl. roses. 

Billbergia Euphemiae Éd. Mrrn. Bot. Mag., pl. 6632. 

Vriesea incurvata Gaud. Belg. hort. f p. 52, pl. 2. 

"V. psittacina Lindl var. Morreniana. Belg. hort., p. 287, pl. 10-12. 

*V. Rodigasiana Éd. Mrrn. M. hort., p. 171, pl. 467. — Pl. de petites dimen- 
sions; rosace foliaire de 30 feuilles vertes, parsemées de macules rouge de sang; 
hampe allongée; panicule lâche; bractées rouges; fl. sessiles, tubuleuses, allongées, 
jaune pâle. Introduit du Brésil mérid. par M. Linden. 

V. tessellata Ed. Mrrn. Belg. hort., p. 381, pl. 14-16. 

Piteairnia alta Hassk. Bot. Mag., pl. 6606. — Feuilles arquées, recouvertes 
d'une poussière blanche en dessous, longues d'un mètre sur 2-3 cent, de large. 
Tige florifère d'un mètre, se ramifiant en grappes lâches de longues fleurs rouges. 
Des Indes occidentales. 

P. corallina Lind. et And. Bot. Mag., pl. 6600. — La plus belle espèce du 
genre ; se distingue par ses feuilles longues d'un mètre, par sa grappe de fleurs dans 
laquelle tout est coloré en rouge-corail vif; cette brillante inflorescence termine un 
rameau florifère qui se coude dans le milieu de sa longueur. Introduite vers 1870 
par M. Linden des Andes de Choco (Nouv. -Grenade). 

Tillandsia Lindeni Ed. Mrrn. var. splendida. Bev. hort., p. 12, avec pl. col. — 
Pl. très floribonde; hampes nombreuses; épis largement ellipsoïdes, plats, à bractées 
imbriquées, roses. 

Tillandsia (Caraguata) Zahni Ed. Mrrn. Deut. Gard. Mag., p. 20, avec pl. 
col. — Voir Belgique horticole, 1873, p. 342. 
*Phytarrhiza monadelpha Ed. Mrrn. Belg. hort., p. 168, pl. 7. 
Quesnelia rufa Gaud. Belg. hort., p. US, pl. 4-6. 

ORCHIDÉES. 

*Pleurothallis speotrilinguis Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 457. —-Feuilles 
spathuléesj corymbe de 12 fleurs environ; sépales hyalins, avec quelques taches 
mauve pourpre, triangulaires, aristés; pétales plus petits, bordés de brun, triangu- 
laires, cuspidés; fabelle brun vert olivâtre. 



- 333 — 



Masdevallia chimaera Rchb. Belg. hort., p. 313, pl. 13. 

*M. erythrochaete Rchb. Gard. Ch., XVIII, p. 592. — Espèce de l'Amérique 
centrale, voisine de M. Van Houlteana et importée on petite quantité par M. F. San- 
der; feuilles longues d'un pied ; pédoncules ascendants; la couleur rouge pourpre 
des longs appendices forme un élégant contraste avec la couleur blanche et jaune des 
sépales; le sup. est court et les latéraux sont oblongs-triangulaires et couverts de 
poils à l'intérieur. 

M. Estradae Rchb. var. *delieata. Gard. Chr., XVII, p. 525. — Nouvelle 
variété avec plus de jaune à la base du sépale supérieur et beaucoup de pourpre à la 
base des sépales latéraux. M. W. Bull. 

X*M. Fraseri Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 143. — Hyb. obtenu par M. Fraser 
chez M. Veitch entre M. ignea et M. coccinea, présentant les caractères de ses parents. 

M. Harryana Rhib. var. cœruleseens. Williams' Orchid Album, pl. 24. — 
Sépale supérieur étroitement linéaire et à sépales latéraux défléchis, largement 
oblongs, cramoisi magenta. De la Nouvelle-Grenade. Collection Percival. 

M. Harryana Rchb. var. *imperialis Hort. — Superbe variété avec des fleurs 
d'un riche cramoisi magenta. 

M. Harryana Rchb. var. *versicolor T. Moore. Gard. Chr., XVI, p. 306. — 
Sous le nom de M. Harryana striata a été exposée une jolie variété à fleurs d'un riche 
magenta, bordées ou irrégulièrement marquées de cramoisi marron. 

*M. hieroglyphica Rchb. Gard. Ch., XVIII, p. 230. — Espèce voisine de 
M. Armini, de la Nouv. Grenade et introduite chez M. F. Sander. Le sépale sup. 
est plan, triangulaire; les sépales latéraux sont presque carrés et les appendices 
surpassent trois fois la longueur du périgone. La couleur de la fleur est blanche ou 
ocre très clair; le sépale impair a 3 lignes foncées et de nombreuses petites tâches, 
les latéraux ont un espace pourpre brunâtre entouré de couleur plus pâle. 

*M. ludibunda Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 179. — Espèce de la Nouv. -Grenade, 
voisine de M . Estradae : les divisions extérieures du périgone sont jaunâtres, avec 
les cornes plus foncées et l'intérieur est pourpre ; les pétales sont ocre pâle; le 
labelle, de même couleur, est panduriforme, à sommet infléchi et pourpre. 

*M. picturata Rchb., Gard. Chr., XVII, p. 10. — Très petite plante, avec 
feuilles hautes de 5-8 cent.; les pédoncules sont de même taille et uniflores; les 
sépales sont blanchâtres, avec les nervures vertes et une tache mauve noirâtre sur 
la partie oblongue; les cornes sont longues et vertes; les sépales latéraux sont 
oranges à la base; les pétales sont très curieux, falciformes et portent une dent au 
sommet; leur moitié sup. est blanche et la partie inf. est jaune soufre. Trouvé par 
Wagener, Fendler et Arnold. 

*M. platyglossa Rchb. Gard. Chr.. XVIII, p. 552. — Très curieuse espèce du 
groupe des Coriacées, à petites fleurs jaunâtres, avec de courts appendices et un 



— 334 — 

labelle singulier très large, couvert de verrues aiguës au sommet. Il a fleuri chez 
sir Trevor Lawrence. 

M. polysticta Rchb. var. crassicaudata. Gard. Chr., XVII, p. 179. — 

Curieuse variété, avec les appendices des sépales plus courts et plus fermes, cultivée 
chez sir Trevor Lawrence. 

M. rosea Lindl. Belg. hort., p. 65, pl. 3. 

M. Shuttleworthi. var. *xantliocorys Rchb., Gard. Chr., XVII, p. 566. — 
Charmante variété à fl. tenues, avec le sépale impair presque jaune et les sépales 
latéraux finement rayés de brun. Se trouve chez sir Trevor Lawrence. 

M. triangularis Lindl. Gard. Chr., XVII, p 44. — Pl. du Vénézuéla décou- 
verte par M. J. Linden en 1842. Elle donne des feuilles oblongues-cunéiformes, en 
masse dense; les sépales sont oblongs-triangulaires, couleur d'ocre, avec d'innom- 
brables taches pourpre brunâtre. 

*M. tricolor Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 102. — Espèce de la Nouvelle-Grenade, 
trouvée par Roezl, Wallis, et qui vient d'être introduite par M. Carder chez 
SIM. Schuttleworth, Carder et C ie : elle est voisine de M. Estradae; ses fleurs sont 
mauve rougeâtre; le labelle est très curieux et de forme carrée; les appendices des 
sépales sont courts et les sépales latéraux sont connés. 

M. urostachya Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 765. — Espèce voisine de 
M. Schtimi, découverte il y a une trentaine d'années par Herman Wagener : ses 
fl. sont plus longuement pédonculées, de couleur cannelle, avec quelques petites 
marques orange. 

Cymbidium Parishi Rchb. Williams' Orchid Album, 1 janvier 1882, pl. 25. 

— Segments de la fleur oblongs-obtus; lobes latéraux du labelle dressés, blancs; 
lobe central plan, arrondi, blane, avec une macule jaune et de nombreuses taches 
brun purpurin. Du Moulmein Collection Day. 

*Dendrochilum arachnites Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 256. — Curieuse 
espèce botanique introduite des îles Philippines par SI. Stuart Low. Ses pseudobulbes 
sont agrégées, cylindriques, la tige est monophylle; les feuilles sont courtement 
pétiolées, cunéo-oblongues, aiguës, ondulées; les fl. sont verdâtres, les sépales et les 
pétales terminés en pointe; le labelle est cunéo-ligulé, aigu. 

Cœlia bella Rchb. Bot. Mag., pl. 6628. — Celte Orchidée pour laquelle Leinaire 
a créé le genre Bothriochilus, vient du Brésil mérid. Ses feuilles sont longues et 
étroites; ses fl., au nombre de 5 ou 4 sur une hampe courte, sont blanc jaunâtre, 
avec le bout des sépales rouge. 

*Ccelogyne (Pleione) Birmanica Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 840. — 
Jolies pscudobulbes pourpre bleu, avec de nombreux cercles blancs; pédoncules 
biflores; le lobe antérieur du labelle a des dents très courtes. De la Birmanie. 

C. Massangeana Rchb. Gard. Chr., p. 369, avec pl. noire. Williams' Orchid 
Al0um 9 I, févr. 1882. — Pl. de l'Assam, dédiée à M. D. Massange, de Baillonville, 



— 335 — 



chez qui elle a fleuri la première fois. Les fl. sont ou jaune foncé ou jaune crème, 
avec le labelle brun clair ou couleur cendrée, avec des raies jaunes et ligné de blanc. 

Bulbophyllum cupreum Lindl. var. flavum. Gard. Chr., XVII, p. 530.— 
Var. produisant des fleurs jaune brillant au lieu de fleurs rouges. 

*B. mandibulare Rchb Gard. Chr., XVII, p. 366. Très curieuse Orchidée du 
Bornéo septentrional introduite par M. Burbidge chez M. Veitch. Pseudobulbes glau- 
ques, comprimées, pyriformes; feuilles grandes, cunéoblongues, aiguës; sépales et 
pétales bruns^ lavés de vert clair; les pétales sont de couleur plus vive et rayés de 
lignes pourpres; le labelle est couleur jaune de paille, avec des aspérités pourpres; 
la colonne est blanchâtre, avec du pourpre à la base. 

*Cirrh.opetalum ornatissimum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 42£. — Pseudo- 
bulbes ovoïdes, tri-télragones; feuilles cunéo-oblongues, ligulées, obtuses; ombelle 
de 5 fleurs brun pourpre foncé, avec le labelle pourpre clair; sépale impair triangu- 
laire, oblong, cucullé; sépales latéraux ligules, acuminés; pétales falciformes. Des 
Indes orient, et introduit chez MM. Bull et Veitch. 

*Eria rhodoptera Bchb. Gard. C/tr., XVIII, p. 586. — Curieuse espèce, à 
tiges cylindriques, diphylles; feuilles linéaires, ligulées, aiguës; grappe allongée 
de fl. ocre blanc, avec les pétales et les lobes latéraux du labelle pourpres. Elle a 
fleuri chez MM. Henderson. 

*Polystachya dixantha Rchb. Gard. CAr., XVII, p. 294. — Pl. très curieuse, 
voisine de P. rigida Rchb; tige cylindrique, diphylle; feuilles linéaires, ligulées, 
aiguës; fl. couleur d'ocre, avec les sépales latéraux triangulaires, acuminés, pubéru- 
lents et le sépale impair linéaire-triangulaire; les pétales sont linéaires, falciformes, 
aigus ; le labelle est velu et jaune foncé sur le disque. 

Dendrobium Ainswortlii var. roseum. Williams' Orchid-Album, I, nov. 
1881, pl. 20. — Sépales et pétales teintés de rose magenta; labelle cramoisi pourpre. 

*D. Christyanum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 178. — Tiges cylindriques, fusi- 
formes; grappes uniflore; fl. blanc d'ivoire avec la base de la coionne et le disque du 
labelle couleur cinabre ; les sépales latéraux sont ligules, aigus étales pétales oblongs 
aigus. Introduit de Siam par M. T. Christy. 

D. Curtisi Rchb. Gard. Chr., XVI, p. 102. — Espèce de Bornéo, introduite par 
M.Veitch; les plus jeunes rejets sont garnis de feuilles linéaires-lancéolées, les 
autres sont sans feuilles, dressés et portent de courtes grappes de petites fleurs rose 
magenta. 

D. DalhouBieanum Paxt. var. *B,o8sianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 796 — 
Var. à fleurs gigantesques, jaune nankin, avec la partie antérieure du labelle forte- 
ment frangée. Dédiée à M. J. Ross, de Castagnols, qui l'a introduite de la Birmanie. 

D. formosum Roxb. var. giganteum Hobt. Gard. Chr., XVII, p. 369, 
fig. 54. — Pseudobulbes fusiformes, pendants ; grappe de grandes fleurs blanches, 
odorantes, avec le labelle maculé de jaune orange. De l'Himalaya oriental. 



— 336 — 



*D. Hughi Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 764. — Feuilles linéaires, acuminôes; 
fl. solitaire; sépales ligules, aigus; pétales oblongs, rhomboïdaux; labelle rhomboï.lal, 
comprimé au milieu, plus étroit à la partie sup.; fl. blanc pur et couleur de soufre 
sur le disque du labelle. Trouvée à Singapore par M. Hugh Low et introduite chez 
M. Stuart Low. 

D. infundibulum Lindl. The Garden, XXII, p. 553, avec pl. col. — Pl. intro- 
duis vers 1862 par Lobb chez MM. Low sous le nom de D. moulmetnense. Tige 
élancée portant environ M feuilles et terminée par 2-4 fl. avec les sépales et les 
pétales blanc d'ivoire et le tube du labelle jaune orange. 

*D. ionopus Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 808. — Pl. de la Birmanie, introduite 
par MM. Hugh Low et C ie . Petite grappe de fl. jaune foncé, avec une teinte rouge et 
deux jolies macules pourpres à la base des lobes du labelle. 

*D. Leechianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 256, fig. 35. — Hyb. entre 
D. aureum Lindl. et D. nobile Lindl., dédié par M. Swan à M. W. Leech, a Fallow- 
field. Les sépales et les pétales sont roses extérieurement et la partie antérieure du 
labelle est occupée par une large tache pourpre foncé. 

D. leucolophotum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 552. — Très voisin de 
D. barbatulum Lindl., avec les pseudobulbes plus vigoureuses et une inflorescence 
lâche, longue d'un pied, formée de grandes fl. blanches; les sépales sont ligules, 
aigus, les pétales plus grands et oblongs-aigus ; le labelle est trifide, avec les lobes 
latéraux triangulaires et le lobe antérieur linéaire, ligule, aigu. Introduit chez 
M. Veitch de l'île de Sondaic (archipel de Malacca). 

*D. linguella Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 552. — Élégante espèce dans le genre 
de D. aduncum Wall, à petites fleurs roses avec la partie antérieure du labelle jaune. 
Introduite de Malacca chez M. Veitch. 

D. lituiflorum Lindl, var. Fremanni Rchb. Gfl , p. 193, pl. 1086. — Var. à 
sépales et pétales plus étroits, lilasrose; labelle avec tache violet pourpre. 

¥ D. Lubbersianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 460. Nouvelle Orchidée de la 
Birmanie, introduite par M Veitch et dédiée à M. L. Lubbers, de Bruxelles. L'inflo- 
rescence est terminale et biflore; les sépales et les pétales sont blanc jaunâtre; le 
labelle est très dilaté, cunéiforme à la base, trifide, avec les lobes latéraux grands et 
arrondis et le moyen semi-ovale, émoussé, dentelé, couvert de proéminences styli- 
formes; le disque de chaque lobe latéral est orné d'une macule cinabre et une tache 
de même couleur se trouve à la base du lobe médian. 

D. nobile Lindl. var. *nobilius Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 366. — Magni- 
fique variété à grandes fleurs, avec les sépales et les pétales d'un pourpre resplendis- 
sant et le labelle plus foncé et plus beau que dans le type. 

*D. pleiostachyum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 520. — Grappes nombreuses, 
courtes, denses ;*fleurs blanches; sépales aigus, triangulaires; pétales ovales; labelle 
linéaire, panduriforme. Introduit de la Nouvelle-Guinée par le Rév. M. Macferlane 
chez M. Veitch. 



— 337 — 

*D. Rimanni Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 680. Voisin de D. Mirbelianum 
(Gaud.) Lindl., mais très distinct par la nervation de ses fleurs: pseudobulbes 
cylindriques fusiformes; feuilles coriaces, oblongues, semblables à celles des 
CalUeya; sépales jaunes à l'intérieur et rayés de pourpre à l'extérieur; pétales 
jaunes; labelle blanc, avec des réticulations pourpres. Introduit en 1882 des îles 
Moluques par M. Rimann, collecteur de M. F. Sander. 

D. seeundum Lindl. var. *niveum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 733. — Fl. 
blanc de neige, avec un peu d'orange au sommet du labelle et l'ovaire vert brillant. 
Se trouve chez M. Maule, hort. à Bristol. 

*D. superbum. var. Dearei Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 361. — Espèce 
voisine de D. radians et D. culptum; feuilles oblongues-ligulées, coriaces ; grappe 
pluriflore; fl. blanches; pétales oblongs-obtus ; labelle oblong, émarginé, crénelé au 
sommet, avec un peu de jaune à la base. Dédié au colonel Deare. 

*D. vandiflorum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 520. — Curieuse espèce à petites 
fleurs d'un blanc pur et à labelle verdâtre; sa grappe est lâche, les sépales et les 
pétales sont ligulés, aigus, ondulés et le labelle panduriforme. Découvert à la Nou- 
velle-Guinée par le Rév. M. Macferlane et introduit chez M. Veitch. 

*Epidendrum arachnoglossum Rchb. Rev. hort., p. 554, avec pl. col. — 
Orchidée sans pseudobulbe, à tiges ascendantes, hautes de 30-50 cent. ; feuilles 
glabres, distiques, alternes, amplexicaules, ovales-oblongues, d'un vert foncé parfois 
lavé de violet; fl. en épi court, corymbiformc, d'un beau carmin violet; les sépales 
et les pétales se ressemblent et le labelle est à lobes lacérés, pectinés. Trouvée 
en 1876 dans la Nouv. Grenade par M. Éd. André et introduite en 1880. 

*E. eingillum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 330. — Curiosité botanique introduite 
chez M. Veitch, à tiges cylindriques, dressées, rameuses ; feuilles 5, membraneuses, 
lancéolées-linéaires; grappe pauciflore; fl. couleur d'ocre; sépale et pétales linéaires 
lancéolés; labelle très-curieux, très-large et cordé à la base. 

*XLaelia amanda Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 776.— Pseudobulbes fusiformes; 
feuilles cunéiformes, ligulées; ovaire pourpre et vert; sépales et pétales oblongs, 
ligulés, ondulés, rose clair avec une légère teinte grisâtre; labelle pourpre. Celte pl. 
se trouve chez M. W. Bull et semble être un hyb. naturel. 

L. anceps var. Veitchiana. — Grandes fl. avec les sépales et les pétales blancs, 
le labelle jaune d'or dans sa moitié inf. blanc richement nuancé de cramoisi pourpré 
dans sa partie antérieure. 

*XL- eallistoglossa Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 76. - Hyb. obtenu par 
M. Seden, entre Laelia purpurata et Cattleya Warseewiczi {gigas). Les 
pétales sont largement oblongs et aigus, les sépales sont plus étroits, rose pur. Le 
labelle est à lobe médian large, lacinié, avec la partie antérieure pourpre foncé 
et la base jaunâtre, le disque blanchâtre et de nombreuses lignes pourpres. 

2b 



— 338 — 

*X L- Leeana Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 492. — Pseudobulbes cylindriques, 
monophylles; feuille plane, oblongue-obtuse, coriace ; sépales et pétales ondulés, 
ligules, aigus, étalés en étoile et d'un beau rose; le labelle est blanc pur et pourpre. 
Dédié à M. Guill. Lee, amateur d'Orchidées. 

L. purpurata Lindl. var. "Williamsi. Williams, Orchid Album, sept. 1881, 
pl. 9-10 — Fl. très grandes; sépales et pétales d'un rose tendre, veinés d'une 
teinte foncée de même couleur; labelle très large, jaune à la base, la partie antérieure 
d'un riche magenta. Du Brésil mérid. Collection du baron Schroeder. 

L. xanthina. Williams' Orch. Album déc. 1881, pl. 23. — Fl. à divisions 
oblongues, d'un riche jaune d'or; labelle en forme de truelle, jaune à la base, avec la 
partie antérieure plane ou récurvée, blanche, avec des bandes rouges. Du Brésil. 
Collection B. S. Williams. 

XCattleya Dormanniana Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 216. — Les sépales et 
les pétales ne sont pas maculés, mais teintés de couleur cannelle sur les bords, lais- 
sant le disque jaune verdâtre. Les pseuilobulbes portent deux feuilles rouge pâle. 
Parait être un hyb. naturel entre Laelia pumila et C. bicolor. 

C. gigas Lindl. et And. The Garden XVII, p. 348 avec pl. col. — FI. très gran- 
des, lilas ; labelle large, violet rougeâtre, bordé de lilas pâle et avec une tache jaune 
à la base. De la Nouvelle-Grenade. 

C. gigas Lindl. et And. var. *albo-striata Hort. — Belle var. à fl. plus peti- 
tes que dans le type, avec les sépales et les pétales marqués d'une barre centrale 
blanche sur fond rougeâtre. Exposé à Londres le S juillet 1882 par M. H. James. 

C. gigas Lind. et And. var *Burfordiensis Hort. — Var. à fleurs plus grandes 
et à couleurs plus riches que dans le type : les sépales et les pétales sont pourpre 
rose et le labelle est crépu et de couleur améthyste intense. Exposée à Londres le 
15 juin 1882 par sir Trevor Lawrense. 

C. gigas Lind. et And. var. *grandiflora. Hort. Will. — Magnifique variété 
à grandes fleurs dont les sépales et les pétales sont roses et la partie sup. du 
labelle blanche bordée de magenta clair. Exposé à Londres le S juillet 1882 par 
M. B. S. Williams. 

C. guttata Lindl. var. Leopoldi. Williams Orchid Album, octobre 1881, pl. 16. 
— Fl. brun orange, maculées de rouge cramoisi ; labelle trilobé, à lobes latéraux 
dressés, violet et à lobe médian pourpre magenta. Du Brésil mérid. De la collection 
Shaw. 

C. labiata Lindl. var. *bella Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 700. — Magnifique 
var. avec les sépales blanc pur, les pétales blanchâtres et lilas mauve et toute la par- 
tie antérieure du labelle d'un lilas mauve plus beau, avec la partie supérieure 
couverte de taches d'ocre ou jaunes. 

C. labiata Lindl. var. Mossiae Reineekeana Rchb. Gart. Zeit., p. 159, avec 
pl. col. — Fl. lilas améthyste ; labelle ligné de pourpre en avant et de jaune foncé 



- 339 — 



à l'intérieur et à l'extérieur. Découverte à Caracas par Karsten et introduite en 
Européen 1830-52. 

C. labiata Lindl. var. *Percivilliana Rcbb. Gard. Chr., XVII, p. 796. — 
Pseudobulbes vigoureuses, ancipités, larges; feuilles très-fortes et amples, avec une 
riche teinte de pourpre, ainsi que sur les bulbes ; la moitié antérieure du labelle est 
ornée d'un beau pourpre foncé. 

C. labiata Lindl. var. *Sanderiana — Sépales et pétales teintés du plus 
beau pourpre clair ; labelle à limbe antérieur vaste, ondulé, tacheté d'innombrables 
macules pourpre foncé sur un fond plus clair, avec deux élégantes marques jaunes 
à la gorge du tube et la ligne médiane du disque teintée de brun avec de délicates 
veinules blanchâtres. 

C. Mendeli var. *Jamessiana. — Une des plus jolies formes du groupe : ses 
fl. sont grandes, avec un labelle pourpre rosé, velouté, jaune d'or à la base; 
la gorge est teintée de cramoisi sur fond blanchâtre. 

*C. Schofieldiana Rchb. Gard. Chr. XVIII p. 808 — Pl. voisine de C. granu- 
losa\ feuilles 2, vert foncé, sépales ot pétales jaune verdâtre ; ces derniers sont de 
forme particulière : très élroits à la base, très larges et émoussés au sommet ; lobes 
latéraux du labelle blanchâtres, lobe moyen pourpre améthyste. Dédiée à M. Law 
Schofield, de Rawtenstall, près de Manchester. 

C. superba Schomb. var. splendens Ch. Lem. Williams' Orchid. Album^ I, mars 
1882, pl. 35. — Sépales oblongs, aigus, lilas; pétales semblables, mais plus étroits, 
violet foncé; labelle trilobé, avec le lobe médian plan, divisé en deux segments et de 
couleur magenta. Du Brésil (Rio Negro). 

C. Trianae Lind. et Rchb. Williams' Orchid. Album, I, juin 1882, pl. 45. — 
Sépales étroits, oblongs-lancéolés, lilas pâle; pétales ovales-lancéolés, ondulés, lilas 
pâle; labelle convoluté à la base, rose lilas, avec la partie antérieure plane, riche 
magenta et le disque marqué d'une tache jaune. 

C. velutina Rchb. Williams' Orchid Album, 1 janvier 1882, pi. 26. — Fleurs 
odorantes, à divisions oblongues, fauves, avec des taches brun rougeâtre; lobes 
latéraux du labelle dressés, blanchâtres; lobe central beaucoup plus grand, étalé, 
blanchâtre, marqué de veines lilas. Du Brésil. Collection sir Trevor Lawrence. 

*XC. Whitei Hort. Low. Gard. Chr., XVIII, p. 586. — Paraît être un hyb. 
naturel trouvé au Brésil par M. White, collecteur de MM. Hugh Low et C'e. Les 
sépales sont d'un beau lilas, avec le sommet verdâtre; les pétales sont plus larges et 
ondulés; les lobes latéraux du labelle sont pâles à l'extérieur, à bords réfléchis et 
pourpres; la gorge du labelle est couleur orange, avec des lignes pourpres, la partie 
antérieure est large, magenta, avec des veines plus foncées et un bord blanc très étroit. 

Paehystoma speciosum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 500, fig. 86. — Très 
jolie Orchidée terrestre de Pile de Ceylan, introduite à Kew en 1866 par M. Thwaites; 
ses feuilles sont graminiformes et ses fleurs, au nombre de deux, sont jaune clair. 



— 340 — 



P. Thomsoniarium Rchb. Gard. Chr., XVIIÏ, p. 500, fig. 87. — Remarquable 
Orchidée de l'Afrique trop. occ. introduite par M. W. Kalbreyer chez M. Veitch 
en 1879 ; ses pseudobulbes sont diphylles et sa hampe porte 3 fleurs blanches, 
avec le labelle pourpre. 

Ipsea speciosa. The Garden, XXII, p. 188, pl. 351, n° 1. — Belle Orchidée 
terrestre à feuilles oblongues, longuement rétrécies en pointe et pli«sées longitudina- 
lement; tige grêle, raide, haute de 45-60 cent., portant 2 ou 3 fl. jaune d'or, avec le 
labelle marqué de 3 lignes parallèles orangé. 

Phajus Blumei Lindl. var. assamieus Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 558. — 
Fl. jaunâtres, avec le labelle jaune brillant bordé de blanc. Introduit de l'Assam par 
M. W. Bull. 

P. grandifolius Loureiro. Gard. Chr., XVIII, p. 565, fig. 99. — Très grande 
Orchidée introduite de la Chine en 1778 par le D p John Fothergill; ses fl. sont 
blanches à l'extérieur et couleur chocolat à l'intérieur, avec un peu de rose et de 
jaune sur le labelle. 

XP- irroratus Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 566, fig. 100. — Hyb. obtenu entre 
P. Tankervillae et Calanthe vestita par M. Dominy chez M. Veitch. Ses fl. sont 
blanc de crème teinté de rose ; le labelle, qui est circulaire, plan, est coloré de jaune. 

P. Tankervilliae Rchb. fol. var. Mariesi Rchb. Gard. C7»r., XVII, p. 588. 
— Fl. plus courtes et plus larges que dans le type et lobe médian du labelle plus 
prolongé; les couleurs sont aussi plus vives, spécialement la teinte cannelle à la 
face intérieure des sépales et des pétales. Du Japon et introduit] par M. Maries 
chez M. Veitch. 

P. tuberculosus Blume. Gard. Chr., XVIII, p. 566, fig. 101. — Pl. de 
Madagascar, introduite par M. L. Humblot et qui a fleuri en 1881 chez sir Trevor 
Lawrence. Elle a les fl. blanches avec un peu de jaune et de brun sur le labelle. 

Thunia Marshalliana Rchb. Gfl., p. 321, pl. 1098. — Pl. glabre; tiges hautes 
de 80 cent., à feuilles distiques, oblongues-lancéolées, acuminées, blanc-pruineux 
en dessous; fl. grandes, blanc de neige, à sépales et pétales oblongs-lancéolés; le 
labelle est tubuleux à la base et son limbe suborbiculaire est ondulé, crépu, couvert 
à l'intérieur de nombreuses lignes jaune d'or. Du Moulmein. 

Cryptochilus lutea Lindl. Gard. Chr., XVII, p. 733. — Orchidée des Indes 
anglaises, avec une inflorescence très curieuse; les bractées sont bipeclinées, les 
fl. urcéolées, tridentées, jaune clair et rappellent celles du Muguet; l'ovaire est de 
couleur verte, avec des papilles blanches ; les pétales sont lancéolés; le labelle est 
rhomboïdal-lancéolé, couleur de soufre. 

Lycaste Deppei, var. punetatissima Rchb. — Pl. remarquable par la 
coloration de ses sépales qui sont vert blanchâtre et marqués de nombreuses petites 
taches pourpres; le labelle est jaune avec des lignes pourpres rayonnantes. Du 
Guatémala. Exp. à Londres, le 5 juillet 1882 par M. B. S. Williams. 



— 341 — 



L. sulphurea Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 218. — Voisin de L. cruenta Lindl., 
mais à fl. plus petites; le sépale sup. est ligule, aigu, les latéraux sont oblongs, 
couleur de soufre, avec de petites taches rouges à l'intérieur; les pétales sont 
oblongs, apiculés, jaune clair, avec quelques macules pourpre brunâtre et une 
grande tache pourpre à la base; le labelle est couleur de soufre pâle. On le suppose 
hybride entre L. Deppei et L. cruenta. 

Paphinia rugosa Rchb. — Orchidée naine, avec de petites pseudobulbes 
cylindriques, sillonnées, des feuilles linéaires, acuminées et une grappe pendante 
de deux grandes fl. de consistance cireuse, couleur blanc de crème et couvertes 
de taches rouges. De la Nouv. -Grenade. Exp. à Londres le 27 juin J882 par 
M. B. S. Williams. 

Bollea cœlestis Rchb. Gfl., p. 60, pl. 1075. — Belle Orchidée qui a fait sensa- 
tion à son arrivée : elle a été découverte par M. B. Roezl en 1878 dans la prov. de 
Cauca et introduite par ses neveux, les frères Klaboch. La couleur des sépales et des 
pétales est bleu d'ardoise avec de larges taches violettes et les extrémités tirant sur 
le jaune vert. 

Pescatorea Klabochorum. Williams' Orchid. Album, I, nov. 1881, pl. 17. — 
Sépales et pétales oblongs-aigus, blancs, magenta au sommet; labelle en forme de 
truelle, avec le disque couvert de papilles styliformes. De l'Equateur. Collection 

B. S. Williams. 

P. Lehmanni Rchb. ///. hort., p. 188, pl. 471. Gard. Chr., XVII, p. U, fig. 5. 
Williams' Orchid. Album, II, sept. 1882, pl. 57. — Grandes et superbes fleurs, à 
sépales et pétales blancs, striés de pourpre, arrondis, obtus et terminés par une 
pointe aiguë, courte; le labelle est mauve et couvert de nombreuses papilles; la 
gorge est entourée d'une collerette plissée de couleur marron. Des Andes de l'Equa- 
teur et introduit par M. Lehmann. 

Trichocentrum Pfavi Gard. Chr., XVII, p. 116, fig. 21. Gfl., p. 355, pl. 1103. 
Journ. russe d'hort., p. 351, pl. 24. — Pl. de l'Amérique centrale, découverte par 
M. Pfau, collecteur suisse. Les sépales et les pétales sont spathulés, émoussés, 
mi-bruns et blancs. Le labelle est cunéiforme, flabellé, bilobé, crépu, blanc, avec 
une tache rouge à la base. 

Catasetum callosum Lindl. Bol. mag., pl. 6648. — Pseudobulbes entourées 
d'une gaine; feuilles oblancéolées, plissées; hampe radicale, courte; grappe pen- 
dante, avec le rachis ferme, rouge brun; périanthe à segments étroitement lancéolés, 
acuminés, concaves, rouge brun; le sépale dorsal et les deux pétales dressés, paral- 
lèles et contigus ; les 2 sépales latéraux défléchis, parallèles ou légèrement divergents ; 
le labelle est cordé ou hasté-lancéolé, convexe, vert sale, pointillé de rouge. Du 
Vénéruéla et de La Guayra. 

*Catasetum Christyanum Rcub. Gard. Chr., XVII, p. 588. — Pl. voisine de 

C. saccatum Lindl. avec les sépales aigus, les pétales dentelés et le labelle trifide, à 
lobes réfractés, fimbriés. Elle a fleuri chez M. Th. Christy, à Londres. 



— 342 — 



C. Christyanum Rchb. var. *chlorops. Gard. Chr., XVII, p. 628. — Var. 
avec les sépales et les pétales vert pâle, le labelle plus petit et frangé, avec un très 
grand éperon. 

*C. pileatum Rchb. Gard. C/tr., XVII, p. £92. — Pl. curieuse du Vénézuéla, 
introduite par M. Linden. Fl. grandes; sépales étroits, rougeâtres; pétales larges, 
oblongs-aigus, blancs; labelle anguleux, blanc. 

Mormodes pardina unicolor Hook. — Orchidée mexicaine avec les pseudo- 
bulbes oblongues, hautes d'un pied, à feuilles plissées, lancéolées et une longue 
grappe radicale de fl. jaunes et aromatiques. Exp. à Londres le 10 octobre 1882 par 
M. Veitch. 

*Acineta Hrubyana Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 102. — Jolie Orchidée 
introduite de la Nouvelle-Grenade par M. F. Sander et qui a fleuri la première fois 
chez le baron Hruby, de Holde, en Rohême. Sa grappe est lâche et ses fleurs sont 
d'un blanc pur, avec quelques macules pourpres à l'intérieur du labelle. 

*XAnguloa dubia Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 76<£. — Cette pl. qui parait être 
un hybride naturel entre A. uniflora et A. Clowesi, a été importée de la Colombie 
chez M. B. S. Williams. Ses sépales et pétales sont semblables à ceux de la première 
espèce, jaune orangé, couverts à l'intérieur de nombreuses petites taches pourpres; 
le labelle est très distinct; il est fortement comprimé, avec les lobes latéraux 
anguleux et le lobe médian triangulaire, très petit et réfléchi, avec quelques poils 
courts; il est blanc et porte des macules pourpres à l'intérieur de chacun des lobes 
latéraux. 

Anguloa Ruckeri Lindl. var. sanguinea. Williams' Orchid Album, I, 
nov. 1881, pl. 19. — Sépales et pétales en capuchon, ovales, aigus, convexes, jaune 
crème à l'extérieur, rouge de sang à l'intérieur; labelle trilobé, à lobes latéraux 
larges, à lobe central plus petit, aigu, tous rouge cramoisi De la Colombie et appar- 
tenant à la collection Boddaert de Gand. 

*Grammatophyllum elegans Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 776. — Très 
élégante Orchidée, importée des îles de la Mer du Sud chez M. B. S. Williams. Sa 
hampe est dressée, longue d'un pied et porte 7 magnifiques fleurs; les sépales sont 
oblongs, très arrondis, brun sépia, avec les bords jaune clair; les pétales sont 
beaucoup plus petits et plus étroits, de même couleur; le labelle est ocre pâle, avec 
le bord antérieur brun et le disque pubescent. 

Eulophia pulchra Lindl. Gard. Chr., XVII, p. 732. — Tiges vert foncé, de 
2 pieds de haut; feuilles 2, pétiolées, oblongues-aiguës ; fl. très nombreuses, avec de 
grandes bractées linéaires-lancéolées, aiguës; sépales et pétales vert jaunâtre; avec 
des bandes pourpres sur les derniers; labelle avec un éperon court, didyme, 
quadrilobé, avec des raies pourpres. Du Madagascar. 

*Galeandra nivalis. — Souche fusiforme; feuilles linéaires-lancéolées; grappe 
penchée de fl. dont les sépales et les pétales réfléchis sont colorés d'une riche teinte 



— 343 — 

olive et dont le labelle infundibuliforme et prolongé en éperon est d'nn hlanc pur 
avec une bande centrale pourpre rosé. 

Zygopetalum Clayi Rchb. Williams' Orchid. Album, II, juill. 1882, pl. 50 
et Cal. 1882, p. 29. — Hyb. entre Z. crinitum et Z. maxillare, avec la grappe de fl. 
naissant à la base des pseudobulbes; sépales et pétales pourpre brunâtre, bordés 
étroitement de vert; labelle large, violet foncé. 

Z. expansum Hort. — Remarquable espèce à feuilles étroites, oblongues, ligu- 
lées, allongées et à longs épis de jolies fleurs dont les sépales et les pétales sont 
verdâtres, le labelle large et pourpre foncé. Exposée à Londres le 13 juin 1882 par 
sir Trevor Lawrence. 

Z. Gautieri. Lem. Williams' Orchid Album, I, janv. 1882, pl. 28. — Divisions 
de la fleur oblongues aiguës, vertes avec des taches brunes; labelle grand, étalé, 
trilobé, violet. Du Brésil. 

Z. Maekai Hook. var. crinitum Lodd. Deut. Gard. Mag., p. 129, avec pl. col. 
— Se distingue du type par ses feuilles plus largement lancéolées et par sa pubes- 
cence plus riche sur les nervures du labelle. Du Brésil. 

Cyrtopera plantaginea Lindl. Gard. G'/ir., XVII, p. 700. — Pl. du Mada- 
gascar décrite en 1822 par Aubert du Petit Thouars sous le nom de Limodorum 
plantagineum et introduite récemment par M. Léon Humblot chez M. F. Sander. 
Elle a les feuilles d'un Calanthe et porte une longue grappe de nombreuses fl. de 
moyenne grandeur, avec de grandes bractées. Les sépales sont vert clair; les pétales, 
plus courts et plus larges, sont blancs et bordés de vert; les lobes latéraux du labelle 
sont vert bleuâtre, avec des bandes brunâtres sur les nervures; le lobe moyen a le 
disque blanc et la partie antérieure garnie de nombreuses crêtes. 

*Trichopilia Backhousiana. — Gentille Orchidée dans le genre de T. suavis 
alba, mais bien distincte, produisant une profusion de grandes fleurs d'un blanc 
pur. 

T. suavis var. alba. Williams' Orchid Album, I, oct. 1881, pl. M. — Fleurs 
en grappe; sépales et pétales étroits, blancs; labelle large, en forme de truelle, avec 
quelques lignes jaunes à la base. De l'Amérique centrale. Collection Boddaert à Gand. 

*Comparettia faleata vera (C. spinosa). — Grappes penchées de fl. éperon- 
nées, dont le labelle, relativement large et émarginé, est coloré en abricot riche ou 
en orangé rougeâtre. 

*C. macropleetron. — Grappes courtes et pendantes de fl. éperonnées d'un 
rose pâle, au labelle large bilobé, et d'un rouge rosé vif avec des ombres plus foncées. 

Burlingtonia eandida. Williams' Orchid Album, I, nov. 1881, pl. 18. — 
Divisions de la fleur largement ovales-aiguës, blanches, avec le labelle plus grand et 
une bande centrale jaune. Démérara. Collection B. S. Williams. 

Oneidium cucullatum Lindl. var. giganteum. The Garden, XXII, p. 166, 
avec pl. col. — Fl. en grappe; sépales et pétales bruns, bordés de jaune ; labelle lilas 
pâle avec des taches plus foncées. 



— 344 — 



Oncidium Gardneri. Williams' Orchid Album, I, sept 1881, pl. 12. — Fl. en 
panicule, à divisions jaunes, marbrées de brun ; labelle oblong, jaune vif, avec une 
ligne marginale de taches brunes. Du Brésil. 

O. ineurvum Bark. fl. albo. M. hort., p. 31, pl. — Var. à feuilles très 
étroites et à grande panicule de fl. blanches ornées de bandes et de macules pourpres. 
Elle a fleuri chez M. Linden en 1853 et est originaire du Mexique. 

O. lamelligerum Rchb. — Pl. de l'Ecuador, dans le genre des O. macranlhum 
et O. serratum ; le sépale sup. est réniforme, brun foncé et bordé de jaune; les 
latéraux sont oblongs, jaune clair; les pétales sont crépus et le labelle est trifide, 
avec 3 lamelles. Exposée à Londres le 23 mai 1883 par M. C. Dorman. 

O. Lanceanum Lindl. var. *Louvrexianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 218. 

— Magnifique var. d'une vieille plante, à fl. très jaunes, agréablement tachées et 
marbrées; la base du labelle est du mauve le plus foncé et le sommet du blanc le 
plus pur. A fleuri chez M. D. Massange-de Louvrex le 8 juillet 1880. 

*0. meliosmum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 796. — Pseudobulbes oblongues, 
ancipilées, marbrées; feuilles cunéo-oblongues, ligulées, aiguës; panicule à rameaux 
courts; fl. d'un beau jaune, avec des taches couleur cannelle; sépales et pétales 
onguiculés, oblongs; labelle auriculé, avec la partie antérieure réniforme. Introduit 
chez M. W. Bull. 

O. praetextum Rchb. Bot. Mag., pl. 6662. Voir la Belg. hort. ,1877, pl. XX-XXI. 

O. teretifolium Hort. — Jolie espèce du groupe des Cebolleta, avec des pani- 
cules dressées de fleurs jaune brillant. Exposée à Londres en mai 1882 par sir 
Trevor Lawrence. 

O. unicorne Lindl. var. laetum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 76£. — M. B. S. 
Williams a reçu de nombreuses plantes de cette var. dont le labelle est large, pandu- 
riforme, blanc et taché de nombreuses macules mauve pourpre. 

*Odontoglossum aeuminatissimum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 256. — 
Pseudobulbes pyriformes, ancipités; feuilles linéaires-lancéolées, aiguës; grappe 
pauciflore; fl. étoilées, couleur orange, avec quelques grandes barres cramoisi; 
sépales et pétales linéaires-lancéolés, acuminés ; labelle de même forme et denticulé, 
jaune foncé, avec une large barre couleur cannelle. Introduit chez le D r Wallace, 
New Plant and Bulb Company, Colchester. 

O. Alexandrae Bat. var. giganteum Warn. Var. à grandes fleurs, avec les 
sépales et les pétales blancs, larges et crépus, le labelle teinté de jaune. Exposé à 
Londres, le 23 mai 1882 par M. R. Warner. 

O. Andersonianum Rchb. Williams' Orchid Album, \, mars 1882, pl. 35. — 
Grappe pluriflore naissant à la base de pseudobulbes ovales; fl. semblables à celles de 
VO. crispum ; sépales et pétales lancéolés, couleur crème, avec des taches brunes; 
labelle large à la base, lancéolé, jaunâtre. Paraît être un hyb. naturel originaire de 
la Nouvelle-Grenade. 



— 345 — 



Odontoglossum Andersonianum Rchb. var. tenue guttulatum. Gard. 
Chr.i XVIII, p. 102. — Très jolie variété avec des taches brunes sur les sépales et 
les pétales, le labelle blanc, jaune à la base et quelques lignes brunes. Se trouve 
chez MM. Low et C ie . 

O. angustatum Lindl. var. stylites Rchb., Gard. Chr., XVII, p. 588. — Var. 
remarquable par des proéminences styliformes sur chaque lobe du callus. Se trouve 
chez M. B. S. Williams. 

*XO- brachypterum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 552. — Paraît êcre un hyb. 
naturel trouvé par M. Kalbreyer à la Nouvelle-Grenade et introduit chez M. Veitch. 
Ses feuilles sont très étroites et ses organes floraux sont plus petits que ceux de 
l'O. Kalbrej/eri qui en est voisin ; les sépales et los pétales sont largement ligules, 
émoussés, jaune clair avec quelques taches couleur cannelle ; le labelle est panduri- 
forrae. jaune, avec une grande tache brun cannelle sur le disque. 

O. brevifolium Lindl. Williams' Orchid. Album, I, janv. 1882, pl. 27. — 
Fl. en panicule, à divisions largement ovales, brun marron clair tranché de jaune; 
labelle petit, cunéiforme, jaune, avec une marque brun rougeâtre pâle. 

O. crispum (Alexandrae) var. *Dormannianum Hort. — Fl. grandes, 
blanches, barrées et maculées de brun marron et labelle jaune sur le disque. Exp. 
à Londres le 14 nov. 1882 par C. Dorman. 

O. crispum var. flaveolum Rchb. Williams' Orchid. Album, pl. 43. — Var. 
remarquable par ses fleurs jaune de crème. 

O. crispum Lindl. var. *Stevensi. — Grandes fl. avec les sépales oblongs 
lancéolés, les pétales ondulés sur les bords et le labelle oblong et crépu : le tout d'un 
blanc pur lourdement rayé de brun cannelle clair avec un disque jaune. 

O. crispum Lindl. var. virginale Will. — Grandes fl. à pétales larges et d'un 
blanc pur, avec le labelle marqué d'un ou de deux points et le disque jaune. Exp. à 
Londres le 14 nov. 1882 par M. B. S. Williams. 

O. crispum Lindl. var. *Wilsoni Hort. — Splendide variété à grandes fleurs 
d'un rouge délicat, avec des pétales larges, frangés et portant quelques taches couleur 
chocolat sur les sépales et le labelle. Introduit par Chesterton. 

O. cristatellum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 143. — Pl. à jolies fleurs brun et 
jaune, ornées de rouge. 

XO. excellons The Garden, XXI, p. 216, avec pl. col. — Paraît être un 
hybride entre O. Pesr.atorei et O. tripudians; les segments de la fleur sont elliptiques 
et les pétales plus larges que les sépales; tous sont jaune de primevère, taché de brun 
cannelle; le labelle est largement oblong, blanc, avec des taches brunes. 

O. hebraicum Rchb. The Garden, XXI, p. 386, avec pl. col. — Hyb. obtenu 
entre O. crispumel O. gloriosum. Voir notre Revue pour 1881 {ftely. hort., 1882). 

2(1 



— 346 — 



XOdontoglossum histrionieum Rchb. Gard. Chr. t XVII, p. 178. — Hyb. 

obtenu chez M. VV. Bull. Les sépales sont ligules, ondulés, aigus, couleur soufre clair, 
avec quelques barres transversales brunes; les pétales sont plus larges, blanchâtres, 
avec le sommet jaune pâle; le labelle est trifide; les lobes latéraux sont oblongs, jau- 
nes, bordés de rouge; le lobe médian est oblong, dentelé, ondulé, à bords réfléchis. 

O. Jenningsianum var. *limbatum. Gard. Chr., XVIII, p. 808. — Très 
jolie variété avec le bord des sépales et des pétales jaune de soufre. 

*XO. Leeanum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 525. — Ressemble à O. deltoglossum, 
mais son labelle est plus long et plus étroit ; les sépales sont ondulés, lancéolés, 
acuuiinés et les pétales d'un jaune clair, avec de nombreuses petites taches couleur 
cannelle; le labelle est jaune brillant à la base et au sommet, jaune clair sur le 
disque, avec quelques marques couleur cannelle. Dédié par M. Veitch à M. G. Lee, 
amateur d'Orchidées à Leatherhead. 

*XO. ligulare Rchb. Gard. C/ir., XVII, p. 558. — Les sépales et les pétales 
sont jaune orange, avec deux ou trois grandes macules brunes; le labelle est très 
large, avec de nombreuses denticulations sur les bords, jaune clair et une grande 
tache brune sur le disque, ainsi qu'une marque de même teinte sur les lobes 
latéraux. 

O. luteo-purpureum Lind. var. amplissimum. Gard. Chr. f XVII, p. 525. 
— Sépales et pétales très larges, jaune très clair, avec quelques taches et raies 
couleur cannelle à la base et de grandes macules de même couleur sur le disque. 

*0. marginellum Rchb. Gard. Chr n XVIII, p. 680. — FI. couleur d'ocre clair, 
avec les sépales, les pétales et la colonne tachés de brun; le labelle est très large, 
d'un brun noirâtre, avec le bord antérieur et le sommet jaunes. Introduit à la New 
Plant and Bulb Company, de Colchester. 

*0. mirandum Rchb. Gard. Chr.> XVII, p. 143. — Espèce de la Nouv.-Grenade, 
voisine de O. Lindleyanum, à pseudobulbes pyriformes, ancipités, comprimés, à 
feuilles lancéolées; les sépales et les pétales sont lancéolés, acuminés; le labelle est 
linéaire-lancéolé. 

*XO. mulus Holfordianum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 616. — Jolie var. à 
fl. blanchâtres, avec des taches brun pourpre sur les sépales et les pétales; le labelle 
est blanc, avec le disque couleur d'ocre. Dédiée à R. S. Holford, de Weston Birt 
(Glouceslershire). 

O. Murellianum Rchb. var. einctum. Gfl., p. 552, pl. 1101. — Pseudobulbes 
oblongues, ancipitées, diphylles; feuilles cunéo-oblongues; grappe lâche; sépales et 
pétales lancéolés, blancs, bordés de violet; labelle à lobes latéraux divariqués, blanc 
et orange, avec des macules couleur de brique et à lobe médian crénelé, apiculé, 
bordé de macules violettes. 

O. Peseatorei Lind. var. *Veitchianum Rchb. Gard, C/tr., p. 588. — Var. 
remarquable par une large bande double de couleur mauve sur les sépales et les 
pétales, avec des taches de même couleur. Importée par M. Veitch. 



— 347 — 



*Odontoglossum Sanderianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 492. — Sépales 
et pétales lancéolés, acuminés, ocre clair, avec des marques et des raies brunes; 
Iabelle blanc pur, avec une teinte très délicate de soufre et quelques taches pourpre 
cramoisi à la base et au sommet. 

*XO. Sehrœderianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 700. — Paraît être nn hyb. 
entre O. Pescatorei et 0. Veitchianum ; il est dédié au baron von Schrœder, de 
Windsor. Ses fleurs ont la forme de celles de l'O. tripudians. Les sépales et les 
pétales sont oblongs-aigus, ondulés, blancs, avec des macules pourpre mauve. Le 
Iabelle est panduriforme, avec la partie sup. large et grande, la partie antérieure plus 
étroite, plus petite, obcordée, avec une pointe au sommet; il est blanc et porte deux 
taches pourpre mauve sur le disque. 

O. vexillarium Rchb. Journ. d'hort. suéd., 1880, p. 1, avec pl. col. — Voir 
notre Revue pour 1874 (Belg. hort. % 1875). 

O. vexillarium Rchb. var. *Cobbianum Hort. — Jolie var. avec la partie 
sup. des fleurs rose foncé et le Iabelle grand, blanc pur. Exposée à Londres le 13 juin 
1882 par M. W. Cobb. 

O. vexillarium Rchb. var. *rubellum. W. Bull, Cat. N° 184, p. 17, avec fig. 
noire. — Pseudobulbes plus rondes, plus émoussées, plus allongées que dans le type; 
feuilles plus larges; fl. rose foncé; les pétales et le Iabelle ont la même nuance et le 
dernier porte trois lignes rouge cramoisi sur le disque qui est couvert d'une tache 
jaune citron. 

O. vexillarium Rchb. var. *Wiotianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 826. — 
Magnifique variété à fleurs d'un blanc pur, jaune clair à la base du Iabelle et trois 
lignes courtes pourpre rougeâtre sur le front. 

O. Wilckeanum var. *pallidum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 217. — Var. à 
fleurs blanchâtres teintées de jaune pâle, avec une large tache brune sur chaque 
sépale; le Iabelle est aigu, fîmbrié cl porte quelques macules brunes. Se trouve 
chez M. W. Bull. 

Mesospinidium vulcanicum Rchb. The Garden f XXI, p. 292, avec pl. col. — 
Orchidée épiphyte des montagnes volcaniques du Haut-Amazone, à fleurs rose lilas, 
nombreuses, en grappe. 

Miltonia cuneata Lindl. Williams' Orchid. Album, I, juin 1882, pl. 46. — 
Grappe de grandes fl., à sépales et pétales lancéolés, bruns, garnis de jaune au 
sommet; le Iabelle étroit à la base, dilaté au front, d'un blanc pur. 

Phalaenopsis amabilis var. Dayana, Williams' Orchid Album, I, sept. 1881, 
pl. H. — Sépales et pétales blanc pur; Iabelle marqué de jaune et de taches et 
barres cramoisi rougeâtre. De la Malaisie. Collection Lee. 

*XI*- delicata Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 700. — Les sépales et les pétales 
sont blancs, avec une teinte d'améthyste à la base des derniers; les lobes latéraux 
du Iabelle ont quelques taches brunes à la base et une teinte lilas au milieu et sur 



les bords; le lobe moyen est couleur d'ocre à la partie sup. de la base et Iilas à la 
partie antérieure. Introduction de M. S. Low . 

*P. fasciata Kchb. Gard. Chr. y XVIII, p. 134. — Feuilles et racines semblables 
à celles du P. Luddemanniana ; sépales et pétales jaune soufre strié de couleur 
cannelle; parties latérales du labelle jaune pâle, avec de petites taches brun can- 
nelle, partie médiane postérieure orange et partie antérieure violet pourpre. Des 
îles Philippines et introduit chez M. Low. 

P. intermedia Lindl. var. Portei. The Garden, XXI, p. 146, avec pl. col. — 
Fl. avec les sépales et les pétales blancs et le labelle rose lilas. Des îles Philippines. 

*P. Mariae. — Voisin du P. sumalrana : sépales et pétales blancs, rayés de 
bandes transversales pourpre améthyste et brun riche ; labelle obové-oblong et d'un 
rose magenta intense. 

P. Reichenbachiana Schb. et Sander. Gard. Chr., XVIII, p. 586. — Hampe 
portant 25 fl.; sépales et pétales vert blanchâtre, avec des taches et des barres brunes; 
lobes latéraux du labelle orange et blanc, le lobe central bleu mauve; colonne 
blanche et lilas. De l'Asie trop, orient. 

P. Schilleriana Schb. The Garden, XXII, p. 119, avec pl. col. — Fl. roses; 
labelle avec les deux extrémités planes, recourbées ou en forme de faux vers le lobe 
central. 

*P. speciosa Rchb. Gard. Chr., XVIII, p 745, fig. 130. — Espèce voisine de 
P. telraspis, avec le feuillage plus clair et teinté de jaune; la fleur est blanche, avec 
de grandes taches et bandes pourpre rosé. 

P. speciosa Rchb. var. *Christiana Hort. Berkl. Gard. Chr., XVIII, p. 745, 
fig. 131. — Les sépales rose pourpre et les pétales blanc pur donnent à la plante une 
singulière apparence. 

P. speciosa Rchb. var. *Imperatrix. — Fl. pourpre rosé intense, à lobes 
latéraux du labelle jaunes et à colonne blanche. 

P. Stuartiana Rchb. Bot. Mag. y pl. 6622. Flor. and Pom., p. 49, pl. 559. Journ. 
russe dViort., p. 593, pl. 44. — i Belle Orchidée des Philippines introduite par 
M. Boxall chez MM. Low où elle a fleuri en 1881 : elle est dédiée à M. Stuart Low. 
Feuilles elliptiques, coriaces, pâles et rougeâtres en dessous ; panicule retombante 
de nombreuses fleurs (on en a compté jusqu'à 120), dans lesquelles les sépales sont 
verts, les 2 inf. ponctués de rouge;, les 2 pétales, plus grands, sont blanc pur et le 
labelle jaune d'or, avec des points rpuges. 

P. Stuartiana Rchb. var. noTjftl^, The Garden, XXII, p. 119, avec pl. col. — 
Sépales et pétales blancs ; la partie ^intérieure des sépales inf. ainsi que le labelle 
sont tachetés de brun chocolat sur^u^champ jaune crème. 

P. Stuartiana Rchb. var. j*punctatissima. Gard. Chr., XVII, p. 44. — 

Petites taches nombreuses, couleur |inauve sur le sépale sup., les pétales et à la 
partie sup. et intérieure des sépares latéraux. 



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P. sumatrana Rchb. var. paucivittata. Gard. Chr., XVII, p. 628. — Feuilles 
très charnues; fleurs blanches avec 5 ou 4 barres pourpre cannelle et des bandes 
d'un beau mauve sur lelabelle. Se trouve chez M. Veitch. 

*P. tetraspis W. Bull, Cat., n° 184, p. 17. — Nouvelle espèce découverte aux 
Indes orient, par le lieut. -colon. E. E. Berkeley : elle porte de grandes feuilles vert 
clair et une riche panicule de fl. odorantes blanc de cire ? sauf une légère tache sur 
le milieu des lobes latéraux du labelle. 

P. violaeea Teijsm. et Bink. var. *Schroederiana Rchb. Gard. Chr., XVIII, 
p. 680. — FI. plus grandes et plus brillantes que dans le type : l'intérieur de la 
moitié inf. des sépales et des pétales n'est pas tout à fait mauve pourpre, mais 
couvert de lignes brisées de cette même couleur. Introduite chez M. Veitch et dédiée 
à M. le baron Schrœder. 

*VandaHookeriana. — Voisin de V. teres : ses fl. sont blanches, élégamment 
marquées de pourpre magenta : le sépale dorsal se projette en avant, les latéraux 
sont blancs et le labelle est trilobé, large, concave, avec de gracieuses veinules 
couleur magenta. 

V. Parishi. Williams' Orchid. Album, I, oct. 1881, pl. 15. — Grappe de fleurs 
nombreuses, jaunes, avec des taches brunes; labelle plus petit que les autres 
segments^ violet. De la Birmanie. Collection Chamberlain. 

*V. Sanderiana Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 588. — Magnifique pl. appartenant 
au groupe Esmeralda, à longs pédoncules terminés par de nombreuses fleurs; sépales 
elliptiques, pétales plus petits, cunéo -oblongs, émoussés; labelle triangulaire; le 
sépale impair et les pétales sont mauves, avec quelques lignes pourpres à la base; 
les sépales latéraux sont jaunes, avec de larges veines pourpres; le labelle est brun 
foncé bordé de mauve, avec les lobes latéraux verts. Des Indes orient, et dédié à 
M. F. Sander, grand introducteur d'Orchidées. 

*V. Vipani Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 134. — Très curieuse espèce de la 
Birmanie, découverte par le capitaine J. A. M. Vipan et ressemblant au V. bicolor. 
Ses feuilles sont linéaires, allongées, bidentées au sommet; les sépales et les pétales 
sont rhomboïdaux, ondulés, blancs à l'extérieur et marqués à la base de courtes 
lignes parallèles brun pourpre, le restant de couleur brune avec du vert olivâtre 
sur les sépales et de l'ocre sur les pétales ; les lobes latéraux du labelle sont auriculés 
et jaunes et le lobe moyen vert olive. 

*Saccolabium calopterum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 520. — Panicule 
flexueuse, pluriflore, à fl. grandes, longuement pédicellées, d'un riche pourpre, avec 
du blanc à la base des sépales et des pétales; sépale impair obtus, les deux latéraux 
aigus; pétales spathulés, aigus; lobes latéraux du labelle allongés, aigus et lobe 
moyen triangulaire, plus petit, avec l'éperon sacciforme allongé. Introduit de la 
Nouvelle-Guinée parle Rév. M. Macferlane chez M. Veitch. 

*S. flexum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 520. — Petite grappe de fleurs.j]ç,u£e 
écarlate, denses, avec les sépales et les pétales ligules, obtus, le labeJ|fc^çifi^ç K |Jfts 



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lobes latéraux petits, le lobe moyen triangulaire, sacciforme à la base. De la 
Nouvelle-Guinée et introduit chez M. Veitch par le Rév. M. Macfarlane. 

S. fragrans Parish et Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 134. — Très petite plante 
à feuilles oblongues, aiguës, couvertes de rugosités et dépressions, réticulées, vert 
foncé, avec quelques taches pourpres à la face inf.; elle produit deux grappes de 
nombreuses fleurs blanches, avec l'éperon plus court que l'ovaire et le labelle pan- 
duriforme lancéolé; le sommet des sépales et des pétales, ainsi que tout le labelle, 
sont d'un beau pourpre mauve. De la Birmanie. 

♦Sarcanthus striolatus Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 168. — Feuilles ligulées, 
inégalement bilobées au sommet; fl. en panicule; sépales oblongs-triangulaires, 
obtus; pétales ligules, obtus; les uns et les autres orange, avec deux barres longitu- 
dinales parallèles couleur cannelle; la partie inf. de l'éperon est blanchâtre, tandis 
que la partie sup. ainsi que le labelle sont orange. Introduit des îles Philippines par 
MM. H. Low et (X 

*Aerid©s Emerici Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 586. — Très proche parent de 
A. virens Lindl., avec les feuilles plus longues, plus étroites et les fl. semblables, 
mais plus petites. Découvert dans les Indes anglaises parle colonel Emeric Berkeley. 

*XA. formosum Hort. — Très remarquable hybride obtenu entre A. Lar- 
pentae et A. odoratum. Exposé à Londres le 15 juin 1882 par M. Veitch. 

A. Houlletianum Rchb. M. hort., p. 105, pl. 455. — Grande grappe de jolies 
fleurs à sépales et pétales brun ochracé, avec le labelle blanc pur et la partie 
antérieure pourpre violacé. De la Cochinchine. 

*X-A-- illustre Rchb. Gard. Chr., XVIII. p. 71. — Jolie plante qui paraît être 
un hybride naturel, choisie dans une importation d\d. crispum faite par M. Low. 
Elle porte des feuilles larges et courtes et une grappe dans le genre de celle de 
VA. maculosum, mais ayant les fl. plus grandes, les sépales et les pétales plus larges, 
blancs avec une teinte lilas et quelques taches sur les pétales; le labelle est grand, 
d'un beau pourpre améthyste. 

A. japonieum Lind. et Rchb. ///. hort., p. 139, pl. 461. — Epi distique de 
fl. blanches ou ochracées portant sur les sépales latéraux des bandes brun pourpre; 
le labelle spathulé a le disque antérieur étalé garni de macules et de stries violettes 
ou pourpres. 

*A. Lawrenceanum Hort. — Remarquable espèce à feuilles étroitement 
linéaires et à fl. en épi penché; fl. grandes, blanches, avec le labelle couleur rose 
magenta. Exposée à Londres le 5 juillet 1882 par sir Trevor Lawrence. 

A. Lobbi Williams, Orchid Album, I, déc. 1881 , pl. 21 . — Très long épi de 
fl. denses, à segments ovales-oblongs, maculés de violet, avec le labelle grand, 
faiblement trilobé, blanc et une tache centrale violet foncé. 

Angraeeum bilobum Lindl. var. *Kirkei Gard. Chr., XVIII, p. 488. — 
Feuilles très étroites, à sommet bifide; sépales lancéolés, acuminés; labelle oblong, 
cuspidé. Dédié au D r Dougal Kirk, de Zanzibar. 



— 351 - 



*A. descendons Rchb. Gard. C/tr. t XVII, p. 558. — Curieuse espèce ressemblant 
aux A. Ellisi et articulatum. Ses feuilles sont oblongues, ligulées, à sommet obscuré- 
ment bilobé; grappe allongée, pluriflore; sépales triangulaires, pétales apiculés; 
labelle oblong, aigu. 

A. eburneum Do Petit Thouars. Williams' Orchid Album, I, mai 1882, pl. &\. 
— Orchidée du Madagascar, avec des épis de grandes fleurs, dont les sépales et les 
pétales sont verts, le labelle blanc et largement ovale aigu. 

*A. Eiohlerianum Kranzlin. Gart. Zeit., p. 434, fig. 102. — Espèce de l'Afrique 
trop, occ, dédiée à M. Eichler, dir. du Jard. bot. de Berlin. Ses feuilles sont ellip- 
tiques, canaliculées, inéquilatères; l'inflorescence ne comporte souvent qu'une fleur 
dont les sépales et les pétales sont verts, le labelle blanc pur. Les sépales sont ovales, 
lancéolés, les pétales longuement acuminés et le labelle grand, cunéiforme ou 
obcordé, avec la partie antérieure profondément émarginée et portant au milieu une 
petite dent. 

*A. fuseatum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 488. - PI. voisine de A. bilobum 
Lindl. et introduite du Madagascar par MM. Hugh Low et C'«. Feuilles cunéiformes- 
oblongues, inégalement bilobées au sommet; pédoncules couleur cannelle; sépales 
ligules, acuminés, jaune d'or, les latéraux étant réfléchis; pétales semblables, mais 
plus larges, blancs; labelle oblong, acuminé, blanc, avec un éperon filiforme, long, 
flpxueux et brun. 

*Calanthe bracteosa Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 712. — Pl. voisine de 
C. angraeciflora et introduite des îles Samoa par la Compagnie continentale 
d'horticulture. Ses feuilles sont longuement pétiolées, oblongues, acuminées, 
glabres sur les 2 faces; le pédoncule est vigoureux et terminé par une riche 
inflorescence de fl. blanches, très curieuses par le grand développement des 
bractées qui dépassent les fleurs. 

*C. Textori Miq. Port du C. veratrifolia, avec les feuilles plissées et une grappe 
de fl. blanc bleuâtre portant une tache couleur cramoisi au centre et le labelle 
jaune pâle. Exposée à Londres le 5 juill. 1882 par sir Trevor Lawrence. 

Satyrium nepalense Don. Bot. Mag., pl. 6625. — Orchidée terrestre, 
odorante, à feuilles alternes, ovales ou lancéolées, pourvues de côtes; fl. en épi, rose 
pâle ou foncé, dépassées par les bractées. Des Indes orient. 

Ponthieva maculata Lindl. Bot. Mag., pl. 6637. — Espèce terrestre du 
Vénézuéla,à grosses racines fibreuses charnues; elle est chargée de longs poilsdroits 
et épars. Ses fl. sont nombreuses, en ample grappe terminale, dressée : elles ont 
2 grands sépales latéraux blancs, ponctués de brun et ciliés; un sépale impair inf. 
rouge brunâtre, rayé en long de rouge; 2 pétales jaunes, lignés de rouge dans le 
bas; le labelle est très petit. 

Sobralia xantholeuea. The Garden, XXII, p. 508, avec pl. col. — Fl. jaunes, 
molles, portées à l'extrémité de tiges feuillées. De l'Amérique centrale. 



- 352 - 



*Cypripedium albo-purpureum J. Veitch, Cat. 1882, p. 17, avec fig. noire. 
A. Van Geert, Cat. n° 85, p. 1 1. — Hyb. remarquable issu des C. Schlimi et Domini. 
La fl. est de couleur rose purpurin plus ou moins foncé entremêlé de blanc. 

C. Argus Rchb. Belg. hort., p. 241, pl. 9. 

C. Roxalli Rchb. var. atratum Rchb. Rev. hort. belge, p. 97, avec pl. col. 
Journal russe dViorl., p. 621, pl. 45. — Le coloris des fleurs est plus foncé que dans 
le type; il en est de même de son feuillage qui a également la texture plus épaisse. 
De la Birmanie. 

*XC. cardinale Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 488. — Hyb. obtenu par 
M. Seden chez M. Veitch entre C. Sedeni et C. Schlimi. Il est distinct du second par 
ses pétales aigus, ondulés, le sépale impair plus long et une teinte pourpre à la 
partie sup. des sépales et des pétales. Il diffère du premier par ses bractées pins 
étroites, ses pétales droits et le poupre intense du labelle. 

*C. ciliolare Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 488. — Espèce voisine de C. super- 
biens Rchb. (C. Veitchianum Hort.), mais avec plus de nervures et de nombreux 
poils sur les bords des sépales et des pétales. Son principal caractère réside dans le 
labelle et le staminode; le labelle est velouté et plus court, le staminode est plus 
bas et plus large. Introduit des îles Philippines par MM. Hugh Low et C îc . 

X*C. diseolor Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 218. — Var. obtenue chez 
M. R. Warner. Ses feuilles sont très charnues, glauques, avec des marques hiéro- 
glyphiques; le pédoncule est brun pourpre foncé, velu; les bractées sont très 
courtes; le sépale impair est triangulaire, avec 16 lignes pourpres entre les 
nervures vertes; les sépales connés sont triangulaires, avec quelques nervures vertes 
et pourpre brunâtre à la base ; les pétales sont ligulés, aigus, rougeâtres, verts 
à la base et de nombreuses taches pourpres à la base ; le labelle est brun rougeâtre 
pâle et couleur d'ocre. Son nom spécifique lui vient du contraste entre la couleur 
de l'extérieur et de l'intérieur du périgone, ainsi que de la curieuse différence 
entre les couleurs du labelle. 

*X C. grande Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 488. — Hyb. obtenu par M. Seden 
chez M. Veitch entre C. Roezli et C. caudatum. Il forme une plante géante, avec les 
feuilles et le port du dernier et porte trois grandes fleurs dont les sépales sont 
oblongs-lancéolés. 

*X C. maeropterum Rchb. Gard. Chr., XVIII, p. 552. — Hyb. entre C. Lowi 
et C. superbiens obtenu par M. Seden chez M. Veitch. Il a l'inflorescence du premier 
et les feuilles courtes du second; le sépale sup. est semblable à celui du C. superbiens 
mais plus oblong; il est vert clair et les nervures à l'intérieur ont leur base brun 
de sépia ; les sépales latéraux sont plus courts que le labelle, vert gai, étroits et 
triangulaires; les pétales sont très longs, dilatés, ocre pâle à la base avec des taches 
pourpre noirâtre et la partie antérieure pourpre rnauve ; le labelle semblable à celui 
du C. Lowi est ocre brun. 



— 353 — 



*X C. microehilum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 77. — Nouveau produit de 
M. Seden obtenu entre C. niveum et C. Druryi. Ses feuilles sont plus longues et 
plus étroites que celles de la première espèce, d'un beau vert et avec des marbrures 
peu prononcées ; le pédoncule est brun foncé, velu. Les fi. sont plus larges que 
celles du C. niveum et d'un brun pourpre. 

*C. nigritum Rchb. Gard. Chr. XVIII, p. 102. — Introduction de Bornéo faite 
par la New Bulb Company, de Colchester. Ses feuilles, semblables à celles du C. virens, 
sont vert clair, avec les réticulations plus foncées; ses fleurs ressemblent à celles du 
C. barbatum et sont de couleurs très foncées; le sépale impair est oblong-aigu, et les 
pétales sont plus étroits. 

XC. politum Rchb. Williams' Orchid Album, I, mars 1882, pl. 36. — Hybride 
obtenu par M. Warner; feuilles marquées de taches vert de bouteille; sépale sup. 
ovale, blanc au sommet, rose à la base et les veines vertes; pétales en forme de 
courroie, étalés, rouge de vin, frangés et verruqueux ; labelle rouge pourpre. 

XC. Williamsianum Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 218. — Var. observée chez 
M. F. Massange-de Louvrex, à S'-Gilles lez Liège. Feuilles à réseaux foncés; pédon- 
cule brun clair, velu ; bractées vertes avec taches brunes ; sépale impair oblong, aigu, 
très grand, blanc, avec une ligne médiane brun noirâtre et les nervures vertes, 
proéminentes; sépales latéraux de même couleur; pétales oblongs, ligulés, aigus; 
labelle jaune d'ocre en dessous, brun clair au-dessus. 

*Acrochaene Bimanni Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 796. — Pédoncule pauci- 
flore; bractées lancéolées, acuminées; fi. lilas pourpre, avec le labelle pourpre foncé 
et les lobes latéraux semi-circulaires et denticulés, le lobe moyen étant charnu et 
triangulaire ; sépales oblongs, lancéolés, les latéraux connés et bidentés au sommet; 
pétales courts, oblongs, denticulés. Introduit de l'Asie tropicale par M. Rimann 
chez M. F. Sander. 

*Thrixspermum Berkeleyi Rchb. Gard. Chr., XVII, p. 557. — Tige courte, 
feuilles d'un beau vert, émoussées,avec deux dents inégales au sommet; fl. en grappe 
pendante, d'un blanc riche, avec des taches améthyste sur les lobes du labelle ; les 
sépales et les pétales sont très inégaux, les sépales latéraux sont les plus grands, 
oblongs et apiculés; les lobes latéraux du labelle sont linéaires et récurvés au 
sommet, et le lobe moyen est petit et tridenté. Découvert aux Indes orient, par le 
colonel E. G. Berkeley. 

*T. muriculatum W. Bull, Cat. n° 184, p. 17. — Curieuse et intéressante 
Orchidée ressemblant à un Phalaenopsis et introduite des îles Andaman. Ses feuilles 
sont charnues, coriaces, inégalement bilobées, luisantes; ses pédoncules brun 
noirâtre, âpre, portent des fi. ocre blanchâtre, avec des barres pourpres; le labelle 
est conique, blanc, avec des taches brunes et pourpres. 

*T. Sillenianum Rchb. Gard. Chr., p. 524. — Pl. dans le genre du Vanda tercs, 
à feuilles cylindriques, tenues, allongées; pédoncules biflores; fl. blanc de lait, avec 

27 



— 354 - 



une légère teinte jaune; les lobes latéraux du labelle sont striés de nombreuses 
lignes parallèles pourpres; le lobe médian est court, blanc en dehors et jaune en 
dedans et porte deux taches pourpres. 

ZINGIBÉR ACÉES . 

*Globba albo-braeteata N. E. Bbown. Gard. Chr., XVIII, p. 71. — Nouvelle 

et remarquable espèce d'un genre très curieux, voisine de G. atrosangumea Hassk., 
introduite de l'île de Sumatra, par M. Curtis, chez M. Veitch et observée dans la 
même contrée par le Beccari. Sa tige a 2 1 / 2 pieds de haut et est d'un brun pourpre 
foncé; ses feuilles, au nombre de 7-8, ont la gaîne verte, pubescente et la lame ovale- 
lancéolée, acuminée, vert foncé et glabre, sauf la nervure médiane qui est pubescente; 
la hampe est entièrement garnie de gaines convolutées; les inf. sont étroites, vertes 
et pubescentes, les sup. sont plus courtes, plus larges, blanc pur et glabres; la 
panicule est lâche et porte des bractées persistantes, oblongues, blanc pur, glabres, 
plus ou moins réfléchies; les fl. sont sessiles, avec le calice blanc et la corolle jaune. 

G. atrosanguinea Teusm. et Binnend. Bot. Mag., pl. 6626. — Curieuse plante 
introduite de Bornéo, par M. Burbidge, chez M. Veitch. Elle est haute de 60 cent, 
à 1 m. Ses feuilles forment inférieurement une gaîne brunâtre et serrée autour de la 
tige, du haut de laquelle part un limbe elliptique-lancéolé, acuminé, dont tout le bord 
est jaune. Ses fl. sont en épi, jaunes, de configuration singulière et les bractées sont 
d'un rouge vif. 

*G. coceinea J. Veitch, Cat. 1882, p. 18. A. Van Geert, Cat. n° 83, p. 15. The 
Garden, XXI, p. 361, avec fig. noire. — Pl. de Bornéo, introduite chez M. Veitch 
par M. Curtis. Ses tiges, de l'épaisseur d'une plume d'oie, ont 30-40 cent, de long et 
sont gracieusement recourbées : elles sont garnies de feuilles d'un beau vert et se 
terminent par une grappe de fl. aux bractées écarlates et au périanthe jaune. 

*Cureuma luteo-viridis W. Bull, Cat. n° 184, p. 15. — PI. de serre chaude, 
à racines tubéreuses, avec les feuilles oblongues, aiguës, vertes et panachées de vert 
jaunâtre. 

*C. Sumatrana Miq. Gard. Chr., XVIII, p. 393. — Très jolie espèce introduite de 
Sumatra par M. Curtis chez M. Veitch. Les pétioles sont pourpre violet et pubéru- 
lents ; les feuilles vert clair et elliptiques; le pédoncule est rouge foncé et terminé 
par un épi dont les bractées sont grandes et larges, rouge orange et les fl. jaunes. 

♦Kaempferia Gilberti Hort. Bull. Gard. Chr., XVIII, p. 712, fig. 112. W. 
Bull. Cat. n° 184, p. 16, avec fig. noire. Rev. hort. belge, p. 132, avec pl. noire. — 
Feuilles oblongues-lancéolées, vert foncé, légèrement ondulées et bordées d'une 
large bande blanche; fl. blanc pourpre. Introduit des Indes orient, par M. W. Bull. 

*K. vittata N. E. Brown. Gard. Chr , XVIII, p. 264. — Pl. découverte à l'île 
de Sumatra par M. Curlis et introduite chez M. Veitch, ressemblant à certains 
Calathea. Sa tige porte 4-6 feuilles ; le pétiole est engainant, glabre et vert à la par- 
tie sup., rouge brunâtre et couvert d'une pubescence opprimée à la partie inf., 



— 355 - 



lame de la feuille large, elliptique, apiculée, arrondie à la base, vert foncé et velouté 
au-dessus, avec une bande pennée grise le long de la nervure médiane; la face inf. 
est vert grisâtre, couverte d'une pubescence soyeuse ; inflorescence centrale; brac- 
tées lancéolées, membraneuses, velues, blanchâtres et rouge pourpre au sommet ; 
calice spathacé, pubescent, tridenté; corolle exserte, à pétales oblongs-aigus, blancs. 

Hedyohmm gracile Roxb. Bot. Mag., pl. 6638. — Pl. du Népaul, du Sikkim 
Himalaya et des Monts Khasia. introduite en 1820, par le D r Wallich, en Angleterre. 
Elle est vert glauque et glabre; sa tige est haute de 2-3 pieds, ses feuilles sont fine- 
ment acuminées et ses fleurs, en épi, sont dressées, blanches; avec les filets des 
étamines rouges et très longs. 

♦Monolophus seeunda. W. Bull, Cal. N° 184, p. 16. — Tige de 2 pieds de 
haut, portant des feuilles distiques et terminées par un épi oblong de jolies fleurs rose 
clair dont un des trois segments pétaloïdes intérieurs représente le labelle qui est 
plus grand et fendu. Des Indes orient. 

CANNACÉES. 

♦Maranta asymetrica. W. Bull, Cal. N° 184, p. 16. — Feuilles ovales, vert 
foncé, marquées de nombreuses bandes larges gris d'argent; la nervure médiane 
partage la lame en deux parties inégales, ce qui donne à la feuille une singulière 
apparence. 

*Stromantlie Lubbersi Mrrn. Belg. hort., p. 21, pl. 1. 

Canna iridiflora Uuiz. et Pavon, var. Ehemanni. The Gardai, XXI, p. 42, 
avec pl. col. — FI. plus grandes, plus brillantes et la plante d'un caractère plus 
ornemental que le type. 

*Kerchovea floribunda Joriss. Belg. hort., p. 201, Pl. 8. 

MUSACÉES. 

*Heliconia? aureo striata Hort. M. hort., p. 155, pl. 464. — Belle pl. des 
îles Salomon, introduite chez M. Linden en 1879. Ses feuilles ovales acuminées ont le 
limbe vert clair marqué de jaune sur toutes les nervures. Cette coloration est accom- 
pagnée d'un pointillé de même couleur et de nombreuses petites macules. 

*H. metallica. W. Bull, Cat. N° 184, p. 16. — Feuilles distiques, largement 
lancéolées, avec la nervure médiane, les veines et les bords rouge bronzé; elles sont 
élégamment tombantes et récurvées au sommet. Des îles de la Mer du Sud. 

H.? triumphans Lind. M. Hort., p. 59, pl. 448. — Belle Musacée introduite 
de l'île de Sumatra par M. Linden en 1881. Ses feuilles, longues de 50 cent, et 
larges de Î5 cent., sont lisses, à fond vert clair, lignées dans le sens des nervures 
d'un vert presque noir ; les jeunes feuilles sont rougeâtres à la page inférieure. 



— 356 — 



AROÏDÈES. 

Arisarum proboscideum Savi. Bot. Mag., pl. 6634. — Très rare et singu- 
lière pl. de l'Italie roérid. à feuille solitaire ou en petit nombre; pétiole ferme, 
limbe hasté; pédoncule court; spathe dressée, en forme de trompe, avec le tube gris 
blanc, le sommet vert olive, un long appendice filiforme défléchi et le dos olive 
pourpre; spadice inclus, cylindrique. 

Arum elongatum Steven. Gard. Chr., XVI1T, p. 298. — Tubercule arrondi, 
déprimé; pétiole vert clair, spongieux; feuilles allongées, sagittées-hastées, d'un beau 
vert, non maculées; pédoncule plus court que les feuilles; spathe lancéolée-acuminée, 
avec le tube vert à l'extérieur et blanc à l'intérieur ou vert gai à la base et pourpre 
au-dessus; la lame est verte, avec une teinte pourpre en dehors et entièrement 
pourpre noirâtre en dedans; ovaires du spadice jaunâtres et le pilon brun pourpre. 
De la Crimée. 

A. palaestinum Boiss. Gard. C/ir., XVÏIf, p. 428. — Pl. de la Syrie, introduite 
en 1865 par M. Veitch : feuilles 4-5, à pétiole ferme et avec la lame triangulaire- 
hastée, aiguë, vert foncé au-dessus, plus pâle en dessous ; pédoncule plus long que 
le pétiole, vert pâle, cylindrique; spathe à tube obliquement campanulé et à limbe 
lancéolé, graduellement atténué et acuminé au sommet, vert pâle à l'extérieur du 
tube et tacheté de pourpre sur le limbe; l'intérieur est d'un riche noir velouté, 
excepté la base du tube laquelle est blanc jaunâtre; le spadice est beaucoup plus 
court que la spathe. 

*Gk>natanthus sarmentosus B. S. Williams, Cal. 1882, p. 27. — Aroïdée 
intéressante, à feuilles vert pâle, marbrée de nuance plus foncée; la spathe est jaune 
d'or et toute l'inflorescence est très odorante. 

*Alocasia Putzeysi N. E. Brown. M. hort., p. 11, pl. 439 et page 39. — 
introduit de l'île de Sumatra par M. Linden : son aspect général ressemble à 
VA. longiloba Miq., mais s'en distingue par la brillante coloration de son feuillage 
dont les veines sont également plus distantes entre elles : les feuilles sont ovales 
sagittées au lieu d'être hastées sagittées comme dans l'espèce congénère. 

Cyrtosperma Johnstoni N. E. Brown. (Alocasia Johnstoni Hort.). Gard. 
Chr., XXIII, p. 808. — Aroïdée remarquable introduite des îles Salomon par 
M. W. Bull et qui a fleuri à la Compagnie continentale d'horticulture à Gand. Ses 
pédoncules ressemblent aux pétioles, sont de même couleur et armés d'épines en 
spirales interrompues; ia spathe est ovale-lancéolée, acuminée, légèrement convo- 
lutée à la base, brunâtre; le spadice est presque cylindrique et de même teinte. 

Xanthosoma Barilleti. Rev. hort., p. 259, fig. 58. — Pl. caulescente; feuilles 
dressées, sur un pétiole robuste alteignant jusqu'à 1 m. de longueur, canaliculé à sa 
base qui est largement ailée, le tout d'un beau vert; limbe digité-palmé à divisions 
liés grandes, entières, inégales, nervées, la médiane atteignant 40 cent., d'un vert 
sombre non biillant Intiod. du Brésil au Fleuriste de Paris. 



- 357 — 

Dieffenbaehia imperator. The Gardai, XXI, p. 84-, avec fig. noire. — Piaule 
introduite récemment de la Colombie, par M. B. S. Williams. Ses feuilles, longues 
de 1-1 */« pied, sont vert clair, tachées et marbrées de jaune verdâtre et de blanc pur, 
le tout formant une belle combinaison de couleur?. 

*D. majestica W. Bull, Cat. n° 184, p, 15. — Feuilles vert foncé panachées de 
macules jaunâtres éparses, avec une raie pennée blanc d'argent le long de la nervure 
médiane; elles sont oblongues, terminées en pointe, longues d'un pied ou pins. 

*D. princeps W. Bull, Cat. n° 184, p. V6. — Feuilles vert foncé, avec quelques 
taches jaunâtres et une ligne gris argenté le long de la nervure médiane; elles sont 
obliques et cordées à la base. 

♦Aglaonema pictum Kunth. ///. hort. t p. il, pl. 44£i. — Brillante Ai oïdée 
introduite de Sumatra par M. Linden en 1881. Ses feuilles elliptiques sont d'un beau 
vert foncé velouté et agréablement panachées de larges macules et de points 
irréguliers blanchâtres. 

*A. pictum Kunth. var. gracile W. Bull, Cat. n° 184, p. 13. — Petite Aroïdée 
introduite de l'ile de Bornéo. Tige dressée; feuilles elliptiques, acuminées, vert clair, 
avec des macules irrégulières grises; inflorescence axillaire sur un court pédoncule; 
spathe jaune crème, globuleuse-oblongue; spadicc blanc. 

♦Schismatoglottis latifolia W. Bull, Cat. n° 184, p. 17. — Feuilles ovales, 
cordées à la base, vert clair et marquées de bandes irrégulières de vert grisâtre; 
spathe blanchâtre. Des Indes orient. 

S. Lavalleei Lind. var. *immaculata N. E. Buown. Gard. Chr., XVIII, p. 298. 
— La face sup. de la feuille est vert clair et non tachetée, la face inf. et le pétiole 
sont pourpre vineux. Var. introduite de l'île de Java, par la Compagnie continentale 
d'horticulture de Gand. 

S. Lavalleei Lind. var. *Lansbergeana Lind ///. hort., p. 173, pl. 468. — 
Var. trouvée à l'ile de Java par M. Van Lansberghe, alors gouv. des Indes nécrland. : 
elle se distingue du type en ce que la page sup. de la feuille est vert foncé uniforme, 
et que le pétiole ainsi que la page inf. de la feuille sont couleur pourpre vineux. 

S. Lavalleei Lind var. *purpurea. N. E. Brown. Gard. Chr n XVIII, p. 298. — 
Feuilles d'un vert clair, avec des taches irrégulières grisâtres au-dessus et la face 
inf. ainsi que les pétioles d'un pourpre vineux foncé. Var. introduite par M. Curlis, 
chez M. Veitch, de l'île de Sumatra. 

S. longispatha Hort. ///. hort. y p, lu!), pl. 40(1. — Pl. de taille peu élevée, à 
feuilles ovales, longues de 10 cent. La page supérieure d'un vert clair est marquée 
d'une large bande gris argenlé, sur laquelle se détache la nervure médiane d'un 
beau vert. La spathe est longue et le t-padice petit, vert jaunâtre. De Bornéo. 

Anthurium Andreanum Lind. liul. Mag., pl. 661(5. — Celte splendide Aroï- 
dée de la Nouv. -Grenade (prov. de Choco) a été introduite en 1876 par M. Ed. Andié 
chez M. Linden : elle avait été primitivement découverte par Triana et Lehmanu qui 



- 358 — 



n'avaient pas songé à en enrichir les collections européennes. Voir notre Revue pour 
\8$0 (Belg. hort., 1881. p. 245). 

XA. Devansayanum. Rev. hort., p. 289, fig. 63. — Etrange pl. provenant de 
la fécondation de 1M magnificum par VA. Galeotlianum, opérée en 1876 par M. Alph. 
de la Devansaye. La nuance verte de la plante a des reflets violacés et satinés comme 
la mère, tandis que le port du limbe est érigé comme celui du père. 

*A. G-ustavi. Rgl. Gfl., p. 67, pl. 1067. — Cette espèce se distingue des 
autres espèces connues du même genre par la grandeur de ses feuilles cordiformes, 
lesquelles ont 65-70 cent, de long sur 55-60 cent, de large. Le pédoncule est très 
court; le spadice est cylindrique et dépasse notablement la spathe qui est en nacelle, 
coriace et verte. Elle a été introduite de Buonaventura (Amériq. centr.) au Jard. 
bot. de S'-Pétersbourg par M. Gustave Wallis. 

A. Lindenianum C. Koch et Augustin. M. hort., p. 107, pl. 456. — Belle 
Aroïdée de la Nouv. -Grenade introduite chez M. Linden en 1856. Sa tige est courte; 
ses pétioles grêles sont longs de 60 cent.; ses feuilles, longues d'un demi-mètre, sont 
larges de 30 cent.; elles sont coriaces, d'une teinte brunâtre dans le jeune âge, 
devenant ensuite vertes, avec les nervures proéminentes. La spathe est d'abord 
blanchâtre pour passer au rose, tandis que le spadice est rosâtre et passe finalement 
au brun. 

*A. longipes N. E. Brown. Ga?'d. Chr., XVIII, p. 297. — Tiges rampant sous 
terre; feuilles dressées; pétioles de 1-2 pieds de long, vert foncé ; lame coriace, vert 
clair au-dessus, vert jaunâtre en dessous, oblongue-lancéolée, à base cordée, se 
rétrécissant graduellement et mucronée au sommet, avec la nervure médiane très 
proéminente en dessous ; pédoncule de 2 pieds de long, dressé, vert ; spathe vert clair, 
réfléchie, lancéolée; spadice brièvement stipité, jaunâtre. Introduit en 1854, de 
Bahia, par M. Wetherell, au Jardin de Kew où il a seulement fleuri en août 1882. 

A. Scherzerianum Schott. var. maximum. /II. hort., p. 93, pl. 454. — 
Spathe de 20 cent, de long sur 10 cent, de large, écarlate brillant. 

♦Spathipliyllum hybridum N. E. Brown. fil. hort., p. 75, pl. 450 — Inté- 
ressant produit du S. Patini croisé avec le S. cannaefolium (Anthurium Dechardi), 
obtenu chez M. Linden. Feuillage et spathes du second, mais avec la couleur plus 
blanche dans ce dernier organe. Spadice blanc, avec la marge des segments du 
périanthe bordée de vert 

*Podolasia stipitata N. E. Brown. Gard. Chr., XVIII, p. 70. — Nouveau genre 
d'Aroïdée, observé par M. Curtis à l'île de Bornéo et introduit chez M. Veitch. Sa tige 
est courte; ses feuilles, au nombre de 4-6, ont un pétiole long d'un pied, engainant 
à la base, cylindrique au-dessus, vert clair, avec la moitié inf. armée d'aiguillons 
courts, coniques, brun ochracé; la lame de la feuille est sagittée ou hastée, vert clair; 
le pédoncule, plus court que les pétioles, est vert teinté de rouge pourpre; la spathe 
est étroite, naviculaire, aiguë à ses 2 bouts, décurrente sur le pédoncule, rouge 
brunâtre ou pourpre brunâtre; le spadice est stipité, vert, avec une teinte rouge 
pourpre. 



— 359 — 

♦Epipremnum mirabile Sciiott. Rev. hort. belge, p. 157, avec pl. noire. The 
Garden, XXI, p. 316, avec fig. noire. W. Bull, Cat. n° 184, p. 15. — Liane des îles 
Fidji. Feuilles grandes, brillantes, d'un vert foncé, portant le long de la nervure 
médiane une série de taches transparentes; dans leur jeune âge, elles sont entières et 
subcordées, puis se découpent et finissent par être pinnatiséquécs. Cette plante est 
le vrai Tonga, remède efficace contre la névralgie. Voir la Belg. hort., 1882, p. 59. 

*Nephthylis liberica W. Bull, Cat. n° 1 84-, p. 16. — De la Sibérie (Afrique 
trop, occ), introduite par un collecteur de M. VV. Bull. Tige rampante, feuilles 
sagittées; la hampe porte quelques épines éparses ; la spathe est blanc verdâtre. 

PANDANÉES . 

*Cyclantlius discolor W. Bull. Cat. n° 184, p. 15. — Remarquable pl. do 
serre chaude; native de Colombie, à feuilles distiques, bifides; les deux segments 
sont lancéolés, récurvés et terminés en pointe; dans le jeune âge, les feuilles sont 
panachées ou rayées d'une teinte orange fauve. 

PALMIERS. 

Kentia (Kentiopsis) Luciani Lind. /II. hort., p. 77, pl. 451. — Jolie forme 
du K. macroearpa Brongn. et voisine de K. Lindeni, introduite de graines, en 1877, 
de la Nouvelle-Calédonie chez M. Linden. Ses frondes sont d'un vert clair, avec 
la face inf. parfois teintée d'une nuance brunâtre; les pétioles, dans le jeune âge, 
sont jaunâtres. 

*Arenga WightiW. Bull. Cat. n° 18*, p. 13. — Palmier indien, à cultiver en 
serre chaude; son stipe est nain et ses frondes sont composées de pennes linéaires, 
alternes; dans les jeunes plantes, les feuilles sont simples, cunéiformes et érosées sur 
le bord supérieur. 

♦Calamus subangulatus. W. Bull. Cat. n° 184, p. 13. — Intéressante plante 
des Indt:s orientales, à cultiver en serre chaude; les pétioles sont garnis de trois 
lignes longitudinales d'épines et les frondes sont bifides. 

*Geonoma intermedia. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 27. — Joli Palmier à 
frondes pennées, vert clair, avec les rachis brun rougeâtre et les nervures des 
folioles proéminentes. 

♦Calyptrogyne teres. W. Bull, Cat. n° 184, p. 13.— Palmier de serre chaude, 
importé de la Guyane anglaise; les pétioles sont verts, lisses, cylindriques et les 
frondes sont étalées, penchées ; dans le jeune âge, elles consistent en deux paires 
de folioles linéaires-oblongues, vert clair. 

Bacularia monostaehya F. Muell. Bot. Mag., pl. 6644. — Stipe de 4 à 12 
pieds de haut, grêle; frondes très nombreuses, étalées et recurvées, de 2 à 4 pieds 
de longs sur l à i */, de large, pinnaliséquées, à 4-6 paires de segments alternes, 
tronqués au sommet et dentés ou incisés, vert foncé, glabres; spadices nombreux, 
grêles, à fl. vertes. Des Nouv. Galles du Sud. 



— 360 - 



Dicotylédones . 

Apétales. 

PIPÉRACÉE3. 

Peperomia resedaeflora André Bot. Mag., pl. 6619. - Introduit en 1865, de 
la Nouv.-Grenade, par M. Braam chez M. Linden. Tige, haute de 50-45 cent., rouge 
et rameuse; feuilles arrondies, rouges à la face inf. ; les fl. sont blanches et en grap- 
pes terminales, longuement stipitées. 

*Piper borneense N, E. Brown. Gard. Chr., XVII, p. 108. — Pl. du Bornéo 
occ. introduite en 1881 par M. Curtis chez M. Veitch; naine; tiges charnues, très- 
velues; feuilles oblongues-elliptiques, aiguës, auriculées-cordées, à 1 1 nervures, 
entre lesquelles courent des bandes gris d'argent; la face inf. est pubescente; les fl. 
sont dioïques, avec les épis eylindriques. 

MORACÉES. 

Ficus elastiea Lin var. *foliis aureo-marginatis Gard. Chr., XVII, p. 143. 
— Jolie variété dont les bandes jaune d'or contrastent avec le vert foncé du centre 
de la feuille. 

F. stipulata Thunb. Bot. Mag., pl. 6657. — Tiges des jeunes plantes et rameaux 
stériles rampants, fortement appliqués contre le tronc des arbres et sur les murs, 
flexueux, hispides; garnies de feuilles distiques, sessiles ou brièvement pétiolées, 
ovales-cordées, fortement réticulées à la face sup. ; branches fruitières dressées et 
flexueuses; elles portent des feuilles elliptiques-oblongues, pétiolées, coriaces, avec 
des stipules lancéolées. Le fruit est solitaire, axillaire, pyriforme, bleu foncé ou rouge 
pourpre. De la Chine et du Japon d'où il a été introduit en 1771 . 

URTICACÉES. 

Pellionia Daveauana N. E Brown. IU. horl.\ p. 189, pl. 472. — Plante 
découverte par M. Godefroid-Lebeuf en Cochinchine et décrite erronément (/Jeu. 
hort. } 1880, p. 290) comme un Bégonia. Elle est herbacée, rampante; ses feuilles 
rappellent celles des Bégonia, ont un coloris bronzé avec une large bande médiane 
d'un vert brillant; les fl. mâles, en cymes lâches, sur des pédoncules allongés, 
attirent peu l'attention, ainsi que les fl. femelles qui sont placées en petits bouquets 
à l'aisselle des feuilles. 

P. Daveauana N. E. Brown. var *viridis N. E. Brown. Gard. Chr., XVIII, 
p. 712. — Le sommet de la tige, les pétioles et les nervures des feuilles sont 
couverts de poils courts; la couleur du feuillage est vert clair, avec quelques taches 
blanchâtres. De la Cochinchine et introduite par lu Compagnie continentale d'hor- 
ticulture, de Gand. 



— 361 - 



*P. pulchra N. E. Browk. Gard. C/ir., XVIII, p. 712. — Tiges charnues, 
rampantes, teintées de pourpre; feuilles alternes, oblongues, très obtuses, crénelées, 
noirâtres le long de la nervure médiane et des veines, avec les intervalles verts; la 
surface inf. est pourprée. Introduit de la Cochinchine par la Compagnie continentale 
d'horticulture, à Gand. 

PROTÉACÉES. 

G-revillea annulifera F. v. Muel. Gard. Chr., XVIII, p. 154. — Arbuste 
ornemental, glabre ; à feuilles pennées, vert brillant au-dessus, blanches en dessous, 
avec les folioles étroites, linéaires, épineuses; l'inflorescence consiste en 3 ou 5 
grappes de fl. nombreuses, blanc de lait. Introduit en 1880 de l'Australie occid. par 
le baron Ferd. von Mueller. 

G. longifolia R. Br. Rev. hort., p. 245, fig. 57. — Arbre de 4-5 m., à rameaux 
grêles, filiformes; feuilles longues de 7-10 cent., larges de 1 cent., linéaires, entières 
à la base, puis grossièrement dentées en scie; grappes nombreuses de fl. rose tendre 
à l'aisselle des feuilles. D'Australie. 

G. Thelemanniana Hugel var. splendens. Rev. hort., p. 456, avec pl. col. — 
Ne diffère du type que par l'abondance et la grosseur de ses beaux épis compactes de 
fl. rouge cramoisi et son extrême facilité à produire des fl. pendant plusieurs mois 
de l'année. 

Telopea speciosissima. The Garden. f XXII, p. 400, avec pl. col. — Bei 
arbuste australien, de 6 à 8 pieds de haut, avec les feuilles gris bleuâtre et des capi- 
tules de fleurs rouge carmin. 

NÉPENTHACÉES. 

X*Nepenthes atrosanguinea Hort. amer. Gard. Chr. , XVII, p. 826, fig. 125. 
B. S. Williams, Cal. 1882, p. 27, avec fig. noire. — Hyb. d'origine américaine, 
obtenu probablement entre iV. Sedeni et N» rubra : c'est un des Nepenthes les plus 
riches en couleur. Ses urnes sont cramoisi rougeâtre, légèrement taché de jaune, 
renflées à la base, cylindriques au sommet, avec les ailes larges, frangées. 

X*N. coccinea Hort. amer. Gard. Chr. } XVIII, p. 169, fig. 29. B. S. Williams, 
Cat. 1882, p. 27. — Hyb. d'origine américaine, introduit dans le commerce par 
M. B. S. Williams. Amphores rouge cramoisi tigré de jaune, en forme de bouteille, 
distendues à la base et largement cylindriques au sommet; ailes fortement frangées; 
bouche ovale aiguë; opercule ovale oblong, plus petit que l'ouverture. 

XNepenthes Dormanniana Hort. amer. Gard. Chr. t XVII, p. 525. B. S. 
Williams, Cat. 1882, p. 28. — Feuilles largement lancéolées, aiguës au sommet et 
ciliées sur les bords; les unes sont grandes, en forme de bouteille, distendues vers le 
milieu, avec les ailes fortement frangées; la couleur est verte, avec de grandes taches 
rouges, ce qui contraste avec le vert clair de la bouche et de la gorge. Hyb. entre 
iV. Rafjlesiana et N. Sedeni. 

28 



— 362 



XN. Henryana Hort. angl. M. hort., p. 125, pl. 460. — Hyb. provenant du 
N. Hookeri fécondé par le N. Sedeni. Les ascidies ont 20 cent, de long et leur 
couleur dominante est pourpre rougeâtre avec des macules vertes de toutes les 
formes; la gorge est vert plus pâle, le bord de l'opercule d'un riche cramoisi nuancé 
de violet et le couvercle est vert marqué de taches brun rosé. 

N. hirsuta var. glabrescens. Gard. Chr. t XVII p. 598, fig. 59. — Pl. presque 
glabre ; tiges rougeâtres ; feuilles subamplexicaules, larges à la base, lancéolées; 
urnes allongées, cylindriques, légèrement dilatées à la base, rougeâtres ou entière- 
ment vertes, à ailes fortement frangées; bouche ovale, jaune verdâtre; opercule 
cordé, émarginé, avec un simple éperon. 

XN. intermedia Hort. Veitch. Gard. Chr., XVII, p. 178, fig. 29. —Hyb. 
obtenu par M. Court entre IV. Rafflesiana et une espèce indéterminée de Bornéo. 
Sa tige est robuste et couverte d'un duvet couleur de rouille pâle; les feuilles sont 
coriaces, glabres, sauf à la face inf. ; les urnes sont vertes, avec des taches rouges; 
les ailes sont très développées, ciliées et ondulées. 

N. Kennedyana F. v. Muell. Gard. Chr., XVII, p. 257. — Espèce très 
distincte du Cap York (Australie septr.) : ses feuilles sont oblongues-lancéolées, très 
aiguës; les urnes sont rougeâtres, allongées, cylindriques et légèrement dilatées 
dans la moitié inf.; la bouche est oblique, subarrondie, glauque violet et l'oper- 
cule est suborbiculaire, glanduleux à la face inférieure. 

N. lanata Hort. Gard. Chr., XVII, p. 178. — Feuilles coriaces, glabres au- 
dessus et couvertes de poils noirs en dessous, subamplexicaules, à sommet arrondi; 
ascidies verdâtres, cylindriques, velues, avec les ailes dentées et frangées. Introduite 
de Bornéo (Sarawak) par M. Lobb. 

XN. Lawrencana Hort. Angl. lit. hort., p. 125, pl. 460. - Croisement du 
N . phyllamphora par iV. Hookeri. La couleur du fond des ascidies est vert pâle 
maculé de cramoisi foncé, la gorge est vert pâle et le rebord de l'opercule entière- 
ment vert, ainsi que le couvercle. 

*XN. Morganiae J. Veitch, Cat. 1882, p. 19, avec fig. noire. — Bel hybride 
obtenu par M. James Taplin, jard. en chef chez le duc de Devonshire, à Chatsworth, 
et dédié à M. Morgan, de New-York. Pl. naine, avec la nervure médiane des feuilles 
rouges; les urnes sont en forme de bouteille et bordées de 2 ailes étroites, ciliées ; 
dans le jeune âge, elles sont également marbrées de rouge et de vert pâle; plus 
tard elles deviennent d'un rouge de sang; l'opercule contraste avec l'ascidie par sa 
couleur vert pâle. 

N. Rafflesiana var. *insignis Gard. Chr., XVIII, p. 425, fig. 69. - Amphores 
remarquables, très grandes, vertes, marbrées de taches brun pourpre et couvertes de 
petits poils étoilés brunâtres, avec de larges ailes dentées. Introduit de l'île de 
Bornéo, par M. W. Bull. 

N. Rafflesiana var. *nigro-purpurea. Gard. Chr., XVIII, p. 425, fig. 70. — 
Urnes d'un brun pourpré avec quelques taches plus pales et des poils étoilés, 



— 363 — 



brunâtres; la forme est celle d'une outre et elle est garnie de deux ailes membra- 
neuses, incurvées, dentées. Importé de l'île de Bornéo par M. W. Bull. 

*N. Ratcliffiana Hort. Veitch. Gard. CA»\,XVII, p. 178, fig. 28. Hyb. entre 
N. phyllamphora et N. Hookeri obtenu chez M. Veitch. Les feuilles sont coriaces, 
vert clair, linéaires- lancéolées et aiguës; les urnes sont en forme de bouteille, 
vertes et tachées de rouge; les ailes sont largement ciliées. 

*N. rubro-maculata Hort. Veitch. Gard. Chr., XVII, p. 143, fig. 24 — 
Hyb. obtenu entre N. hybrida et une espèce du Bornéo (N. lanata?). La pl. est 
robuste, les tiges d'un pourpre foncé et couvertes de poils ferrugineux. Les feuilles 
sont semi-amplexicaules, arrondies au sommet, coriaces, vert très foncé et ciliées 
sur les bords. Les urnes sont vert jaunâtre, avec des taches rouge de vin, cilin- 
driques, fortement ailées. 

XN. Wrigleyana Hort. Veitch. Gard. Chr., XVII, p. 1£3, fig. 23. — Hyb. 
entre N. phyllamphora et /V. Hookeri et semblable à N. Ratcliffiana. Ses feuilles 
sont plus amplexicaules, vert clair, aiguës, glanduleuses en dessous; les amphores 
sont en forme de bouteille, avec le col cylindrique, vert pâle et des taches rouge 
cramoisi et étroitement ailées. 

Gamopétales. 

PLUMBAGINÉES. 

Statice floribunda. Sous-arbrisseau de serre froide dans le genre de S. profusa, 
avec les hampes terminées, par d'énormes capitules de fl. bleu violet. Exposé à 
Londres, le 23 mai 1882, par C. Lee et fils. 

*S.Suworowi Kgl. Gfl., p. 289, pl. 1095, fig. 1-2. Journ. russe Mort., p. 561, 
pl. 41. — Pl. annuelle; feuilles radicales, glabres, oblongues-lancéolées, roncinées- 
dentées; épi terminal, dense, simple, formé de jolies fleurs roses, tubuleuses. Voisin 
du S. planlaginiflora Jaub. et Spach, découvert par M. Alb. Hegel, dans le Turkestan 
occid., et dédié à M. J. P. von Suworow, médecin militaire. 

DIPSACÉES. 

Scabiosa caucasioa M. B. var. heterophylla Ledeb. Gfl., p. 164, pl. 1084. 
— Var. dont les feuilles inférieures sont souvent entières, tandis que les sup. sont 
pennées. Elle porte de grandes et jolies fleurs roses. 

COMPOSÉES. 

Eupatorium grandiflorum. Bévue hort., p. 584, avec pl. col. — Pl. vivace, 
haute de 75 cent, à 1 m. 30, formant de liés grosses touffes de tiges simples, dressées, 
couvertes d'un tomentum laineux, roux; feuilles opposées, grandes, ovales, acumi- 
nées, subcordées, crénelées, scabres au-dessus, couvertes en dessous d'une laine 
courte fauve sur les feuilles adultes, blanchâtre dans leur jeunesse. Les inflores- 
cences, en corymbes terminaux, sont amples et présentent de nombreux capitules de 
fleurs d'un joli rose carné en boutons, passant au blanc rosé lors de l'épanouissement. 



— 364 - 

Celmisia spectabilis J. D. Hook. Bot. Mag., pl. 6653. — Feuilles radicales, 
nombreuses, elliptiques-lancéolées, entières ou obscurément dentées; la face inf. 
est couverte d'une pubescence laineuse couleur de buffle ou de paille; tiges dressées, 
plus longues que les feuilles, couvertes d'une laine blanche argentée et de nom- 
breuses bractées; capitule unique avec les demi-fleurons de la circonférence très 
nombreux, révolutés, blancs ou lilas pâle et les fleurons du centre jaunes. De la 
Nouvelle-Zélande. 

Olearia G-unniana Gard. Chr., XVII, p. 732 fig. 113. — Arbuste de 5à 5 
pieds de haut., avec les rameaux blanc cendré et les feuilles polymorphes : celles-ci 
sont oblancéolées, dentées et blanchâtres à la face inf., capitules de fl. radiées très 
nombreux, avec les ligules de la circonférence blanches et les fleurons du centre 
grisâtres. Introduit de la Tasraanie chez M. Veitch. 

O. ramulosa Benth. Gfl., p. 33, pl. 1073, fig. a. b. — Arbuste de la Nouv. 
Hollande, de 3-4 pieds de haut, très rameux, à feuilles roulées sur les bords ; connu 
aussi sous le nom d'Eurybia ramulosa. 

Erigeron aurantiaeus Rgl. Rev. horl.,p. 78. arec pl. col. — Pl. vivace. 
rustique, naine, fleurissant très jeune et fort ornementale. Feuilles radicales ovales- 
oblongues; les caulinaires un peu tordues, amplexicaules. Tiges de 15-25 cent., 
raides, hispides, scabres, terminées par un capitule de 4 cent, de diamètre, d'un 
rouge orangé chaud, très brillant. Du Turkestan et introduit par M. A. Regel. 

Gaillardiapulchella Fouger. var. Lorenziana. Gfl., p. 161, pl. 1083. Journ. 
russe d'hort. p. 357, pl. 30. — Var. à fleurons tubulés en gros capitules, de couleur 
jaune, orange ou rouge. 

Anacyclus radiatus Lois. var. purpurascens. DC. Gfl., p. 65, pl. 1074 
Journ. russe d'hort., p. 307, pl. 22. — Tige et feuilles glabres ; fl. jaunes ou blanches 
avec la moitié inférieure et extérieure des ligules de la circonfé rence d'un beau 
pourpre, Espagne, Italie et France mérid. 

Gynura aurantiaca. DC. Deut. Gart. Mag., p. 125 avec pl. col. Journ. 
d'hort. suéd., p. 177, avec pl. col. Voir notre Revue pour 1881 (Belg. hort., 1882). 

Senecio lagopus Raoul. Gard. Chr., XVIII, p. 424 — Pl. de la Nouvelle- 
Zélande, probablement rustique sous notre climat et propre à l'ornementation des 
rocailles. Elle a un pied de haut, porte des feuilles radicales, largement elliptiques, 
avec la face sup. velue et la face inf. tomenteuse; les pétioles sont laineux: les fleurs 
sont radiées, jaune vif et disposées en corymbe lâche. 

Arctotis auréola. The Garden, XXII, p. 336, avec pl. col. — Pl. vivace du Cap 
de Bonne-Espérance, à feuilles lyrées, pinnatilobées, blanchâtres et à grands capitules 
couleur orange. 

*Ainsliaea aptera W. Bull, Cat. n° 184, p. 13. — Pl. vivace du groupe des 
Mutisiacées, trouvée dans le Sikkim Himalaya à une altitude de 12-13000 pieds; ses 
feuilles sont sinuées-dentées et cordées, à pétioles non ailés (aptères); capitules de 
fl. pourpres disposées en panicule spiciforme. 



- 365 - 

Sonehus Jaequini DC. Dot. Mag., pl. 6642. — Pl. dos îles Canaries, introduite 
en 1779 par Fr. Masson. Tige dressée, haute de i-2 pieds, couverte parcimonieuse- 
ment d'une espèce de laine blanche; feuilles étalées et récurvées, les inf. sessiles, 
les sup. fortement cordées ou presque amplexicaules, oblancéolées, pinnatifides, 
denticulées et ciliées; capitules jaune d'or foncé. 

Hieracium villosum Lin. Gfl. y p. 226, pl. 1090. — Espèce alpine de France, 
Suisse et Autriche, à cultiver dans les rocailles des jardins. Ses fouilles caulinaires 
sont nombreuses, molles, bleu verdâtre, ovales, lancéolées; ses capitules de fleurs 
sont grands et jaune d'or. 

CAMPANULACÉES . 
Wahlenbergia saxicola Al. DC. Dot. Mag., pl. 6613. — Pl. vivace, presque 
glabre^ à feuilles radicales spath ulées, lancéolées ou linéaires, entières, crénelées 
ou dentées, à fl penchées, campanulées, lilas pâle. De la Nouv. -Zélande. 

Phyteuma comosum Lin. Deut Gart. Mag., p. 521, avec pl. col. — Pl. 
naine, feuilles vert noirâtre, fortement dentées sur les bords; fl. bleuâtres ramas- 
sées en une tête terminale, remarquable par les bractées qui raccompagnent. Des 
Alpes. 

Campanula Allioni. The Garden, XXI, p. 366, avec pl. col. — Pl., à feuilles 
linéaires-oblongues et à grandes fleurs campanulées, bleu violet, solitaires. 

RCJBIACÉES. 

Psychotria cyanocooea Seem. Rev. hort. belg., p. 217, avec pl. col. — Très 
jolie plante découverte par leD p Seeman dans le Chontalès (Nicaragua) et introduite 
par W. Bull en 1871 : ses fleurs sont peu apparentes et son caractère ornemental 
réside dans ses nombreuses grappes de fruits d'un beau bleu d'outre-raer. 

*Ixora concinna W. Bull, Cat. n° 184, p. 16. — Splendide variété produisant 
des corymbes grands et compactes de fl. couleur saumon, se changeant graduellement 
en rose saumoné. 

*I. décora W . Bull., Cat. n° 184, p. 16. — Grandes et belles fleurs jaunes paille- 
tées de rose cramoisi. 

I. salicifolia Blume var. *variegata N. E. Brown. Gard. Chr.,XV\\], p. 71. 
Cette variété porte au centre de la feuille une large ou étroite bande pennée d'un 
gris argenté. Introduite de Sumatra par M. Curtis chez M. Veitch. 

I. splendida. 111. hort., p. 143, pl. 463. — Se distingue par la grandeur de son 
corymbe de fleurs d'un riche coloris orange cramoisi brillant. 

*I. venusta. W. Bull. Cat. n« 184, p. 16. Fleurs amples de couleur orange bril- 
lant se changeant en couleur chamois saumonné. 

X*I. Westi. H. Veitch, Cat. 1882, p. 18. — Hyb. obtenu entre /. odorala et 
/. amboinensis, par M. West, chef de culture chez M. Veitch. Les fl. sont rose très 
pâle et même presque blanches, devenant rose clair brillant avec Page. 



366 



Luculia gratissima Sweet. Rev. hort. belge, p. 1*21, avec pl. col. — Jolie 
Rubiacée de serre, introduite du Népaul en 1823. Ses corymbes terminaux sont 
formés de fleurs rose carné et odorantes 

CAPRIFOLIACÉES. 

Abelia spathulata Sieb. et Zucc. Bot, Mag., pl. 6601. — Joli arbrisseau très 
rameux, rustique, florifère, introduit du Japon par M. Maries collecteur de M. Veitch. 
Ses fi. portées par deux sur un pédoncule en Y, sont grandes; le calice est rose, 
divisé en 4-5 lobes spathulés ; corolle campanulée, blanche, avec des taches jaunes; 
feuilles sessiles, lancéolées, dentées et bordées d'une ligne rouge. 

Lonicera Albertî Rgl. Gard. Chr., XVII, p. 256. — Arbuste nain, glabre, à 
branches diffuses; feuilles opposées, glauques, linéaires-oblongues, obtuses, briève- 
ment pétiolées, entières ou portant 2 dents à la base; pédoncules axillaires, courts; 
fl. odorantes, géminées, rose lilas. Découvert dans l'Asie centrale par M. Alb. Hegel 
et introduit au Jard. bot. de S'-Pétersbourg. 

L. hispida Pall. Gfl., p. 323, pl. 1100. — Tige dressée; rameaux hispides; 
feuilles brièvement pétiolées, ovales-elliptiques, glabres et ciliées sur les borda; fleurs 
pendantes. De l'Altaï. 

OLÉACÉES. 

Syringa vulgaris L. var. flore pleno Lemoinei. Rev. hort. belge, p. 84. 
Voir la Belg. hort., 1878, p. 174. 

Ligustrum Quihoni Carr. Gard. Chr., XVIII, p. 277 fig. 51. — Arbuste de 
la Chine, peu élevé, buissonneux, à branches purpurines, duveteuses ; feuilles 
opposées, vert foncé; fl. en panicule terminale, blanches. 

APOCYNÉES. 

♦Mascarenhasia Curnowiana Hemsley Bot, Mag. pl. 6612. The GardenXXJ, 
p. 98 avec pl. col. — Bel arbuste du Madagascar, introduit récemment chez 
MM. Low. par leur collecteur M. Curnow. Feuilles vert foncé, opposées, lancéolées; 
fleurs portées par 3-5 au bout des rameaux, d'un beau rouge écarlate, à tube pâle. 

ASCLÉPIADÉES. 

Hoya globulosa J. D. Hook. Gard. Chr., XVII, p. 732, fig. 115. — Pl. grim- 
pante, de serre chaude, découverte par sir Jos. Hooker dans le Sikkim-Himalaya. 
Feuilles coriaces, arrondies ou subcordées à la base, acuminées au sommet; fl. en 
ombelle globuleuse, jaune de paille ou couleur crème, avec le centre rose. 

H. lasiantha Korth. Gard. Chr., XVIII, p. 333, fig. 57 — Tige grimpante; 
feuilles opposées, presque glabres, subcoriaces, ovales-elliptiques, cuspidées avec 
quelques taches grises; ombelle de 8-12 fl.; calice à lobes oblongs-obtus ; corolle à 
lobes brusquement réfléchis sur le pédicelle, jaune orange, avec la base entièrement 



— 367 — 



couverte de longs poils blancs; couronne jaune d'ocre, à lobes dresses, comprimés- 
ovoïdes. De l'île de Bornéo et importé par M. Low, de Clapton. 

*Huernia oculata J. D. Hook. Bot. Mag., pl. 6658. — Pl. très touffue, 
rameuse dès la base, vert tendre ; rameaux à 5 angles comprimés, bordés de dents 
épineuses ; fl. courtement pédonculées, remarquables par le contraste de la cou- 
leur violet pourpre foncé du limbe avec la couleur blanche du tube ; le limbe est 
5-denté avec 5 petites dents intermédiaires. Découverte en 1880 dans le pays de 
Dammara par le capitaine Een. 

Stapelia pulchella Masson. Gard. C/ir.,XVIII, p. 199. — Tiges quadrangu- 
laires; fl. se développant graduellement en cime subsessile ; calice à divisions 
ovales-aigues ; corolle avec le disque en forme de coupe peu profonde et les lobes 
ovales deltoides, récurvés et étalés ; la couleur est jaune soufre avec de nombreuses 
pelites taches brunes et du pourpre brun sur les bords. Du Cap de Bonne-Espérance. 

S. tsomoensis N. E. Brown. Gard. Chr., XVIII, p. 168. — Tiges glabres, 
quadrangulaires, à angles pubérulenls, comprimés, dentés; feuilles rudimentaires, 
ovales-acuminées, pubérulentes ; cyme subsessile, à la base des plus jeunes tiges, 
formée de 4-9 fleurs ; calice à segments lancéolés-acuminés, pubérulents à l'extérieur, 
glabres à l'intérieur et ciliés; corolle pourpre noirâtre et de couleur plus foncée au 
sommet des lobes, avec des poils apprimés. Découvert par sir Henry Barkly, près de 
Tsomo River, dans la Cafrerie et introduit à Kew, en 1878. 

GENTIANÉES. 

Exacum macranthum The Garden^ XXII, p. 422, avec pl. col. — Pl. de 
Ceylan, haute de 2 pieds, avec les fl. bleu foncé en corymbe axillaire et terminal. 

Gentiana decumbens Lin. Gfl. } p. 193, pl. 1087, fig 1-2. Journ. russe d'hort., 
p. 418, pl. 27, fig. 1-2. — Jolie espèce vivace de l'Altaï et du Turkestan, introduite 
d'abord par Loddiges, au commencement de ce siècle : elle porte des bouquets de 
belles fleurs bleu d'indigo. 

*Ot. Pôtisowi Rgl. et Winkler. G/Z., p. 3, pl 1069, pl. 1-5. Journ. russe dlwrt., 
p. 23, pl. 2, fig. 1-5. — Pl. vivace et rustique, envoyée du Turkestan par M. Fetisow 
au jard. pomologique de S 1 Pétersbourg. Elle est haute de 35 à 50 cent. ; ses feuilles 
sont étroites, lancéolées, connées ; les radicales forment une rosette et sont rétrécies 
en pétiole; ses fl. tubuleuses-campanulées sont d'un beau bleu d'azur qui passe au 
violet pâle sur le tube. 

Q-. imbricata Froel. Deut. Gart. Mag. avec pl. col. fig. 3. — Jolie pl. naine des 
Alpes, à fl. bleu d'indigo et a feuilles imbriquées, propre à la décoration des 
rocailles. 

*Gh Kesselringi Rgl. Gfl., p. 194, pl. 1087, fig. 3-4. Journ. russe d'hort., 
p. 418, pl. 27, fig. 3-4. — Pl. vivace, glabre, rhizomateuse. Feuilles radicales linéaires 
lancéolées. Feuilles caulinaires oblongues-lancéolées, connées. Fl. en gloméiule; 
corolle tubuleuse-ventrue, blanchâtre, finement ponctuée à l'extérieur de violet; 



— 368 — 



limbe à 5 divisions, ponctuées de vert à l'intérieur. Du Tarkestan et introduite de 
graines, par M. Alb. Regel. 

Or. Olivieri Griseb. var. *glomerata Rgl., Gfl., p. i, pl. 1069, fig. 6-7. Joum. 
russe d'hort., p. 23, pl. 2, fig. 6-7. — Fl. d'un beau bleu d'indigo, nombreuses, 
subsessiles, en cime capitée dense. Du Turkestan. 

G-entiana pumila Jacq. Deut. Gar. Mag., avec pl. col., fig. 2. — Espèce naine 
des Alpes où elle croit à 2000 m. d'altitude, avec des petites fleurs bleues. 

Q-. punctata Lin. Deut. Gar t. Mag., p. 162, avec pl. col., fig. 5. — Fl. jaunâtres 
très abondamment tachetées de points noirs. Des Alpes et des Pyrénées. 

G-. purpurea L. Deut. Gart. Mag., p. 162, avec pl. col., fig. i. — Tige de 
3-4 déc. ; feuill. inf. ovales, pétiolées, celles du milieu sessiles, lancéolées; fl. en 
2 verticilles, grandes, jaunâtres en dehors, d'un pourpre foncé à la partie intérieure 
du limbe, souvent ponctuées en dedans. Des Hautes Alpes. 

LABIÉES. 

Salvia cacaliaefolia. The Garden, XXI, p. 328, avec pl. col., fig. 5. — Var. à 
fl. bleues, de croissance élancée et délicate, trouvée dans les forêts de sapins du 
Mexique. 

S. involucrata var. Bethelli. The Garden, XXI, p. 328, avec pl. col., fig. i. 
— Var. à croissance robuste et à fl. de couleur rose. 

S. leucantha The Garden, XXI, p. 328, avec pl. col. fig. 2. — Var. remarqua- 
ble par la beauté de son calice couvert de poils pourpres et par ses fl. blanches. 

S. splendens var. Bruanti. The Garden, XXI, p. 528, avec pl. col., fig. 5. — 
Var. àfl. écarlales obtenue par M. Bruant, de Poitiers. 

♦Dracocephalum imberbe Bunge. Gfl., p. 130, pl. 1080. Journ. russe d'hort., 
p. 373, pl. 31, fig. £-5. — Voisin de D. allaiense et en diffère par les feuilles qui 
sont cordiformes; fl. d'un bleu clair. Du Turkestan et introduite par M. A. Regel, 
au .lard. bot. de S'-Petersbourg. 

Scutellaria Hartwegi Benth. Bot. Mag., pl. 6613. — Sous-arbrisseau des 
Andes de Quito, recommandable par ses feuilles cordiformes, rouge violet en dessous 
et par ses fl. en longue grappe terminale, dont la corolle est d'un beau rouge avec la 
lèvre inf. violette. 

SOLA.NÉES. 

Physalis violacea Carr. Rev. hort., p. 216, avec pl. col. — Pl. de 1 m. de haut, 
dressée, buissonneuse; tige robuste, parfois violacée avec l'âge; feuilles ovales- 
cordiformes, entières ou dentées, velues; fl. d'un jaune sombre, maculé de noir 
violacé à la base; fruits subsphériques, nombreux, de 5 cent, de diamètre, luisants, 
vert herbacé, se violaçant successivement et arrivant parfois au violet mtense. Du 
Mexique? 



— 369 — 



Nicotiana affinis Hort. Garl. Zeit. } p. 253, a\ec pl. col. — Pl. annuelle, velue; 
feuilles inf. ovales, les sup. amplexicaules ; fl. blanches, hypocratériformes. 

VERBASCÉES. 

Verbascum olympieum Boiss. Gfl., p. 98, pl. 1078. Journ. russe â? hort. , 
p. 259, pl. 18. — Appartient au groupe du V. lychnitis et est entièrement couvert 
d'un tomentum blanc de neige : fl. très grandes, jaunes, produisant un bel effet par 
son ample panicule pyramidale. Du Mont Olympe. 

SCROPH ULARIACÉES . 

Linaria maritima DC. Garten Zeitung, p. 111, avec pl. col. — Pl. annuelle, 
peu élevée, à feuilles linéaires-ovales et produisant avec profusion de jolies fleurs 
bleu violet. 

Scropliularia chrysantha Jaub. et Spach. Bot. Mag., pl. 6629. — Pl. bisan- 
nuelle de l'Asie mineure, couverte de poils glanduleux; feuilles rugueuses; fl. en 
cymes denses, axillaires, pendantes, jaune d'or, ovoïdes et glabres. 

Veronica Hulkeana. — Joli arbrisseau de la Nouvelle-Zélande, à panicules 
rameuses de fleurs bleu lilas pâle. Exposé à Londres le 23 mai 1882 par M. J. Douglas. 

ACANTHACÉES. 

*Crossandra infundibuliformis. Gard. Chr., XVIII, p. 653, fig. 115. 
W. Bull, Cat. n° 184., p. 14, avec fig. noire. — Arbuste de serre chaude, natif 
des Indes orient., à fleurs irrégulières, couleur orange, en épis denses à l'extrémité 
des rameaux. 

*Aphelandra Chamissoniana Nées. Bot. Mag., pl. 6627. — Bel arbuste du 
Brésil mérid., introduit par W. Bull sous le nom de A. punctata. Illuslr. hort. 
p. 109, pl. 457. 

BIGNONIACÉES. 
Bignonia venusta The Garden, XXI, p. 276, avec pl. col. — Magnifique 
plante grimpante, de serre chaude, donnant à profusion des grappes de fleurs 
orange en forme de trompette. 

Catalpa Kaempferi Sieb. et Zucc. Bot. Mag.) pl. 6611. — Bel arbre découvert 
au Japon en 1693 par Kaempfer et introduit de graines, en Belgique seulement, 
vers 1849. 

Inearvillea compacta Maxim. Gfl., p. 1, pl. 1068. Journ. russe d'hort., p. 1, 
pl. 1. Journ. d'horl. Suèd., p. 65, avec pl. col. — Pl. vivace, introduite en 1880 au 
Jard. bot.de S l -Pétersbourg, par Przewalski. Sa tige est peu élevée ; ses feuilles, 
presque toutes radicales, sont pinnatiséquées ; ses 11. d'un joli rose sont longues de 
7 cent., la plus grande partie de cette longueur étant formée par un large tube que 
termine un limbe étalé, à lobes arrondis. 

29 



— 370 — 



CRESCENTIACÊES. 

Creseentia nigripes. Rev. hort., p. £64, fig. 99. — Arbuste à feuilles d'un 
pied de long, presque sessiles, couleur pourpre foncé, d'où le nom spécifique 
de la plante. Il est surtout intéressant par l'étrangeté de ses fl. qui sont d'un vert 
jaunâtre et sans éclat : le calice entier se divise en deux moitiés latérales et la corolle 
bossue se coude en produisant une sorte de genou. 

CYRTANDRACÉES. 

Streptoearpus parviflora E. Meyer. Bot. Mag., pl. 6636. — Pl. de l'Afrique 
australe, à feuilles subdressées, nombreuses, en touffe, sessiles, oblongues, créne- 
lées, rugueuses, fortement nervées et veloutées; hampes velues; fl. en panicule, 
blanches, avec de légères raies purpurines sur les 3 lobes inférieurs. 

Haberlea rhodopensis Frivaldsky. Bot. Mag., pl. 6651. — Pl. intéressante 
de la Roumélie, couverte de poils étalés, sauf la corolle. Feuilles toutes radicales, 
étalées et récurvées, obovales, crénelées, coriaces. Hampe brun pourpre, de 2-5 fl. 
Celles-ci penchées, à calice campanulé, brun pourpre foncé et à corolle lilas pâle. 

*Columnea Kalbreyeri J. D. Hook. Bot. Mag., pl. 6635. Gard. Chr., XVII, 
p. 44, p. 216, fig. 32. — Magnifique pl. introduite de la prov. d'Antioquia (Nouv.- 
Grenade) par M. Kalbreyer chez M. Veitch. Sa beauté résulte surtout de ses feuilles 
distiques, par paires rapprochées, dans chacune desquelles l'une est petite, tandis 
que l'autre atteint 45 cent, de long sur 6-8 cent, de large et dont la face sup. est 
parsemée de nombreuses et grandes macules jaune verdâtre, la face inf. étant colo- 
rée en rouge sang vif. Ses fl. sont jaune d'or, rayées de rouge. 

*Drymonia marmorata W. Bull. Cat. n° 184-, p. 15. — Gesnéracée à tige 
dressée, obscurément tétragone, portant de grandes feuilles opposées, ovales, vert 
foncé, avec la surface convexe d'un gris brillant entre les veines, les bords crénelés 
et la face inf. pourpre; les fl. sont axillaires, blanc de crème et fimbriées. 

UTRICUL ARI ACÉES . 

Utricularia Endresi Rchb. Bot. Mag., pl. 6656. — Pl. de Costa-Rica décou- 
verte en 1868 par M. Endres. Rhizomes grêles, touffus, rampants, portant des 
tubercules verts, ovoïdes. Feuille solitaire, elliptique lancéolée, molle, ondulée. 
Pédoncule terminé par 5 fleurs penchées, lilas pâle avec le palais jaune. 

Pinguieula caudata Sciilecht. Bot. Mag., pl. 6624. — Dans sa jeunesse, cette 
pl. porte à sa base une rosette de feuilles très courtes et finement serrées; plus 
tard, les feuilles qu'elle développe deviennnent plus grandes. Elle produit successi- 
vement plusieurs hampes qui portent chacune une fleur du plus beau violet, 
pourvue d'un long éperon. Du Mexique. 



— 371 — 



PRIMULACÉES. 

*Androsaee foliosa Doby. Bot. Mag., pl. 6661. — Pl. de l'Himalaya occid. 
où on l'observe à 8000-12000 pieds d'altitude. Elle est entièrement garnie de poils 
mous et émet des stolons; ses feuilles sont elliptiques, vert foncé et atténuées en un 
long pétiole. Sa hampe est solitaire, ferme, dressée et terminée par une ombelle de 
tl. entourée de bractée> foliacées, avec les pétales couleur de chair. 

A. rotundifolia Hardwicke var. macrocalyx. Bol. Mag., pl. 6617. — Jolie 
pl. de l'Himalaya, ayant l'aspect d'une Primevère de Chine, vivace, revêtue de 
poils assez longs; ses feuilles toutes radicales sont plutôt réniformes qu'arrondies; 
le pétiole et les pédoncules sont rouges; ceux-ci sont terminés par une ombelle de 
fl. roses, dont le calice foliacé est plus ample que la corolle elle-même. 

Primula cashmiriana Rotle. Deut. Gart. Mag., p. 226, avec pl. col. — Voir 
notre Bévue pour 1880 (Belg. hort., 1881). 

P. Clusiana Tsch. Deut. Gart. Mag.) p. 289, avec pl. col. — Jolie pl. des 
Alpes à feuilles ciliées et bordées de blanc ou de jaune, à fl. de couleur rose ou 
rouge foncé, avec 5 lobes bifides, naissant par deux sur une courte hampe. 

Soldanella montana Willd. Deut. Gart Mag., p. 35, avec pl. col. — Petite 
pl. des Alpes où elle croît au bord des neiges éternelles; sa hampe porte 2-5 jolies 
fl. penchées, bleues, rarement blanches. 

STYRACÉES. 

Symploeos Sumuntia D. Don. Gfl., p. 55, pl. 1075, fig. c.-g — Bel 
arbrisseau toujours vert, du Népaul, à feuilles glabres, dentées, elliptiques; fl. en 
grappes, blanches. 

ÉRICACÉES, 

Epigaea repens Lin. The Garden, p. 46. pl. 545. — Très jolie plante indigène 
de la Caroline et au Canada, formant un charmant tapis sur le sol où ses tiges 
s'enracinent; ses feuilles sont ovales, cordifornies,d'un beau vert; ses fl. sont roses, 
odorantes et en nombreuses grappes raccourcies. 

Pieris japonica D. Don. Gard. Chr., XVII, p. 796, fig. 120. — Arbuste du 
Japon, rustique, à feuilles lancéolées, vert foncé et à longues grappes pendantes de 
fl. blanches, urcéolées. 

Azalea balsaminaeflora. Bev. hort., p. 452, avec pl. col. — Pl. introduite en 
1877 du Japon en France par M. Viésener. Elle forme un buisson sphérique ; 
feuilles persistantes, étroitement ovales, acuminées, longuement atténuées à la 
base, finement dentées et luisantes; fleurs pleines, très régulières, grandes et d'un 
rouge brique. 

A. indica L. var. gardeniaeflLora Lind. M. hort,, p. 89, pl. 452. — Cette 
jolie forme, obtenue en 1879 chez M. Linden, fait naître au premier coup d'œil, 
l'idée de la fleur du Gardénia : sa fleur est grande, double, d'un blanc pur, à 
onglets verdàtres. 



— 372 — 



A. indica var. imbrieata. Joum. dVwrt. suéd., 1880, p. 55, avec pl. col. — 
Fl. blanches, doubles, à segments imbriqués et avec une ligne centrale rouge sur 
chaque pétale. 

A. procumbens Lin. Joum. d'hort. suéd.', 1881, p. 129, avec pl. col. — Petit 
sous-arbrisseau à liges couchées, à feuilles nombreuses, opposées, ovales-lancéolées, 
blanchâtre en dessous, à fl. roses, réunies 4 ou 5 ensemble aux extrémités des 
rameaux. Des Alpes et des Pyrénées. 

A. rubiflora var. fl. pleno. — Var. originaire du Japon exposée en mai 1882, 
à Londres, par M. Veitch. Fl. doubles, lilas rose, marquées de taches pourpre 
carmin. 

A. serpyllifolia A. Gray. Gard. Chr. XVII, p. 429. — Arbuste avec les 
rameaux couverts d'écaillés brunâtres; feuilles petites, obovales, apiculées, briève- 
ment pétiolées, touffes terminales de fleurs blanches sur de courts pédoncules; 
corolle rotacée à tube très petit; pédicelles et ovaires chargés d'écaillés blanches. 

Rhododendron Fortunei. — Pl. vigoureuse, à fl. grandes, pleines, roses. 
Exposée à Londres par M. Ch. Butler en mai 1882. 

R. grande J. D. Hook. Gard. Chr., XVII, p. 767, avec pl. noire. — Ce Rosage 
a été d'abord découvert par Griffith dans le Bhotan, puis dans le Sikkim par sir 
J. D.Hooker. 11 forme un arbuste de 8 pieds de haut ; portant des grappes renfermant 
chacune 25-50 fl. très grandes, blanc d'ivoire, avec des taches pourpre foncé à la 
base et le stigmate rouge vif; feuilles blanc de neige en dessous. 

R. Hookeri Nutt. Gard. Chr., XVII, p. 628, fig. 96. — Magnifique espèce 
découverte dans le Bootan par Kooth, à une altitude de 8000 à 9000 pieds : elle y 
forme un arbuste de 12 à 14 pieds de haut et porte des grappes de fleurs campanu- 
lées rouges. 

R. (Azalea H. Veitch) Oldhami Maxim. Gard. Chr., XVII, p. 524. — Arbuste 
nain, couvert de longs poils brunâtres, quelquefois glanduleux; feuilles lancéolées, 
aiguës ou arrondies, apiculées; bourgeons pubérulents et jeunes feuilles couvertes 
d'écaillés blanches soyeuses; fl. rouge saumon. Introduit de l'île Formose par 
M. Maries chez M. Veitch. 

R. pendulum J. D. Hook. Gard. Chr., XVII, p. 429, fig. 65. — Espèce hima- 
layennc à feuilles fortement ciliées et à fleurs blanches, campanulées, à divisions 
obtuses, étalées. 

R. triflorum J. D. Hook. Gard. Chr., XVIII, p. 44, fig. 9. — Arbuste de 4 à 6 
pieds de haut, à feuilles largement lancéolées, brièvement pétiolées, glauques en 
dessous; fl. 5, en ombelle, jaune verdâtrc. Trouvé dans le Sikkim par sir 
J. D. Hooker. 



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Polypétales. 

ARALIACÉES. 

♦Panax dissectum. W. Bull, Cat. N° 184, p. 17. — Tige dressée, rameuse; 
feuilles nombreuses, penchées et bipennées, à folioles cunéo-obovées, souvent 
bilobées et dentées. 

*Aralia coehleata. n. S. Williams, Cat. 1882, p. 24. — Espèce très distincte, 
des îles de la Mer du Sud, à feuilles arrondies, vert clair, avec les bords profondé- 
ment dentés et la tige et les pétioles agréablement marbrés. 

*A. nobilis. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 24, avec fig. noire. Feuilles obo- 
valcs-acuminées, vert clair, marbrées de même couleur plus foncée, à bords 
ondulés; tige et pétioles marbrées et verruqueux. 

A. quinquefolia . ?ar. graeilis. Gard, Chr., XVII, p. 217. — Arbuste à port 
élancé, avec les pétioles longs et cylindriques et le limbe palmé en 5 segments 
linéaires faiblement dentés. 

*Oreopanax Andreanum Marchal. Revue hort.. \). 523, fig. 1 17-1 18.— Espèce 
des Andes de l'Ecuador, découverte par M. André. Elle forme un arbre de 3-4 m., 
couvert d'un tomentum étoilé. Feuilles jeunes presque entières, pour devenir enfin 
palmatilobées; grappe florale longue de 30 cent, dépassant les feuilles supérieures. 

AMPÉLIDÊES. 

Vitis Thunbergi (V. fieifolia Bungp). Bev. hort., p. 221, lig. 49. — Sarments 
grêles, rampants, allongés, à entre-nœuds couverts de duvet; vrilles fines; feuilles 
petites, glabres en dessus, velues à la face inf. ; fl. en petites grappes corjmboïdcs; 
chair du fruit ferme, acidulée et à saveur spéciale peu agréable; peau épaisse, d'un 
beau noir pruineux. Du Japon. 

*Leea amabilis II. Veitch, Cat. 1 882, p. 19, avec fig. noire. A. Van Geert, Cat. 
n° 83, p. 19, avec fig. noire. Gard. C/tr., XVII, p. 492, fig. 77. The Gai-den, XXI, 
p. 555, avec fig. noire. — Pl. remarquable par son feuillage, introduite du Bornéo 
septr. par M. Curtis chez M. Veitch. Ses feuilles sont composées de 4-(i paires de 
folioles terminales; elles ont 15 cent, de long sur 3-5 cent , de large. Les jeunes folioles 
de couleur cramoisi sont richement nuancées de brun et portent une bande rose pà le 
le long de la nervure médiane. Plus tard, la coloration passe au vert bronzé lavé de 
brun et relevée par une bande centrale blanc d'argent. 

HAMAMELIDÉES. 

Hamamelis japoniea Sn;i:. et Zucc. Bot. May., pl. 6659. Très intéressante pl. 
japonaise, voisine de //. virginica, introduite par M. Veitch et décrite en 1881 par 
M. Masters sous le nom de //. arborca. C'est un arbuste à rameaux ferim •>, avec 
Pécorcc brune; les feuilles sont ovalcs-oblongues, sinuées-dentées, vert foncé, à 



— 374 — 

nervures très proéminentes en dessous et brièvement pétiolées ; les fl. sont sessiles 
en tètft subglobuleuse; le calice est rouge foncé, avec les lobes largement ovales, 
révolutés, tandis que la corolle est jaune d'or, avec les pétales très longs, étroits, en 
forme de courroie et ondulés. 

CRASSULACÉES. 

XCrassula graeilis Hort. Rev. hort. belg^ p. 241, avec pl. col. et p. 275. — 
Uyb. obtenu par M. L. De Smet, entre C. Bollusi fécondé par C. stachyurus, et mis 
dans le commerce en 1880 sous le nom de C. Desmrtiana . Il se couvre en hiver- de 
nombreuses fleurs rouge carmin. 

C. monticola N. E. Brown. Gard. Chr., XVIII, p. 264. Pl. naine, rameuse, 
glabre, à tiges et branches ligneuses; feuilles opposées, connées, ovales-aiguës, légè- 
rement concaves au-dessus, avec le sommet plan, gibbeuses-convexes en dessous, 
vert clair et glauques; fl. en cyme corymbifère terminale, blanc rosé. De l'Afrique 
australe et introduite depuis quelques années par M. Bolus. Elle est voisine de 
C. brevifolin Harv. 

Eeheveria retusa Lindl. var. speeiosa. Rev. hort., p. 528, avec pl. col. — 
Diffère du type au point de vue du port et de la coloration surtout : au lieu d'être 
en forme de panicule plus ou moins pyramidale et feuillée, ses inflorescences sont 
plutôt corymbiformes et rassemblées à une hauteur presque uniforme, en belles 
touffes régulières de fleurs rouge vif. 

Sedum Rhodiola DC. var. *linifolia Rgl. C/f., p. 129, pl. 1080, fîg. 1-3. 
Jovrn. russe d'hort., p. 572, pl. 31, fîg. 1-3. — Feuilles linéaires-oblongues, aiguës, 
entières ou dentées au sommet ; corymbe de fl. rouges. De Turkestan et observée 
par M. A. Regel. 

S. villosum Lin. Journ. d'hoH. suéd. f 1881, p. 129, avec pl. col. — Jolie pl. 
annuelle à tiges droites, velues, rougâtres; feuilles éparses, oblongues, convexes 
en dessous; fl. rouges disposées en bouquet lâche. D'Europe 

*Sempervivum Moggridgei H. De Smet. Rot. Mag., pl. 6610 - Feuilles au 
nombre d'une centaine, les intérieures terminées par de petits poils blancs ; elles sont 
oblancéolées, vertes, glabres, et ciliées, les sépales sont linéaires, obtus, glanduleux; 
les pétales sont 2 fois plus longs, lancéolés, acuminés, apiçulés, roses, avec une bande 
longitudinale rouge. Des Alpes maritimes. 

SAXIFRAGACÉES. 

Saxifraga Camposi Boiss. et Reut. Rot. Mag., pl. 6640. — Pl. très touffue, 
vert clair, plus ou moins velue et glanduleuse; feuilles très variables de forme, à 
3-5 lobes dentés; fl. en corymbe, blanches, à pétales spathulés. D'Espagne. 

S. diversifolia Wall. Rot. Mag., pl. 6603. — Jolie Saxifrage qui a l'aspect et 
le feuillage d'un Parnassia, dont la tige, haute de 15-40 cent., se termine par une 



— 375 - 



panicule de fl. jaune d'or. Ses feuilles radicales sont cordiformes, longuement pétio- 
lées, tandis que les caulinaires sont plus allongées, sessiles et embrassantes. De 
l'Himalaya. 

*S. Milesi IIonT. Leichtlin. Gard. Chr., XVIII, p. 102. — Saxifrage du groupe 
des Megasea, introduite de graines par Frank Miles, de l'Himalaya nord-occid. Ses 
feuilles sont obovées, obtuses, crénelées, ciliées sur les bords, glabres ; corymbes 
denses; pédoncules et calices finement glanduleux-pubescents; pétales blancs ou 
légèrement teintés de rose, obovés. 

S. virginiensis Michx. var. fl. pleno. Gfl., p. 257, pl. 1092. Journ. russe 
d'hort., p. 525, pl. 38. — Jolie var. avec un corymbe de fl. blanc verdâtre entière- 
ment doubles. 

Astilbe Thunbergi Miq. — Pl. vivace, rustique, introduite du Japon, par 
M. Veitch, qui l'a exposée à Londres en 1881. Ses feuilles sont pennées ou bipennées, 
à segments dentés; fl. en panicule, nombreuses, petites, blanches. 

Hydrangea japonica. var. trieolor. Feuilles panachées de blanc et de vert 
pâle, avec le bord jaune. Exposée à Londres le 25 mai 1882 par C. Lee et fils. 

MAGNOLIACÉES. 

Talauma Candollei Blume, var. G-aleottiana Bot. Mag., pl. CGI 4. — 
Arbrisseau toujours vert que M. Hooker dit être du Japon, tandis que Van Iloutte le 
prétend originaire du Mexique. Ses feuilles elliptiques, raides, sont d'un beau vert 
lustré en dessus; ses fl. sont solitaires, pendantes, odorantes; les sépales sont vert 
brunâtre et les pétales jaunes. 

RENONC ULACÉES . 

Anémone palmata var. alba The Garden, XXII, p. 466., avec pl. col. — 
Jolie forme à fl. blanches dont le type est à fl. jaunes et habite la région méditer- 
ranéenne. 

Ranuneulus anemonoides. The Garden, XXII, p. 252, avec pl. col. — 
Petite pl. à fl. blanches, teintées de violet clair à l'intérieur et de rose à l'extérieur; 
feuilles vert brillant, profondément divisées. 

Paeonia Wittmanniana Stev. Bot. May., pl. 6645. — Pl. du Caucase, dédiée 
à M. Wittmann qui a voyagé dans cette contrée. Elle est vivace, haute de 2 à 5 pieds ; 
feuilles biternées, à folioles très variables dans leur contour, glauques et avec quel- 
ques poils blancs en dessous; 11. solitaire, blanche, jaunâtre ou verdâtre. 

BERBÉRIDÉES. 
Podophyllum Emodi. Gard. Chr., XVIII, p. 243, fig. 45. — Tige herbacée, 
d'un pied de haut; feuilles 2, alternes, longuement pétiolées, orbiculaires, palmées, 
à 3-5 lobes, tachées de pourpre et glabres; 11. solitaire, axillaire, penchée, blanche 
ou rose pâle; baie elliptique, rouge foncé. De l'Himalaya. 



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Berberis Thunbergi DC. Bot. Mag., pl. 6646. — Ecorce rouge brun, épines 
simples, raides; feuilles en touffes le long des branches, obovales ou spathulées, 
entières; fl. très nombreuses, petites, penchées, solitaires ou par paires, avec les 
sépales rouges et les pétales jaune de paille teinté de rouge. Du Japon. 

PAPA VÉRACÉES . 

Papaver pavoninum C. A. Meyer. Gfl., p. 290, pl. 1095, fig. 3. — Espèce 
annuelle répandue dans l'Asie centrale, voisine de P. hybridum L., mais en diffère 
par l'onglet des pétales qui est d'un noir pourpre, ainsi que le filet des étamines; le 
stigmate est à 6 rayons. 

P. umbrosum Hort. Petrop. Garten Zeitung, p. 299, avec pl. col. — Pavot 
annuel, à fl. brillantes, introduit dans les jardins anglais par M. Thompson, 
d'Ypswich et se rapportant à P. commuîatum Fisch. et Mey. 

*Corydalis Sewerzowi Rgl., Gfl., p. 97, pl. 1077. — Pl. glabre à racine 
tuberculeuse; tiges hautes de 10-18 cent. ; feuilles au nombre de deux, opposées, 
sessiles, triséquées; lesfl. en grappe et d'un beau jaune d'or. Découvert en 1868 dans 
le Turkestan par Sewerzow. 

CRUCIFÈRES. 

Cardamine pratensis Lin. fl. pleno Gfl., p. 322, pl. 1099, fig. 1 et 4. — 
Cette var. peut se trouver à l'état sauvage et porte de belles fleurs doubles d'un 
blanc lilas. 

Selenia aurea Nutt. Bot. Mag., pl. 6607. — Pl. annuelle à feuilles pinnatifides 
et à fl. jaunes, odorantes, réunies en grappes. De l'Arkansas. 

Xlberis gibraltarica hybrida Hort. Gard. Chr., XVII, p. 658. - Hyb. 
ornemental obtenu par M. W. Thompson, entre /. corifolia et /. gibraltari : ses fl. 
sont blanches nuancées de lilas pâle. 

Aethionema grandiflorum Boiss. et Hohenacker. Gfl., p. 354, pl. 1102. — 
Pl. vivace à feuilles oblongues-linéaires ; longs et nombreux épis de grandes fleurs 
rouges. 

CAPPARIDÉES. 

Euadenia eminens .1. D. Hook. Gard. Chr., XVII, p. 557, fig. 86. — Très 
belle et remarquable Capparidée introduite par M. W. Bull de l'Afrique tropicale 
occid. Feuilles trifoliées, à folioles glabres, vert foncé, oblongues, lancéolées. Fleurs 
en grappe terminale, jaune de soufre, avec les 2 pétales supérieurs beaucoup plus 
développés que les autres. 



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NYMPHAEACÉES. 

Nymphaea tuberosa. The Garden, XXI, p. 130, avec pl. col. Pl. de 
l'Amérique du Nord, différant du N. alba par ses rhizomes tubéreux et par ses 
feuilles qui sont toujours portées au-dessus de la surface de l'eau; les fl. sont 
blanches, ne prennent jamais une teinte rose et sont inodores. 

N. zanzibariensis Casp. Gart. Zeit., p. 1, pl. 1. Deut. Gart. ft/ag., p. 3, avec 
pl. col. — Trouvée à l'île de Zanzibar par J. M. Hildebrandt en 1874. Le calice est 
d'un brun kermès à la partie sup.; à l'intérieur il est d'un violet foncé sur fond 
vert jaunâtre; la corolle est bleue, à nervures plus marquées, avec le fond blanc. 

S ARR ACENI ACÉES . 

Sarraeenia porphyroneura Hort. Veitch. — Jolie pl. naine avec les urnes 
dressées, et dont la partie sup. est traversée de veines pourpres ; l'opercule est grand, 
circulaire. 

DROSÉRACÉES. 

Parnassia nubicola Wall. Bot. Mag., pl. 6609. — Pl. d'intérêt botanique, 
native de l'Himalaya, à fl. d'un blanc verdâtre. 

VIOLARIÉES. 

Viola altaïca Poll. Gfl., p. 53, pl. 1071. Journ. russe oVhorl , p. 139, pl. 10. — 
Pl. de la Sibérie mérid. et du Turkestan r à fl. soit jaunes, soit bleu-violet foncé. 
Elle diffère du V. tricolor, L., surtout en ce qu'elle est vivace. C'est son croisement 
avec celle-ci qui a donnée naissance à nos Pensées. 

"Viola pedata var. bieolor. The Garden, XXII, p. 378, avec pl. col. — 
Var. remarquable par la couleur violet foncé des deux pétales sup. contrastant 
avec le bleu pâle des pétales inférieurs. 

PASSIFLORACÉES. 

*Tacsonia Parritae Mast. Gard. Chr., XVII, p. 218. — Pl. remarquable de 
Tolima (Colombie), introduite par M. Parrita chez MM. Schuttleworth, Carder 
et C ie , et constituant une bonne acquisition pour les plantes grimpantes de serre 
chaude. Ses feuilles brièvement pétiolées, trilobées, avec le lobe moyen plus long, 
sont glabres au-dessus, velues en dessous; les pétioles portent des glandes sessiles. 
Le tube de la fleur est très long, les sépales sont orange rosé, oblongs et en l'orme 
de capuchon; les pétales sont oblongs, plans, beaucoup plus courts que les sépales et 
d'un riche orange. 



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BÉGONIACÉES. 

♦Bégonia diadema Hort., Lind. M. hort., p. 43, pl. 446. — Pl. de l'île de 
Bornéo, introduite en 1881 par M. Linden. Sa tige est courte, ses feuilles sont pro- 
fondément digitées-lobées à lobes ovalaires, acuminés, dentés; le fond du coloris est 
vert clair sur lequel se détachent des macules blanches. 

*B. goegoensis N. E. Brown. Gard. Chr., XVIII, p. 71. — Espèce remarquable, 
voisine du B. pellata Hassk. et native de Goegoe, dans l'île de Sumatra, d'où elle a 
été introduite, par M. Curtis, chez M. Veitch. Tige courte, rampante, verte, avec 
quelques taches blanches; pétiole dressé, quadrangulaire, glabre, sauf à la base 
et au sommet, lame peltée, à 6-7 nervures, orbiculaire-ovale, cuspidée-acuminée, 
glabre, avec quelques poils le long des nervures à la face inf., d'un vert riche foncé 
au-dessus, avec une teinte bronzée, la face inf. est rouge pourpre; les pédoncules 
sont glabres, verts ou rouge pourpre; la cyme est dichotomique; les sépales sont 
ovales-orbiculaires, roses et les pétales sont obovales, blancs ; Ips fleurs mâles ont 
2 sépales et 2 pétales, les fleurs femelles 2 sépales et 1 pétale. 

*B. lineata N. E. Brown. Gard. Chr., XVIII, p. 199. — Racine tubéreuse; tige 
glabre, charnue; feuilles obliquement ovales-cordées ou acuminées, à lobes de la 
base arrondis, ciliées sur les bords, sinuées ou plus ou moins lobées, à 7-8 nervures 
très proéminentes en dessous; la page sup, 4 couverte de poils sétacés, est vert 
noirâtre et couverte de taches gris d'argent, avec une grande tache centrale de 
même couleur; la page inf. est glabre, sauf sur les nervures, rouge pourpre, avec de 
petites taches blanchâtres; cyme terminale, dicholome; fl. rose pale, plus colorées à 
la base; les fl. mâles ont 2 sépales largement elliptiques, obtus et 2 pétales obovés, 
plus petits; les fl. femelles ont 2 sépales et 4-5 pétales. De Java et introduit par 
M. Curtis chez M. Veitch. 

B. socotrana Hook. The Garden, XXI, p. 162, avec pl. col. — Voir notre Revue 
pour 4881 (Belg. hort., 1882). 

*B. Williamsi. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 24. — Splendidc nouveauté à 
feuilles vert foncé, coriaces, à fl. d'un blanc pur, avec un petit disque jaune au 
centre. 

CACTACÉES. 

Echinoeaetus eenteterius Lehm. Gfl., p. 2a8, pl. 1094. — Tige hémisphé- 
rique, à 15 côtes, couvertes de mamelons garnis de faisceaux d'épines dont 4 sont 
intérieures et 6-12 extérieures; fl. jaunes avec une teinte rougeâtre, ou striées de 
même couleur. De la prov. de Minas Geraes (Brésil). 

E. Kunzei Fôrst. Gfl., p. 132, pl. 1082. — Découvert au Chili par le D' Philippi. 
Tige courte, bleu jaunâtre, à 14-18 côtes énioussées, couvertes d'épines fasciculées, 
au nombre de 14. Fleurs jaunes et rouges. 



— 379 — 



Cereus hypogaeus Weber. Gfl., p. 165, pl. 1085. — Tiges bleu verdâtre, à 
8 côtes émoussées, couvertes d'épines fasciculées par 2-5; fleurs pourpre pâle, avec 
les bords jaunâtres. Du Chili. 

C. Philippi. Gfl., p. 98, pl. 1079, fig. 1. Juurn. russe d'hort., p. 50, pl. 5, 
fig. 1. — Découvert au Chili par le prof. Philippi; tige cylindrique, à 8-10 côtes 
émoussées, couvertes de dards puissants. Sa taille et ses fl. sont de moyenne gran- 
deur; celles-ci sont jaunes ou rouges. 

C. serpentinus Lagasca. Gfl., p. 99, pl. 1079. Journ. russe d'horl., p. 30, pl. 3, 
fig. 2. — Tige droite, cylindrique, verte, à 10-11 côtes; 11. blanches, roses ou rouges 
à l'extérieur, à divisions étroites; les étamines sont très nombreuses, dressées, avec 
les filets blancs et les anthères jaunes. Comme cette pl. ne fleurit que la nuit on l'a 
nommée à Santiago Reina de la noche. 

Echinoeereus gonacanthus Engelm. The Garden, XXII, p. iU, avec pl. 
col. — Tige simple ou peu rameuse à la base, à 7 côtes; aréoles grandes, orbiculaires, 
distantes ; les jeunes sont très tomenteuses ; les épines sont robustes, jaunâtres et 
noires au sommet; les fleurs sont écarlates et s'ouvrent du jour et de la nuit. Des 
Montagnes Rocheuses du Colorado. 

Opuntia Davisi Engelm. Bol. Maçj., pl. 6652. — Très rameux, à branches éta- 
lées, avec les nœuds allongés ; tubercules peu proéminents, à coussinets arrondis, 
couverts de poils laineux; épines 4-7, très inégales, brun clair; fl. à calice turbiné 
couvert de tubercules et d'épines et à corolle vert bronzé pâle, luisante. Du Nouveau 
Mexique. 

O. stricta Haw. Gfl., p. 152, pl. 1082. — Appartient à l'Amérique tropicale. 
Tige à divisions elliptiques ; fl. jaunes avec les divisions extérieures rouges. 

MESEMBRYANTHÉMACÉES. 

Mesembryanthemum Bolusi J. D. Hook. Bot. Mag., pl. 6664. — Pl. bizarre 
découverte par M. H. Bolus dans l'Afrique australe. Elle est naine, charnue; ses 
feuilles sont trigones, hémisphériques, vert gris foncé et couvertes de petites pustules 
vertes; ses fleurs sont sessiles entre les feuilles; leur calice est turbiné, à 6 lobes 
révolutés; les pétales sont très nombreux, filiformes, étales et récurvés, jaunes et 
rouge foncé à l'extrémité. 

MALVACÉES. 

Lavatora arborea var. variegata Hort. Journ. Hort., II, p. 466. — Jolie 
forme à feuilles panachées de blanc, exposée à Londres le 25 mai 1882 par M. T. 
Smith. 

Modiola geranioides. The Garden, XXI, p. 60. avec pl. col. — Petite plante 
semblant être le seul représentant d'un genre originaire de l'Amérique du Xord : 
elle est propre à l'ornementation des rochers, 



— 380 — 



Hibiscus Rosa sinensis Lin. var. *magnifieus. W. Bull, Cat. N° 184, p. 16. 
— Fleurs grandes, rose magenta brillant nuancé de cramoisi, avec la base de 
chaque pétale marquée d'une macule couleur chocolat. 

STERCULIACÉES . 

Fremontia californica. The Garden, p. US, avec fig. noire. — Un des 
plus beaux arbustes qui aient été introduits en Europe et découvert en Californie 
par le colenel Fremont. Il se couvre de fi. en coupe, d'un jaune magnifique et 
qui sortent de l'aisselle de feuilles trilobées, largement dentées-sinuées. 

Sterculia (Brachychiton) diseolor Benth. Bot. Mag., pl. 6608. — Arbre 
dont les jeunes rameaux et la face inf. des feuilles sont couverts d'une pubescence 
grise; feuilles vert-pâle, membraneuses, à 5 lobes; fleur en panicule terminale 
contractée, en groupe de 2-3, sessiles, tomenteuses-rouillées à l'extérieur, rouge-rose 
à l'intérieur. De l'Australie orient, et découvert par M. Ch. Moore, dir. du Jard. bot. 
de Sidney. 

TERNSTROEMIACÉES. 

Visnea Mocanera Lin. p. Rev. hort., p. 211, fig. il. — Grand arbuste, toujours 
vert, à rameaux dressés; feuilles glabres, coriaces, ovales-lancéolées, acuminées, 
dentées, d'un vert foncé brillant; fl. blanches, solitaires, pendantes. Des Canaries et 
de l'île de Madère; introduit en Europe en 1815. 

*Cleyera japoniea trieolor. W. Bull, Cal. n° 184, p. M. — Pl. remarquable 
du Japon, à feuillage panaché; ses feuilles sont coriaces, obovales, vert foncé, avec 
des bandes longitudinales et obliques d'un vert grisâtre et le bord blanc de crème, 
teinté de rose clair; les fl. sont blanc jaunâtre. 

MALPIGHI ACÉES . 

Stigmaphyllon littorale A. Juss. Bot. Mag., pl. 6623. — Pl. grimpante, du 
Brésil mérid., avec les rameaux, la face inf. des feuilles et l'inflorescence couverts 
d'une pubescence grise; feuilles opposées et alternes, longuement pétiolées, orbicu- 
laires, aiguës-obtuses ou asciculées, vert foncé et glabres au-dessus, à pétiole 
flexueux portant 2 glandes au sommet; pédoncule axillaire, solitaire, dressé, plus 
long que les feuilles ; fl. en corymbe, d'un jaune d'or. 

HIPPOCASTANÉES. 

Aeseulus Hippocastanum Lnv. var. Schirnlioferi Rosent. Wien. M. Gart. 
Zcit., p. 101, avec pl. col. — Belle var. trouvée dans un semis par M. Rosenthal et 
dédiée à M. Schirnhofer, secr. gén. de la Soc. d'hort. de Vienne. Ses feuilles sont 
plus grandes, plus lisses et d'un vert plus foncé que celles du type ; ses fl. sont semi- 
doubles, ses pétales d'une teinte jaune sont marqués vers le bas d'une grande macule 
rouge vif. 



— 381 — 



PITTOSPORACÉES. 

Pittosporum ougenioides. var. *variegatum W. Bull, Cat. N° 184, 
p. 17. — Tige et rameaux pourpre noirâtre ; feuilles oblongues-elliptiques, vert pâle, 
bordées de blanc. De la Nouv. -Zélande. 

Stachyurus proecox Sieb. et Zucc. Bot. Mag., pl. 6631. — Arbuste glabre, de 
10 pieds de haut, à tiges grêles, flexibles et les rameaux pendants. Feuilles ovales, 
acuminées, dentelées, vert clair, minces et membraneuses. Epis axill aires composés 
de fl. subglobuleuses-campanulées, sessiles, blanc verdâtre. Du Japon. 

EUPHORBI ACÉES . 

*XPoinsettia ignescens. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 28. — Cette var., plus 
vigoureuse que les autres, a les bractées d'un riche vermillon. 

*XPoinsettia mirabilis. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 28. — Très grandes 
bractées rose vermillon, et Heurs roses. 

*XPoinsettia variabilis. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 28. — Bractées florales 
vermillon écai late; les feuilles sont vert pâle et parfois entremêlées avec les bractées. 

Obs. Ces trois plantes ont été obtenues par le croisement entre P. pulcherrima et 
P. pulcherrima alba. 

Aealypha Maeafeana Hort. Ancl. Rev. horl., p. 288, avec pl. col. — Pl. 
robuste, dressée, naine, compacte, très ramifiée; tige très grosse, succulente; 
feuilles rapprochées, cordiformes, arrondies, acuminées, dentées, colorées de rose 
nuancé, strié, rubané, parfois maculé, marbré, présentant les effets de coloration 
les plus divers. Des Indes? 

*Croton aureo-marmoratus Hort. Veitch. (Codiaeum). - Var. à feuilles 
longuement lancéolées; les anciennes sont marbrées de jaune et les plus jeunes sont 
entièrement jaunes. Exposé à Londres enjuill. 1882 par M. Veitch. 

*G. Bragaeanus. J. Veitch, Cat. 1882, p. 17. A. Van Geert, Cat. n° 83, p. 8. 
— Var. charmante dédiée a J. T. Da Silva Braga, amateur d'horticulture portugais. 
Ses feuilles sont linéaires, lancéolées, réfléchies, longues de 40-60 cent. ; les plus 
jeunes sont, les unes, jaune pâle marbrées de vert brillant, les autres vert pointillé 
de jaune d'or. Les feuilles adultes sont vert olivâtre taché de jaune brillant. Les 
nervures médianes sont cramoisies. 

*C. Cronstadti. J. Veitch, Cat. 1882, p. 17. A. Van Geert, Cat. n« 83, p. 9. — 
Feuilles de grandeur moyenne, lancéolées et en pointe aiguë; le fond vert sombre 
est panaché de jaune d'or; elles sont crispées, gaufrées et tourmentées de diverses 
façons. 

*XC. Dodgsonae. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 25. — Hyb. obtenu chez 
M. Williams et dédié à M. Dodgson, de Blackburn. Ses feuilles sont linéaires- 
lancéolées, quelquefois en spirale, d'un vert clair, avec une riche bande jaune d'or 
centrale et les bords de même couleur. 



— 382 — 



Codiaeum elegantissimum H. Bull. ///. hort., p. 175, pl. 469. - Var. à 
feuilles étroites, panachées de jaune d'or qui s'étend souvent sur toute la moitié de 
la feuille et qui parfois se projette le long de la nervure médiane en taches et 
macules séparées; le plus souvent les pétioles sont rouge vif. 

*C. Eyrei Hort. — Hyb. obtenu entre C. Johannn et C. majesticus. Ses feuilles 
sont longues, étroites, panachées de jaune d'or et tordues; les jeunes rameaux et les 
pétioles sont rouges. Exp. à Londres le 10 oct. 1882 par M. C. Ross. 

*C. illustre. W. Bull, Cat. n» 184, p. 14, avec fig. noire. — Singulière variété 
à feuilles trilobées, vertes, richement maculées de jaune d'or et à pétioles pourprés. 

*C. insigne. W. Bull., Cat. n° 184, p. 14. — Belle forme à feuilles longues et 
étroites, marquées de trois jolies couleurs : le fona est vert foncé, !a nervure médiane 
et les veines sont jaune d'or, les bords et la nervure médiane ornés de rose cramoisi. 

*C. lineare. W. Bull, Cat. N° 184, p. 14. — Petite forme, à pétioles courts, 
verts et à feuilles linéaires, obtuses, vert foncé, avec la ligne médiane jaune et 
quelques taches latérales de même couleur; quelquefois aussi les feuilles sont toutes 
jaunes. 

*C. magnifieum Lind. M. hort., p. 57, pl. 447. — Ravissante nouveauté des 
îles Salomon, introduite par M. Linden. Ses feuilles, longues de 55 cent., sont larges, 
acuminées, d'un vert sombre richement diapré de jaune pâle vers la nervure médiane 
et maculé de taches d'abord roses passant ensuite au rouge sang. Dans les anciennes 
feuilles la panachure rouge passe même au pourpre, tandis que les jeunes feuilles 
sont jaunes. 

*C. mirabile. B. S. Williams, Cat. 1882, p. 25. — Grande plante à feuilles 
ovales, acuminées, vert bronzé, marbrées, tachetées et veinées de rose cramoisi, avec 
les pétioles et les côtes de même couleur. 

XC. musaïeum H. Chant. Rev. hort., p. 2i0, avec pl. col. — Magnifique hyb. à 
feuilles tesselées obtenu en 1876 par M. M. Chantrier, hort. à Mortefontaine (Oise), 
entre C. interruptum (mâle) et C. Veitchianum (fem.). La pl. est vigoureuse, feuilles 
très rapprochées, pétiole rose ou rouge tendre et limbe lancéolé, de 30-55 cent, 
sur 6-7 cent, de large; dans la jeunesse, la nuance est jaune paille avec nervures en 
mosaïque, sur lequel se détache le réseau des cellules vert foncé; à l'état adulte, le 
jaune devient rouge carmin vif; le dessous est d'un ton violacé vineux. 

*C. Pilgrimi B. S. Williams, Cat. 1882, p. 25. — Feuilles ovales, acuminées, 
vert pâle, fortement marqué de jaune d'or et teinté de rose. Dédié à E. Pilgrim, 
Esq., à Cheltenham. 

*C. rubeseens. W. Bull. Cat. N° 184, p. 14. — Jolie var., introduite des îles de 
la Mer du Sud. Les feuilles sont elliptiques-lancéolées, vertes, bigarrées de jaune, de 
rose, et de rouge orange. 

*C. spectabile. W. Bull, Cat. n° 184, p. 14. — Feuilles elliptiques, acuminées, 
larges à la base, vertes, avec la nervure médiane jaune de primevère et le reste de 
la surface irrégulièrement maculé de jaune pâle 



— 383 — 



*C. tricolor. W. Bull, Cat. n° 184, p. 14. — Hyb. remarquable, à feuilles 
étroites, avec le pétiole cramoisi, d'abondantes taches jaunes sur la nervure centrale, 
se changeant dans les feuilles adultes en cramoisi taché de rose et de macules 
irrégulières vertes. 

OCHNACÉES. 

Ochna multiflora. The Garden, XXII, p. 574, avec pl. col. — Arbuste de 
5 pieds de haut, buissonneux; chaque rameau est couronné de fleurs et de fruits; le 
réceptacle varie de couleur, du vert à l'écarlate brillant, tandis que les fruits sont 
couleur vert de pois jusqu'aux nuances les plus foncées du pourpre violet, ce qui 
contraste avec les fleurs qui sont jaune clair. De l'Afrique tropicale. 

BALS AMINÉES. 

♦Impatiens Sultani J. D. Hook. Bol. Mag., pl. 6643. The Garden, p. 208, 
pl. 552. — Jolie Balsamine introduite récemment et accidentellement au Jardin de 
Kew, par John Kirk, consul anglais à Zanzibar et dédiée au sultan de cetle contrée. 
Elle est glabre, dressée, succulente; ses feuilles sont ovales-lancéolées, acuminées, 
crénelées-dentées, avec une petite soie à l'angle de chaque dent; les fl. sont soli- 
taires et axillaires, ou 2-3 sur un court pédoncule, colorées en très beau rouge 
carmin et larges de 5-4 cent. 

MÉLASTOMACÉES. 
'Cambessedesia paraguayensis J . D. Hook. Bol. Mag., pl. 6604. — Jolie 
pl. du Paraguay introduite par E. G. Henderson en 1881 : de son rhizome partent 
plusieurs tiges hautes de 25-50 cent., quadrangulaires, ailées, avec les feuilles 
opposées en croix, sessiles, ovales, à trois fortes nervures; dans le haut, chaque tige 
se ramifie fortement pour former une panicule de fleurs rose rouge. 

Bredia hirsuta Blumk. Bot. Mag., pl. 6647. — Petit arbuste du Japon, de 2 à 
5 pieds de haut, à rameaux étalés, rouge brun, couverts, ainsi que les pétioles, 
d'une fine pubescence; feuilles ovales, aiguës, à 5-7 nervures et des veines trans- 
versales, à base arrondie ou cordée, avec les bords sinueux ou entiers, ciliés; la 
surface sup. est vert foncé, l'inf. est vert bleuâtre; ample panicule de fleurs roses. 

MYRTACÉES. 

♦Aemena (Eugenia) ovata. W. Bull, Cat. n° 184, p. 13. — Tiges brun 
pourpré; feuilles opposées, ovales, à pétioles pourpre foncé; le jeune feuillage est 
rouge purpurin. 

Hypocalynma robustum. The Garden, XXII, p. 230, avec pl. col. — Arbuste 
de l'Australie, très rameux, de 2 à 3 pieds de haut, à feuilles linéaires, dégageant 
une odeur de citron lorsqu'on les froisse et à fl. rose brillant. 

♦Eucalyptus fieifolia. W. Bull, Cal. N° 184, p. 16. — Nouvelle espèce à 
croissance rapide, produisant de magnifiques touffes de fleurs rouge cramoisi. 



— 384 — 



POMACÉES. 

Crataegus pyracantha. var. Iialandei Hort. Rev. horl. belge, p. 145, 
avec pl. col. — Var. intéressante du Buisson ardent, qui offre sur le type l'avantage 
de se garnir, au fur et à mesure qu'elle se développe, de jeunes pousses vigoureuses, 
qualité qui la rend propre à la décoration hivernale des parterres. 

Pseudo-Chaenomeles Maulei Carr. Rev. horl., p., 236, fig. 52-55. — 
Arbuste peu vigoureux, avec les branches dressées et les rameaux très épineux; 
feuilles petites, obovales, dentées; fl. dressées, subsessiles, solitaires ou réunies par 
2-3 à l'aisselle des feuilles, à 5 pétales cuculés, peu ouverts rouge orangé ou rouge 
brique cuivre; fruits subsphériques, jaune d'or foncé brillant, avec la chair dense, 
aigrelette, blanc jaunâtre, d'une odeur framboisée. 

ROSACÉES. 

*Rosa minutifolia Engelm. Rev. horl,, p. 536, fig. 125. — Cette espèce des 
plus charmantes se distingue des autres Roses par ses folioles petites et profondé- 
ment incisées. Comme aspect général, elle se rapproche de la R. pimpinellifolia, 
par ses fl. simples dépourvues de bractées, ses nombreux aiguillons aciculaires et 
ses feuilles plus petites, mais s'en éloigne par les lobes du calice pinnatifides. Trouvé 
par C. C. Parry en 1882 dans la Basse Californie. 

Rubus delieiosus Torrey. Rev. horl., p. 356, fig. 77. — Arbuste buissonneux, 
à feuilles caduques, irrégulièrement lobées, à lobes dentés; fl. de 6-7 cent, de dia- 
mètre, d'un très beau blanc, avec des étamines jaune d'or; fruits en baies d'un 
rouge foncé violacé, à carpelles avortant fréquemment. Trouvé par le D r James dans 
les Montagnes Rocheuses et introduit en 1863, par M. Thompson, d'Ipswich. 

Fallugia paradoxa Endl. Bot. Mag., pl. 6660. — Très singulière et jolie 
plante du Nouveau Mexique, introduite en Angleterre en 1877. Elle ressemble à un 
Geum et forme un petit buisson de 2 à 4 pieds de haut, avec les branches terminales 
très longues et élancées; l'écorce est blanche et les rameaux, pédoncule et pédicelles 
sont pubescents ou tomenteux. Les feuilles sont en fascicules, flabellées ou pennées, 
avec 5-9 lobes linéaires, vert clair au-dessus, blanches et tomenteuses en dessous. Les 
fl. sont blanc pur, à pétales orbiculaires, fugaces; les styles sont capillaires, plumeux. 

Spiraea bullata Maxim. Gard. Chr., XVIII, p. 680. — Arbuste nain, du Japon, 
et propre à l'ornementation des rocailles; ses branches sont dressées, brun rougeâ- 
tre; ses feuilles sont subsessiles, coriaces, glabres, vert foncé et bullées à la face 
sup. , ovales-oblongues , crénelées, à crénelures dentées, glanduleuses, avec les 
nervures très proéminentes à la face inf.; les fl. sont rose foncé en corymbes termi- 
naux, denses. 

S. Fortunei. var. *rubra. Rev. horl., p. 100, avec pl. col. — Var. introduite 
directement du .lapon par M. Viesener, amateur de plantes à Fontenay-aux-Roses : 



- 385 - 

elle joint à tous les mérites du type celui d'être naine, très floribondc et d'avoir des 
fl. d'un rouge fonce. 

S. palmata Pall. Journ. <Vhort. suéd., p. 129, avec pl. col. — Voir notre Revue 
pour 1878 (Belg. hort. } 1879). 

AMYGDALINÉES. 

Amygdalopsis Lindleyi Carr. (Prunus triloba Lindl .). Journ. d'horl. 
svéd., 1880, p. 161, avec pl. col. — Bel arbre ornemental découvert en Chine par 
R. Fortune : il porte de jolies fl. roses semi-doubles. 

PAPILIONACÊES. 

Amorpha canescens Nutt. Bot. Mag., pl. 6618. — Charmant arbrisseau 
rustique, natif des Etats-Unis et introduit en Angleterre en 1812. Il est couvert d'un 
duvet cotonneux et ses feuilles nombreuses, sont composées chacune de 10-21 paires 
de petites folioles ovales: petites fl. en longs épis et dont l'étendard, qui représente 
seul la corolle, est colore en bleu-améthyste contrastant avec les étamines jaunes 
groupées en pinceau. 

Lespedeza bicolor Turcz. Bot. Mag., pl. 6602. — Arbuste rustique, remar- 
quable par son port gracieux, son feuillage élégant et la beauté de ses nombreuses 
grappes de fleurs dont l'étendard et les ailes sont d'un rouge vif avec la carène 
violette. De la Chine septr. et du Japon et introduit en 1858 par M. Maximowicz. 

XHardenbergia Makoyana Lem. Rev. horl., p. Zii, lig. 7b. — Gracieuse 
liane obtenue de semis, en 1857, par Jacob-Makoy, de Liège. Ses tiges sont filiformes 
et se couvrent de feuilles trifoliées, à folioles entières, linéaires, aiguës et surtout 
d'innombrables grappes de fleurs du plus beau bleu violet. 

Wistaria sinensis fi. pleno. flor. and Pom., p. 33, pl. 557. — Pl. reçue en 
Angleterre, par les Etats-Unis, où le D r Hall l'a introduite du Japon. Elle porte 
d'amples grappes de fl doubles bleu lilas, quelquefois blanches à la base des pétales 
et souvent de couleur plus foncée dans les boutons. 

C AESALPINIACÉES . 

Bauhinia corymbosa Roxb Bot. Mag., pl. 6621. — Pl. grimpante de la Chine, 
munie de vrilles opposées; feuilles petites, divisées en 2 grands lobes ovales; fl. roses, 
à pétales dentés, formant un élégant corymbe au bout de chaque rameau. 



INDEX DES PLANTES CITÉES DANS CE VOLUME. 



Pages. 

Abelia spathulata 366 

Abies Eichleri 325 

— religiosa 227 

Acacia dealbata ..... 45 

— decurrpns var. mollis . . £6 

— longissima 201 

— macrophylla . . 201 

— Meisneri 201 

— nilotica 244 

— Retinoides 201 

Acalypha Macafeana. . . .581 

Acanthacées 569 

Achras Sapota L 222 

Aehrochaene Rimanni . . . 355 
Acineta Hrubyana .... 542 
Acmena (Eugenia) ovata. . . 583 
Aeroclinium roseum fl. pl. . 55 
Acroeomia cubensis Lodd. . . 505 

— sclerocarpa 141 

Adiantum cuneatum var. Bour- 

nei Hort .... 25, 522 

— Legrandi . . . 25, 522 

Pacotti ... 25, 322 

dissectum 25 

— décorum 25 

— dolabriforme 25 

— excisum 25 

— Ghiesbregbli 25 

— Iunulalum 23 

— mundulum 25 

— Victoriae T. Moore . . 23, 322 
Aechmea paniculigera Gris . . 352 
Aerides crispum , . , . 2) 



Pages. 

Aerides Emerici 350 

— formosum 20, 550 

— Houlletianum .... 550 

— illustre 20, 550 

— japon icum 350 

— Larpentae 20 

— Lawrenceanum . . .20, 350 

— Lobbi 350 

— maculosum 20 

— odoratum 20 

— Schroederi 294 

Aesculus Hippocastanum . . 580 

Aethionema grandiflorum . . 376 

Agave bracLeosa 551 

— marmorata 258 

— schidigera 161 

— univittata (Haw) . . 551 
Aglaonema pictum .... 557 

Ainsliaea aptera 564 

Albuca Nelsoni (Brown) . . . 527 

Alcea ficifolia 244 

Aleurites triloba 146 

Alibertia intermcdia. ... 83 

Allium fistulosum var. . . . 197 

— Ostrowskianum Rgl. . . 328 

Alocasia Putzcysi 356 

Aloe abyssinica var. Peacocki . 527 

Alsophila contaminans Wall. . 523 

— Oldhami 214 

— Rebeccae E. Mùll. . . 23, 524 

A maryllidêes 550 

Amaryllis formosissima. . 508 

— Rougieri 330 



— 388 — 



Pages. 



Amomum Miôga Thunb. . . 2i0 

Amorpha canescens .... 585 

Ampêlidées 373 

Amygdalinêes 385 

Amygdalopsis Lindleyi . . 385 

Anacyclus radiât, var. purur. 364 

Anaectochilus 214 

Androsace foliosa .... 371 

— rotundifolia 32 

Hard. var. macrocalyx . 371 

Anémone pal ma ta . . . . 375 

Angraecum bilobum var. Kirkei 350 

— descendons . . . . .351 

— eburneum 351 

— Eichlerianum 351 

— fuscatum * 351 

Anguloa dubia 342 

— Ruckeri 342 

Anoplophytum amoenum . . 265 

Anthurium Andrcanum. . . 357 

— — var. gracile .... 557 

— Devansayanum .... 558 

— Gnstavi 358 

— Lindenianum 358 

— longipes 358 

— Scherzerianum .... 358 
Antherieum graptophyllum J. G. 

Bak 328 

Antiaris toxicaria . . . 146 
Aphelandra acutifolia . .317 

— aurant. Uoezli .... 164 

— aurantiaca 316 

— cristata 516 

— Chamissoniana . 27, 318, 369 

— fascinator 317 

— Margaritae 315 

— nitens 317 

— ornata 318 

— Porteana 518 

— pulcherrima 316 

— pumila 317 

— punctata 318 



Pages. 

Aphelandra squarrosa . . . 518 

— sulphurea 318 

— tetragona 516 

— variegata 518 

Apoci/nées 566 

Araliacées 375 

Aralia cochleala 575 

— nobilis 575 

— quinquefolia 575 

Araucaria Mulleri .... 525 

Aretotis auréola 564 

Areea Catechu 141 

— sapida 9, 141 

Arenga saccharifera . . . 10, 144 

Arisaema speciosum. . . 213 

— Hookeri 213 

Arisarum proboscideum. . . 356 

Aristolochia gigas? R. . . . 168 

Arpophyllum giganteum LindI. 225 
Artanthe elongala . • . .146 

Artocarpus excelsa . . . 146 

Arum elongatum 556 

— palaestinum 356 

Arundina bambusifolia . . . 216 

Aralia Chabrieri 29 

Asclépiadées 566 

Asparagus plu mosusnanus . . 328 

— tenuissimus 328 

Asplenium Laffanianum . . 323 

Aster Washington blanc-jaun. . 41 

Astilbe Thunbergi .... 575 

Astroearyum 303 

— Ayri 10 

— mexicanum .... 9, 170 

— rostratum 10, 144 

Attalea funifera 144 

— Cohune 144 

Azalea balsaminaeflora . . . 571 

— indica L. var. Gardeniaeflora 571 

— — var. imbricata. . . . 572 

— procumbens 572 

— rubiflora var. fl. pleno .. . 372 



— 389 — 



Pages. 

Azalea serpyllifolia .... 572 

Bacularia monostachya . . . 559 

Balantium antarticum ... 9 

Bauhinia corymbosa .... 385 

Beaucarnea glauca .... 158 

— tuberculata 158 

Bégoniacées 578 

Bégonia diadema 378 

— Davisi fl.pl 36 

— Gogoensis 27, 578 

— lineata 578 

— Lubbersi Morr 155 

— M™ J. Linden .... 295 

— Soccotrana Hook. . . 40, 578 
Bégonia Williams! ... 27, 578 

Berbéridées 575 

Berberis Thunbergi .... 576 

Beschorneria bracteata . . 551 

— tubiflora 153 

Bignoniacées 369 

Bignonia venusta .... 569 

Billbergia Euphemiac . . . 552 

Bollea coelestis 341 

Bomarea frondea Mast . - . 551 

— Schuttleworthi Mast. . 50, 551 

— vitellina Mast 331 

— Williarasiac Mast. . . .551 
Bouvardia Ilumboldti . . . 125 

— longiflora ... . . 126 

— multiflora 154 

— verbenoides 155 

Brahea dulcis 9 

Bredia hirsuta 583 

Brexia madagascariensis . 146 

Brodiaea laxa 327 

Broméliacées . . ... 552 

— (culture) 291 

— (semis) 242 

Bulbophyllum cupreum Liudl. 335 

— mandibularc Rchb. . . . 335 

— trigynum Adam .... 526 
Burlingtonia candida . . . 543 



Pages. 

Cactacées 578 

Caesulpiniacées 385 

Caesalpinia echinata . . 66 
Calamus Draco 144 

— leptospadix 216 

— subangulatus 359 

Calanthe bracteosa . . . .351 

— Masuca 214 

— Textori 22, 351 

— veratrifolia 22 

Calla palustris 271 

Calochortus mexicanus. . . 167 
Calyptrogyne teres . . . 5;i9 
Cambessedesia paraguayensis. 583 
Campanula Allioni . . . 52,565 

Campanulacées 565 

Canella d'Emu 67 

Cannacêes 555 

Canna iridiflora 555 

Canistrum roseum . . . 195 

Cappar idées 576 

Cap ri foliacées 566 

Caraguata sanguinea . . . 149 
Cardamine pratensis fl. pl. . 576 
Oarica Papaya 146,250 

— urens 144 

Carludovica palmata . . 514 
Carthamus tinctorius . . . 24i 

Caryota urens 9 

Castanospermum australe . 146 
Catalpa Kaempferi .... 569 
Catasetum callosum . . 541 

— Christyanum 541 

— — var. Chlorops. . . . 541 

— pileatum 342 

Cattleya 7 

— bella 19 

— Donna niana 558 

— Exoniensis 294 

— gigas grandiflora. . . 19, 558 

— — var. Burfordiensis . 19, 558 

— gutlala var. Leopoldi . . 558 



— 390 — 



Pages. Pages. 

Cattleya labiata 294 Codiaeum elegantissimum . . 382 

— — Percivaliana .... 19 — Eyrei 382 

— — Sanderiana .... 19 — illustre 382 

— — var. bella 558 — insigne .... . 582 

— — var. Mossiae Reineckeana 558 — lineare 382 

— - Warneri .... 19, 294 — magnificura 582 

— Mendeli Jamessiana . . 19,559 — mirabilis 582 

— Mossiae Southgatei ... 19 — musaicum 582 

— Schofieldiana 559 — Pilgrimi 582 

— Skinneri 294 — rubescens 582 

alba 294 — spectabile 582 

— superba var. splendens . . 539 — tricolor 383 

— Trianae 359 Cœlia beila Rchb 554 

— — alba e z9i Cœlogyne cristata var. Leraoi- 

— velutina ...... 359 niana 294 

— Whitei 19, 559 — Massangeana . . . .294 ,554 

Celmisia speclabilis .... 564 — [ Birmanica Rchb .... 554 

Cereus grandiflorus .... 298 Columnea Kalbreyeri . . 28, 570 

— hypogaeus 579 Comparettia falcata vera . 22,545 

— Philippi 579 — macroplectron . . . 22,545 

— serpentinus 579 — spinosa 22 

— Tehuacanensis . . . .162 Composées 565 

Ceroxylon andicola .... 145 Concombre astro 40 

Cûamaedora Schiedeana . . 9 Conifères 525 

Chamaerops Birro .... 9 Cookia punctata 146 

— excelsa 10, 145 Copernica macroglossa Wendl. 510 

— elegans 9 — macrophylla Roezl. . . . 513 

— humilis .... 9, 145,276 Coryanthes ruacrantha . . . 171 

— Martinia 145 Corydalis Sewerzowi . . . 376 

— stauracantha 9 Corypùa auslralis .... 9 

Chionodoxa Luciliae ... 38 — umbraculifera .... 9 

Chlorophytum Kirki Bak . . 528 Cosmos atropurpureus . . . 132 

Chysis bractescens .... 172 Crassulacées . ...... 574 

Cinchona oiïicinalis. . . .215 Crassula gracilis 574 

— Calisaya ...... 215 — monticola 374 

— Ledgeriana 215 Crataegus pyracantha . . . 584 

— succirubra 215 Crescentiaceés 570 

Cleyera japonica tricolor . . 580 Crescentia nigripes . . . . 570 

Cocos australis 9, 144 Crinum asiaticum .... 146 

— nucifera 144, 299 — pedunculat. pacifie. . . 27, 350 

— pluraosa 144 — Schmidti Rgl 330 

— umbraculifera .... 144 Crossandra infundibuliformis . 569 



— 391 - 



Pages. 



Croton aureo-marmoralus . . 581 

— Blagaeanus 581 

— Cronstadti 381 

— Dodgsonae 381 

Crucifères 576 

Cryptochilus lutea . . . 540 

Cucumis Citrullus .... 244 

Cuphea Ziraapana 152 

Curcuma luteo-viridis . . . 554 

— Sumatrana 554 

Cupressus Lawsoniana erecta 

alba 51 

Cyathea raedullaris .... 9 

Cycas circinalis 9 

— de Figi 182 

— Papuana 184 

— Cairnsiana 184 

Cycadées. . . 524 

Cyclamen 151 

Cyclanthus discoior . . 359 

Cyclobotra lutea 131 

Cycnoches Warscewiczi Rchb . 225 

Cymbidium Parishi Rchb. . . 534 

Cypripedium albo-purpuieum. 352 

— Argus 552 

— barbatum 96 

— Boxalli var. atralum . . . 352 

— cardinale 552 

— ciliolarc 552 

— discoior 552 

— grande 552 

— Lawrenceanum .... 83 

— macropterum .... 552 

— microchilum 552 

— nigrilum 555 

— politum * 555 

— Sedeni 83 

— Williamsianum K . . . 555 

— spectabile 216 

— SpicerianumRchb. et Hooker 289 

Cyrtandracêes 370 

Cyrtoptera plantaginea. . . 545 



Pages. 

Cyrtosperma Johnstoni . 556 

Dahlia gracilis Regel .... 38 

— imperialis 130 

— Juarezi v. d. B. ... 39 

Dalbergia nigra 66 

Dalechampsia Roezl. rosea . 164 

Daphne papyrifera .... 213 

Darlingtonia californica . . 43 

Dasylirion serratifoliura . . 159 

— glaucum 139 

Davallia fijiensis Hort. Bull. . 323 

— foeniculacea .... 24, 325 

— Grifiithiana Hook. . . . 525 

— tenuifolia Sw. var. Veitchi- 

ana Moore 323 

Delphinium orientale . . . 244 
Dendrobium Ainsworthi var. 

ros 335 

— Ainsworthi 23 

— Chryslyanum Rchb. . . 535 

— Curtisi Rchb 555 

— DalhousieanumPaxl var. Ros- 

sianum 555 

— formosum Roxb. . . . 555 

— Hughi Rchb 556 

— infundibulum Lindl. . . 336 

— ionopus Rchb 356 

— Lccchianum Rchb. . . 25, 536 

— leucolophotom Rchb. . . 556 

— linguella Rchb 336 

— lituiflorum Lindl. . . . 356 

— Lubbeisianura Rchb. . . 536 

— maci ophyllum .... 25 

— nobite Lindl. var. nobilius 25,506 

— pleiostachyum Rchb. . . 536 

— Rinianni Rchb 357 

— secundum Lindl 537 

— sulcalum 216 

— supci hum 557 

Deari 23 

— vandifloruin 337 



DendrochilumarachnilcsRchb. 534 



— 392 — 



Pages. 

Dieentra thalictrifolia . . . 215 

Dichorisandra ovata . . 7 

Dicksonia chrysotricha ... 25 

Dieffenbacliia imperator . . 557 

— majestica 29, 557 

— princeps 29 

Dioon edule 156 

Dioscoréacées 529 

Dioscorea spcciosa W. Bull. . 529 

Dipladenia ecarlatc .... 51 

Diplothemium m a ri ti mu m. . 9 

Dipsacées 565 

Dorianthes excelsa .... 146 

Dracaena Draco 511 

— elliptica var. maculata . . 528 

— erecta alba 528 

— fragrans var. Massang. . . 529 

— fragrans variegata ... 28 

— Goldieana Hort 528 

— Laingi Hort. Veitch . . . 528 

— Thomsoniana Hort. . . . 529 
Draco cephalum imberbe . . 568 

Droséracées 577 

Drymis Win te ri 66 

Drymonia marmorata . . 570 

Echeveria De Smetiana . . . 164 

— retusa 574 

Echinocactus centeterius . . 578 

— Kunzei 578 

— VisnagaW.Hook. ... 256 
Echinopsis turbinata Zucc . . 165 

Elaeis guineensis 145 

ElaphoglossumBackhousianum 522 

Eleagnus longipes .... 217 
Encephalartos cycadifolius Lehm. 

var. Fred. Guilielmi. . 524 

— villo«us Lem 524 

Encholyrium Augusti ... 187 

Epidendrum arachnoglossum . 557 

— cingillum 557 

— vitellinum Lindl .... 255 
Epipremnum mirabile . . 29,559 



Pages 

Epigaea repens 571 

Eria rhodoptera Rchh. . . . 555 

Ericacées 571 

Eriea hiemalis alba .... 50 
Erigeron aurantiacus . . 564 
Erythrina tubcrculata . . . 151 
Euadenia cminens .... 576 
Eucalyptus ficifolia .... 585 

— globulus ...... 276 

Eucharis Sanderi 550 

Eulophia pulchra .... 524 
Eupatorium grandillorum . . 565 

Euphorbiacées 581 

Exacum macranthum . . . 567 
Fallugia paradoxa .... 584 
Ficus elastica 560 

aureo-marginata . . 28, 276 

— indica 146 

— macrophylla 146 

— religiosa 146 

— stipulata 7, 560 

Fougères 522 

Gaillardia pulchella var. Loren- 

ziana 564 

Galeandra nivalis . . . 22, 542 
Gaussia princeps H. Wendl. . 512 

Gentianées 567 

Gentiana decumbens. . . . 567 

— Fetisowi 567 

— imbricata 567 

— Kesselringi 567 

— Olivieri var. glomerata. . 568 

— pumila 568 

— punctata 568 

— purpurea 568 

Geonoma intermedia . . . 559 
Globba albo bracteata . . . 554 

— atrosanguinea .... 354 

— coccinea 354 

Grammatophyllum elegans . 542 
Grevillea annulifera. . . . 561 

— longifolia ■ 361 



— 393 — 

Pages. Pages. 

G-revillea Thclemanniana var. Ixora splendida 365 

splendens 561 — venusta 565 

Gonatan.th.us sarmentosus . . 556 — Westi. . ... 565 

Guzmania Devansayana . . . 113 Jonrées 325 

Gymnogramme Laucheana K. Jubaea spectabilis .... H5 

var. grandiceps . . . 522 Juncus zebrinus. Hort. W. 

Gynura aurantiaca .... 564 Bull 525 

Haberlea rhodopensis . . . 570 Justicia tetragona Walh . . . 316 

Hamamelidées 373 Kaempferia Gilbcrti .... 554 

Hamamelis japon ica. . . . 573 — vittata 354 

Hardenbergia Makuyana . . 385 Kentia (Kentiopsis) Luciani . . 359 

Hed.yeh.ium gracile .... 555 Kerchovea floribunda Joriss. . 555 

Heliconia? aureo-striata . . 555 Labiées 568 

— metallica 555 Laehenalia Nelsoni .... 527 

— ? triumphans 555 LaBlia Amanda 557 

Herbertia coerulea Herb. . . 529 — anceps alba 294 

Hesperaloe yuccaefolia Engl. . 329 Dawsoni 294 

Hibiscus mutabilis .... 101 — — var. Veitchiana . . 19,357 

— Kosa sinensis 380 — autumualis Lindl. . . . 231 

Hieracium villosum .... 365 — callistoglossa 20 

Hoya globulosa 566 — elegans alba 294 

— lasiantha 366 — grandis 294 

Huernia oculata 567 — Leeana 19,538 

Hyaeinthus fastigiatus Bertol. . 527 — pumila 19 

Hydrangea japonica. . . . 575 — purpurata .... 20, 558 

Hydrogiossum scandens . . 24 — Wolstenbolmiae .... 294 

Hypoealymna robustura . . 585 — xanthina 558 

Iberis gibraltanca hybrida . . 576 Lamprococeus Vallerandi . . 15 

Ilex aquifolium 66 Lapagériacées 529 

— paraguayensis 66 Lapageria rosea 529 

Impatiens Sultani ... 27, 585 Lastrea Hopeana. ... 25, 525 

Incarvillea compacta . . . 569 — niontana coronans ... 26 

Ipomaea rouge 51 — prolifica 26 

— truncata 155 Latania borbonica . . . 9, 515 

Ipsea speciosa 540 Lavatera arborea .... 579 

lridées . 529 variegata 31 

Iris iberica 52 Leea amabilis 58, 575 

— Susiana 52 Leiothamnus Elisabethae . . 187 

— Van Houttei Hort. . . 32, 529 Lespedeza bicolor .... 585 
Ixora concinna 565 Lieuala 145 

— décora 565 Ligustrum Quihoni .... 566 

— salicifolia 565 Liliacées 326 



— 394 — 



Pages. 

Lilium auratum Lindl. var. vir- 



ginale. 326 

— elegansThunb. var. robustum 326 

— giganleum 212 

— nepalense 212 

— nitidum 326 

— oxypetalum . . . 212 

— Parryi Wats 326 

— polyphvllum 327 

Linaria raaritima 569 

Livistona in errais . . . . 145 

— sinensis 145 

Lonicera Alberti 366 

— hispida 566 

Luculia gratissiraa . . . 566 

Lucuma Maramosa .... 175 

Lycaste callistoglossa. . . . 537 

— Deppei. . 540 

— sulphurea 541 

.Lygodiction Forsteri . . 24, 324 

Lygodium 24 

Madiola geranioïdes .... 579 

Magnoliacées 575 

Magnolia Campbell i . . . 215 

— raexicana 125 

Malvacées 579 

Mammea araericana. . . . 146 

Mangifera indica . . . 146 

Manihot utilissima .... 146 

Maranta asymetrica .... 555 

Marcetia sertularia .... 65 

Mascarenhasia Curnowiana . 566 

Masdevallia amabilis lineata . 83 

— bella 83 

— chiraacra 353 

vcra 292 

— erythlrochaele .... 555 

— Estradae 85, 555 

— Fraseri 335 

— Harryana imperialis . . 21,533 

— — vera 21 

var. versicolor . . . 333 



Pages. 

Masdevallia h ieroglyphica Rchb. 533 



— ignea Massangeana ... 83 

— Macrnra 83 

— picturata Rchb 333 

— plalyglossa Rchb. . . . 353 

— polystieta var. crassicaudis. 334 

— pudibunda 353 

— rosea 354 

— Schuttleworthi var. xanthoc. 554 

— Shuttlewoi thi 83 

— triangularis ... 83, 354 

— tricolor * 554 

— Trochilus 85 

— urostachya 334 

— Veitchi grand 21 

Matricaria exiraia nana aur. 

crisp 56 

Mauritia flexuosa 145 

Mêlantiacées 326 

Mêlastomacées 585 

Mesembryanthèmacéts .... 579 

Mesembryanthemum Bolusi . 579 

Mesospinidium vulcanicum . 547 

Milla biflora 152 

Miltonia cuneala 547 

Mimusops Kuramel .... 244 

Monolophus secunda W. B. . 555 

Montbretia crocosraiaeflora. . 529 

— Pottsi 529 

Moracées 560 

Mormodes pardina unicolor . 342 

Musacécs 355 

Musa Ensete 9 

Muscari armeniacum ... 32 

Mycrocycas calocoraa D. C. . 501 

Myosotis versicolor . . . . 101 

Myrtacèes 383 

Myrtus l J imenta Lin. . . . 225 

Naegelia fulgida 167 

Nemastylis coelestina . . 329 

Népenlhacées 561 

Nepenthes atrosanguinea . . 361 



— 395 — 



Pages 

Nepenthes coccinea . . 361 

— Dormaniana 361 

— Henryana 362 

— hirsuta var. glabrescens. . 362 

— interraedia 362 

— Kennedyana 362 

— lanata 362 

— Lawrenceana 362 

— Morgan iae 362 

— nigro-purpurea .... 29 

— Northiana 29 

— Rafïlesiana insignis . . 29, 562 
var. nigro purp. . . . 362 

— Rajah 29 

— Ratcliffliana 365 

— rubro-maculata .... 565 

— Wrigtleyana 563 

Nephrodium Rodigasianum 25,525 

Nephthylis liberica .... 359 
Nerine excellons .... 30,530 

— Cami 30 

Nicotiana affinis 369 

Nympkaeacécs 377 

Nymphaea coerulea .... 244 

— tuberosa 377 

— zanzibariensis 377 

Ochna multiflora 583 

Odontoglossum acuminatissi- 

mum 344 

— Alexandrae 344 

— Andersonianura .... 344 

— — vai . tenue gutlol. . . 345 

— angustatum var. stylites. . 545 
var. flaveolum . . . 545 

— — var. Stevensi . 345 

— — var. virginale. . . . 345 

— var. Wilsoni 345 

— blandum 82, 294 

— brachipterum .... 545 

— brevifolium 345 

— citrosnium Lindl. . . 229 

— Coradinei 82 



Pages. 

Odontoglossum coronarium . 294 

— crispum 20, 81 

— — (Alex.) var. Dormania- 

num 545 

— — Dormani 21 

— — Duchesse ..... 20 

— crispum Stevensi. ... 21 

— — virginale 21 

Wilsoni 21 

— crislatelluin 345 

— excellens 545 

— gloriosum 82 

— hebraïcum 345 

— histrionicum 346 

— Jenningsianum var.limbatum. 346 

— Leeanum 546 

— ligulare 346 

— luteo-purpureum . . . 346 

— raarginellum . 546 

— mirandum 546 

— mulus Holfordianum . . 346 

— Murellianum var. cinctuin . 546 

— nevadense 21,82 

— Pcscatorei Veitchianum 20,82,546 

— Rossi Lindl. ... .235 

— Sanderianum . . 21,547 

— sceptrum ...... 82 

— Schrœderianum .... 547 

— vexillarium .... 18, 547 
Cobbianum . . . 21,547 

— — var rubellum. . . . 547 
_ — var. Wiotianum . . . 547 

— VVilckeanum var. pallidum. 547 
Olearia Gunniana 564 

— raraulosa 564 

Oncidium cucullatum var gigan- 

teum 345 

— Gardneri 344 

— incurvuin fl. albo . . 544 

— lainelligcrura 544 

— Lanceauum var. Louvrexia- 

nura 5^ 



— 396 - 



Pages. 

Oncidium meliosmum . . . 344 

— ornithorhynchum album . 294 

— prœtextum ... 344 

— teretifolium 344 

— unicorne var. lœtum . . 344 
Opuntia Davisi 379 

— stricta 379 

Orchidées 332 

Oreodoxa Regia 299 

Oreopanax Andreanum . . . . 573 
Osmunda javanica ... 24, 524 

— japoniea corymb . . .24, 324 

— palustris 24 

— regalis .24 

— speciosa 24 

Pachystoma speciosum . . . 339 

— Thomsonianum .... 340 
Paeonia Wittmanniana . . . 575 

Palma real 504 

Palmiers 140, 559 

Panax dissectum 573 

Pandanées 359 

Pandanus furcatus . . . 145, 276 

Papavéracées 376 

Papaver pavoninum .... 376 

— urabrosum 376 

Paphinia rugosa 341 

Papilionacées 385 

Paritium elatum 146 

Parnassia rupicola .... 577 

Passifloracées .... . 577 

Pavot Daneborg 56 

Pellionia Devauana .... 560 

— pulchra 360 

— var. viridis 360 

Peperomia resedaeflora. . . 360 

Pernettya mucronata ... 31 

Pescatorea Klaboehorum . . 341 

— Lehraanni 541 

Pétunia hyb. illust. fl. pl. . . 57 

— hyb. max. fl. pl. brillant . 57 
Phacelia campanularia ... 52 



Pages. 

Phajus Blumei "40 

— grandifolius 540 

— Tankervillae var. Mariesi . 540 

— tuberculosus 340 

— iroratus 340 

— Wallichi 7 

Phalaenopsis amabilis var. 

Dayana 347 

— delicata 347 

— fasciata 348 

— intermedia var. Portei . . 548 

— Mariae 22,548 

— Reichenbachiana .... 548 

— Schilleriana 548 

— speciosa 21 , 548 

— — Christyana .... 548 

— — Iraperatrix .... 348 

— Stuartiana 348 

— Suraatrana var paucivittata 22, 349 

— tetraspis 22, 349 

— — nobilis 348 

punctatissima . . . 348 

— violacea var Schroederiana 21, 549 
Phoenix dactylifera .... 262 

— farinifera 11 

— Leonensis 9 

— rupicola 216 

— sylvestris 9 

Physalis violacea 568 

Phytarrhiza monadelpha . . 532 
Phytelephas macrocarpa . . 145 
Phyteuma comosum . . . 565 
Piloeereus chrysomalus Lem . 159 

— Hoppenstedti Web. ... 158 

— senilis 157 

Pimenta vulgaris 146 

Pinguicula caudata . . . 507, 570 

— Flos mulionis Morren . . 308 

— grandiflora 308 

Pinus Ayacahuite Ehr. . . . 325 

— Bungeana Zucc 525 

— latisquama Englm. . . . 325 



— 397 — 



Pages. Pages. 

Pinus Popocalepelti Lindl. . . 226 Ramondia Heldreichi ... 151 

Piper borneense 360 — pyrenaica 151 

Pitcairnia alla Hassk. . . . 532 — serbica 151 

— htifolio 7 Ranunculus anemonoides . . 375 

Pittosporum eugenioides . .581 Raphia 49 

Plectoeomia sikkimensis . . 214 Remya ferruginea .... 65 

Pleiono maculata 216 Renanthera Lowi .... 149 

Pleopeltis fossa . . . . 26,322 lienonculacées 575 

— xiphias W. Bull 323 Restrepia Falkenbergi ... 292 

Pleurothallis spectrinlinguis . 532 Rheum australe Don .... 120 

Plumbaginées 563 — Callinianum Baill. . . 120 

Podocarpus neriifolia . . . 228 — officinale Baill 120 

Podolasia stipitata .... 358 — Ribes L 116 

Podophyllum Emodi . . 573 Rhododendron Forlunei . . 572 

Poinsettia ignescens. . . . 581 —grande 50,572 

— mirabilis 581 — Hookeri 572 

— pulcherrima 219 — Oldhami 50, 572 

— variabilis 581 — penduluni 372 

Polygonatum oppositifolium . 214 — serpyllifolium .... 31 

Polypodium cornubiense 26 — triflorum 372 

— vulg. rault. . ... 26 Rhopala corcovadensis . . . 125 

Polystaehia dixantha . . . 355 — mexicana 125 

Polystychum acrostichoides . 26 Roezlia bulbifera 155 

— angulare grand 26 Rondeletia amei icana L. . . 500 

— vestitura grand 26 — havanensis 500 

var. grandidens . . . 525 — odorala Jacq 297 

Pomacèes 584 — speciosa Lodd 297 

Pommiers microcarpes .... 294 — sulphurea 500 

Pothieva nudicaulis Lin. . . 332 Rosa microphylla 51 

Prila Clusiana 571 — munitifolia 584 

Pritchardia fîlamentosa. . . 513 Rose Maréchal Niel .... 6 

Primulacêes 571 Rubiacérs 565 

Primula cortusoides .... 51 Rubus deliciosus 584 

— latifolia 52 Sabal Blackburniana .... 9 

— obconica 51 — umbraculifera . . 9, 146, 514 

Prok'u ées 561 Saccolabium calopterum . . 549 

Pseudo-Chaenomeles Maulei. . 584 — flexum 549 

Psychotria cyanococca. . . 565 — fragrans 550 

Pteris japonica 571 — violaceura 18 

— serrulata var. Cowani . . 522 Salix Safsaf 2i4 

Pusciikinia scilloïdes 1Y1. v. B. . 527 Salvia cacaliaefolia .... 368 

Quesnelia rufa Gaud. . . 28, 552 — carduacea Benth .... 57 



— 398 — 



Pages. Pages. 

Salvia involucrata var. Bethelli . 368 Sobralia xantholcuca . .531 

— leucanlha 368 Solanees 368 

— splendens var. Bruanti . . 368 Soldanella montana .... 571 

Sapota Achras 146 Sonehus Jacquini 565 

Sarcanthus striolatus . 550 Spathiphyllum hybridum . . 558 

Sarracéniacées 577 Spiraea bullata 584 

Sarracenia flava L 504 — Fortimei 584 

— porphyroneura .... 577 — palmata 385 

— psittacina Mchx . 506 Stachyurus praecox . . .581 

— puipurea L 507 Stapelia pulchella . . 567 

— rubra Walt 506 — tsomoensis 367 

Satyrium nepalense . . . .551 Statice Butcheri 50 

Saocifragées 574 — floribunda 30, 563 

Saxifraga Coraposi .... 574 — profusa 50 

— diversifolia 574 — Suworowi 363 

— Milesi 52, 574 Stenomesson Strieklandi . . 530 

— Stracheyi 32 Sterculia (Rrachychiton) discolor 380 

— virginiensis 374 Stigmaphyllon littorale . . 580 

Seabiosa caucasica .... 563 Strelitzia augusta ... 9, 276 

Schismatoglottis latifolia . . 357 Streptoealix Furstenbergi . . 16 

— Lavalleei var. immacul. . . 357 — Poeppigi 16 

— — var . Landsbergeana . 357 — Vallerandi 13 

var. purpurea . . . . 357 Streptoearpus parvifloi ;i . . 370 

— longispatha 357 Stromanthe Lubbersi . . . 555 

Schlumbergera Morreniana . 46 Styramcées 571 

Schomburgkia tibicim's var. Symplocos Sumuntia ... 571 

grandif. Lindl. . . . 224 Syringa vulgaris . .... 566 

Seilla sibirica 527 Swietenia Ma h d go ni . . . . 146 

Scolopendrium vulg. mult. . 28 Talauma Candollei var. Galeot. . 575 

densum 26 Taxodium distichum . . . 508 

Scrophularia cbrysanlha . . 569 Taxonia Parritae . . . . 27,577 

Scutellaria Hartwegi . . . 368 Teoophilaea cyanococus . . 329 

Seaforthia elcg ins .... 145 Telopea speciosissima . . . 561 

— robusta 9 Ternstrocmiacêes 580 

Sedum Rhodiola 574 Theobroma Cacao .... 175 

— villosura 574 Thrinax sp. . . ... 512 

Selaginella grandis . . . 26, Z2i — tunicata 9 

Selenia aurea 576 Thrixspermum Berkeleyi . . 555 

Sempervivum Moggridgei . . 374 — muriculatum 355 

Senecio lagopus 564 — Sillenianum 353 

Silène pendula, fl. pl. . . . 38 Thunia Marshalliana .... 340 

corap.roseafl.pl. . . 38 Tigridia Van Houttei . ... 131 



— 399 — 



Pages. 

Tillandsia argentea Hort. . . 292 

— Benthamiana 291 

— iraperialis 236 

— Lindeni 332 

— usneoïdes 509 

— tectorum 292 

— Zahni 532 

Trichocentrum Pfavi . . . 341 
Trichomanes Harti .... 322 
Trichopilia Backhousiana . 22,315 

— suavis var. alba . . . 22,545 
Trithrinax mauriliaeformis. . 9 
Tulipa Borszezowi Rgl. . . . 326 

— brachystcmon 526 

— Didieri 52, 526 

— Gesneriana 52 

— priraulina Bak 526 

Uropedium Lindeni Hchb . . 41 

Urlicacèes 561 

Utriculariacées ... . 570 
TJtricularia Endresi. . . . 570 

Vallota purpurea 530 

Vanda Hookeriana . . . 18,349 

— Parishi 349 

— Sanderiana .... 18, 349 

— suavis 18 

Veitchi 186 

— teres 18 

— tricolor 18 

var. Patersoni. . . . 294 

— Vipani 549 



Pages. 

Vanilla ai oraatica 221 

Veratrum Maacki 326 

Verbascum olympicum. . . 369 

Veronica Hulkeana . . . 369 

Viola altaica 377 

— pedata 577 

Vitis Thunbergi 373 

Visnea Mocancra 380 

Vriesea Barilleti 33 

— incurvata 332 

— psittacina Lindl. . . 552 

— — Morrenina 28 

— Rodigasiana Ed. Morr. . . 332 

— tessellata Ed. Morr. ... 332 
Wahlenbergia saxicola . . . 365 
Wallichia disticha .... 216 
Wistaria senensis fl. pleno . 385 
Xanthosoma Barilleti . . . 356 
Zamia calocoma Miq 301 

— i'ischeri Miq 302 

— turfuracea 169 

— montana 323 

— obliqua 325 

— pygmaea Sims 302 

Zephyranthes citrina Baker . 330 

Zingiberacées 354 

Zinnia Haageana 128 

Zygopetalum Clayi . . . 345 

— expansum 345 

— Gautieri 345 

— Mackayi .... 70, 545 



TABLE DES MATIÈRES 



DE 

LA BELGIQUE HORTICOLE. — 1883. 



Botanique, Physiologie végétale, Géographie des plantes, Sciences. 

Pnges. 



1. Histoire et description du Slreplocalyx Vullerandi 13 

2. Revue critique des plantes nouvelles de 1 882 17 

5. Description du Vriesea Barilleti ... 33 

4. Note sur l'accroissement des pétales de l' Uropedium Lindini Rchh. . . 41 

o. Les Acacias australiens aux Indos orientales 45 

6. Description du Schlumberg'era Morreniana sp. n 46 

7. Note sur l'origine des fibres de Riphia et des Rabannes 49 

8. Une excursion aux montagnes du Brésil, par M. Warming ... 50 

9. Notice sur VAliberlia intermedia 83 

10. Récolte botanique de l'Expédition du « Challenger » 91 

11. Note sur le Lypripedium barbatum, Lindl ... 96 

12 Nolicc histor. sur la signification biologique des colorations des fleurs, par 

M. H. Muller 98 

13. Notice sur le Guzmania Devans'tyana Morr 113 

14. Note sur le Schlumbergrra Lindeni Morn l!2l 

15. Notes sur les découvertes botaniques les plus remarquables faites en Améri- 

que par M. B. Roezl 123, 157, 221, 296 

16. Note sur le Bégonia Lubbersi 155 

17. Notice sur un Cycas indigène aux Iles Fiji 182 

18. Souvenirs d'une exploration en Guyane, par M R. Schomburgk . . 187 

19. Description du Leiolhamnm Elisabelhae . 191 

20. Description de V Encholirion A uguslae 191 

£1. Notice sur le Canistrum roseum, Morr 195 

22. Les Acacias australiens en Algérie 201 

23. Une excursion au Sikkim 208 

24. Note sur le Chalef comestible (Eleagnus longipes A. Gray) 217 



— 401 — 



Pages. 

25. Le Poinsettia pulcherrima en Egypte 219 

26. Plantes sèches trouvées sur des Momies. .......... 2-43 

27. Les jardins indiens 246 

28. Un bivouac nocturne dans la Foret vierge de l'Amérique centrale . . . 2(i.") 

29. Description de VAnoplophylum amœnum Morr 265 

50. Note sur le Cypripedium Spicerianum Rchb 289 

31. Tillandsia Benthaminna \ son introduction en Europe 291 

32. Description de VAphelandra Maryarilae 305 

33. Enuméralion méthodique des plantes ornementales qui ont été décrites ou 

figurées en 1882 319 

Horticulture. 

1. Nouveautés de floriculture de MM. Haage et Schmidt 35 

2. Culture du Darlingtonia californica 43 

3. Les serres de Bâillon ville 81 

4. Culture des Roses sous vitrage 177 

5. Culture des Vanda 185 

6. Procédé pour le semis des Broméliacées 242 

7. Sur la culture des Dattiers dans les terrains imprégnés de sel marin . . 262 

8. Culture des Broméliacées 291 

9. Reslrepia Falkenbcrgi 292 

10. Masdevallia Chimaera vera 292 

11. L'horticulture au Vénézuéla 292 

12. Les Broméliacées chez elles. 295 

Expositions, Sociétés, Fédération, Jardins, Écoles, Académies. 

1. Exposition de Gand le 15-22 avril 1883 79 

2. Exposition de Berlin, le 15-23 avril 1883 80 

3. Exposition d'Amsterdam, 15 mai 80 

4. Fête florale d Ostcnde, 15 août 81,293 

5. Une visite au Jardin bot. de l'Université de Strasbourg 270 

6. Etablissement de M. Sander à St. Albans 27!» 

7. Les serres du Château royal de Laeken I 

9. Notice sur les serres à Palmiers de Kew 140 

10. Académiedes sciences deBelgique (question de phys. vég. mise au concours 

pour 1885) 290 

11. Prix fondé par Aug. Pyr. de Candolle pour la meilleure monog. d'un genre 

ou d'une famille de plantes 291 

12. Société Brotérienne fondée à Coimbra 291 

51 



— 402 — 



Technologie. 

Pages. 

I. Rapport sur le procédé de M. Boizard pour la destruction des insectes dans 

les serres 85 

Entomologie. 

1. Notice sur la mite des serres < 257 

Climatologie. 

i. Le climat, les pluies et les zones de végétation au Vénézuela 266 

Culture maraîchère. 

1. Notice sur la Rhubarbe comestible 116 

2. Forçage de la Rhubarbe 245 

3. Note sur l'Oignon Cattawissa, Allium fislulosum var 197 

4. Note sur le Miôga, Amomum Mioga 240 

Pomologie. 

1. Liste des meilleures variétés de fruits 287 

Notices biographiques. 

J. Biographie de John Torrey 105 

Nécrologie. 

1. Rodolphe Abel 85 

2. N.A.Pedicino 154 

Miscellanées. 

1. Bulletin des nouvelles et de la Bibliographie 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 147, 290 

2. Note sur l'emplacement probable du Paradis terrestre 263 

3. L'Orchidomanie 294 

Bibliographie 

J. Bentham et Hooker. — Gênera plantarum 83 

2. J. D. Hooker. — Report on the Progress of the R. Gardons at Kew, 1881 . 84 

3. H. Potonié. — Der K. botanische Garten und das K. Muséum in Berlin . 84 

4. buiRLEv Hibberd. — Les Roses du XIX e siècle 84 



— 403 — 



Pages. 



5. Hemu Mertens. — Les Vignes de llocylacrt 84 

6. Le Marquis Loureiro. — Cat. gén. et descriptif de ses collections . . . 14-9 

7. 0. Drude. — Guide dans le jardin botanique de Dresde 150 

8. Jacob Makoy et O. — Cat. de plantes ornementales 150 

9. Alp. et C. de Candolle. — Suite du Prodome, IV» vol. 150 

10. A de Candolle. — Nouvelles remarques sur la nomenclature botanique . 150 

11. B M F. Von Mullbb. — Systematic Gensus of Australien Plants .... 150 

12. Al. Sodiro. — Rccensio cryptogram. vase, provinc. Quitcnsis .... 151 

13. J. G. Baker. — Synopsis of the species of Cyclamen 151 

14. Ed. André — L'Amérique équinoxialc .151 

15. M C. B. Clarke. — Monographie des Cyrtandraeées 151 

16. Sut John Lawes. — Memor. on t lie Farm and the Laboratory of Rothamsted. 151 

17. C. Salomon. — Nomenclator der Gefass-Krypogamen 152 

18. Vilmorin-Andrieux. — Les plantes potagères 152 

19. Marc. Miciieli. — Mémoires de la Soc. de physique et d'hist. natur. de 

Genève 152 

20. Louis Planchon. — Les champignons comestibles et vénéneux . . .152 

21. D r J. Hieronymus. — Bolanische Bilderbogen 153 

22. Félix Sahut. — Le Lac Majeur et les îles Borromée, leur climat caractérisé 

parleur végétation (53 

23. D r L. Savastano. — Euumerazionc dellc pwmte apistiche del Napoletano . 183 
24 D. J. S. Henriques. — Expedicao scientilica à Serra da Eslrella en 1881 . . 183 

25. Ch. Baltet. — De l'action du froid sur les végétaux pendant l'hiver 1879-80 153 

26. R. Schomburgk. — Report on the Progress and condition of the Bot. Garden 

and Government Plantations during the yèar 1882 155 

27. C. H. Delogne. — Flore cryptogamique de la Belgique 154 

28. H. N. Lebègue. — Bull, semi-mensuel de la librairie 154 

29. Em. Rodigas. — Excursion horticole en Angleterre 2 ( X> 

30. E. A. Carrière — Etude générale du genre Pommier et particulièrement 

des Pommiers microcarpes 2 ( Xi 

31. J. A. Barral. — La lutte contre le Phylloxéra 296* 

32. Marchais. — Les jardins dans la région de l'Oranger 296 

Planches coloriées. 

1. Anoplophytum amoenum (pl. XVII) 265 

2. Aphelandra Margaritae (pl. XIX) 318 

3. Bégonia Lubbcrsi (pl. XIII) 155 

4-5. Canistrum roseum (pl. XIV-XV) 195 

6. Cypripedium barbatum (pl. VII) 

7. Cypripedium Spicerianum (pl. XVIII) 289 

8. Eleagnus longipes (pl. XVI) 217 



— 404 - 



Pages. 



9-10. Guzmania Devansayana (pl. VIII-IX) 113 

11-12-13. Schlumbergera Morreniana (pl. IV, V, VI) £(j 

U-1S-16. — Lindeni (pl. X-XI-XII) 121 

17-18. Streptocalyx Vallerandi (pl. I-II) . . . . 13 

19. Vriesea Barilleti (pl. III) 33 

Planches noires. 

1. Entrevue du Prince Rodolphe et de S. A. R. la P. Stéphanie dans le jardin 

couvert de Laeken • 1 

2. Vue intérieure dans la g de serre du Château royal de Laeken 8 

3. Aubade dans la serre de Laeken 13 

4f. Vue de la serre à Palmiers de Kew 113 

Gravures. 

1. Acroclinium roseum grande 55 

2. Acroclinium fl.pl 55 

3. Malricaria eximia nana aur. crisp. erecta 36 

4. — eximia nana comp. 36 

5. Pavot Danebrog 37 

6. Salvia carduacea, Benth. . 57 

7. Silène pendulacomp. ros. fl.pl 38 

8. Chionodoxa Luciliae 58 

9-10. Dahlia gracilis Regel 59 

11. Dahlia Juarezi 40 

12. Bégonia socotrana. 40 

13. Sommet de la Sierra da Piedade 85 

14. La mite des serres 258 



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